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Mercredi 14 septembre 2005

Bonjour à tous !

Alors ça déménage au pays de Lipton hein ? Faut dire que la théine n’est pas faite pour calmer, ça serait même le contraire, niveau effet !


Donc, en bref, une bande de théinomanes en manque s’en prenait à deux pauvres petits tourtereaux en train de roucouler (non ils sont pas portugais !) au milieu de ruines brahmaniques de la grande époque.
On va donc voire ce que le sort cruel et dramaturgique en diable leur réserve…

Les Pêcheurs de Perles – Georges Bizet- ACTE III

Le lieu :une tente igloo grand format zippée avec un butagaz allumé sur la table de camping pliante avec les bancs incorporés (tu déplie le tout, et tu peux pique-niquer à quatre sur un truc qui tenait le volume d’une petite valise ! Ouahhh le progrès !), puis la forêt avec une statue du dieu Brahma

Les personnages : Zurga, Leïla (sans ses macarons et son fusil laser), le chœur (hommes et femmes), Nadir, Nourabad et ses fakirs

Au premier tableau on découvre Zurga assis seul et en train de compter ses neurones tellement il a l’air absorbé ; il va voir quel temps il fait dehors en dézippant la tente et constate que ça sera pas encore aujourd’hui qu’il pleuvra des cordes. A mon avis, c’est le cadet de ses soucis ! Il l’a mauvaise de s’être fait avoir par son copain Nadir :


« Dire qu’on était à la maternelle ensemble ! ça, j’suis obligé de sévir - (comme sévice, la condamnation à mort, c’est sur c’est du sérieux !) – en plus il va falloir faire subir le même sort à Leïla – (là, Ian Solo, il est pas vraiment dans le secteur pour la dépatouiller de cette sale affaire) - Franchement c’est pas de gaîté de cœur, mais ça pique un peu côté myocarde de se faire piquer sa  meuf préférée par son copain d’enfance »


Leïla, fait justement son apparition « presse-livrée » par deux indous armés de poignard. Elle veut lui causer entre quatre zieux :
« Euh, grand chef, j’ai une faveur à te demander… Nadir, tu l’oublies ! Dans cette histoire, il n’y est pour rien, c’est juste la faute à Pas-de-chance si on s’est retrouvés.
- Franchement, ça serait pas d’refus, mais il y a un hic… t’en pinces pour lui ! Et j’suis jaloux comme un tigre du Bengale - (c’est pas trop loin, donc la comparaison choque pas…) – donc, j’élimine le problème, plus d’amoureux, plus de difficulté pour s’endormir !
- C’est ça ! T’as qu’à la jouer « Cocu magnifique » tiens ! Mais j’te préviens ton fameux sommeil, réparateur, si t’as pas les cachets pour… tu s’ras très mal et t’as pas fini de tournicoter sur ton matelas, parce que le remord… ça vaut une bonne dose de caféine en intraveineuse ! Piss’ke c’est comme ça, tiens t’auras qu’à filer mon collier à ma maternelle quand tu la verras ; où je crècherais, les bimbeloteries, ça sert plus à grand-chose ! »


Elle sort précipitamment escortée de ses deux porte-couteaux. Zurga ouvre des yeux comme des soucoupes et se lance à ses trousses, le médaillon à la main (tiens, tiens…)


La scène change et on se retrouve au milieu de la forêt. Nadir est assis « confortablement » sur un bûcher dressé devant la statue du dieu indou Brahma. Les Indiens ont l’air relativement énervés, faut dire que le vin de palmier circule dans les godets et ça tape sérieux derrière les oreilles ce truc là ! Il se fiche carrément du sort qu’on lui réserve mais ce demande ce qu’on a fait de sa copine. (compréhensible).


Nourabad entre précédant Leïla et ses fakirs. Les deux amoureux se jettent dans les bras l’un de l’autre (qu’à mon avis il faudra un sacré décapsuleur pour les décrocher). Ils se font des adieux en règles (tremoli – bin oui, un tremolo, des tremoli…-  larmichouillettes,  soupirs à fendre les pierres etc…)


On voit une lueur rouge qui monte à l’horizon (un projecteur sur le décor peint du fond, j’sais je casse l’ambiance, mais côté profondeur… j’vous ai déjà dit que la scène c’est pas l’Avenue des Champs-Elysées dans les salles dramatico-lyriques). Ils vont pouvoir commencer les festivités sacrificatoires.


