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Samedi 10 décembre 2005
Bonjour,

On reprend où on en était, c'est à dire à l'origine du changement de Saint Nicolas au Père Noël qu'on connait tous. Lundi, vu la longueur de l'article, vous aurez quartier libre (et il faut que je réfléchisse quand même à un nouvel opéra à raconter n'est-ce pas? Donc, prenez votre temps, arrêtez vous quand vous voulez, vous pourrez y retourner plus tard (je dis ça pour Kikojo s'pas? hé, hé)


Donc, en ce qui concerne le Père Noël, je passe évidemment sur les fêtes solsticiales de décembre (d'autre les évoqueront aussi, je présume), mais ça a quand même mis du temps à disparaître, ça, je confirme. C'est le fait d'avoir un brassage de populations (dû aux croisades) qui répandra l'histoire de Nicolas dans nos régions au XIème siècle (via l'axe du Rhin et la Normandie) Avant, sur un axe Pays-bas-Suisse, le changement de saison était personnifié par un personnage bizarre Hellequin (un meneur de démons pour résumer) et ça plaisait assez aux autorités religieuses de remplacer ce satanique par un bon grand saint auréolé et ayant fait ses preuves.Par contre Hellequin est resté le compagnon de Nicolas, puisque certains disent que le père fouettard, ça serait sa représentation modernisée.
Durant tout le Moyen-Age, St Nicolas sera le patron des fêtes de Noël, et il faudra pas mal de siècles pour que le Père Noël et St Nicolas soient différenciés  dans le calendrier.
Mais, dans le Sud de l'Europe où Hellequin n'existait pas, St Nicolas resta longtemps simplement le patron des pêcheurs (en Sicile ou en Grèce).


L'origine du Père Noël

Ce qui a mis fin au culte de Saint Nicolas en temps que représentant des fêtes de fin d'année, c'est la réforme protestante du XVIème siècle. On a voulu aussi mettre en avant la naissance du petit Jésus et non la fête des cadeaux aux enfants méritants donc, séparation des deux fêtes sur le calendrier. Les Hollandais gardèrent quand même leur Sinter Klass (St Nicolas en Hollandais) et sa distribution de jouets. Une fois une de leur colonnie installée aux Etats-Unis au XVIIème siècle, Sinter Klass muta en Santa Claus et se fit une nouvelle garde-robe (l'ancienne commençait un peu à dater, il faut dire). Par contre, le Santa Claus new-look, garda quand même certains détails de l'autre: la barbe blanche, le manteau rouge, par exemple. Mais comme l'âne de Saint Nicolas était un peu trop cabochard et surtout un peu flaibard, on fila à Claus un traîneau tiré par des rennes à la place (rapidité, rentabilité, c'est bien américain ça tiens).Par contre, on gomma sciemment le côté trop religieusement impliqué, pour que tout le monde y trouve son bonheur même des non catholiques.

En 1809, l'écrivain Washington Irving raconta les déplacements par voies aériennes de Saint-Nicolas pour la distribution de cadeaux.

Clement Clarke MOORE, pasteur de son état,  écrivit en 1821 un conte de Noël pour ses enfants intitulé « The night before Christmas » (La nuit d'avant Noël ) et là, on voit pour la première fois le père Noël dans son traïneau tiré par des rennes. Il remit l'histoire au goût du jour en écrivant "A Visit From St Nicholas" qui parut dans "Sentinel" le 23 décembre 1823. Il y cause lutins distribuant des cadeaux par la cheminée et se déplaçant dans une carriole tirée par 8 rennes (Blitzen, Dasher, Dancer, Cornet, Cupid, Donder, Prancer et Vixen). En 1939, on y rajouta Rodolf, le renne au pif rouge, chargé d'éclairer le chemin.
La, ça fait "sping!" ça me rappelle le nombre des walkyries, chargées de récompenser les héros morts en les menants au Walhala, le paradis teuton (9) et Wotan (un barbu grisonnant et imposant) mais c'est juste moi que ça concerne le délir... quoique...

En 1863 « Harper's Illustrated weekly », un canard New-Yorkais, présenta un Santa Claus ventru et hilare en costume garni de fourrure blanche agrémenté d' un large ceinturon de cuir, dessiné par Thomas NAST. Ce dessinateur réitéra son bonhomme de Noël pendant près de 30 ans dans le journal, à chaque fête de fin d'année. En 1885, il a eu l'idée de dessiner le parcours de Santa Claus du pôle Nord aux Etats-Unis. (on lui avait enfin trouvé un domicile)

Un an plus tard, un écrivain, Georges P. WEBSTER raconta que la manufacture de jouet, ainsi que sa baraque étaient planquées dans la glace et la neige du Pôle Nord. (confirmant ainsi les dessins de Nast)





Son vrai changement 1931 et... Coca Cola !

