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Lundi 23 avril 2007
Bonjour !

Alors un week-end ensoleillé ou non ? Ici, on en a profité. Genre nettoyage de terrasse, "mettage" de salon de jardin à l'air, débâchage de pistoche (à l'eau plus que glauque depuis la dernière fois qu'elle a vu le jour) et surtout, nettoyage de la dite piscine et ça c'était le morcif, vu que j'étais préposée au frottage de la frise et plus si affinité et l'affinité on en voit vite le bout, étant donné mon bras de "trois-pommes-à-genoux" , c'est à dire, faut pas rêver, pas très loin, mais c'est déjà ça, le robot fera le reste (et pis d'abord, c'est déjà bien beau que je me soie proposée, moi, faible dragonne, c'est déjà un exploit en soi !)

Bon, après cette narration passionnante au possible (j'en vois bailler au troisième rang, c'est normal ?) d'une fin de semaine hors du commun (vive l'auto-persuasion !) on peut donc continuer la narration de notre opéra, histoire de voir enfin apparaître le héros éponyme de cette production mozartienne "alimentaire" comme disent certains.Allez, on y file! (Petit clic sur le rouge, ne bouffez pas la commission !)



LA CLEMENCE DE TITUS - ACTE I (suite)

Le lieu :
On se retrouve au Forum romain, des arcs, des obélisques et des bimbeloteries, symbole d'exploits et victoires quelconques (ça s'appelle "trophées" mais j'préfère bimbeloteries ou colifichets).Faut de toute façon que ça en jette, c'est pour impressionner le commun des mortels ! Le décor "forumesque" ne tient qu'un côté de la scène, de l'autre un bout de l'extérieur du Capitole (toujours pas celui de Toulouse, évidemment !); quelques oies, muettes celles-ci, d'une part parce qu'il n'y a pas intrusion, donc l'alarme est déconnectée et de l'autre parce que si elles commencent à ouvrir leur bec, pas sur qu'on apprécie pleinement les airs des divers personnages de l'opéra. Mais entre nous, vu que c'est de mon propre chef l'introduction "palmipédique", on peut se contenter de boîtes de cassoulet (toulousain celui-ci par contre !), artistement empilées en colonnes (doriques ou ioniques, comme je vous disais, j'm'en tamponne le coquillard !)? Au-delà du Capitole, on distingue le p'tit bout de la voie qui mène en ce lieu majestueux, sic le livret "une route magnifique", donc ça dépend de l'appréciation personnelle de la magnificence d'une deux-voies (des "aires" de repos tous les trois cent mètres? Des stations services comme s'il en pleuvait, un asphalte tellement lisse qu'un pet pourrait y glisser comme sur une toile cirée? A vous de voir, moi, je penche pour la route jaune du Magicien d'Oz, ça c'est du visuel!)


Les personnages :
- Publius, pas le journaliste locale, le préfet de la garde prétorienne (le prêteur, à l'époque, c'était pas celui qui vous file du blé contre plus de blé et la peau de vos miches en plus, c'était le type qui rendait la justice)
- des sénateurs et légats des bleds environnants, venus payer leur taxe et redevance annuelles (quoi que, on parle de blé là-aussi, pas si loin de la deuxième définition...)
- Titus (enfin!) Empereur de Rome, la couronne de laurier-sauce vissée sur la tête, le drap de lit artistement enroulé autour de sa noble personne, des sandales de plages en plastoc fluo aux ripatons (ça change des cothurnes et c'est plus gai !)
- un choeur composé de gens du peuple, de prétoriens, de licteurs (les types chargés de marcher devant les magistrats les plus gradés de Rome, une hache décorée de verges à la main. Je vois bien les esprits mal-tournés évoquer l'instrument de travail d'un gardien de harem avec les trophées de ceux qui ont voulu resquiller à l'entrée, mais dommage pour eux, ce ne sont que quelques brindilles, ça vous la coupe hein - c'est le cas de le dire !)
- Annius et Sextus, les deux potes du début

A l'ouverture sur la scène quatre, on trouve tout ce petit monde en train de se dégourdir les pattes sur scène, alors que Titus descend impérialement les marches du bâtiment, pour sa séance de serrage de pognes habituelle, tout ça sur une petite marche très... cirage de pompe, faut que là aussi, ça en jette côté majesté! De suite après, un choeur de louanges où on brûle un cierge aux dieux locaux pour que le patron pète la forme encore longtemps (côté courbettes, n'en jetez plus la cour est pleine !)

