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Mardi 26 février 2008
Bonjour !

Ouf ! J'ai failli ne pas continuer l'opéra, pour cause de retrouvailles d'enfance internétiennes, mais je vous en conterais deux mots (moui... je n'ai pas indiqué le coef. multiplicateur en haut à droite de  "mots",: deux, ça va paraître mesquin quand on me  connait)
Ceux qui m'ont félicitée de' narrer un acte dans son entier la dernière fois vont être contents, je remets le couvert (tout le mérite en revient au compositeur et au librettiste, l'opéra est relativement court, ça aide pour éviter d'entamer un pavé façon Guerre et Paix !) On y retourne donc, et c'est le tournant du virage, l'acte trois, l'acte ultime où tout va capoter dans le drame romantique à souhait (depuis les vapeurs de Lucia di Lammermoor, le mauvais rhume de Violetta et la claustrophobie galopante de Aïda, les drames romantiques on commence à connaître et étant donné le ton général de l'oeuvre, je vois mal l'argument faire une pirouette pour virer dans la pantalonnade, même si  le méchant duc a une sérieuse tendance à envoyer le sien (de pantalon)  par dessus les  moulins dès qu'une belette montre son museau il n'y a pas de quoi virer à la comédie  hérotico-gaillarde d'un acte à l'autre, ça ferait désordre)

RIGOLETTO - Acte III

Le lieu :
Orifice anal ou "sphincterique" du monde, sur les berges du Mincio (cours d'eau local, on est toujours à Mantoue, n'oubliez pas !)  . Une bicoque, tenant de bric et de broc (je versifie, vous avez vu ?) A l'enseigne, on peut voir que c'est une auberge, mais vu l'état des lieux, faudrait vraiment que j'ai oublié mon duvet et ma tente igloo pour accepter d'y  partager une chambre  avec ses  occupants habituels, les  bestioles exo-squelettiques à plus de quatre pattes  (ce qui laisse le choix vaste entre l'arachnide hormonalement énervée et la cucaracha* castagnettante) La baraque tient debout parce que c'est la mode, on voit même à travers par les fissures dans la façade (quand on peut y passer à deux de front, est-ce vraiment une fissure ? Mais l'avantage c'est que ainsi, point n'est besoin au spectateur d'avoir à se faire greffer aux orbites une bécane à rayons XXL)  C'est la nuit et l'eau du cours d"eau clapote doucement au pied d'un parapet bouffé des mites.

Les personnages :
- Rigoletto, toujours bouffon, mais moins rigolo depuis le dernier acte
- Gilda, toujours sa fille, moins... virginale, d'où la tirage de tronche du paternel
- Duduc, toujours voltigeur de haut vol autour du jupon de ces dames, de moins en moins sympathique au fil du déroulement de l'intrigue
- Sparafucile, toujours tueur à gage, moins regardant quant à la tenue de son intérieur que sur l'état du fil de son Opinel
- Maddalena, toujours frangine du tueur (même si on ne  la connaissait que par ouïe dire), moins farouche qu'une échappée du couvent des piaf... beaucoup moins.

Au lever de rideau, Rigoletto et sa fille taillent le bout de gras en parcourant la distance qui les sépare encore du riant séjour du voyageur paumé (et pas regardant) alors que Sparafucile est en train de faire les cuivres (la lame de son cure-dent) assis à l'intérieur du coupe-gorge, qui n'a jamais aussi bien porté ce nom qu'en cette sombre nuit lyrique. (ne manquent que les "chope-souris", la chouette qui "pulule" dans les arbres et le  gibet "garni" pour donner dans le Grand-Guignol)

"T'en pinces vraiment pour c'te Trou-Duc ? Même si je te prouve qu'il te roule dans la blédine ? Rapplique par là que je '"t'instructionne", rien ne vaut la preuve par l'image ! - il s'approche de la fissure du mur - Kess-tu vois ?
- Un type...
- Vise un peu mieux, ça risque d'être intéressant..."

Ils se collent au mur pour mieux mater, pendant que le duc, en costume militaire fait son  entrée dans l'auberge par une porte brinqueballante ** .
Gilda a ses vapeurs, elle vient de reconnaître son séducteur. Celui-ci demande si il y aurait une piaule de libre (suffit de demander aux cancrelats de faire leur baluchon, ça doit être trouvable) et si la piquette n'est pas trop vinaigrée pour se laisser boire, fait soif en cette soirée de baguenaude ducale ***

Le tueur sort à la recherche d'un cruchon pas trop culotté par la vinasse agressive et notre Duduc se lance dans son grand air sur les bienfaits du duvet en plume d'oie blanche par rapport au synthétique.

Sparafucile revient avec sa gourdasse (pas la frangine, la fiole) et deux godets, les pose sur la table et balance deux coups au plafond, fort bas pour que le pommeau de son épée suffise (opéra strictement réservé aux nains de jardin , je vois mal les chanteurs déclamer pliés en deux pour éviter de se manger le lustre). La gourdasse, la "vraie", sa frangine, n'attendait que ce code rudimentaire (c'est pas des lumières, et le morse a été inventé un peu plus tard de toute façon) pour se précipiter l'air de rien attifée en Esmeralda de pacotille (mais sans la chèvre et le tambourin)

Pour vous dire que Duduc est bien allumé question hormones c'est qu'à peine la nana dans la place, il  se précipite sur elle pour lui rouler une pelle, ce que la minette esquive par un  saut arrière, vrille et rétablissement à la Comaneci de toute beauuuutéééé (les juges en fond de scène lèvent leur carton pour une note plus que satisfaisante pour la performance)

Sparafucile s'approche de la fissure et demande au bouffon s'il doit battre le "fier" quand il est encore chaud, ce à quoi Rigoletto répond qu'il vaut mieux attendre un peu, (trop tôt et encore trop de lumière sans doute).

Commence la scène trois avec un quatuor sympa.  (je vous mets une autre version en dessous, vous choisirez)

En gros, Duduc fait du plat à la bohémienne, qui minaude que c'en est une honte quand on connaît son immunité oculaire par rapport à une météo polaire, en clair, elle n'a pas froid aux yeux la gamine (jouer les nanas pas encore déniaisées faut oser quand on connait comment elle arrondit ses fins de mois !) Il jure toutes ses divinités célestes et infernales qu'il suffit qu'elle lui fasse risette pour qu'il lui reste fidèle (ben tiens !).
Pas dupe, la nana lui balance que sa tirade a des heures de vols (comme la plume du fameux air)  et que les bénéficiaires de ses hommages sont tout sauf limitées aux doigts des deux mains (l'air du Catalogue**** serait presque de rigueur, vous ne pensez pas  ?).
Il veut lui prendre la mimine, mais elle lui signale qu'elle est moche et pas manucurée, son esthéticienne est partie avec la caisse certainement. Pendant qu'elle lui déballe qu'elle se fiche éperdument qu'il soit duc roi ou PDG de multinationale et que ça la fait bien marrer ses grandes promesses, Gilda, derrière son mur est en train de s'effriter, tel le crépis bouffé de salpêtre de l'estaminet,  alors que son père entre en surchauffe (la soupage de la cocotte commence à siffler, mauvais signe) Ce qui lui bouffe les nerfs, c'est que même en voyant le type taquiner une autre belette, elle n'arrive pas à se l'ôter du crâne. Pas à tortiller, quand faut y aller... et il la secoue en lui demandant de se fringuer en mec, il a tout prévu, c'est dans son sac à dos (avec sa bosse, ça doit plutôt le faire ressembler au Père Noël qu'au routard en galvaude). Une fois qu'elle sera prête, direction Vérone coudes au corps, il la  rejoindra plus tard, il un un truc à faire avant (on se donne un alibi ?)

