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Mercredi 26 octobre 2005

Bonjour !

Comme on prévu, hier, visites, enfin là où je pouvais, chez les blogueurs (j’insisterai pas sur ça, n’est-ce pas ?) et petits trucs  à droite et à gauche, intra et extra muros, (faut bien utiliser au maximum les directions à notre dispositions non ?)

Optimiste, je suis pas encore allée vérifier que ça fonctionnait mieux qu’hier le blog et si ça se trouve, vous aurez un article fantôme à votre newsletters, mais je vais pas continuer à me tournicoter les pouces en attendant que ça passe, alors allons-y, Alonso, pour la suite de Simon Boccanegra de Verdi (si besoin est, un p’tit tour en arrière pour se rappeler le prologue, ça  peut être utile après ces deux jours de folle agitation). Rappelez-vous surtout qu’on est vingt-cinq ans après cette intro, bien utile ma fois, pour expliquer la situation..

SIMON BOCCANEGRA – ACTE I –

Le lieu :

Monaco (bin oui, c’est peut-être une interprétation très « personnelle » de la mise en scène, mais quand vous lisez au synopsis : « jardins du palais Grimaldi, près de la mer » à quoi vous pensez vous ? Pas à la forêt équatoriale à mon avis). C’est l’aube (les phoques chantent),



Il n'y a pas que les coqs qu'on droit de chanter à l'aube non?

 bout de moquette verte pour figurer le gazon anglais, des fleurs en plastoc (de celles qui parlent et dansent quand on tape dans les mains – j’adore ce truc vu dans une carterie quelconque – en guise de parterres, des nains de jardins et quelques Bambis pour faire plus gai.

Puis pour le finale Chambre du Conseil du doge (une salle de réunion avec table en formica, chaises pliantes et retro-projecteur – je mise-en-scénise comme je veux, d’abord)

Les personnages :  

- Amelia la fille de Simon (la kidnappée du début, élevée par le comte Grimaldi), 
- Gabriel (pas l’ange, le copain de la fille),
- Fiesco, grand-papounet et tuteur (sous le nom d’Andrea) d’Amelia, une fois que la gamine se soit retrouvée seule, le comte Grimaldi s’étant vu invité à prendre le large, très, mais alors très loin de son palais, pour mauvais choix politique.
- Simon Boccanegra ‘(le doge, plus nouveau, étant donné que ça fait belle lurette qu’on a assisté à son élection)
- Paolo, le fameux chef politique de plébéiens (complotant au début, du prologue pour faire élire Boccanegra) et son fameux bras droit (ou éminence grise, ou âme damnée Pietro,
- Membres plébéiens et patriciens pour le finale de l’acte (pour un de ces fameux chœurs verdien comme on les aime)

Au début de l’acte donc, Amelia, gambade (sur l’air des Schtroumpfs) 



en admirant le paysage (un rien l’amuse la ch’tiote). Au loin, on entend son copain (discret tiens) que pousse sa note, histoire de prévenir de son arrivée, incessamment sous peu, comme on dit.

Dès qu’il pointe son museau, elle lui saute sur le râble pour lui confier qu’elle sent pas trop la suite de l’histoire, quant à son sort et à celui de son faux tuteur Andréa (vrai grand père Fiesco) Faut dire qu’il est malin le vioque de comploter comme il fait pour ficher à bas le doge en place (Boccanegra donc) – je sais, j’en rajoute côté explication, mais c’est toujours si « mic-maqueux » leurs distributions de rôles, qu’une vache n’y reconnaîtrait pas son veau.

L’amoureux compatit, mais aimerait bien qu’on parle d’autre chose… d’amour par exemple, et elle ne se fait pas prier longtemps. Et vas-y que ça gazouille, que ça soupire, que ça se prenne les mimines - truc qui m’étonne toujours dans l’opéra, c’est la capacité qu’ont les chanteurs de se hurler des « je t’aime, je t’adore » à trois centimètres à peine de l’oreille, sans devenir sourds au bout de quelques représentations – (si ça se trouve… ils sont sourds, c’est pour ça qu’ils s’égosillent : « Tu me plais ! » « COMMENT ? » « J’TE KIFF GRAVE ! » « A BON ? MOI, PAREIL ! » etc…)


Le gazouillis (CUI-CUI !) amoureux tourne court, à l’arrivée de Pietro (le bras droit intéressé de Paolo) qui signale que le doge en a marre de rater une vache dans un couloir (on peut être doge et nul à la chasse, non ?) et qu’on ouvrira des boîtes ce soir, mais qu’avant, il voudrait bien lui causer d’un truc, avant qu’il bouffe la commission (comme on dit là aussi). Amélia renifle que ça sent pas la rose pour elle, ça rognote plutôt le mariage forcé avec un certain rascal de Paolo, qu’elle peut pas piffer en peinture.

