
Walsong inaugure ce lieu de palabres et discussions en tout genre. Que ce soit sur le sujet même de l'article ou sur tout autre chose (au grè des envies de chacun).
En tout cas ça permettra à chacun de s'exprimer un peu plus librement qu'en tant que commentateur d'un article (toujours coincé par cette damnée fenêtre et l'idée de ne pas trop sortir du sujet - il peut dorénavant faire et assumer totalement ses digressions, ses apartés, ses reflexions)
Pour donner l'exemple, j'expose un texte que m'a envoyé Zoélie avant d'être malencontreusement censurée par les ennuis sur le net aujourd'hui (et cette fois dans son intégralité)
A toi Zoélie :
"Salut!
Gros gros bug chez Ob aujourd'hui, tu as remarqué ?
Donc, j'ai bien reçu ton message, mais je ne peux pas mettre d'article en ligne pour l'instant, comme tout le monde apparemment... Tant pis, au moins, ça va me laisser le temps de passer en librairie pour réactualiser la question "derniers livres achetés" et de mieux réfléchir aux "livres qui ont comptés"... J'ai 2,3 idées et, bizarrement, je me rends compte que ce ne sont pas des romans, alors que je suis essentiellement une lectrice-pour-le-plaisir... Mais objectivement, ceux qui m'ont le plus marquée - au sens fort du terme - sont ceux qui ont déterminé mes passions... la mythologie, la physique... Bon, je vais essayer de mettre quand même quelques romans, sinon, je vais passer pour une intellectualiste prétentieuse, ce qui, je crois, n'est vraiment pas le cas ...
Et du coup, tu es bien dans mes liens, mais chez moi seulement 0_o ! Bon, ça ne saurait tarder...
Là où je suis plus frustrée, c'est que avant de prendre conscience de l'envergure du bug, j'avais écrit un looooong commentaire sur ton article sur Sigmund et, bien sûr, il ne passe pas. Comme il a quand même l'air plus ou moins enregistré (le compteur de commentaire compte bien 3), il réapparaitra peut-être, mais du coup, je l'ai pas fini... Voici la version in extenso, je te l'envoie histoire qu'elle ne soit pas perdue parce que j'aurais trop la flemme de recommencer (non pas que le monde perdrait une analyse indispensable, mais bon, j'aime bien l'idée de dialogue/réflexion sur ton blog, ce serait dommage de s'en priver). J'avais aussi envie de parler de nos discussions et plus généralement de mythologie sur un nouvel article, mais ça va devoir attendre. J'espère quand même que ça va pas trop durer, parce que je pars en Italie Lundi, ey je sais pas si je pourrai blogger de là-bas (bon, c'est ENCORE une conférence, oui, je sais, sur vos impôts, quoique là, je paie mon billet moi-même vu que je ne parle pas, donc il y aura sûrement des connections à Internet)
Ah, le thème de l'inceste.... Je viens y mettre mon grain de sel (oui, parce que je potasse mon "Or du Rhin" sous toutes ses formes, grâce à toi, tu m'en as redonné l'envie (merci;) ) :
Mais où donc Wagner l'a-t-il pêchée, cette histoire d'inceste... dans le Niebelungenlied, Sigmund et Sieglinde ne sont aucunement frères et soeurs, et pour cause, c'est un roman courtois, chrétien, écrit bien après l'époque où est sensée se situer le récit... Par contre, dans la Völsungasaga (même époque que le Niebelung..., donc de moralité chrétienne aussi), Sigmund a bien un enfant de sa soeur, mais d'une part, celle-ci s'était déguisée pour l'occasion et donc Sigmund n'est pas au courant en 1er lieu, et d'autre part, il ne s'agit de Siegfried, mais d'un personnage annexe,Sintfjötli (nom à prononcer 10 fois très vite, chiche ?) qui se fait éliminer de l'histoire rapidos après avoir accompli sa "mission", zigouiller le clan du vilain mari de sa mère et accessoirement meurtrier du reste de la famille Völsung. Point de grand amour incestueuex ici, donc, Sintfjötli est conçu uniquement pour venger le clan de son père et de sa mère (il est intéressant ici de noter que Sieglinde reste duu parti de sa fratrie et non de son mari, conformément à la tradition germanique) et "laisse la place" (à son corps défendant, le pauvre) au vrai héros de l'histoire, Siegfried-Sigurd, qui sera alors le fils d'une seconde femme de Sigmund...
Bon, soit.
Mais il est probable que dans la version initiale de la légende, Sintfjötli et Sigurd n'aient été qu'un seul personnage à l'origine et que celui-ci ait été "dédoublé" pour des raisons de moral... (l'inceste étant à la limite tolérable pour un héros destiné à venger le meurtre horrible de sa famille, mais pour les grandes actions qui suivent, faut pas abuser, on va en prendre un autre...)
