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Mercredi 22 novembre 2006
Bonjour!

Et bien ça n'arrive qu'à moi! Vous savez que dragon a pour mission, avant de partir bosser, de me secouer un pied pour me réveiller (véridique, j'avais raconté mes réveils en fanfare, c''est encore la partie la moins dangereuse à solliciter quant à cette manoeuvre hautement périlleuse pour la santé du myocarde du "réveilleur")
Je vous rassure, ça n'a pas changé, secouage à deux reprise de la gambette et la dragonne se dresse comme un diable sur son postérieur, saute dans ce qui lui tombe sous la main (on est plus à la saison du naturisme là, et un peau ansérine au réveil, en plus des tifs à la "essai à Mururoa", ça serait cumuler!), descend au radar l'escalier de bois, se fait chauffer son p'tit déj., etc... (je vous épargne le rituel, c'est trop palpitant, vos nerfs ne vont pas tenir)

En effleurant le regard les lieux (quand on émerge, on effleure du regard chez moi, fixer c'est la phase deux... même trois du réveil) je m'aperçois que c'est tout de même bizarre... pas une tassounette dans l'évier, pas une miette sur la table, et surtout... un départ au boulot à la Spok, étant donné que la porte est encore verrouillée et les clés à l'intérieur.
Lever de nez sur la pendule... cinq heures vingt du matin! Pour quinze minutes à peine de trajet, ça fait un peu beaucoup, même s'il a décidé de le faire sur les genoux, style semaine sainte espagnole! Et surtout ça n'explique pas les fameuses clés magiques! Je remonte, le doute installé dans ma citrouille très peu descartienne pourtant et... contemple mon dragon, béatement endormi dans le lit conjugale, sa partie de couchage sans un faux pli et la mienne comme si quelque chose avait explosé à l'intérieur, envoyant gicler la couette et bouller l'oreiller par terre (je vous l'ai dit, festive la levée du corps!).

Alors là, ça devient grâve docteur! J'ai "rêvé" qu'il me secouait pour me réveiller, ou alors c'est un esprit farceur qui a décidé de me faire tourner en bourrique dès potron-minet (s'il veut que je lui fasse tourner le guéridon dans sa face, il n'a qu'à continuer, on va rire tiens!)

Allez, étant donné que je suis tombée du lit, et après avoir "vagué" (oui, à cette heure-là, on ne peut pas vaquer, je regrette) à mes occupations "ménagèresquement" habituelles, autant commencer tout de suite la narration d'un opéra. Et ça grâce au Fantome, involontairement d'ailleurs, une petit image ayant suffit à faire "chtonk" dans mon cerveau court-bouillonné. Celle du fils de Nabopolassar et père de  Amêl-Marduk (Evil-Merodach), Nabuchodonosor. Pour les noms à coucher dehors avec un billet de logement, si je ne les mettais pas, c'est pas demain la veille que j'aurai plus placer ça dans une conversation entre le passage de la salière et le refilage de la carafe, j'en profite!

Pour une fois, étant donné la longueur de l'introduction (euh... quelle introduction?...) je vais juste vous donner des petits détails sur cet opéra. Par exemple que vous connaissez tous la reprise du fameux thème des esclaves par Waldo de Los Rios ou Nini Miskirou "Va pensiero... sul alli etc...", (repris également par la belette qui se l'est pétée grâve en déchirant le photo du pape en presque direct-live, S. O'Connors, accoquinée pour la circonstance à un certain Zucchero)

Il faut dire qu'à part ça, ce qu'on retient en principe du coco, c'est ses fameux jardins suspendus, dont parle justement le Fantôme alias Francky, spécialement conçus pour éviter à sa musaraigne de déprimer sérieusement loin de son pays natal un peu plus verdoyant que ce royal "tas-de-rondudju-d'cailloux-de-patelin-d'bouse-babylo-pequenotien" (ça, c'était quand elle était "vénère" plus que déprimée).
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A savoir, cependant qu'il existe un autre Nabuchodonosor, ballet en cinq parties d'Antonio Cortese,datant de 1838, antérieur à la version verdienne (mais ça n'a pas fait courir les foules depuis cette "oeuvre" d'un directeur d'opéra milanais).