Gabriel, son copain,  préfère prendre ses précautions et coure demander à son tuteur Andrea-Fiesco son accord pour griller Paolo au poteau. Le vieux est pas contre, mais… voilà, il y a une c.. grenouille dans le potage : la fille est adoptée - le comble c’est que le grand-pôpa conspirateur et déguisé, ne sait rien de sa pupille et surtout pas qu’elle est la fille de son rival Boccanegra, c’est ça le mystère dans les opéras… nous, spectateurs, on sait tout depuis le début, on aurait du mal à pas être au courant, vu le volume sonore de leurs « confidences », mais eux, les intéressés, sont toujours en retard d’un métro (ou alors, ça confirme… ils sont sourdingues !) – En tout cas, de son côté, il n’y voit pas d’objection (étant donné que c’est un sympathisant du mouvement)

Boccanegra fait son entrée et accueille Amelia. Il était juste passé pour lui dire que son père adoptif pouvait revenir à la maison, il a tamponné personnellement l’imprimé de levée de bannissement.

« Alors, heureuse ?
- C’est pas mal, mais, j’ai d’autres chats à fouetter, un Paolo, qui me coure au train par exemple et qu’est aussi collant que de la super-glue, et le fait que mon vrai pôpa, j’aimerai quand même savoir qui c’est… depuis le temps. Tout ce que j’ai c’est le petit merdaillon avec la photo mathon de ma môman dedans (le coup du médaillon ! Mais bien sur ! Celui-là, il n’est pas nouveau et fait toujours recette)
- Cornegidouille de patafiole ! Mais c’est Maria, ma copine ! T’es donc ma « rejetone » ? (Ouaaaah, l’intensité dramatique est à son comble !) »

Là, sans rire, ce passage n’est pas piqué des hannetons ! Super le duo papounet-fistonne ! Avec le Figlia (fille en Italien) lancé par Boccanegra (fa aigu, pour les puristes) Joli moment !



Paolo, arrive en roulant sa caisse, pour se faire claquer le baigneur par le doge qui lui annonce que c’est baste et qu’il a intérêt à prospecter ailleurs pour trouver chaussure à son pied. C’est le Iago du coin, l’Iznogoud du bled, le bon traître quoi, et pour pas déroger à ses fonctions d’antipathique de service, il décide, avec  son compère Pietro de raptoriser Amelia, ça leur apprendra à tous !

Je coupe là, et la suite de l’acte demain, parce que c’est le finale dans la salle du Conseil et qu’il est assez costaud. La  scène date entièrement de la révision de l’œuvre par le librettiste Boïto, le livret était à l’origine de Piave, quand même cinquante pages de la partition vocale, presque la moitié de l’acte !)

Je vous quitte et vous dis donc à demain et passez une bonne journée

La dragonne

par Sieglind publié dans : Verdi
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Lundi 24 octobre 2005
Bonjour!

Alors, tous remis ? Je dis ça, étant donné que les commentaires hier, laissaient entrevoir une certaine « fatigue » pour ne pas dire feignasserie (surtout de mon côté, j’avoue, mais ça m’arrange, comme chacun d’entre nous, de penser qu’on n’est pas seul à jouer les légumineuses).


Aujourd’hui, à la demande d’un blogueur (j’aime bien ! On commence à me passer commande, et pas de la gnognotte ! Trois noms d’opéras, cette fois ci !) on va retourner côté Italie, pour loucher du côté de ce cher Joseph (Giuseppe, en VO) Verts (Verdi, même version) pour parler d’un certain Simon Bouche Noire (Boccanegra, mais en Espagnol cette fois-ci)

Comme j’ai prêté le CD (avec livret, évidemment) je vais juste vous raconter cette fois-ci le synopsis, sans m’étendre, comme d’habitude sur les dialogues ; je connais, mais, soyons logiques, pas tous les livrets par cœur, à part certaines scènes des œuvres, qui m’ont tellement marquée, qu’elles ont tourné pas mal en boucle, suffisamment pour m’entrer dans le ciboulot – vous voulez que je vous chante le début de l’acte II de Lohengrin ? ça peut se faire… mais je tiens à garder une hygrométrie normale dans la région et surtout, votre moral  dans le bleu, ce matin, alors je m’abstiens.

