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Jeudi 22 novembre 2007

Bonjour !

 

Allez un p'tit coup au valseur, histoire de se motiver (je parle pour votre servante, votre popotin n'a rien à craindre), parce qu'en ce moment je vais être franche... j'me  tiens une de ces flemmingite aïgue ! Je ne sais pas si c'est dans l'air du temps (de saison) mais j'ai plutôt l'air d'une vieille feuille de platane bigornée et affalée de tout son long par terre que de la jeune pousse verdoyante et innervée à souhait, innervurée aussi d'ailleurs, avec les problèmes de transports de ce moment, même ma circulation sanguine j'ai l'impression qu'elle tourne au ralenti.
Ce qui choque dans cet ensemble ressemblant plus à un flan parisien qu'à une masse musculaire contractée et tonique  en état de vous ficher la pâtée de votre vie lors d'une séance de bras de fer (ou de jet  de p'tit pois), ce qui choque donc, c'est que la tête est sur le qui-vive elle et réclame à ce que les miches daignent infirmer la première constatation des témoins sur mon  état de légumesque d'endive de cave pré-gratinée (vous connaissez l'expression, je l'inverse..."parle à ma tête mon c. est malade").
Mais quand je vois le tout ch'tit bout qui me reste à narrer de l'opéra (vi, c'est tout ch'tit, à ma mesure évidemment) ça serait vraiment trop ballot de laisser ça aux "calandres grecques" comme disait ma génitrice*.
Alors alonzi-alonzo... on y retourne et c'est la fin, donc quue du bon pour faire une pause lyrique et aborder des p'tites con...sidérations blaguesques, gaffesques, un peu plus légères qu'un livret de Da Ponte (je sais, un peu remanié le livret...), j'suis dans ma phase "bêtasseries et gnagnateries", autant en faire profiter mon monde hein ?

 

LES NOCES DE FIGARO - Acte IV - suite -

 

Pour les lieux et personnages, se référer à l'épisode précédent, ça n'a pas changé, c'est déjà ça de gagné et pour vous lecteurs, et pour les metteurs en espace.

 

Après le fameux air de Basile sur ses aventures asiniennes et le départ en coulisses des deux cocos, on voit à nouveau entrer Figaro, pour son  monologue concernant ses intentions vengeresques de futur-ex-mari outragé (obligatoire dans l'opéra et le théâtre, ils pensent toujours haut et fort les acteurs et chanteurs, avoir l'oreille musicale ce n'est déjà pas évident, mais l'avoir télépathe en plus, ça tient du prodige ! N"étant pas Rabindhranat  Duval, autant que ça soit expliqué leur cheminement mental ) :

 

" Bon, c'est le bon endroit, la bonne heure, ça ne devrait pas tarder c'te petite entourloupe à mes dépends. Même pas marié, faut que j'endosse le costard de "ramuré" **  Et elle a même pas honte la garce ! Me faire ça au milieu de la fiesta (comme cité dans le renvoi de bas de page, c'est plus drôle au théâtre quand tout le monde le sait, sauf l'intéressé, au théâtre évidemment, dans la "vraie" vie, ça craint !) Et comme une andouille, j'rigolais à ses marades à c't'empafé de comte !
On les traite comme des déesses alors que la sorcière du Nord à côté, c'est Sissi  !*** Vous en connaissez beaucoup qui se font griffer à emporter la barbaque par une colombe vous ? C'est des fauves oui ! C'est des acoquinées sataniques j'vois pas d'autre explication ! - (Ne manque que le bûcher et ça pourrait être un speetch de Torquemada ça !) - Mais j'vous apprends rien, z"êtes au jus les mecs !"

 

Après sa tirade énervée, il file se planquer derrière les arbres, sage initiative parce que sa belette pointe son nez avec la comtesse, chacune fringuée avec les frusques de l'autre  et Marcelline qui vient de la prévenir qu'elle avait des spectateurs pour sa grande scène finale et que ça serait bien d'y penser avant de dire n'importe naouak et surtout à haute voix. L'ex-duègne et nouvelle jolie-maman file à sont tour se cacher dans le "cabinet" où s'est déjà réfugiée Barberine ("l'égareuse" d'épingle, je sens la surpopulation imminente dans les alentours incessamment sous peu...)

 

La comtesse a oublié sa petite laine et commence à avoir le poil au garde à vous, elle préfère se retirer dans le kiosque  et conseille à Suzanne de "prendre le bon air" (à haute voix), ce que Figaro comprend.. à sa manière (et à la notre, en bons petits esprits mal tournés que nous sommes) Suzanne, au fait que son micheton soit dans les fourrés, se met en voix pour lui jouer une scène dont sa jalousie n'est pas prête de se remettre, nan maiiiiis faudrait voir à douter d'elle comme ça ! Elle se lance, la main sur le coeur et les yeux à la merlan frit, toute à son rôle, dans un air sur les bienfaits de la  nature, de ses nuits douces, de ses étoiles, et que "a y est ! Elle est à point", faudrait pas que son amoureux tarde un peu, la température risque de friser l'évaporation tellement elle a ses vapeurs (en bref, elle est adepte de la méthode Ogino Knaus et s'il veut procréer, c'est le bon moment, ben vi, ne pas oublier le coucou** est ses oeufs dans le nid d'un autre hein ?!)

 

Comme il est dit que ça soit l'embrouille à tous les niveaux ce vaudeville, Chérubin pointe son blair, à la recherche de sa copine Barberine et file droit dans la comtesse planquée dans le pavillon. Comme le bibi a plume, c'est plutôt du goût de Suzon, il la prend évidemment pour celle-ci et lui demande ce qu'elle peut bien faire à se calfeutrer ici à pareille heure. La comtesse hésite entre le mettre KO d'un uppercut bien senti ou de lui faire bouffer son bibi pour le bâillonner... il va tout faire rater c't'abruti !
Vous connaissez le page et ses testostérones;.. il ne peut pas d'empêcher de taquiner la belette dès qu'il en a l'occasion et de lui demander un poutou pour paiement de son départ discret des lieux..
Discret, si on peut dire, parce que le comte, ayant enfin retrouvé le plan de son chez-lui passe le coin du sentier et comme le gamin est tout sauf sobre côté volume sonore, ça va encore sentir le roussi pour lui !
Le gamin insiste auprès de "Suzanne" parce que faut être réaliste, son patron va lui en demander un peu plus (si c'est pas clair comme de l'eau de "moche" ça !!****) Et c'est pas le moment de faire sa "mijotée" vu qu'il a été témoin de la... transaction,  embusqué  derrière son fauteuil  pour info si elle ne se rappelle pas des actes précédents - ni vous non plus d'ailleurs.