Sauf que… Zurga entre en trombe une hache à la main :
« Vite les mecs ! Allez chercher des seaux, le camp est en train de partir en fumée ! » – et pendant que les autres sortent dans le désordre il glisse aux deux amoureux : « C’est moi qu’ai fichu le feu avec mon Zipo, tendez les menottes que j’vous file un coup de  main pour vous libérer. J’ai pas trouvé les clés, j’ai pris ce qui me tombait sous la main ! Bin oui, fais pas ces yeux ronds Leïla ! J’te dois une fière chandelle ! C’est quand même toi qui m’a planqué quand t’étais môme … »


Il lui refile la chaîne de cou. (ça, vu la tête qu’il faisait au tableau précédent, c’était couru d’avance, fallait pas être devin pour envisager la suite). Nadir et sa copine se carapatent sur les hauteurs tandis que Zurga prend un peu de repos, appuyé à l’idole et la hache à la main.

 

Le rideau tombe : fin de l’opéra ! On peut dire que c’est une fin rondement expédiée n’est-ce pas ?

 Par contre, comme précédemment abordé, dans un autre article, Les pêcheurs de Perles est un opéra qui comporte pas mal de versions et dont une plus traditionnellement donnée du second tableau de cet acte. Là, après des chants et des danses tribales, Nadir et Leïla entrent ensemble sur la scène et après des invocations du prêtre Nourabad vont être sacrifiés quand on voit la fameuse lueur. Même tirade, à peu de chose près de Zurga pour expliquer la chose. Une scène débute ou tout le monde se congratule après la libération des prisonniers. Changement à ce moment : Zurga leur dit de se magner le popotin et attend le retour de la foule en délire. Et comme il faut quand même une victime sacrificielle (bin oui, ils ont pas stocké du bois pour rien au milieu du plateau tout de même) c’est le chef qu’on choisit comme méchoui.


Comme quoi, on en revient à ce qu’on disait : il faut au minimum une mort par opéra, sinon ça plaît pas (la version précédente était trop gentillette peut-être pour les spectateurs en manque de sensations fortes)

Méditez, méditez bien et freinez sur le thé, parce que vous voyez que c’est pas bon pour les nerfs !

Je file de ce pas, pour me préparer mon kawa réparateur (contradictoire en diable la dragonne hein ? Théine, caféine, même combat !) Bonne journée et soyez sages !


La dragonne

 
par Sieglind publié dans : Bizet
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Mardi 13 septembre 2005

Bonjour !


Alors, on a fait court hier ( enfin J’AI fait court, mais à vous saouler avant et pendant avec mes commentaires digressifs et multiples, vous avez quand même le droit de souffler non ?)
Donc, là, on reprend « presque » tout de suite la narration des Pêcheurs de Perles (j’fais des efforts, vous avez vu ?) en terminant d’abord par la fin de l’acte I qu’on avait laissé en plan, alors que Zurga (le nouveau chef élu à l’unanimité) informait son copain Nadir de l’arrivée imminente de la nouvelle prêtresse (le Nadir en question étant de  retour d’une expédition safari au cœur de la jungle, et tout ça pour oublier une meuf, qu’ils avaient le malheur d’apprécier tous les deux, plus que de raison)

 

Le lieu : toujours la plage avec palmiers, cactus, rocher au temple ruiné, feu de camp et tout le toutim.

Les Personnages : les mêmes (chœur, Zurga, Nadir, Leïla (la novice du culte locale), le grand manitou Nourabad

La fille entre envoilée jusqu’aux doigts de pieds, suivie de quatre fakirs armés de leur planches à clous, et de Nourabad, le grand prêtre.

