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Vendredi 16 février 2007
Bonjour !

Flippez pas, je ne vais pas en faire des caisses ! Juste pour signaler qu'aujourd'hui et demain c'est ma fête ! (enfin celle de ceux qui tournent au kawa et au  lyrique évidemment).

Je vais être plus qu'absente pendant ces deux jours et pas seulement parce que c'est le week-end sacro-saint chez les dragons qui commence !

Si vous voulez en savoir plus.... cliquez sur la photo et vous êtes sur, si vous vous baguenaudez de ce côté de croiser votre servante bien énervée.



Je saute juste dans une serpillière propre, un p'tit coup dans les tifs (avec les doigts, le peigne en perd ses dents de trouille en ce moment) et j'y file !

Bonne journée à tous, et ça vous laisse du temps pour picorer à petites doses DG si vous avez du retard. A plus...

La dragonne
par Sieglind publié dans : Post-its sur le frigo
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Jeudi 15 février 2007
Bonjour !

Allez, deux jours d'intervalles entre mes pontes, ça doit suffire non ? Bon, on y retourne parce que ça va être le "tournant-du-virage", surtout pour l'espérance de vie de notre cher Don Giovanni et pas spécialement concernant la vengeance des biens - faute de bons - vivants !

D'accord c'est un Commandeur un peu spécial necron de Dark Cruzade mais c'est l'intention qui compte, et ça sort de l'ordinaire en plus.

DON GIOVANNI - Acte II - Scène 11 à 15

Le lieu : un cimetière au clair de lune, d'inspiration bien fantastique gothique, avec des mausolées bouffés par les mites (si j'ai envie qu'elles boulottent autre chose que des fringues, j'ai droit non ?),  des hou-houuuuu de chouettes et les loupiotes des feux follets (pas de ma faute j'aime bien les films de la Hammer). Puis, à la scène douze, une piaule encore mal éclairée, décidemment, font des économies, dans c't'opéra, chez Donna Anna, et au final, la salle à manger de DG, éclairée comme à midi comme on dit, vu que ça brille dans tous les coins les chandelles, (on voit les chouchous du metteurs en scène), mais le type doit être du genre à bien aimer voir ce qu'il bouffe dans sa gamelle vu que la table est dressée pour le dîner. Encore du personnel de maison tournicotant dans tous les coins et la sono d'un autre style de DG dans un coin, pour meubler les séances de mastication (la télé est en panne, certainement)

Les personnages :
Don Giovanni, revenu de sa chasse à la zibeline et pensant déjà à continuer à garnir sa gibecière
Leporello, un tantinet énervé d'avoir été ligoté comme un vulgaire rôti de porc
Une statue parlante, celle du Commandeur ; au début elle est plutôt du genre des types qu'on voit dans la rue en train de jouer les automates, vu que sa tirade se résume à un oui sépulcrale, il se réserve pour le final étant donné qu'il a dû choper froid dans tous ces courants d'airs, ça lui a rendu la voix rocailleuse (un peu normal quand même pour un statufié si on y pense)
Don Ottavio scotché à Donna Anna comme un poisson pilote à son grand blanc
Donna Elvira au final, venant tenter de couper l'appétit à son coureur de mari
Zerlina et Masetto, un autre binome vengeur
Un choeur de damnés, voix profondes et tout et tout, histoire de donner un petit côté "Goethien" ou "Dantesque" (ou Goethesque et dantien, comme vous voulez) à cette fin édifiante.(j'éviterai Faust, vu les ennuis dont j'avais été témoin lors de la représentation de celui-ci si vous vous souvenez ; déjà un Mephisto coincé dans sa trappe c'est pas le Pérou mais une meute, je vous explique à peine le chambard sous la scène !)

