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Lundi 12 février 2007
Bonjour !

Et oui, un autre week-end des plus... improductifs pour bibi, mais c'est une constante (qui devient même un crédo chez moi.: "je suis feignasse telle est ma gloireuuu !"), donc, on va dire que ça ne vous a pas trop perturbés. J'espère même faire école, c'est tellement bien de ne rien ficher deux jours par semaine !
Mais, les bonnes choses... ne restent bonnes que si elles sont ponctuelles, la routine est une sérial-killeuse pour pas mal de trucs, dont la glandouille ! Alors on retourne à notre Don Juan sévillan, surtout que ça chauffait pas mal lorsqu'on a quitté les strapontins !



DON GIOVANNI - Acte II - Scène 7 à 10

Le lieu : re-changement de décors, on quitte la rue du bled pour se retrouver dans un vestibule percé de trois portes et  mal éclairé, dans la bicoque de Donna Elvira. On sent déjà que les metteurs en espaces vont la jouer à la Marx Brothers en faisant défiler les protagonistes par ces trois lourdes façon jeu de bonneteau.

Les personnages :
Leporello, toujours déguisé avec les affûtiaux de son patron
Donna Elvira, toujours persuadée que c'est à sa moitié qu'elle cause
Donna Anna et Don Ottavio (on est pas trop de deux pour venger la mort d'un Commandeur)
Zerlina et Masetto (ils arrivent en couple aussi, l'un voulant se venger de l'avoinée qu'il vient de se prendre et l'autre tenant la boîte de pansements)


Leporello, au début de la scène, est en train de compter pâquerette * à la régulière de son patron, vu que c'était ses instructions pour éloigner la zibeline du terrain de chasse de celui-ci. L'autre, totalement hypnotisée, se laisse faire (comme quoi, elle a pas fait long feu sa vengeance de femme bafouée !) en roulant des billes de merlasse court-bouillonnée.
Petit problème... il en a marre de jouer les DG et se creuse le ciboulot pour trouver un moyen pour qu'elle lui lâche la grappe, il a les raisins fragiles.Il tournicote dans le coin, histoire de soi-disant voir s'ils ne sont pas espionnés, mais la nana le rappelle au pied dès qu'il fait mine de jouer les filles de l'air, elle flipperait sa race dans le noir toute seule... mais bien suuuur ! Lepo tente d'ouvrir une des portes mais on l'a déjà poussée et le "on" c''est Anna et Ottavio, suivis par la valetaille, histoire de donner plus de poids à leurs arguments certainement.
Elvira se planque dans un coin et Lepo dans un autre, vu que la troupe est entrée sans vraiment vérifier s'il y avait du monde.

Ottavio est en train de conseiller à sa copine d'arrêter de chouiner, de un, il a plus de kleenex et elle entame les pans de sa chemise à jabot et de deux, ça fait de la peine à son papounet de là où il se trouve (ça lui fait une belle jambe surtout !). Elle lui répond que ça mange pas d'avoine et qu'elle ira moins au p'tit coin du coup (chez nous, quand on chouinait pour un rien, la réponse était : "pleure si ça t'arrange, tu pisseras moins" élégant hein ?!) Pendant ce temps Elvira réclame déjà son DG alors que l'intéressé (enfin, sa doublure-lumière) respire de s'être un peu débarrassé du lest en jupons.

Une autre des portes s'ouvre et Anna et Ottavio, courageux mais pas téméraires, pensent déjà à se sauver quand ils voient entrer Zerlina et son copain. Sauf qu'évidemment, c'était celle qu'avait choisie Leporello pour mettre les voiles et, vu l'économie de lumière du coin, Masetto est à deux doigts d'envoyer un coup de la bûche qu'il a piquée au tas de bois de la cuisine dans les gencives du type, sans même vérifier si c'est effectivement sa "cible".
Tout le monde se rabat sur le pauvre Lepo, qui sort son calepin pour noter ses dernières volontés,  pire comme situation faut se lever tôt (et puis un "mort au perfide !", c'est pas vraiment une formule de bienvenue je trouve, vous imaginez le patelin où on se souhaite bonjour en se surinant allègrement vous ?)

