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Vendredi 10 juin 2005

Bonjour !

On remonte encore dans le temps, mais on refranchit le Rhin, parce que l’opéra dont je vais parler aujourd’hui est d’un compositeur allemand du XVIIIème siècle : Christoph Willibald Gluck (quelle chance ce nom ! - hé, hé – et les prénoms j’vous dis pas !) Cet opéra s’appelle Orphée et Eurydice, c’est donc la mythologie qu’on va aborder – Eh ! Zoélie ! On cause gréco-latin ici, si ça t’intéresse !

A cette époque, la mode était au « péplum lyrique ». Le genre avec des chars solaires descendant des cintres, des personnages plâtrés et emperruqués, mais vêtus de toges, de bons gros poissons bien caricaturaux, censés représenter des baleines, des flammes infernales ou des flots en furie, moulés dans le carton-pâte, le tout accompagné d’une pyrotechnie rudimentaire (qu’est-ce qu’il y a pu avoir comme incendies de théâtres d’ailleurs à cet époque !) dans une salle où on pouvait apporter son pique-nique.

Donc abordons tout de suite la légende revue et corrigée de:

ORPHEE ET EURYDICE

ACTE I

Le lieu : Un tombeau – ben ça commence fort, côté ambiance ! Mais le cercueil est vide, parce qu’on a piqué le corps pour le mettre au sous-sol (drôle d’idée tout de même)
Les personnages : Orphée, chanteur local , les copains de son groupe et son fan-club, Amor, dieu de l’amour, Eurydice, femme d’Orphée et garde forestier (une dryade c’est une nymphe des bois, entité protectrice des arbres et surtout des chênes)

Après un court (très court même) prélude, le rideau se lève sur une grotte abritant la tombe d’Eurydice.La pauvre aurait pu mourir de n’importe quoi, parce que c’est pas Gluck qui va nous rencarder (pas trop intéressé par les faits divers le coco). Moi, je vous renseigne parce je suis sympa : elle a été mordue par un serpent alors qu’elle jouait à chat avec ses copines et un certain Aristée (le gars pensait à autre chose qu’à jouer, m’est avis, parce que c’est en essayant de se sauver qu’elle a marché sur la létale bestiole)
Donc on découvre son légitime, Orphée , leader du groupe « Orphisme » (il s’est pas foulé pour le nom en tout cas) en plein deuil lyrique (ça l’inspire) :
« Pling, pling, j'ap-pel-leu mon a-mou- reu ain-si» - en italien c’est plutôt : « Cer-co il mi-o ben co-si…. »
reprise des chœurs : « wap-doo-wap ! »

Soudain, Amor, le moufflet ailé et dodu se pointe (sauf que souvent, c’est la dondon ailée et encore plus dodue qui se pointe sur scène) :
« He, le rockeur ! C’est pas bientôt fini ces beuglantes ? Mon patron Zeus, le proprio de l’hôtel à côté m’envoie te dire que, s’il n’y a que ça pour te faire taire, il va te la rendre ta Dulcinée - anachronisme !  Cervantès n’était pas encore né ! -. Par contre il y met ses conditions et t’as intérêt à les respecter, sinon adieu Berthe ! Donc voilà le topo : Tu va descendre au sous-sol de l’immeuble. En bas des escaliers, tu déconnecte l’alarme, tu verras c’est facile, y a marqué « furies » sur l’interrupteur. Ensuite t’arrives à la chaufferie, en principe c’est là que crèche le chien du concierge, un sacré vicelard c’ui-là ! Prévois trois os de gigot, parce que c’est un vorace. Après, c’est du gâteau ! Il te reste plus qu’à offrir ton dernier album dédicacé au concierge (c’est un fan) et le tour est joué ! Il te refile son passe pour récupérer l’Eurydice, tu refais le chemin inverse, et tu vis heureux avec ta copine et très loin, à cause des décibels ! »

A peine son discours fini, que déjà, Orphée se précipite vers les escaliers. L’emplumé le retient pas la veste :
« Hem ! P’tite précision… J’allais oublier… Y a un truc vachement important pour que tu foires pas la mission : Après avoir récupéré la fille,  tu files droit devant sans te retourner, même une fois, pour la regarder, sinon, le marché ne tient plus et tu peux dire définitivement adieu à ta moitié !

Orphée, ayant pris au passage sa médaille de Saint Christophe, peut commencer sa descente en tenant bien la rampe parce que l’éclairage est un peu
chiche.

Fin de l’acte I et de mon article.

A demain pour la suite de ces aventures spéléologico-mythologiques. Passez une bonne journée.

par Walsong publié dans : Gluck
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Jeudi 9 juin 2005

Bonjour à vous !

