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Mardi 4 octobre 2005

Bonjour à tous ! 

Et voilà ! J’ai repris mes marques… ça retourne comme la roue du moulin donc, on va pouvoir continuer… D’ailleurs à ce sujet, petite question, régulière ici, un titre d’opéra à me proposer ou je fais ce que je veux avec mes cheveux ?

Par contre, je m’aperçois que cela fait pas mal de temps qu’on a pas abordé la narration de déboires et gaffes d’une dragonne en sortie mondaine… parce que je ne vais pas dire que c’est mon quotidien, mais enfin, on peut dire que ça fait quand même partie du personnage non ?

Pour l’anecdote, suivante… on ne peut pas dire que ça soit « vraiment » une anecdote lyrique, mais, étant donné que ça se passe en concert, et que c’est quand même du vocale, mais liturgique… ça peut quand même compter s’pas ?

Il y a quelques années, j’étais inscrite à la saison artistique de Blagnac (Odyssud, pour ceux qui connaissent). Et, un copain instituteur, voulant faire partie de la tribu dragonienne nous avait proposé d’aller voire un truc… mais un truc essentiel et à écouter au moins une fois : la Passion selon Saint Mathieu, de Jean-Sébastien ! Ze monument ! La chose qui par moment vous file le poil au garde à vous tellement ça vous remue.

On s’est pas trop faites priées (une copine et moi, même si c’est deux, c’est quand même un groupe dragonien, c’est pas le nombre qui compte, c’est la « qualité » des membres de la confrérie qui compte n’est-ce pas ?) et nous voilà à l’entrée de la salle, les billets fièrement et fermement tenus à la main (c’était pas le moment de perdre ça, vous vous rendez pas compte !!!! Jean Sébastien, quand même !)

On s’installe : papotage, reluquage des spectateurs (comme déjà signalé, mon activité favorite pour patienter, c’est mieux que refrisottage de la tignasse ou curage de naseaux quand même, et c’est plus… classe). Il y a de sacrées « trombines » d’ailleurs, mais j’ai oublié mon bloc à dessin chez moi. Donc, on discutaille, on refait un semblant de monde dans le peu de temps imparti avant le commencement de « l’œuvre » et… les lumières s’éteignent pour signaler que maintenant, on la boucle et on ouvre ses esgourdes..

Tout se passe bien au début : intro correcte (classique, c’est le cas de le dire, mais assez falote) J’oubliais de dire que c’était une formation et un chœur venus de Bulgarie pour la circonstance, donc, on se dit « le classicisme ils doivent maîtriser ».

Et là : intervention du « narrateur ». Dans cette pièce liturgique, un chanteur fait office de narrateur (l’Evangéliste ici) et de lien entre chaque air chanté par Jésus, Marie et compagnie. Et là, notre attitude recueillie en prend un sacré coup ! (enfin pour la copine et moi, le copain restait d’un calme olympien, marmoréen même !)

Vous connaissez Daffy Duck ? Et bin c’était son cousin de Bulgarie, le type. Une voix tellement nasillarde, qu’à côté, celle de Kaa dans le Livre de la Jungle c’est un baryton basse ! Des nasales à croire qu’il chantait la tête dans son lavabo en se pinçant le museau. Un truc tellement énorme, qu’à moins d’être sourdingue, on pouvait vraiment pas le remarquer. On commence à se balancer quelques petites remarques (rien de bien méchant) avec la copine du genre : « Ils se sont plantés, le doublage des toon’s c’est pas ici », « Où est Bunny ? »… etc. On commence à entendre pouffer derrière nous, étant donné qu’on chuchotait mais que c’était quand même audible pour ceux à proximité. Le pire c’est qu’entre les fameux airs il y avait l’intervention du zoziau et qu’elle était annoncée par un accord (toujours le même, touuuuu- dammmm, je sais mais on a pas les notes sur l’azerty, alors faites un effort d’imagination ou alors… écoutez le truc vous verrez bien de quoi je parle, allez au boulot !)  Alors, dès qu’on entendait l’accord fatidique, c’était parti ! Fou rire et main devant la goule pour étouffer le truc, faisant ressembler ça à une crise d’éternuements (allergie à l’Evangéliste ?) Le pire c’est qu’il y a eu un entracte !