Arrivent les deux copains Annius et Sextus. Publius, le préfet, y va de son léchage de bottines en félicitant Titus de son nouveau poste de "Père de la Patrie" (mazette ! Ils avaient la manière tout de même, c'est la classe !) Les deux autres en rajoutent une couche en disant que si un type mérite ce titre c'est bien lui et même plus étant donné que ça lui irait bien au teint le pseudo "divinité tutélaire" (bin voyons ! Quand je vous disais que ça rappelait Atys!)

Comme Titus n'a pas l'air emballé par le tas de pognon de l'impôt annuel négligemment posé devant lui, Publius lui fait tout de même remarquer, que ça va servir à lui construire un p'tit pied-à-terre (genre temple à sa gloire) digne de son nouveau boulot. (Là, je rigole !  Vous en connaissez beaucoup qui plisseraient du museau en voyant du fric qui leur tombe aux ripatons vous ?). L'Auguste s'explique :

" 'Tends voir cinq minutes ! J'ai pas dit que j'en voulais pas de ton oseille ! Je vais juste m'en servir autrement qu'en me faisant construire un T4 doré sur tranche. Vous êtes tout de même au courant que le Vésuve a fait des siennes et qu'en piquant sa colère il a bien cramé les environs ? Le coin ressemble plus au fondement d'un clebs pelé qu'à une campagne verdoyante depuis ! Bin je file le tas de sesterces comme fond d'aide "catastrophe naturelle", c'est-y pas altruiste ça, plutôt qu'on me construise un temple dont je me fiche comme de ma première culotte courte ! (Et en plus, question intimité, le templounet, il y a mieux !)
- J'trouve pas de mots pour décrire ta grandeur, mon Titi ! - souffle un Publius obséquieux au possible - t'es le meilleur !
- Arrête tes courbettes, tu vas rester coincé ! Les autres aussi d'ailleurs, j'vois que vos miches, ça rend la conversation difficile (d'où l'expression "parle à mon c..ma tête est malade" certainement)"

Comme les autres commencent à en avoir marre de regarder leurs orteils, tout le monde se barre, ne laissant en scène que Titus, Sextus et Amnius. Les deux cocos vont enfin pouvoir causer de la frangine. Amnius lance un coup de coude dans les côtes de Sextus, pour lui signaler qu'il est temps qu'il fasse sa demande pour lui (timide ?), ce dernier commence par demander des nouvelles des amours contrariées de son Empereur et copain.

" Ah m'en parles pas ! Je dérouille, mais ça passera avec du baume du Tigre... ou une bonne biture. Comme ma copine Béré n'était pas dans les p'tits papiers des romains, fallait que je m'incline et que j'épouse une fille "du crû" pour ne pas faire tache. Donc, c'est décidé, et  autant que je tape dans le cercle des potes,  j'épouse... ta soeur !
- Hein ?... Servilia ?!
- T'en connais une autre ?
- Et m....! - lance un Annius qui se prend la station Mir sur les pompes..
- Kess-t'en dis ? Le greffier t'a bouffé la langue ?
- Bin c'est trop d'un coup là!... J'sais pas trop quoi dire... j'en reste sans voix (dit-il en lançant ses trémoli, paradoxe du lyrique ça !)
- J'te sens réticent, explique à Titi, j'suis ton pote, tu peux tout me dire non ?
- Bon, je cause à sa place, parce que sinon on risque d'attendre la Noël le temps qu'il décoince ! - C'est Annius qui a pris son courage à deux pognes et décide de se "sacrifier" - Comme tu sais, ça date pas d'hier l'amitié entre lui et moi, on a fait tous les sales coups ensemble, à mon avis, il ne se sent pas assez digne de l'honneur que tu lui fais.  - (Et la frangine ? On y pense à la frangine ? Il aurait pu demander son meilleur canasson ou sa salle à manger design italien, ça serait la même chose pfff !) - T'aurais pu plus mal tomber !  Pas mal foutue, une belle goule, pas méchante... que demande le peuple ?!"

Textus se demande ce qui arrive à son pote, se saborder soi-même c'est pas logique tout de même. Titus, tout content de sa nouvelle "acquisition" (je regrette, j'ai du mal à voir le côté humain dans cette transaction, désolée !) demande que l'ex aille filer la bonne nouvelle à Servilia (là, elle doit être censée s'évanouir d'aise certainement) en lui signalant qu'il aura une place à côté de lui sur son strapontin royal par la même occasion (et la frangine, elle servira de cale-pied ?)
Sextus lui dit qu'il se casse pas trop le trouffinion et que c'est un peu beaucoup tout de même. Qu'il le garde pour lui tout seul son pliant doré à l'or fin. Titus répond que s'il ne veut pas de sa proposition, qu'est-ce qu'il lui reste à lui, sinon s'enquiquiner comme un rat mort tout seul dans sa salle d'apparat, à se taper les doigts et à dire que ça fait du bien quand ça s'arrête pour s'occuper.

