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Mercredi 19 octobre 2005

Bonjour à tous !

Je viens de rajouter ce petit mot, après être passée chez ma Petite Plume préférée... allez y faire un tour, elle raconte notre rencontre de vendredi à Paris... un grand moment (à réitérer, c'est sur!)

On va pouvoir aborder la suite de notre équipée sauvageonne doucettement pour compenser cette visite assez « tonique » du Louvre. Là, aussi, je crois que je ferais une coupure après la bise à Mona, parce qu’il reste encore la course vers les taureaux du roi au nom de médicament et ça nous a pris le reste de la visite. Nous nous étions arrêtés (et vous aussi, par la force des choses) à la découverte « historique » chez les dragons de l’escalier menant au reste du département Egypte.

Arrivée, donc,  à l’escalier et montée à la salle remplie de sarcophages dans des vitrines (il paraîtrait, selon certains, que c’est un hommage aux « Cigares du Pharaon » de Hergé… s’ils le disent…..)

    
"Nono Premier"

Re-pause de frangin, pour annoncer en montrant du doigt un de ceux-ci, particulièrement large : « le tombeau de Nono premier ! » Eclats de rire, parce que Nono, c’était une copine relativement « conséquente » physiquement, bien en chair, comme on dit. D’ailleurs il m’explique qu’avec elle et des copains quand ils sont passés devant, ça a fait tout de suite « tilt » et que c’est parti en rigolade, sans se dire un mot, mais tout était dans les regards échangés… sauf l’intéressée, évidemment, qui leur lançait des oeillades ténébreuses et meurtrières. On se calme parce que dragon nous accusait de « ne pas être sensibles à l’atmosphère du lieu » (bin si, mais c’est pas de notre faute si on a une sensibilité un peu décalée) et « de ne pas goûter pleinement la solennité de l’instant » (faut dire qu’on jouait presque aux poissons tropicaux laveurs d’aquarium derrière les vitrines et ça déconcentre, je l’avoue).


Aparté sérieuse : les égyptiens et bin ils ne se contentaient pas de décorer l’extérieur du tombeau, mais l’intérieur (fond, côté et dessous du couvercle) avec des hiéroglyphes évidemment, mais aussi la représentation de la divinité de l’Ouest sensée les accompagner dans leur voyage vers l’autre vie. (en bref, il y avait du monde avec lui).

On se ballade en faisant la bise à Ramsès et ses copains déjà cités ainsi qu’à Siegmund et Sieglind… pardon, Osiris et Isis (c’est quand même des jumeaux au bout du compte…et incestueux aussi, non ? D’accord, le costar, c’est pas le même). Frangin me montre la divinité « Na-je-boude ! » et re-éclats de rires !


C’est marrant parce que, quand on aborde la salle avec la tête d’Akénaton, le décor change, et on se retrouve dans les « vraies » salles du Louvre (avec les dorures, peintures partout, même au plafond) Après le blanc de grès des salles du début, ça fait quand même drôle, surtout que le plancher craque d’un sérieux (pas besoin d’alarmes près des vitrines, on pose le peton et crouuuuuic, ça croustille ; discret le truc). En tout cas, là je sens « l’atmosphère du lieu » enfin surtout une bizarre sensation de décalage entre le contenant et le contenu, mais c’est pas désagréable, au contraire !

Re-petite aparté, ça me rappelle le palais des Doges à Venise. Quand on l’a visité, j’ai eu une drôle de sensation, comme si je tanguais dans la pièce en regardant les peintures au plafond. J’ai crû à un petit coup de barre, dû au fait qu’on avait pas mal marché avant, mais dragon m’a dit la même chose : le parquet avait de drôles de réactions et pas que sonores. On était que nous deux et heureusement que je parle italien, parce que j’ai eu le fin mot de l’histoire par un groupe qui entrait dans la salle au même moment : le palais est sur pilotis et les pilotis, enfoncés dans la vase et le sable, donc à chaque mouvement du sol brassé par l’eau, ils bougent et donc tout ce qu’ils soutiennent aussi. La trouille en pensant qu’on avait une espèce de vérin hydraulique grand siècle sous nos petons et des tonnes et des tonnes de marbres, dorures et boiseries autour de nous, prêtes à nous tomber (avec notre bol) sur le coin du museau si l’envie leur en prenait.
 
Le temps ne s’étant pas arrêté (voire l’allégorie du Hamac, dans le Hall d’entrée), ça serait peut-être bien, si on pensait à passer à la vitesse supérieure, si on veut voire notre chère Mona Lisa, avant la fermeture, étant donné qu’elle est à l’autre bout de l’aile (je vous mettrais un plan demain avec des photos plus conséquentes vous verrez !)


