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Vendredi 7 octobre 2005

Bonjour tout le monde !

Hier, on a eu un début de relecture biblique assez mouvementé n’est-ce pas ? Et bien, à mon avis, c’est pas près de se calmer ! Une antique princesse complètement obnubilée par un prophète, ça peut rien donner de très positif à mon avis.. Hier la Salomé (ton chandail) trépignait de frustration sur le corps encore fumant de son capitaine préféré Narraboth (vu qu’il y avait que lui, du reste ça valait mieux) alors que le Jokanaan, prophète de son état regagnait de lui-même sa cellule (une citerne, franchement quelle idée !) On aborde la suite par la scène 4 de l’opéra de Richard Strauss :

SALOME (suite)

Le lieu : Même décors que précédemment, la salle où tout le monde s’empiffre, la terrasse pour bronzer (quand il fait jour, parce que les coups de lune, on a vu ce que ça donnait au début aussi), la citerne en bronze verdissant

Les personnages : Hérode, le beau-papa de Salomé, sa femme Hérodias (la vraie môman de la fille, celle qui a été traitée de moins que rien par Jokanaan), les courtisans des maîtres de maison, Salomé, Jokanaan.

La scène commence par l’entrée de Hérode suivi de sa rombière et de ses piques assiettes de copains.



Hérode subjugué par Salomé


« Où qu’elle est donc passée c’te gamine ? Tiens la v’la qui v’nant !
- T’arrête de la zieuter comme ça ? – lui fait remarquer sa légitime
- Bizarre la lune ce soir tu trouves pas ? - (Décidemment, je n’sais pas ce qu’ils ont tous avec ça,  mais ça a l’air de les travailler !) – on dirait un nymphomane (dans le texte c’est « hystérique qui va chercher des amants partout » ; c’est ce que ça veut dire non ? Enfin pour les mecs, évidemment)
- Où t’as vu ça ? On ferait mieux de rentrer tiens !
- Des nèfles ! Je préfère poser mon popotin à la fraîche ! Et m…. – lance-t-il en glissant dans une flaque de sang (le capitaine) – ça fait désordre, enlevez ce truc ! Vous trouvez pas que ça c’est rafraîchi tout d’un coup ? En plus, j’entend comme si des ptérodactyles se baladaient dans le coin…
- Là, ça va vraiment pas mon pauvre ! Et j’t’ai déjà dit de par fixer ma fistonne comme ça !
- Eh gamine ! Viens boire un godet avec pôpa  - (mais bien sur ! Ils ont pas lu Freud eux ou quoi ?) une compote ? Sisitte ?
- Pas soif, pas faim, pas fatiguée ! Tu m’lâches !
- C’est comme ça que tu l’as élevée ta gamine ! Bin bravo !
- Tout le portrait de sa mère, on a du sang bleu, nous, pas comme un certain descendant de vendeur de chameaux ! – rétorque la mère »

Sur ce, Jokanaan, le prophéteux se réveille et commence à postillonner sur tout le monde. Hérode songe bien à s’en débarrasser auprès des juifs de Jérusalem qui le réclament depuis six mois, mais le temps qu’ils se mettent d’accord, l’autre a le temps de recompter les rivets de sa cuve, et plusieurs fois pour contrôler encore. Hérodias est légèrement saoulée par leur conciliabule théologique et leur demande de la fermer un peu parce que l’autre illuminé est en train de convoquer tous les mecs présents pour un jeu de massacre à coup de caillou sur elle. Elle le signale à son mec en lui disant qu’il y a outrage là. L’autre lui répond qu’elle n’a pas à se sentir visée étant donné qu’il n’a pas cité de nom (qui se sent morveux, se mouche…) et pour se distraire, demande à sa belle-fille de faire deux ou trois entrechats. L’autre joue sa cabocharde et refuse de se trémousser devant lui.

« Danse pour ton pôpa chéri, et tu peux lui demander ce que tu veux après !
- Sur ? – ça a réveillé son intérêt
- Croix de bois, croix de fer ! Cochon qui s’en dédie ! Par contre, on va faire ça à l’intérieur, parce que l’autre allumé commence à me courir et ça va détonner avec la musique. »

Ils rentrent tous, sauf le prisonnier évidemment et la maman de la danseuse lui conseille de se tordre une cheville. L’autre refuse étant donné qu’elle a un truc qui la travaille. Ici, interlude musicale et danse des sept voiles de Salomé (truc connu et dansé par Ludmilla Tcherina un jour à la télé, je m’en souviens parce qu’elle était pas trop habillée pour l’époque et que ma mère adoptive avait un tantinet tiqué, en bonne catholique)