Titus et Sextus sortent, laissant seul Annius, pas pour longtemps parce que sa copine , future agneau du sacrifice, va faire son entrée.
Mais ça sera pour la prochaine fois... point trop n'en faut n'est-ce pas?


Allez, je file et on se retrouve pour la scène V un peu plus tard. Bonne journée à tous et je file, j'ai du retard dans mes lectures chez vous, vous vous en doutez n'est-ce pas ?

La dragonne
par Sieglind publié dans : Mozart
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Mercredi 18 avril 2007
Bonjour !

Bon, on va dire que les vidéos, ça vous a bien occupé hein ? Il est temps de retourner à la narration lyrico-primesautière, et puis Lili attend toujours son Titus  ! Il risque de se lasser d'être magnanime et de s'énerver (remarquez, ça ferait une fin différente c'est sur, version Attila et ses fameuses terres brûlées, mais ça sortirait vraiment trop des rails et comme vous savez, même si je dis des c... hinoiseries, je respecte le livret, sinon vous imaginez votre tête si vous arriviez et que vous tombiez sur une chose inconnue au bataillon, ça ferait plus que désordre !
Par contre, le livret justement... faudra pas chercher la logique de certaines situations et réactions, ça ressemble en ça un peu à notre fameux Atys de Lully. Pas dans l'histoire, mais dans l'histoire de l'histoire si j'ose dire. un travail "alimentaire" quoi.. Bin oui, un musico, ça boulotte mine de rien et 'l'air" du temps ça va cinq minutes, là c'était pour remplir les placards de la cuisine. Une commande pour des festivités du couronnement à ce qu'on dit.
Petite note d'ailleurs de certains critiques et musiciologues bien sérieux (ça n'engage qu'eux, on se fait l'idée qu'on veut d'une oeuvre, désolée !) "un opéra extraordinairement oubliable" (C. Rosen), "Une odeur de poussière et de renfermé" (R.Stricker). Pas tendre les cocos ! En plus, là, le livret n'est pas de son pote Da Ponte, mais du poête "officiel" de la cour, Pietro Metastasio qui voulait une oeuvre "miroir pour le souverain"... ça veut tout dire. L'encouronné devait pouvoir se reconnaître dans le portrait de ce Titus plein de sagesse et de noblesse et en faire un pire salaud qui tape à tour de bras sur tout ce qui le perturbe, je ne crois pas que ça aurait plu ! Mazzola, cité également comme librettiste, n'a fait que le retoucher, bien qu'il figure souvent "au générique".
Allez, je m'y colle ! N'oubliez pas... nouveau truc...si ça apparaît en rouge, vous cliquez et surprise ! Vous aves un extrait musical.



LA CLEMENCE DE TITUS (1734) - Wolfgang Amadeus Mozart - Acte I -

Le lieu : Rome au temps des ramasses-poussière (antiquités selon ma mémé), le studio de Vitellia, une nana qui avait des vues sur Titus et s'est pris un rateau. Donc là, laissez libre cours à votre imagination et vos souvenirs des cours sur l'antiquité... Des colonnes (doriques, ioniques... rien à secouer, du moment que ça en jette, me fiche des anachronismes décoratifs et puis ça les gêne moyen-moyen les metteurs en espaces de toute façon non ? Ah... éviter tout de même les colonnes Morris, c'est plus de l'anachronisme c'est une bourde géographique là !), des vespasiennes, juste pour vous montrer que ça ne date pas d'hier les pipi-rooms, même si elles étaient au-dehors, (au point où j'en suis dans l'anarchie décoratrice...un peu plus ou un peu moins...) un pédiluve (rien à voir avec la choucroute mais j'aime bien le mot). Un poster de la région, avec juste Rome d'indiquée, vu que selon l'adage... pas la peine de brancher le GPS, tous les chemins y mènent, ça fait du temps de gagner à se repérer.

Les personnages:
- Vitellia, la fille qui s'est faite jeter par Titus (celui de Bérénice, pour vous situer)
- Sextus, son galant du moment... brave type mais un peu rendu miro par l'amour (rôle travesti) et ami de Titus
- Annius, pote de Sextus, (rôle également déguisé, à part deux rôles masculins, le reste, c'est des nanas, ça se faisait beaucoup à l'époque... et puis pas si loin que ça aussi d'ailleurs, regardez du côté du Chevalier à la Rose de Richard Strauss...) et quasi beau-frère même, puisqu'il est en ménage avec la soeur de celui-ci, Servilia

Au lever de rideau, Vitellia et Sextus sont en pleine conversation, et ça n'a pas l'air d'être que pour se compter pâquerette, vu l'énervement de la donzelle !

