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Mercredi 10 août 2005

Bonjour à tous !

Alors hier, on a vu le départ  des deux copains de Fiordiligi et Dorabella - faux d’ailleurs le départ, du début à la fin, sauf pour les deux nanas qui sont les dindes de cette farce ! – Le cuistot milanais Don Alfonso est aux fourneaux et ses mitrons, Fernando et Guglielmo, sont chargés de lier la sauce ! Encore une belle tambouille tiens ! Et vous, j’vous vois bien dans le rôle du critique chasseur d’étoiles au guide gastronomique, tiens ! (ça me déplairait pas que quelqu’un rabaisse son caquet à Wolfi en lui disant qu’y a une vie après les Apfelstrudel et la p’tite mousse bavaroise !

On peut donc aborder la fin de l’acte I de Cosi Fan Tutte de W.A. Mozart par :

Le troisième tableau :

Le lieu : le boudoir des deux copines - ça m’a toujours espantée ce terme : pendant pas mal de temps, je me demandais pourquoi on donnait ce nom de gâteau à une vulgaire chambre à coucher, et on n’était pas dans Hansel et Gretel pour avoir le mobilier et l’immobilier en pâtisserie et bonbec à tout les étages !, après j’ai crû que comme nous les nanas on est censées avoir nos « humeurs » c’est là qu’on allait tirer la gueule pudiquement loin des regards. J’aime bien cette idée, d’ailleurs, de la minette jouant Soupalognon-y-Crouton (re-voir Astérix en Ispanie), enfarinée de la perruque au mi-bas de soie, le corset bien ficelé position « si je respire, y a trois blessés » l’égoutte salade sous les jupes à plusieurs couches (comme les oignons, et, à l’époque, pardonnez-moi l’expression, mais… peut-être même l’odeur, pass’ke, le mitigeur, ça courrait pas encore les…boudoirs justement.

Les personnages : Fiordiligi, Dorabella, Despina (la fameuse nouvelle), bonne et confidente des deux donzelles.


Despina

Au changement de scène, Despina, la bonne donc, est en train de melouner (râler dans sa barbiche si vous préférez) par ce que ces Dames ont réclamé leur goûter et qu’elle, la pauvre elle doit se contenter de l’odeur du Van Houten c’est tout ! Elle en a raz la chocolatière et leur pique une gorgée (y a pas de marque de niveau sur la tasse, alors elle risque pas d’être repérée). Les filles font leur entrée et Despina s’avance pour leur filer l’encas. Dorabella l’envoie valser d’un revers que même Moresmo n’aurait pas pu contrer.
« Z’êtes frappée ! Qu’est-ce que vous prend à toutes les deux ?
- T’as pas un katana sur toi, qu’on se fasse sepuku ? – demande Fiodiligi
- Où alors un peu de mort aux rats ? – rajoute Dorabella. D’abord ferme la…
- Restez correc !
- … Fenêtre, sombre andouille, je kiffe plus ni le soleil, ni l’air, j’me kiffe plus moi-même pour te dire. Et pis d’abord… fiche moi tranquille !
- Euh… les filles c’est quoi le blem cette fois ?
- Nos copains se sont tirés à Pétaouchnoque zigouiller de l’autochtone !
- Et….
- Bin ils peuvent y rester quand même !
- Tant mieux deux de perdus, vingt de r’trouvés !
- T’es pas bredine ? Tu crois qu’on va pouvoir continuer à respirer sans eux ?
- Z’en connaissez beaucoup de nanas qui se sont laissées crever pour un mec ? On en perd un, on fait un petit tour dans le secteur et un autre rentre pile poil dans ses marques ! Tout ce que vos copains ont, ils l’ont aussi ! (là je mets la phrase texto parce que c’est du nanan) « L’un vaut l’autre parce qu’aucun ne vaut rien ! »
- T’es givrée ma pauvre fille si tu crois qu’on va survivre à cette perte.
- Parce que pour vous, z’êtes déjà veuves, rapides en besognes les fifilles ! Ils sont pas encore morts alors, en les attendant, z’avez qu’à passer le temps en faisant la fête !
- Faire la fiesta, alors qu’ils sont pas là !
- Parce que vous croyez que de leur côté vos mecs vont se gêner peut-être. Si vous croyez que vos mecs vont vous voir et vous espérer à tous les coins de rues vous vous mettez le doigt dans l’œil et jusqu’à l’omoplate ! « Les feuilles des arbres, et les courants d’air sont plus stables » (texto aussi, la phrase). Les larmes de crocodiles – (tiens, ça rappelle un discours au début ça) - les regards papillotants, les voix de crooners, les « pinochioseries » qu’ils vous déballent c’est leurs plus grandes qualités ! Nous qu’est-ce qu’on est sinon des poupées gonflables, qui une fois bien usagées ne valent même pas une rustine pour les réparer, et finissent au fond d’un placard ! Pourquoi on n’aurait pas le droit de faire comme eux ? - (là encore phrase texto) « Rendons, ô femmes, la monnaie de sa pièce, à cette race indiscrète et méchante : aimons pour le plaisir et la vanité »


