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Jeudi 25 août 2005

Bonjour à tous !

Hier, c’était le tournant du virage dans Faust de Gounod. Bin oui ! La blanche Marguerite, j’crois bien qu’elle s’est laissée « effeuiller » sans trop de difficultés. C’était bien la peine, de nous mettre un livre de messe sous le nez au deuxième acte ! Elle a l’air de quoi maintenant ! En tout cas, pour son admission au couvent des Oiseaux, j’crois qu’elle a loupé l’épreuve pratique !

Il faut dire que Faust, aidé de Méphisto le pourpreux, l’a bien aidée à « trébucher » (des fleurs, des colifichets, un ou deux compliments et … enveloppé, c’est pesé ! Elle a vu le loup !)

On va donc aborder l’acte IV pour savoir où en sont les choses… m’est avis, que ça va pas être du beurre mou ! (surtout qu’à l’époque, y rigolaient pas vraiment avec l’honneur des fillettes !)

Donc FAUSTActe IV et certainement l’Acte V aussi, parce que le premier est assez court, point de vue… intrigue (quoique très dramatique… à l’origine, parce que je vous promets pas que vous allez sortir les mouchoirs)

Le lieu : La chambre de Marguerite, le truc de midinette avec des posters de Faust partout, le bouquet un peu passé, qu’elle a gardé sous cloche, la parure de draps coucher de soleil et Flipper bondissant, « Hélène, je m’appelle Hélène… » qui tourne en boucle sur le mange-disque puis, après une malheureuse scène, la cathédrale : clochetons gothique flamboyant, gargouillesquement ornés, rosace vitrailleuse bien éclairée pour que ça soit mis en valeur, Christ en Gloire, et tout et tout ( pour l’imagerie, se reporter à Notre Dame de Paris, ça fera très bien l’affaire !), puis, nouvelle scène et on se retrouve devant la baraque de la fille..(on connaît déjà, surtout le jardin.)

Les personnages : Marguerite évidemment, Siebel, le mec qu’a pas la main verte, "Méphistophélès et son chœur démoniaque" ( ça ferait pas mal comme nom de groupe ça, vous trouvez pas ?), un chœur de soldats, Valentin et Faust.

Au lever du rideau, Marguerite sait plus où se fourrer, elle a la honte de sa vie ! Bin oui, Marthe, la copine-voisine-duègne n’a pas vraiment assuré sur le coup… résultat : faute ! Carton rouge ! Elle a perdu son innocence l’oiselle ! Et ça, c’est pas évident à cacher, surtout que côté réparation des dommages, faudrait que le zigoto se manifeste et depuis le « dérapage », plus de nouvelles ! Faust s’est littéralement volatilisé, pouf ! A pu d’Faust, parti le philosophe ! (Il a du lui faire le coup du paquet de clopes à acheter…un classique)
Siebel, bonne pomme, serait bien d’accord pour le remplacer au pied levé (c’est le cas de le dire) mais c’t’idiote est encore accro et espère qu’il va revenir (elle lui filera des patchs comme ça, il aura plus besoin de ressortir au bureau de tabac)

Donc c’est avec cette idée que la fille part direction l’église pour mettre un cierge (à Lourdes ça fonctionne, alors on sait jamais).


Elle en prend une botte (sur le nombre, y en a bien un qui va marcher…) et les allume sous la statue de Saint Antoine de Padoue (bin oui, c’est y pas le Saint Patron des objets perdus ? Et, sans être grivoise - juste réaliste - y a « deux » trucs qui lui manquent maintenant l : son mec et ce qui est utile pour se mettre en blanc aux épousailles, j’vais quand même pas vous faire un dessin !)

Méphistophélès se pointe et la montre du doigt (c’est pas poli !) et lui prédit qu’elle va avoir les miches au chaud dans pas longtemps (derrière, le chœur des diables fait des « ouhouuuu » «lugubres alors que les fidèles chantent un dies irae accompagné par les « tuuuu- tuuuu ! » des grandes orgues – joyeuse l’ambiance comme vous voyez !) La pov’ fille flippe sa race comme pas deux, et pique un sprint pour sortir de l’église.