" Si c'est pour rabâcher que t'as tout prévu et que t'as même contacté Lentulus et ses potes pour foutre le boxon au Capitole  - (pas celui que je fréquente, rassurez-vous, je m'en charge toute seule, vous me connaissez...) - désolée de te le dire mon grand, mais tu te répètes ! Et en plus, tu dis... tu dis...mais pour faire... j'attends toujours ! Qu'est-ce qu'il te faut, que Titus fasse asseoir Bérénice sur ses genoux sur le trône, histoire de bien me ficher la honte de ma vie ?!
-  Mais euhhhhhh !
- Mais euh quoi ?!
- C'est tout de même un sacré morcif ! Et en plus c'est un copain et t'en connais beaucoup des comme lui ? Pas intéressé pour deux sesterces, le coeur sur la main, prêt à passer l'éponge, et qui ne fait pas de différence entre un vieux croûton friqué et un morveux poches-percées, du moment qu'ils ont un bon fond, toujours à se décarcasser pour qu'on se lève en forme, "l'Ami Ricoré" j'l'appelle, ça veut tout dire !
- Je rêve où tu fais sa promo ? Mais pour ta gouvernante...c'est tout de même le même type qui a piqué le trône à mon paternel, au cas où t'aurais des absences.... Il m'a fait sa parade d'amour, mieux qu'un paon à la roue de la foire du Trône, m'a quasiment fiché dans ses draps... pour s'en aller taquiner de la barbare ! Si encore il avait tilté sur une nana romaine, là j'aurai sinon pardonné, du moins mieux pigé, mais une mal décrottée des environs du Tibre...même si elle a un pédigré, elle est pas de chez nous !
- Mais la nana est venue juste pour lui, faut pas l'oublier tout de même !
- Blablablaaaa ! Te fatigue pas, je connais l'histoire ! Et vu la trogne qu'il a tirée à son départ et les paquets de kleenex achetés, pas la peine d'être sorti de la cuisine de Jupiter pour piger qu'il est raide dingue de sa Bérénice
- T'es jalouse !
- Même pas vrai ! Ce que j'ai du mal à encaisser, c'est qu'il m'ignore maintenant comme une vieille chaussette ! T'es pas cap d'essayer de m'avoir en m'aidant à me venger... j'me barre, tu m'saoules !
- Pardon ma biche ! J'ai eu un coup de mou, mais me laisse pas... j'suis prêt à faire ce que tu dis !
- Ah c'est mieux ! Bon, bin c'est simple, je veux Titus refroidi avant le coucher des poules ; simple non ?
-  P'tit bisou pour la route ? Là, j'le sens bien... j'suis regonflé à bloc !"

Petite aparté (ça vous manquait hein?) en l'espace d'une scène relativement courte sur patte, elle n'a eu aucun problème pour convaincre le type de zigouiller son meilleur ami... Ou elle a de sacrés arguments, style bonnet 90 B, où le type est vraiment blond !

A la scène deux, entre Annius, le copain de Sextus. Il vient signaler à ce dernier, que s'il ne veut pas se faire remonter les bretelles, il faudrait p't'êt' qu'il pense à son rencard avec l'empereur. Vitellia a la répartie fiéleuse genre "Il y en a qui aura aussi du retard, vu qu'il fait des cochoncetés avec une certaine Bérénice" mais Annius lui renvoie dans les dents qu'elle n'est pas sympa, vu que l'intéressé vient de renvoyer sa copine chez môman, il a vraiment pris sur lui sur le coup.
Comme les deux comploteurs en restent comme deux ronds de flan, il développe :

" Ah, ça vous en bouche un coin hein ?! On a tous fait arrêt sur image à la nouvelle, mais c'est véridique, il a fait ses adieux à Bérénice
- J'en connais une qui a dû l'habiller pour l'hiver quand il lui a annoncé qu'elle était virée de ses draps !
- T'as tout faux ! Elle a bien pigé que le type faisait ça, pour... raison d'état, si j'puis dire... et que ça lui coûtait autant qu'un oeil de la renvoyer chez elle !
- Mouais... si tu le dis...
- Attends... ça a pas été du beurre mou pour lui... ça se voyait sur sa trombine !
- Alors, ça change un peu la donne, zouzou (moins guindé que Sextus je trouve), temps mort (là, je la vois bien faire le geste des sportifs moi, ça serait classe... et tellement... féminin !)
- Et j'dois piger quoi là? Un coup de "revenez-y" ?!"
- N'importe naouak ! Circule, y'a rien à voir ! Et tu connais l'histoire du môme qui criait au loup, à force de me soupçonner, gaffe, ça pourrait arriver..."