 

Les témoins respectifs, ayant chacun des intentions différentes, y vont de leur couplet sur le fait que ça risque de mal finir pour l'intégrité physique du page. Le comte, trop énervé, passe la tête pour mieux voir (il fait pas si clair que ça, malgré la nuit étoilée !) et c'est une très, très mauvaise idée, vu qu'il s'interpose entre la joue de ce qu'il pense être son futur quatre-heure et le pique-assiette qui veut lui en rogner un coin... c'est lui qui reçoit le bécot du coup. Il a le réflexe d'envoyer une baffe au gamin, mais celui-ci a déjà filé quinze noeuds en le reconnaissant et c'est... Figaro qui reçoit l'avire-mouche, ayant lui aussi décidé de venir au mauvais moment aux nouvelles. Il ne moufte pas, logique, il n'est pas censé être là et le comte, rassuré sur le fait qu'ils soient seuls, marivaude a qui mieux mieux, et que je te prenne ta mimine "quelle est trop douce... lavée avec Mir Laine ?" et que je te promette un p'tit brillant pour l'orner, ça serait pas mal comme bonus à la dot promise... et que je te presse de te grouiller, on dirait que du monde arrive alors faudrait penser à filer dans un lieu plus... sombre avant qu'on nous repère etc... D'ailleurs tellement obscur que la fausse Suzanne a du mal à se repérer, mais on s'en fiche comme de l'an  quarante non, répond le comte, c'est pas de la lecture qui est au programme (sic !)

 

http://fr.youtube.com/watch?v=b1MwuopuRaE Figaro fait une fausse entrée (fausse sortie c'est connu, pourquoi pas ça ?) et la belle file à couvert vers le cabanon libre (bizarrement, tout le monde  s'entasse dans celui de droite),  son galant la retrouvera plus tard, pour l'instant il part de l'autre côté (les mystères de la création théâtrale sans doute, faire trois fois le tour du jardin pour se mettre en pattes, j'sais pas...) Il meloune toujours autant dans sa barbe contre la gente féminine mais sa copine, imitant la voix de sa maîtresse lui demande de  mettre une sourdine.. ça va réveiller les "chope-souris" ! Il est tellement vénère qu'il continue en prenant la "comtesse" à témoin de leurs misères conjugales respectives. Suzanne a la mauvaise idée d'avoir un trou de mémoire et de reprendre sa voix pour un couplet, il est lent mais ça fait "chtonk" et il pige que c'est pas la bonne belette à qui il s'adresse. A malin, malin trois quart et il décide de mettre à profit ça en faisant semblant de draguer  la "comtesse" (je fais un doublon presque en diffusant l'extrait mais il comprend le duo et le final, que du bon pour gagner du temps hein ?)

 

"Patronne, j'vous adore en silence (pas trop, c'est lyrique, on va éviter le mime !) et j'me propose pour votre plan de vengeance comme bras séculier, c'est le moins que je puisse faire, accro à vos mirettes comme j'le suis ! Donnez-moi votre mimine que je la bisouille pour signer le contrat.."
- Tu la veux celle-là ?! - balance vocalement... et physiquement la nana en exhaussant ses voeux - Tiens, une autre pour la route, l'autre était jalouse !(il a droit à son aller-retour sans supplément, rare en ces temps de crise des transports ferroviaires !)
- Fais-moi mal, j'adore ça !
- T'en veux ? J'ai du rab, y a promo, j'te fais un prix pour le lot... - et elle retrousse sa manche en adepte du boulot bien fait, ça va pleuvoir les châtaignes, c'est de saison !)
- Euh... on va p't'être arrêter la  séance SM, y a du monde qui nous regarde, et j'ai la goule qui chauffe. Et puis arrête ton cirque, j't'ai reconnue !"

 

Les deux futurs époux se réconcilient alors que le comte refait une apparition (il n' "esthético-chirurgiquise" pas un fantome, vous gourez pas), il cherche toujours sa pseudo conquête, sans boussole et lunettes à vision nocturne, c'est pas gagné ! Figaro et Suzanne décident de continuer leur numéro et le type tombe l'oeil révulsé d'amour aux pieds de sa soi disant patronne.

 

Là, pour le comte, c'est le feu de paille qui fait boule de neige, soirée de m... tiens ! Et lui qui voulait se payer du bon temps, vous la lui copierez ! Il goille comme un cochon qu'on saigne que tout son  personnel de maison rapplique, il a oublié son opinel, ça va faire désordre pour trucider le sagouin qui veut tâter de la particule (au sens propre du terme) Les deux amoureux filent se planquer dans le cabinet (je vous disais, c'est l'heure de pointe côté jardin)

 

Tout le monde rapplique, Basile, Antonio, Bartholo, Don Curzio

 

"Qui c'est  qu'on égorge ? Qu'est-ce qui se passe encore ?!
- Venez voir la nana qui a pas froid aux yeux en trompant un type comme moi !"
Il passe la main par la porte du cabinet - celui de droite, dans l'énervement il a perdu le sens de l'orientation - et en ressort sans ménagement et dans le désordre... un Chérubin, tenant également par la pogne sa copine Barberine... Mauvaise pioche, il retente la mise en sortant deux autres cartes, la Marcelline de trèfle et la Suzanne de Coeur - ah, enfin la bonne main ! - (vu qu'elle est déguisée en comtesse)

 

Tout le monde y va de son "ma fille !", "ma mère !" "Madame !" Et Suzanne implore pitié alors que le comte, "contrarié" comme il est, est bien loin d'y songer une nanno-seconde.
La comtesse sort enfin de sa cachette (le cabinet de gauche donc, suivez !!! Pfff) et demande le pardon de tout le monde, vu son rang social, ça aura peut-être plus de poids que des prières ancillaires... allez savoir... 
Bien vu, parce que le comte se retrouve le museau dans sa m..éconduite et c'est à lui de demander pardon (et la honte qu'il se tape, je ne vous raconte même pas !)
C'est à elle de se montrer magnanime, déconfit comme il est, et rouge comme une pivoine, ça va sonner faux de toute façon.

