Mercredi 18 avril 2007
Bonjour !
Bon, on va dire que les vidéos, ça vous a bien occupé hein ? Il est temps de retourner à la narration lyrico-primesautière, et puis Lili attend toujours son Titus ! Il risque de se lasser d'être magnanime et de s'énerver (remarquez, ça ferait une fin différente c'est sur, version Attila et ses fameuses terres brûlées, mais ça sortirait vraiment trop des rails et comme vous savez, même si je dis des c... hinoiseries, je respecte le livret, sinon vous imaginez votre tête si vous arriviez et que vous tombiez sur une chose inconnue au bataillon, ça ferait plus que désordre !
Par contre, le livret justement... faudra pas chercher la logique de certaines situations et réactions, ça ressemble en ça un peu à notre fameux Atys de Lully. Pas dans l'histoire, mais dans l'histoire de l'histoire si j'ose dire. un travail "alimentaire" quoi.. Bin oui, un musico, ça boulotte mine de rien et 'l'air" du temps ça va cinq minutes, là c'était pour remplir les placards de la cuisine. Une commande pour des festivités du couronnement à ce qu'on dit.
Petite note d'ailleurs de certains critiques et musiciologues bien sérieux (ça n'engage qu'eux, on se fait l'idée qu'on veut d'une oeuvre, désolée !) "un opéra extraordinairement oubliable" (C. Rosen), "Une odeur de poussière et de renfermé" (R.Stricker). Pas tendre les cocos ! En plus, là, le livret n'est pas de son pote Da Ponte, mais du poête "officiel" de la cour, Pietro Metastasio qui voulait une oeuvre "miroir pour le souverain"... ça veut tout dire. L'encouronné devait pouvoir se reconnaître dans le portrait de ce Titus plein de sagesse et de noblesse et en faire un pire salaud qui tape à tour de bras sur tout ce qui le perturbe, je ne crois pas que ça aurait plu ! Mazzola, cité également comme librettiste, n'a fait que le retoucher, bien qu'il figure souvent "au générique".
Allez, je m'y colle ! N'oubliez pas... nouveau truc...si ça apparaît en rouge, vous cliquez et surprise ! Vous aves un extrait musical.

LA CLEMENCE DE TITUS (1734) - Wolfgang Amadeus Mozart - Acte I -
Le lieu : Rome au temps des ramasses-poussière (antiquités selon ma mémé), le studio de Vitellia, une nana qui avait des vues sur Titus et s'est pris un rateau. Donc là, laissez libre cours à votre imagination et vos souvenirs des cours sur l'antiquité... Des colonnes (doriques, ioniques... rien à secouer, du moment que ça en jette, me fiche des anachronismes décoratifs et puis ça les gêne moyen-moyen les metteurs en espaces de toute façon non ? Ah... éviter tout de même les colonnes Morris, c'est plus de l'anachronisme c'est une bourde géographique là !), des vespasiennes, juste pour vous montrer que ça ne date pas d'hier les pipi-rooms, même si elles étaient au-dehors, (au point où j'en suis dans l'anarchie décoratrice...un peu plus ou un peu moins...) un pédiluve (rien à voir avec la choucroute mais j'aime bien le mot). Un poster de la région, avec juste Rome d'indiquée, vu que selon l'adage... pas la peine de brancher le GPS, tous les chemins y mènent, ça fait du temps de gagner à se repérer.
Les personnages:
- Vitellia, la fille qui s'est faite jeter par Titus (celui de Bérénice, pour vous situer)
- Sextus, son galant du moment... brave type mais un peu rendu miro par l'amour (rôle travesti) et ami de Titus
- Annius, pote de Sextus, (rôle également déguisé, à part deux rôles masculins, le reste, c'est des nanas, ça se faisait beaucoup à l'époque... et puis pas si loin que ça aussi d'ailleurs, regardez du côté du Chevalier à la Rose de Richard Strauss...) et quasi beau-frère même, puisqu'il est en ménage avec la soeur de celui-ci, Servilia
Au lever de rideau, Vitellia et Sextus sont en pleine conversation, et ça n'a pas l'air d'être que pour se compter pâquerette, vu l'énervement de la donzelle !
" Si c'est pour rabâcher que t'as tout prévu et que t'as même contacté Lentulus et ses potes pour foutre le boxon au Capitole - (pas celui que je fréquente, rassurez-vous, je m'en charge toute seule, vous me connaissez...) - désolée de te le dire mon grand, mais tu te répètes ! Et en plus, tu dis... tu dis...mais pour faire... j'attends toujours ! Qu'est-ce qu'il te faut, que Titus fasse asseoir Bérénice sur ses genoux sur le trône, histoire de bien me ficher la honte de ma vie ?!
- Mais euhhhhhh !
- Mais euh quoi ?!