Une fois n'est pas coutume, pour la version babylonienne de Verdi,je vous donne le librettiste et ses sources, parce que je trouve ça rigolo (surtout les sources, on les croise dans la rue, avec un nom pareil, on les oublie plus vite qu'un poisson rouge) Livret donc de Temistocle Solera (ses parents revenaient d'un voyage en Grèce, surement) sur un drame bourgeois et surement alambiqué d'Anicet-Bourgeois et Francis Cornue (bourgeois, cornue, alambic... ça va vous suivez?)

La création s'est faite à "l'échelle" de Milan (la Scala, c'est pas un monte-charge, si je ne m'abuse-comme-le-docteur non?) en 1842. Ce qui est à noter, c'est qu'aux représentations dans les autres patelins, le nom de l'opéra n'était pas le même (comme les titres de certains films, qui n'ont plus rien à voir avec l'original des fois) Nino pour les londoniens, Anato pour les new-yorkais (peuvent pas suivre la mesure ceux-là, faut toujours qu'ils mettent leur english-touch!)

Ici, on fait dans "l'édifiant", dans le biblique, encore une histoire de baston entre babylonien et hébreux, ça va y
aller côté esclavage, temple profané, grand prêtre qui a ses nerfs, amours plus que contrariées et tout le toutim.

Donc, à plus pour le début de cet opéra... et bonne journée

La dragonne qui file à sa cafetière
par Sieglind publié dans : Verdi
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Mercredi 18 octobre 2006
Bonjour!

Il faut bien qu'on y retourne à cet opéra cypriote (enfin, de cadre) si vous voulez après respirer un peu (et moi aussi par la même occasion) avec des choses à lire sans une suite obligatoire ('tention, sans suite, ça ne veut pas dire "sans queue ni tête"... quoique chez moi, pas évident à prouver). Allons-y Alonso pour la fin de:



OTELLO - ACTE IV - Où "on règle ça sur l'oreiller" (plutôt avec d'ailleurs)

Le lieu: la piaule de Desdémone, meublée donc de ce qu'on  est supposé trouver dans une chambre: frigo, télé, PSP... meunoooon, c'était pour voir si vous suiviez! Un lit donc (ouah! un pieu dans une chambre, c't'innovant ça), un prie-Dieu (déjà moins courant qu'un pot-d'chambre tout de même), une table, un miroir et des sièges.
Enfin, mine de rien, à part le lit, ça tient plus du salon où l'on cause que de la chambre habituelle je trouve. Au-dessus du prie-Dieu une lampe suspendue devant un poster et pas celui de Marie-Marie (bin oui, étant donné que Myriam c'est Marie en Hébreu, on double le speudo non, pour la chanteuse?) mais de la fille de Joachim-prend-pour-qui et de Anne-a-plus-toute sa tête... Moui... z'avez l'air réveillé, ça fait peur! La môman de Jean-Claude quoi! Sur la table, une loupiote, vu qu'il fait nuit.

Les personnages: Emilia, la femme de Iago l"Iznogoudé", Desdémone (vu que c'est sa carrée, vaut mieux), Otello-le-Schizo, à la fin, Cassio ainsi que l'ambassadeur (au fait, il se "p'titnomme" Lodovico) et Iago (là aussi, sans le méchant, ça le fait moins je trouve). Et pour une des rares fois dans les opéras de Verdi, ça reste dans l'intimité, pas de choeurs pour couiner à la fin (on lave son linge sale en famille, dans la bonne tradition). Montano, le prédecesseur au poste du maure à Chypre, mais juste à la fin des fins.