Donc, au début de la scène onze, Don Giovanni entre en se tenant le bide tellement il rigole du tour de cochon qu'il vient de jouer à sa régulière en lui mettant son valet dans les pattes à sa place. Vu qu'il est une heure du mat, il aimerait bien avoir des nouvelles de celui-ci, pour qu'il lui raconte ce marivaudage par procuration. Ce qui m'étonne un peu, c'est qu'il se retrouve dans un cimetière, à deux  pas de la tombe du commandeur, en pleine nuit et à la recherche de chair fraîche... j'ai un doute là... à moins que le fossoyeur ait cinq filles bien girondes... je ne vois pas...
Mais Leporello, le "hasard" faisant bien les choses, a choisi le cimetière pour finir de se désenberlificoter de toutes ses ficelles (au moins, il ne risque pas d'être dérangé) et meloune dans ses trois poils mentonesques contre son rondudju de screugneugneu de #[`@+... de patron.
Comme il ne prend pas beaucoup de précautions pour éviter d'ameuter tous les chats de gouttière du quartier, DG le repère vite au son. Après que Lepo ait raconté comment il a failli y passer sous ses fringues, ce à quoi DG lui répond même que ça lui aurait fait une mort dans les honneurs de la haute (une belle jambe là aussi tiens !), son patron se met à lui raconter ses aventures galantes, non s'en avoir récupéré ses frusques et redonné les siennes au valet.
Il s'est levé une minette se baladant dans la rue, pas trop mal fichue, pas une sirène (mi femme-mi thon) une vrai nana avec ce qu'il faut... là où il faut et a commencé à l'entretenir de l'âge du capitaine et du fait qu'elle habite ou non chez ses vieux pour voir la fille lui répondre comme si elle le connaissait... mais en tant que Leporello (entre nous, l'ensérénadée de la scène précédente, ça été une affaire vite expédiée !)
Elle commence à lui faire des mamours, l'appelant son "p'tit Lepo d'amour" et lui faisant des gouzis et c'est là que DG à tilté ! C'était la copine de son serviteur ! Evidemment, il en profite et pousse le bouchon un peu loin, comme Maurice, ce qui déclenche les hululements de la fille quand elle s'aperçoit qu'elle s'est gourée de type. Seule solution d'urgence... sauter le premier mur assez bas pour pas s'esquinter à l'atterrissage, et c'était celui du cimetière (tout s'explique ! Enfin pour la présence de DG, mais celle de Lepo est toujours un peu floue je trouve)

On en peut pas dire que son bras droit apprécie outre mesure le fait qu'il ait tâté de sa belette et le fait remarquer en disant que ça aurait été le pompon s'il était tombé sur sa régulière (donc, Lepo est marié, grande nouvelle !). DG rétorque que ça n'en aurait été que plus marrant en se pliant en deux de rire.

Fallait pas, parce que quand on a un rire qui porte, ça peut réveiller du monde... N'importe quel monde d'ailleurs, puisqu'une voix sépulcrale lui demande de la fermer plutôt que t'empêcher l'honnête gisant de pioncer.
On peut dire que l'ambiance chute d'un coup et que les deux cocos se regardent en se demandant s'ils ne sont pas filmés pour la caméra invisible. Comme la voix provenait des alentours du mausolée du Commandeur, DG sort son cure-dent et, soupçonnant un type planqué derrière le mur, demande à Leporello de lui lire ce qu'il y a d'inscrit sur le socle... Lepo répond qu'il a oublié ses lunettes à vision nocturne et que ça va pas être possible. Une petite menace de la main armée, ça accroît d'office ses capacités visuelles et il lit :
"Un empafé de première m'a zigouillé; mais "que se lasse Etienne", même de là où je suis, j'te lui mijote une revanche pas piquée des hannetons" (en gros, il est mort assassiné, mais compte bien être vengé)

DG est d'esprit joueur décidément cette nuit, parce qu'il demande à son serviteur d'inviter la statue à grailler un morceau ensemble.
Leporello a beau lui signaler que la statue a des regards bien meurtriers pour un type en marbre, la sollicitation d'une pointe d'épée au valseur fait qu'il lance tout de même l'invitation d'une voix plus que chevrotante.
"Euh... salut l'emmarbré ! Mer... il vient de regarder de notre côté !
- Mais bien sur, et la marmotte elle met le chocolat dans le papier d'alu !
- On reprend... pouf-pouf ! Salut le rigide ! Est-ce que ça vous irait une petite bouffe entre potes ce soir avec mon patron ?.. Arrrgh ! Il vient de jouer les chiens de plage arrière !
- Bin dis-donc... j'sais pas ce que t'as bu, mais c'était du costaud !
- Nan, j'vous jure... elle vient de faire oui... avec sa caboche
- 'Tends une minute que j'essaie si ça fonctionne avec bibi... Eh ! Machin ! Donc t'es d'accord pour qu'on s'en jette un ou deux derrière la cravate ?
- Et comment !" (le oui original pourrait encore passer pour le bruit du vent entre les tombes... avec "ma" version, plus d'erreur possible hein ?)