Alors vous vous souvenez hier, nous avons abordé le début de l’acte II de la Traviata que j’ai interrompu, pour ménager le suspense comme je l’annonçais. Et surtout parce que cela faisait un article relativement conséquent. Avec la Tétralogie, je crois que vous avez eu votre dose, alors j’essaie de faire plus court, pour ne pas trop surcharger un article, mais c’est dur – je suis une grande bavarde – Ah ! Vous aviez remarqué ?

ACTE II – suite –

En résumé, Alfredo ayant piqué sa crise au départ de Violetta a décidé de la rejoindre chez sa meilleure copine Flora qui a organisé une fête (encore ! on a l’impression que le tout Paris de l’époque ne pensait qu’à ça !). Il sait qu’elle s’y trouve et entre, comme un chien dans un jeu de quille, au milieu de la soirée costumée (thème : l’Espagne ; les gitanes et matadors foisonnent dans tous les coins). En plus, l’air vous est –encore – familier et c’est - encore - une pub célèbre (tellement célèbre que je ne me rappelle plus laquelle d’ailleurs, mais c’est un détail).
Alfredo, le regard meurtrier, entame une partie de « Monopoly » pour se calmer les nerfs, quand Violetta et son nouveau galant Douphol le Sirupeux font leur entrée :
« Tiens ! - lance l’amoureux déçu,  assez fort, pour être entendu de l’autre côté de la rue – c’est quoi l’indice de la marée pour aujourd’hui ? Parce que les thons commencent à arriver avec leurs poissons -  pilotes ! Rue de la Paix ! C’est chez moi… un hôtel et trois bicoques… aboule le pognon ! J’ai d’la chance ce soir normal ! » (eh oui ! Lui aussi, il connaît l’adage). Les autres, complètement plumés, préfèrent aller s’en jeter un derrière la cravate dans la salle à manger et le laissent mariner dans son vinaigre.
Entrée de Violetta :
« He le flambeur, Douphol a entendu ce que tu dégoisait, et il rapplique par là pour te faire la tête au carré. T’as qu’à prendre la sortie de secours, parce que je te préviens, il vise toujours les yeux et tu risques de finir en nocturne !
- Ah ça lui a pas plu ? Et bien c’est pas fini ! – Il siffle tout le monde – Emmenez-vous par ici, j’ai une info de première main à vous donner ! Si vous aimez le poisson c’est votre problème, moi l’odeur m’incommode, en plus la clim est en panne, alors je m’tire ailleurs (sénégalais ! Hé, hé !... Bon,  ça fait rire que moi) tiens Machine – il lui balance les billets de Monopoly -  va t’acheter un jerrican de parfum parce que là, vraiment tu refoules comme c’est pas permis ! Ah, au fait, t’as qu’à garder la monnaie pour les frais d’entretien du mobil home où on créchait avant que tu te barres ! »
Le père d’Alfredo est là, mais ce gros lâche ne prend même pas la défense de la pauv’fille, qui ne sait plus où se mettre et préfère s’évanouir.

Fin de l’acte II

L’acte III étant relativement court mais très beau pour ses airs (sniff ! mouchoirs s’iou plaît !), j’ai décidé de le présenter dans la foulée.

ACTE III

Le lieu : la chambre de Violetta
Les personnages : Violetta, Annina, le docteur, Alfredo et Germont.

Au lever de rideau, on distingue Violetta, couchée avec un mauvais rhume (mortel, même le rhume !) Elle avait prévu de faire du roller avec des copains, mais là, je crois que c’est râpé, parce qu’elle n’arrive même pas à sortir du lit.

Le médecin joue son faux jeton en lui racontant les dernières blagues qui courent sur le web  et en lui tapant dans le dos à chaque fou rire (malin sur quelqu’un qu’est en train de partir du caisson !)
Il sort et croise Annina en lui conseillant d’aller s’inscrire à l’ANPE, parce que sa patronne risque d'aller dire bonjour à Pluton dans pas longtemps.
L’intéressée est en train de relire le télégramme de Germont Senior : « Fiston au courant  – stop – va venir vous voir – stop – TVB (« tutto va bene » ou « tout va bien » ; vous avez vu ? ça marche pour les deux langues !)
Bien joué, mais un peu tard, à moins de se mettre en apnée, il a intérêt à faire fissa l’Alfredo, parce qu’elle va pas pouvoir tenir des heures comme ça ! En plus elle se paye un mal de crâne pas permis à cause des zozos dans la rue qui fêtent le Veau Gras (chez nous c’est Carnaval) ; Elle hésite entre leur balancer un seau d’eau ou les payer pour qu’ils la ferment. La deuxième solution est la meilleure parce que, se trimballer un seau d’eau froide, avec ce qu’elle tient c’est pas trop sérieux. ! Elle file la monnaie à sa bonne qui descend l’escalier sur la rampe pour aller plus vite, et… entre en collision avec Alfredo qui arrivait juste au même moment. Remontée un peu plus lente (ecchymoses et contusions diverses, ça freine un peu l’enthousiasme) et retrouvailles des deux amoureux dans une folle étreinte : « pas trop fort les côtes s’te plaît ! Pour chanter ça va me gêner sinon ! » Violetta  est prise d’une poussée fébrile qui anesthésie complètement la douleur et la raison par la même occasion, parce qu’elle se croit guérie, et elle commence déjà à faire des plans sur la comète, parler épargne, pavillon de banlieue, macramé…et l’autre imbécile heureux qui en rajoute une couche  (un peu niais quand même Alfredo, ou alors très myope !)