- parenthèse : c’est quand même un des passages les plus importants de la partition et le fait que je dégoise sur ça n’empêche pas que c’est très dramatique et un tantinet lugubre –

A la troisième scène on se retrouve devant la maison Valentin-Margot alors que les soldats reviennent au son d’un truc très connu aussi : « Gloire immortelle de nos aïeux », la Marseillaise locale en quelque sorte.

Siebel vient accueillir son copain Valentin, mais il est un peu dans ses petits souliers… L’autre sent qu’il y a de l’eau dans le gaz et flaire l’odeur de cramé du côté de la chambre de sa frangine.
Faust et Méphistophélès arrivent, la goule enfarinée avec une guitare.

Le cornu commence une sérénade : « vous qui faites l’endormie » . Là aussi, en gros, « Hé Machine ! C’est pas la peine de faire semblant, t’as très bien vu et entendu qu’j’étais sous ton balcon (tiens… ça me rappelle Claude Nougaro ça…) et qu’à force de piétiner, j’attaquais le pavé ! Et c’est pas la peine de dire que tu répond qu’avec la bagouse au doigt, pass’ke t’as déjà donné de ta personne, j’te ferai remarquer ! »


Evidemment, le frangin, on peut pas dire que ça lui plaise énormément la ritournelle il se retourne non pas vers le souffreux, mais vers Faust :
« quoi t’insulte ma frangine ? Mais tu sais qu’c’est avec ta vie là, que tu joues ?
- Arrête ! Y a que la vérité qui blesse ! Tu te sens visé ? »

Le ton monte, les épées sortent des fourreaux (Valentin est certainement passé chez Siegfried pour faire reforger la sienne… laissez, je mélange, mais j’aime bien le métissage !) on commence à se piquer le lard mais Faust, lui,  a quelqu’un de son côté d’assez balaise côté tour de passe-passe (là aussi, ça me rappelle Wotan du côté de Hagen dans la Walkyrie) et son coup d’épée transperce comme qui rigole le frangin ombrageux. Il tombe agonisant, mais trouve quand même le temps d’attendre que sa sœur sorte de sa chambre, dévale l’escalier, ouvre la porte fermée à clé, écarte les badauds et se penche sur lui pour la couvrir copieusement de noms d’oiseaux et la maudire jusqu’à la septième génération.

L’acte se finit sur cette scène dramatico-lyrique au possible ! – re-parenthèse : des fois, suivant les productions, l’ordre des scènes de cet acte est modifié suivant la version choisie (des fois, pour les opéras, plusieurs versions sont disponibles, du fait de l’auteur originel, mais parfois de compositeurs ayant remanié la chose…)

Acte V et Final

Le lieu
: une cellule dans la prison de la ville.

Les personnages : Faust, Méphistophélès, Marguerite  et chœur des anges

J’vous explique un truc d’abord : Quand Gounod révisa Faust pour l’Opéra de Paris, il dut accepter un caprice (ils appellent ça une tradition, mais c’est la même chose) c’est qu’il y ait un ballet, Pas évident, surtout au dernier acte qui est censé se passer en taule ! L’idée lumineuse qu’ils ont eu lui, et les auteurs du livret, c’est que le ballet se passe pendant la nuit de Walpurgis sur le mont Brocken (là c’est piqué texto dans Goethe, et c’est la nuit du Sabbat par excellence) Faust y rencontre pas mal de têtes connues, Cléopâtre, Hélène de Troie, Phryné (une courtisane grecque), ... Monica Lewinski…


Mais alors y a un truc qui s’impose c’est un sacré changement de décors (bin oui, on passe de la montagne à la campagne et en plus à un cul de basse fosse ! Pas évident, donc on supprime presque toujours cette scène de petits tutus possédés par Belzébuth et on la remplace par une « vision » de Faust qui médiumise sa copine un peu pâlichone et une trace rouge au cou. On peut dire que ça l’inquiète tout de même un peu, parce qu’il demande à Méphisto de le conduire où elle retenue prisonnière.