Pendant que Lepo est en train de se liquéfier littéralement de trouille, DG, beau joueur et pas pétochard, faut lui reconnaître ça, le tire par le bras pour aller préparer vite fait un petit encas.

On change de tableau et on se retrouve dans une piaule aussi bien éclairée que le rectum d'un mineur de fond. En présence Ottavio et Anna, la veilleuse à la main. Je pense que cette scène n'apporte pas grand chose, mais c'est certainement pour laisser le temps à DG de décongeler ses poissons panés pour le repas. Il faut dire que ce pauvre Ottavio n'a vraiment pas eu le temps de souffler, pour quelqu'un qui voulait faire sa demande à sa copine, là, plus de zigoto a poursuivre dans les ruelles, plus de cavalcades à droite et à gauche, il en profite et sort la bagouze de sa poche revolver. L'autre a beau lui signaler que c'est peut-être pas le moment idéal pour ça, il persiste, la larmichette à l'oeil et elle lui dit qu'elle en pince aussi mais faut qu'elle évacue certains trucs pour pleinement profiter de l'évènement et sort laissant le type prendre son mal en patience et décider d'attendre un peu que ça se tasse avec un  "souffrons ensembles, ça serait plus festif" en conclusion (pour le meilleur et pour le pire...c'est bien l'expression consacrée non ?)

Scène 13, enfin le final ! On se retrouve chez DG, dans sa salle à manger, avec tout le personnel de maison en train de mettre la dernière main aux préparatifs de la "festa-post-mortem".
DG supervise tout ça, en balançant des ordres à la volée et en signalant qu'avec le blé qu'il a allongé pour la circonstance, faut que ça en jette !
Il commence à avoir la dalle et s'assied en demandant à Lepo ce qu'il pense du dernier tube à la mode qui est en train de passer sur la sono :"la Cosa rara" (bien descendue au palmarès depuis... faut l'avouer) L'autre n'en a pas grand chose à battre mais diplomate répond que c'est digne d'une oreille de "qualité" c'est sur ! DG commence à baffrer comme s'il sortait d'un jeûne en plein désert ce qui fait saliver le pauvre Lepo, qui n'a certainement pu que s'ouvrir une boîte de sardines à l'huile sur le coin du plan de travail de la cuisine. Il craque et pique un cuisse de poulet sur le plat et un godet en faisant tout son possible pour ne pas se faire repérer. Son patron a bien vu la manoeuvre et rigolant sous cape, après avoir demandé au type de la sono de changer de morceau, (un air qu'on trouve dans les Noces d'ailleurs) demande au serviteur de chanter ou au moins de siffler, il aime bien ça en mangeant (la musique ne lui suffit pas ?). Lepo lui répond que ça va être difficile avec la bouche pleine (enfin au début, il invoque un problème bucco-dentaire, mais ça ne tient pas longtemps la route). DG est dans ses bons jours et préfère rigoler, surtout que Lepo a pris pour excuse qu'une telle bouffe ça ferait craquer n'importe qui.

Donna Elvira déboule un peu tourneboulée (totalement chamboulée oui !) en précisant à son mec qu'il serait temps qu'il fasse quelque chose quant à sa réputation. Elle en tombe même à ses genoux.
"Gio ! Faut qu'ça change ! Pour une fois, laisse tomber mes griefs personnels, j'm'assoie dessus... il y a plus urgent ! T'as un karma de bouse et je sens que ça risque de chauffer quant à ton éternité "spirituelle" !
- Ah... c'est le nouveau jeu à ma mode... faut s'agenouiller devant la première personne qui entre ? Facile ! (et il s'agenouille à son tour)
- Te fiches pas de ma trombine !
- Mais je me fiche pas de toi ! Qu'ess'tu veux ma Momone... un p'tit câlin ?
- Nan ! Que tu changes de vie tout simplement, tu bousilles ton âme mon coco !
- C'est çaaaa ! J'en parlerai à mon cheval ! Pour le moment, j'ai un repas qui me tend les bras, si ça te dis, c'est de bon coeur !" Et il se rassoit.(en bref, parle à mon c. ma tête est malade)

Comme continuer à s'égosiller  c'est comme se soulager dans un Guarnerius avec un tel cabochard, la nana préfère mettre les voiles. On entend "chboum ! Aaaaah !" et on la voit revenir sur scène pour prendre une autre sortie (elle s'est mangé quelque chose de plein fouet... ou quelqu'un...) DG demande à Lepo d'aller voir sur quoi elle a buté. Lepo s'exécute, on entend un autre cri d'effroi (à la Coluche, c'est plus marrant) et le zigoto revient sur scène blanc comme un fromage en faisselle !
Lepo balbutie qu'il vient de voir déambuler la statue du Commandeur dans les couloirs, et marbre sur marbre, les piétinements c'est pas du Fred Astaire le rendu sonore !