Donna Elvira tente de s'interposer :
"Temps mort ! C'est mon mec !
- Des nèfles - s'écrient les autres - il y passe !
- Fasse pas l'coun  (fais pas le con, chez nous encore une fois)! Y a erreur sur le zigoto !" - s'écrie, dès qu'il y a un blanc dans la conversation, un Lepo qui tremble de toute sa carcasse. Il préfère ôter le capeo, histoire qu'on voit bien qu'il n'est pas son patron, parce que les cures-dents se rapprochent dangereusement.

Les autres font arrêt sur image, ils avaient tout prévu, sauf ça ! Comme ils sont tout de même bien remontés, faut un sac de frappe et il fera l'affaire. Ils repartent de plus belle en l'accusant d'être l'instigateur de tous ces plans foireux : le tabassage en règle de Masetto, s'être fait passer pour un mari alors qu'on n'est qu'un sous-fifre, ficher sa zone pour faire capoter une vengeance filiale, enfin  le paquet quoi.  Ils en arrivent à se disputer pour trucider le coco (même Masetto lance que les trois autres auront le temps de le tuer, une fois qu'il l'aura fait lui même... logique !)

Leporello balance son air, style "pitié, c'est pas moi c'est l'autre !" (ça tient un peu plus de place dans la scène évidemment) et une fois qu'il a été assez confus pour que les autres ne sachent pas où taper (du genre de l'excuse du doigt tendu vers une péniche imaginaire volant dans l'air pour détourner les regards), il ne demande pas son reste et disparaît dans les coulisses.

Le temps que les vengeurs démasqués reviennent de leur erreur, le type est déjà loin et ils ne leur reste plus que leur rogne et leurs yeux pour pleurer.
Ottavio en profite pour soupirer encore après les larmes de croco de sa douce tout en signalant qu'il va porter plainte au poste du quartier et assisté de Masetto et Zerlina sort à son tour, histoire d'essayer de rattraper le coureur de fond.

 Zerlina revient sur scène, tenant d'une main par la tignasse un Lepo plus mort que vif (ça court vite une zibeline énervée !) et de l'autre un coutelas à dépiauter le gigot  assez impressionnant et appelle du renfort, parce qu'elle ne va pas tenir longtemps la pause (elle parle même de lui faire la barbe sans savon, texto ! Vérifiez !).
Comme les autres mettent du temps à revenir, elle saucissonne le type avec tout ce qu'elle trouve, son tire-jus pour le menotter et une corde qui traînait pour l' attacher sur une chaise et relier la chaise à la fenêtre pour plus de sureté (c'est vrai que ça va être plus dur de courir vissé sur un tabouret avec les barreaux de la fenêtre style casserole attachée au train) et cette bonne chose de faite, décide d'aller respirer un peu à l'extérieur.


Leporello, transformé en rosette de Lyon, essaie bien d'apitoyer un paysan passant dans le coin, mais on ne peut pas dire que sa prestation soit époustouflante, vu qu'il continue sa route sans lui adresser même un clin d'oeil. A force de gigoter, il arrive tout de même à dénouer la corde de l'espagnolette de la fenêtre et ne demande pas son reste pour filer quinze noeuds hors de portée.

Zerlina revient, pensant bien montrer à Elvira sa prise mais pour trouver une chaise vide et une fenêtre ruinée. Il lui en faut plus pour la calmer et elle file prévenir Don Ottavio qui a des potes hauts placés lui et laisse la nana toute seule pleurer sur son mec volage et le fait qu'elle en pince malgré tout, même si elle compte bien se venger, par intervention divine interposée, ça lui laissera les mains propres n'est-ce pas.