Sa gamine sortie de scène, Rigoletto alpague Sparafucile pour mettre au point son plan vengeresque :
"Vingt biffetons (écus) on a dit ?... Tiens, la moitié de suite... le reste après livraison du "paquet". Mets ta tocante à l'heure, on se retrouve à minuit ici, je me charge d'aller le ficher à la décharge ce "sac poubelle"
- Pas la peine d'être un régiment, j'peux bien m'en charger, c'est compris dans le service après-vente
- Nan ! J'adore descendre les poubelles moi-même, ça me fait faire de l'exercice.
- Et son blaze....
- Obligé ? On va dire  Duduc le malfaisant et moi tu peux m'appeler Riri le Nettoyeur   ("diletto : méfait et Punizion' : châtiment sont évoqués
)
- Enchanté, moi c'est le "Couteau-suisse "***** "

Le type entre dans la baraque, interrompant les deux zamoureux en train de jouer au docteur et annonce qu'il va pleuvoir des vaches, faudrait penser à un endroit où se caler les miches, vu qu'il n'y a qu'une piaule de correcte dans ce boxon. Le duc royalement lui signale qu'il se fiche comme de l'an quarante de l'endroit où le "rustique" va dormir, mais pas sous le même toit que lui, ils ne sont pas du même monde et le plébéien doit avoir l'habitude de dormir  par terre (quand je vous disais qu'il était imbuvable ce gars !)
La frangine a un retour d'affection et demande au duc de décarrer vite fait de la place, mais il n'est pas dingue et ses fourragères risquent d'être un peu moins présentables sous la saucée. Le  frère chope la fille par le coude, pas très tendrement, en lui signalant qu'il vaudrait mieux qu'elle la mette en sourdine, il y a vingt biffetons en jeu.
Il chope une  loupiote au passage et invite Duduc à le suivre vers sa suite royale, ce qu'il fait non sans glisser encore quelques cochoncetés à l'oreille de sa conquête. Pendant que Duduc enfile sa grenouillère en chantonnant l'air de la plume, Maddalena a du mal à rester calme en pensant que c'est gâcher la marchandise d'envoyer un beau mec comme ça ad patres.

Elle craque au retour de son frérot et lui demande de faire une petite encoche au contrat en ne le trucidouillant pas.
Gilda, revenue fringuée en homme, ne loupe rien de ce qui se dit évidemment, planquée derrière sa... fissure..

"Tu vas zigouiller un mec si trognon pour si peu de pèze ?! L'est trop mimi le Duduc dans son zouli costume ! Et m'est avis qu'il en vaut cent de plus non ?
- Tiens, à propos de costard, tiens-moi ça, il va y avoir séance d'habillage prochainement (il lui file dans les pognes un sac de jute bien pourave)
- T'as déjà dix jetons dans les poches, c'est déjà ça de pris, t'as qu'à zigouiller le bossu !
- T'es c... où tu t'entraînes ? J'suis bien tout ce qu'on veut, mais j'ai jamais fait capoter un contrat, surtout en épinglant mon commanditaire !
- J'te préviens, j't'aurai prévenu... tu fais un geste vers ton Opinel, je monte le prévenir pour qu'il se fasse la malle !
- Et le blé ?!
- J'm'en bats le coquillard ! Pitié frérot ! Sois pas vache !"

 Lorsque Sparafucile se laisse fléchir et signale que tout compte fait n'importe quel  mort fera l'affaire, vu qu'il sera planqué au fond d'un sac, une loupiote s'allume dans la boîte crânienne blondifiée de Gilda : elle sera "ce" mort. Le plan B du tueur est simple, le premier pingouin qui toque à la lourde se verra attribuer le titre ducal... à titre posthume****** Gilda respire un bon coup, et frappe à la porte. Les deux conspirateurs sursautent et demandent qui peut bien s'esquinter les phalanges sur celle-ci, surtout avec ce nuit de bouse. Elle maquille sa voix en se faisant passer pour le clodo du coin. Il ne faut pas deux heures (encore heureux !) pour que le plan se déroule comme énoncé un peu avant... Maddalena ouvre la porte, la gamine entre, le type décroche une hache (Massacre à la tronçonneuse, vous connaissez ?  La Colline a des Yeux non plus ?! Pfff ! Des classiques pourtant !), une dernière supplique adressée au grand barbu et enveloppée et pesée la belette !

Rigoletto entre par le fond, drapé dans sa grande cape. Il a un peu d'avance sur le rendez-vous, mais il n'y tenait plus. Il plaque une oreille à la porte de communication avec la scène du crime et n'entend rien, même pas les flatulences du mouche intestinalement encombrée.

Minuit sonne au clocher lointain, c'est l'heure ! Il frappe à son tour. Sparafucile lui ouvre, avant d'aller choper le sac qu'il traîne au milieu de la pièce (toute la "tuerie" a eu lieu "hors champs", il faut ménager le politiquement correct, ce n'est pas du Grand Guignol, ne pas confondre, même si c'était très tendance à une époque, voir "Entretien avec un vampire" pour situer le genre théâtral)

"Chouette ! Mon paquet cadeau ! Tu peux faire de la lumière ?
- Euh... pas besoin pour prendre le pochon par le bon bout, par contre, allongez l'oseille... on fait faire la plonge après.
- Nan, j't'ai déjà dit que j'adorai faire ma vaisselle tout seul - (il se retrouve en tête à tête avec le sac, le tueur ayant refermé la porte d'entrée une fois son pognon touché) - Ah... il est bien canné c'te nuisible ! J'rêve pas, mais ça me démange bougrement d'ouvrir pour vérifier... bah non... ça peut être que lui de toute façon.. Allez zou ! A la baille !... Alors... on fait moins le malin hein  Duduc ? Qui  se retrouve aux pieds de l'autre cette fois ? Tu vas avoir à un enterrement façon Monte-Cristo, on improvise suivant les moyens du bord si je puis dire et ça va avec ton costume d'amiral non ?"