Le mec qui donne son nom à l’opéra, c’est le personnage d’une pièce de Antonio Garcia Gutiérrez (d’où la consonance ibérique du pseudo). On est en train de tourner autour d’une certaine lutte des classes (plébéiens et patriciens l’équivalent au XIVe siècle de notre classe laborieuse et majoritairement votante et de l’autre,  les pontes (Doges, ici), ceux qui naissent avec une cuiller poinçonnée dans le bec, tamponnés au front, d’un nom particulé, long comme la liste des courses (enfin la mienne)


SIMON BOCCANEGRA de Giuseppe Verdi


J’explique pour une fois, la situation au début de l’œuvre : A l’époque (XIVème donc) la ville est dirigée par un doge (chef élu dans les anciennes républiques de Venise et de Gênes) nommé par les patriciens (les socialement arrivés donc).
Au début de l’histoire ce chef, Fiesco a une fille (ouaaaah ! quel suspens !!!! Euh, faut dire que, jusque là, pas de quoi faire un opéra, et surtout de retenir l’attention du public) et que la fistonne, Maria, (on peut chantonner « West Side Story » si ça chante) s’est entichée (là où y a de la « Gênes » y a pas d’plaisir) d’un plébéien, Simon Boccanegra, un non particulé donc (« Faute ! Pas assez cher, ma fille ! »).





Elle a un peu dérapé en comptant ses pilules et a eu un mouflet avec lui ou plus exactement une mouflette (alors là, c’est la grosse boulette ! Comment caser une portée sans pedigree ?)

Comme ça faisait vraiment désordre dans le milieu paternel, c’est Simon qui a hérité du bébé (c’est le cas de le dire) et comme il se baguenaudait souvent du côté des mers (un VRP véliplanchiste ?), môminette fut confiée à une vieille nounou, par l’âge toute penchée, à Pise (hé ! On est lundi et je suis fatiguée côté blagues, alors vous vous en contentez !)




Boccanegra et son chien (personne n'a signalé qu'il n'en avait pas) de retour de balade en mer



Un jour, de retour d’une bataille navale avec des copains, il tombe sur la baraque sans dessus dessous et la vieille nounou raide morte ! Il a été cambriolé, et les voleurs ont même piqué le gnard !
Il prospecte, dans tous les coins, pour la retrouver, sauf du bon côté, parce que la môme a été récupérée par un noble, Grimaldi (tiens donc), qui l’avait trouvée sur la plage (à mon avis, elle les a tellement saoulés, les monte-en-l’air, qu’ils s’en sont débarrassés avant que ça attire les bêtes) Voici donc la situation, au moment où le rideau se lève. Mais cette fois-ci (un peu de changement ça ne fait pas de mal) on a droit à un prologue.

Le lieu donc : Gênes (Italie)

Les personnages : Paolo, leader des plébéiens, Pietro, membre influent (bras droit pour les droitiers) du mouvement, Simon Boccanegra (le VRP aquatique), Fiesco, le doge et papa de Maria (la fauteuse de trouble),  

Au lever du rideau, ça discute politique et élection entre Paolo et Pietro, il faut dire qu’il y en a marre que ça soit toujours les patriciens (le parti adverse) qui choisisse le doge ! Leur liste est déjà faite et le nominé pour postuler au boulot, c’est Simon Boccanegra (évidemment, il se devait d’avoir quand même un bon boulot, étant héros d’une œuvre, ça excuse son absence d’arbre généalogique au mur du château… qu’il a  pas, d’ailleurs !). C’est Pietro (le bras droit) qui a fait la liste et il compte en retirer pas mal de châtaignes du feu (genre carte de membre permanent dans tous les endroits branchés et voiture de fonction).
Boccanegra est d’ailleurs  à Gênes, et ne s’est pas  fait pas prier pour accepter le boulot (étant donné que ça lui permettrait de prendre du galon aux yeux du Fiesco et d’avoir un peu plus de chance d’épouser la mère de sa gamine).
Paolo annonce donc au peuple (venu aux nouvelles et surtout, apporter un peu de « corps » au volume vocale, Verdi et ses chœurs… il ne faut pas oublier !) que Boccanegra sera candidat  aux élections « dogiennes », « dogilistes » « dogicrates »… (enfin du doge quoi).
La foule gouallante traite de noms d’oiseau Fiesco (lutte des classes, j’vous disais) le doge en place et « nanti », comme on dit (« C’est une émeute ? – Non, Sire, c’est une révolution ! »).
Le palais de celui-ci est d’ailleurs un peu trop éclairé. A cette heure, à part la lampe de chevet pour lire le dernier San Antonio, ou la loupiote des sanitaires, pour satisfaire un besoin nocturne, c’est pas la peine d’user les chandelles dans toute la maisonnée comme il le fait.
Paolo joue l’intox, en chuchotant que c’est pas normal… et qu’il se passe des choses pas catholiques chez le doge (orgies, messes noires, Monopoly ?  rave party ?)