On arrête ici, se réservant la scène onze pour le retour de la vengeance du Commandeur et peut-être la fin de l'opéra (plus que cinq scènes, mais assez touffues aussi)

Allez, je file, n'ayant pas fichu grand chose encore aujourd'hui, faudrait peut-être que je m'y mette non ? Bonne journée et à plus.

La dragonne

* l'extrait contient presque tout le contenu de la scène, je ne vous met que celui-ci
par Sieglind publié dans : Mozart
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Jeudi 8 février 2007
Bonjour !

Bon, le délire "chaînes en tout genre" étant passé, on va pouvoir retourner à nos dindons, un certain DG étant resté, la dernière fois qu'on l'a vu, en posture on ne peut plus inconfortable. Allez hop ! Au p'tit trot ! Et certains avaient raison, ça frustre un micro-article, je rongeais mon frein, j'attaquais les rênes même!



DON GIOVANNI -Acte II - Scène 1 à 6 -

Le lieu : Encore la rue du village. Décidemment les protagonistes ne vont pas sentir le moisi des vieilles penderies ! D'un côté on voit une cahute, mais pas n'importe laquelle, celle de la légitime de DG, Elvira, p'tit meublé loué quand elle s'est mise en chasse pour retrouver son plus que volatile de mari, certainement. (c'est même plus volage à ce niveau)

Les personnages :
Don Giovanni, une mandoline à la main (ça sent sa sérénade à plein blair)
Leporello, le diapason et les partitions sous le bras (vu que c'est le bonhomme à tout faire, pourquoi pas pupître humain, au point où il en est)
Donna Elvira, un peu normal, c'est son quartier tout de même.
Masetto, le jeune marié outragé, assisté d'une petite bande de potes bien décidés à faire passer le goût de la zibeline des autres au séducteur professionnel.
Zerlina, l'objet du délit dans ce procès expéditif

Quand le rideau s'ouvre, on trouve Don Giovanni en pleine explication avec Leporello :
"Peut-on savoir pourquoi Môssieur avance à reculons à c't'heure ?
- J'en ai plein les miches !
- Et de quoi si c'est pas indiscret ?
- Oh trois fois rien, juste qu'on ai voulu me ratatiner !
- Mais c'était pour rire, bêtasse !
- La prochaine fois, prévenez-moi, je me chatouillerais sous les bras, histoire que ça fonctionne plus vite parce que là... j'ai pas trop fait travailler mes zigomatiques !
- Allez, fais pas ton bourricot ! Tiens un p'tit billet pour t'acheter des Malabars
- C'est bien parce qu'ils ont sorti la nouvelle série des tatoos que je l'empoche mais gaffe à ce que ça ne se reproduise plus, ça serait la goutte d'eau qui met le feu aux poudres !
- Donc c'est reparti comme en quatorse !
- Si vous laissez tranquilles les musaraignes !
- Mais ça va pas... c'est mon air vitale, ma bouteille d'oxygène ça (on ne peut pas s'en passer pour respirer mais elles sont lourdes sur le dos ?)
- Vous en changez souvent... d'air je trouve... (un peu normal, un opéra avec un seul air... ça serait monotone)
- Mais c'est que je les aime toutes ! Si j'en préfère une, c'est de la goujaterie pour les autres non ? J'suis partageur, ça fait râler les lésineuses du c. valseur !
- En bref, z'êtes presque à canoniser. A part ça... de quoi vous vouliez me causer ?"

Et DG explique à Lepo qu'il a des vues sur la camériste de Donna Elvira. Un p'tit brin de femme pas mal roulé mais un peu soupçonneuse quant aux types de la haute. Etant donné qu'elle était aux premières loges pour mater les exploits du conjoint de sa patronne, on la comprend ! Comme elle sent son "riche-man" à cent pas,  il préfère se planquer sous des fringues un peu plus... plébéiennes pour tenter ses travaux d'approche... Donc, on intervertit les fringues, on simule les  manies de l'autre, et  Lepo devient DG et lycée de Versailles.