- C'est tout de même un sacré morcif ! Et en plus c'est un copain et t'en connais beaucoup des comme lui ? Pas intéressé pour deux sesterces, le coeur sur la main, prêt à passer l'éponge, et qui ne fait pas de différence entre un vieux croûton friqué et un morveux poches-percées, du moment qu'ils ont un bon fond, toujours à se décarcasser pour qu'on se lève en forme, "l'Ami Ricoré" j'l'appelle, ça veut tout dire !
- Je rêve où tu fais sa promo ? Mais pour ta gouvernante...c'est tout de même le même type qui a piqué le trône à mon paternel, au cas où t'aurais des absences.... Il m'a fait sa parade d'amour, mieux qu'un paon à la roue de la foire du Trône, m'a quasiment fiché dans ses draps... pour s'en aller taquiner de la barbare ! Si encore il avait tilté sur une nana romaine, là j'aurai sinon pardonné, du moins mieux pigé, mais une mal décrottée des environs du Tibre...même si elle a un pédigré, elle est pas de chez nous !
- Mais la nana est venue juste pour lui, faut pas l'oublier tout de même !
- Blablablaaaa ! Te fatigue pas, je connais l'histoire ! Et vu la trogne qu'il a tirée à son départ et les paquets de kleenex achetés, pas la peine d'être sorti de la cuisine de Jupiter pour piger qu'il est raide dingue de sa Bérénice
- T'es jalouse !
- Même pas vrai ! Ce que j'ai du mal à encaisser, c'est qu'il m'ignore maintenant comme une vieille chaussette ! T'es pas cap d'essayer de m'avoir en m'aidant à me venger... j'me barre, tu m'saoules !
- Pardon ma biche ! J'ai eu un coup de mou, mais me laisse pas... j'suis prêt à faire ce que tu dis !
- Ah c'est mieux ! Bon, bin c'est simple, je veux Titus refroidi avant le coucher des poules ; simple non ?
- P'tit bisou pour la route ? Là, j'le sens bien... j'suis regonflé à bloc !"
Petite aparté (ça vous manquait hein?) en l'espace d'une scène relativement courte sur patte, elle n'a eu aucun problème pour convaincre le type de zigouiller son meilleur ami... Ou elle a de sacrés arguments, style bonnet 90 B, où le type est vraiment blond !
A la scène deux, entre Annius, le copain de Sextus. Il vient signaler à ce dernier, que s'il ne veut pas se faire remonter les bretelles, il faudrait p't'êt' qu'il pense à son rencard avec l'empereur. Vitellia a la répartie fiéleuse genre "Il y en a qui aura aussi du retard, vu qu'il fait des cochoncetés avec une certaine Bérénice" mais Annius lui renvoie dans les dents qu'elle n'est pas sympa, vu que l'intéressé vient de renvoyer sa copine chez môman, il a vraiment pris sur lui sur le coup.
Comme les deux comploteurs en restent comme deux ronds de flan, il développe :
" Ah, ça vous en bouche un coin hein ?! On a tous fait arrêt sur image à la nouvelle, mais c'est véridique, il a fait ses adieux à Bérénice
- J'en connais une qui a dû l'habiller pour l'hiver quand il lui a annoncé qu'elle était virée de ses draps !
- T'as tout faux ! Elle a bien pigé que le type faisait ça, pour... raison d'état, si j'puis dire... et que ça lui coûtait autant qu'un oeil de la renvoyer chez elle !
- Mouais... si tu le dis...
- Attends... ça a pas été du beurre mou pour lui... ça se voyait sur sa trombine !
- Alors, ça change un peu la donne, zouzou (moins guindé que Sextus je trouve), temps mort (là, je la vois bien faire le geste des sportifs moi, ça serait classe... et tellement... féminin !)
- Et j'dois piger quoi là? Un coup de "revenez-y" ?!"
- N'importe naouak ! Circule, y'a rien à voir ! Et tu connais l'histoire du môme qui criait au loup, à force de me soupçonner, gaffe, ça pourrait arriver..."
Elle sort, histoire d'éviter d'avoir à donner plus de détails sur son revirement. Sextus et Annius restent seuls et ce dernier en profite pour rappeler à son poteau qu'il lui a promis sa frangine Servillia (belle mentalité !) et que ça serait bien de finaliser la chose, d'une manière plus "administrative" en demandant à l'Auguste (pas le clown, vous gourez pas, l'empereur !) sa p'tite signature au bas du contrat. Comme Sextus n'est pas vraiment contre cette idée, ils se font la bise et sortent pour aller demander ça tout de suite à leur patron.
Baisser de rideau sur la scène trois et on s'esquive au changement de tableau... On verra la suite plus tard.
Bonne journée et bonne écoute des extraits... Je file, j'ai un truc... plein de caféine sur le feu !