Les femmes l’accueillent par des chants de bienvenue et Zurga en fait de même non sans lui redemander si elle accepte le contrat, c'est-à-dire de rester voilée et célibataire, de faire régulièrement ses prières, et de chanter occasionnellement pour faire fuir les démons (là, c’est pas parce qu’elle chante comme un vase fêlé, c’est l’exorciste du coin on va dire) No problemo pour elle (y avait que ce taf à l’ANPE du coin, faut pas faire sa difficile) On cause salaire, et dans le coin, la monnaie c’est la perlouze donc… si elle est bien gentille, on lui fera cadeau de la plus grosse et le plus belle pêchée et avec, son contrat fini, elle aura aucun mal à trouver un mec (sacré dot pour l’époque) Il y a qu’une ligne un peu gênante (évidemment écrite en pattes de mouches) à la fin du papier : si elle faute de quelque manière que ce soit… elle verra pas le jour se lever (définitif comme rupture d’engagement ça !)

Là, la minette a un mouvement de recul, pas parce qu’elle a les jetons mais parce qu’elle vient de reconnaître Nadir un peu à l’écart. Elle se reprend et quand Zurga lui demande si elle veut résilier le contrat, elle refuse en disant qu’elle tiendra le coup. Elle chausse les crampons parce que le rocher au temple est pas très praticable (pour sur, s’il n’y a que des vierges pour gravir le sentier de chèvres…et ça une fois par an… le terrain a pas trop le temps de s’aplanir !)


Pendant qu’elle entre dans le temple en ruines avec ses fakirs et Nourabad au train, les villageois se dispersent pour vaquer à leurs occupations diverses et Nadir après que son copain Zurga lui ai souhaité une bonne nuit se retrouve comme un benêt assis sur son caillou à délirer (c’est le décalage dû à son voyage de retour de safari, ça !) Pince-Mi étant parti au large chercher des huîtres perlières, c’est Pince-Moi qu’il évoque, parce qu’il a comme un doute sur l’identité de la vierge exorciste. Elle lui rappelle drôlement la fille par la faute de qui il a failli paumer son meilleur pote. Là un air célèbre : « Je crois entendre encore… » au répertoire de tous les ténors faisant un pot-pourri des meilleurs tubes lyriques. Enfin, un truc où il dit qu’il a carrément menti comme un arracheur de dents à Zurga, parce qu’il s’est planqué pour suivre la fameuse nana et passer des heures carrées à l’écouter planqué dans les bosquets ! (sournois le copain !). En tout cas, son auto-berceuse fonctionne parce ce qu’il s’endort comme une souche sur un bout de natte (mais non, il est pas assis sur la tronche d’une copine ! Une natte ! Un truc en feuilles de palmiers qui sert d’Epeda dans le coin).


Nadir planqué dans les fourrés!


Leïla et sa troupe de comiques ressortent du temple pour commencer le rituel de bénédiction : bûcher de branches sèches et d’herbe qui rigole (bin oui, faut toujours entrer en transe non ? Et les chamans ont tous un paquet de truc un peu hallucinatoire à filer pour entretenir leur petit foyer) et chant de la donzelle invoquant les esprits des bois, des rochers, de l’air, de l’eau, enfin toute la troupe quoi !

A s’égosiller comme ça, fallait s’y attendre, Nadir ouvre un œil, et là, il n’y a plus de doute ! (il a l’oreille absolue !) c’est la fille ! Leïla, de son côté, murmure entre deux couplets que c’est pas trop tôt et qu’elle était à deux doigts de faire des signaux style chien jaune sur les portes avions pour se faire reconnaître ! Les villageois lui demandent de chanter, pour chasser le mauvais œil, Nadir, lui, c’est par pur plaisir qu’il demande un bis et Leïla, cabotine, se fait pas prier pour montrer ses capacités vocales.

 

 

Et c’est sur cette scène que se termine l’acte I des Pêcheurs de Perles de Georges Bizet.