La place se vide peu à peu et Fiesco sort de sa bicoque pour prendre l’air et craquer en public (chanter des coulisses, ça le faisait moins aussi). Sa fille Maria, la copine de Boccanegra, vient de passer l’arme à gauche, et ça a de quoi l’énerver un peu (c’t’un brave homme dans le fond, mais c’est sa fonction qui le bouffe !)
Il voit arriver Boccanegra, la goule enfarinée et à cent lieues de se douter de ça. Il lui saute presque sur le poil, en l’accusant d’avoir provoqué la mort de sa fifille. L’autre a beau expliquer qu’il était en déplacement et qu’il voudrait pas paraître mesquin, mais il a quand même perdu son mioche alors que justement il était tout fier de présenter le grand-pôpa à la pitchoune (et vice versa) ça n'attendrit pas des masses le vieux bouc.





Fiesco snobe Boccanegra et le prévient que s’il veut qu’il lui recause un jour, faudra qu’il se grouille à retrouver SA petite-fille (bin tiens, maintenant que la fille est clamsée, on se rabat sur la progéniture, pour continuer la lignée). Boccanegra entre dans le palais, pour voire une dernière fois sa copine (moi, j’aime à penser, qu’il croit pas le vioque et qu’il veuille avoir la preuve de cette mort fort mal à propos, vous savez… c’est quand même l’époque où ça se tiraillait drôlement dans les pattes, pour rester sobre, et qu’on s’empoisonnait allègrement pour « tuer » le temps entre familles rivales…). Il tâte le pouls, constate l’heure du décès et ressort pour se faire ovationner par le peuple à sa sortie, comme nouveau Doge de Gênes (on a droit au passage très démocratique, musicalement parlant, de Verdi, l’hymne patriote à la Giuseppe quoi !)

Le prologue prend fin et on se quitte ici, parce que ça fait suffisamment long pour un lundi et que l’acte I se passe quand même Vingt-cinq ans plus tard (presque de l’Alexandre Dumas, ça)

Bonne journée donc et à plus, portez-vous bien !

La dragonne
par Sieglind publié dans : Verdi
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Dimanche 31 juillet 2005

Bonjour à tous !

C’est la fin de semaine, donc … fin de l’opéra Aïda aussi. Hier, déjà, j’ai été rappelée à l’ordre par Petite Plume parce que je n’avais rien « produit », j’allais pas vous faire mariner encore les lustres, Larchange tu vas pouvoir sortir de ton apnée « urinatoire ».

Avant-hier, on en resté à l’alpagage de ce pauvre Rhadamès après qu’il se soit interposé pour empêcher le papa d’Aïda de clore définitivement le bec de cette perruche d’Amnéris et c’est là-dessus que le rideau du troisième acte tombait.

Voici l’acte IV où l’on va tout savoir (et rien payer en plus. Que demande le peuple ?)

SCENE 1

Le lieu
: une salle dans le palais du papa d’Amnéris, une porte donne vers la cave à vin où se rendent les arrêts des jugements (ça doit donner les délibérations au milieu des libations !) Sur la droite on voit le trompe-l’œil représentant la galerie qui mène à la prison où Rhadamès a été invité à faire une pause (sans passer par la case départ et sans recevoir un fifrelin en plus)

Les personnages : Amnéris-la-trépigneuse, Rhadamès-le-Vendu (pour les hiéroglypheux), les représentants de la loi toujours avec leur serviettes nid-d’abeille autour des reins, les représentants de la foi, modèle vestimentaire similaire mais en plus long (vous avez déjà vu vous un curé dire l’office en short et marcel? Nan ? Bin normal ça jurerait avec la solennité du lieu)