On spide un peu, dépliant du lieu toujours à la menotte (ne jamais perdre le nord ! Enfin géographique, parce que, vu la tête de certains autres visiteurs, le nord mental, j’ai l’impression qu’ils soupçonnent qu’on l’a paumé depuis belle lurette, bouffé certainement par la divinité avaleuse de sacs à l’entrée)…



Et on arrive au pas de charge (c’est le mot, étant donné que mon look c’était plutôt commando en exercice, ce jour là) dans une salle gigantesque avec à un mur les Noces de Cana de Véronèse (même pas la peine de penser à une reproduction chez moi pour le bestiau, une chose gigantesque, énooooorme, vertigineuse – j’vous explique pas les tubes de gouache Bourgeois qu’il a dû utiliser ! hé, hé !) et sur le mur opposé : Mona !
Je me souviens qu’elle était ailleurs, dans un coin plus sombre et sur un mur latéral, ça rendait pas trop, mais là ! On ne voit qu’elle étant donné qu’elle est sur un petit mur construit spécialement pour elle. Franchement, mon délire sur la Madame Joconde, ça reste dans la norme quand je vois la queue pour venir l’admirer et encore derrière une corde à bonne distance. Je crois bien que c’est la seule œuvre vue ce jour là, qui bénéficie de tant de soins ! Une matronne, qui sourit quand il lui tombe un œil, en costar tristoune (voire les gardiens dans le film Belphégor, c’est le même) et qui aboie dès qu’un pékin (sans mauvais jeu de mot … quoi qu’ils étaient nombreux, évidemment les asiatiques) fait mine de prendre son appareil.
C’est bizarre, mais c’est aussi le seul endroit ou on remarque une pancarte avec « interdit de prendre des photos » (enfin j’ai pas trop regardé ailleurs, mais là, on peut pas la louper c’est à côté du fameux cordon de sécurité, celui qui nous empêche d’aller lécher la pomme à Mona derrière sa vitrine (j’imagine les traces de rouges à lèvres laissés à hauteur des joues sur la vitre tiens, ça lui donnerait p’t’être des couleurs, remarquez)

Autant on a pu mitrailler ce qu’on a voulu, autant là, c’est « tu dégaine et t’es mort » Quelques exemples pour vous montrer la ruse de dragon pour choper la minette (appareil pendant autour de son cou, déclenché au pif), il y en a même une prise au zoom et du milieu de la pièce (mais elle est flou, comme quand j’ai pas mes binocles !) Bizarre, pourquoi elle ? Si ça se trouve c’est juste pour qu’on achète la carte postale officielle… ils ont un copyright dessus ou quoi?
Après s’être escrimé à prendre un cliché où on puisse quand même « deviner » le sujet du tableau, (dragon est têtu, et s’entête) on tournicote un peu, avant de se décider qu’il serait peut-être temps d’aller voire ces fameux taureaux ailés.

On quitte donc La Joconde et Véronèse pour reprendre le chemin du rez-de-chaussée, sensé contenir ces merveilles.

Nous, on s’arrête encore un peu (une pause, qu’en visite, hélas, on ne s’est pas trop autorisée, c’est que c’est grand, même quand on ne vise qu’un département !) et on se retrouve plus tard (j’ai intérêt à mettre des photos des bovins, pour justifier le fait de vous faire attendre, sinon je vais me faire écharper !)

A plus tard, donc, pour la suite et fin d’une visite au Louvre et passez une bonne journée.

La dragonne

par Sieglind publié dans : Mes gaffes
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Mardi 18 octobre 2005
 Bonjour !

 
Or donc chers lecteurs, aux yeux amplis d’étoiles, en pensant aux merveilleuses et impérissables phrases dont je vais vous combler, telle la manne céleste, voici venu le temps (celui qui chantonne l’île aux enfants… ça va aller très mal !), voici donc venu le temps…. d’arrêter ce cirque verbeux et sérieux à se mettre en apnée définitive, parce que ça me gonfle !

J’aurai essayé, vous êtes témoins, de la jouer dragonne pédante et chiante au possible, mais l’enduit ne tient pas ! Alors tant pis ! On se contentera de la version « fleurie » que vous connaissez, pour avoir une petite idée de ce que peux être une visite au Louvre.

Une qui a raté quelque chose, c’est Petite Plume (je parie ma puce, que tes petits petons, tu y aurais peu songé pendant cette balade en compagnie d’une famille de dragons, j’t’en fiche mon billet !)