Pour tester ce plan, rien de plus logique que de tenter de voir si ça fonctionne sur la première belette qui se montre. Mauvaise idée pour Donna Elvira de venir prendre le frais (c'est son jour de vapeurs) et le valet déguisé se retrouve obligé de faire du gringue à celle-ci, pendant que son patron va taquiner de la camériste (en plus d'être trompée, elle est myope comme une taupe et à moitié sourdingue pour confondre, m'enfin...Alain Floufloulou n'était pas encore à la mode, on l'excuse côté binocle)

Après le valet, c'est au tour du patron qui nous lance son seul vrai air "vieni alla finestra" balade plus que napolitaine (mandoline comprise à la distribution)

Il est à deux doigts de conclure, la fenêtre s'entrouvre, quand Mazetto et des potes viennent pour régler des comptes avec le snobinard qui a voulu culbuter sa copine. Don Giovanni, pas en reste pour les idées géniales, se fait passer pour Leporello, vu qu'il a gardé la panoplie et envoie la troupe aux quatre coins de la scène, à bonne distance, pour pouvoir passer à tabac proprement ce pauvre Mazetto, qui comme une courge de concours agricole, vient de lui filer ses armes soi-disant pour que Lépo-Giovanni vérifie qu'il soit bien équipé face à une "pointure" don juanesque quant aux combats rapprochés.(là, franchement, il les mérite ses orions ! Plus bredin, vous me faites signe !)

Don Giovanni se barre, avant d'être reconnu et Zerlina trouve un copain affalé sur le pavé, le pif en sang et couvert d'ecchymoses et criant que Leporello a failli le faire passer de vie à trépas et que quelque part, c'est de sa faute à elle (implicitement suggéré ça, si elle n'avait pas craqué à "la ci darem la mano", rien ne serait arrivé). Elle le réconforte en lui parlant d'un remède spécial qu'elle connaît, elle l'a même sur elle (si c'est pas de l'invite ça, quand elle parle d"'onguent" et de "baume" souverain et qu'elle le produit elle-même, je ne sais pas ce qu'il vous faut comme allusion grivoise !)...

Fin de la scène six et on arrête, on verra la suite après... Bonne continuation

La dragonne

PS: encore un problème, comme au début de l'opéra, j'avais aussi perdu la fin de l'article (comme j'avais en plus oublié de faire une copie, j'ai dû me retaper ça de mémoire, donc on va dire qu'il y a quelques changements, pour ceux qui se rappellent le premier article)  Pfff ! les aléas du net de d'Over-Blog, faut avoir les nerfs solides, j'vous jure !


par Sieglind publié dans : Mozart
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Vendredi 2 février 2007
Bonjour !

Allez, dernier article "sérieux" de la semaine, faut y aller ! Mine de rien j'ai repris mon livret, et j'ai constaté qu'il restait encore dix scènes si on veut finir l'acte ! Va falloir, soit presser le mouvement, soit continuer dans le style et alors, ça nous reporte la semaine prochaine. C'est un peu long... on va tâcher de "compresser" un peu, ou alors... on y est encore à Pâques à ce train là. Il faut dire que la méthode "dialogue" ça bouffe de la place tout de même hein ? Donc, on tente la fin de l'acte et, même si c'est long, vous aurez tout le week-end pour l'avaler... pas de problème non ?

Bon, c'est parti mon kiwi !



DON GIOVANNI - Acte I - fin -

Le lieu : C'est vraiment un opéra idéal pour les spectacles de rues, parce qu'à part la dernière scène, tout se passe en extérieur : la rue, puisqu'on en était là à la sortie en fanfare de Donna Elvira, puis deux jardins, dont celui du séducteur d'hyper-marché et un autre, bouclé par deux lourdes avec des niches dans les murs (idéal pour les mauvais coups ça !)