Cette société a eu l'idée du siècle, et même plus, le jour où elle a demandé à Haddon Sundblom de dessiner un père Noël en train de boire son produit en plein hiver, histoire de reprendre des forces pendant sa distribution de joujous. (la renommée du barbu de Noël commençait à se faire sacrément là-bas). Superbe coup de pub, parce que du coup, les gamins demandaient à en boire même l'hiver de cette boisson rafraîchissante!
Sundblom, l'habilla des couleurs... de la bouteille de coca cola: rouge et blanc.Et ça y est! Le Père Noël était vraiment lancé sur le marché!
Les catholiques ont bien tenté de protester quant à l'importance grandissante qu'avait le bonhomme par rapport à la naissance de l'enfant Jésus (certains manifestants allèrent jusqu'à ficher le feu à une effigie du Père Noël) mais ça ou se soulager dans un stradivarius, c'était la même chose, le "mal" était fait et les gens ne voulurent plus lâcher leur bonhomme bedonnant aux joues cramoisies.

Je vous renvoie donc sur l'article d'hier d'Alexandre-Gabriel http://alexandre.over-blog.com/article-1360902.html dans lequel il met des images un peu plus nombreuses de ce bon vieux père Coca.

Pour conclure, je vous donner le nom du Père Noël, dans quelques pays:


Allemagne - Christkind or Saint Nicholas

Angleterre - Father Christmas

Autriche - Christkind

Belgique - Saint Nicholas, Christkind and Black Pete

Brésil - Papa Noel

Danemark - Julinisse

Espagne - Three Kings

Estonie - Jouluvana

Finlande - Joulupukki

France - Père Noël ou Petit Papa Noël

Hollande - Sinter Klaas

Italie - Babbo Natale

Japon - Santa Kurohsu

Mexico - Three Kings

Norvège - Jule Nisse

Pologne - Swiety Mikola

Russie - Ded Moroz

Suède - Fader Frost ou Jultomte

Ukraine - Did Moroz

Yougoslavie - Deda Mraz


Bonne journée et portez-vous bien!

la dragonne

PS: Concluons avec d'autres images moins... traditionnelles du père Noël (demain, promis, vous aurez des mères Noël)






par Sieglind publié dans : Je blablatte sur tout et n'importe quoi
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Vendredi 9 décembre 2005

Bonjour,





Donc hier, on s'était arrêté à l'enterrement de Saint Nicolas à Myre. En 1087, il fit reparler de lui, enfin par personne interposée, quand des marchands italiens piquèrent ses nonosses et les emportèrent à Bari (en Italie, donc). . Par contre, une autre version du kidnapping osseux est que ce sont  47 soldats de Bari, voyant que les Turcs détruisaient la ville de Myre qui se sont fait indiquer l'emplacement du tombeau par quatre moines, histoire de mettre les restes du saint à l'abri (47 c'est pas loin du nombre des voleurs d'Ali Baba, tout de même) . Ils l'ont ouvert le sarcophage, sorti ce qui restait et ont emporté le tout jusqu'en Italie. A mon avis, Tout ça, c'était pour récupérer un saint supplémentaire (encore une histoire de fric certainement, parce que, qui dit saint, dit miracles, dit images pieuses, colifichets,messes etc... et c'est pas sourire tout ça!)

Ses fameux exploits ou légendes traditionnelles furent recueillies pour la première fois et mises par écrit en Grèce par Metaphrastes-dans-l'bon-ordre (je sais... facile!) au 10ème siècle.

Je vous en donne un petit résumé (c'est pas les douze travaux d'Hercule mais il a fait fort des fois)

Quand on l'a enterré dans un tombeau de marbre, une fontaine... d'huile aurait jaillit de sa caboche et une source de flotte de ses pieds . Des autres parties du corps, sortait une huile sainte qui guérissait pas mal de monde (d'où l'expression "faire de l'huile") Une fois arrivées en Italie, ses reliques continuèrent à faire des merveilles, sauvant de la noyade, protégeant des voleurs, du cornu à pieds de bouc, ramenant les mômes paumés ou kidnappés à leurs parents.