Elle sort, histoire d'éviter  d'avoir à donner plus de détails sur son revirement. Sextus et Annius restent seuls et ce dernier en profite pour rappeler à son poteau qu'il lui a promis sa frangine Servillia (belle mentalité !) et que ça serait bien de finaliser la chose, d'une manière plus "administrative" en demandant à l'Auguste (pas le clown, vous gourez pas, l'empereur !) sa p'tite signature au bas du contrat. Comme Sextus n'est pas vraiment contre cette idée, ils se font la bise et sortent pour aller demander ça tout de suite à leur patron.

Baisser de rideau sur la scène trois et on s'esquive au changement de tableau... On verra la suite plus tard.

Bonne journée et bonne écoute des extraits... Je file, j'ai un truc... plein de caféine sur le feu !

La dragonne.
par Sieglind publié dans : Mozart
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Jeudi 15 février 2007
Bonjour !

Allez, deux jours d'intervalles entre mes pontes, ça doit suffire non ? Bon, on y retourne parce que ça va être le "tournant-du-virage", surtout pour l'espérance de vie de notre cher Don Giovanni et pas spécialement concernant la vengeance des biens - faute de bons - vivants !

D'accord c'est un Commandeur un peu spécial necron de Dark Cruzade mais c'est l'intention qui compte, et ça sort de l'ordinaire en plus.

DON GIOVANNI - Acte II - Scène 11 à 15

Le lieu : un cimetière au clair de lune, d'inspiration bien fantastique gothique, avec des mausolées bouffés par les mites (si j'ai envie qu'elles boulottent autre chose que des fringues, j'ai droit non ?),  des hou-houuuuu de chouettes et les loupiotes des feux follets (pas de ma faute j'aime bien les films de la Hammer). Puis, à la scène douze, une piaule encore mal éclairée, décidemment, font des économies, dans c't'opéra, chez Donna Anna, et au final, la salle à manger de DG, éclairée comme à midi comme on dit, vu que ça brille dans tous les coins les chandelles, (on voit les chouchous du metteurs en scène), mais le type doit être du genre à bien aimer voir ce qu'il bouffe dans sa gamelle vu que la table est dressée pour le dîner. Encore du personnel de maison tournicotant dans tous les coins et la sono d'un autre style de DG dans un coin, pour meubler les séances de mastication (la télé est en panne, certainement)

Les personnages :
Don Giovanni, revenu de sa chasse à la zibeline et pensant déjà à continuer à garnir sa gibecière
Leporello, un tantinet énervé d'avoir été ligoté comme un vulgaire rôti de porc
Une statue parlante, celle du Commandeur ; au début elle est plutôt du genre des types qu'on voit dans la rue en train de jouer les automates, vu que sa tirade se résume à un oui sépulcrale, il se réserve pour le final étant donné qu'il a dû choper froid dans tous ces courants d'airs, ça lui a rendu la voix rocailleuse (un peu normal quand même pour un statufié si on y pense)
Don Ottavio scotché à Donna Anna comme un poisson pilote à son grand blanc
Donna Elvira au final, venant tenter de couper l'appétit à son coureur de mari
Zerlina et Masetto, un autre binome vengeur
Un choeur de damnés, voix profondes et tout et tout, histoire de donner un petit côté "Goethien" ou "Dantesque" (ou Goethesque et dantien, comme vous voulez) à cette fin édifiante.(j'éviterai Faust, vu les ennuis dont j'avais été témoin lors de la représentation de celui-ci si vous vous souvenez ; déjà un Mephisto coincé dans sa trappe c'est pas le Pérou mais une meute, je vous explique à peine le chambard sous la scène !)