On entame l’acte II parce qu’il n’est pas trop long

Le lieu : les ruines d’un temple assez coquet, ma foi avec lianes en fleurs et rayons de lune éclairant une mignonnette terrasse

Les personnages : Un chœur (il est de toutes les teufs, c’ui-là !), Nourabad, Leïla, Nadir, les fakirs, Zurga

Le rideau se lève sur les nouveaux appartements de Leïla (un temple en ruine, on peut dire qu’ils se sont pas foulés, les autochtones !) Le soir tombe et comme les pêcheurs sont rentrés du boulot, son boulot de la journée s’achève.
« Tiens, v’la ta piaule, t’as bien bossé, t’as droit à un peu de repos ! – explique Nourabad à la fille.
- Z’êtes dingue ? J’vais pas rester toute seule ici ?
- Te fais pas d’bile ! J’vois pas ce que tu as à craindre : d’un côté la falaise à pic, de l’autre le camp, et des fakirs armés jusqu’aux dents pour défendre ton honneur, qu’est-ce qu’il te faut de plus ! Et t’as donné ta parole alors…
- J’sais j’l’ai déjà fait une fois, et ça prouve que j’suis fiable !
- C’est quoi encore c’t’histoire ?
- Bin, toute ch’tite, j’ai dû planquer un mec qu’avait du monde au train et quand les zozos sont arrivés, j’ai pas joué les balances ! Comme cadeau le type m’a filé une chaîne de cou.
- De toute façon t’as intérêt à tenir des engagements, sinon c’est à Zurga qu’t’auras affaire et il est pas moulant question honneur ! »

Tout le monde s’en va, la laissant seule avec sa trouille du noir (sympa les mecs !) Elle chante un truc, vous savez comme on fait quand on a les foies mais qu’on veut pas le montrer. Mais elle c’est plutôt « J’ai les pétoches, mais y a quelqu’un de planqué dans les fourrés qui guette au cas où » (ça c’est pour Nadir et sa manie de s’embusquer dans tous les végétaux qu’il peut trouver à sa proximité). D’ailleurs dans les coulisses (pardon, dans les bosquets) on entend le copain pousser sa chansonnette en s’accompagnant  d’une guzla (c’est pas une meuf, c’est un instrument de musique, si vous vous posez la question) La ritournelle se rapproche, signe que le propriétaire de la glotte qui s’exprime ainsi va pas tarder à faire son apparition.


ça c'est une guzla!



Evidemment, il apparaît pile poil quand la chanson se termine (quel timing !) et se précipite vers sa belle :
« J’suis béni des dieux, moi, j’ai réussi à passer tous les gardes-chiourme !
- T’es pas marteau ? Si on te vois, t’es fichu, mon pov’ gars ! Rendez-vous plutôt demain, on courras moins de risques !
- D’ac ! Je file et à plus… »

Il se carapate et on entend un coup de regolvingue venir du lointain (antiquité, peut être, mais c’est bizarre, les chinois étaient déjà passé là avec leur invention poudreuse). Le chœur pousse des hauts cris « sus à l’ennemi ! » en traversant le fond du théâtre à la poursuite du profanateur.

Comme par hasard, c’est à ce moment que l’orage décide d’éclater et, comme par hasard (euh, p’tet’ pas non) les autochtones y voient un mauvais présage.

Nourabad revient avec sa troupe et désigne les deux coupables (Nadir n’est pas allé bien loin dans sa fuite, il a du riper et se viander comme une grosse bouse, c’est que ça glisse un sentier de biques menant à un temple en hauteur !)

Les deux amoureux trouvent certainement que c’est le meilleur moment pour se faire des serments, parce que ça y va du couplet « que je t’aimeuuuu , que je t’aimeuuuu, que je t’aime ! » Nadir planque Leïla derrière lui et fait face à la foule énervée en les menaçant tous de son canif (le pauvre ! Il est attendrissant mais on peut pas dire que je jouerai sur ses chances de survie à un contre… tout plein !)

Zurga pousse une sacré goillante en surgissant sur scène :
« C’est pas fini ce b…asard ? Y en a qui dorment ! D’abord, j’vous signale que vous m’avez élu grand chef, alors si il y a quelqu’un pour prendre une décision au sujet de ce crime de lèse-divinité, c’est bibi ! Et bibi a décidé d’être magnanime ! Alors laissez ces deux-là tranquilles, sinon vous allez tater d’mon 45 fillette d’autorité cheftaine !

Les autres obéissent parce qu’un coup de pied au valseur ça ferait désordre sur leur curriculum et Nourabad, pour ficher la honte à l’ex prêtresse, lui arrache le voile et « boum-patatra ! » coup de théâtre, mais là, on était prévenu, Zurga reconnaît la fille dont il était amoureux ainsi que son copain.
Bizarrement, sa clémence fond comme crème glacée au micro-onde. Le vent a tourné a la vitesse grand V pour les amoureux et ils se retrouvent ficelés comme rosette, l’un traîné vers le campement, l’autre bouclée dans son templounet.