Il commence à souffler en empoignant le sac (les divas dodues, ça n'aide pas non plus à la manipulation du bagage dans l'opéra, loin de là !) lorsqu'au loin on entend le duc s'époumoner sur la rengaine qu'il n'arrive pas à s'ôter de la tête (tuant ça, quand on a un  air, souvent bien neuneu, qui vous tourne en boucle au milieu des neurones)*******

Arrêt sur image du bossu ! Serait-ce un mort ventriloque ? Est-il déjà passé à l'état d'ectoplasme hululant en traînant sa chaîne sous son drap de lit ? Mais alors pour un fantôme, il est un peu trop joyeux à son goût. Il n'y a qu'une solution à ce problème épineux d'un au-delà burlesque... ouvrir le sac à patates (qui vient de gémir de douleur pour arranger la sauce). Il dénoue fébrilement le noeud de marin fermant tout le tremblement et au lieu d'un duc raide mort (ou d'une bimbo en tenue d'assistante de magicien "LasVegasien") ne  trouve que sa gamine, légèrement décoiffée et pissant le raisiné par l'accroc  qu'on vient de lui faire à son joli costume.
Après un discours haché sur  sa contribution personnelle au mythe de  l'amour pur et désinteressé qu'elle porte... à un empafé de première, (c'est pas moi qui me serais faite épingler pour un tel gugus !) elle décide de se mettre en apnée définitive (ou alors elle a fini réellement asphyxiée dans son sac, ils avaient oublié de faire des trous d'aération)

Rigoletto s'arrache les derniers tifs qu'il porte sur le crâne en se rendant compte que même en lui disant de s'accrocher, qu'il venait  d'appeler de SAMU, rien n'y a fait et que le vieux comte du début a eu le dernier mot, la malédiction du premier acte est accomplie, le rideau peut  se baisser (et les acteurs se relever de leur position peu confortable, surtout Gilda !)
L'acte ainsi que l'opéra est fini et on reste sur un goût légèrement rance d'injustice, les méchants sont toujours vivants, les uns comptent leur recette de la journée, l'autre s'égosille en attendant sa prochaine conquête,  la gentille a passé l'arme  à gauche, le père oscille entre se ficher à la flotte avec le baluchon et virer bredin, vous trouvez cette fin "morale" vous ? Vous m'étonnez que l'oeuvre, théâtrale d'abord, lyrique après ait rencontré quelques difficultés lors des premières représentations... les têtes couronnées n'y sont pas représentées sous leur meilleur jour, ça n'aidait pas pour la promo à une époque !

Allez, je file, vous laissant méditer et même commenter cette morale si ça vous chante..; (commenter aussi le rôle des personnages serait bien, il y a de sacrée "tronches" !) Bonne journée et portez-vous bien.

La dragonne

PS: Francky, j'ai noté ta "bidouille" pour le liens, faut juste que je ma familiarise avec le topo (tu sais que du côté informatique, qui va piano, va sano è lontano avec bibi !)

-=-=-=-=-

* cucaracha en "paëllanais" c'est notre blatte si sympathique... de loin. Dire qu'on apprenait en classe le fameux air  "la cucaracha"... Alors que c'est l'histoire d'un type qui se tape le blues parce qu'il n'a pas eu sa dose de Marie-Jane qui rigole.. comme quoi, quand on connait les langues, nos ritournelles favorites ont une autre saveur en bouche.

** Mise en scène personnelle : le type force comme un malade sur la lourde bouffée par les mites et part en avant, se rattrapant de peu à ce qui reste de celle-ci, la poignée, le reste du barda transformé en tas de sciure ; petit tricotage des bras et guiboles pour récupérer un semblant d'équilibre et "emplafonnage" sur une poutre de soutien du toit, "rebondissage" sur celle-ci, "mangeage" de la table qui se trouve sur sa trajectoire et atterrissage en beauté derrière le bar, après triple looping (sans les dents) après "percutage" du zinc (ça lui apprendra ce nuisible, vous croyez que je vais le ménager ?!).

*** Là, qu'on m'explique... il a tout ce qu'il faut pour tailler la route, coupé sport de l'époque compris, vers des endroits un peu plus rupins que celui-ci, les fiestas de la jet-set locale ne doivent pas manquer et c'est dans ce trou à ragondin qu'il se retrouve... manque des pièces pour que le bastringue paraisse logique non ? En plus déguisé en bidasse en folie, c'était soirée à thème et il a paumé l'adresse ou les ballons qu'on met toujours pour signaler ce genre de festivités se sont fait la malle avec le vent à décorner les boeufs qu'il doit y avoir dans les environs (rapport à l'évocation musicale de la météo à l'ouverture du rideau si vous avez l'occasion d'écouter). le fait que la nana soit coutumière de se faire suivre par les galants n'excuse en rien qu'on se retrouve comme par hasard et en habit d'apparat dans un cul de basse fosse.

**** Leporello déballant l'agenda hyper-trophié de son maître dans Don Giovanni

*****
Dans la version française on parle d'instrument, de hache, de couteau, de machine à tuer... si c'est pas être multifonction ça !!  Par contre dans le livret italien, le tueur n'évoque que le temps qui se gâte et tourne à l'orage et que c'en est une bénédiction puisque la nuit se fait encore plus noire

****** manquerait plus qu'il s'appelle de Guise, ils seraient obligés de changer de taille de sac, étant donné l'anecdote sur ses mensurations hyper-trophiées une fois allongé après son assassinat

******* Là, petite remarque : le duc, déjà bien inconsistant, à part  sa vocation de Popol à pattes, se voit réduit à buguer sur le même refrain tout l'acte (ou presque) comme si sa zigounette avait pris le contrôle de son cerveau et avait décidé de réduire la partition à trois couplets sur la légèreté féminine, légèreté totalement de bon aloi quant à l'excuse qu'il pourrait avoir à apporter  sur son attitude de lapin en rut.


publié dans : Verdi
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Mardi 19 février 2008
Bonjour !

Certains m'ont accusée de feignasserie brevetée, ils n'ont pas tort, mais point trop n'en faut sinon  je vais me transformer en légumineuse à poil long (ou en garniture de cheminée qui change de couleur avec la météo, mon rêve !).
On retourne  donc à notre bouffon avant qu'il ne vire bredin après la vélociraptorisation de sa gamine. Au fait... qu'est-ce qu'elle devient celle-là ?.... Vous allez être contents, l'acte  est très court (mais de superbes airs, évidemment, il n'y a pas que le long  qui est bon, n'en déplaise à l'adage populaire)

RIGOLETTO - Acte II -

Le lieu : Salon dans le palais trouducal. Une porte côté cour, une autre côté jardinet*, une troisième cadenassée au fond. Deux portraits des tenancier du clac (vu ce qui s'y passe, ça pourrait être aussi bien être "chez Lulu la cuisse légère" que "aux armoiries réunies"). Entre parenthèse on apprend que le type a une légitime (ou elle est aussi chaleureuse qu'un réfrigérateur, ou son mec a la danse de Saint Guy dès qu'il voit passer un panthy, je penche pour la seconde version... parce que j'ai décidé d'en faire un grand méchant loulou de ce blaireau) Un pliant devant une table recouverte de crépine** (ça doit chlinguer la cochonaille ! le tout bien Renaissance, quand on se la pète, autant bien le faire, ça en jette toujours le Rinascimento.

