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Samedi 3 décembre 2005
Bonjour!

Avant de reprendre ce qui fait quand même le titre du blog, l’opéra, je finis la semaine sinon, en beauté, du moins par un truc qui a l’air de bien vous faire rigoler, les malheurs de la famille dragon.

Pour vous dire qu’il en faut peu, pour remonter un souvenir à la surface, c’est le chaton de ma fistonne qui m’en a donné l’idée (paradoxale, étant donné qu’on y cause même pas de mistigri dans celui-là !). Ce petit fouineur s’était faufilé dans notre chambre et je l’ai trouvé en train d’essayer de s’extirper de l’espace entre deux armoires, occupé par un rameur - pas le type à la pagaie, le truc de torture qu’on s’achète sur un coup de tête, pensant récupérer une musculature digne de ce nom quand on s’appelle Sieglind  la dragonne. Là aussi, achat compulsif, étant donné qu’au bout d’un mois d’essais désespérés, j’étais toujours aussi musclée qu’un cintre, .par contre, qu’est-ce que j’en avais fait comme chemin ! Et là, je plaisante pas : je commençais à ramer au milieu de la mezzanine, et je me retrouvais, avec un grand « chtonk ! » contre la bibliothèque (le rameur était sur une carpette sans patins anti-glisse donc, tout le barda se retrouvait en mouvement dès que je jouais les shadocks , j’allais tout de même pas poser ce truc en métal à même le parquet non ?)
Donc, pour en revenir à notre réminiscence, j’ai vu s’imprimer « Armoire » en néon disco, à l’intérieur de ma caboche et une formule algébrique purement dragonienne : armoire + porte + nuit =  Alsace ! Vous trifouillez pas les neurones comme ça, l’explication arrive :

Là, c’est frangin Leprechaun qui m’a raconté ça, j’étais en Charente Maritime à cette époque, en train de finir mon école de secrétariat.

Pour vous situer l’engeance dragonienne, vous êtes tous au courant que j’ai un réveil des plus insolites mais il fallait bien tenir ça de quelqu’un et, sur les deux parents, il a fallu que ça soit de ma mère que j’hérite (et pas que moi d’ailleurs). En gros, elle se levait alors qu’elle dormait encore à moitié.

Donc, une nuit, mon frangin, qui dormait dans la chambre à côté de celle de mes parents, entend mon père partir d’un fou rire incontrôlable et plus que tonitruant. Au début, il ne bouge pas, pensant qu’ils sont peut-être en train de se raconter les dernières blagues entendues… ou pire ! Et puis, quand même, ça l’intrigue. Bin oui, y en a peut-être qui s’expriment au moment crucial par un fou-rire, mais quand ça s’éternise, où c’est que la personne tourne en boucle, et c’est dangereux pour le cœur, ou c’est que ce n’est pas ce qu’on pense et ça intrigue d’autant plus !
Il toque discrètement à la lourde, sauf qu’avec les jappements de mon paternel, c’est en pure perte. Il frappe plus fort, attendant une accalmie propice et se voit invité à entrer mais en faisant gaffe.
Là, stupeur : il ne trouve que mon père assis (plutôt roulé en boule en se tenant les côtes) dans le lit, la loupiote de chevet allumée et la place qu’occupe ma mère désertée. Il suit du regard le geste du bras de dragon senior, incapable de sortir deux mots sans s’étouffer de rire. Le geste tremblotant indique la garde-robe sans pied qui occupe un des murs et d’où s’échappent des bruits bizarres, des grognements des coups et des « P… de b… de m… où qu’il est? » (les « doux » accents de la génitrice étaient reconnaissables, même étouffés par les portes fermées de l’armoire)
Mon frangin, n’écoutant que son courage, et surtout bien obligé de se bouger, parce que mon père est inapte à esquisser quelque geste que ce soit en direction du meuble parlant, saisit la poignée de la porte de l’armoire, ouvre en grand… et éclate de rire à son tour,  avec les mêmes symptômes débilitants côté motricité :

Une créature hirsute (j’ai hérité, là aussi de sa tignasse indomptable), les yeux lui sortant presque de la tête, le teint tellement fleuri qu’il en frise presque le plus bel « aubergine » (pire que rouge ça non ? C’est juste avant l’asphyxie, en principe, mais là, c’était la colère) et qui lui vocifère au visage : « Où est-ce que vous avez bien fichu ce satané interrupteur ? »