Les personnages :
Don Giovanni, à qui Elvira vient d'ôter le pain de la bouche en emmenant sa dernière conquête (on imagine presque le claquage de mâchoires version Tex Avery, quand la minette lui ôte Zerlina des pognes)
Don Ottavio, le mec de Donna Anna, belle garniture de cheminée (gentil, y a pas à dire, mais un peu... translucide, et le seul ténor de la distribution, c'est p't'être un signe... enfin pour une dragonne qu'aime pas trop ce registre, évidemment)
La fille sus-citée, l'orpheline de fraîche date, toujours décidée à mettre la main sur le type et à le lui faire payer (et ne sachant toujours pas, depuis le début, que c'est DG. Fort tout de même ! Vu la réputation du type, j'aurai pas été cherché cent-sept ans moi !)
Leporello, chargé des pires corvées par son patron, mais qui continue, faute d'avoir un meilleur boulot.
Zerlina, la fille qui était à deux doigts de passer à la casserole et pas avec son promis dans le rôle du type aux fourneaux !
Masetto, son copain, envoyé bailler aux corneilles un peu plus loin, pendant les manoeuvres d'approche
Et quelques villageois, rescapés de la noce itinérante, les autres doivent cuver dans un coin, à l'ombre d'un décors.

Don Giovanni est en train de faire les cent pas, en melounant qu'il a pas de bol et que tout part en sucette depuis qu'il s'est levé, lorsque Ottavio entre en grande conversation consolatrice avec sa copine Anna (quoi de mieux qu'une vengeance pour se remonter le moral !) Comme s'il avait besoin de ça !
Donna Anna, forte de l'idée qu'un copain c'est bien mais que deux types ça fait plus de poids quant à son projet de passage à tabac de trucideur de papounet, demande à DG un petit coup de main (la pauvre ! Elle demande au type de "se" chercher et de se faire sepuku, faut pas rêver !)
Ottavio confirme qu'il a loupé quelques séances de remise en forme à la salle de muscu et que ça serait pas du luxe.
DG reprend sa respiration, vu qu'au début, il pensait qu'il était fait comme un rat, et en rajoute des caisses en montrant ses tablettes de chocolat et qu'il est prêt à les dépanner mais qu'il lui faudrait quelques infos sur le vilain coco.


Retour de la vengeance de Super-Elvira ! (très chouette extrait, entre nous)
"Ahaaaaa ! Si tu penses me filer entre les pattes, fais une croix dessus ! Et toi, la gourdasse, rêve pas ! Tu vas te faire avoir comme je me suis faite "eue" !
- La pauvre ! Elle fait pitié ! - soupirent Anna et Ottavio (il sert d'écho le type)
- Pour cause ! Elle a les fils qui se touchent !" - explique DG, qui sent qu'il a intérêt à ménager ses arrières.
Anna et son pote ont du mal à se décider qui croire... entre le chevalier et la noble burgosienne qui a l'air d'avoir sacrément morflé, moralement parlant. DG pense bien à se faire la malle, mais ça serait certainement pris pour un aveu, donc... on en rajoute une couche dans le genre "elle a dépassé son temps de sortie, faut que je la ramène à l'asile" et en plus, chuchote à Elvira que si elle insiste comme ça, elle va se faire ficher de sa trogne en beauté, elle est pas crédible. Elle l'envoie sur les roses en lui balançant que, même pas peur ! Elle va rameuter tout le quartier et une soprano énervée ça a du caisson, je vous garantie !

Comme elle en a marre de s'esquinter pour rien, elle se tire et DG, après un p'tit mot d'excuse style "j'ai peur qu'elle fasse une connerie, j'vais la suivre s'cusez ! Ah, au fait... si ça vous dis, j'vous invite à prendre un godet à ma piaule ce soir, histoire de se changer les idées?", DG donc, file à l'hidalgo dans la direction qu'a prise sa musaraigne.