Au lever du rideau Amnéris fais les cent pas en pétant tout ce qui lui tombe sous la main (c’est une sanguine, ou alors bêtement, elle prend ça comme excuse pour pouvoir refaire la déco., allez savoir avec celle-là !)
« Aîda m’a glissé entre les pattes et l’autre enamouré qu’attend le verdict des prêtres pour son crime de lèse-empharaonnée, C’est pas juste ! J’en pince moi ! C’est qui la patronne au fait ? J’ai quand même mon mot à dire ! »

Rhadamès entre avec l’aide d’un pilum dans l’axe de son valseur pour le faire avancer plus vite. Amnéris se précipite sur lui et le secoue comme un prunier pour lui décoller la pulpe sans doute :
« Tu va le cracher, dis, le morceau ? Avoue que c’est pas de toi l’idée ? Si tu dis ce qu’il faut, j’peux peut-être négocier avec papa pour une remise de peine.
- Je rêve pas là ? – (répond le secoué) - T’es en train de me faire dire que j’suis passé à l’ennemi ?! J’ai qu’une parole moi môdam’ !
- Tu vas dire c’que j’veux ou j’ten colle une ?!
- Plutôt crever !
- N’y pense même pas ! J’aurais pas tout misé sur toi pour que tu décide d’arrêter de respirer !
- J’ai bien tout misé moi aussi sur Aïda !
- Si tu lâches encore son pseudo, j’répond plus de moi ! –(à mon avis, ça c’est déjà fait depuis longtemps !)
- De toute façon, elle est clamsée alors…Ta milice lui a collé au train ainsi qu’à son paternel et sont pas des tendres les porteurs de pilum !
- Nan elle a esquivé, c’est son papa qu’à pris la rafale dans le bide  – (ils étaient plusieurs porteurs de sagaies). Depuis… plus d’nouvelles !
- Autant qu’elle sache pas alors que je vais y passer, ça la minerait un peu la pov’ !
- Si je t’aide à t’en tirer, tu m’jures que tu la reverra pas ?
- Des nèfles !
- Mauvaise réponse, t’as droit à un autre essai ! Alors.. ?
- Cause toujours !
- Jamais deux sans trois, cette fois-ci c’est la bonne ! Si…
- Te fatigues pas ! C’est décidé, j’préfère passer l’arme à gauche plutôt que de te devoir kek’chose ! »

Rhadamès entre dans la crypte des arrêts, toujours le bas du dos dans la visée des gardes « pilumés ». Amnéris s’arrache des touffes de coton (bin oui, pas folle la guêpe, elle se venge sur sa perruque !) parce qu’avec toutes ces histoires, elle risque de finir vieille fille… Les prêtres traversent la scène pour entrer eux aussi dans la cave à vin. En voix off, on entend les délibérations d’usage : « accusé qu’avez-vous à dire pour votre défense ? » etc. (là, vous pouvez piocher dans les scènes des séries flico-judiciaires qu’on nous sert régulièrement à la télévision). A chaque réplique, le tas de coton grandit aux pieds de l’angoissée.
Ramfis et es prêtres remontent pour annoncer la sentence (c’était vraiment pas la peine, parce qu’avec la discretion de leur « phrasé lyrique », y a qu’au pôle sud qu’y z’ont pas dû entendre, et encore si le vent était du mauvais côté)
‘Pour intelligence avec l’ennemi, il sera pas passé par les armes au petit matin, on a trouvé mieux ! On va te le claquemurer tout vif dans un tombeau ! »
Dégoûtée, Amnéris préfère sortir alors qu’on change de décors pour la scène 2.

Le lieu : L’intérieur du temple de Vulcain et la tombe qui va servir de studio à notre héros. La scène est coupée en deux (vous savez comme les vitrines à fourmilières qu’on achetait avant… ou l’on voyait toute la maison des p’tites bestioles en coupe… et bin là, c’est pareil sauf la vitre – vaut mieux pour qu’on entende quand même !) – Tiens ça me donne une idée… j’vais demander aux Kikojo s’ils peuvent pas me bidouiller un truc sur ce décors (c’est pile poil leur corde)

Les personnages : Rhadamès, les prêtres, un chœur (voix off), Amnéris, et… Aïda (cherchez pas comment, mais elle est là !