Evidemment comme dans le genre de cata, plus y en a, plus c’est prenant, la Marguerite, en plus de perdre sa virginité et bin… son test de grossesse il a viré tellement vite que la couleur, elle était même plus sur le nuancier ! Et on en rajoute une couche : elle a rien trouvé de mieux que de tuer le fruit de sa « boulette » (Plus gros comme truc, là tu meure !) Evidemment, à l’époque ça pardonne pas, et elle se retrouve condamnée à être pendouillée !

Faust se précipite sur sa copine et veut la forcer à se faire la belle avec lui. Il s’arrête pass’k’il y a un truc qui cloche et sacrément… Elle est complètement à l’ouest, tellement virée bredine, qu’elle est du genre à descendre de vélo, pour se regarder pédaler ! Frapadingue quoi ! Elle cause kermesse, valse, jardin… te fait un mic-mac de tout ça, se rappelle plus où elle habite, ni quel jour on est ! Elle a bugué sévère !


Ah ! Autant, pour moi ! Il y a un truc qu’elle pige et très vite, c’est que le mec en rouge, soi-disant copain avec Faust, c’est drôle, mais il a les pieds fourchus et c’est pas normal qu’il fiche le feu à tout ce qu’il touche !

Et là, elle a l’illumination ! Elle appelle à la rescousse : « Anges purs, anges radieux ! » Sympas, ils lui répondent (sans rire, ce passage est extra ! Il vous prend aux tripes, c’est Ze trio de l’opéra). L’air monte, monte, on se demande s’il va redescendre un jour et… Plouf ! Il retombe, mais c’est parce que la Marguerite a rendu son dernier soupir !

« Et Mer…credi ! rage Méphistophélès, qu’a perdu une partie de son butin. Loupé !
 - Gagné ! » lui répondent les angelots alors que l’hologramme de Margot commence son ascension !

Faust se finit donc sur un message très édifiant ! Le biscornu, ne gagne jamais ! Y a toujours un truc qui lui échappe au dernier moment, quand il pense qu’il va empocher sa mise avec intérêt !

Par contre le Faust, on l’oublie carrément, il peut rester jeune, crever sur place, redevenir sénile, on s’en bat l’œil ! D’ailleurs pourquoi ça s’appelle Faust le truc ? Parce qu’il est légèrement « transparent » dans l’histoire de Gounod. Méphisto d’accord -  d’ailleurs Boïto, un autre musicien l’a bien pigé, pour appeler son opéra du nom du diable - ou Marguerite - comme les allemands préfèrent nommer cet opéra, selon eux très loin de la version de Goethe, leur compatriote - mais ce mec insipide… ça me dépasse, si vous voulez un vrai Faust, il faut lire le texte de la nouvelle du poète allemand. Là, ça me fait penser à l’Arlesienne de Bizet, on en entend parler, mais on la voit jamais, comme le dahu !

Enfin, il n’empêche que j’aime bien cet opéra et pour deux bonnes raisons : la musique, ça c’est évident et les trucs dont j’ai été témoin, les trois fois où je suis allée le voir (pas d’affilé, je vous rassure !) Mais ça… ça va être le sujet pour un autre article (et une autre rubrique, vous vous en doutez)

Je vous laisse en vous souhaitant une bonne journée. A plus tard
La dragonne

 
par Sieglind publié dans : Gounod
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Mercredi 24 août 2005

Bonjour à tous !


Hier opération séduction dans Faust, pas très concluante d’ailleurs pour le héros philosophe, comme quoi, on peut étudier et disséquer toute sa vie l’homme et ses aspirations, sans y connaître grand-chose, une fois plongé dans la « vraie » vie !