En effet, dans les traditions antiques, l'inceste est bien plus accepté, voire conseillé quand il s'agit de donner naissance à des Dieux: les exempls ne manquent pas, que ce soit dans la mythologie grecques où les dieux sont tous parents puisque issus plus ou moins directement de la fratrie de base des 6 enfants de Cronos ou dans la tradition égyptienne qui faisait épouser au pharaon sa soeur, ou même, ne nous voilons pas la face, dans la bible où avec un seul homme et une seule femme ( vaguement clonée à partir d'une cellule-souche de la côte d'Adam, qui plus est) on n'a pas bien trop le choix... et idem pour les filles de Loth qui couchent avec leur père. Il y a sûrement bien d'autres exemples qui font l'inceste quelque chose de sacré, tabou ultime, mais peut-être aussi fantasme ultime dans la psyché collective que de se reproduire avec quelqu'un qui ne serait pas "autre", mais en quelque sorte son double.
Quoiqu'il en soit, les Romantiques du XIXème étaient fascinés par l'inceste, amour interdit et donc romantissime par excellence, et il n'est pas étonnant que Wagner ait choisi de le réintrégrer dans son histoire !"
(là s'inclue mon commentaire sur les desseins de Wotan et surtout ceux de Wagner , à consulter en lisant les com. de l'article "Siegmund le retour")Je vous en fais un topo plus ou moins exhaustif pour ne pas « couper » l’article en vous renvoyant à un commentaire extérieur.
REPONSE
Je répondais, dans mon commentaire, qu’il ne fallait surtout pas chercher chez Wagner une quelconque fidélité avec ces mythes norrois et scandinaves. Wagner avait pas mal de chose à faire passer dans son message et quoi de mieux que de « modifier » à son avantage le panthéon nordique ?
Déjà les sagas de l’époque, avaient pris ce genre de liberté (à fin d’édification des masses) – aparté utile : qu’à donc fait l’Eglise sinon la même chose avec les saintes écritures et
la Bible de Jérusalem ? – Il n’a donc fait que ce que tout le monde fait (censure et détournement pour expliquer et surtout excuser telle ou telle décision ou action.)
Il faut savoir que Wagner aurait certainement intéressé fortement le grand psychanalyste Freud (étonnant d’ailleurs, qu’il porte le même nom que ce héros malheureux et incestueux qu’est Siegmund ) hélas des idéologies et des religions différentes ont fait que le digne Freibergeois n’a point voulu se pencher sur le cas de l’illustre Leipzigeois c’est fort dommage ça aurait été le best-seller de l’époque.
Wagner a toujours, malgré son caractère fortement trempé, oscillé de doutes en affirmations, de peurs en manifestations chevaleresques outrées (sur le papier – à musique – cela s’entend). Il est quand même bizarre que dans tout le Ring l’inceste soit prônée comme la panacée universelle pour l’avènement de l’homme et sa sublimation (la race pure : mots lancés ! mots repris, mots bafoués et traînés dans l’immonde fange par des opportunistes là aussi en quête d’excuse et de justification, on arrête là ce n’est pas le sujet !)
Ce qu’il faut savoir, c’est que dans sa vie, les femmes ont joué un très fort rôle. Il a quand même détruit un opéra qu’il écrivait, parce qu’il n’avait pas l’agrément de ses mère et sœurs (lui, le grand W, détruisant l’essence même de l’idéal musical ! Etrange tout de même). Il faut noter qu’il a « piqué » lui aussi la femme de V. Bülow, familier de son entourage, femme déjà mûre, si l’on peut dire et surtout déjà mère. Pour couronner le tout, il renonce à cette stabilité pour s’unir à la fille d’un des hommes qu’il enviait le plus (et qui était d’un égo aussi démesuré que lui, ça aide pour les affinités) Cosima Liszt, très femme, mais surtout très mère et très directive (maman quoi !).
Ce serait assez amusant de faire le parallèle entre chaque œuvre et le vécu personnel de Wagner à l’époque (à mon avis, il y aurait des découvertes à faire)
Réponse de Zoélie:
"Ceci dit, le comportement de Wotan ne paraît pas si criticable que ça, dans sa logique de divinité loin d'être omnipotente (caractère qui me fait trouver la mythlogie germanico-scandinave beaucoup plus subtile que la bande de brutes assoifée de combat que l'on peut y voir de prime abord... Des dieux tragiques, qui finissent mal, ça me plaît...)
Donc... (hum)
Wotan a besoin de guerriers exceptionnels pour le Walhalla, seul rempart du monde divin contre les géants et l'annéantissement annoncé des dieux... Il est logique qu'il aide les hommes prometteurs dans le monde terrestre, puis les fasse mourir pour les faire réintégrer fissa le Walhalla et servir enfin à quelque chose de sérieux... Logique encore qu'il punisse sévèrement
la Walkyrie - chargée de récupérer les Wals = guerriers pour le Wal-halla - qui, par amour ou par compation, sauve Sigmund de la mort au détriment de son "clan" divin, frustrant celui-ci d'un guerrier nécessaire.
Moi, j'aime bien Wotan... : )"
Qui aime aussi ce cher borgne aux corbeaux et l'excuse comme cette très chère magnanime Zoélie?
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