Et là... illumination divine ou instant de lucidité fugace, Anna pousse une gouallante ! Son type la regarde en se disant que c'est pire que la grippe espagnole la bredinerie, vu la vitesse avec laquelle elle a été infectée. Mais la fille lance un "bon Dieu, mais c'est bien suuuur !" (Hommage à Bourrel qui a bercé mes soirées de môme à la casbah !) Le type, elle en jurerait, a la même voix que celui qui a essayé de lui faire de misères avant de se venger sur son pôpa !
Comme Ottavio à l'air de pédaler à côté de son vélo tellement il est paumé, elle lui explique, alors que le type ponctue à la "psy" par des 'Moui... mais encore.... et.... ensuite..." histoire de meubler ce monologue :
"Bin j'étais en train de mettre mon "pije-moi-ça" en pilou quand un type planqué sous son manteau a fait irruption dans ma piaule l'autre nuit (Pervers Pépère ?) Tout d'abord j'ai cru que tu me faisais une farce (en plus d'être potiche, elle est myope !), mais vu que t'avais pris des octaves supplémentaires... j'me suis vite aperçue de la boulette ! Il veut me faire un câlin sans y être invité, je lui balance un coup de genou (elle le repousse, mais le genou, c'est plus efficace) il reprend sa respiration et veut me re-sauter sur le râble, j'te pousse une gueulante à ameuter la caserne de pompiers du coin? Il veut me faire taire, "moi", et me ceinture pire qu'au Judo ! J'ai cru que j'allais y passer, mais, j'ai tellement flippé ma race que ça m'a donné un coup de fouet, j'te lui ai envoyé un direct et j'me suis libérée. Ce qu'il n'avait pas prévu c'est que non contente de hurler comme une sirène d'usine, j'allais lui courir aux miches pour l'empêcher de se carapater dans la rue ! Tu connais la suite, mon père n'avait pas ses boules Quiès (hé, hé) ce soir-là, ce qui fait qu'il se pointe en renfort aux premières bêlements... pour se faire ratatiner par ce lâche qu'a pas eu pitié de sa calvitie et de ses muscles ramollis ! Autant te dire que notre vengeance (notre ?) elle est plus que justifiée, rappelle-toi le carnage quand on l'a trouvé mon papa ! Si c'est pas un bon motif de vendetta ça !"
Et comme ça l'a un peu énervée aussi, ce compte-rendu, elle se tire pour laisser Ottavio au milieu de la scène, tout seul avec sa misère. Il en profite pour jouer l'empathie à fond, style "elle se coupe, c'est moi qui pisse le raisinet. Elle renifle, c'est moi qui sors le tire-jus etc..." et se promet de faire payer le prix fort au sale type qui lui a ruiné son ambiance idyllique avant de sortir à son tour.

Changement de tableau à la scène quinze, on se retrouve dans le jardin du pavillon de DG, alors que Leporello fait les cent pas. Il est un tantinet vénère et est en train d'envisager sérieusement de changer de boulot (et surtout de patron, c'est marre les affolés du slip !). DG se pointe et il lui annonce que tout part en quenouille ce soir. Il a bien suivi les ordres en amusant la galerie (les invités de la noce et Masetto, l'ex-futur-cocu), il a réussi l'exploit de faire friser le coma éthylique à la moitié des invités. Et tout d'un coup... devinez qui se pointe ? Zerlina et la rombière du patron, Elvira ! Et c't'allumée commence à le saouler en habillant son patron "adoré" pour deux hivers au moins ! C'était pas la peine d'essayer d'arrêter le moulin, donc il a laissé blagasser la minette, jusqu'à ce qu'elle fatigue un peu et là, mine de rien, il l'a mise à la porte du jardin en refermant à clé sur elle.
Don Giovanni, le félicite, ça arrange bien ses affaires, puisqu'il pensait courir la gueuse une bonne partie de la soirée, ça aurait fait désordre une régulière, façon tasse de tisane au bromure, pendue aux basques. Il se lance dans un air dans le plus pur style "que le vin coule et qu'on amène les femmes !" avant de quitter la scène avec son valet au train.