Donc on avait laissé Faust, le regard perdu vers la ligne bleue des Vosges (vers Marguerite s’éloignant plutôt, au milieu de la kermesse du village) et Méphistophélès, son « mentor satanique » ayant fait une séance de bonne aventure gratos à des mecs qui s’en seraient bien passés, étant donné ce qu’il leur a prédit en lisant leur mimine.


Siebel et sa malédition des fleurs fanées


On a vu le rideau tomber sur le deuxième acte assez chargé, là aussi en péripéties, et après l’entracte de rigueur (j’ai pas pu passer avec les esquimaux, mais ça aurait donné dans les travées, une dragonne ceinturée d’un panier à friandises, je vous dis que ça !) on peut donc retourner à nos teutons !

FAUST – ACTE III

Le lieu : Le jardin de Marguerite (fin ça, tiens ! sauf que c’est vraiment son carré d’herbette, et qu’elle s’appelle vrai de vrai Marguerite, j’invente rien, là, pour le jeu de mot! Faut dire que l’équivalent de Marguerite en allemand, c’est Gretchen – voir Schubert et son « Gretchen am Spinnerad » (Marguerite au rouet). Donc, avec cette manie de changer les noms, les auteurs nous ont laissé les coudées franches pour dégoiser, c’est pas ma faute, c’est de la leur ! D’abord ! Non mais !)

Les personnages : Siebel, Faust, Méphistophélès, Marthe et Marguerite

Donc, au lever du rideau, on voit Siebel (le jeune niaiseux amoureux de la sœur de son copain Valentin) se pointer pour cueillir des fleurettes à son idole. Je sais pas si c’est une excuse la jeunesse, mais il a la mémoire bien courte le coco, pour ne pas se souvenir du petit truc que lui a prédit Méphisto (le coup de fleurs qui se faneront dès qu’il les touchera). Et, ça loupe pas ! La première pâquerette qu’il chope, elle se retrouve momifiée comme si on la sortait du tombeau de Ramsès II. C’est pas vraiment présentable un truc comme ça, pour déclarer sa flamme, aussi, il la balance et trouve un bénitier où il trempe ses doigts. Miracle ! Les fleurs restent fraîches quand il essaie à nouveau de faire un bouquet ! (là faut qu’on m’explique… à moins que la donzelle soit allées à Lourdes et ait fait provision d’eau sanctifiée par cubitainers entiers, je la vois mal aller avec son broc à l’église pour demander au curé de le lui bénir, surtout qu’avec l’évaporation, elle doit en faire des allers-retours ! Ou alors elle se fait livrer à domicile… c’t’une solution mais le curé, il doit avoir d’autres ouailles à fouetter…. Ou alors c’est une pastille effervescente qu’on met dans l’eau comme la poudre qu’on achetait avant en pharmacie, pour transformer l’eau plate en eau gazeuse – ça s’appelait le Lithiné, j’men souviens - là, ça la rend juste efficace contre les vampires et les succubes et incubes de tous poils.

De toute façon, ça fait pas trop avancer l’intrigue mon truc, alors j’continue (mais ça m’intrigue tout de même !) Siebel laisse le bouquet sur le seuil et s’en va (malin ça aussi ! Comment elle va savoir la Margot que c’est de lui le cadeau ?)

Faust et Méphistophélès entrent, mais l’empourpré se retire : quelques petites emplettes à la superette à faire, avant que ça ferme. Et là : Summum ! Le philosophe rajeuni parle aux murs ! C’est pas des idioties ! « Salut demeure chaste et pure » c’est bien à la bicoque qu’il parle là, je rêve pas ? – Je vois bien les copains venir chez Mistouflette la dragonne et causer au crépis tiens, la tronche des voisins… et surtout une tire blanche avec des mecs et des vestes qui se nouent dans le dos arriver dans la minute qui suit, ça aussi, je le vois bien ! Enfin, faut pas trop chercher la logique dans c’t’histoire (une légende, faut pas oublier, donc, tout peut arriver).