La dragonne.
Bon, on va dire que les vidéos, ça vous a bien occupé hein ? Il est temps de retourner à la narration lyrico-primesautière, et puis Lili attend toujours son Titus ! Il risque de se lasser d'être magnanime et de s'énerver (remarquez, ça ferait une fin différente c'est sur, version Attila et ses fameuses terres brûlées, mais ça sortirait vraiment trop des rails et comme vous savez, même si je dis des c... hinoiseries, je respecte le livret, sinon vous imaginez votre tête si vous arriviez et que vous tombiez sur une chose inconnue au bataillon, ça ferait plus que désordre !
Par contre, le livret justement... faudra pas chercher la logique de certaines situations et réactions, ça ressemble en ça un peu à notre fameux Atys de Lully. Pas dans l'histoire, mais dans l'histoire de l'histoire si j'ose dire. un travail "alimentaire" quoi.. Bin oui, un musico, ça boulotte mine de rien et 'l'air" du temps ça va cinq minutes, là c'était pour remplir les placards de la cuisine. Une commande pour des festivités du couronnement à ce qu'on dit.
Petite note d'ailleurs de certains critiques et musiciologues bien sérieux (ça n'engage qu'eux, on se fait l'idée qu'on veut d'une oeuvre, désolée !) "un opéra extraordinairement oubliable" (C. Rosen), "Une odeur de poussière et de renfermé" (R.Stricker). Pas tendre les cocos ! En plus, là, le livret n'est pas de son pote Da Ponte, mais du poête "officiel" de la cour, Pietro Metastasio qui voulait une oeuvre "miroir pour le souverain"... ça veut tout dire. L'encouronné devait pouvoir se reconnaître dans le portrait de ce Titus plein de sagesse et de noblesse et en faire un pire salaud qui tape à tour de bras sur tout ce qui le perturbe, je ne crois pas que ça aurait plu ! Mazzola, cité également comme librettiste, n'a fait que le retoucher, bien qu'il figure souvent "au générique".
Allez, je m'y colle ! N'oubliez pas... nouveau truc...si ça apparaît en rouge, vous cliquez et surprise ! Vous aves un extrait musical.

LA CLEMENCE DE TITUS (1734) - Wolfgang Amadeus Mozart - Acte I -
Le lieu : Rome au temps des ramasses-poussière (antiquités selon ma mémé), le studio de Vitellia, une nana qui avait des vues sur Titus et s'est pris un rateau. Donc là, laissez libre cours à votre imagination et vos souvenirs des cours sur l'antiquité... Des colonnes (doriques, ioniques... rien à secouer, du moment que ça en jette, me fiche des anachronismes décoratifs et puis ça les gêne moyen-moyen les metteurs en espaces de toute façon non ? Ah... éviter tout de même les colonnes Morris, c'est plus de l'anachronisme c'est une bourde géographique là !), des vespasiennes, juste pour vous montrer que ça ne date pas d'hier les pipi-rooms, même si elles étaient au-dehors, (au point où j'en suis dans l'anarchie décoratrice...un peu plus ou un peu moins...) un pédiluve (rien à voir avec la choucroute mais j'aime bien le mot). Un poster de la région, avec juste Rome d'indiquée, vu que selon l'adage... pas la peine de brancher le GPS, tous les chemins y mènent, ça fait du temps de gagner à se repérer.
Les personnages:
- Vitellia, la fille qui s'est faite jeter par Titus (celui de Bérénice, pour vous situer)
- Sextus, son galant du moment... brave type mais un peu rendu miro par l'amour (rôle travesti) et ami de Titus
- Annius, pote de Sextus, (rôle également déguisé, à part deux rôles masculins, le reste, c'est des nanas, ça se faisait beaucoup à l'époque... et puis pas si loin que ça aussi d'ailleurs, regardez du côté du Chevalier à la Rose de Richard Strauss...) et quasi beau-frère même, puisqu'il est en ménage avec la soeur de celui-ci, Servilia
Au lever de rideau, Vitellia et Sextus sont en pleine conversation, et ça n'a pas l'air d'être que pour se compter pâquerette, vu l'énervement de la donzelle !
" Si c'est pour rabâcher que t'as tout prévu et que t'as même contacté Lentulus et ses potes pour foutre le boxon au Capitole - (pas celui que je fréquente, rassurez-vous, je m'en charge toute seule, vous me connaissez...) - désolée de te le dire mon grand, mais tu te répètes ! Et en plus, tu dis... tu dis...mais pour faire... j'attends toujours ! Qu'est-ce qu'il te faut, que Titus fasse asseoir Bérénice sur ses genoux sur le trône, histoire de bien me ficher la honte de ma vie ?!
- Mais euhhhhhh !
- Mais euh quoi ?!