Au même moment, on entend frapper à la porte. Au jugé du son, j'aimerai pas me trouver en face d'une telle  pogne en position pour me refiler une avire-mouche (tarte, giffle, gnon, si vous préférez) DG signale que ça serait bien d'aller ouvrir, mais Lepo ne peut pas trembler et marcher en même temps  et il est obligé de le faire lui même, pendant que son valet se planque sous la nappe.
A peine ouverte, le Commandeur, plutôt sa statue, fait son entrée dans le genre "créature" de Frankenstein quant à la souplesse gestuelle.
"Salut tout le monde ! J'viens pour la fête !
- J'aurai pas cru mais j'vais assurer, pas de problème ! Lepo, file rajouter un couvert !
- On est des pré-ratatinés ! - gémit Lepo en sortant de dessous sa table.
- Pas la peine - l'intercepte le Commandeur - y a rien qui me plaît au menu... on a pas le même système digestif nous autres les revenants que les vivants et tes grillades j'en ai pas grand chose à battre ! Je viens pour autre chose...
- J'ai l'tournis et j'sens plus mes quilles - chuchote un Leporello à deux doigts de virer de l'oeil.
- A part critiquer ma bouffe, t'es venu pour quoi alors ? - lui demande DG
- Comme j'suis poli, moi, je te rends la politesse en t'invitant à croquer un bout chez moi
- Euh... s'cusez... il aura un peu de retard, commencez sans lui - susure un Lepo toujours limite de paumer un os tellement il tremblote.
- J'suis p't'êt' tout ce qu'on veut, mais foie-jaune, jamais ! C'est d'accord !
- Tope là !"

Au moment ou DG va pour serrer la paluche au Commandeur, pour confirmer le rendez-vous, il se passe un truc bizarre. Il se pèle de froid d'un coup alors que la statue continue à lui tenir la mimine en lui demandant de se repentir. DG l'envoie sur les roses en beauté et voyant qu'il n'y a rien à tirer de cette tête de lard, la statue préfère disparaître et le laisser se dépatouiller tout seul (c'est pas vraiment Lepo qui va l'aider, roulé en position foetale en attendant de se réveiller de ce cauchemar)
Des voix d'outre-tombe s'élèvent (le choeur des damnés) invitant DG à se joindre à leur groupe pendant que le type se tord dans tous les sens au sol alors que celui-ci s'ouvre pour montrer un abîme bien rougeoyant. Avec un dernier Ahhhhhhhh interminable (on attend le "schtonk" final pour annoncer l'impacte, mais niet, c'est insondable l'abîme luciférien !).

Tout les protagonistes de l'opéra (DG non compris, vu qu'il commence à rôtir autour de la broche satanique) se retrouvent sur scène, histoire de tenter enfin de tataner du séducteur. Petit problème... faudra qu'ils trouvent autre chose pour se passer les nerfs, comme leur signale Leporello, le type étant aux abonnés absents définitivement. Il leur narre dans un style plus que télégraphique les derniers instants de son patron et tout le monde conclut que ça lui pendait au pif, on a que ce qu'on mérite.
Le sale type étant refroidi (enfin...p't'êt' pas non...) ils peuvent tous faire des projets d'avenir, Ottavio concluant avec Anna, Zerlina et Masetto allant continuer leur noce chez eux, maintenant que c'est plus calme et Leporello épluchant déjà les petites annonces pour trouver un employeur plus fiable.

Fin de l'opéra !


Moralité, quand on coure la gueuse, vaut mieux le faire un combinaison ignifugée, ça peut aider si on croise des statues vivantes dans la rue, vous allez regarder d'un oeil neuf les mimes des rues, je le sens !
Par contre, mine de rien, Lepo est plus malin, (et peut-être moins collectionneur que son employeur), il a tout de même une maitresse en plus de sa rombière, mais il est discret lui, donc, petite question, la damnation compte à partir de combien de maîtresses "avouées" devant tout le monde ?

Bonne journée et portez vous bien !