Une fois la sérénade bicoquesque finie, Méphistophélès revient avec un bouquet tellement maouss, qu’à côté celui du petiot préfère sécher tout seul et … un coffre à bijoux. (y z’ont de tout dans cette épicerie de quartier !) Les deux larrons se retirent pour voir ce qui va se produire…
Marguerite entre, un peu à l’ouest, parce qu’elle peut pas s’empêcher de penser au gars rencontré à la fête foraine (Faust évidemment). Elle s’assied devant sa machine à tricoter (le pull irlandais est pas fini, il reste une manche à faire) et chantonne un truc qui parle du roi de Thulé – un bled paumé en Islande – une histoire de gobelet qu’une nana aurait laissé à son mec comme héritage (en or, quand même, c’était pas du toc) et que le type utilisait pour les grandes occases pour se rappeler sa copine. D’ailleurs on lui a donné sa dernière potion dedans, il a vu, bu et mourru ! (c’était peut être un bouillon de onze heure son truc et pas son médicament, parce qu’il était quand même roi, et que ça devait se bousculer pour la succession. D’accord, je cherche la petite bête, mais faut tout envisager s’pas ?)
Elle a le sifflet coupé au milieu de sa chansonnette quand elle aperçoit les cadeaux laissés sur le pas de sa porte – même de loin, on se rend compte que c’est pas des échantillons de produits quelconques laissé par le facteur ! Petite pensée attendrie, mais juste attendrie pour Siebel est ses miséreux bouquets et là, elle vise du côté du coffret. Elle l’ouvre, sort la bimbeloterie, et comme toutes (ou presque toutes) les nanas commence à essayer les perlouzes et les strass. Est-ce qu’il faut « vraiment » que je vous cite ce qu’elle chante ? Ou alors cette image vous suffit ?


En gros :
« Mince ça m’éclate de mater les bijoux sur moi ! On dirait que j’ai pris du galon, j’suis plus tricoteuse, mais princesse à pedigree, comme quoi un rien m’habille ! » - (Un rien? Enfin, des diamants de l’or et des perlouzes cultivées, ça habille n’importe qui)
Ses égosillements ont alerté la copine Marthe, chargée par le frangin de jeter un œil sur les bonnes mœurs de Marguerite, elle rapplique et remarque les bijoux, le bouquet et… l’arrivée de deux zozos (dont un bizarrement fringué) et tout ça avec un calme surprenant, j’dois dire parce que, pour quelqu’un qui joue les Duègnes, elle a pas l’air trop affolé quand même de voir deux mâles dans la bergerie.

Méphisto s’avance et lui annonce que son légitime vient de rester sur le carreau à la guerre. Là aussi, une larmichette, un mouchoir tamponné sous les narines, quelle démonstration de douleur conjugale ! Je regrette là aussi, mais quand on chiale, y a tout qui fout le camp : le maquillage, le nez rouge qui coule, les yeux de lapins russes, les grimaces d’un chanteur de flamenco en plein trip,… là, ce qu’elle nous fait c’est du cinoche ! D’ailleurs, la preuve, faut pas longtemps à Méphistophélès pour l’entraîner à l’écart et lui montrer ses estampes japonaises !