 

Fin de l'acte et de l'opéra sur un air à la gloire de l'hyménée, sur le beau temps après l'averse, les rabibochages après les embrouilles et les prises de choux, enfin, un truc très classique et promotionnel pour continuer à convoler au cas où certains, à l'audition de l'opéra, seraient guéris à vie de vouloir trouver thong à son ripaton (chaussure à son pied, si vous préférez)

 

Bon, je vous avais dit que ça serait court, je n'ai pas (trop) menti hein ? Alors sur ce, je vous laisse continuer vos nobles occupations professionnelles ou autres... Je file vers les miennes (le plat à gratiner, pour l'endive, rappelez-vous hé, hé) et surtout vers mes p'tits grains noirs broyés que j'aime bien... Bonne journée et à plus

 

La dragonne

 

* Vous vous rappelez son examen de boîte crânienne au... canadair et ses superbes culottes Frolic (Sloogy, ça voulait pas imprimer), elle les collectionnait aussi les bidouillages de mots, même si elle n'assumait pas comme votre servante et fusillait son monde si on lui faisait remarquer que ce n'était pas la bonne expression avec un "c'est c'que j'viens de dire, et d'abord je sais c'que j'dis non ?!" qui mettait fin au débat grammatical et vocabulairesque dans la seconde) Par contre, comme son autre expression était d'aller nous faire voir chez les hellènes, on pensait gamins que c'était le même genre d'invitation à des galipettes avec des danseurs de sirtaki avec en fond sonore la voix flutée de Denis Rousseau (là aussi, un p'tit problème avec tout ce qui ne s'appelait pas Jean Bidule ou Roger Truc, comme tout bon  français)

 

**rapport au ramures des maris trompés évidemment. Porter des ramures (et pas celles de l'Epiphanie) est légèrement désagréable. Une grande mode du vaudeville ça, le mari cocu, à l'origine ridiculisé parce  que trompé et surtout au vu et au su de tout le monde (Rostand avait bien trouvé en disant "ridicoculisé", j'l'aime bien Edmond) Déjà, chez nos ancêtres, les irréductibles gaulois, nous avions une divinité à ramure de cerf, mais cela viendrait aussi des grecs, où on traite de "bouc" un mari dont la femme a du... tempérament du côté de la bagatelle. Je me marre parce qu'en faisant ces p'tites recherches, quelqu'un constatait que si les chèvres sont déclarées relativement portées sur ça, la passion légionnaire souvent citée s'expliquerait alors, pétée de rire, parce que ça me renvoie à certains dessins de Serre.
On parle dès le début de ces mésaventures matrimoniales de "cornart" et d' "escorné" Le pire c'est que pour le mot cocu, j'vous l'donne Emile... ça viendrait du piaf, le coucou. Avec du recul, quand on y songe, c'est pas bien faux, celui-ci ayant élu domicile et procréant dans un nid qui n'est pas le sien, le raccourci parle de lui même non ? Par contre l'attribution du terme a totalement bifurqué, passant de l'amant au mari... on se demande pourquoi... à moins de préférer "cocufié", là, c'est plus logique.
D'autres avancent que ça viendrait de Cernunos, dieu chthonien (souterrain) gaulois à tête et ramure de cerf, l'équivalent local d'Hadès dont la musaraigne, Perséphone passait trois jours avec lui et tout le reste avec sa môman Demeter (mais là, en tout bien tout honneur, donc ça me paraît litigieux... vu que pour être orné des attributs de cervidé, faut que môdame soit allée voir un autre "mâle dominant" de harde.)

 

*** Désolée, j'ai eu énormément de mal à gober le pays de Candy de notre chère impératrice bavaroise, manquait plus que le coup du piaf sur le didi et la ritournelle à la Blanche Neige, étrange que Disney n'ait pas pensé à nous sortir un truc sur le sujet, tous les poncifs du genre y étaient pourtant... mais causer Europe de l'Est à l'époque où il a créé Blanche  Neige, 1937, ça n'aurait pas été politiquement correct.

 

**** L'Eau Précieuse pour bibi, vous vous souvenez, le truc qu'on se passe sur la goule en bonne ado flippant devant l'acné juvénile, (enfin j'en avais acheté, mais c'est les frangins qui l'ont utilisée, jamais eu d'acné, cherchez l'erreur de "maturation" de la bête... .) à ne pas confondre avec "l'apnée juvénile" de la même dragonne, symbolisant les bouderies et "retenages" de souffle à la Soupàlognonycroûton de nos chères têtes blondes ou brunes (ou rouquines) quand elles ont quelque choses en tête justement (et pas ailleurs comme disait mémé !)

PS: pour vous prouver que les Noces on les trouve partout... jolie scène où le type passe ça pour que toute la prison en profite (encore d'après Stephen King, pas de ma faute !) 

Re-PS: Gisement épuise... enfin mine de rien, je crois que je n'ai jamais vu autant d'extrait pour un opéra sur le web... si c'est pas symptomatique de son succès ! Mis bout à bout, je crois même qu'on pourrait avoir l'opéra en entier, à voir...
publié dans : Mozart
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Mercredi 14 novembre 2007
Bonjour !

Allez, une semaine bien amorcée, faudrait penser à un certain Figaro non ? Pour ceux qui me demandent ce que j'ai bien pu encore faire (ou subir) à l'opéra vendredi dernier, pas d'affolo, ça viendra, même si pour une fois, ça n'est pas sorti d'une normalité presque affligeante selon les critères très... particuliers de votre servante (il va pleuvoir quarante jours pour fêter cet évènement !). Allez, certains s'impatientant sur le devenir de cette union suzanno-figaresque, on y retourne avant que ça ne fige dans vos gamelles.