Les personnages :

- Duduc le papillonneur, logique étant donné que c'est sa casbah
- Les courtisans (raceuu vil' et damné-euuuu.. version française de la supplique de Rigoletto un peu plus loin dans l'acte)
- Marullo, toujours chevalier, toujours  cassé en deux à force de lécher les pompes de son pote de duc
- Rigoletto,  le bouffi bouffon triste
- Gilda, la "klicnappée" (du mal avec ce mot quand j'étais gamine)
- Monterone, le type qui a maudit le duc, accompagné d'un huissier (il veut saisir ses meubles pour le faire bisquer ? Ou assister à sa condamnation, ça me paraît plus logique, vu les propos qu'il a tenu envers le duc)

Lever de rideau sur un duc plutôt énervé (quand la moquette commence à fumer à force de tourner en rond dessus, c'est qu'on est vénère non ?) Je "traduis" d'après le livret original, le français même pour la rime, ça craint je trouve.
" On me l'a piquée et sous mon pif encore ! De toute façon j'la sentais pas cette fin de sérénade... J'suis retourné sur mes pas... tout claquemuré et pas un pékin dans la place !
Où qu'elle a bien pu s'évaporer ma blonde ? (les blondes sont toutes censées être évaporées ?)
Dire que je croyais avoir trouvé celle qui me ferait rester en place (ça nous arrangerait aussi, il  arrive à nous filer le virounas à jouer les derviches tourneurs sur sa carpette le coco) J'en arriverais presque à me croire vertueux ("presque" est de trop, vertueux, je n'irai pas jusque là...)
Si on a fait  chouiner ma belette, ça va ch... dans le ventilo, j'vous garantie ! Ils vont en tâter de mon bras séculier, j'vous en fiche mon billet !"

Après avoir calciné le tapis il entame les lattes du plancher  en se rognant les pognes quand  sa bande de joyeux lurons arrive en trombe.
" Eh Duduc, tu vas rire...
- m'étonnerait, mais crache ta pastille on sait jamais....
- Rigoletto s'est fait piqué sa meuf !
- Tiens, j'ai les zygomatiques qui me gratouillent, développez, je frise la crise de fou-rire, faut juste insister un peu.
- On a sprinté un petite heure pour arriver chez le type, valait mieux, la nuit tombait et sans loupiote on aurait été fins pour repérer la bicoque.
On vise la musaraigne en train de prendre le frais, comme elle est canon, on a pas réfléchi cent sept ans avant de se décider à passer au plan B (le plan A c'était courir une heure coudes au corps..; je peux être fin stratège c'est encore dans mes cordes). V'là t'y pas que le bouffon tourne le coin et nous demande ce qu'on peut goupiller autour de son "chez lui".
On l'embobine en disant qu'on est là pour piquer la comtesse Ceprano. Il veut jouer avec nous alors on le colle au mur, "pour faire le guet" (bossu et miro... qui dit mieux ?!) On entre, on ressort quasi aussitôt avec la minette sous le bras.
Elle hulule un peu, ce qui met en mode alarme le vieux type qui a dû réveiller tout le quartier (mouai... deux baraques dont une abandonnée, c'est sur que les mulots ont été réveillés en sursaut !). On file quinze noeuds dans l'autre sens... pour arriver ici, où on a déposé le "paquet".

Pendant leur petit topo, le duc a changé d'expressions aussi souvent que de retour à la ligne (dans des couplets versifiés, il y en a des retours à la ligne !) pour s'apercevoir de une, que "sa" belette est celle qu'on a soustraite à l'attention aimante du bouffon, et de deux qu'il a la possibilité d'aller la consoler de ses frayeurs et par la même occasion de lui révéler sa véritable identité (elle va se pâmer d'aise d'être choisie par un blasonné, c'est sur ! Le fric ou le pédigré, ça vaut tous les préliminaires pour certains)

Il sort en déverrouillant la porte cadenassée, derrière laquelle on a déposé le "paquet cadeau", alors que Rigoletto fait son entrée, rigolant plutôt jaune mais n'en montrant rien (ça serait ballot de laisser paraître son angoisse, les langues se délieraient un peu moins facilement). Un ange passe et les courtisans changent de sujet
" Salut machin !
- y sont tous de mèche - pense tout haut le bouffon
- Quoi de neuf ?
- A part que vous êtes de plus en plus chiants ? - il fait semblant de chanter, pendant que les types rigolent de son trait d'esprit (le bouffon a droit de tout dire ou presque, rappelez-vous) - où c'est-y qu'ils ont bien pu la planquer ? - s'inquiète-t-il en furetant.
- Il la joue espionnite aigue, notre bossu !
- Mon auriculaire m'a dit que vous vous en étiez payé une bonne tranche c'te nuit...
- Peux pas dire... je coinçais la bulle - répond Marullo
- Ah... tu pionçais... j'devais rêver alors..."

Il continue à fouiner pour tomber sur un tire-jus abandonné sur un guéridon. Les autres suivent tous ses mouvements, mais respirent quand le type constate que ce n'est pas celui de sa gamine. Il demande si c'te feignasse de duc est encore en train de dormir alors qu'un page entre à la recherche de son patron Les courtisans manquent d'une certaine rigueur quant à leur scénario, commençant à dire qu'il se repose avant d'affirmer qu'il est à la chasse (ça, dans les intrigues policières, toujours s'assurer que la bande de suspects maîtrise parfaitement la narration de l'alibi, se recouper, pas glop pour la crédibilité)  Comme le gamin s'étonne qu'il aille trucider de la galinette cendrée sans escorte, les autres y vont de leur clins d'yeux les plus appuyés, ce qui fait que Rigoletto pige enfin l'entourloupe.
"J'y suis, elle est avec Ducuc !
- Euh... qui ?
-Jouez pas les bourricots pour avoir du foin ! La nana que vous avez enlevée c'te nuit ! J'le sens, elle est ici !
- Si t'as paumé ton amoureuse, un autre a mis la pogne dessus, fallait mieux ranger tes affaires!
- J'veux ma fistonne !!!
- ta... quoi ?...
- Ah ça vous en bouche un coin, vous rigolez moins du coup. Vous me  la rendez "ti souite" ou je génocidise ! J'aimerai bien savoir, bandes de nuisibles combien vous avez été payés pour ce contrat ! Mais ça a pas de prix une blondinette si mimi alors vous n'arriverez jamais à la refourguer, autant que vous me la rendiez, et dans son emballage d'origine, si vous me suivez bien.
Vous allez l'ouvrir c'te lourde ou je vous en allonge quelques unes sur le coin de la goule ?!"