Faust se retrouve donc en solo avec sa Marguerite avec qui il aimerait bien jouer à « un peu, beaucoup, passionnément… » (pas de pétales, mais les fringues suffiraient). Mais c’est elle qui prend la direction des opérations et commence à effeuiller, vraiment, une fleurette, pendant que de l’autre côté de la scène, le couple Méphisto-Marthe se la conte aussi la fleurette avec peut-être un peu moins de… fioriture dans le discours.
Après un quatuor marivaudeux, les couples se séparent et Marguerite promet à Faust de le revoir le lendemain. Elle entre chez elle et Faust se cogne à Méphisto qui lui montre la fenêtre où sa minette est déjà en train de compter les minutes jusqu’au rendez-vous.
Il grimpe au balcon (en principe accessible dans les opéras, vu la corpulence de certains ténors, je les imagine mal jouer les Yamakasi bondissants pour venir faire bibise à la copine). Marguerite ouvre à son amoureux et se jette à son cou.
Là, j’ai un délire, un autre, me direz-vous, j’imagine la Castafiore entraînant dans son élan le dodu ténor et tout le monde passant cul par-dessus tête par le balcon, pour se retrouver en vrac dans la fosse d’orchestre – soupirs de regrets – hélas c’est qu’un délire, mais je ne désespère pas qu’un jour j’y aie droit, avec tout ce que j’ai déjà vu !)
Et c’est sur cette scène de bisouillage que se finit le troisième acte de Faust.

 

Qu’adviendra-t-il de la blanche Marguerite ? Et de son faustien d’amoureux ? Méphisto va-t-il gagner sur toute la ligne (âme du philosophe en poche et pureté d’une « vraie » jeune fille en prime) ? Et bin ça attendra demain parce que j’arrête pour aujourd’hui ! Dommage hein ? Mais ça n’en sera que meilleur la révélation pas vrai ?


Je vous laisse et passez une bonne journée. A plus…
La dragonne

PS: Pour les amateurs de vieille ritournelle, je vous balance les paroles de la fameuse chanson du roi de Thulé commencée par Marguerite et pas finie... pour cause de frivolité joaillière

Il était un roi de Thulé
Qui, jusqu'à la tombe fidèle,
Eut en souvenir de sa belle
Une coupe d'or ciselé.
Nul trésor n'avait tant de charmes :|
Dans les grands jours il s'en servait.
Et chaque fois qu'il y buvait
Ses yeux se remplissaient de larmes.
2. Quand il sentit venir la mort,
Etendu sur sa froide couche,
Pour la porter jusqu'à sa bouche,
Sa main fit un suprême effort.
Et puis en l'honneur de sa dame, :|
Il but une dernière fois.
La coupe trembla dans ses doigts,
Et doucement il rendit l'âme.

Précision: le "Thulé" cité ça peut être L'Islande comme les Iles britanniques (c'était les romains qui les avaient appellées comme ça, moi, j'préfère l'Islande même si, à mon avis, ça se situe plus près de nous, ça fait plus... exotique et un Roi dans un igloo, ça fait version mec de la "Reine des neiges" vous trouvez pas?)

 
par Sieglind publié dans : Gounod
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Mardi 23 août 2005

Bonjour à tous !

Alors hier on a bien attaqué la falaise ? Bin oui, faut dire qu’on a un peu ramé pour aller dire bonjour aux autres blogueurs. Et cette fois, qu’on vienne pas dire que ça vient de moi, j’étais pas la seule dans le cas, à ce que j’ai vu. Les commentaires, passe encore, parce qu’on sait qu’il y a un problème et que, tout d’un coup, les gens se sont pas mis en tête de vous faire la gueule du jour au lendemain,  mais ce qui m’a embêtée c’est de même pas pouvoir aller pouvoir lire des articles parfois (ç’est pas de ma faute, j’suis une grande curieuse et tout ce qu’on balance, faut que j’y aille mettre mon nez).
On verra aujourd’hui, si ça va mieux, mais pour l’instant, j’vais vous parler de ce qu’avais déjà commencé à faire hier… d’opéra et de Faust en particulier.