LES NOCES DE FIGARO - Acte IV -

Le lieu : Au début de l'acte, un "cabinet" ; libre à vous (comme à moi) d'y voir un lieu d'aisance... mais je vous préviens, vu le monde qui va y défiler, prévoyez l'espace en conséquence, chanter serrés comme des merluches dans leur cageots, ça risque d'être chaud (surtout en apnée si l'extracteur d'air vicié a des défaillances si vous voyez où je veux en venir...) et de plus, ça ne désigne pas que ça si vous faites une recherche , vous pouvez même choisir ce qui vous semble le plus approprié pour ces élans lyriques... * Par économie, le cabinet se transforme souvent en kiosque ou même un simple banc en plastoc, ça évite les allées et venues des machinistes sur la scène;
A la scène cinq, un jardin "touffu" (touffu... comme... touffu parce que le proprio a déliré un peu horticulturesquement parlant ou touffu parce qu'il avait au contraire  un poil dans sa main verte ?), deux "niches" parallèles (Rantamplan à gauche, Snoopy à droite, les féroces pinschers de la comtesse)   On a du ôter les nymphes et satires bouffés des mites ou les vasques débordantes de chiendent parce que ça faisait désordre, mais ça fait une planque plutôt sympa pour le reste de la farce.,

Les personnages :
- Barberine, (la cousine de Suzanne) "l'entichée du page",
- Figaro pas la peine de le présenter ou alors c'est que vous avez une mémoire de carassin doré
- Marcelline (la duègne ex-rivale de Suzon et nouvellement génitrice révélée du héros)
- Basile, le maître de musique (tiens, on l'avait oublié celui-là !)
- Bartholo, le "docteur", ex-rival de Figaro et nouvellement géniteur de celui-ci (pfff, quel imbroglio s'pas ?) Les "ex" et "nouveaux" se succèdent au théâtre, c'est la coutume et c'est censé réveiller les spectateurs du fond au cas où ils seraient un peu trop fait bercer par l'ambiance feutrée d'une description bourgeoise des plus commune si on y regarde bien.
- Suzanne ( à la scène 9 tout de même, elle a pris ses aises côtés retouches du maquillage !), suivie de près (scène suivante) par..
- la Comtesse, fidèle à elle-même, c'est à dire la boîte de kleenex à la pogne et la coquille Calimerotesque sur la courge (les éternelles "victimes" théâtrales...j'ai du mal à les plaindre, désolée, je sais... j'suis une sans coeur)
- Chérubin, le page amoureux de tous les jupons qui lui passent à portée (toujours pas calmées ses hormones, mine de rien)
- Le Comte (lui aussi se fait appeler Désiré jusqu'à la scène 12, il faut dire que le temps que tout ce joli plan se mette en place, le voir tournicoter dans les parages, ce ne serait pas prudent)
- Don Curzio (celui que devait servir de témoin  assermenté quant à la "dette" de Figaro si vous vous souvenez)
- Antonio, l'oncle pochetron professionnel et horticulteur dilettante (durant ses heures de lucidité)
Par contre, on notera l'absence du choeur des ex-vierges et jouvenceaux... le lavage de linge sale bourge, on évite d'ébruiter, ça fait une tache supplémentaire sinon et elle est dure à partir celle-là (pire que la fameuse tâche dans le noeud du torchon de Coluche)

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Ouverture de l'acte quatre sur le fameux cabinet (je recommence mon topo, où c'est imprimé le..* ?). Et l'on tombe sur une pauvre Barberine, dans tous ses états, en train de tournicoter comme une mouche prise sous un verre, la loupiote à la main et tout ça parce qu'elle a paumé un épingle ! (D'accord, un sou est un sou, mais de là à retourner toute la carrée parce que j'ai paumé un pin's..faut franchement qu'il soit en or quarante-douze carats et incrusté de diamants gros comme le Ritz ! Et en plus, si je ne paumais que ça... mais je dois habiter au milieu d'un trou noir, tout se fait la malle, y compris les neurones, ce serait un boulot à plein temps pour meziguette !) Tiens j'en connais une qui va se régaler avec cet air mimi ; court mais mimi !
Entrent Figaro et Marcelline, depuis qu'ils se sont "retrouvés",  ils ne peuvent plus se lâcher  ces deux là, ah... le fameux cordon ! Comme la minette explique qu'elle a paumé ce qui devait servir d'accusé de réception à un certain billet de rendez-vous, ça a plutôt l'heur d'énerver le futur époux plutôt que de le rassurer sur la notion "sécurisante" du mariage et il est à deux doigts de lui en retourner une, allant même jusqu'à lui dire qu'elle se lance tôt dans la carrière d'entremetteuse (lisez le livret, si ce n'est pas explicite !) Encore heureux "môman" est là pour arrêter les élans baffatoires de son fiston, sinon elle était partie pour faire trois tour dans son slip sans toucher l'élastique, vu le coeur qu'il allait y mettre à son vire-mouche ** ! Comme la duègne, elle, est soigneuse et ordonnée, elle a récupéré le truc et le donne à Figaro qui s'empresse de fourrer ça sous le pif de la gamine en lui signalant qu'il faut pas la lui faire, il n'est pas "niais" de la dernière averse !
La môminette avoue tout, y compris ce que lui a dit le Comte : "file-ça à Suzy,en disant que c'est "le cachet des grands marronniers" (il a lu Da Vinci Code et voit des messages codés partout). Une fois cet aveu déballé, elle prend ses jambes à son cou pour faire la commission rapido-presto, vu qu'après, elle a rencard avec son échauffé du slip kangourou, Chérubin (désolée, un chat est un chat !)

Figaro craque devant sa génitrice, il était le dernier au jus évidemment (comme toujours) et celle-ci a toutes les peines du monde à lui faire rentrer dans ses gonds. Faut juste la jouer fine et connaitre le fin mot de l'histoire, c'est encore que des "on dit"... rien n'est fixé sur la pellicule des paparazzi ! Mais avant de sortir,  il lance tout de même un "je vais venger tous les maris" qui en dit long sur ses intentions... ça va ronfler dans les chaumières !

Marcelline, solidarité purement féminine oblige, se doit de prévenir la fiancée que le doux et tendre nectar de l'hyménée a pris l'air et tourne plutôt au vinaigre à cornichon. Il faut la  mettre en garde contre "ce fier, ce terrible... et pourtant un peu nigaud de sexe masculin" (c'est pas moi que le dit hein ? Je ne fais que citer !) On a droit à un air (n°24, pour continuer à se la péter pro) où il est question de chevreau de bique, d'agneau, d'agnelle, elle est dans sa phase bergère de Petit Trianon la duègne.*** 

Sur ces considérations "chèvrières", elle sort et Barberine entre à nouveau (me dites pas qu'elle a encore paumé l'épingle c'te buse ?!) mais cette fois, côté jardin "touffu". Petit récitatif où la gamine nous expose le menu de son encas (les émotions ça creuse !), une orange, une poire (et des sboudidouuuuus) un choco-BN, ça va la lester même si elle précise qu'elle a dû faire la bise au cuistot pour avoir du rab, tout en ajoutant qu'elle compte bien se faire rembourser par Chérubin (quelle mentalité,  pfff !) Elle aperçoit Figaro qui rapplique et préfère planquer ses miches, il semble avoir la main leste en ce moment le futur cousin.
 