Danse des sept voiles


La danse se termine sur la fille étalée aux pieds du caïd (elle a peut-être glissé sur une peau de banane et a fini sa course arrêtée par les tibias de l’autre). Hérode est complètement hypnotisé par elle :

« chapeau cocotte ! ça c’est de la guinche ! Qu’est-ce que tu veux comme récompense ?
- La caboche du prophéteux dans une bassine !
- Encore un coup de ta mère ça !
- Nan ! J’suis grande et c’est moi qui ai décidé le truc toute seule ! – (mais Hérodias, ça l’arrange tout de même étant donné que ça va laver sa réputation)
- Tu préfères pas le joli caillou vert que j’ai dans mon coffre-fort ? J’sais plus où j’habite moi ! Qu’est-ce que je disais… ah oui… une tête décapitée c’est un peu trash pour une gamine non ? J’ai un fournisseur de piaf, tu peux avoir tous les zoziaux que tu veux, même ceux qu’existent pas encore ! En plus j’suis pas superstitieux, mais si c’était vraiment un vaguemestre du grand patron ? Tu préfères pas plein de pierres précieuses pour jouer avec ? Une paire de rideaux (le grand voile du sanctuaire en l’occurrence) la garde-robe du grand prêtre ? …. »

On sent le type prêt à proposer la  lune à la fille pour éviter de couper le kiki de quelqu’un juste pour un montrage de nombril chorégraphié. L’autre n’en démord pas et il renonce (faut dire qu’avec ce qu’il a bu pendant la soirée, il  est un peu comateux. Hérodias profite qu’il soit entre deux eaux, pour lui piquer la bague de la mort qu’il porte au doigt (l’équivalent de l’époque du marteau du juge) et la filer au bourreau qui descend dans la citerne pour sa basse besogne.

Salomé s’inquiète parce qu’elle n’a plus ni le son, ni l’image et qu’elle est persuadée que le bourreau a eu les foies et s’est dégonflé. Au bout d’un moment on voit un bras sortir de la cuve et poser… une tête de veau sur le plat (bin oui, j’aime bien cette image moi, pas vous ?)



J'ai préféré vous mettre un carpaccio de tête de veau, c'est moins gore!


Hérode flippe et se cache les yeux, Hérodias, s’évente avec son magasine de contentement, les invités se prosternent pour prier. 

Quant à Salomé, j’ai l’impression qu’il lui manque des cases, parce qu’elle se met à causer à la tête :

« J’t’avais bien dit que j’aurai mon bécot ! Tu pourrais me regarder quand je te parle ! C’est bizarre mais là, tu mouftes pas ! Tu te la pète moins hein ? T’as osé me traiter de garce et de moins que rien… mais moi, mon coco, j’suis bien vivante et toi, t’es bien mort et ta  caboche j’peux en faire ce que je veux même y planter du persil si ça me chante ! Dire qu’il suffisait que tu jette un coup d’œil, juste un sur moi et tu s’rais tombé raide dingue de moi !

Hérode a un sursaut (il est carrément écoeuré par la fille) :

« Débarrassez-moi de cette horreur ! - Balance-t-il avant de rentrer précipitamment de peur que le ciel ne lui tombe sur la tête. Le rideau tombe alors que les soldats prennent leurs boucliers pour estourbir l’excitée.(j’imagine assez les types en train de taper comme des sourdingues sur Salomé jusqu’à la rendre plate comme une crêpe)

Voilà ! Finie la danseuse psychopathe et fini le prophète illuminé… Pour les autres, on attendra l’arrivée du Messie et ses trente trois ans pour avoir la réponse.

Bien secoué celui-ci non ? (trois morts, pas mal pour un seul acte) Faut dire que dans l’antiquité, ça se massacrait pour un rien ! (vous vous imaginez aujourd’hui, la fille qui se fait snober, demandant on ondulant devant son mec : »Eh Chose… y a Machin qui m’enquiquine, tu peux me le raccourcir d’une tête s’te plaît ? » 

Cogitez bien et bonne journée et à plus tard.
 

La dragonne

 

par Sieglind publié dans : Strauss R.
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Jeudi 6 octobre 2005

Bonjour à tous !