Donc, après notre entrevue, (dont il faudra peut-être parler, mais là, je laisse ça à ma Petite Plume…) était prévu, le lendemain une journée louvresque à défaut d’être également Orsaynienne ou Beaubourgale, sans compter versailleuse (d’abord, je fais ce que je veux avec les mots alors, celui qui louche vers le dico, c’est peine perdue et c’est blessant même pour moi, et puis chez moi, quand on vexe une dragonne, la vengeance est un en-cas qui se boulotte plutôt brûlant, si vous voyez c’que je veux dire…), le temps nécessaire pour visiter ce monumentalesquement énormissime bâtiment nous bouffant une bonne partie de la journée, et nous interdisant de prévoir grand-chose de plus (et encore, au bout du compte même pas un département en entier !)

Après des pérégrinations des plus pittoresques dans les sous-sols métropolitains, au milieu d’une faune des plus colorée (en clair : après s’être farci le métro bien surpeuplé) on arrive aux alentours de cette « maisonnette pimpante et modeste » où l’on peut admirer la reproduction à l’échelle 200 000/1 (au moins) d’une boîte de Ferrero Rocher (qui n’a pas eu comme cadeau ce truc un jour ou l’autre ?)


On entre dans la boîte pour y descendre par un escalier roulant (ouaaaah ! c’est magique !). Petit arrêt d’abord, il faut le signaler, devant une bécane qui nous bouffe notre sac (ça doit être une offrande rituelle aux dieux locaux) et le recrache illico presto (difficile cette bestiole en plus !)

La tribu arrive dans une salle immense, avec en son centre une déco des plus originale : un hamac ! Voui ! C’est comme je vous le dis ! Un hamac comme à la plage, mais taille géante avec dedans… un squelette sans tête et des faciès grecs, sumériens, classiques d’un côté, emberlificotés dans un filet et de l’autre une grappe de crânes humains hypertrophiés… et…. Une canne gigantesque dorée (« production Charlot » selon frérot). Je vous rassure (enfin, je ne sais pas si c’est le cas) mais j’ai pigé les grandes lignes du message : un réseau de fils, un peigne à carder, une navette et des crânes… c’est le mythe des Parques ou des Nornes et l’égalité de tous ces peuples devant la faucheuse (J’ai bon ?)

On repère la mousse des arbres pour s’orienter (le plan pour plus de sûreté) et on se dirige d’un pas sur et conquérant vers l’aile Sully ; on visait le département égyptien en priorité et un petit détour vers les taureaux ailés du palais d’un certain roi Sargon II (un nom de médicament vous trouvez pas ?) et peut être, si nos pieds n’avaient pas fondu d’ici là, un petit coucou à ma chère Mona (quand même à l’autre bout !). Petit passage par le Louvre Médiéval et sous-terrain (depuis le métro... l'état de taupes à deux pattes devient notre seconde nature)


Passage devant le comité d’accueil du département (un mini-sphinx) et on grimpe la volée de marches vers le rez-de-chaussée (étant donné que la salle au hamac est à l’entresol, c’est logique).


Jolie petite statue d’Orus (un type à caboche de faucon) et on arrive dans une salle remplie de plein de trucs de la vie courante chez les profileux de l’époque (même des pains momifiés qu’ils ont retrouvés !). A connaître, évidemment, mais pas impérissable, donc on cherche le gros gibier : les sarcophages, et les Ramsès-de-m’importuner, Aménophis-de-son-pôpa et Akénaton-taine-et-tonton.

On s’est d’abord paumés (évident !) et frangin est allé voir par quelle trappe magique on accédait à l’étage supérieur de l’expo égypte (on visait le scribe de la photo qui suivra plus tard). Le type assis sur son pliant l’a regardé avec ce genre d’air qu’ont les vieilles personnes devant un môme qui sort une bêtise grosse comme lui, c'est-à-dire avec une touche de pitié et beaucoup d’attendrissement pour annoncer d’une voix clarinette (claire et nette pour les non initiés) « à gauche ou à droite, c’est comme vous le sentez ! ».

Mmmmouiiii ! Bien sur…. Mais on maîtrise pas trop le passage à travers les murs, pourtant on s’entraîne, y a qu’à voire nos bosses ! On fait un quart de tour (ça faisait bien la troisième ou quatrième fois qu’on déambulait dans la salle) pour tomber sur une allée inondée de lumière en plus, vue la fenêtre king size qui était au bout, et qui menait à l’escalier vers le premier étage. Pour la rater, il fallait être miro comme un poisson des grandes profondeurs ou regarder obstinément le plafond (dangereux ça pour les trésors exposés… et pour nos oreilles, vu les systèmes de détection autours des vitrines) et là, ça a commencé à pouffer sévèrement dans les rangs ! Mais ça ne faisait que commencer, faites-nous confiance à frérot et à moi !

