Voici un article, ou plutôt un extrait d'article de la Juveniste qu'elle a bien voulu que je lui emprunte. Le thème du nom y est traité du point de vue de l'écrivain mais j'ai trouvé qu'il pouvait s'adapter aussi à la création pure (musique, peinture...humanité). Ce nom fait entrer en résonnance une autre valeur du patronyme ou du Qualificatif Social de l'individu, celui du rôle qu'il prend dans toute l'oeuvre de Wagner (mine de rien, on y revient encore à celui-là). Je le copie tel quel et plus tard, je le commenterai, si le temps me le permets mais vous, ne vous gênez surtout pas! C'est fait pour ça ici!
LE NOM
Pour construire un personnage "crédible", il faut, d'abord l'"étiqueter", lui donner un nom.
Simple n'est-ce pas. Un baptême (ou une totémisation, ou whatever), comme dans la vraie vie. Ce nom sert - je ne vous l'apprendrez pas - à distinguer notre personnage de l'ensemble des êtres qui peuplent la fiction. Il le constitue en être unique.
Le nom peut également être investi d'un sens qui permet de déterminer le personnage (socialement, professionnellement, psychologiquement, physiquement, etc.). Ainsi, le choix d'Astrid Lindgren de nommer son personnage "Pippi Langstrump" met-il en lumière un aspect du code vestimentaire original de l'héroïne, ses "longs bas". Il est intéressant de constater que, contrairement à la traduction anglaise, qui respecte la dénomination première (Longstocking), l'adaptation française opte pour un "Fifi Brindacier" qui met plutôt doublement en relief l'aspect physique du personnage, sa force légendaire, d'une part, et ses cheveux raides défiant les lois de la gravité.
Autre exemple du même acabit: le personnage de Marie-Lune, dans Un hiver de tourmente de Dominique Demers. Le nom de l'héroïne adolescente manifeste, d'une part, la relation très étroite qu'elle entretient avec la nature (Lune) et, d'autre part, la filiation mariale (Marie) qu'on peut déceler en filigrane dans l'histoire.
Diverses facettes d'un personnage peuvent également être signifiées au lecteur par l'utilisation de noms appartenant à des personnages historiques, mythologiques ou littéraires (Hamon les dit, de manière générique, "référentiels"). Dans les romans d'aujourd'hui, les auteurs ne baptisent que très rarement sans raison leurs personnages Roméo, Juliette, Napoléon, Hercule ou Alice.
Parfois le nom, tel qu'en lui-même, est un "programme"!
Le héros ou l'héroïne d'une histoire porte parfois un nom qui sert à désigner l'objet de la quête. Par exemple, la petite Sophie de
Le nom, comme on peut le constater, constitue l'étiquette première du personnage, sa "marque de commerce". Il faut donc le choisir avec soin. La littérature pour la jeunesse use abondamment de cet artifice pour fournir aux jeunes lecteurs des informations capitales pour la compréhension du personnage. Il faut dire que, dans les oeuvres destinées à un jeune public, la description a tendance à tomber en désuétude et que le nom offre un moyen instantané, et donc... économique, de caractériser le personnage.
S'ajoutent enfin au nom, les dénominations (ou "désignations") du personnage - "la méchante fille", "la gentille enfant", "le traître", "le niais", etc. - qui illustrent la perception de son entourage (les autres personnages du roman). Ces désignations révèlent parfois des tensions que le contexte ne fournit pas autrement. Ainsi, par exemple, une adolescente pourrait-elle recevoir de ses parents des désignations contraires (l'un dirait "Ma grande"; l'autre "Ma petite") mettant en lumière les tensions à l'oeuvre dans une situation où elle cherche à obtenir la permission de partir trois jours en camping!
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