 
 

Hier, on a parlé gosiers, aujourd’hui on cause opéra. J’avais demandé qu’on m’aiguille sur une œuvre à traiter, parce que ça foisonnait tellement côté circonvolutions cérébrales que j’arrivais pas à sortir un nom du chapeau. Larchange, j’oublie pas Médée (mais faut que je remette la main sur ce satané livret (une victime d’un rangement sauvage, certainement) sinon, vous vous contenterez du synopsis (faites-moi confiance, je réussirai à « l’épaissir » quand même). Là, c’est du côté de Briesing que je me tourne étant donné qu’elle a lancé l’idée. On va parler histoire biblique et chanter allemand puisqu’il s’agit d’une œuvre de Richard Strauss, 1864-1949  (pas le valseur, lui c’est Johann – entre autre, parce qu’il y en a d’autres de la famille viennoise à composer de la valse à trois temps). Il s’agit de :

 
 

SALOME (ou les tribulation d’une aventurier chez les réducteurs de têtes… c’est pas ça ?) Opéra en un acte donc on va traiter par scènes cette fois. Donc :

 
 

Le lieu : pour la première scène : le palais d’Hérode à Tibériade (Galilée) pour la révision prenez vos missels et cherchez, mais c’est au moins trente berges avant l’arrivée de Jésus. Une terrasse coquettement aménagée, genre jardins suspendus de Babylone, rocking-chairs, transats, bar, barbecue etc… Terrasse donnant sur la salle à manger (ça festoie rude d’ailleurs) et à gauche, une vieille citerne ceinte d’un mur de bronze vert (la chaleur que ça doit dégager le truc en pleine cagna !)

 
 

Les personnages : Alors là, accrochez vous parce qu’ils ont des noms à coucher dehors avec un billet de logement : Narraboth, le capitaine de la garde, un page (rôle travesti puisque alto), des soldats (normal puisqu’il y a un chef… vaut mieux que la troupe suive), Jokanaan, prophète à ses heures, mais coincé dans la citerne pour l’instant, Salomé ta p’tite laine (je sais toujours facile, celle-là !), belle-fille d’Hérode, des représentants du peuple juif, égyptien et romain comme  invités au méchoui.



 
 
 

Au lever du rideau, le capitaine Narraboth tape la causette avec le page. Il lui parle de Salomé et l’autre lui répond…. Lune ! Faut pas chercher où il est bourré, ou la princesse le laisse de marbre. Les soldats sont dérangés dans leur sieste par des meuglements venant de la salle à manger. Il y en a même un qui lance que c’est normal, c’est des juifs et c’est comme ça qu’ils discutent religion, à grands coups de gueule.  (à mon avis, y a pas que chez eux, mais enfin…). Narraboth est à cent miles de là, complètement béatisé (et pas béatifié ni baptisé d’ailleurs) par Salomé. Il lui trouve une petite mine style « reflet d’une rose blanche dans un miroir d’argent » (sic) c’est dire qu’elle doit être pâlichonne la minette.

 

 
 

On entend la voix de Jokanaan sortir de son gros tonneau :
« Vous faites pas de bile ! Après moi… pas le déluge, mais l’autre va se pointer et rendre la vue aux aveugles et l’ouïe aux sourds (ou l’inverse…pourquoi pas) – on sait de qui il cause… de J.C évidemment ! »

 
 

Les soldats discutaillent, l’un trouve qu’il le saoule, l’autre qu’il est bien gentil et surtout poli, l’autre que de venir du désert, ça n’arrange pas la tête etc.… Mais en tout cas, tout ce ramdam a dérangé Salomé ou plutôt ça lui a donné une excuse pour sortir de cette foire d’empoigne qu’est devenue la salle du festin :

 

« Plein le dos des ces soirées de oufs ! Entre les Juifs de Jérusalem qui se traitent de tous les noms de piafs à cause de leurs salamalecs, des Egyptiens qu’ont voit qu’de profil et de ces gros bœufs de Romain, sans compter beau-papa qui me regarde zarbi, on est mieux à prendre une bonne goulée d’oxygène à la fraîche ! »

 

Le page regarde Narraboth qui regarde Salomé qui elle regarde… la lune (tiens retour au début de l’opéra) il sent bien que chez le capitaine, c’est pas simplement pour admirer la fille et que ça présage de sacrés ennuis (medium le gamin ?)

 
 

Au même moment, Jokanaan, le prophète « enbidonné » recommence à délirer :

 
 
 
 
 
 

« Jésus revient, Jésus revient (ça c’est « La vie est un long fleuve tranquille »)
- C’est qui l’énergumène qui goualle autant ? – demande-t-elle
- Le « prophète » qui fiche les jetons à ton beau-père.
- C’est lui qu’insulte ma mère ?
- Faudrait p’t’être rentrer là, parce qu’il commence à faire frisquet et pôpa vous demande
- Vu le ton (ténor) il a pas l’air vioque l’illuminé… j’aimerai bien faire causette et voire à quoi il ressemble. Et d’abord y a pas à tortiller, sortez-moi ce gugusse de sa cuve ! Eh Narraboth, j’suis toujours sympa avec toi… tu peux pas déverrouiller le couvercle ? Pour ta peine demain, j’te filerai une fleur (véridique ! Le mec il lui en faut vraiment peu !) »