A la scène un, Emilia et Desdémone papotent en attendant que le Sandman (Homme-sable) viennent les énucléer*:
"S'est calmé ton Lolo?
- M'a bien dit de piquer un somme et de l'attendre il avait un truc à me dire, mais j'sens l'entourloupe... au "cas-où", j't'ai déballé de la naphtaline ma robe de chez Pronuptia, t'auras qu'à m'enterrer dedans (prend un chausse-pied, j'ai bien défait les plis d'aisance, mais je me suis un peu "installée" dans la vie conjugale côté tour de taille)
- T'es con ou tu t'entraînes pour déballer ce tas d'âneries! (vous remarquerez qu'elle n'a en aucun cas fait allusion à sa blondeur, diplomate la suivante!)
- J'ai le blues, pas de ma faute! Ma môman avait une boniche pas trop tarte, Barbara, qui s'est fait lourdée par son mec et qui chantait à tout bout de champ... (j'vous vois venir, mais c'était pas "L'aigle noir")... "la chanson du saule"** C'est pas si c'est l'ambiance générale, mais ça me revient cet air ; tiens, pendant que tu m'étrilles le cuir chevelu, j'vais te la chanter" (tout est bon à l'opéra... vous imaginez si elle était sur le trône elle lui proposerait peut-être la même chose pendant que la copine lui tiendrait le PQ)

Je vous épargne les paroles, ça cause de... saule (là aussi, vaut mieux, vu le titre, avec une autre essence d'arbre, on pigerait moins), de guirlande sur la lande...(ça rime mais pas de ma faute),et de noces un tantinet compromises. Et comme quoi je ne suis pas la seule à faire des digressions inopportunes et superfétatoires (on est prié de noter que je fais des effort pour bien causer là!) Desdémone coupe les couplets par des "mais grouille-toi, il va se pointer!" " des "Range ma bagouze, j'ai les doigts qui enflent" des "t'as pas entendu comme une gouallante à la porte?" et surtout un "j'ai les yeux qui piquent, ça sent sa crise de larmes" (j'ai bien ça, en fin de journée, mais c'est plutôt rapport à la lecture ou à un excès de jeu vidéo... ou à un pelage d'oignons (pas de valseur, qu'il n'y ait pas de malentendu hein?) pré-culinaire. M'enfin quand on s'appelle Desdémone déjà, c'est une preuve qu'on tourne pas comme la norme)..

Elle finit en disant Adieu (décidemment, elle n'est pas optimiste la blonde) tout en faisant la bise à Emilia qui la laisse attendre son copain. Momone se précipite sur son prie-Dieu, pour entamer le fameux Avé Maria (j'aime bien aussi), agrémenté de paroles que les pingouines avaient certainement zappé "à l'époque" quand j'ai appris le cathéchisme (obligatoire évidemment) chez elles. Des mots en plus, du style "opprimé", "opresseur puissant", "outrage", "orage"... jamais su cette version!
Le Amen à peine bafouillé, elle file au lit ou elle s'endort comme une bûche (à mon avis, elle s'est saoulée elle-même avec sa berceuse, parce que n'allez pas ma dire qu'une nana qui craint pour ses miches s'endort comme un Omer Simpson à peine étendue... à moins d'être narcotelptique!)

Otello paraît à la scène trois, entrant par une porte secrète (peut évidemment pas faire les choses naturellement c'ui-là!). Il pose son cimeterre sur la table (une AK-47, ça le fait déjà moins du côté mauresque faut dire) et fait le tour du proprio, éteignant les lumières que c'te buse de Momone a encore oublié de moucher (au prix où est la chandelle!)
Il s'approche du lit, écarte les rideaux (bin oui, j'avais oublié de dire, mais étant donné que c'est un lit d'époque, les rideaux sont obligatoires pour créer l'ambiance "baldaquesque") et commence à bécoter sa gazelle pour la réveiller (s'est gourré d'histoire, il confond avec Aurore la narcoleptique centenaire)