Hier, on avait vu l’acte I avec son pacte méphistophélien et un Faust lifté d’un coup et prêt à en découdre avec le monde entier (et surtout avec les minettes, d’après ce qu’on a compris) On aborde la suite, l’Acte II :

Le lieu : Comme une idiote tête en l’air que j’suis, hier j’ai bien dit que la légende était germanique, et dans ma caboche, c’était évident que ça se passait en Allemagne… mais j’l’ai point dit (première omission) et que ça se passait au XVIè siècle non plus (deuxième omission) à trois… carton jaune ! Pour être plus précis, cette fois, dans cet acte, on se retrouve à l’extérieur d’une des portes de la cité avec à gauche, une auberge et son enseigne,, un barbus perché sur un tonneau en train de siffler un godet et pas du thé glacé à mon avis (ça serait ce cher Bacchus, que ça m’étonnerai à moitié). C’est jour de kermesse.

Les personnages : les kermesseux, hommes et femmes en train de s’prendre du bon temps, Valentin le frère de Marguerite (la tricoteuses montrée par Méphisto à Faust), Siebel, un copain (assez jeune pour que ça soit une meuf qui tienne le rôle – rapport à la voix certainement), Wagner (mais pas Richard) une autre connaissance, Méphistophélès, Faust et enfin la Pénélope locale, j’ai cité plus haut, Marguerite.

Au début de l’acte donc, les villageois profitent de la fête à Neuneu. Et qu’ça pêche-aux-canardise, et que ça déglingue des ballons aux fléchettes, et qu’ça achète des kilos de petits rouleaux de papier à dérouler pour gagner une petite m… isère, que si on calcule, on l’a bien payée vingt fois au bout du compte, pour les plus courageux,.un tour de manège avec la panse bien remplie, pour « appeler Raoul » après - (alors là, j’explique : chez moi, « appeler Raoul » c’est restituer son déj. quand on a les dents du fond qui baignent – rapport au bruit qu’on fait « raaaaouuul » ; élégant s’pas ? Euh p’tet pas, mais c’est un truc avec mes frérots, et s’il y en a un qui lit le truc, ça va nous rappeler des souvenirs communs, s’pas les frangins ?) – détail qui a son importance : si vous avez les boyaux fragiles, évitez de lire ça au p’tit déj. ça peut avoir des répercussions. – Donc tout le monde s’éclate pass’ke c’est fait pour, une foire

Valentin et son poisson pilote Siebel arrivent à ce moment. Le frère de Marguerite montre à l’autre la merdouille – pardon, médaille – que lui a donné sa frangine pour le protéger pendant la bagarre – on apprend qu’il doit partir, débiter du barbare quelque part - Où ? Qui ? Pour qui, ça, ça reste dans le flou artistique, mais à c’t’époque, comme on se tapait dessus pour un pied posé hors de chez soi… y a qu’à cibler, sur un bouquin d’histoire,  la période belliqueuse teutonne du XVIe, y aura du choix… remarquez, depuis… y a encore le choix… mais comme c’est écrit XVIème en gros sur le livret, alors on reste XVIème !...  Et j’parle pas non plus de la bataille de Paris, là, il faut pas tout mélanger ! Il pousse sa chansonnette connue (de moi, c’est sur, parce que j’avais étudié ça à la chorale) « Avant de quitter ces lieux, sol natal de mes Aïeux » (en gros il prie le bon dieu pour qu’il jette un œil sur sa frangine pendant son absence, parce que de la donzelle blonde et dodue là ou ils faut, ça risque d’attirer les loups)

Un copain allumé, Wagner commence à chanter debout sur une table – (la chanson du « rat » : me demandez pas pourquoi, ça devait être le top 50 de l’époque) – pour être interrompu par l’endiablé pourpreux faisant son entrée. Celui-ci chante encore un air connu « le veau d’or est toujours debout » (référence aux « Dix Commandements » quand Moïse redescend de sa ballade alpestre pour piquer sa gueulante contre son peuple qui s’est « légèrement » laissé aller avec monsieur Vice et madame Luxure). - En plus, je sais pas si certains blogueurs l’ont remarqué, mais c’est une expression que j’emploie souvent, pour dire que le fric est roi de nos jours. – Après, il propose à tout le monde de lire dans les lignes de la main (justement la tireuse de carte engitanée est malade et son stand est fermé) :