La dragonne
par Sieglind publié dans : Mozart
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Lundi 12 février 2007
Bonjour !

Et oui, un autre week-end des plus... improductifs pour bibi, mais c'est une constante (qui devient même un crédo chez moi.: "je suis feignasse telle est ma gloireuuu !"), donc, on va dire que ça ne vous a pas trop perturbés. J'espère même faire école, c'est tellement bien de ne rien ficher deux jours par semaine !
Mais, les bonnes choses... ne restent bonnes que si elles sont ponctuelles, la routine est une sérial-killeuse pour pas mal de trucs, dont la glandouille ! Alors on retourne à notre Don Juan sévillan, surtout que ça chauffait pas mal lorsqu'on a quitté les strapontins !



DON GIOVANNI - Acte II - Scène 7 à 10

Le lieu : re-changement de décors, on quitte la rue du bled pour se retrouver dans un vestibule percé de trois portes et  mal éclairé, dans la bicoque de Donna Elvira. On sent déjà que les metteurs en espaces vont la jouer à la Marx Brothers en faisant défiler les protagonistes par ces trois lourdes façon jeu de bonneteau.

Les personnages :
Leporello, toujours déguisé avec les affûtiaux de son patron
Donna Elvira, toujours persuadée que c'est à sa moitié qu'elle cause
Donna Anna et Don Ottavio (on est pas trop de deux pour venger la mort d'un Commandeur)
Zerlina et Masetto (ils arrivent en couple aussi, l'un voulant se venger de l'avoinée qu'il vient de se prendre et l'autre tenant la boîte de pansements)


Leporello, au début de la scène, est en train de compter pâquerette * à la régulière de son patron, vu que c'était ses instructions pour éloigner la zibeline du terrain de chasse de celui-ci. L'autre, totalement hypnotisée, se laisse faire (comme quoi, elle a pas fait long feu sa vengeance de femme bafouée !) en roulant des billes de merlasse court-bouillonnée.
Petit problème... il en a marre de jouer les DG et se creuse le ciboulot pour trouver un moyen pour qu'elle lui lâche la grappe, il a les raisins fragiles.Il tournicote dans le coin, histoire de soi-disant voir s'ils ne sont pas espionnés, mais la nana le rappelle au pied dès qu'il fait mine de jouer les filles de l'air, elle flipperait sa race dans le noir toute seule... mais bien suuuur ! Lepo tente d'ouvrir une des portes mais on l'a déjà poussée et le "on" c''est Anna et Ottavio, suivis par la valetaille, histoire de donner plus de poids à leurs arguments certainement.
Elvira se planque dans un coin et Lepo dans un autre, vu que la troupe est entrée sans vraiment vérifier s'il y avait du monde.

Ottavio est en train de conseiller à sa copine d'arrêter de chouiner, de un, il a plus de kleenex et elle entame les pans de sa chemise à jabot et de deux, ça fait de la peine à son papounet de là où il se trouve (ça lui fait une belle jambe surtout !). Elle lui répond que ça mange pas d'avoine et qu'elle ira moins au p'tit coin du coup (chez nous, quand on chouinait pour un rien, la réponse était : "pleure si ça t'arrange, tu pisseras moins" élégant hein ?!) Pendant ce temps Elvira réclame déjà son DG alors que l'intéressé (enfin, sa doublure-lumière) respire de s'être un peu débarrassé du lest en jupons.

Une autre des portes s'ouvre et Anna et Ottavio, courageux mais pas téméraires, pensent déjà à se sauver quand ils voient entrer Zerlina et son copain. Sauf qu'évidemment, c'était celle qu'avait choisie Leporello pour mettre les voiles et, vu l'économie de lumière du coin, Masetto est à deux doigts d'envoyer un coup de la bûche qu'il a piquée au tas de bois de la cuisine dans les gencives du type, sans même vérifier si c'est effectivement sa "cible".
Tout le monde se rabat sur le pauvre Lepo, qui sort son calepin pour noter ses dernières volontés,  pire comme situation faut se lever tôt (et puis un "mort au perfide !", c'est pas vraiment une formule de bienvenue je trouve, vous imaginez le patelin où on se souhaite bonjour en se surinant allègrement vous ?)