Donc, au début de la scène onze, Don Giovanni entre en se tenant le bide tellement il rigole du tour de cochon qu'il vient de jouer à sa régulière en lui mettant son valet dans les pattes à sa place. Vu qu'il est une heure du mat, il aimerait bien avoir des nouvelles de celui-ci, pour qu'il lui raconte ce marivaudage par procuration. Ce qui m'étonne un peu, c'est qu'il se retrouve dans un cimetière, à deux  pas de la tombe du commandeur, en pleine nuit et à la recherche de chair fraîche... j'ai un doute là... à moins que le fossoyeur ait cinq filles bien girondes... je ne vois pas...
Mais Leporello, le "hasard" faisant bien les choses, a choisi le cimetière pour finir de se désenberlificoter de toutes ses ficelles (au moins, il ne risque pas d'être dérangé) et meloune dans ses trois poils mentonesques contre son rondudju de screugneugneu de #[`@+... de patron.
Comme il ne prend pas beaucoup de précautions pour éviter d'ameuter tous les chats de gouttière du quartier, DG le repère vite au son. Après que Lepo ait raconté comment il a failli y passer sous ses fringues, ce à quoi DG lui répond même que ça lui aurait fait une mort dans les honneurs de la haute (une belle jambe là aussi tiens !), son patron se met à lui raconter ses aventures galantes, non s'en avoir récupéré ses frusques et redonné les siennes au valet.
Il s'est levé une minette se baladant dans la rue, pas trop mal fichue, pas une sirène (mi femme-mi thon) une vrai nana avec ce qu'il faut... là où il faut et a commencé à l'entretenir de l'âge du capitaine et du fait qu'elle habite ou non chez ses vieux pour voir la fille lui répondre comme si elle le connaissait... mais en tant que Leporello (entre nous, l'ensérénadée de la scène précédente, ça été une affaire vite expédiée !)
Elle commence à lui faire des mamours, l'appelant son "p'tit Lepo d'amour" et lui faisant des gouzis et c'est là que DG à tilté ! C'était la copine de son serviteur ! Evidemment, il en profite et pousse le bouchon un peu loin, comme Maurice, ce qui déclenche les hululements de la fille quand elle s'aperçoit qu'elle s'est gourée de type. Seule solution d'urgence... sauter le premier mur assez bas pour pas s'esquinter à l'atterrissage, et c'était celui du cimetière (tout s'explique ! Enfin pour la présence de DG, mais celle de Lepo est toujours un peu floue je trouve)

On en peut pas dire que son bras droit apprécie outre mesure le fait qu'il ait tâté de sa belette et le fait remarquer en disant que ça aurait été le pompon s'il était tombé sur sa régulière (donc, Lepo est marié, grande nouvelle !). DG rétorque que ça n'en aurait été que plus marrant en se pliant en deux de rire.

Fallait pas, parce que quand on a un rire qui porte, ça peut réveiller du monde... N'importe quel monde d'ailleurs, puisqu'une voix sépulcrale lui demande de la fermer plutôt que t'empêcher l'honnête gisant de pioncer.
On peut dire que l'ambiance chute d'un coup et que les deux cocos se regardent en se demandant s'ils ne sont pas filmés pour la caméra invisible. Comme la voix provenait des alentours du mausolée du Commandeur, DG sort son cure-dent et, soupçonnant un type planqué derrière le mur, demande à Leporello de lui lire ce qu'il y a d'inscrit sur le socle... Lepo répond qu'il a oublié ses lunettes à vision nocturne et que ça va pas être possible. Une petite menace de la main armée, ça accroît d'office ses capacités visuelles et il lit :
"Un empafé de première m'a zigouillé; mais "que se lasse Etienne", même de là où je suis, j'te lui mijote une revanche pas piquée des hannetons" (en gros, il est mort assassiné, mais compte bien être vengé)

DG est d'esprit joueur décidément cette nuit, parce qu'il demande à son serviteur d'inviter la statue à grailler un morceau ensemble.
Leporello a beau lui signaler que la statue a des regards bien meurtriers pour un type en marbre, la sollicitation d'une pointe d'épée au valseur fait qu'il lance tout de même l'invitation d'une voix plus que chevrotante.
"Euh... salut l'emmarbré ! Mer... il vient de regarder de notre côté !
- Mais bien sur, et la marmotte elle met le chocolat dans le papier d'alu !
- On reprend... pouf-pouf ! Salut le rigide ! Est-ce que ça vous irait une petite bouffe entre potes ce soir avec mon patron ?.. Arrrgh ! Il vient de jouer les chiens de plage arrière !
- Bin dis-donc... j'sais pas ce que t'as bu, mais c'était du costaud !
- Nan, j'vous jure... elle vient de faire oui... avec sa caboche
- 'Tends une minute que j'essaie si ça fonctionne avec bibi... Eh ! Machin ! Donc t'es d'accord pour qu'on s'en jette un ou deux derrière la cravate ?
- Et comment !" (le oui original pourrait encore passer pour le bruit du vent entre les tombes... avec "ma" version, plus d'erreur possible hein ?)

Pendant que Lepo est en train de se liquéfier littéralement de trouille, DG, beau joueur et pas pétochard, faut lui reconnaître ça, le tire par le bras pour aller préparer vite fait un petit encas.