Quelques années plus tard, un chevalier originaire de Lorraine, passant par là et revenant des croisades piqua un des doigts du Saint pour l'amener chez lui à Saint Nicolas de Port.

Evidemment, les pélerinages furent organisés pour rentabiliser au maximum cette portion de squelette. Quand on priait Saint Nicolas, des miracles arrivaient : Des chevaliers saucissonnés pour servir d'esclaves aux infidèles se sont vus téléportés devant le portail de l'église et Saint Louis, qui nageait comme un fer à repasser se tira tout de même d'une noyade plus que certaine, des marins évitèrent de couler avec leur bateau j'arrête l'énumération car ça serait vite fastidieux (prolifique le miraculeux!) Mieux! Une femme ayant oublié le bébé dans son bain (une marmite au dessus du feu de cheminée) pour aller faire ses dévotions à Saint Nicolas, retrouva le moufflet en train de barboter gentiment dans de l'eau bouillante, sans même une cloque!

Pour ce qui est de ses miracles quand le saint était encore en parfaite santé, je vous éviterai la sempiternelle légende des trois gamins transformés en rosette (d'autres vont certainement en causer, vous inquiétez pas!). Par contre, à Myre, il s'est occupé de trois gamines de sa paroisse, que leur père, un peu raide en fin de mois, comptait vendre comme esclaves pour améliorer l'ordinaire. Comme à l'époque, la dot des nanas servait souvent à subvenir aux besoins des parents et de la famille, elles étaient trés, trés mal barrées!  Nicolas, les voyant trembler dans leur baskets, leur fila des pièces d'or pour servir de dot et sauver leur valseur. Il aurait multiplié les épis de blé d'une ville, évitant ainsi à ses habitants de ne plus avoir de baguette pour saucer leur soupe aux pierres, en période de famine.

Il fit couper des arbres consacrés à Diane, et ficha par terre des idoles et un temple d' Artemis (autre pseudo, de Diane), on dit même que dans son zèle à ruiner les croyances païennes, il retroussa les manches de sa soutane et prit la hache pour transformer en belles buches un arbre assez costaud, et ça, simplement en sept coups.

Petit problème, c'était l'arbre de la déesse chasseresse et elle n'a pas trop apprécié. Furax, elle mitonna une huile zarbi que pouvait brûler dans l'eau et sur les caillasses. Elle se transforma en religieuse (sans la crème patissière) et fit du bâteau-stop pour arriver jusqu'à Nicolas. Sur place, au lieu de descendre, elle invoqua un tour de rein ou des ampoules et chargea les marins, pour honorer le saint à sa place, de beurdoirer les murs de son église et de sa baraque avec le contenu de la fiole. La barcasse à peine disparue de l'horizon, saint Nicolas arriva sur son you-you: "Z'êtes chtarbé ou quoi? La fausse nonne, c'était Diane et elle voulait simplement ficher le feu à ma piaule! La preuve: balancez la fiole à la baille et vous verrez!" Les marins ont obéi, pour voire la mer s'enflammer là où la mignonette était tombée.

Par contre côté légende, s'il y a pas eu récupération, j'veux bien être transformée en grille-pain! Les trois minettes sauvées de l'esclavage (ou de la prostitution) c'est le thème des "trois grâces" Les trois prisonniers vertueux (transformés plus tard en trois princes injustement condamnés, c'est plus classe), sauvés des flammes, c'était à l'origine un thème hébraïque: "les trois jeunes hommes dans la fournaise".

Logique, étant donné que pour asseoir une nouvelle croyance, il faille faire pénétrer dans le crâne des gens que le salut de la mort et des périls vient d'elle.   

     
En résumé, il est le saint patron de pas mal de gens, rapport à ses miracles: des pêcheurs et des marins, il est prié lors d'accidents dûs au feu, et c'est quand même à l'origine la saint patron de la Russie tsariste (rappellez-moi, le nom du dernier Tsar?)

On arrête là, et demain, on verra comment il est passé d'un évèque canonisé à un père dodu vêtu de rouge pétard et le teint fleuri. on causera aussi des diverses noms du père Noël. Là, c'est baste! Comme on dit.

Alors je vous laisser en vous souhaitant une bonne journée. A plus tard donc.

la dragonne.