Les filles sortent (et franchement on n’arrive pas à cerner si c’est parce qu’elles sont choquées de ce que leur dit leur bonne, où si c’est justement parce que ses paroles commencent à faire leur chemin dans leur petites têtes de barbies…)

Je sors aussi de mon rôle de dragonne conteuse au coin de l’âtre (pour une dragonne c’est essentiel l’âtre) et reprendrais la suite plus tard car c’est là que va vraiment commencer la farce pour les dindes barbiesées et ça ménage le suspens non ?

Je vous souhaite donc une bonne journée productive et tout et tout. A bientôt
La dragonne

 
par Sieglind publié dans : Mozart
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Mardi 9 août 2005

Bonjour à tous !

Donc, hier, vous avez vu, j’ai fait l’effort de faire plus court (la mini-jupe du synopsis quoi !) mais c’est vrai, que la veille, je m’étais faite emporter par la redécouverte enfiévrée de  l’alphabet. (le pire, c’est que, quoi qu’on en pense, j’ai pas mis tant de temps que ça pour le « pondre » celui-là - une heure et demi grand maximum – j’avais tous les mots imprimés déjà dans la tête, il fallait juste les faire sortir de là, alors que pour un truc pour court, des fois je mets trois fois plus de temps ! Allez comprendre… on va dire que j’étais inspirée hein, ça fera bien)

Donc on a quitté trois gaillards à la terrasse d’un troquet, qui venaient de parier sur la « constance » des copines de deux d’entre eux. La scène change.

ACTE I - Scène 2

Le lieu : un jardin en bordure de mer (on est à Naples, faut pas oublier, et jusqu’à preuve du contraire, où que les plaques telluriques fassent la grève du zèle, c’est quand même un port le bled !)
Les personnages : Fiordiligi, Dorabella, les copines des deux dadais, Don Alfonso, Fernando, Guglielmo, un soldat (anonyme mais pas inconnu)

Au début du tableau, les deux filles sont en train d’admirer des polaroids de leur micheton respectif !
« Et que mon mien à moi il a l’air fier, et qu’il est trognon !
- T’as vu sa bouche ? Et son regard ! Mon mien c’est le plus beau !
- Ouaaaah, je m’sens toute bizarre, j’ai comme des envies… matrimoniales…
- Moi, pareil… ça sent la noce à plein nez
- Sur ! J’te parie tout ce que tu veux que ça se goupille aujourd’hui ! Va falloir éplucher sérieux le catalogue Pronuptia !

                       

- Faut y réfléchir sérieux parce qu’on va te plier l’affaire en deux temps, trois mouvements et qu’on peut déjà remplir le bon de commande !D’ailleurs j’crois qu’ils arrivent … bin non ! C’est leur pote Alfonso !

L’intéressé s’avance un kleenex plaqué sous son nez et les yeux frottés à l’oignon nouveau !

« Ah ! Mes pov’ gamines ! Si vous saviez !... sniff ! mouche-mouche re-sniff ! »
Et là, alors que les filles le saoulent de : « Quoi ? Comment ? Kek’c’est ? Déballe ! Accouche ! Tu vas la cracher ta pastille ? », Don Alfonso leur sort l’histoire :
Mes pov’ chitites ! Vos copains doivent partir à la guerre ! Et c’est un truc vachement important parce que ça c’est décidé ce matin. D’ailleurs quand on parle du loup….