Donc plutôt que de se lever et déambuler pour faire salon, on est restés tranquillement assis, à échanger nos « premières » impressions avec copain, copine et… tout le rang derrière presque. On a même parlé chiffons étant donné que les bulgares, on connaît leurs fameuses voix, mais leurs goûts vestimentaires, un peu moins. Il y avait une des soprano (Marie dans l’œuvre) qui avait poussé l’exactitude du personnage jusqu’à arborer ses couleurs (enfin celles qu’on voit sur les statues et les tableaux, toque bleu ciel, casaque blanche) sauf que son truc, ça ressemblait plus à un jogging-jupe-longue à paillettes (la robe de Blanche-Neige côté manches gigots) qu’à la toge épurée et envoilée de la môman de Jésus. Donc on détaille tout ce qui cloche (et il y avait de quoi dégoiser, je vous assure) de la voix de crécelle de l’Evangéliste, aux proportions boudinesques des chanteuses… (je sais, c’est pas charitable, mais une dragonne rachitique a l’ironie facile de ce côté-là !) en passant par la taille démesurément… nanesque du ténor.

L’entracte se termine et on aborde la seconde partie de l’œuvre… Le « gros » problème, c’est que maintenant, il y avait deux rangs d’infectés et qu’à chaque intervention du touuuuu-dammmm sus cité, tout le monde mimait l’éternuement contenu et ça gloussait même sévère. Notre parangon de calmitude, nous lançait bien des œillades sévères, pour nous calmer, mais rien à faire… (en plus ses œillades, ça n’avait vraiment pas de portée derrière lui, à moins qu’il se retourne toutes les cinq secondes à en attraper le tournis). D’ailleurs il a lui-même craqué (et ça, alors, qu’armées de bonne résolutions, on avait, nous, les instigatrices du tumulte, réussi à se calmer un peu , un comble !) Et un baryton basse qui craque, ça fait du bruit, même quand il se retient.

Le concert prend fin et au rallumage des loupiotes, on s’aperçoit que les occupants à proximité immédiate de l’impacte jubilatoire ont tous soit un mouchoirs dans la mimine, soit les yeux rouges d’avoir rigolé, soit se tiennent encore les côtes.

On sort sous les regards intrigués des autres spectateurs (« Tiens, ils ont été émus, eux ? Par cette version ? ») et c’est alors qu’en s’installant au bar du foyer pour un bon kawa réparateur, une amie de notre instituteur de copain arrive et pose la question qui tue : « Alors, c’était bien hein ? »

Un conseil, ne posez jamais ce genre de question à quelqu’un ayant vu La Passion selon Saint Mathieu, version voix bulgares, surtout quand elle est en train de prendre une gorgée de caféine dans sa tassounette ! Mouchetée, elle était la table et encore ça aurait pu être pire… si on avait pas eu le réflexe de baisser le nez ! Le pire c’est que ça nous a suivi et nous suit encore dès qu’on entend « passion » c’est reparti !

Donc, autre conseil : Regardez bien la distribution sur l’affiche avant de prendre vos billets, ça peut aider… parfois.

Voilà une autre anecdote (moins catastrophique, côté mobilier cassé ou accessoires défectueux) pour vous prouver par l’exemple qu’aller avec la dragonne au concert, il faut être sur de conserver son self-control, sinon, c’est râpé pour l’image de marque !

Bonne journée et pensez à ma petite question sur l’opéra… ça peut m’aider… quoique je n’en manque vraiment pas dans mes placards.

La dragonne

par Sieglind publié dans : Mes gaffes
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Samedi 24 septembre 2005
Bonjour à tous!



Et oui ! Vous rêvez pas ! On va parler petites culottes et même mieux. Des miennes ! Rooohh lo lo ! Qu’est ce qu’elle nous montre elle !