Et là, grandiose! La fille se lève d'un bloc en demandant si c'est lui!
Franchement vous croyez pas que comme gourdasse elle se pose là la minette? Parce que demander à son copain si c'est lui qui vient de lui lécher la pomme ça revient presque à soupirer un "Oh, encore "Machin"!" dans un rêve érotico-gaillard à côté d'un zig qui s'appelle Bidule... Faut pas être fini côté jujotte tout de même!
"Ouai! C'est mezigue! T'as dit tes prières (texto, là aussi)
- Sans doute.. (texto aussi! La buse s'en souvient même plus, elle cumule là!)
- J'espère que t'as rien oublié parce que ça ferait désordre si tu partais sans toutes tes affaires réglées...
- Mais encore... (je renonce! Elle mérite presque ce qui va lui tomber sur le râble, celle-là!)
- J'veux bien te zigouiller, mais ton "âme" éternelle, c'est pas à moi d'y toucher! (en gros, j'te trucide, mais j'veux tout de même que t'ailles au paradis... complexe le maure tout de même!)
- Pitié, pitié, pitié!!! (elle le dit sur plusieurs tirades, mais je condense) j'suis juste coupable d'aimer!
- Sauf que c'est pas le bon que t'as choisi à la loterie!
- T'es pipé? T'as un vice de forme?
- Pas moi, potiche! Cassio! La preuve, tu lui file "mon" tire-jus!
- N'importe naouak!
- Dis pas ça à un cheval de bois, il te donne un coup de pied! (en gros, formule "familiale" pour dire qu'elle ment comme elle respire)
- Mais je jure...
- Jure pas n'importe quoi sur ton lit de mort la blondasse!
- Appelle Cassio, il va tout expliquer, y a maldonne!
- Tu veux faire parler les guéridons?
- Me dis pas qu'il est trucidé lui aussi! J'suis fichue - dit-elle en pleurant (ses yeux lui piquaient trop, certainement, c'est la loutre d'eau qui fait déborder la vase)
- Ah! En plus tu pleures pour lui! Fallait pas!"

Et là, même après les supplications de la minette demandant une rallonge de temps, il lui fait bouffer la garniture de son oreiller (j'aime bien l'image d'un otello éventrant le coussin pour lui ficher les plumes dans la goule moi). Elle a plus vite fait de mourir que de tenter d'expliquer quoi que ce soit avec du duvet au fond du gosier (ça gêne pour l'articulation et pour un grand air, je ne vous explique même pas!)

"Une bonne chose de faite! On s'entend mieux! (enfin c'est plutôt "calme comme la tombe" dans la VO)
- Ouvrez c'te porte nom de Zeus! - hulule une Emila survoltée en tambourinant sur le décors représentant la porte, qui tremble sous les coups (ça serait même bien qu'il tombe dans un grand "plaf" à ce moment)
- Quoi "encore"!!! (on sent un soupçon d'agacement chez Lolo)
- C'est abomiffreux!
- T'as enfin une glace à ton armoire? ça t'a fait un choc?
- Rodrigue... - (le noble amoureux de Desdémone au début, si vous vous souvenez) -
- Il joue au pouilleux et a trop de coeur? (laissez... un vieux reste du Cid ça)
- Et bien il vient de se faire épingler au mur par Cassio!
- Et le mauvais joueur?
- Pas une estafilade!
- Le monde est trop injuste!" - (ça, c'est la blonde qui met du temps à... étouffer) -

Emilia se précipite vers les râles pour trouver sa patronne crachant ses plumes.
" Qui a fait c'te bourde monumentale?
- Cherches pas, c'est moi! Elle avait un galant, Cassio, j'ai eu du mal à digérer ça! Demande à ton mec!
- A Iago? Mais t'es vraiment une triple andouille! Plus menteur, je vois qu'un vendeur d'aspi. et encore!
- Fais gaffe, où j't'en retourne une!
- Même pas peur! Et puis j'ai du coffre!"

Aussitôt dit, aussitôt fait, la nana couine comme un goret qu'on égorge pour rameuter tout le palais, en criant au meurtre et que le coupable c'est le colonnel maure dans la chambre jaune (cherchez pas, c'est le matin, je délire un peu)