Il arrive en compagnie de Bartholo et Basile. Les deux compères se demandent bien ce qui lui prend de jouer les conspirateurs, la lanterne à la main et le manteau sur le pif, façon méchant dans les films muets (j'ai toujours adoré ces personnages outrés, ne laissant paraître qu'un regard noirci au khol ; et ils en font des caisses pour faire passer le machiavelisme de leur pensée dans leurs billes de loto, grandiose !)
"Vous vouliez pas faire la  fiesta ?! Moi, l'endroit me paraît idéal pour féliciter ma copine et notre patron commun qui veut se la faire. Vu que c'est des marronniers, on pourra même leur en filer quelques fruits bien sentis, si vous me suivez... A marron, marron et demi ! Planquez vous et je vous sifflerai pour que vous rappliquiez, je vous garantie que vous serez pas déçus du spectacle !"

Branché sur le 220, il ressort et les deux types restent à se demander ce qui lui prend de ne se mettre le sang à l'envers de cette manière. L'un, Bartholo, nouvellement rallié à la cause de son fiston, qui ne voit pas pourquoi il laisserait faire sans moufter, l'autre, Basile, parce que lèche-bottisme oblige, il est du côté du Comte et que c'est lui qui a le pognon et le pouvoir. Dans son air, il précise même qu'il a connu ça plus jeune (vi, il a été jeune, mine de rien) mais que dame Quiétude y a mis bon ordre (quiétude traduisant le flemma italien... flemme, ça ne concerne que moi, j'ai un copyright dessus, j'opte donc pour quiétude)..

Là, je me dois d'expliquer un peu la teneur de ses propos, parce que franchement, l'image est trop bonne ! Il fait allusion à... une peau d'âne !

Au début, j'ai pensé "ben dame à c't'heure, j'me suis plantée, j'ai pris Perrault à la place du livret, pas réveillée la dragonne...", mais que nenni... manto d'asino, pelle di somaro, c'est manteau d'âne, peau d'animal de somme,  j'avais bien lu ! 

Grosso-modo****... un jour qu'il se baladait dans la forêt, son panier et son petit pot de beurre à la main, il arrive près d'une chaumière tout en nougat et sucre-d'orge, au clou du mur pendait cette serpillière bouffée des mites, histoire de l'aérer un peu, vu qu'elle rognotait un peu l'âne bâté justement. La bonne marraine en tenue d'intérieur (foulard à l'antillaise pour faire le ménage, charentaises sur chaussettes en accordéon sur les chevilles et tablier en pilou à motifs "mémé"...  que du glamour !) est sortie pour garer sa citrouille dans la cour et le voyant sceptique (comme la fosse) devant ce textile "approximatif" côté fraîcheur et utilité, lui a royalement fait cadeau du bastringue. Comme elle avait plus toute sa tête, elle est rentrée aussitôt, oubliant sa titine et sa charentaise de vair, sur le trottoir laissant le type un tantinet arrêté sur l'image vu le cadeau somptueux.

Et mes braves gens, v'là t'y pas qu'il se met à flotter comme vache espagnole! Ni de une, ni de deux, il empogne le bazar et s'en sert comme Kway (c'était ça où se faire saucer et son habit vert et ses bottes de sept lieues auraient morflé) Il ne fait pas trois enjambées (vingt et un lieues si vous faites le compte) qu'il tombe nez à truffe avec un canis-lupus-lupus qui n'est pas jouasse du tout, il a laissé filer les p'tits chevreaux et leur mère (z'étaient allés faire un tour du côté de l'aria de Marcelline certainement) et en plus il fait sa crise d'asthme, vu qu'il a tenté une démolition sur trois cabanes de propriétaires porcins, ça a eu le don de l'énerver, ça se comprend.

Notre Basile (qui ne sait plus où il va du coup) s'imagine déjà en boîte de Canironron sur pattes, ce que confirme le regard affamé de la bête "faite rosse" par les coups durs de cette sombre journée. Au moment où il pense jouer le septième frangin de Poucet, invité à la p'tite bouffe organisée par l'ogre, le bestiau recule, se tenant le museau à deux pattes, limite de virer de l'oeil. Comme coupe-faim, sa pelisse est idéale ! Les relents asiniens de la dépouille lui font dresser les poils au garde à vous et être à deux doigts de rendre tripes et boyaux, et il préfère se barrer au fond des bois en hurlant à la mort  (donc, une légende tombe, le loup ne hurle pas à la lune, il se plaint seulement des mauvaises odeurs).
Basile doit donc d'avoir sauvé sa peau, grâce à celle d'un âne et moralise en disant que "la honte, le danger, le déshonneur et la mort peuvent être évités, grâce à une peau d'âne !" (l'image parle d'elle-même non ?)

Après cet épisode ésopien, (ou La Fontainesque... choisissez), les deux cocos sortent... et nous également,. je voulais continuer, mais ça va faire beaucoup alors on verra la suite plus tard, avec le retour de la vengeance de Figaro avant d'enquiller sur l'arrivée de sa copine, ça promet des festivités encore c't'embrouille !

Bonne journée et digérez bien tout ça.... à plus.

La dragonne

* - Un meuble à la base à colonnes torsadées dont toute la façade est munie de tiroirs, chaque personnage sortant de l'un d'entre eux, ça serait "tendance" non, pour un metteur en espace voulant sortir du lot ? Tiens, j'vais vous apprendre quelque chose, ça aurait vu le jour ce genre de meuble aux entournures du XVIIème siècle et les plus chouettes (pour les escarcelles bien garnies évidemment) étaient en... ébène, d'où le nom des types qui se sont lancés dans la conception de ces machins : les ébènistes (celui qui dit que je ne dis que des co...urgetteries, paf dans ses gencives !)