- C'est tout de même un sacré morcif ! Et en plus c'est un copain et t'en connais beaucoup des comme lui ? Pas intéressé pour deux sesterces, le coeur sur la main, prêt à passer l'éponge, et qui ne fait pas de différence entre un vieux croûton friqué et un morveux poches-percées, du moment qu'ils ont un bon fond, toujours à se décarcasser pour qu'on se lève en forme, "l'Ami Ricoré" j'l'appelle, ça veut tout dire !
- Je rêve où tu fais sa promo ? Mais pour ta gouvernante...c'est tout de même le même type qui a piqué le trône à mon paternel, au cas où t'aurais des absences.... Il m'a fait sa parade d'amour, mieux qu'un paon à la roue de la foire du Trône, m'a quasiment fiché dans ses draps... pour s'en aller taquiner de la barbare ! Si encore il avait tilté sur une nana romaine, là j'aurai sinon pardonné, du moins mieux pigé, mais une mal décrottée des environs du Tibre...même si elle a un pédigré, elle est pas de chez nous !
- Mais la nana est venue juste pour lui, faut pas l'oublier tout de même !
- Blablablaaaa ! Te fatigue pas, je connais l'histoire ! Et vu la trogne qu'il a tirée à son départ et les paquets de kleenex achetés, pas la peine d'être sorti de la cuisine de Jupiter pour piger qu'il est raide dingue de sa Bérénice
- T'es jalouse !
- Même pas vrai ! Ce que j'ai du mal à encaisser, c'est qu'il m'ignore maintenant comme une vieille chaussette ! T'es pas cap d'essayer de m'avoir en m'aidant à me venger... j'me barre, tu m'saoules !
- Pardon ma biche ! J'ai eu un coup de mou, mais me laisse pas... j'suis prêt à faire ce que tu dis !
- Ah c'est mieux ! Bon, bin c'est simple, je veux Titus refroidi avant le coucher des poules ; simple non ?
- P'tit bisou pour la route ? Là, j'le sens bien... j'suis regonflé à bloc !"
Petite aparté (ça vous manquait hein?) en l'espace d'une scène relativement courte sur patte, elle n'a eu aucun problème pour convaincre le type de zigouiller son meilleur ami... Ou elle a de sacrés arguments, style bonnet 90 B, où le type est vraiment blond !
A la scène deux, entre Annius, le copain de Sextus. Il vient signaler à ce dernier, que s'il ne veut pas se faire remonter les bretelles, il faudrait p't'êt' qu'il pense à son rencard avec l'empereur. Vitellia a la répartie fiéleuse genre "Il y en a qui aura aussi du retard, vu qu'il fait des cochoncetés avec une certaine Bérénice" mais Annius lui renvoie dans les dents qu'elle n'est pas sympa, vu que l'intéressé vient de renvoyer sa copine chez môman, il a vraiment pris sur lui sur le coup.
Comme les deux comploteurs en restent comme deux ronds de flan, il développe :
" Ah, ça vous en bouche un coin hein ?! On a tous fait arrêt sur image à la nouvelle, mais c'est véridique, il a fait ses adieux à Bérénice
- J'en connais une qui a dû l'habiller pour l'hiver quand il lui a annoncé qu'elle était virée de ses draps !
- T'as tout faux ! Elle a bien pigé que le type faisait ça, pour... raison d'état, si j'puis dire... et que ça lui coûtait autant qu'un oeil de la renvoyer chez elle !
- Mouais... si tu le dis...
- Attends... ça a pas été du beurre mou pour lui... ça se voyait sur sa trombine !
- Alors, ça change un peu la donne, zouzou (moins guindé que Sextus je trouve), temps mort (là, je la vois bien faire le geste des sportifs moi, ça serait classe... et tellement... féminin !)
- Et j'dois piger quoi là? Un coup de "revenez-y" ?!"
- N'importe naouak ! Circule, y'a rien à voir ! Et tu connais l'histoire du môme qui criait au loup, à force de me soupçonner, gaffe, ça pourrait arriver..."
Elle sort, histoire d'éviter d'avoir à donner plus de détails sur son revirement. Sextus et Annius restent seuls et ce dernier en profite pour rappeler à son poteau qu'il lui a promis sa frangine Servillia (belle mentalité !) et que ça serait bien de finaliser la chose, d'une manière plus "administrative" en demandant à l'Auguste (pas le clown, vous gourez pas, l'empereur !) sa p'tite signature au bas du contrat. Comme Sextus n'est pas vraiment contre cette idée, ils se font la bise et sortent pour aller demander ça tout de suite à leur patron.
Baisser de rideau sur la scène trois et on s'esquive au changement de tableau... On verra la suite plus tard.
Bonne journée et bonne écoute des extraits... Je file, j'ai un truc... plein de caféine sur le feu !
La dragonne.
par Sieglind
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