Les autres sont tout sauf impressionnés et font barrage devant l'entrée. Rigoletto tente une percée par le flanc droit, puis par le gauche, pour finir en fonçant dans le tas carrément. Rien n'y fait, et il finit épuisé sur le devant de la scène, les mains sur les genoux, penché  en avant et en train de reprendre son souffle (sacrée mélée que ne renierait pas notre ST*** régional)
Comme la menace d'une volée de bois vert n'a pas eu l'effet escompté, il tente les larmichettes et l'attitude du pénitent en pleine semaine sainte. Il en est à la phase "chemin de croix à genoux" et se cramponne au calcif des types (dangereux ça, s'ils n'ont pas une bonne paire...de bretelles). Même Marullo qu'il flatte dans le sens du poil reste muet devant  ses supplications.

S'il devait compter sur les cocos pour trouver la gamine, il pourrait attendre jusqu'aux "calandres" grecques, aussi l'irruption de celle-ci dans la pièce lui évite d'avoir à s'arracher les  derniers poils de sa perruque. Un brin décoiffée et le jupon sans devant ni derrière, lundi boutonné avec mardi, à mon avis, ils n'ont  pas fait que jouer au scrabble, les deux tourtereaux (allusion aux "Hommes préfèrent les grosses" si vous avez vu le film). Elle se précipite au cou de son papounet.

Rigoletto peut arrêter son apnée mais un truc le turlupine... elle est en train de mouiller toute sa fraise à rucher avec ses larmes de croco, sans parler qu'elle risque de faire dégorger le bain de teinture du costar, c'est que c'est fragile un costume d'opéra.
"Tu chiales ?! Qu'est-ce qui t'arrive "encore" ?!
- J'me pète une de ces hontes !! Sans compter que j'suis furax !
- Euh, tu peux donner des détails ?...
- En privé, si ça te défrise pas trop... c'est gênant...
- Virez vos miches les lèche-bottes, j'ai à causer à ma gamine ! Et gaffe que Duduc ne se pointe pas... je frise la bavure !"

Les types se sentent péteux et compatissent même en pensant à ce qu'il va morfler en tant que père. Tout ce beau monde sort en tapinois pour ne pas l'énerver un peu plus, et la conversation peut commencer.
" Ziva, on est seuls !
- T'sais que je vais tous les jours à la messe... Ben un jour... j'ai rencontré un beau mec, autant te dire qu'on avait pas besoin de se parler... les œillades suffisaient. Et pis...on s'est lancé  à blagasser, il m'a dit qu'il était étudiant et pauvre comme Job mais qu'il en pinçait bigrement pour ma pomme. C'était le soir de ma vélociraptorisation... Après son départ,  j'suis restée toute chose à penser à ce qu'il venait de me dire et j'ai pas vu arriver les teigneux qui m'ont embarquée comme un paquet de linge sale. Tu te rends compte... être traitée comme un vieux slip ? Il y a de quoi raser les murs !!! (m'est avis qu'elle ne parle pas "que" tu rapt... les fringues en vrac, ça donne un indice)
- Te biles pas gamine ! j'te pardonne, c'est pas de ta faute, je réserve ma vengeance pour quelqu'un d'autre..."

Au même moment entre un huissier accompagnant le comte de Monterone.. Le condamné balance au duc à travers la porte fermée que sa malédiction à foiré et qu'il continue à respirer, mais qu'il va continuer à respirer "sans honneur"  (ça doit lui faire une belle jambe alors qu'il va monter à l'échafaud, on puise le réconfort où on peut remarquez).
Rigoletto lance au comte qui sort soldatesquement accompagné qu'il se fasse pas de bile, il s'auto-proclame bras vengeur à sa place, le duc va dérouiller !

On a droit à un air enflammé du bouffon sur les doux transports que provoque une vengeance justifiée. En gros, il fait déjà des plans sur la comète et ça va chauffer pour les miches ducales...  Alors que Gilda tente de le calmer en préconisant la clémence quasi titusienne (coucou Wolfgang !), elle a été roulée dans la blédine par le bellâtre mais  demande tout de même que  son père ait pitié. (ben voyons... je serais plutôt du genre à l'assister et à lui tendre le scalpel lors de l'opération  "testiculablatoire" nécessaire pour chanter à la Chapelle Sixtine moi !)

Et c'est sur ces vociférations paternelles  et  leurs tentatives d'apaisement filiales que se termine l'acte deux... On verra le dernier acte la prochaine fois... c'est à dire, la vengeance du bouffon masqué, pour l'instant, je vous rends à vos occupations journalières en vous souhaitant de profiter tout de même du beau soleil dont on bénéficie en ce moment (enfin  dans la région, dommage pour les  autres). A plus, direction cafetière, j'ai encore rien pris... (m'assagirais-je de ce côté.... nan... juste un oubli dans le feu de la narration)

La dragonne

*Côté cour: à droite de la scène, côté jardin : à l'autre droite par opposition (je dis ça pour ceux qui ont un problème avec leurs moufles ou leurs chaussures, ça arrive) Il paraît que ça serait pour faciliter le boulot des comédiens et du metteur en scène, vu que chacun a une tendance certaine à regarder dans une direction différente, ça évite que le héros sorte dignement sauver sa belle ... pas l'issue censée représenter le bord de la falaise (enfin ça dépend de quoi parle la pièce remarquez) Les machinistes qui sont assignés à ces endroits s'appellent les couriers et les jardiniers

** "tapis en crépines d'or".
Accrochez-vous de bon matin, la crépine est le truc graisseux entourant l'intestin des vaches, moutons et porcs de nos batteries d'élevage (les vraies fermes se faisant rares, vaut mieux voir grand)  Le nom scientifique est " épiploon " ou " mésentère " Comme elle se présente comme une sorte de dentelle translucide, que son nom provient de sa finesse de crêpe et que son deuxième nom est la "toilette", une toile grossièrement tissée, ça pourrait faire la farce (c'est le cas de le dire pour les crépinettes) quant  à l'ornement de table, avec juste un petit problème signalé plus haut, l'odeur !.(et le côté vite périmé très vite à l'air ambiant de la décoration joue également contre son utilisation)

 

Pour l'autre définition de crépines rien trouvé à part l'espèce de truc à trou servant de filtre à la sortie d'un tuyau... si quelqu'un sait de quelle technique cela vient (tissage, tricotage, "broderage"...), qu'il me tienne au courant comme dirait le Gulf Stream.