C’est ainsi que se termine le deuxième acte et l’inévitable question : qu’adviendra-t-il de nos malheureux héros ? En tout cas, ils sont bien mal barrés ! Et faudrait un miracle pour qu’ils s’en sortent… quoique…. Mais ça, lotus et couche moussue, ça sera pour la prochaine fois !

Bonne journée et à plus…
La dragonne

 
par Sieglind publié dans : Bizet
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Lundi 12 septembre 2005

Bonjour !

Enfin, j’ai retrouvé une figure « cérébrale » humaine, parce que hier, c’était  plutôt gassouillage d’idées et neurones aux abonnés absents (pour vous dire, j’ai regardé la télévision !). C’est là, qu’on voit qu’on ne peut pas « être et avoir été » hé, hé ! Pas simplement en ce qui concerne le tonus musculaire et la capacité à « tenir jusqu’à l’aube » dans ce genre de sorties bringueuses, mais surtout point de vue des goûts ! (c’est là qu’on voit, qu’avec le temps, on n’accepte plus de se trémousser et de jouer les ventilateurs sur n’importe quoi ! On devient « sélectifs » et évoluer sur de la daube, de la boîte à rythme prédigérée, de la conserve musicale avec beaucoup d’additifs, j’assimile de moins en moins) Enfin, j’ai la chance d’avoir une nature qui profite même des trucs ratés (comme hier, ça vous l’aviez deviné) parce que si ça nous a pas plus, ça confirme tout de même un certain sens critique et une « identité » non ? Donc du positif dans du négatif (mine de rien, j’dois être une indécrottable optimiste moi !)… N’empêche que j’ai failli friser le DJcide !

En plus, ce matin, déconnexion sauvage et intempestive de mon routeur… on dirait qu’il a le hoquet le pauvre alors, j’ai mis du temps pour pouvoir basculer l’article, qui pour une fois pourtant, était écrit depuis la veille au soir)

Bon, ceci étant dit, on va pas y passer la Noël, donc j’préfère retourner à mes, sinon nobles occupations, du moins celles que je préfère : les narrations d’opéras. Un blogueur m’a demandé de raconter un autre opéra de Bizet. J’espère que vous n’avez pas déjà oublié qu’on en a traité un ? L’histoire de l’excitée du cigarillo ! La Carmencita en robe à pois… la joueuse d’éventail et de navaja, Carmen quoi !
Bizet avait un propension à « l’exotisme » (enfin tout ce qui dépassait les frontières française, faut dire) mais c’était dans l’air du temps aussi. C’est plus intéressant de raconter des trucs éloignés de l’époque (style toge et cothurnes) ou dans l’espace (Sari, pagne, Djellaba..) Tout était motif à faire rêver, et raconter l’histoire du voisin de palier… j’sais pas si ça aurait fait autant d’entrées (sauf qu’il y a eu bon nombres d’œuvres qui ont fait un « flop » retentissant à la première, donc cherchez l’erreur…)

Donc, cette fois-ci, c’est « Les Pêcheurs de Perles » qu’on va voire et c’est de l’exotisme plein pot (Ceylan) et pour agrémenter encore la sauce dans l’Antiquité (autant mettre toutes les chances de son côté, s’pas ?)

ACTE I

Le lieu :  Une plage style carte postale (on a ôté les transats et les parasols pour les remplacer par des p’tites huttes en bambous et en nattes – d’ailleurs c’est réputé : les habitantes de Ceylan ont les cheveux courts à cause de ça (hé, hé !) -  Palmiers, Cactus et au fond une rocaille dominant la mer sur laquelle on admire une pagode indoue en ruines – Là, plus exotique,  tu meurs !