La scène quatre commence sur l'arrivée dans le désordre de Cassio, Lodovico l'ambassadeur et Iago, c'est à dire en tas, les trois zozos ayant voulu passer par la porte en même temps, le décors n'a pas fait le poids.
" C'est quoi ce bor...boxon? - demandent-ils en se relevant tant bien que mal
- Iago!! Au pied! (ça c'est Emilia, les nerfs ça la booste la minette!) C'est toi qui avais baptisé la copine d'Otello "Momone-cuisse-légère"?
- Binnnn... j'le croyais...
- La preuve, le mouchoir "bisounours" donné à Cassio! - lance Otello
- Mais vous êtes nés comme ça, où c'est un accident de poussette?! Pas possible d'être aussi c... Le mouchoir, c'est un coup de Iago!
- Tu vas la fermer sinon j't'emplafonne! - On peut dire que ça sent le roussi pour l'Iznogoud local.
- Il me l'a arraché des mains que j'en ai même pété un faux ongle!
- Ah... c'est pour ça que je l'ai retrouvé chez moi! - (bien Cassio! Il faut juste attendre que l'info monte au cerveau)"

Montano entre en trombe (par le mur, étant donné que la porte est à bas) et balance que Rodrigue, avant d'avaler son bulletin de naissance, a tout de même réussi à déballer le coup pourri organisé par Iago.
Otello se tourne vers l'interessé en lui demandant un chouillas d'information, invitation que décline prestement Iago en voulant se faire la malle. Montano, assisté de ses hommes part à sa poursuite alors qu'on entend des "chponk", "blam", "balanggg" "patatra" "eeeet meeerde...!" divers, au fur et à mesure que les trucs stockés en coulisses voltigent sur le passage du fuyard.
Cassio et Lodovico arrêtent Otello et surtout lui arrachent son cure-dent des mains, il pourrait blesser quelqu'un avec ses moulinets désordonnés.
C'est mal connaître le coco! Il sort un opinel planqué dans la poche de son jean et après une tirade style "Les carottes sont cuites, l'oie aussi d'ailleurs, j'ai floppé sur le coup, adieu monde cruel etc..." il s'auto-épingle au mur, apportant sa contribution personnelle à la décoration (il n'a jamais fait confiance au metteur en espace de la production, m'est avis).

Il meurt en demandant un poutou à sa copine (c'est le délire, faut pas lui en vouloir) et le rideau tombe sur un sacré bor...bazar à ranger pour les accessoiristes et les femmes de ménage du théâtre.

Pour ceux qui se demanderaient ce que devient Iago, m'est avis qu'il ne risque pas de faire de vieux os lui non plus... ils avaient une justice plus qu'expéditive à l'époque.
Je le vois bien condamné à bouffer un stock de kleenex jusqu'à ce que mort s'en suive (c'est ma version de l'Exode 21-23... vous savez le fameux "oeil pour oeil.." etc)

Allez, respirez (un peu mieux que Momone) c'est fini pour Otello. On fera une pause (vous dire sa durée... j'ai pas mon tarot à proximité et il y a pas le feu aux flaques) et en attendant... bonne journée à tous.

La dragonne

* p'tite précision, ma mémé paternelle et teutonne à ses heures connaissait l'histoire, la vraie et plus flippante que notre "enflûté" sur son nuage avec son grizzli qui remplit pas le costard... Me dites pas que vous ne connaissez pas "Bonne nuit les petits"... honte sur votre chef!
Le "Sandman est un vieux type, tellement vieux qu'il ne tient plus debout que par l'opération du Saint Esprit, qui vient ficher du sable magique dans les mirettes des gamins qui se font tirer l'oreille pour s'endormir et ce pour leur piquer celles-ci (cool!!Vous m'étonnez que j'aime le fantastique et le gore... j'suis tombée dedans quand j'étais ch'tiote!)

** (là, air connu et pas mal du tout, rien à voir avec la version que Rossini en a faite dans son Otello ou le Maure de Venise, comme quoi, à chacun son style hein? Mais j'aime bien la version Marylin Horne que j'ai par contre)
par Sieglind publié dans : Verdi
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Vendredi 13 octobre 2006
Bonjour!

Comme j'ai un peu de courage ce matin, j'en profite pour balancer une petite suite à l'opéra, parce que je me connais, la fin de semaine approchant, ça va me passer à la vitesse grand V ça (surtout qu'on a décidé de sortir ce soir... au regard de certains articles à ce sujet, les lendemains "festifs" chez moi sont très peu productifs, et encore j'suis modeste!) Allez, on y retourne!