 

*** Stade Toulousain pour les non-rugbytophiles


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Mercredi 6 février 2008
Bonjour !

Allez, faut pas s'endormir sur ses pommiers (lauriers, j'aime moins en tarte... spécial...) Rigoletto s'impatiente..

RIGOLETTO - Acte I - suite -

Le lieu : Terminaison intestinale externe* du bled, un rue paumée avec une cahutte abandonnée d'un côté et une bicoque entourée d'un mur de l'autre. Ce qui me fait toujours rire, c'est que même si celle-ci est ceinte  par les moellons, les décorateurs signalent tout de même que dans la cour de la maison il y a un arbre avec un  banc dessous. D'ailleurs, quand on lit la description, j'voudrais pas paraître tatillonne mais ça manque de clarté, j'ai eu du mal à visualiser le plan d'architecte du bastringue moi... Tout ce qu'on doit savoir donc, c'est qu'il y a un mur translucide et intangible d'un côté, les chanteurs n'ont pas au programme  d'étude l'option "passe-muraille", et un balcon auquel on accède par le devant au sommet du mur (très haut, le truc, on se croirait à Alcatraz)

Les personnages :

Rigoletto, le bouffon bouffi
Sparafucile : un tueur à gage
Gilda :ou Juanita Banana, la blonde fistonne du bouffon (et là, je regrette, mais elle l'est dans tous les sens du terme, s'pas Chrisalain ?)
Giovanna : la duègne engagée pour surveiller fistonne (dame de compagnie certe, mais elle tient plutôt du garde chiourme je trouve)
Le duc :celui qui  change de copines comme de slips, question d'hygiène corporelle sans doute...
Marullo : déjà cité, un des "proches" du duc ainsi que Borsa et ce bon vieux Ceprano (celui dont la belette plaît bien au patron du château ducal
Une bande de courstisans masqués pour la circonstance, façon commando à la Splinter Cell

La scène commence sur un Rigoletto en train de rentrer chez lui (Alcatraz c'est à lui, on s'en doute) mais un chouillas paumé dans ses pensées (encore heureux, les réverbères haussmanniens n'étant pas encore de mise, ça lui laisse des chances de ne pas se manger tous ceux qu'il rencontre ; je connais, je pratique beaucoup, vous le savez déjà)
Il a de quoi avoir la tête ailleurs, étant donné la malédiction qui vient du lui tomber sur le rable à la scène précédente, il doit être en train de faire mentalement le tour des pages jaunes pour trouver un désenvouteur haïtien et compte déjà les occupantes de son poulailler pour savoir lesquelles il va bien pouvoir lui filer pour sa séance de sanguette** locale.
Survient Sparafucile, confondu avec son ombre (technique d'infiltration que je maîtrise  dans Dark Project et dans Splinter Cell aussi, j'suis la reine "virtuelle" des courants d'airs) en quête d'un contrat juteux.

"Eh, mec...
- j'ai pas un brouzouf, désolé pour la manche !
- Pas besoin, j'ai mon cure-dent et je sais m'en servir (là, j'aurai pigé qu'il me demandait l'heure pour piquer la montre moi)*** J'peux vous débarrasser des nuisibles en deux coups de cuiller à pot ! Vot' belette est là non ? - dit-il en montrant la maison au mur hyper trophié.
- T'as "presque" juste ! Allez file, tu reviendras demain, il fera jour !.. Euh... minute Tartempion !  Tu prendrais combien pour un sang-bleu ?
- Là, on joue dans la cour des grands, faudra les aligner les aigles !****
- Et pour le règlement...
- Moitié d'avance et le reste quand c'est fait
- T'as pas les boules (ou les calots)  de faire ce boulot des fois ?
- J'en ai pas honte, les "patients" se sont jamais plaint, j'suis un orfèvre et le boulot est toujours nickel ! Et je bosse même à domicile !
- Ben v'là aut' chose... j'aimerai bien savoir comment tu fais pour appâter tes victimes...
- J'ai ma frangine qu'est danseuse de rue, elle est... très souple, si vous voyez ce que je veux dire... ça arrive qu'après ses spectacles des "admirateurs" la suivent
- Et maquereau en plus ! Bravo la famille !
- Et visez mon matos !!! - dit-il en sortant.. son épée*****  C'est quand vous voulez !
-J'te sifflerai quand j'aurai besoin de toi, tu m'donnes tes coordonnées et baste !
- J'suis Bourguignon (?!), mais j'aime voir du pays, pour l'instant, je crèche pas loin et je me balade toujours ici le soir... A vous de voir..."

Rigoletto lui dit de prendre le large, il commence à manquer d'air, parce que mine de rien, il n'y a pas grande différence entre eux...Il "exécute" tout autant quelqu'un rien qu'avec son bagout****** En plus, il tourne à nouveau en boucle sur le fait que le vieux comte l'ait maudit... ça le ramène à son statut de bouffon, un boulot qu'il a de plus en plus de mal à encaisser avec l'âge...:

"Saloperie de nature !! Et vous les mecs... pas mieux ! C'est vous qui m'avez rendu comme ça ! C'est de votre faute si j'ai un boulot de m... à faire rigoler un trou-duc (désolée, le jeu de mot s'est imposé à moi) et ses "étrons" libres (la substitution avec électrons s'imposait aussi) ! C't'une vie de ne même pas avoir la permission de chouiner quand on devrait ?! Mais non, on veut de la grosse rigolade !!! On s'en fout si j'ai pas le coeur à ça ! C'que j'aimerai qu'il aient des hémorroïdes et soient manchots tiens ! J'suis une teigne ? Et alors, c'est de leur faute ! J'aime personne... enfin "presque" personne... M'enfin ça me tarabuste ce que le vieux m'a dit... j'espère qu'il s'appelle pas Cassandre de son second p'tit nom, ça serait pas bon pour moi !"


Tout en dégoisant tout seul, il ouvre la porte de son "chez-lui" et entre dans la cour. Une blondinette (version Rosette de Lyon ma blondinette quand je l'ai vue la première fois, bien la fille de son père : des bosses mais partout, façon rôti de veau ficellé dans sa robe à tralala, si vous voulez une image), une blondinette donc, lui saute au cou en l'appelant "papa" (ta-daaaaam ! Ze coup de théâtre, le bossu a une progéniture !) Bon, pas la peine de s'appesantir sur une scène de mamours filiales... ça sent son discours pour montrer que même les pires salauds peuvent avoir des faiblesses, là, en l'occurrence c'est  un père aimant sous le costard de bouffon cynique.