- (là, vous pouvez faire une p'tite coupure si ça vous chante, j'ai calculé avec le curseur, ça fait à peut près la moitié de l'article, je parle pour les essouflés, bien sur !) -

Scène suivante : un autre jardin, avec les deux portes fermées et les deux niches décrites au début. Zerlina est en train d'essayer de convaincre son mec qu'elle ne s'est pas faite avoir et qu'elle est "intacte" pour convoler avec lui (bin dame ! Physiquement d'accord, mais elle était à deux doigts de craquer si vous vous souvenez). Pour vous dire comme elle essaie d'être crédible, elle lui balance carrément que si ça peut le soulager elle peut servir de sac de frappe (pas folle la guêpe, elle sait bien que l'autre ne va pas esquinter le matériel avant la première utilisation ; et la garantie alors !!). Elle sort avec un air contrit de circonstance et un regard un peu coquinou, histoire de dire que si il est raisonnable... ça n'en sera que meilleur pour la nuit de noce.
Qu'on me parle de "jeune innocente" tiens ! J'rigole ! Et Masetto aussi d'ailleurs, il n'est pas dupe, un "toutes des... sauf ma mère !" au bord des lèvres.
On entend DG donner les ordres pour sa fiesta et Zerlina déboule à nouveau sur scène un brin paniquée, et demandant à son type de trouver un endroit où se planquer, elle ne veut pas le rencontrer. L'autre soupçonne qu'elle flippe qu'on voit comme le pif au milieu de la trogne qu'ils ont "fait affaire" à la manière dont ils pourraient se regarder et pour la ficher un peu plus dans la m... ouscaille, décide de se cacher dans une des niches et de regarder comment elle va se dépatouiller de c't'histoire.

La zibeline est en train de tourner en rond, histoire de voir si elle ne peut pas en marchant très vite creuser un tunnel, façon "Grande Evasion" pour s'échapper alors que DG entre, suivi de quatre larbins en invitant les villageois à continuer la petite sauterie au château. Ils n'attendaient que ça, du gros rouge qui tache gratos, et se dirigent tous vers les cubiténaires?
Zerlina essaie de se planquer sous une feuille mais la jupe dépasse et DG la repère. Il la chope par la main et l'autre essaie de se dégager... mollement je trouve d'ailleurs. Le séducteur a également vu Masetto et a la présence d'esprit de tourner le truc en sa faveur en lui disant que "sa" Zerlina lui est décidément "trop" fidèle.
Comme on entend l'orchestre au dehors, tous les trois décident d'aller se dégourdir les ripatons, histoire de se changer les idées.

Entrent à leur tour Elvira, Ottavio et Anna, tous masqués façon zorro, histoire de la jouer incognito et d'entrer dans la place. Leporello, du balcon, voit arriver les trois cocos et prévient son maître qu'il y a du beau monde dans les parterres. Comme plus on est de dingues, plus on s'esclaffe, DG lui demande de les faire entrer, ça meublera le salon et ça apportera un peu plus de classe étant donné le niveau des invités.
Lepo s'exécute et siffle les trois compères en leur faisant signe de rappliquer s'ils veulent se rincer le gosier à l'oeil. Les autres, respirant un grand coup pour se donner du coeur au ventre, entrent dans "l'antre de la bête".