On change de tableau et on se retrouve dans une piaule aussi bien éclairée que le rectum d'un mineur de fond. En présence Ottavio et Anna, la veilleuse à la main. Je pense que cette scène n'apporte pas grand chose, mais c'est certainement pour laisser le temps à DG de décongeler ses poissons panés pour le repas. Il faut dire que ce pauvre Ottavio n'a vraiment pas eu le temps de souffler, pour quelqu'un qui voulait faire sa demande à sa copine, là, plus de zigoto a poursuivre dans les ruelles, plus de cavalcades à droite et à gauche, il en profite et sort la bagouze de sa poche revolver. L'autre a beau lui signaler que c'est peut-être pas le moment idéal pour ça, il persiste, la larmichette à l'oeil et elle lui dit qu'elle en pince aussi mais faut qu'elle évacue certains trucs pour pleinement profiter de l'évènement et sort laissant le type prendre son mal en patience et décider d'attendre un peu que ça se tasse avec un  "souffrons ensembles, ça serait plus festif" en conclusion (pour le meilleur et pour le pire...c'est bien l'expression consacrée non ?)

Scène 13, enfin le final ! On se retrouve chez DG, dans sa salle à manger, avec tout le personnel de maison en train de mettre la dernière main aux préparatifs de la "festa-post-mortem".
DG supervise tout ça, en balançant des ordres à la volée et en signalant qu'avec le blé qu'il a allongé pour la circonstance, faut que ça en jette !
Il commence à avoir la dalle et s'assied en demandant à Lepo ce qu'il pense du dernier tube à la mode qui est en train de passer sur la sono :"la Cosa rara" (bien descendue au palmarès depuis... faut l'avouer) L'autre n'en a pas grand chose à battre mais diplomate répond que c'est digne d'une oreille de "qualité" c'est sur ! DG commence à baffrer comme s'il sortait d'un jeûne en plein désert ce qui fait saliver le pauvre Lepo, qui n'a certainement pu que s'ouvrir une boîte de sardines à l'huile sur le coin du plan de travail de la cuisine. Il craque et pique un cuisse de poulet sur le plat et un godet en faisant tout son possible pour ne pas se faire repérer. Son patron a bien vu la manoeuvre et rigolant sous cape, après avoir demandé au type de la sono de changer de morceau, (un air qu'on trouve dans les Noces d'ailleurs) demande au serviteur de chanter ou au moins de siffler, il aime bien ça en mangeant (la musique ne lui suffit pas ?). Lepo lui répond que ça va être difficile avec la bouche pleine (enfin au début, il invoque un problème bucco-dentaire, mais ça ne tient pas longtemps la route). DG est dans ses bons jours et préfère rigoler, surtout que Lepo a pris pour excuse qu'une telle bouffe ça ferait craquer n'importe qui.

Donna Elvira déboule un peu tourneboulée (totalement chamboulée oui !) en précisant à son mec qu'il serait temps qu'il fasse quelque chose quant à sa réputation. Elle en tombe même à ses genoux.
"Gio ! Faut qu'ça change ! Pour une fois, laisse tomber mes griefs personnels, j'm'assoie dessus... il y a plus urgent ! T'as un karma de bouse et je sens que ça risque de chauffer quant à ton éternité "spirituelle" !
- Ah... c'est le nouveau jeu à ma mode... faut s'agenouiller devant la première personne qui entre ? Facile ! (et il s'agenouille à son tour)
- Te fiches pas de ma trombine !
- Mais je me fiche pas de toi ! Qu'ess'tu veux ma Momone... un p'tit câlin ?
- Nan ! Que tu changes de vie tout simplement, tu bousilles ton âme mon coco !
- C'est çaaaa ! J'en parlerai à mon cheval ! Pour le moment, j'ai un repas qui me tend les bras, si ça te dis, c'est de bon coeur !" Et il se rassoit.(en bref, parle à mon c. ma tête est malade)

Comme continuer à s'égosiller  c'est comme se soulager dans un Guarnerius avec un tel cabochard, la nana préfère mettre les voiles. On entend "chboum ! Aaaaah !" et on la voit revenir sur scène pour prendre une autre sortie (elle s'est mangé quelque chose de plein fouet... ou quelqu'un...) DG demande à Lepo d'aller voir sur quoi elle a buté. Lepo s'exécute, on entend un autre cri d'effroi (à la Coluche, c'est plus marrant) et le zigoto revient sur scène blanc comme un fromage en faisselle !
Lepo balbutie qu'il vient de voir déambuler la statue du Commandeur dans les couloirs, et marbre sur marbre, les piétinements c'est pas du Fred Astaire le rendu sonore !