« Euh Wagner… mauvaise pioche ! Tu va y laisser ta peau à c’te guerre et le p’tit freluquet là, qu’à une voix de castrat (Siebel, évidemment) t’as pas vraiment la main verte ! Pour tes bouquets à Marguerite (et pas de marguerites) faudra voir du côté des bonbons, c’est moins… périssable, à partir de… tout de suite, dès que tu touches un bouquet… il partira  en quenouille (rouet, Marguerite, quenouille, ça se tient tout ça) et s’ra aussi sec que du balai de riz au moment de l’offrir.
- Comment tu connais le blaze de ma frangine ? – lance Valentin.


Valentin un peu énervé


- Si j’étais toi, j’mettrais tout de suite mes affaires en ordre, pass’ke que je connais quelqu’un qui va t’envoyer vite fait bien fait rejoindre des Aïeux - (ceux du sol, de la chanson de Valentin) –
- T’as intérêt à le fermer illico ton clapet, sinon j’peux t’aider ! » – répond Valentin en dégainant sur cure-dent.
Là, coup de théâtre démoniaque, son épée se brise dès qu’il fiche un pied dans le cercle magique que Méphisto vient de tracer autour de lui. Valentin, ayant vu « le Bal des Vampires » la semaine précédente, se rappelle le coup pour les vampires et forme une croix avec les deux morceaux de l’ustensile. Ses copains l’aident avec la garde de leurs épées en forme de croix aussi et tous réussissent à faire reculer l’empourpré cornu et sortent parce que, vraiment, ce type, sent le souffre à plein nez.



Faust arrive, comme la cavalerie, toujours en retard ? Il demande si Méphisto pense bien à lui présenter la fille entrevue par vision satanique dans l’acte un.
« Pas de problème ! Surtout que le bal commence, on va la voir rappliquer, en plus c’est une valse elle va pas pouvoir résister - (surtout que la fameuse valse est, là aussi très, mais alors très connue – voir à Valse de Faust dans vos recherches) »



De loin, on voit la Marguerite (ça me rappelle « la vache et le Prisonnier » pas vous… hé, hé), rappliquer, revenant de l’église, son missel à la main. Siebel le jeunôt enamouré, veut s’approcher d’elle, mais dès qu’il fait un pas, le cornu lui barre la route. Habile manœuvre pour que Faust se rapproche de la donzelle.
« Beau temps hein ?
- C’est sur il aurait pu pleuvoir !
- Vous habitez chez vos parents ? Y a du monde, donnez moi le bras, sinon on va vous bousculer dans la foule
- J’t’en pose des questions et ça va pas la tête ? J’suis pas impotente, j’peux marcher toute seule ! Et pis… c’est pas l’envie qui m’en manque, mais… y a Marthe ma copine et j’voudrais pas qu’elle jase un peu trop. L’est gentille mais comme c’est ma voisine, le frérot serait vite au courant, et la ville aussi, dix minutes après !"

Elle s’en va alors que la danse continue et que l’acte s’achève

 

Une autre partie de l’intrigue est bouclée et la prochaine fois, on va voir le plan mis au point par Méphisto (faut être lucide, c’est pas ce pov’ Faust, qu’est le meneur dans cette danse là…) et je vous laisse donc, méditer sur les rencontre pendant les fêtes foraines (si vous voyez un mec en rouge, faite un grand détour, à moins que vous ayez un crucifix sur vous ou un canif cassé, ou un jerrican d’eau bénite)


J'ai trouvé et le bouquet fané de Siebel et le crâne sur le bureau de Faust (donc photo groupée)

Bonne journée et à plus tard
La dragonne

 Pour la partition de la valse en photo (tapez google image Valse de Faust et ça fonctionne (j'avais mis l'adresse, mais ça m'allongeait le texte comme pas possible - une bille j'vous dis en informatique!)

par Sieglind publié dans : Gounod
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