Soudain, il réalise qu’il a l’image mais plus le son. Violetta vient de dire adieu au siècle pudibond (et victorien ! j’insiste !) Le docteur et le Germont entrent, quinze ans après la bataille évidemment, et le paternel se la pète un peu moins. Il faut dire que, si on y pense, dans son cas, il est coupable d’homicide involontaire ou incitation au suicide pulmonaire… et là, il a pas intérêt à trop la ramener !

Fin de cet opéra, que j’ai eu presque honte d’avoir tripatouillé (surtout la fin), mais c’était le jeu, et je ne pouvais pas me défiler.

Par contre, si vous ne connaissez pas l’opéra romantique, essayez celui-ci ; c’est du petit lait ! Les airs sont plus que connus et la fin est superbe ! Comme on dit : un classique du genre.

Rangez pas les mouchoirs, ils peuvent encore servir pour celui qui suit (enfin ça dépend des sensibilités)

Jeu : Si je vous dis. Un lieu souterrain et mal fréquenté, un musicien, un pari à tenir….vous me répondez…..

Cherchez et réponse comme d’habitude dans les commentaires.

A bientôt

par Walsong publié dans : Verdi
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Mercredi 8 juin 2005

Bien dormi ? Mmmmoui ?

Donc, pas d’excuse pour ne pas lire la suite alors. On reprend la suite au lever de rideau de :

LA TRAVIATA
ACTE II

Le lieu : un petit nid d’amour à la campagne près de Paris, puis au changement de scène, la salle de réception chez Flora, une copine de Violetta.
Les personnages : Violetta et Alfredo les heureux propriétaires des lieux, Annina, la domestique de Violetta, le père d’Alfredo : Germont senior, Flora, Gaston, Douphol, un vieux beau cousu d’or, et pas mal de monde pour que ça rende bien à la scène finale.

Au lever de rideau on découvre un Alfredo tout guilleret parce que sa copine vient d’apporter ses balluchons et qu’elle emménage loin de la capitale avec lui :
« Chouette ! On va parler veau, vache, cochon… jouer la petite maison dans la prairie et c’qu’on va être heureux ! Ce rêve bleuuuuuuu !
- Euh, M’sieur – l’interrompt dans ses sauts de cabri Annina –  pour les courses… faudrait peut-être se bouger, parce que Mam’ Violetta, elle a tout vendu pour payer la bicoque et y reste pas lourd pour finir la fin du mois, surtout qu’on est le cinq !
- M…ince alors ! Fallait me le dire plus tôt ! J’vais au distributeur le plus proche (Paris, tout de même !) et je suis de retour en deux temps, trois mouvements ! Bouge-pas fillette ! »

Le voilà déjà parti sur son solex pour retirer du liquide alors que Violetta entre dans la salle à manger tout en relevant sa messagerie. Tiens ! Sa copine Flora organise un méga-fête ce soir avec du beau monde et surtout des vieux messieurs en mal d’affection (mais pas de compte en banque).
« Elle est marrante elle ! Je lui ai pourtant dit que je faisais mon retour à la terre avec Al et qu’il fallait plus compter sur moi. Elle a pas dû imprimer quand je lui ai dit ! Faut dire que la fiesta était un peu arrosée et à mon avis elle était plus étanche à ce moment là !
- Mam’ Violetta – intervient Annina. Y a un vieux croûton à la porte qui veut vous causer
- Comment, par télépathie ? – ben fais-le entrer, parce qu’à travers les murs, ça va être difficile la conversation sinon !

