Bonjour à tous !
Et voilà ! J’ai repris mes marques… ça retourne comme la roue du moulin donc, on va pouvoir continuer… D’ailleurs à ce sujet, petite question, régulière ici, un titre d’opéra à me proposer ou je fais ce que je veux avec mes cheveux ?
Par contre, je m’aperçois que cela fait pas mal de temps qu’on a pas abordé la narration de déboires et gaffes d’une dragonne en sortie mondaine… parce que je ne vais pas dire que c’est mon quotidien, mais enfin, on peut dire que ça fait quand même partie du personnage non ?
Pour l’anecdote, suivante… on ne peut pas dire que ça soit « vraiment » une anecdote lyrique, mais, étant donné que ça se passe en concert, et que c’est quand même du vocale, mais liturgique… ça peut quand même compter s’pas ?
Il y a quelques années, j’étais inscrite à la saison artistique de Blagnac (Odyssud, pour ceux qui connaissent). Et, un copain instituteur, voulant faire partie de la tribu dragonienne nous avait proposé d’aller voire un truc… mais un truc essentiel et à écouter au moins une fois :
On s’est pas trop faites priées (une copine et moi, même si c’est deux, c’est quand même un groupe dragonien, c’est pas le nombre qui compte, c’est la « qualité » des membres de la confrérie qui compte n’est-ce pas ?) et nous voilà à l’entrée de la salle, les billets fièrement et fermement tenus à la main (c’était pas le moment de perdre ça, vous vous rendez pas compte !!!! Jean Sébastien, quand même !)
On s’installe : papotage, reluquage des spectateurs (comme déjà signalé, mon activité favorite pour patienter, c’est mieux que refrisottage de la tignasse ou curage de naseaux quand même, et c’est plus… classe). Il y a de sacrées « trombines » d’ailleurs, mais j’ai oublié mon bloc à dessin chez moi. Donc, on discutaille, on refait un semblant de monde dans le peu de temps imparti avant le commencement de « l’œuvre » et… les lumières s’éteignent pour signaler que maintenant, on la boucle et on ouvre ses esgourdes..
Tout se passe bien au début : intro correcte (classique, c’est le cas de le dire, mais assez falote) J’oubliais de dire que c’était une formation et un chœur venus de Bulgarie pour la circonstance, donc, on se dit « le classicisme ils doivent maîtriser ».
Et là : intervention du « narrateur ». Dans cette pièce liturgique, un chanteur fait office de narrateur (l’Evangéliste ici) et de lien entre chaque air chanté par Jésus, Marie et compagnie. Et là, notre attitude recueillie en prend un sacré coup ! (enfin pour la copine et moi, le copain restait d’un calme olympien, marmoréen même !)
Vous connaissez Daffy Duck ? Et bin c’était son cousin de Bulgarie, le type. Une voix tellement nasillarde, qu’à côté, celle de Kaa dans le Livre de
Donc plutôt que de se lever et déambuler pour faire salon, on est restés tranquillement assis, à échanger nos « premières » impressions avec copain, copine et… tout le rang derrière presque. On a même parlé chiffons étant donné que les bulgares, on connaît leurs fameuses voix, mais leurs goûts vestimentaires, un peu moins. Il y avait une des soprano (Marie dans l’œuvre) qui avait poussé l’exactitude du personnage jusqu’à arborer ses couleurs (enfin celles qu’on voit sur les statues et les tableaux, toque bleu ciel, casaque blanche) sauf que son truc, ça ressemblait plus à un jogging-jupe-longue à paillettes (la robe de Blanche-Neige côté manches gigots) qu’à la toge épurée et envoilée de la môman de Jésus. Donc on détaille tout ce qui cloche (et il y avait de quoi dégoiser, je vous assure) de la voix de crécelle de l’Evangéliste, aux proportions boudinesques des chanteuses… (je sais, c’est pas charitable, mais une dragonne rachitique a l’ironie facile de ce côté-là !) en passant par la taille démesurément… nanesque du ténor.
L’entracte se termine et on aborde la seconde partie de l’œuvre… Le « gros » problème, c’est que maintenant, il y avait deux rangs d’infectés et qu’à chaque intervention du touuuuu-dammmm sus cité, tout le monde mimait l’éternuement contenu et ça gloussait même sévère. Notre parangon de calmitude, nous lançait bien des œillades sévères, pour nous calmer, mais rien à faire… (en plus ses œillades, ça n’avait vraiment pas de portée derrière lui, à moins qu’il se retourne toutes les cinq secondes à en attraper le tournis). D’ailleurs il a lui-même craqué (et ça, alors, qu’armées de bonne résolutions, on avait, nous, les instigatrices du tumulte, réussi à se calmer un peu , un comble !) Et un baryton basse qui craque, ça fait du bruit, même quand il se retient.
Le concert prend fin et au rallumage des loupiotes, on s’aperçoit que les occupants à proximité immédiate de l’impacte jubilatoire ont tous soit un mouchoirs dans la mimine, soit les yeux rouges d’avoir rigolé, soit se tiennent encore les côtes.
On sort sous les regards intrigués des autres spectateurs (« Tiens, ils ont été émus, eux ? Par cette version ? ») et c’est alors qu’en s’installant au bar du foyer pour un bon kawa réparateur, une amie de notre instituteur de copain arrive et pose la question qui tue : « Alors, c’était bien hein ? »
Un conseil, ne posez jamais ce genre de question à quelqu’un ayant vu
Donc, autre conseil : Regardez bien la distribution sur l’affiche avant de prendre vos billets, ça peut aider… parfois.
Voilà une autre anecdote (moins catastrophique, côté mobilier cassé ou accessoires défectueux) pour vous prouver par l’exemple qu’aller avec la dragonne au concert, il faut être sur de conserver son self-control, sinon, c’est râpé pour l’image de marque !
Bonne journée et pensez à ma petite question sur l’opéra… ça peut m’aider… quoique je n’en manque vraiment pas dans mes placards.
La dragonne
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