Si on faisait une petite pause ? (c’est longuet je trouve, alors… on verra plus tard…) et puis je suis de l’école d’Alfred Hitchcock : j’entretien le suspens….Gniiii – gniiii – gniii (ça c’est la bande son de la scène de la douche, vous l’aviez tous reconnu, n’est-ce pas ?)

Je vous quitte un bref moment (le bref est une notion très relative chez chacun de nous, donc prenez celle qui vous arrange le mieux) et vous souhaite une bonne journée.

La dragonne

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

par Sieglind publié dans : Mes gaffes
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Mardi 11 octobre 2005

Bonjour à tous !

Hier, en rangeant par ci, par là, plutôt par là que par ci même, étant donné que le feu sacré de la passion ménagère ne m’habitait pas trop (c’est bizarre, mais elle est très nomade chez moi Miss Perle du Foyer) ; je suis tombée sur un vieux truc (mais vieux à noter au carbone 14, même si ça devient obsolète ça aussi) un vieux dépliant publicitaire d’une salle de théâtre de Bordeaux.

Au programme de la saison : pleins de trucs, versifiés ou non, en costume d’époque ou costume de ville, rigolos ou mortellement ennuyeux (enfin pour moi, à l’époque). Des pièces de théâtre donc. Entre Cinna à la recherche de son pliant, les ballades en camping-car de Mère Courage et de ses mômes (depuis Brecht j’aime), les mésaventures d’un mioche à qui on doit donner sa purge, je suis tombée sur Poquelin ou son histoire de dragueur invétéré, celui qui a la très mauvaise idée d’inviter une statue à souper (faut dire c’est pas malin, il aurait dû se douter que le mec pierreux était zarbi…surtout qu’il vient à ce dîner, mais, en signalant qu’il est du genre à se contenter des mannes célestes et non terrestres… (ma mémé disait que quelqu’un qui chipote à table est pas un bon vivant – tu m’étonne, dans son cas !)

Et bien ça, ça a fait « ch’boum » ! (comme dirait Akroyd dans SOS Fantômes) J’y suis allée avec ma classe à ce fameux Don juan. Et je crois que ça a été la peur de ma vie.

Vous connaissez tous, au moins une fois, ce genre de sorties scolaires (là, ça devait être au collège, parce que les sorties lycée, ça s’est plutôt résumé au lyrique évidemment et surtout aux ballades dans les sites de fouilles du coin, étant donné que j’étais inscrite au club d’archéologie du lycée, ma grande passion, à l’époque). Un truc qu’on aime bien, parce que ça nous fait louper des cours, mais qui nous gonfle, parce qu’on va se retrouver sous la responsabilité et la garde zélée d’une prof qu’on apprécie moyen-moyen , surtout quand, comme la notre, elle apporte son raccommodage ou son tricotage de layette pour la p’tite dernière en cours – véridique !

Elle apportait le cabas avec les aiguilles 2 ½, la laine couleur blédine prédigérée (intello, notre prof, mais un goût de chiotte côté nuancier), le canevas du cerf bramant à sa faonne dans un sous-bois fluo presque (toujours son problème de prisme), et même un jour, ses culottes (ça, c’était le pompon !). Et tout le cours, elle nous le faisait oralement, sans lever son auguste popotin une seule fois pour nous écrire un truc au tableau (tout dans la tête la madame, et persuadée qu’on était de la même eau) et le nez sur son point de chausson ou ses côtes anglaises. Ce prof, il m’a marqué, mine de rien, parce que c’est lui qui a su canaliser mon hyper activité en cours (j’étais très bonne élève, paradoxalement, mais il fallait que je fasse toujours quelque chose pour m’occuper les mains, sinon c’était les stylos ou les ongles qui morflaient) Sale manie, je sais, je crayonnais sur les tables (wouaiiii les punitions que je me suis payées !) Un jour, elle est arrivée avec une grande feuille roulée, qu’elle a posé sur mon bureau et m’a dit : « Si tu veux t’exprimer graphiquement, autant qu’on en garde une trace pour la postérité ! » En fin d’année scolaire, elle avait un super poster qu’elle a récupéré (moyen-moyen ses cours, mais elle, un femme extra !) C’est elle aussi qui me filait des pochons entiers de pelotes de laines mélangées que, tranquillement, je démêlais pendant ses cours (ça accroissait ma concentration d’autant, et j’étais capable de lui ressortir texto, son cours, sans m’arrêter de faire jouer les menottes)

Donc, après cette longue digression, revenons à nos dindons ! C’est donc accompagnés de cette prof de français (et de latin, bonjour la Guerre des Gaules !) qu’on est allé un après-midi voire ce monument qu’est Don Juan de Molière.