OTELLO - Acte III -

Le lieu: toujours Chypre ; d'accord les personnages sont un peu déglingués mais pas au point de ne plus savoir où ils habitent et même si le héros "déménage", ça n'engage que ses neurones. Après le pavillon vitré, on passe au salon version prout-prout, c'est à dire une salle immense, pleine de colonnes avec un balcon au fond, le genre de lieu aux proportions "intimes" qui obligent à goualler comme un veau pour demander qu'on te passe le sel, et encore avec l'écho, t'en es au Flamby que le chlorure t'arrive enfin

Les personnages: un hérault (tiens, comme celui de Lohengrin, il est partout ce mec!), Otello, Iago, Desdémone ça, jusqu'à la scène cinq où Cassio arrive avec sa goule enfarinée (il y a neuf scène à cet acte... on verra selon la longueur si je balance tout) pour le reste de l'acte on aura certainement un ambassadeur vénitien,Emilia, la femme de Iago, le peuple cypriote, gardes et soldatesque courante pour faire bonne mesure.

Au lever de rideau, le hérault entre en hulullant:
" Patron, le you-you de l'ambassadeur de Venise est en approche des côtes.
- mon c. qui se débouche! (faut dire qu'Otello est en grande conversation avec Iago, ça perturbe!) Allez continue mec!
- Je me pointe avec Cassio, j'essaie de lui tirer les vers du nez, pendant c'temps là, vous matez ses réactions et on sera fixé, par contre v'là votre musaraigne alors faites semblant de rien... mais n'oubliez pas le tire-jus!
- ça fait quarante douze fois que tu me le serines, ça risque pas!"

Desdémone entre:
"Salut Lolo ça fart?
- Mouai... si on veut...
- J'voudrais pas avoir l'air d'insister (et pourtant qu'est-ce qu'elle fait la blonde?) mais faut vraiment que je te cause de Cassio.
- J'ai encore un de ces mal de tronche! T'as pas ton mouchoir?
- Tiens mais faut pas que ça devienne une habitude (surtout qu'en principe les Otello, à part de rares exceptions sont joués par des blancs maquillés, vous imaginez le mouchoir après le tamponnage de margoulette? Et surtout les grandes taches "propres" sur la trogne des chanteurs, façon camouflage à la Rambo)
- Mais ça, c'est celui des télétubies, ça ne marche qu'avec les bisounours le truc magique... où tu l'as mis?
- Alors là...
- Gaffe, ça craint! C'est quasiment un grigri ce fazzoletto (mouchoir en VO)Tu le perds ou le donnes, pire que les sept ans de malheur avec une glace pétée ça!*
- Sans déc.?
- T'as l'air de flipper ta race... tu l'as paumé...
- Euh... non! (convaincante, y a pas à dire!)
- File le chercher alors.
- Y'a pas le feu au lac! Tout ça, c'est juste pour éviter d'aborder le cas de l'ex-capitaine."

Qu'est-ce qu'elle n'a pas dit! Le Maure commence à tourner en boucle en baragouinant "mouchoir" à chacun des mots de sa copine (style le fameux "calgon" des Nuls à une époque, pour les initiés) et finit en la secouant pour lui décoller la pulpe du fond:
"qui t'es toi madame?" (ça devient grave là!)
- Bin ta meuf!
- T'as un papier qui le prouve, tu peux le cracher-jurer? Tu serais pas une "Marie-couche-toi là alors"?"