Au même moment, on entend frapper à la porte. Au jugé du son, j'aimerai pas me trouver en face d'une telle  pogne en position pour me refiler une avire-mouche (tarte, giffle, gnon, si vous préférez) DG signale que ça serait bien d'aller ouvrir, mais Lepo ne peut pas trembler et marcher en même temps  et il est obligé de le faire lui même, pendant que son valet se planque sous la nappe.
A peine ouverte, le Commandeur, plutôt sa statue, fait son entrée dans le genre "créature" de Frankenstein quant à la souplesse gestuelle.
"Salut tout le monde ! J'viens pour la fête !
- J'aurai pas cru mais j'vais assurer, pas de problème ! Lepo, file rajouter un couvert !
- On est des pré-ratatinés ! - gémit Lepo en sortant de dessous sa table.
- Pas la peine - l'intercepte le Commandeur - y a rien qui me plaît au menu... on a pas le même système digestif nous autres les revenants que les vivants et tes grillades j'en ai pas grand chose à battre ! Je viens pour autre chose...
- J'ai l'tournis et j'sens plus mes quilles - chuchote un Leporello à deux doigts de virer de l'oeil.
- A part critiquer ma bouffe, t'es venu pour quoi alors ? - lui demande DG
- Comme j'suis poli, moi, je te rends la politesse en t'invitant à croquer un bout chez moi
- Euh... s'cusez... il aura un peu de retard, commencez sans lui - susure un Lepo toujours limite de paumer un os tellement il tremblote.
- J'suis p't'êt' tout ce qu'on veut, mais foie-jaune, jamais ! C'est d'accord !
- Tope là !"

Au moment ou DG va pour serrer la paluche au Commandeur, pour confirmer le rendez-vous, il se passe un truc bizarre. Il se pèle de froid d'un coup alors que la statue continue à lui tenir la mimine en lui demandant de se repentir. DG l'envoie sur les roses en beauté et voyant qu'il n'y a rien à tirer de cette tête de lard, la statue préfère disparaître et le laisser se dépatouiller tout seul (c'est pas vraiment Lepo qui va l'aider, roulé en position foetale en attendant de se réveiller de ce cauchemar)
Des voix d'outre-tombe s'élèvent (le choeur des damnés) invitant DG à se joindre à leur groupe pendant que le type se tord dans tous les sens au sol alors que celui-ci s'ouvre pour montrer un abîme bien rougeoyant. Avec un dernier Ahhhhhhhh interminable (on attend le "schtonk" final pour annoncer l'impacte, mais niet, c'est insondable l'abîme luciférien !).

Tout les protagonistes de l'opéra (DG non compris, vu qu'il commence à rôtir autour de la broche satanique) se retrouvent sur scène, histoire de tenter enfin de tataner du séducteur. Petit problème... faudra qu'ils trouvent autre chose pour se passer les nerfs, comme leur signale Leporello, le type étant aux abonnés absents définitivement. Il leur narre dans un style plus que télégraphique les derniers instants de son patron et tout le monde conclut que ça lui pendait au pif, on a que ce qu'on mérite.
Le sale type étant refroidi (enfin...p't'êt' pas non...) ils peuvent tous faire des projets d'avenir, Ottavio concluant avec Anna, Zerlina et Masetto allant continuer leur noce chez eux, maintenant que c'est plus calme et Leporello épluchant déjà les petites annonces pour trouver un employeur plus fiable.

Fin de l'opéra !


Moralité, quand on coure la gueuse, vaut mieux le faire un combinaison ignifugée, ça peut aider si on croise des statues vivantes dans la rue, vous allez regarder d'un oeil neuf les mimes des rues, je le sens !
Par contre, mine de rien, Lepo est plus malin, (et peut-être moins collectionneur que son employeur), il a tout de même une maitresse en plus de sa rombière, mais il est discret lui, donc, petite question, la damnation compte à partir de combien de maîtresses "avouées" devant tout le monde ?

Bonne journée et portez vous bien !

La dragonne
par Sieglind publié dans : Mozart
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Impulsions, coups de coeur et de gueule, idées diverses au fil des notes et journées. Vous trouverez dans ce blog ma vision de l'opéra et de bien d'autres choses. Et aussi ma passion : les dragons.




Comme ma trombine évolue au fil de ce "rondudju" de temps, une petite mise à jour du portrait du bestiau, j'ai encore changé de "look" comme on dit... et le cliché du trombinoscope n'est plus vraiment d'actualité (avis, première et dernière fois que vous avez droit à ma goule, moi et les photos, ça fait quarante-douze)

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