Les deux zoziaux se pointent, habillés comme les soldats de bois, le fusil traînant par terre et la tête assez basse pour toucher les genoux ! Ils font assez la farce pour que les copines se laissent avoir et leur jouent la grande scène du désespoir à l’antique :
"Allez-y, piss’ke vous êtes équipés, flinguez-nous tout de suite ! On va crever de désespoir de toute façon, alors un peu plus tôt…
- Euh… on a des chances de revenir vivants alors… c’est un peu « extrême » non le coup de tromblon dans la poire…
- Z’êtes sourds ? On vous dit que passé l’coin de la rue, on se met en apnée et le mec du Grand Bleu, par rapport à c’qu’on va tenir… ça s’ra un amateur ! En r’venant, vous trouverez deux Stroumpfettes déjà raides !
- Vous l’faites exprès ! On y va déjà à reculons, alors si c’est pour avoir la mort de nos copines sur la conscience… c’est vraiment pas sympa de votre part ! »

On entend un roulement de tambour et c’est le signal pour le (faux) départ à la guerre (contre qui, ça on le dit pas entre parenthèses et les filles n’ont pas l’air si curieuses que ça de savoir qui va trouer le bide des namoureux)

« C’est pas que j’trouve pas la scène touchante les enamourés, mais faudrait penser à y aller – annonce Don Alfonso. Le porte-avion a déjà pris le large et le zodiac étant crevé, va falloir que vous le rejoignez en barcasse ça va prendre un peu plus de temps, vu votre musculature »

Les filles font promettre à leur « respectif » de leur envoyer des texto (au moins toutes le heures) et après des au-revoir à rallonges où chacun se jure de pas oublier l’autre, les deux garçons montent dans la coque de noix et s’éloignent (un peu en vrac, parce que l’aviron c’est pas vraiment leur distraction favorite (ça serait plutôt lever le coude, si on en juge par la première scène)

Un soldat (certainement un mec engagé par les compères,  lance une tirade sur les « Joies de l’Escadron ».

Les filles se retrouvent seules avec Don Alfonso qu’a un mal fou à pas éclater de rire (il a la main collée sur la bouche et vire gentiment au plus beau pourpre pendant que l’air coincé commence à presque siffler par les oreilles sous la pression !
Les filles agitent leur jupons (bin oui le kleenex de loin, les copains vont pas pouvoir le repérer) et après avoir souhaiter les revoir en un seul morceau, elles sortent à leur tour pour laisser seul Don Alfonso.

Enfin seul, il peut se lacher :
« Ouf ! J’ai cru que j’y arriverais jamais ! Faut dire que les deux autres en ont rajouté des caisses ! C’était pire que les adieux de Charlot à l’écran ! Mais les nanas, j’les connais… ça sera d’autant plus facile de les faire girouetter dans le sens qu’on veut ! - (la donna e mobile… c’est pas dans le même opéra, mais il pourrait la pousser celle-là) – c’est pas tout ça, mais faut que j’aille les retrouver à l’endroit qu’on s’est fixé, pour le changement de « costume » !

Il sort et on a droit à un changement de tableau ! J’en profite comme d’habitude, pour vous laisser vaquer ( j’cause bien quand je veux hein ?) à vos « nobles » occupations.

La prochaine fois, on verra, comment les barbies vont encaisser le coup une fois dans leur studio et surtout on aura droit à l’arrivée d’un nouveau personnage assez utile pour le déroulement du fameux plan des trois Pied Nickelés.


Bonne journée et portez vous bien, comme on dit.
La dragonne

par Sieglind publié dans : Mozart
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Lundi 8 août 2005

Bonjours à tous !


Alors là, on va reparler de notre grand copain, le p’tit génie du piano-forte les yeux bandés, le prince du parler scato et inversé, la « créature » comme l’appelait son rivale malheureux Salieri,  j’ai nommé, ce cher petit Wolfi Amédée Mozart !

Aujourd’hui, c’est un truc moins… féerique auquel on va s’atteler, mais tout aussi « savoureux » quant au livret (enfin, pour ma part). L’opéra Cosi fan Tutte (« toutes les mêmes, sauf ma mère » pour résumer).