L'autre commence à s'inquiéter sérieusement, surtout qu'il lui demande si elle est "chaste" (otez-moi d'un doute... ils sont "mari et femme"... alors de ce côté, vaudrait mieux qu'elle ne le soit pas non? Ou alors z'ont de drôles de moeurs à Chypre). Et vu que ça devient tellement électrique qu'il y a risque de cours-jus, Otello préfère raccompagner la minette à la porte, il est à deux doigts de craquer, c'est pas bon pour son image de héros bafoué et vengeresque et puis il a un Cassio sur le feu...
Iago lui signale qu'il approche d'ailleurs et qu'il ferait bien d'aller se planquer, c'est à son tour de jouer au "ni oui ni non" avec le type. Otello se camoufle au fond, à l'entrée du balcon, pendant que Iago part à l'opposé accueillir un Cassio plus que réticent à entrer (étant donné qu'il ne sait pas comment a marché l'intervention desdémonienne... tous les doutes sont permis quant à la chaleur de l'accueil qu'on lui réserve)
"Amène ta fraise beau galonné!
- Ex! L'oublie pas!
- Pfff! C'est quasiment réglé cette histoire! Avec Desdémone dans la manche...
- Bin justement je pensais bien la trouver là... - (Otello tique, évidemment) -
- Et si on causait oie blanche! (le p'tit nom de l'ex de Cassio, bin oui, il avait une copine avant tout ce méli-mélo, c'est Bianca, d'où l'association évidente)
- Me fais pas marrer! Tu retardes d'une rame mon pov'vieux, ça fait belle lurette que c'est finit!
- Mais t'as d'autres "visées" non?
- T'es un malin toi... bien sur que j'ai un numéro de libre sur mon répondeur! - (malin le Iago, il s'arrange pour qu'Otello y lise mentalement celui du portable de sa copine en restant dans le flou artistique, un jaloux, ça met vite des noms sur des portraits anonymes) - petit problème, elle la joue mystérieuse la donzelle..."

Là, les deux faux copains s'éloignent d'Otello en chuchotant et celui-ci à beau tendre le cou en se rapprochant, style le loup des dessins animés qui se planque derrière les poteaux filiformes (et ça fonctionne dans les cartoons, il disparait vraiment, essayez d'en faire autant, y a toujours un bout de bide ou de pif qui dépasse, mais là, rien!) pas évident de tout piger. Il chope des bribes de la conversation où cassio explique à Iago qu'une nana a laissé un cadeau chez lui, un mouchoir, qu'il exhibe même avec une certaine fierté sous le pif de celui-ci:
"T'as vu? C'est tout de même vachement intime comme cadeau non?
-Gaffe mec! Tu te laisses embobiner par un mouchoir qu'est-ce que ça serait si c'était une petite culotte!"
Otello est en train d'attaquer les colonnes à coups de poings et de tatanes pour se calmer (il l'a sa preuve, même si c'est une fausse pièce à conviction!) pendant que Iago jubile intérieurement tout en faisant semblant de dire à l'ex-capitaine de rester prudent et même sceptique s'il ne veut pas finir dans la fosse du même nom (même si ça s'écrit pas pareil hé, hé).

Le jeu se calme (enfin du côté des deux compères, parce que pour Otello, à part lui enlever les piles, je vois pas comment faire) et Iago signale que le canon vient de... canonner pour annoncer l'arrivée de l'ambassadeur. Cassio se tire et Otello surgit comme un diable hors de son cube pour se précipiter vers Iago:
" C'est dit: J'lui fais sa fête à c'te "mijotée" ce soir! (mijotée, c'est ce que je disais gamine, j'avais du mal avec mijaurée, là encore pas de ma faute!)
- là, z'êtes témoin, il a rigolé et m'a agité le kleenex sous le nez!
- J'suis pas Juan (Miro, je sais, moyen là aussi le jeu de mot). Faut juste que je me dégote vite fait une tisane de onze heure!
- Du poison? Trop classique! Je la vois mieux bouffer son oreiller moi, étant donné que c'est tout de même dans son plumard que ça s'est fait c'te tour de cochon!
- Pas mal!... T'es un créatif toi!
- Je m'occupe de Cassio!
- D'office j'te fais lieutenant!
- Allez présenter les p'tits fours à l'ambassadeur, je préviens votre belette qu'elle nous rejoigne, faut que rien ne transpire hein?"
Iago sort et Otello se refait une beauté pour accueillir l'envoyé du Conseil.