Pas grand-chose à vrai dire… mais je me suis aperçue, qu’on était pas mal à avoir eu des ennuis sous-vestimentaires (bin oui, vêtements : vestimentaire, sous-vêtements : sous-vestimentaires,  j’vois pas l’embrouille !) C’est pas un sujet honteux, zavez honte de vos portes-miches et de vos soutiens bloblos ? Pas moi !

Je parie d’ailleurs que, si je fais le tour des commentaires après, il va y en avoir des anecdotes personnelles ! Me dites pas que « ça » aussi ça n’arrive qu’à moi, parce que là, je vous croirais pas !



L’histoire de petite culotte la plus ancienne date de la primaire (Ce1 ou Ce2, c'est plus vague dans le souvenir) chez les pingouines (le mot, déjà n’est pas de moi - allez voire du côté des Blues Brothers le premier – et n’a rien de péjoratif, c’est que je trouve que leur tenue noir et blanc et bin ça évoque assez cet animal c’est pour le « visuel » de la chose).

J’avais du très mal dormir la veille, parce que le réveil pour aller en classe ne s’est pas effectué la fleur au fusil, si on peut dire. La goule, les tifs, les chaussettes, tout en vrac et môman qui contrôle et rectifie un peu l’allure générale, parce que ça fait désordre à Sainte Jeanne d’Arc (déjà, les voix m’influençaient vous voyez... sauf que c'est un "auréolé", le patron de l'école, mais pas celui-là, je ne voudrais pas qu'on me repère, depuis le temps !). J’arrive, jupette aux genoux, chaussettes bien tirées, la tête un peu mouillée (y a que cette solution pour que les épis n’attaquent pas, faut les noyer !) cartable bouclé et tout et tout. On entre après la brève récréation (c’est même pas une récréation, c’est un truc où chaque ping… religieuse tape dans ses mains pour que son escadron se rallie à ses couleurs).

Petit comptage indexiel pour voir s’il n’y a pas de brebis égarées et on entre en classe. Je vais pour m’installer derrière le double pupitre que je partage avec ma voisine de classe, et fais le geste, dont j’ai mis longtemps à me débarrasser, celui du concertiste s’installant au piano. Mais siiii, j’suis sure que vous voyez de quoi je parle ! Quand il va pour s’asseoir, il soulève d’un geste élégant les pans de sa queue de pie pour pas faire de faux plis sous son popotin. Bin moi, c’était exactement pour la même raison mon geste pianistique. Le geste ample s’amorce et je pose mon séant sur le banc.



Vous connaissez l’expression « il y eut un blanc » ? Et bin moi c’est le grand blanc des « Dents de la mer » qu’a pointé son aileron, à ce niveau, c’est même Moby Dick qu’a du sillonner dans les parages. Les yeux réduits à l’état de billes de loto, la goule ouverte sur un « guuuuueuuu » qui se voulait un cri d’angoisse et de surprise, tout le reste de la personne dans la pause « un, deux, trois, soleil ! » : j’avais oublié, dans ma hâte de ne pas être en retard, une pièce vestimentaire cruciale : la ch’tite culotte ! Le comble c’est que j’ai dû attendre la fin de la matinée (heureusement, je rentrais manger à la maison) avec les bras collés au corps dans la cour de récréation, au cas où un sale obsédé de vent aurait la très mauvaise idée de se lever.





Je crois que c’est la première fois, que l’institutrice m’a vue si « sage » ! (tu m’étonnes, j’osais à peine respirer et je priais tous les saints patrons du calendrier pour pas qu’elle m’interroge et que j’ai à me lever – parce qu’il faut que je vous explique : il y avait l’estrade - jusque là normal - mais un petit podium supplémentaire, pour les « petites » de la classe et devinez de quel groupe ethnique je faisais partie dans cette tribu ?... hein ? Vous connaissez la technique cinématographique de la vision en contre-plongée ? J’étais pile poil à la bonne hauteur !

Rassurez-vous, ce fut la première et dernière fois, ce genre d’oubli !



