Bonjour à tous !
Alors ce lundi de rab, on en a profité ? J’espère en tout cas, parce que moi, je m’suis pas gênée ! (La ruse c’est d’avoir fait l’article la veille au soir et de n’avoir plus qu’à le basculer le matin, payant le truc, pour le temps gagné !) Après j’ai fait tourner ma machine à laver mentale (lavage, prélassage et bronzage) puis petite collation midinesque d’Arlequins (pour ceux qui sont pas au courant, les Arlequins c’est des restes du repas précédent présentés d’une autre manière, style buffet ou pique-nique, c’est charentais, l’expression, c’est pas inventé)
Donc, j’ai eu le temps de…. ne rien ficher et ça m’a bien plue, mine de rien.
On va quand même continuer le récit de Cosi fan Tutte de Mozart par la suite de l’acte II.
En résumé, les mecs ont commencé leur pari et essayé de draguer la copine de l’autre avec un essai transformé sur deux. Dorabella, la copine de Fernando a craqué sous le charme de son copain Guglielmo déguisé en sarrasin. Don Alfonso, celui qui a lancé l’idée leur fait quand même remarquer que c’est pas gagné et qu’il reste encore un essai… fin du second tableau.
Le tableau suivant représente une pièce avec plusieurs portes (on voit déjà le coup, j’entre, il ou elle sort, elle re-rentre, je re-sors… ficelles plus qu’effilochées du vaudeville, mais c’est un classique !)
Les personnages : Despina, Dorabella, Fiordiligi, puis, plus tard Fernando, Guglielmo et Don Alfonso
Au début du tableau, Despina félicite Dorabella d’avoir réussi le test de « féminité » (on va dire ça pour pas dire qu’elle a fait un accroc sévère à son aube de fidélité virginale). L’autre lui répond que c’est vraiment pas de sa faute et que l’autre (l’autre c’est le mec) a fait tout le boulot et qu’elle est tombée tout bardée la dindette dans ses bras (c’est qu’il savait causer le crooner !). La frangine Fiordiligi rapplique son museau, mais on peut pas dire que c’est la joie :
« A c’est malin ! A cause de vous deux, on va tous cramer nos miches chez Lucifer !
- T’es devenue frapadingue ?
- Nan, bandes d’idiotes ! J’en pince c’est tout !
- Mais c’est génial ! – crie sa frangine – On va être toutes les deux mariées !
- Euh, t’oublierais pas deux mecs qui sont partis se faire trouer le bide à la guerre, par hasard ?
- Bin justement ! S’ils y restent, on se retrouve comment nous ? Une main devant et une derrière ?
- Et s’ils reviennent ?
- On aura déjà la bagouse et on se sera fait la belle avec les deux enturbanés !
- Franchement frangine, j’sais pas comment t’as pu changer en une seule journée ! Moi j’vais pas craquer !
- T’sais pas ce que tu rates ! Vaut mieux tourner dans le sens du vent que de se prendre une bourrasque en pleine tronche ! "– et sur ces paroles Dorabella sort.
Fiordiligi maintient son discours comme quoi elle préfère crever la goule ouverte plutôt que de craquer pour le derviche tourneur-de-caboche. Tout d’un coup, elle a une idée lumineuse (pling) et appelle Despina :
« Desp. Tu te rappelle les fringues qu’ont laissées nos copains au porte-manteau de l’entrée ? Et bin tache de dégoter un manteau, un capeo quelconque et une épée ! Appelle ma girouette de sœur j’veux lui causer !"
Pendant que la bonne s’exécute, elle pense (chante) tout haut :
« On va se déguiser Dora et moi en mecs, on file rejoindre nos copains à la guerre et on s’ra avec eux en pleine bagarre, quitte à y rester !

- Et moi j’arrête de respirer dans la minute qui suit ! – lance Fernando (toujours déguisé) entrant dans la pièce (il avait espionné par le trou de la serrure avec Don Alfonso depuis le début)
- C’est pas vrai ! T’es plus collant qu’un papier tue-mouche toi !
- Tiens, l’épée qu’t’as piqué au ratelier, t’as qu’à tout de suite t’exercer… larde moi !
- T’arrête tout de suite ce cinoche ! J’en peux plus moi !
- Trucidouille moi ou épouse-moi, j’suis celui qu’il te faut !
- T’as gagné ! Je convole ! »
Guglielmo, planqué avec Don Alfonso derrière une autre porte a tout entendu du « coup de canif » au contrat d’engagement de sa copine et c’est vraiment pas la joie.
Les trois compères se rejoignent et les deux futurs-ex-futurs époux (bin oui, fiancés, partis guerroyer, donc quasi clamsés pour les copines, et re-fiancés mais en changeant la fille). Ils décident de se venger. Don Alfonso, leur dit que le meilleur moyen pour ça, c’est de les épouser. Réponse des deux dindons (le sexe de la volaille a changé on dirait…) : ils épouseraient (texto) « plutôt la barque de Charon » ou la « grotte de Vulcain » (bizarre, leur comparaison : un moyen de transport aquatique et un trou dans une grosse caillasse, faudrait voir du côté du Sigmund du coin… ou alors le librettiste Da Ponte avait fumé son tapis persan…) Don Alfonso réplique qu’à ce tarif, ils vont rester vieux garçons, parce que les remplaçantes de Dora et Fior risquent d’être pire. Et puis, ils en pincent quand même pour elles alors autant se faire une raison et prendre les moins pires. Et c’est là d’ailleurs qu’apparaît la phrase qui a donné le titre à l’œuvre, je vous la donne en VO avec traduction quand même : « Giacché giovanni, vecchie et belle et brutte (car qu’elles soient jeunes, vieilles, belles, laides) Ripetete con me (répétez avec moi) cosi fan tutte ! (Elles font toutes ainsi) »