Ici, scène de liesse, propice aux choeurs verdiens. Tout ce beau monde se congratule en se tapant dans le dos. Et l'ambassadeur, à mille lieues de savoir ce qui se trame en coulisse, salue Desdémone revenue sur scène. L'intéressée reste polie, mais on voit bien qu'un truc la chiffonne (comme le mouchoir) et Emilia, la meuf de Iago, lui demande si il n'aurait pas un truc au dîner qui ne serait pas passé. Elle lui répond juste que son mec n'a pas l'air de tourner très rond, et que ça ne présage rien de bon pour sa santé à elle.. mais quoi? Elle n'en sait fichtre rien (entre parenthèse, avec toutes les questions bien orientées de son mec, j'irai tout de même pas chercher du côté d'une chemise mal repassée, m'enfin... elle est blonde!)

L'ambassadeur demande où se planque le capitaine Cassio et Iago lui déballe que son chef est un peu en froid avec lui, Desdémone, qui se mêle à la conversation, ajoute que ça devrait se régler rapidement c't'embrouille, ce à quoi Otello, mine de rien, lui demande ce qu'elle peut bien en savoir, tout en feignant de lire (à l'envers) Fripounet. Comme elle insiste (lourdement?) en disant qu'elle l'a à la bonne Cassio, le Maure claque l'illustré en lui demandant de fermer son claque-museau si elle ne veut pas qu'il lui en retourne une (joignant le geste  à la parole)
L'ambassadeur a juste le temps d'arrêter le geste (dans "ma" mise en scène, c'est lui qui reçoit le bourre-pif, comme dans les films "tartes-à-la-crème") et Otello couine qu'il veut voir Cassio tout de suite là, au pied! Les nobles se demandent bien ce qui leur prend à tous, mais Iago joue les Bernardo manchot, c'est pas lui qui mouftera quoi que ce soit à ce sujet!

Cassio entre enfin Et là, coup de théâtre! Otello annonce:
"Les potes, j'ai reçu un fax de Venise, affaire urgente à régler, donc, je laisse les clés à Cassio qu'il fasse tourner la boutique pendant mon absence!
- Bin euh... merci chef (il pige plus, nous non plus, à part le fait que ça sente un plan style "je-fais-semblant-de-sortir-mais...")
- Et momone, t'as la larme facile, t'es douée, tu devrais d'inscrire dans une troupe théâtrale, on y croirait presque! Manque un truc... tu devrais t'affaler par terre et chouiner!"
Il chope la fille et la fiche par terre sans ménagement. Tout le monde reste sur le valseur (enfin virtuellement, il n'y a que la blonde qui soit cul par dessus tête). On la relève tant bien que mal,on s'indigne, on commente, comme il se doit, pour dégager la place assez vite, ça sent l'ozone, vaut mieux aller cloper dehors.
Ne restent qu'Otello et Iago (sur fond sonore cypriote au dehors) Otello nous a ses bouffées et tombe carrément dans les pommes d'énervement alors que Iago jubile en lançant que "le lion est à terre" (il se croit dans un safari kénian ou quoi?)

Fin de l'acte!

Je sais, c'est long, mais je n'ai pas vu où couper encore une fois. Donc, vous aurez bien le week-end (ou plus) pour vous en remettre. Et moi également d'ailleurs, parce qu'il faut vous dire qu'en dehors de l'article... une sortie "moulin-à-ventesque" ... vous me connaissez, ça risque d'avoir une influence certaine sur mes moyens physiques et neuronales! Alors bonne lecture (faites-en des p'tites tranches... ça passera mieux) et surtout bon week-end à tous.

La dragonne

* Tiens... au fait, les fameuses sept années de malheur pour un miroir brisé, il paraîtrait que c'est le temps qu'il fallait à un pékin à l'époque pour s'en offrir un autre, vu le prix qu'il fallait allonger. Pas des bourdes, vérifiez si vous ne me croyez pas!
par Sieglind publié dans : Verdi
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Impulsions, coups de coeur et de gueule, idées diverses au fil des notes et journées. Vous trouverez dans ce blog ma vision de l'opéra et de bien d'autres choses. Et aussi ma passion : les dragons.




Comme ma trombine évolue au fil de ce "rondudju" de temps, une petite mise à jour du portrait du bestiau, j'ai encore changé de "look" comme on dit... et le cliché du trombinoscope n'est plus vraiment d'actualité (avis, première et dernière fois que vous avez droit à ma goule, moi et les photos, ça fait quarante-douze)

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