Dernière scène : la salle de bal, avec trois formations locales, chacune en train de tenter de couvrir les deux autres (enfin dans ma mise en scène évidemment) le personnel de maison est bien occupé à tenter de désaltérer la bande de "boit-sans-soif" qui leur pille en trois coups de cuillère à pot chaque plateau qu'ils rapportent des cuisines, pendant que le maître de maison joue les grands seigneurs en balançant des ordres pour qu'on apporte des poufs pour les poufs.... (pardon, pas pu m'en empêcher là non plus !) de la bibine pour les soûlographes, du kawa pour les ramollis et du chocolat et des Hagen Däz pour les... frustrées (paraîtrait que c'est ce qui nous réconforte le mieux les musaraignes... première nouvelle ! Ou alors j'suis un mauvais exemple  !)
Zerlina DG et Leporello sont en train de se dire que ça risquerait de virer au vinaigre toutes ces douceurs, Masetto tire un peu trop la tronche. Ce que confirme d'ailleurs celui-ci en lançant des commentaires peu flatteurs sur sa belette (faut dire qu'elle fait tout pour se faire tanner le cuir, la nana !)
Les triplets masqués entrent à leur tour et font quelques entrechats pour donner le change... tout en ne perdant rien de tout ce qui se passe autour, histoire de trouver le bon moment pour jouer leur grande scène.
DG invite Zerlina à faire un tango corse avec lui pendant que Leporello tente de dérider Masetto, ("fais la fête pendant que les cornes de poussent", je ne sais pas si c'est le bon argument remarquez...) il danse même avec lui, pour vous dire s'il est à bout d'arguments !
Don Giovanni, mine de rien, entraîne traîtreusement Zerlina vers les coulisses pour lui faire sa fête. Celle-ci crie au loup si fort que ça en fait péter les cristaux du lustre, mais ça a au moins l'avantage de faire rappliquer les secours dès les premières trilles, pendant que des villageois, dessoûlés d'un coup, se sauvent suivis de près par les musicos et leur matériel.
Ottavio, Anna et Elvira se ruent vers la porte fermée, qui ne peut être qu'une piaule évidemment ! (tiens... j'ai Rigoletto en tête tout d'un coup...) et tentent d'enfoncer celle-ci, mais vu la carrure de cintre du ténor... il se pète plutôt la clavicule qu'il ne réussit à ne serait-ce qu'ôter une écharde de la lourde.
Heureusement, Masetto vient en renfort, le rustique c'est du costaud, et à quatre, ils arrivent tout de même à dégonder le bastringue.
Don Giovanni, fait mine de s'en prendre à Leporello en l'accusant d'être l'agresseur, (mais mine de rien, son épée n'est même pas défouraillée !) et les autres ne sont pas dupes, lui balançant dans les gencives qu'ils sont au courant que c'est un sale c... qu'ils vont se faire un plaisir ineffable de ratatiner. Les trois zorros se démasquent, histoire de lui ficher un peu plus les miquettes.
Petit flottement du côté de DG, qui se retrouve tout de même avec cinq avides de vengeance sur les bras, c'est plus le roussi que ça sent, c'est le carbonisé ! Les autres commencent à faire des cercles, façon vautours dans les westerns mais il reprend du poil de la bête en signalant que celui qui l'enverra au tapis n'est pas encore né, ce que confirme Lepo, vu qu'il  connaît bien le bestiau et l'acte fini (enfin !) sur ce beau méli-mélo vocalisant.
M'est avis, que ça ne va pas s'arranger pour le séducteur s'il persiste dans ses projets de figurer sur le livre des records, catégorie "conquêtes féminines" !


Allez, je vous laisse assimiler tout ça... et si vous sortez en boîte ce week-end  les mecs... évitez cette tactique si vous voulez conserver l'intégralité de vos plombages et surtout de votre service trois pièces (p'tit conseil de copine... évidemment !) Bonne journée et à plus (Sugi et Roanne, je n'oublie pas les chaînes, pas d'inquiétude !)

La dragonne
par Sieglind publié dans : Mozart
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Impulsions, coups de coeur et de gueule, idées diverses au fil des notes et journées. Vous trouverez dans ce blog ma vision de l'opéra et de bien d'autres choses. Et aussi ma passion : les dragons.




Comme ma trombine évolue au fil de ce "rondudju" de temps, une petite mise à jour du portrait du bestiau, j'ai encore changé de "look" comme on dit... et le cliché du trombinoscope n'est plus vraiment d'actualité (avis, première et dernière fois que vous avez droit à ma goule, moi et les photos, ça fait quarante-douze)

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