PS: Vous aurez des images du père et de la mère Noël cette fin de semaine alors patience!
par Sieglind publié dans : Je blablatte sur tout et n'importe quoi
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Jeudi 8 décembre 2005
Bonjour à tous,




Bon, étant donné, qu'on croit à moitié mon histoire comme quoi, j'aurai vu l'église du père Noël (le vrai) et même sa dernière demeure, je suis bien obligée d'y aller de mon article, photos à l'appui (franchement est-ce que j'ai une tête à ne dire "que" des bêtises?)


Si vous vous souvenez bien, cet été, je vous ai lâchement abandonnés à votre triste sort, pour aller trainer mes tongs du côté de la Turquie. Et bien c'est là, que j'ai vu cette fameuse église, à Demre (allez sur le site Turquie, si vous ne me croyez pas!). Mais comme vous êtes tous de la veine de ce cher Saint Thomas, faut bien qu'on rajoute autre chose au panier, ça risque fort de ne pas vous suffir. On va donc parler de Saint Nicolas (le vrai, pas celui habillé du "rouge coca-cola")

Le vrai, le canonisé et tout et tout, se nommait Nicolas de Myre ou Nicolas de Bari. Il est né à Patara, en Lycie, anciennement au sud-ouest de l'Asie Mineure (Turquie actuelle) entre 250 et 270 après J.C. (un peu flou) et il serait mort le 6 décembre, en 345 ou en 352, certains disent 343 à Myre ou Myra (re-flou! Par contre, bizarre pour le jour, ça, ils s'en souviennent) . Il fut d'ailleurs évèque dans ce port pas mal d'années.C'est l'auréolé le plus populaire en Grêce et dans l'Eglise Latine.


Par hasard, il ne pouvait pas avoir une vie simplette, comme tout le monde et il a fallu qu'il fasse même son intéressant le jour de sa naissance, en se tenant debout dans son bain (à mon avis, la bassine devait être tellement froide qu'il était tétanisé oui!). Plus grand, ses copains le rasaient et il préférait fréquenter les églises (tous les goûts sont dans la nature)

Adulte, pour se changer les idées, il s'est dit que ça serait p'tet bien d'aller visiter l'Egypte et la Palestine (on lui avait tellement causé de Toutankarton, qu'il avait décidé d'y jeter un oeil) A son retour, son tonton, l"évêque de Myre décida d'arrêter de respirer et il fallut bien choisir qui lui succèderait. Alors là, grandiose! : Une petite voix chuchota aux évêques, réunis pour la circonstance : "chiche qu'on choisit le premier qui entre à l'église et dont le speudo est Nicolas!" (ils sont joueurs ces évêques) Devinez qui a gagné la queue du Mickey? Mmmm?

Par contre, c'était pas vraiment un cadeau, parce que l'empereur régnant, Dioclétien avait une dent contre les chrétiens. Il le fit mettre en taule et comme Nicolas lui bouffait son oxygène, Dioclétien l'envoya à coups de pieds dans le valseur en exil.

Il put regagner ses pénates en 313, lorsque le nouvel empereur, Constantin, rétablit la liberté religieuse. A cette époque, soit disant que Saint Nicolas aurait été présent au concile de Nicée (un truc relativement important à l'époque) mais ça m'étonnerait sacrément, étant donné qu'il y a une liste des évêques présents et "niet" pour trouver le sien.

Juste avant de passer l'arme à gauche, Saint Nicolas s'est rendu auprès du Saint-Père à Rome et a séjourné quelques temps dans la ville de Bari en italie méridionale (d'où son autre nom).

De retour en Turquie, il aurait rendu l'âme sous les brimades et persécutions des infidèles et donc, c'est sa mort qu'on fête le 6 décembre et pas sa naissance. On l'a enterré à Myre.
En 1087, on recausa du saint mais on verra ça demain (trop long, j'ai même sucré aujourd'hui, pour vous dire).et d'ici là, je vous souhaite une bonne journée.

A plus tard, La dragonne

PS: On m'a demandé des mères Noël, en voilà, et je cherche encore!







par Sieglind publié dans : Je blablatte sur tout et n'importe quoi
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Impulsions, coups de coeur et de gueule, idées diverses au fil des notes et journées. Vous trouverez dans ce blog ma vision de l'opéra et de bien d'autres choses. Et aussi ma passion : les dragons.




Comme ma trombine évolue au fil de ce "rondudju" de temps, une petite mise à jour du portrait du bestiau, j'ai encore changé de "look" comme on dit... et le cliché du trombinoscope n'est plus vraiment d'actualité (avis, première et dernière fois que vous avez droit à ma goule, moi et les photos, ça fait quarante-douze)

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