Par contre mon frère a failli avoir la honte de sa vie à cause de mes sous-vêtements, un jour qu’il prenait le train pour retourner à sa caserne. Le voyage s’était impeccablement passé lorsqu’il a ressenti un picotement désagréable au nez, ce genre de truc qui appelle le mouchoir de toute urgence sinon, il y a risque de projections anarchiques et répétitives dans un périmètre proportionnel à l’envie d’éternuer d’une personne bien enrhumée. (c’était son cas !).





Il plisse les yeux (rictus habituel, je confirme de ceux qui vont expectorer ou éternuer…enfin ceux que je connais, j’ai pas fait une étude sur un échantillon conséquent et représentatif de la population éternueuse) donc, son champ visuel s’en trouve plus que réduit, inexistant même puisque c’est à tâtons qu’il cherche son sac de voyage pour y trouver son mouchoir – le vrai, le viril, à carreaux, que tu peux étendre par terre si t’as pas de nappe pour le pique-nique, un truc au paternel évidemment, parce que côté mouchoirs … on en avait pas brodés à nos armes. Il rapporte la pièce textile sous ses narines et se soulage nasalement. Il ouvre les mirettes, pour constater qu’il vient de se moucher dans une de mes culottes (propre je vous rassure puisque faisant partie du linge lavé et plié prêt à ranger dans les armoires)

La délinquante, s’était glissée sournoisement au milieu d’un tas de mouchoirs, on ne saura jamais comment – étourderie, farce (c’était pas moi) Toujours est-il, que de son air le plus naturel il fiche le truc en boule et le remet au fond du sac à la vitesse supersonique presque (sans le boum). Au retour il m’a déballé l’histoire et j’étais morte de rire (allez expliquer des traces de mucosités nasales… sur une culotte…pas évident !)




Et enfin, l’anecdote qui a déclenché le souvenir des deux autres, c'est celle d’hier. Voui ! Farpaitement ! Hier !
Donc hier, journée normale : blog, kawa, boulottage, petite visite à l’antre des gamins pour voir ce qu’ils goupillent, petite discussions avec eux, tout n’importe quoi… et calage devant une vidéo chopée par fiston assez marrante. Elle est assez longue et je m’installe (pas assise, le buste en avant appuyée sur son plan de travail et avec un truc qui par instants, me gratouille à la ceinture. Comme je suis spécialiste, chez moi de porter des trucs très « serpillière » sur le dos, je me dis, que ça doit être un fil de la ceinture du vieux pantalon (que j’arrive pas à ficher à la poubelle tellement je suis bien pour faire mes bricolages). Je chope l’objet du délit entre deux doigts et commence à tirer. Et je tire, et je tire…. (vous savez comme dans les dessins animés, quand le personnage détricote un pull en entier – infaisable d’ailleurs à moins de le tricoter d’une pièce et sans couture) j’en ai la main pleine et ça c’est pas vraiment normal pour un pantalon (surtout vu ma taille).

« P’tite minut’ ! Fais pause, je reviens » lui chuchote-je je vais faire un tour dans la salle de bain, et après un effeuillage de moins suggestifs,  du style tombage éclair du pantalon sur les chevilles – y a mieux comme érotisme non ? – je constate les dégats : j’ai totalement « détricoté » l’élastique qui retient la culotte, ce qui fait qu’elle baille lamentablement et dangereusement, menaçant de suivre par ses propres moyens la direction du pantalon. Vie brève et fin dramatique d’un p’tite culotte à pas cher, achetée pour faire le complément de rechange pour la Turquie (un souvenir du voyage en moins, snifff !)





Pour les amateurs de sensations érotiques fortes, c’est loupé hein ? Mais j’ai trouvé marrant de montrer un côté moins lyrique des désastreuses aventures d’une dragonne délirante.


Valààààà, c’est fait ! Vous pouvez retourner à vos nobles occupations… moi, je reprend les miennes également et on se fixe rendez-vous pour… la prochaine fois hein ? (précis non ?)