Elle s’était simplement levée encore en deux eaux, et avait ouvert la porte de l’armoire, y était entrée, avait calmement refermé celle-ci pour… aller aux sanitaires ! Tu m’étonnes qu’elle ne  trouvait pas l’interrupteur du couloir ! Et ça ne  l’intriguait même pas les fringues qui encombraient celui-ci (même dans le noir complet, je me serais quand même posée quelques questions) Le pire, c’est, qu’en plus des fringues pendouillant, elle ne s’était même pas inquiété du fait que l’accès au premier ait sacrément rétrécit côté espace, ce qui l’obnubilait, c’était trouver l’interrupteur !

Et quand les deux hommes de la famille ont essayé de la calmer, la seule phrase qu’elle ait réussi à dire tellement elle était furieuse (et la honte qu’elle s’était prise en plus) c’est :
« Me touchez pas ! J’suis électrique ! »

Une phrase qui est restée et qu’on emploie depuis pour dire qu’on est un tantinet sur les nerfs.


Voilà à quoi Chiba (le minet de fistonne) m’a fait penser en jouant à cache-cache dans ma chambre ce matin. J’aurai d’autres trucs à raconter sur notre célèbre sommeil perturbé un autre jour, mais pour cette fois, cela devrait suffire et vous avez d’autres occupations que de squatter ici, n’est-ce pas ? Bonne journée donc et à plus tard.

La dragonne
par Sieglind publié dans : Mes gaffes
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Vendredi 2 décembre 2005
Bonjour,

On m'a demandé de raconter ma soirée au cirque chinois, je m'exécute mais, comme je ne vais pas vous raconter en détail tous les numéros auxquels on a assisté, je vais simplement faire un historique de cette discipline et j'entrecouperais le tout avec des photos que j'ai réussi à trouver sur le net (elles sont identiques aux numéros d'avant hier,à part les costumes sur certaines)





En Asie, l'acrobatie se nomme "zaji" (talents assortis). Elle comporte plusieurs disciplines:  gymnastes, contorsionnistes, jongleurs, trapézistes, magiciens, clowns et mimes

On a pu définir, et ça lors de fouilles archéologiques, et la découverte de certaines peintures murales et objets funéraires, qu'elle daterait d'à peu près 1000 ans et des pruneaux avant J.C (200 ans avant la venue au monde de ce sacré Confucius - celui que le héros kung-fu cite toujours dans les films).





Pour amuser l'empereur...
Pendant le règne de l’Empereur Wu (dynastie Han, 206 avant JC- 220 après JC) on voit l'acrobatie chinoise prendre de l'ampleur (et pas de l'emp'reur), étant donné que ce gars là aimait bien s'amuser et organiser des fiestas monstrueuses, des bouffes à s'en faire péter la sous-ventrière et des spectacles à laisser les invités la goule ouverte pendant un bon bout de temps. Son show préféré: le "Bai Xi", cent numéros à la suite (ils devaient y passer la journée et plus même!)





Un peu plus tard, la Dynastie Sui (581-618) construit (enfin, fait construire par pas mal d'ouvriers pas très rémunérés) une énorme arène, destinée à recevoir les acrobates : 10 000 athlètes, dans de chouettes costars ornés de perles et de jade, s'y succèdent nuit et jour pendant les quinze premières lunes du nouvel an (on en reparle de celui-là, mine de rien).Les invités matent le spectacle étalés sur les estrades, façon banquet romain dans les péplums. Etant donné l'acoustique du lieu, ça s'entendait à pas mal de lieues à la ronde et il paraîtrait que certains spectateurs ne rechignaient pas à faire plusieurs semaines de trajet pour assister au spectacle.