 

- Une petite salle dite "d'eau", un chouillas plus rikiki qu'une salle de bain ; chez nous, on y a installé mentalement d'office les chiottes et l'accord au pluriel est venu naturellement, on dit "les" cabinets, un pour chaque miche peut-être... (je sais... j'suis légèrement vulgaire, mais avez vous remarqué qu'au cours d'un repas, à un moment où à un autre, le sujet vient sur le tapis? Comme si on se mettait en condition mentale pour que l'appareil digestif soit au mieux de ses performances) Où alors je choisis bizarrement mes invités... allez savoir...

 

- cabinet de travail et cabinet professionnel... là, on cause boulot, et pour le second on le signale souvent par une jolie plaque passée au lustrant (plus le cabinet est important, plus la plaque est en conséquence... et le nombre des zéros sur le chéquier aussi d'ailleurs) Pour le premier, vous pouvez instaurer ce terme pour définir votre espace bureau, ça en jette un peu plus que bo..organisé comme chez bibi.

 

- Le cabinet de curiosités  est une pièce servant à conserver et à montrer des trucs "remarquables" (valable pour les constipés chroniques ? Tellement peu courant qu'ils exposent leur... production pas peu fiers de l'exploit ?... Je sais, je vire scato là, ça s'arrange pas...bon appêtit ceux qui lisent en bouffant !)
En principe, on y trouvait tout et n'importe quoi, c'était "hétéroclismique" la collection (cherchez pas, ça n'existe évidemment pas cet adjectif) : des merdouilles...merdailles... médailles ! (pardon, un réflexe), des vieilleries, augustement dénommées antiquités, des objets "d'histoire naturelle" (rappelez-moi mes cours de sciences naturelle, l'appareil digestif en faisait partie non, ah... j'ai pas si faux alors !) comprenant coquillages (et crustacééééés... sur la plage abandonné-euuuu), des fossiles (quelques irréductibles abonnées à l'art lyrique,  momifiées sous la poudre de riz ?) des herbiers (de l'herbe à chat, des plans de fucus-débouche-troufignon... et allez donc, une nouvelle couche !)..des insectes séchés (des mouches à m...iel ), des animaux "taxidermés" (phase ultime pour les irréductibles abonnées trop longtemps restées sur leur strapontin). Libre à vous de constituer votre cabinet de curiosités, ce n'est pas exhaustif ma liste. la suite sur Wikipédia,  pas envie de vous saouler trop longtemps  

 

** raclée, gifle chez les dragons, on rajoute même un a devant, pour faire zouli, mais ça n'engage que nous hein ?

 

*** En gros, elle compare les bestioles qui dans la vie  se fichent une paix royale, alors que les nanas et les mecs jouent la Guerre des Roses en continu, ah, l'harmonie à la Rousseau... c'est pas gagné !

 

**** Retrouver les contes, ça peut être ludique... attention faites marcher les souvenirs de mômes

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Vendredi 2 novembre 2007
Bonjour !

Est-ce que ça va-t-il bien ? Moi, ça va, sauf que je n'ai toujours pas mis la pogne sur les heures qu'on me pique  à mes journées et ça sournoisement dans mon dos (l'indélicat les ayant chourées est prié de les déposer, même anonymement, il n'y aura pas de représailles, sous mon paillasson, à moins que c'te buse les aie paumé en route, allez savoir...) Imaginez une dragonne se servant pour la rédaction de l'article du brouillon de sa messagerie (ben vi, c'est plus sur qu'un bloc note, vu que je  n'ai pas de "vrai" programme écriture et ça a la même fonction alors...) et s'interdisant de regarder le courrier entrant (et entré) de trouille de tomber dans les vaps... au vu de ce qui l'attend comme retard de lectures et de réponses chez les potes.
Tout d'abord penser à donner des nouvelles de Figaro et de sa musaraigne... pour le reste, on a toute la journée (courses non-comprises) pour s'atteler à la tâche.. allez donc, on retourne aux Noces, on va pas y passer quarante douze ans !

LES NOCES DE FIGARO - Acte III - Scène 7 et suite -

Le lieu: le même, vu qu'on est au milieu de l'acte, comme dit précédemment, je vois mal un metteur en scène prenant des libertés avec la logique espace-temps prévue par Da Ponte et surtout Beaumarchais, innover d'accord, mais jouer à HG Wells dans cette intrigue, ça serait déplacé

Pour les personnages, même motif même punition que pour le paragraphe précédent (là aussi, changer en plus la distribution, ça ne serait plus de l'innovation artistique, ça serait de la frapadinguerie patentée, vous vous imaginez changer les personnages en cours de saison de Santa-Dallas-lès-Feux-de-l'amour ?!

Fin de la scène six donc, et tout le monde à l'air  ravi de la tournure que prennent les évènements. La rivale de Suzanne et son bras droit n'ont plus lieu d'être du côté obscur de la force (ah les douceurs de la maternité et de la paternité sur le tard)... les tourtereaux roucoulent sur leur branche... il n'y a que le Comte et Don Curzio à avoir décanillé sans demander leur reste, ça énerve un peu de voir des plans "conquêtes de nouveaux territoires" tomber à la flotte.
Barberine (la cousine de Suzanne, celle qui tenait planqué Chérubin sous sa table) traverse la pièce, le page en remorque en lui disant de se grouiller à ramener ses fesses, ils ont une fête sur le feu et son "costume" à enfiler (la robe évidemment, je sens que le pauvre Chérubin va se tailler une réputation de transformiste, ça va pas faire un pli !). Ils sortent aussitôt cette tirade lâchée, (c'est qu'il y a du boulot d'épilation, ça va prendre du temps)
La comtesse entre à son tour, pour monologuer lyriquement ("Dove sooono i bei momentiiii... "   etc... joli air ma foi) :C'est qu'elle a un peu les boules de constater que ses premières amours ont pris un sacré coup de vieux et qu'elle est obligée d'entrer dans le plan de sa camériste pour ficher la honte à son mec. Ses idées sur l'amour éternel et tout le toutim ont bien morflé ; adieu veau, vache, cochon et tout le bataclan ! Faut pas se leurrer ma fille, c'est du passé, mais un p'tit coup de revenez-y n'est pas inenvisageable... des fois qu'il y ait retour de flamme... quand le vent va tourner...*

Tout de suite après, nous avons des entrées et sorties de personnages au gré de la fébrilité ambiante.
D'abord le comte et Antonio qui vient lui signaler qu'il a trouvé le galurin du page trainer avec ses autres fringues (slip kangourou compris ?) ce qui veut dire que le zouave vient de changer de costard, suffit d'être patient... et de mater le  tout Séville qui s'est donné rendez-vous chez lui pour faire la fiesta (ils auraient plus vite fait d'installer un scan comme à la  douane... ça gagnerait du temps et ménagerait les mirettes et la caboche... suffit juste d'attendre que ça soit inventé par contre, un peu de patience...)