L’inconnu entre, tellement digne qu’on dirait qu’il a été amidonné en même temps que sa chemise :
« Bonjour ! Je me présente : Germont – non pas comme le fromage – j’ai l’habitude qu’on me la fasse celle-là, alors je prends les devants – je suis le géniteur de votre petit copain.
- Oui, qu’est-ce qu’il est beau mon Alfredo ! Il doit tenir de madame votre épouse, je suppose… - Votre truc ensemble, je crois que ça va pas être possible. Il va falloir que vous cassiez et tout de suite encore !
- Je voudrais bien voir ça ! En quel honneur ?
- Parce que ça fait tâche dans notre monde. A son boulot, on commence à le regarder de travers et puis sa frangine, vous y avez pensé ?
- Quoi sa frangine ? C’est pas avec elle que j’emménage tout de même !
- Avoir un frère qui fricote avec une…je n’sais quoi… vous croyez que ça va l’aider pour se caser ? Surtout qu’elle a vraiment pas besoin de ça en plus, la pauvre !"

Alors là, aparté pas utile, nécessaire : On est en plein snobisme bourgeois. Victorien même ! Parce qu’un membre d’une famille aisée, ou pas d’ailleurs,  a décidé de vivre sa vie, les autres dérouillent! Et c’est les filles les plus atteintes – je vais pas dire évidemment, mais je le pense très, très fort ! Frérot fait la noce et c’est la frangine qui trinque ! C’est un monde tout de même ! Demain, pour manifester ma désapprobation, j’immole de l’emmenthal - même si l’autre vieux chnoque affirme que son pseudo c’est pas celui d’un frometon - ça me défoulera quand  même ! Fin de l’aparté.

Violetta en reste comme deux ronds de flan ! Mais la solidarité féminine, toujours présente - n’est-ce pas chères sœurs ? – la pousse à accepter. Pfff !! Bon d’accord ! Je ne dis rien… mais ça me démange, vous pouvez pas savoir !

L’antiquité s’en va retrouver bobonne et fifille en train de « canevasser » joyeusement « foyer, doux foyer » sur tous les coussins de la baraque. Au fait, ça lui écorcherait le bec de dire merci ? La pauvre Violetta est au trente-sixième dessous et c’est la vue un peu brouillée qu’elle commence un mot d’excuse pour Alfredo : « la petite Violetta ne pourra pas assister au cours d’éducation maritale pour cause de fiesta chez la copine avec un mec un peu plus riche que lui, Douphol »(on dirait un nom de sirop ou de pastille pour la gorge, trouvez pas ?) C’est clair net et précis. Après ce mot pas doux du tout, elle empoigne le téléphone :
«  Flo ? C’est Vivi à l’appareil, prévois un couvert de plus, je rapplique ! »

Entrée d’Alfredo, légèrement essoufflé, pouf ! pouf ! la mob. est tombée en rade juste avant la côte qu’il a dû monter à pinces en traînant c’te tas de ferraille. On cache le mot vite, vite et on fait risette !
« Chouchou ! Y a mon paternel qui va se pointer pour essayer de ficher tout par terre. On va pas s’ennuyer !
- ça se fera sans moi, parce que j’ai des courses à faire à la superette avant que ça ferme! Adieu ! »
Elle se carapate avant que son copain réalise que, d’accord la supérette n’est pas la porte à côté, mais quand même, adieu, c’est un peu excessif pour deux paquets de nouilles et une plaque de beurre ! Elle a eu le temps de passer son mot à un coursier qui entre à son tour pour délivrer le message. La, boum ! c’est toute la baraque qui tombe sur le coin de la cafetière du pauvre Alfredo! Son père entre, le faux-c…jeton, joue les étonnés et console son fiston qui traite de tous les noms d’oiseaux son ex-copine. Il se reprend et relève tout de même les messages sur le répondeur pour tomber sur celui de Flora. Il sait où Violetta est partie et là, faites-lui confiance ça va barder !

Je m’arrête là pour ménager le suspense. Alfredo arrivera-t-il à temps ?... Quelle robe aura choisi Violetta pour la fête ?... Est-ce qu’il va y avoir baston ?... Qu’est-ce que je vais bien pouvoir faire à déjeuner?... (pardon rien à voir ! Je pense tout haut !)

Bonne continuation et à demain

par Walsong publié dans : Verdi
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Impulsions, coups de coeur et de gueule, idées diverses au fil des notes et journées. Vous trouverez dans ce blog ma vision de l'opéra et de bien d'autres choses. Et aussi ma passion : les dragons.




Comme ma trombine évolue au fil de ce "rondudju" de temps, une petite mise à jour du portrait du bestiau, j'ai encore changé de "look" comme on dit... et le cliché du trombinoscope n'est plus vraiment d'actualité (avis, première et dernière fois que vous avez droit à ma goule, moi et les photos, ça fait quarante-douze)

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