On s’installe, la pièce (que j’adore) se passe dans un calme relatif, quand une salle entière est réservée aux groupes scolaires. Je m’étais retrouvée en bordure d’allée, et ça m’arrangeait bien, parce que si j’avais une envie pressante (j’attendais toujours le dernier moment gamine) je me voyais mal jouer du « pardon, s’cusez, ‘tention les petons » au beau milieu du passage clé de l’œuvre. Je me souviens d’une mise en scène moyenne (entre l’avant-garde par les costumes et la gestuelle, et le classicisme pur, par la narration) Et après un bref entracte, passé dans le Hall, toujours sous la surveillance cerbérienne de notre Pénélope locale, on entre pour l’apothéose de ce drame philosophique (bin oui, c’est comme ça que je le vois : un type qui ose miser sa vie pour conserver ses convictions et ça à l’encontre de l’image d’une divinité omniprésente, c’est quelqu’un qui en a, mine de rien !). On avait évidemment étudié la chose en classe et c’était vraiment pas du « tout nouveau, tout beau » (surtout que chez moi, ça y allait les relectures sauvages de certains passages). La scène finale arrive, et sur scène… toujours Don Juan, son valet… enfin vous connaissez le topo… mais pas de Commandeur ! Evidemment, il aurait pu nous faire le coup du Mephisto de Faust (je vous vois envisager le truc) et se retrouver coincé soit sous sa trappe, soit derrière une porte de décors rétive, mais non, aucun son bizarre sortant des coulisses ou de la fosse. Au moment ou on annonce son arrivée, un froissement conséquent se fait entendre à hauteur de mon oreille gauche (pour vous dire, je me souviens même de ma place, comme quoi, ça m’a marquée), mais conséquent, du genre :  le truc il me touche presque la joue !

Je me retourne pour voire qui se pointe au milieu de l’allée en crinoline (je ne voyais que ça, vu la bruit produit) et tombe sur une espèce de grand échalas embobiné dans une toge-suaire rouge sang avec un masque style « masque de la mort rouge » de Poe sur la trogne et qui gueule au même moment : « Me voici ! » (ou un truc dans le genre, mais pour goualler, il gouallait, étant donné, que le micro de la scène ne portait pas jusque là.). Et là, une espèce de… gadget entignassonné à la diable se dresse d’un bond et pousse un hurlement de terreur que toutes les actrices de films d’horreur ont dû m’envier. La statue du commandeur en a presque fait dans sa toge et les copines et copains aux alentours immédiats aussi. Après un instant de flottement, j’entend un « Eh bin dis donc, t’es expressive toi ! » sortir caverneusement de derrière le masque et… mesdames messieurs, vous allez m’envier (enfin tout est question de « sensibilité personnelle")… le revenant pierreux m’a tapoté l’épaule de son gant rouge pour me rassurer avant de s’avancer dignement jusqu’à la scène pour faire la peau au vrai héros.

C’est depuis que j’adore cette histoire, déclamée, chantée, filmée, et pas seulement pour Don Juan, mais pour… la statue du Commandeur, celle qui m’a donné l’adoubement, un après-midi de sortie scolaire et n’a causé rien qu’à moi ! Allez en faire autant tiens !

Et depuis aussi que j’adore l’histoire de Belphégor d’ailleurs…

Je vous quitte sur cette anecdote (pas lyrique, mais l’histoire a servi quand même) et vous souhaite une bonne journée.

La dragonne

par Sieglind publié dans : Mes gaffes
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Impulsions, coups de coeur et de gueule, idées diverses au fil des notes et journées. Vous trouverez dans ce blog ma vision de l'opéra et de bien d'autres choses. Et aussi ma passion : les dragons.




Comme ma trombine évolue au fil de ce "rondudju" de temps, une petite mise à jour du portrait du bestiau, j'ai encore changé de "look" comme on dit... et le cliché du trombinoscope n'est plus vraiment d'actualité (avis, première et dernière fois que vous avez droit à ma goule, moi et les photos, ça fait quarante-douze)

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