Despina entre en annonçant que les filles sont d’accord pour épouser leurs pseudo nouveaux fiancés et pour partir dans trois jours avec eux, elles demandent d’aller chercher un notaire et attendent les « heureux » élus dans leur piaule.
La scène change et pour le quatrième tableau on se retrouve dans une salle éclairée comme un grand magasin, jour de promo. D’ailleurs ça s’active autant, parce que tout un monde (choriste et figurants) s’active sous les ordres de Despina, pour mettre de chandelles partout et dresser la table pour les noces. Don Alfonso la félicite pour son boulot alors que les deux couples s’avancent. Ils arrêtent pas de se faire de mamours verbales : « t’es canon, t’es trognon, que t’as de grands yeux, que t’as de grandes raquiches ! »
Despina s’est une nouvelle fois éclipsée pour revenir déguisée (c’t’une manie chez elle !) en notaire cette fois.
Elle leur lit le contrat (faux comme le râtelier d’ma tantine) où Fiordiligi épouse Sempronius et Dorabella , Titus (on apprend enfin le blaze des déguisés et qu’ils seraient albanais, parce que c’est quasi la fin quand même) et que l’alinéa truc de l’article bidule du paragraphe chose… et patati et patalère. Les quatre intéressés font presser la musique parce qu’ils vont pas y passer cent sept ans.
Coup de théâtre, quand on entend dans les coulisses la chanson du soldat du début. Don Alfonso fait semblant de regarder vers le rivage et annonce que les deux fiancés reviennent de la guerre (un jour, la guerre, plus court, vous me ferez signe !)
Panique à bord : les filles courent dans tous les sens et décident de ficher leurs galants dans un placard ! (le coup de l’armoire avec l’amant dedans, vous voyez que c’est pas nouveau). Despina, saute dans un coffre à jouet qui se trouve dans un coin.
Les copains à nouveaux attifés en… eux, entrent par une autre porte (d’où l’utilité des portes multiples dans la scène, j’vous l’avais dit) :
« Devinez qui est d’retour ?... Bin vous en fêtes une tronche !
- C’est la joie – répond Don Alfonso pour elles – et comme toutes les grandes joies sont muettes…
- Pourriez ranger c’te malle, on a failli se la prendre de plein fouet, j’vais la pousser, tiens elle est garnie ! C’est qui ce… notaire ?
- C’est Despi – lance celle-ci en ôtant son faux nez et sa barbichette, y avait soirée costumée et j’avais qu’là pour me déloquer
- J’pige plus rien ! – chuchotent les deux sœurs (faut dire que même nous, on a du mal à suivre alors …)
- C’est quoi ces papelards ? – demandent les deux copains – On les a trouvé par terre. – (négligemment jetés par Alfonso) – Un contrat de mariage ? Et signé ! On vous promets qu’ça va saigner le raisiné !
- Pardon, pardon, pardon – supplient les filles (enfin c’est d’autres mots, mais c’est l’esprit)
- Allez déballez le pot au rose !
- T’as qu’à demander à ton pote Alfonso et à c’te garce de Despina !
- Bin c’est vrai y eu entourlipouille – répond Don Alfono.
- Ah aaaaah !" – lancent triomphalement les mecs en sortant leurs costards d’Albanais qu’ils avaient planqué derrière la porte, ainsi que le costume de docteur du début que portait Despina.

Stupeur et tremblements pour les trois nanas (sur le coup Despina se retrouve coincée aussi)
Don Alfonso leur explique :
« C’était un pari et que l’avantage du truc, c’est que vos copains se seront un peu « assagis » dans cette aventure. On se donne la main, on se fait la bise et on fait la fête !
- Pardon les garçons ! On fera tout pour vous consoler et rester de bonnes petites meufs
- On vous croit sur paroles – et surtout ils ont aucune envie de retester la chose !
- Mince j’ai été eue comme une bleusaille moi sur l’affaire – lance Despina. Mais c’est pour toutes les fois où j’ai roulé les autres.
Conclusion de l’opéra par un sextuor : « Faut savoir prendre le bon côté des choses, rire de ce qui fait habituellement pleurer et rester zen parmi les em…brouilles de la vie »
Fin de l’opéra sans trop de moralité, parce que quand même c’est bâti sur une sacré tromperie et le fait de savoir qu’on ne peut se fier à l’autre et qu’il faut s’en contenter… Mouaiii ! C’est pas trop ma « philo » ça et la question du jour sera :
« Et vous ? Qu’est-ce que vous en pensez ? »

Cogitez bien sur le peu de valeur que Mozart avait de la constance humaine ou plutôt sur ses limites, ou allez faire un tour, parce qu’il fait beau et que les cours ça reprend qu’en Septembre, la balle est dans votre camp (moi j’ai choisi : Il fait beau !)
Bonnes journée et à plus tard
La dragonne
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