Donna Elvira tente de s'interposer :
"Temps mort ! C'est mon mec !
- Des nèfles - s'écrient les autres - il y passe !
- Fasse pas l'coun  (fais pas le con, chez nous encore une fois)! Y a erreur sur le zigoto !" - s'écrie, dès qu'il y a un blanc dans la conversation, un Lepo qui tremble de toute sa carcasse. Il préfère ôter le capeo, histoire qu'on voit bien qu'il n'est pas son patron, parce que les cures-dents se rapprochent dangereusement.

Les autres font arrêt sur image, ils avaient tout prévu, sauf ça ! Comme ils sont tout de même bien remontés, faut un sac de frappe et il fera l'affaire. Ils repartent de plus belle en l'accusant d'être l'instigateur de tous ces plans foireux : le tabassage en règle de Masetto, s'être fait passer pour un mari alors qu'on n'est qu'un sous-fifre, ficher sa zone pour faire capoter une vengeance filiale, enfin  le paquet quoi.  Ils en arrivent à se disputer pour trucider le coco (même Masetto lance que les trois autres auront le temps de le tuer, une fois qu'il l'aura fait lui même... logique !)

Leporello balance son air, style "pitié, c'est pas moi c'est l'autre !" (ça tient un peu plus de place dans la scène évidemment) et une fois qu'il a été assez confus pour que les autres ne sachent pas où taper (du genre de l'excuse du doigt tendu vers une péniche imaginaire volant dans l'air pour détourner les regards), il ne demande pas son reste et disparaît dans les coulisses.

Le temps que les vengeurs démasqués reviennent de leur erreur, le type est déjà loin et ils ne leur reste plus que leur rogne et leurs yeux pour pleurer.
Ottavio en profite pour soupirer encore après les larmes de croco de sa douce tout en signalant qu'il va porter plainte au poste du quartier et assisté de Masetto et Zerlina sort à son tour, histoire d'essayer de rattraper le coureur de fond.

 Zerlina revient sur scène, tenant d'une main par la tignasse un Lepo plus mort que vif (ça court vite une zibeline énervée !) et de l'autre un coutelas à dépiauter le gigot  assez impressionnant et appelle du renfort, parce qu'elle ne va pas tenir longtemps la pause (elle parle même de lui faire la barbe sans savon, texto ! Vérifiez !).
Comme les autres mettent du temps à revenir, elle saucissonne le type avec tout ce qu'elle trouve, son tire-jus pour le menotter et une corde qui traînait pour l' attacher sur une chaise et relier la chaise à la fenêtre pour plus de sureté (c'est vrai que ça va être plus dur de courir vissé sur un tabouret avec les barreaux de la fenêtre style casserole attachée au train) et cette bonne chose de faite, décide d'aller respirer un peu à l'extérieur.


Leporello, transformé en rosette de Lyon, essaie bien d'apitoyer un paysan passant dans le coin, mais on ne peut pas dire que sa prestation soit époustouflante, vu qu'il continue sa route sans lui adresser même un clin d'oeil. A force de gigoter, il arrive tout de même à dénouer la corde de l'espagnolette de la fenêtre et ne demande pas son reste pour filer quinze noeuds hors de portée.

Zerlina revient, pensant bien montrer à Elvira sa prise mais pour trouver une chaise vide et une fenêtre ruinée. Il lui en faut plus pour la calmer et elle file prévenir Don Ottavio qui a des potes hauts placés lui et laisse la nana toute seule pleurer sur son mec volage et le fait qu'elle en pince malgré tout, même si elle compte bien se venger, par intervention divine interposée, ça lui laissera les mains propres n'est-ce pas.

On arrête ici, se réservant la scène onze pour le retour de la vengeance du Commandeur et peut-être la fin de l'opéra (plus que cinq scènes, mais assez touffues aussi)

Allez, je file, n'ayant pas fichu grand chose encore aujourd'hui, faudrait peut-être que je m'y mette non ? Bonne journée et à plus.

La dragonne

* l'extrait contient presque tout le contenu de la scène, je ne vous met que celui-ci
par Sieglind publié dans : Mozart
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Impulsions, coups de coeur et de gueule, idées diverses au fil des notes et journées. Vous trouverez dans ce blog ma vision de l'opéra et de bien d'autres choses. Et aussi ma passion : les dragons.




Comme ma trombine évolue au fil de ce "rondudju" de temps, une petite mise à jour du portrait du bestiau, j'ai encore changé de "look" comme on dit... et le cliché du trombinoscope n'est plus vraiment d'actualité (avis, première et dernière fois que vous avez droit à ma goule, moi et les photos, ça fait quarante-douze)

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