Par contre, ce qui me perfore le valseur, c'est que Gilda demande à son paternel comment il se nomme... Depuis le temps, elle arrive pas à imprimer ou quoi ?! D'accord, il lui répond qu'il préfère rester dans l'anonymat (rapport à son boulot, on a pigé) mais tout de même, je veux bien qu'elle ne sorte que pour aller à l'église (tiens... on vise du côté de la rencontre avec le duc là) mais ne pas connaitre le blaze de son papounet et demander en plus des nouvelles de sa génitrice (morte, évidemment, tant qu'à pleurer, rajoutons-en une bonne dallée!*******) là, même la blonditude n'y arriverait pas (la roussitude non plus, je vous rassure, ainsi que la brunitude... c'est plus l'indéfrisable qui est en cause... c'est un peu plus profond en dessous de la racine du cheveu). Et tout ça parce qu'elle veut avoir matière pour sa prière quotidienne (c'est plus une prière, c'est une oraison funèbre tardive qu'elle veut rédiger)

Rigoletto élude le sujet en disant que ça va pas leur faire pousser un troisième oeil d'en parler, ce qui est fait est fait... il n'a plus rien, à part elle, ni nom, ni famille, ni même de patrie (là, ça serait bien de creuser, d'où vient-il ce cher bouffon ? De Bourgogne lui aussi ?) La pov'gamine lui signale qu'elle s'enquiquine à cent sous de l'heure  entre ses quatre murs et aimerait bien voir autre chose que les moellons du mur d'enceinte et la trogne de sa duègne, elle se fait iech, pour être concis et aimerait pouvoir ficher le nez dehors autrement que pour se poser sur son prie-dieu favori.
Réaction du père, plus que vive :
"N'y penses même pas! Peau-de-balle ! J'espère que tu ne sors jamais dis ?!"
- Euh... jamais ! (le "euh" 'est de trop, on sent qu'il y a un squamate******** dans les environs)"
- D'ac. mais fais gaffe ! - Là il flippe qu'elle se fasse suivre par un galant et qu'on lui fasse voir le loup, ça serait encore une excuse supplémentaire pour qu'on se fiche de sa trombine au boulot, pas la peine d'en rajouter, la cour est pleine de ce côté non ? -Ehooooo, "Jo-viens-là" (Giovanna, Jo-viens-là... la différence est minime)
- Vi, on m'a sifflée ?
- Personne ne s'est pointé dans les environs j'espère...
- Parole de duègne (ben tiens !) personne, je veille au grain !
- T'as intérêt à la surveiller comme la peau de tes miches... qui d'ailleurs auraient à souffir un peu quant à leur intégrité, si tu floppais le coup ! Tu m'suis ?
- T'inquiètes pas papounet... elle est idéale en gardienne en chef  de prison !"

S'en suit une petite scène où Rigoletto croit entendre (à raison) du bruit dans la rue et file jeter un oeil alors que Gilda fait de l'huile en redoutant que ça soit... qui vous savez (on n'est pas dupe, le coup de théâtre de l'amoureux secret, ça ne vaut que si on n'est pas habitués aux intrigues de base au théâtre et à l'opéra).
L'amoureux ducal, (et vi... c'était lui !) chope des bribes de la conversation, suffisamment pour se retrouver sur le valseur en apprenant que la chouette nana qu'il a dans son viseur n'est autre que la fifille à son bouffon de pôpa.
Rigoletto sort, non sans avoir bouclé la lourde à triple tour (mise en scène perso : une porte de coffre-fort helvète, blindée et bardée de signaux d'alarme et loupiotes diverses, ça serait pas mal...

Gilda se tape la honte du siècle après avoir menti aussi ouvertement à son géniteur. Giovanna lui répond qu'elle ne voit pas de mal à se faire suivre par un mec amoureux et noble de surcroit ! (là, je soupçonne la corruption de fonctionnaire, deux ou trois biffetons balancés dans les poches de la duègne, ça doit aider pour qu'on vous trouve toutes les qualités, vous ne pensez pas ?) La gamine lui répond qu'elle s'en fiche comme de sa première culotte qu'il soit friqué ou non, du moment qu'il soit "fidèle" (Aïe ! Mauvaise pioche !) et lui dise longs comme le bras, des "je t'ai....." 
Pendant qu' elle prononçait ces voeux pieux, le Duc est entré dans la cour et à fait signe à la duègne de se barrer voir si elle n'avait pas un cassoulet sur le feu (ça accroche vite les "péteux"!). Il termine sa phrase du coup. Il en pince et veut lui faire un câlin.
Là, je suis toujours pétée de rire à la réponse effarouchée de la nana : " Giovanna ! Aïe, misère ! Y a plus personne ici pour me répondre ? Aaaargh, pas un pékin !"*********

Encore une autre scène,  celle de la séduction, où on a droit à un duc "génuflexionné" aux pieds de sa belle (je vous épargne les couplets sur les promesses d'ivresse - une biture ? - les aveux de mamours éternelles, le monde mis aux pieds de l'élue, les cadeaux de Saint Valentin prévus etc... vous connaissez le topo...) Une seule chose n'arrive pas à sortir de la goule du Duc, son pseudo ! Il refuse de dire à la minette qui il est vraiment et donne le premier nom qui lui vient : Gualdier Maldé (bien sur, c'est évidemment le premier nom qui me viendrait aussi, pfff !) "sans titre obscure et pauvre" (ne manquait que "petit" et on avait droit à la tirade de Jane Eyre vous ne trouvez pas ?)

Les roucoulades vont bon train, mais sont interrompues par des voix venant de la rue... Borsa et sa bande ont trouvé le repaire de la belle que planque Rigoletto, je vois d'ici le plan de campagne. Gilda doit demander à son amoureux de filer quinze noeuds, son père risque de ne pas tarder à revenir, ça ferait désordre dans l'ordonnance du jardinet si "on" tombait sur un nouveau nain de jardin ! Il s'éclipse précédé par la duègne (j'vous dis, elle est vendue à Moscou !) tandis que Gilda reste toute chose à fixer la porte , pour voir si elle ne pourrait pas la dégonder rien qu'avec la pensée certainement (on s'occupe comme on peut, quand on est fille de bouffon cloitrée entre quatre murs, la psychochinésie, ça peut distraire). Elle soupire encore après son beau gosse (attention, c'est à ces "entournures" qu'on a droit au fameux air : Juanita Banana) après avoir bien déliré sur le sujet, elle entre pour choper une lanterne et suivre du balcon son amoureux transi.

De la rue, les conspirateurs (l'air est connu d'ailleurs) mettent la dernière touche à leur plan macchiavélique. C'est ce moment que choisit Rigoletto pour refaire surface, toujours la tête prise par sa malédiction ce qui fait qu'il se heurte non à un reverbère mais de plein fouet dans le groupe (Strike !)