Au début de la scène, Rhadamès est assis sur les degrés de l’escalier du tombeau , p’tit moment de faiblesse, sans doute, alors que les prêtres sont en train de refermer la dalle du caveau.

« Tiens, j’entend un bruit rocailleux, ça doit être les prêtres qui verrouillent l’entrée - (quelle déduction ! J’en reste pantoise !).- Ma pov’ tite Aïda ! J’vais plus la voir ! Heureusement qu’elle sait pas où j’suis, ça l’achèverait !...
Quelqu’un éternue dans l’ombre
« Gesundheit ! (pardon, « à tes souhaits », s’cusez c’est un réflexe !) -  il s’arrête…-  euh, j’crois qu’je suis pas seul ! - (là encore quelle maestria dans l’analyse de la situation, l’a pas l’air d’avoir inventé le fil à couper le beurre celui-là non plus !)

Il s’approche douuuucement, on sait jamais, vu le lieu c’est p’tet un drapeux enchaîné (un fantôme quoi). Son ectoplasme est un peu trop « pulpeux » (diva, toujours diva) et il se rend compte que c’est sa copine
« Aïda, mais k’ess tu fous ici ?
J’avais prévu ce qu’ils te feraient (boniche, princesse et médium, elle cumule la minette !) j’ai pris les devants et j’suis venue me planquer ici pour t’aider à passer le temps.
Mais ça va pas dans ta p’tite tête ! T’as pas tant que ça d’heures de vols tu peux encore refaire ta vie ! Fais c’te connerie pour moi !
Pffff trop fatiguant de se chercher un nouveau mec et pis t’as vu, un emplumé passe pour nous servir de guide…
petite précision : elle parle de l’ange de la mort qui leur montre le chemin. Je tiens à lui signaler, que c’est un tombeau au cas où elle l’oublierait, alors… ils vont pas mettre des plombes avant d’atteindre l’autre mur ! D’ailleurs y a un truc qui me fait sourire, c’est que dans le livret, cette réplique elle doit la dire « en extase » (sic). La tronche de l’extasiée, à quatre pattes, dans le noir presque complet, commençant à manquer d’air et qui commence à hallucinouiller ! Trop fort !
Elle reprend (ou c’est plutôt moi qui la fait reprendre) :
« Y a plus folichon comme tub de l’été ce qu’il gazouille !
C’est pas lui, c’est les prêtres au-dessus ! Attends j’vais essayer de bouger le bloc, on sait jamais (en plus en vrai, il aurait toutes ses chances, étant donné que c’est du polystyrène peint façon marbre).
Il fait semblant de forcer, mais la « pierre » résiste.

Il rejoint sa copine pour attendre la fin des haricots pendant que les prêtres s’égosillent dans un chant religieux à Phta et qu’Amnéris, qu’est allée changer de tenue pour celle de veuve (elle se croyait vraiment casée, celle-là) s’étale sur la dalle pour dire au revoir à son ex futur époux par la fente du couvercle.


L'image de la tombe de Rhadamès par les Kikojos (Merci mes grands)

http://kikojo.over-blog.com/article-649434.html

Fin de l’opéra de Giuseppe Verdi Aïda !

Prenant s’pas ? Allez… remettez-vous, c’est que du théâtre piaillé ! Sont pas vraiment morts, piss’k’à  la fin ils saluent tous ! C’est pour de faux ! Faut pas être sensibles comme ça… c’est mauvais pour les nerfs… Et j’ai même pas un bout d’essuie-tout à vous filer… Vous avez l’air malin, maintenant avec la goutte au nez !

Petite aparté: faut vraiment que j'vous aime bien, si vous saviez la suée que je viens de me prendre à essayer pendant plus d'une heure de basculer l'article... vous me dresseriez une statue les copains! (j'ai perdu la connection j'sais pas combien de fois, quand ça patinait pas! Que du bonheur pour mes p'tits nefs quoi!)

Bon je vous laisse jusqu’à la prochaine fois. On retourne à Mozart et c’est…. Vous verrez bien ! Bonne journée à tous.
La dragonne

par Sieglind publié dans : Verdi
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Comme ma trombine évolue au fil de ce "rondudju" de temps, une petite mise à jour du portrait du bestiau, j'ai encore changé de "look" comme on dit... et le cliché du trombinoscope n'est plus vraiment d'actualité (avis, première et dernière fois que vous avez droit à ma goule, moi et les photos, ça fait quarante-douze)

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