Puis la comtesse de nouveau, avec Suzanne, là, un peu plus long étant donné qu'elles peaufinent leur plan de campagne : 
"Alors... où ça en est ?...
- Votre mec avait sa tronche des mauvais jours mais à part ça...
- Et pour le rencard de ce soir ?
- J'verrais bien le jardin moi, c'est bucolique et romantique non ?
- Bon, adjugé pour le jardin ! Allez, maintenant, p'tite dictée... titre : Comment filer un rencard en alexandrin (ça écrème d'office les blonds, les "viandards**" et les... illettrés)
- C'est bibi qui s'y colle au travail d'écriture !
-  "Quand à la fraîche on étend sa lessive - virgule -
    Les zamoureux, les pieds dans la luzerne
    Comptent les étoiles - en teuton "Sterne" -(là, j'ai rien trouvé de mieux pour la rime désolée) - point de suspension -
    Si t'es pas trop c... tu pigeras la missive " - Point final ! - ***

- Bon, une bonne chose de faite, mais comment cacheter le poulet ?
- Tiens, j'ai fichu la pogne sur une épingle (ah... le fameux air de Barberine qui suit cet "emprunt"... mimi celui- ci aussi) En plus ça va servir d'accusé de réception... Fiches au dos "prière de renvoyer le truc pointu après lecture"
- ça c'est pour le cachet paumé du brevet de Chérubin !
- Gaffe ! On rapplique, planque la lettre !" ****

Arrivée dans le désordre d'une joyeuse troupe de nanas menée par Barberine (Chérubin au milieu, fringué en fille et un bouquet à la main, histoire de fignoler le déguisement certainement ; une nana sans fleurettes, c'est pas une nana... euh du coup... suis-je "vraiment" une nana ? J'aime pô les fleurs coupées, ça pourrait effectivement prêter au doute...) Elles-il viennent pour offrir leur zouli ch'tit bouquet à leur patronne, qu'elle est trop gentille et la meilleure des patronnes (etcaeteri-etcaetera, ça sent l'hommage rituel de la plèbe à sa cheftaine... mais que voulez-vous... faudra attendre Robespierre et ses potes pour changer les us et coutumes du bon peuple  face à ses dirigeants...?!... euh... du coup, j'ai un doute sur l'évolution de cette tradition...) 
Au beau milieu de cette jolie basse-cour, la comtesse remarque une nouvelle... que Barberine s'empresse de présenter comme une sienne cousine venue spécialement de Petzouilles-les-Oies pour la circonstance. (ah. les joies des familles nombreuses... on  peut rajouter un parent, ça ne fera pas désordre, vu qu'on perd souvent le compte n'est-ce pas ?)

La comtesse et Suzanne remarquent tout de même que la "cousine" ressemble comme deux gouttes de flotte à un certain page mais n'ont pas le temps de conclure qu'entrent Antonio et le comte, fonçant tête baissée vers le travesti. Antonio lui arrache sa voilette et lui fiche le galurin trouvé sur la trogne.
"Ahaaaaa ! kesss-vous disais-je donc ! Si c'est pas le coco !
- Alors... t'as une explication là-dessus ? - lance à sa moitié un Comte à deux doigts d'imploser
- Allez, j'avoue ! C'était juste pour rire... J'ai eu l'idée de déguiser le gamin en nana, sur le coup, l'idée me paraissait plus que bonne. Mais... avec le recul... j'ai un doute...
- Faudrait voir à pas me prendre pour un c. ! Mon gars, compte tes abattis, il risque d'en manquer !
- Patron ! - s'interpose Barberine avant que ça ne tourne au vinaigre - quand vous veniez en dehors des "heures ouvrables" pour autre chose qu'une partie de Scrabble (rapport aux "Hommes préfèrent les grosses" si vous connaissez la scène) vous m'avez bien dit qu'il suffisait que je vous demande quelque chose... ça serait réalisé... s'pas ? J'veux me marier avec Chérubin !"

Alors là, grand blanc ! Antonio en reste sur le valseur, sa progéniture a aussi tâté de la bagatelle avec son trousseur de patron, ça calme ! La comtesse, pas dupe, en profite pour défier son mec de répondre à ça, alors que celui-ci, se retrouve niaiseux et avec la honte de sa vie (d'accord, courir le guilledoux, ça se fait, mais ça ne se dit pas, surtout devant la valetaille !)

Figaro entre, il cherchait du monde, normal qu'il n'ait trouvé âme qui vive, la fiesta se donnait ici. Qu'est-ce qu'il a raté ? Et quand est-ce qu'on danse ?

"Avec un pied en vrac ? Comment qu'tu vas faire ? - lance le comte qui n'a tout de même pas perdu le Nord.
- C'est presque guéri et comme kiné ça peut être bien la gigue hein ?
- T'as eu du bol de tomber sur les plates-bandes fraichement retournées, la terre était mollasse !...
- C'était mon jour de chance... Allez les filles on se bouge ?
-... Pendant c'temps là, le page filait quinze noeuds vers Séville...
- Bon baiser et bon vent... j'm'en tamponne ! Allez, on s'trémousse !
- ... Mais t'avais "son" brevet en poche...
- Ben, j'vois pas ce qui cloche (zavez vu, ça rime !!!)"