Bonne continuation

La dragonne

PS : J’oubliais… pas d’idée pour un opéra à traiter la semaine prochaine ?

RE-PS: Demain, risque de manque d'article et pour une bonne raison... mon Mc Gyver revient des Etats-Unis dans l'après-midi aujourd'hui, et on veut jouer un peu les namoureux (parce que le lendemain, reprise du collier pour lui! (pfff l'est courageux mon dragon hein, par rapport à sa copine dragonne?)
par Sieglind publié dans : Mes gaffes
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Jeudi 22 septembre 2005
 
 Re-bonjour !
 

En repensant aux gaffes multiples et involontaires qui me sont arrivées, j’ai pensé à d’autres choses que ma mère adoptive m’avait raconté sur un membre de sa famille (son oncle pour être précise).

Pour la compréhension (par rapport à l’époque) il faut savoir que cette brave dame avait plutôt l’âge d’être ma grand-mère que ma mère… mais, comme on dit : « on compte pas quand on aime ! ».

Une bonne charentaise de derrière les fagots avec sa parlure (presque Québécoise, et oui ! Pas oublier le fameux Champlain, avec son accent à couper au couteau, qu’il a gentiment partagé avec nos « cousins » canadiens).

Bizarrement, je tiens plus d’elle que de ma génitrice, mais ça se comprend un peu là non ?

Donc elle était affligée (là c’est comme ça que j’ai l’impression que toute sa famille a vécu ça) d’un tonton des plus « farfelus » (tiens donc !).

Il était assez bohème, et surtout complètement excentrique (évidemment quand on appartient à une famille dont le frère – père donc de ma môman  - est directeur de l’Arsenal de Rochefort sur mer….  on peut dire que ça fait tâche dans le tableau !) P’tite photo du grand-pôpa adoptif pour preuve :

 

Or donc, c’était le tonton à cacher, le mouton noir, le canard boiteux, la tache sur la dentelle du Puy,  le pet lancé dans un salon mondain… le truc qui choque quoi, dans le tableau.

Il était féru de théâtre et d’opéra, et surtout, vivait ça au sens propre du terme, c'est-à-dire qu’il ne se contentait pas d’être côté fauteuils dans la salle, mais avait réussi à se faire embaucher comme figurant pour la pièce au programme de la saison..

La première arrive,  représentation quelconque (ma môman se rappellait plus exactement laquelle), style « les Ferrets de la Reine  », ou  « Don Carlos » enfin un truc chanté ou non, mais avec des capes et des épées (salut les Robins des Bois) des moustaches tournicotées, des perruques emmêlées, robes à paniers et bouclettes pour les nanas,  mon grand tonton adoptif (je l’ai adopté moi, étant donné le personnage) jouait le rôle d’un garde, censé rester immobile comme la statue du Commandeur avant son réveil et sérieux comme un Horse-guard devant Buckingham Palace.

Sauf que ce jour là, il avait pas envie (un hyper actif lui aussi) il arrêtait pas de se trémousser de jouer à se curer les ongles avec sa hallebarde, de faire des clins d’œil aux nanas qu’il pouvait apercevoir au premier rang… de faire l’andouille quoi ! Les autres figurants avaient beau essayer de lui donner des coups de coudes, rien n’y faisait ! Là, arrive la grande scène où les méchants entrent dans la pièce et le combat s’engage. Les gardes ripostent avec des gestes mesurés ainsi que des cris dosés pour pas couvrir la voix des acteurs (des vrais). Tous…. sauf un évidemment ! Et va que je te pousse des cris de karateka, et que je te fasse des moulinets avec la lance à éborgner tout le premier rang, à sauter comme s’il avait des épingles au derrière… le grand jeu ! Arrive le moment le plus dramatique (enfin en principe) : les gardes, submergés par le nombre des assaillants sont exterminés et tombent raides morts….