Ceprano est pour l'estourbir, mais Borsa a une meilleure idée, plutôt "qu'il meurt" il faut "qu'il pleure", ça sera plus marrant (moui... ça dépend pour qui... m'enfin, l'humour....) Les cocos se font reconnaitre du bouffon (signe que la ruelle est bien fréquentée pour qu'il n'y ait même pas une loupiote pour se repérer tiens !)
"Tiens la bande des rigolos ! Qu'est-ce qui vous amène dans les parages ?
- On a un super plan pour occuper la soirée ! Vélociraptoriser la femme du comte Ceprano (clin d'oeil à l'intéressé) on devrait bien se marrer. Elle crèche dans cette rue... Fastoche ! On a la clé, on est masqué... ah ben non... pas toi.. Allez-y, filez-lui un masque ! - il lui noue le truc avec un mouchoir (bien quand comme par le plus pur des hasards, le mouchoir passe juste devant les yeux ! Deux ou trois petits tours sur lui même et le type ne sait plus où il habite, c'est le cas de le dire !) - Bon... c'est fait.. t'as qu'à garder la porte (ils le fichent dos à la sienne, l'helvètique lourde)."

Deux ou trois types grimpent par le balcon et filent ouvrir la porte du jardin aux autres. Toute la joyeuse bande s'engouffre dans la bicoque, ressort avec Gilda "jambon-de-baillonnée" à l'aide d'un autre tire-jus et filent en direction des coulisses. J'imagine le tableau, la blonde dodue (la mienne l'étais, j'insiste !) entraînée façon crocos  et hippos dans la séquence de la Ronde des Heures de Ponchielli  dans Fantasia, ça casse un peu l'ambiance dramatique de l'instant, mais je n'y peux rien.

Par contre, dans  l'affolo du moment, le baillon tombe et Gilda couine après son père en l'appelant à l'aide et son écharpe tombe sur le sol dans la bagarre. Le pire c'est que le bandeau sur les yeux du bouffon a non seulement le don de le rendre miro, mais sourdingue (les conspirateurs le précisent même, magique le bout de chiffon !) ce qui fait qu'il pige  kekouik et c'est parce qu'il commence à en avoir marre de jouer les plantons qu'il pense à dénouer tout le bastringue (bouffon et p'tit peu c... aussi non ?)**********.
Il ne vois plus personnes dans les environs, ça l'intrigue... Il s'approche d'un truc clair au sol, pour reconnaître l'écharpe au tricotin de sa gamine et là, il coule une bielle ! Se tire les tifs et tombe dans les pommes sous le choc.
La malédiction commence.

Mais moi je termine pour cette fois. Là, vous avez de quoi lire s'pas ? Alors prenez votre temps... vous avez la semaine pour ça. On verra plus tard l'acte deux et comment va tourner cette "blague" ducale....d'ici là, portez-vous bien.

La dragonne

  -=-=-=-=-

* trou du cul du monde si vous voulez

** la sanguette, c'était un truc,  (ça l'est encore sans doute) que ma mémé faisait avec le sang des poulets.. on fait frire ça à la poële et on boulotte avec du pain... A deux doigts d'appeler Raoul à chaque fois moi... ça me retournait le bide comme un gant de toilette, rien qu'à la vue ! Et dire qu'il fallait qu'on se tape ce...truc peu ragoutant, histoire d'exorciser (là-aussi) la menace d'une anémie romantique et de bon ton (tout ça parce qu'on était musclés des oreilles et pâles comme des pets retenus trop longtemps loin de la lumière, pas de notre faute, on n'a jamais été des Musclor dans la fratrie). Il y avait aussi le gigouri du patelin, un peu plus conséquent parce que fait avec du sang et de la viande de porc (j'ai les dents du fond qui baignent rien que d'en parler... s'cusez... je reviens... )

*** d'ailleurs la réponse de Rigoletto me laisse perplexe... "un bravo !" en français, alors que c'est "ladro" (voleur) en italien... qu'on m'expique... Si c'est pour la rime, dommage ça colle pas... pour faire court peut-être,.. si quelqu'un a une loupiote pour m'éclairer sur le sujet... (vous voyez pourquoi je préfère lire en VO les livrets quand j'en ai la possibilité !)

**** Pas qu'il veuille se faire payer en volatiles, c'est juste la plus grosse taille des billes aux jeux du même nom... J'ai cherché, je m'étais arrêtée au calot, mais il y en a d'autres après. Tiens, si ça vous dit de vous y remettre, je vous fiche la liste :
mini, normale, « boulons » ( ou berlons ), « maxi boulons », boulard, « maxi boulard », mini calot, calot (ou galot), maxi calot, mammouth, aigle
Et un petit lien pour des règles... si je pense pas à vos récréations hein ?!!

*****(là désolée, j'ai frisé l'allusion salace... pas pu faire autrement, un type qui vous aborde "nocturnesquement" et vous parle de frangine pas farouche, de travail à domicile... de vous montrer son "strumento" (instrument)... ça a encore fait chtonk ! Pas vous ? Mais ouiiiii, bien suuuur..... Bandes d'hypocrites va

****** je vous traduis littéralement le livret, marre de me servir de la traduction courante ! "Nous sommes pareils... moi la langue, lui il a le poignard; je suis celui qui rit, et lui celui qui trucide (spegnere plutôt éteindre)

******* Mettre une bonne dallée chez nous, ça voulait dire "mettre le paquet" ou en mettre une bonne dose dans l'assiette  (ou dans le popo quand on était môme... classe hein ?!)

******** ordre auquel appartient le lézard

********* Enfin dans le livret italien "revu et corrigé" par bibi, dans le livret francisé, c'est pire; elle évoque le nom de la duègne pour la "défendre contre elle-même" comme "Jo-viens-là" a débranché son répondeur, elle fait même le numéro d'urgence  "SVPmon-dieu-siou-plaît", ce que la foi peut faire comme trucs ! Si j'avais un doute sur le fait de rester une vierge marmoréenne devant l'élu de mon coeur, je me serais barrée vite fait, direction une bassine d'eau froide où m'asseoir avant que ça ne tourne mal. Ou plus simple, je l'aurai planté là, pour courir le cent mètre dans la rue. Mais j'suis bête... elle a pas le code de la porte helvète de la baraque !

********** Là encore... il faut pas avoir inventé le fil à couper le beurre pour ne pas reconnaitre sa baraque dans une rue (un décors) qui n'en comporte que deux, dont une abandonnée, et ça même en jouant à Colin-maillard ! Parce que même si le bouffon est persuadé que les conspirateurs visent celle d'en face, depuis le temps qu'il crèche dans le secteur, et vu l'état de la masure, à part quelques rats et arachnides divers, les locataires sont plutôt discrets !

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  • : Vous pigez rien à l'opéra... pas grave, je vous raconte l'histoire... à vous d'aller choper les notes qui vont avec, et ne me dites pas que c'est pour les momies... je tire à vue sinon ! Il y a des trucs à côté, histoire de vous donner un petit aperçu du bestiau... je vous préviens... ça peut piquer les yeux.
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