 
 
 

Et cet abruti complètement décérébré par l’amour obéit, évidemment (vaut mieux de toute façon pour la suite de l’histoire)
Diogene-Jokanaan sort de son fût (un peu en boule, à force d’épouser la forme du truc) :

 
 
 
 
 
 
 
 
 
 

« j’veux causer au bougre d’âne qui m’a fiché dans ce trou ! J’ai à lui filer un message de la haute administration : fais le malin tant que tu peux, mais tu va crever la goule ouverte devant toute l’assistance un de ces quatre ! Et la Marie-Couche -Toi-Là qui lui sert de bonne femme qu’elle vienne que j’lui remonte les bretelles !
- Purée, c’est qu’il fiche les jetons le bestiau ! – lance Salomé impressionnée – vous avez vu ses mirettes ? On dirait des lasers ! Et maigre à passer entre le mur et la tapisserie sans la décoller !
- Qui t’es toi ? – lui demande Jokanaan qui l’a aperçue du coin de l’œil ? Fiche moi tranquille !
- La fille de celle que tu veux habiller pour l’hiver !
- T’approche pas ! Tu vas me filer tes microbes !
- Continue à causer mon mignon… tu sais qu’tu me plais toi ? J’peux toucher ? (elle lui dit carrément dans l’opéra qu’elle aime son corps)
- Me touche pas ou je crie ! - (un peu inversée la situation, vous trouvez pas ?) Ne me cause même pas !
- Réflexion faite… c’est pas ton corps c’est tes cheveux que j’aime bien t’utilise quoi comme après-shampoing ? J’peux tâter le soyeux de la tignasse ?
- Pour défaire les dreadlocks que j’ai mis quatre plombes à travailler ! Même pas en rêve !
- De toute façon, ils sont moches tes tifs ! - (girouette la gamine tout de même) – j’préfère ta bouche… p’tit bisou ?"



 

Alors là : coup de théâtre complètement imprévu (d’où son nom, logique) le capitaine Narraboth pète un câble de voire la fille pour qui il en pince draguer honteusement le prophète et se fait seppuku avec son opinel. (Psychologiquement fragiles ces soldats quand même)

 
 

La fille complètement hypnotisée par le prédicateur piétine allègrement le gisant,  sans même s’en rendre compte et radote jusqu’à la fin de la scène qu’elle l’aura un jour… elle l’aura son bisou alors que Jokanaan drapé dans sa dignité redescend de lui-même dans la citerne en l’injuriant copieusement.

 
 

Fin de la scène trois et on continuera plus tard d’accord ? Je trouve qu’ils tombent bien vite amoureux ces antiques pas vous ? On verra comment ça évolue… mais sans avoir recours aux écritures saintes… je crois pas que ça va finir comme le Barbier de Séville (mal parti pour en tout cas). Bonne journée et à bientôt donc.

 

 

 

La dragonne

par Sieglind publié dans : Strauss R.
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Mercredi 5 octobre 2005

Re-bonjour!

La râleuse refait des siennes! Je bascule impec mon article ce matin, et même plus tôt que d'habitude... je vois l'article... mais pour aller sur les blogs (mien compris, ça c'est une première), bin peau de balle et balai de crin!

Je suppose que c'est encore les maintenances (punaise, qu'est ce qu'on va beaux après ça!) mais c'est "légèrement" (euphémisme) enquiquinant pour aller visiter et lire les articles des autres. Je persévère (vous me connaissez) mais ne vous inquiétez pas si je mets du temps à montrer mes naseaux (OB se fait tirer l'oreille pour me laisser passer).

Donc, je ne vous oublie pas, je suis pas en expédition en Mongolie supérieure, ni embarquée dans une navette extra-terrestre (quoi que..) direction Alpha du Centaure, j'suis à la porte de mon chez moi (mon autre chez moi) et le videur a ses nerfs aujourd'hui.

A plus et soyons zen.

La dragonne

par Sieglind publié dans : Post-its sur le frigo
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Impulsions, coups de coeur et de gueule, idées diverses au fil des notes et journées. Vous trouverez dans ce blog ma vision de l'opéra et de bien d'autres choses. Et aussi ma passion : les dragons.




Comme ma trombine évolue au fil de ce "rondudju" de temps, une petite mise à jour du portrait du bestiau, j'ai encore changé de "look" comme on dit... et le cliché du trombinoscope n'est plus vraiment d'actualité (avis, première et dernière fois que vous avez droit à ma goule, moi et les photos, ça fait quarante-douze)

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