Fidèle à mon image de marque, c’est-à-dire, grosse feignasse de dragonne qui en fait le moins possible… (enfin, tout en « brassant » beaucoup d’air, faut dire)…Je vous laisserai vous dépatouiller avec l’historique de cette œuvre (quand, pourquoi, comment, par qui, etc…) ça vous fera quand même un peu bosser bandes de petites loches ! Pour ça, vous avez toujours ma revue de référence à droite (L’Avant-Scène Opéra, pour ceux qui auraient oublié leurs bésicles n’importe où et qui peuvent pas remettre la main dessus – pour moi, ce n’importe où, ce matin, c’était… dans la cuvette de linge à étendre… pour vous dire !)

Ce qui nous intéresse, vraiment, « intrinsèquement » pour bien causer, c’est l’histoire donc, je raconte et vous écoutez (les mains levées, ça sera à la fin du cours, comme d’habitude, et en bas de l’article – vous commencez à connaître la manœuvre de toute façon., ou alors c’que j’dis ou se soulager dans un Stradivarius, c’est la même chose !)
Voici donc

COSI FAN TUTTE ossia La Scuola degli Amanti
(« Elles font toutes ainsi, ou, l’école des Amants) – tout un programme s’pas ?

ACTE I

Le lieu
: A Naples, « Chez Mimile », le bistrot du coin

Les personnages : Fernando (ou Ferrando) fiancé à Dorabella et Guglielmo maqué avec Fiordiligi, un troisième comparse Don Alfonso (avec un chouillas, plus d’expérience qu’eux à mon humble avis) Mine de rien si, je mets les prénoms en fransouze, ça perd méchamment de son charme… Fernand et Guillaume (c’ui là ça va) et Alfonse pour les mecs et  « Belle Dorure » et « Fleur de Lys » pour les minettes ! (encore que Fleur de Lys ça aille un peu mieux mais c’est un peu cu-cu-esque le truc quand même !)

Au lever de rideau, les deux amoureux Fernando et Guglielmo essaient de persuader Don Alfonso de la « fiabilité fidélienne » (pourquoi pas… y a pire comme mots qu’existent non ?) de leurs copines respectives !

« Moi, j’te dis que ma Dorabella est née fidèle et ça rime avec belle ! – affirme Fernando
- Moi itou et même plus ! – surenchérit Guglielmo
- T’as vu mon crin ? J’ai assez de poils gris dans les narines, pour savoir que quand on cause « minettes » faut y aller sans trop regarder à l’usage !
- Quoi ? – répondent les deux autres en chœur – T’es en train de nous dire que nos dulcinées c’est des vulgaires « marie-couche-toi-là » ? Tu les a vues celles-là ? Le dernier qu’en a tâté est encore en train d’apprendre à remarcher à son plâtre !

- Moi les concours de bras de fer, c’est pas mon truc, j’préfère les concours de pintes de mousse sans faux col ! Mes braves gars ! Si c’est pas des extra-terrestres vos greluches, elles sont fabriquées sur le même modèles que les autres ! Vous êtes bien nigauds de croire le contraire ! La fidélité des meufs, c’est comme l’arrivée du dahu, il faut se lever tôt pour pouvoir en être témoin!
- Bin nous on te dit que nos copines c’est la vertu enjuponnée !
- Arrêtez de m’faire rigoler ! Si tout ce que vous avez comme preuve c’est des larmichouilles, des soupirs, des caresses de chat qui donnent des puces, des virages d’œil pour un oui ou un non… j’vous dis vous êtes bien atteints !... J’ai une idée, je parie tout c’que vous voulez qu’aujourd’hui, je vais vous mettre le nez dedans ! Enfin façon de parler ! J’vais simplement vous montrer que vos zibelines là, elles sont comme les autres !
- Pari tenu ! – lancent encore en chœur les deux benêts.
- Bon, d’accord, mais j’vous préviens, pas de triche ! Pas de langages des signes pour vous faire piger des filles, pas de clins d’œil non plus, rien !
- D’ac ! C’est gagné d’avance ! Avec le fric qu’on va facilement gagner on pourra se payer la boîte !"


Les trois compères sortent. Et la scène change pour nous montrer un jardinet près de la plage (oubliez, les monokinis, c’était pas trop l’époque des bains de mer)

J’en profite pour faire une pause, parce que, après l’article long comme un jour sans pain d’hier, je vais faire plus « mesuré » pour pas vous over-doser lyriquement parlant !

Bonne journée et à plus tard.
La dragonne

par Sieglind publié dans : Mozart
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