Sous la Dynastie Tang (618-907), les poètes et écrivains de la cour, pour faire de l'audimat impérial n' hésitent pas à s'inspirer des scènes d'acrobatie auxquelles ils assistent. Reporters avant l'heure quoi! Par contre le style c'est plutôt "deux femmes s'enroulent autour d'une corde avec la grâce des esprits célestes" (quand même plus de classe que: "Machine et Bibiche s'la pètent au bout d'un filin"), "cinq hommes se lancent dans les airs" (ils ne causent pas de leur "retombée" par contre) etc. Des numéros, aujourd'hui des classiques du genre, prennent naissance durant les Dynasties Song (960-1279), Yuan (1279-1368) et Ming (les fameux vases qui coûtent la peau du valseur à ce qu'on dit, 1368-1644) : La « Double danse de l’épée » (polka du couteau suisse), les « Sauts périlleux aux échasses » (on balance des hérons en l'air), « Le brûleur flottant » (une ménagère récure sa gazinière de fond en comble), « Bonds aux dessus de poignards » (c'est la fille qu'on balance à la place des poignards)... Euh... j'plaisante là (entre parenthèse)




L'acrobatie perd son pedigree
A la chute de la Dynastie Ming, les acrobates sont virés par le nouveau patron Manchu (ça le barbe foncièrement) et sont bien obligés, s'ils veulent survivre, de se produire dans les marchés et sur les places publiques. Ce qui leur permet de rajouter des trucs du folklore à leur liste de numéros comme "le Dragon Lanterne" (qu'avait une très mauvaise vessie) et "la Danse du Lion" (à rugir de plaisir!)

Le coup de grâce question top 50, c'est quand l'Opéra arrive! Là-bas aussi, vous voyez ça existe!) Comme les acrobates ne peuvent pas renouveler aussi facilement leur répertoire que dans le lyrique, les gens commencent à râler de toujours voire des assiettes tournicoter au bout d'un bambou et des cocos faire des bonds dans tous les sens avec leurs cerceaux. L'acrobatie se retrouve dans une malle au grenier pour près de 300 ans.




Le retour de la vengeance!
L'acrobatie revient sur le devant de la scène au début du 20ème siècle et aujourd'hui, 160 troupes professionnelles chinoises (à peu près 2000 acrobates) perpétuent cette grande tradition (nous c'était la Troupe acrobatique de Dalian), tout en rajoutant de nouveaux numéros (des bikes chromés, c'est plus tendance qu'un pousse-pousse!), modernisant un peu la danse (on a presque eu du Béjart avant hier), les costumes (on confirme avec Mikeline, étant donné qu'à un moment on s'est écriées presque en même temps "force rouge!"), les éclairages et l'accompagnement musical (un concerto pour piano - chinois le concerto - dont il faut à tout prix que je trouve les références, un truc à la Deep Forest, et en entracte, une musique hyper traditionnelle aux instruments typiques).




L'Association Chinoise d’Acrobatie est devenue, en 1980, membre de la Fédération de la Littérature et des Arts aux côtés de la musique, la danse, la littérature, le théâtre, la calligraphie et tous les beaux-arts.





Evidement, inutile de vous dire que les photos, c'est  une misère par rapport au spectacle qu'on a vu.

Bonne journée et... bon dernier jour de la semaine, pour certains hein?

La dragonne
par Sieglind publié dans : On y parle musique et ce qui tourne autour
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Jeudi 1 décembre 2005

Juste un post-it pour vous prévenir que, si vous voulez des nouvelles de Mikeline (aïe! J'vais me faire tuer! Non c'est vrai, c'est plus Mikeline, c'est Azerty)  et de son nouveau fils adoptif, allez aux commentaires (les derniers, signé azerty) de mon article sur la Veuve Teng et le dragon

Pour ceux qui ont la flemme de chercher (moi la première hé, hé) je vous donne le lien ici :

Azerty(site web)

Bonne soirée et à demain!

PS: En plus elle a mis ses photos, vous verrez à quoi ressemble fistonne!

par Sieglind publié dans : Post-its sur le frigo
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Impulsions, coups de coeur et de gueule, idées diverses au fil des notes et journées. Vous trouverez dans ce blog ma vision de l'opéra et de bien d'autres choses. Et aussi ma passion : les dragons.




Comme ma trombine évolue au fil de ce "rondudju" de temps, une petite mise à jour du portrait du bestiau, j'ai encore changé de "look" comme on dit... et le cliché du trombinoscope n'est plus vraiment d'actualité (avis, première et dernière fois que vous avez droit à ma goule, moi et les photos, ça fait quarante-douze)

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