Et bin, vous me croirez si vous voulez, mais le tonton, il n’a jamais voulu « mourir » et on a entendu après que son adversaire ait chuchoté un truc, un grand : « Non ! Je tomberais pas ! ». On a vu un bras passer de derrière le rideau du fond (une toile peinte le décor) et tirer l’énergumène dans les coulisses. Fin des espoirs de gloire du tonton, il a été viré promptement avec consigne d’éviter sur un bon périmètre de se trouver dans le secteur.

Mais il ne se contentait pas du milieu artistique pour ses exploits, même ses proches y avaient droit (surtout eux d’ailleurs !) 

Un jour, ou plutôt une nuit (non je vais pas chanter l’Aigle Noir !) Il revient dans ses foyers, légèrement éméché comme on dit (rond comme une queue de pelle plutôt aux dires des témoins) et dans la chambre à coucher conjugale, commence à se déboutonner, jusque là, rien de plus naturel pour se mettre en tenue de nuit. Sauf que sa brave femme commence à l’entendre melouner, ronchonner et  enfin s’exclamer au comble de l’étonnement : « Bin, crotte de patafiolle ! Depuis quand t’as mis une glace dans le cabinet de toilette ? » Sa femme se précipite en hurlant : « l’armoire de grand-maman ! »…. Bin oui, il avait rien trouvé de mieux que de se soulager sur la porte de l’armoire à glace ! (le cabinet de toilette, un truc avec une cuvette, un broc, et un seau hygiénique c’était de l’autre côté du couloir).

Le comble c’est qu’il a finit sa vie comme il a toujours vécu, en faisant une blague !

Là aussi explication : s’il y avait une bêtise à faire, une blague à quelqu’un ou un bon canular à monter, vous pouviez être surs qu’il était partant. Dans le quartier, il y avait un facteur pas très fute fute, qu’il adorait chambrer. Ce représentant des postes et télécommunications de l’époque était un trouillard de première (une coupure au doigt et il virait de l’œil, un accident quelconque et il faisait le tour de la ville presque pour éviter le quartier), un bon gros poltron quoi ! Avec une peur horrible de voir un mort, peur qu’il avait eu la très mauvaise idée de confier à mon grand tonton.

Ni une ni deux, celui-ci met un scénario au point : je cale une chaise dans l’entrée, j’attache une corde à la rampe qui dépasse et je joue les pendus !

Il prépare donc sa grande scène et attend patiemment l’arrivée du facteur (enfin c’est ce que tout le monde a supposé, parce qu’il avait déjà prévenu pas mal de ses connaissances de sa supercherie) Le facteur entre et le tonton bascule la chaise et tenant quant même ses mains sous la corde… (l’autre va aller chercher du secours et on va bien se ficher de sa tronche !). Sauf que le type, paniqué complet, prend ses jambes à son cou et n’a dû s’arrêter qu’à l’entrée de la ville. Grand tonton n’a pas été décroché à temps et c’est comme ça qu’il a rendu l’âme ! Je sais c'est dur hein ? Mais quelque part, c’était écrit, il ne devait pas finir comme les autres dans son lit, et avec sa manière d'aborder son existence, je crois qu'il l'aurait refusée, cette mort banale. Et personne n’en parlerait encore même par arrière petite nièce adoptive interposée.

Voilà, pour vous dire, que d’accord, les gènes faut en tenir compte, mais que parfois, l’immersion dans un autre milieu peut nous façonner sacrément la mentalité n’est-ce pas ?

Vous inquiétez, pas, j’suis pas du genre à faire ce genre de blagues au cas où vous vous poseriez la question (la première par contre….)

Bonne journée et à plus.

La dragonne

par Sieglind publié dans : Mes gaffes
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Impulsions, coups de coeur et de gueule, idées diverses au fil des notes et journées. Vous trouverez dans ce blog ma vision de l'opéra et de bien d'autres choses. Et aussi ma passion : les dragons.




Comme ma trombine évolue au fil de ce "rondudju" de temps, une petite mise à jour du portrait du bestiau, j'ai encore changé de "look" comme on dit... et le cliché du trombinoscope n'est plus vraiment d'actualité (avis, première et dernière fois que vous avez droit à ma goule, moi et les photos, ça fait quarante-douze)

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