Les personnages : Un chœur (les autochtones du coin, passés au brou de noix pour paraître plus typés) des pêcheurs (au bord de la mer, ça paraît logique) Zurga : le chef de la tribu, Nadir : un ami perdu de vu, Leïla : nouvelle prêtresse du culte locale (et copine de cœur de Nadir, mais chut ! Faut pas l’dire c’est interdit ! Bin oui, elle est censée être pure et vierge… alors …) Nourabad : le grand prêtre et proprio des ruines indoues, quelques sorcières (en coulisse, elles doivent être tellement moches qu’ils ont pas voulu les faire entrer en scène)

Au début, on a une sorte d’introduction où les chœurs (civils mélangés et pêcheurs) décrivent l’endroit (comme si on était bête à manger du foin, et qu’on aurait crû que ça se passait au Groenland) et leurs us et coutumes : dressages de tentes, allumage d’un feu de camp, chansons en rapport (guitare et Hugues non compris) et grillage de marshmallows pour les uns et plongées dans la grande bleue à la recherche d’huîtres perlouzées pour les autres.

Entrée de Zurga avec une info :

« Les mecs, s’cusez de vous déranger, mais y a urgence ! Faut qu’on trouve un chef ! Pass’ke si ça continue comme ça, ça va virer au grand n’importe quoi !
- Y a pas d’lézard ! On en a causé au troquet et c’est toi qu’es l’moins mauvais !
Alors c’est dit ? Topez-là ! »

(vous m’direz que plus court comme élection de maire, je connais pas…et pis fallait fabriquer des urnes, décorer les caillasses de dessins rupestres et électoraux…faire du « social » en allant serrer quelques mimines : la plupart sont des pêcheurs, ça doit faire des poignées de main bien odorantes ça, tiens !)

« Mais ça s’rait pas mon pote Nadir qui pointerait son nez  par hasard ? – lance Zurga, une main en visière.
- Dans l’mile Emile ! – répond le type en s’avançant – y avait promo sur les parcours « aventures » J’suis allé dépiauté du félin dans la jungle. Cette petite histoire m’aura tenu une année loin de mon patelin, mais, faute de mistigris énervés à zigouiller, j’reviens et parce que côté rechange… j’avais plus rien à me ficher sur le valseur !.
- Franchement ça m’fait bin plaisir de te voir et au fait … T’étais parti pour faire le point sur le fait que t’étais amoureux de la même nana que moi… où ça en est ?
- T’sais, quand on trucide du fauve, ça calme côté hormones… mais ça fait d’bons souvenirs pour quand on s’ra sur notre fauteuil ergonomique avec la tisane à la main.
- C’est sur ! On meublera bien les longues soirées d’hiver à dégoiser et à se rappeler la fois où on a été scotché tous les deux par cette nana à Candi – (non chantez pas le générique c’est pas la blondasse frisottée du mercredi après-midi et d’ailleurs c’est un bled)
- Sur ! Que même c’était à deux doigts que j’t’en coller une et à mon avis, sa jumelle te démangeait aussi la main s’pas ?
- On va pas s’facher pour une belette ! On a pris tous les deux du recul et  c’est pas cette zibeline qui va nous gâcher notre belle amitié ! »

Zurga interrompt ces amicales effusions en faisant remarquer qu’y a une pirogue qui vient d’accoster :

« Bin c’est pas trop tôt ! On a faillit attendre !
- T’attends du monde ? Ici ? Dans c’trou ?
- Mais siiiii…. c’est la nana que les anciens vont chercher chaque année pour nous servir de porte bonheur sur le rocher aux ruines ; c’est bien payé, elle reste anonyme, et son seul boulot c’est de faire une ou deux prières pour éloigner les mauvais esprit que demande le peuple ?! »

Là, interruption de mon fait à la fin de la scène 5 parce que, avec ma manie de dégoiser avant et pendant… ça prend encore une sacré longueur, donc, la suite au prochain numéro (mais pas d’inquiétude, parce que là, elle est déjà écrite – enfin pour cet acte – mais c’est quand j’ai vu la longueur du pavé, que j’ai eu pitié de vos p’tits yeux fatigués)


Ruines du temple sur la falaise

A demain donc, et passez une bonne journée (je file mettre le reste au point)
La dragonne

PS: Pour la devinette sur Mona Lisa, ne vous inquiétez pas, j'en parlerai quand je vais remettre d'autres petites images de la diva!


 
par Sieglind publié dans : Bizet
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