Antonio faisait les gros yeux à Suzanne pour qu'elle ne fasse aucun langage de signe à Figaro, histoire de bien le laisser se dépatouiller tout seul. Il tire Chérubin sur le devant de la scène... Pour lui montrer que le page est tout sauf en route vers son casernement (surtout en robe, j'imagine l'arrivée devant les plantons tiens !)
"Tiens Chéru-machin ! kess'tu fiches ici ?!
- A part dégoiser que c'est lui qui s'est mangé des giroflées, pas grand chose de constructif !
- Ben si tu l'dis... il a p't'êt' fait comme les moutons du fameux Panurge, de me voir sauter par la fenêtre, ça lui a donné des idées de grands espaces.... va savoir... Bon, c'est pas que cette conversation me gonfle, mais faudrait tout de même penser à faire la fête non ? J'entends déjà le jingle  du DJ, faut se bouger !" 
Le comte hésite à sortir la kalachnikov et à arroser toute la scène (le bon dieu reconnaîtra les siens, comme disait Arnaud Amalric *****)  mais sa légitime lui fait remarquer qu'ils ont deux noces sur les bras à "présider" et qu'on doit se tenir quand on joue les nobles en restant sagement assis sur son popotin sur son trône, c'est ça jouer les grands seigneurs ! (on me disait ça aussi gamine, mais le trône était différent pas vous ?)

La foule des "invités" se précipite sur scène, les gardes-chasse d'abord, les villageois ensuite, par couples, puis les jeunes filles, puis les futurs mariés (un minimum de respect de la "hiérarchie" dans cette mêlée rondudju !) Scène de masse et choeur à l'appui, au programme : ovation d'une foule en délire vantant les mérites de si bons patrons (noblesse oblige !), la joie de faire la fête et gratos (pas dit explicitement, mais on pige ça tout de suite) et pendant que le choeur des vierges y va de son couplet sur la fidélité, l'honneur et tout le bastringue, le comte ouvre le billet que lui remet en douce Suzanne (au passage il se fiche deux bons centimètres d'aiguille dans le gras du doigt, ça lui apprendra !)
Figaro qui voit ça  pense que c'est une nana du village qui lui a balancé l'invitation (un peu à l'Ouest ce pauvre Figaro tout de même) et se marre doucement en voyant le comte à quatre pattes en train de chercher l'objet du délit qui s'est barré quand il a ouvert la lettre. En tout cas, ce qu'il a lu a eu l'air de lui redonner le moral au beau fixe au patron... Il est tout sourire (carnassier : trente dedans et deux dehors bien en vue) et royal, invite toute sa basse-cour à passer aux réjouissances. en lançant son cocorico.

La scène quatorze concluant l'acte étant finie on baisse le rideau et on file se démaquiller et se changer... Nous on file aussi, vu que c'est l'entre-acte et que ça va faire du bien de se dégourdir les mirettes et les pognes (enfin, je ne sais pas pour vous, mais pour moi, ça s'impose)...
Allez, bonne lecture, vous avez du temps pour ça, selon mes habitudes feignassatoires, alors profitez-en, ça serait ballot de virer maso en en redemandant "ti souite" (et ça ne m'arrangerait pas en plus)... Bonne fin de semaine à tous et à bientôt... Je file... une messagerie à ouvrir avec précaution pour ne pas qu'elle me pète à la goule.

La dragonne

* Là, petite aparté, à développer un de ces quatre en pseudo "post-its" ou "blagasseries diverses"... pourquoi sont-ce toujours les belettes qui doivent faire des efforts pour récupérer un mec qui prend l'eau de partout ?! On parle des mômes qui se sentent coupables quand leurs géniteurs se prennent le chou, mais quand un mec va voir l'herbe pousser ailleurs... la minette prend ça de plein fouet dans la tronche comme si c'était automatiquement de sa faute...Qu'on m'explique... Le mec lui n'aura pas ce genre de prise de tête, prenant juste ça comme un accroc à son sacro saint orgueil de mâle dominant (évidemment, ne généralisons pas, il y a des exceptions - je veux les coordonnées et mensurations des "exceptions" qui lisent... ça peut intéresser les copines...)
Suivant vos réponses... je risque d'enchaîner sur ça... on ne sait jamais... mais dans mon style, n'attendez pas du "larmichoillant" !

** titre explicite chez bibi pour désigner les collectionneurs de chair fraîche, ceux qui vous demandent l'heure et enchainent en vous proposant "chez toi ou chez moi"... la prose ou la poésie, ça leur passe légèrement au-dessus du spermatozoïde qui leur sert de neurone (désolée un chat n'est rien d'autre qu'un chat chez bibi, les tournures ça va cinq minutes, au moins avec mon franc parler, on sait de qui je cause).

*** Bon, je sais... j'ai pris des libertés mais le fond reste le même... la preuve... la traduction française du livret :
"Quand le soir étend ses voiles (ben vi, étendre ses voiles c'est pas faire sécher sa lessive ?)
Les amants sont au jardin (la luzerne, le trèfle, les rangées de p'tits pois... la différence est minime non ?)
Qui contemplent les étoiles (là, j'ai rien changé hein ?)
On devinera la fin... (c'est pas ce que j'ai mis ?)"
Et j'ai fait l'effort de faire rimer le truc, vous avez du  bol j'suis une buse en poésie, alors où qu'il est le problème ?

**** Evidemment dans le corsage, mais que voulez-vous... La mode de l'époque ne laissait que ça de plus accessible et de plus rapide comme planque vestimentaire (les poches se trouvaient souvent dans le jupons du dessous, le combien-tième, j'sais pô, vu qu'elles en avaient une dallée (quantité énorme selon ma mémé). Vous imaginez le jeu de scène avec la fille en train de se trousser jusqu'aux narines, histoire de trouver cette rondudju de sreugneugneu de poche au milieu d'un quintal de tissu à franfreluches ?! Les manches ajustées ? Les bras boudinés de certaines beautés rubensiennes, fragonardiennes pour rester dans le contexte de l'époque, devaient empêcher aussi qu'on tente une planque sauvage entre la couenne et le tissu à part au chausse-pied et encore, on risquait l'égraffignage intempestif de certaines carnations hyper-sensibles ! Ne reste que le bas et sa jarretière, mais là aussi, voir une Suzanne jouer les nanas du Moulin Rouge en plein cancan pour fourguer le billet doux  sous le dim-up... ça risque d'échauffer les esprits de certains spectateurs et les distraire un peu de l'intrigue initiale de l'oeuvre.

***** légat du pape durant les joyausetés infligées aux Cathares lors d' une sombre époque pour la région.
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  • : Vous pigez rien à l'opéra... pas grave, je vous raconte l'histoire... à vous d'aller choper les notes qui vont avec, et ne me dites pas que c'est pour les momies... je tire à vue sinon ! Il y a des trucs à côté, histoire de vous donner un petit aperçu du bestiau... je vous préviens... ça peut piquer les yeux.
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