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Vendredi 8 juillet 2005

 Bonjour à tous!

 

Je vais essayer de suivre vos conseils (c'est-à-dire ne pas vous envoyer un pavé trop lourd entre les deux oreilles, ça va être dur, pipelette comme je suis, mais je tente le coup)


Donc après les péripéties pyrénéennes d’hier, nous allons retourner en terrain plus plat mais pas moins accidenté pour autant, théâtre de l’acte ultime de cette œuvre mondialement connue (ne serait-ce que par les pubs, n’est-ce pas ?) qu’est :

 


 
CARMEN – ACTE IV –

Le lieu : une place à Séville avec des arènes en fond polychrome flamboyant (période pas très connue de l’art académico-lyrique, mais souvent employée, même de nos jours)
Les personnages : Sévillans et Sévillanes déambulant, le capitaine Zuniga, Mercedes et Frasquita, Escamillo, Carmen et Don José.

 

Au début, on a droit à une scène de marché banale avec ses bonimenteurs, ses pigeons – pardon , ses clients,  et chacun y va de sa chansonnette. J’imagine assez un « vrai » marché avec la marchande de légumes, une main sur le cœur, en train de péter toutes les vitres du bâtiment voisin, en poussant son contre-ut, le poissonnier vanter la fraîcheur de ses sardines sur « la donna è mobile » de Rigoletto, le vendeur de l’épluche légume du siècle faire l’article sur l’air de Figaro du Barbier de Séville ! Au moins, ça mettrait l’art lyrique à la portée de tout le monde et au prix d’un kilo de patate ou deux, au plus !

Pendant que tout ce monde arpente la scène dans tous les sens en faisant semblant d’être vachement intéressé par la grande fraîcheur des poulets en plastique, des légumes de papier mâché et des poissons en feuilles d'alu, le capitaine Zuniga interpelle Frasquita et Mercedes :
« Z’avez perdu votre copine, la joueuse de lime à ongles, ça change ! Scotchées comme vous êtes toutes les trois !
- On est pas là pour tenir la chandelle pendant qu’elle fricote avec son galant !
- José ? Je l’cherche justement !
- T’es fou ! C’est périmé depuis belle lurette c’t'histoire ! Maintenant elle est accro à l'Escamillo. L’autre, depuis que la blondasse tressée est venue le chercher… plus de nouvelles !
- Pareil ! On s’est pointé à son village pour lui dire deux mots, rapport au fait qu’il manque à l’appel depuis pas mal de temps et le zoziau s’était déjà envolé !
- Mince ! Carmen a intérêt à se planquer parce que leurs adieux c’était pas :  à tout à l’heure chérie , mais plutôt :  prends-toi en photo, pass’ke quand j’te retrouve même ta mère aura du mal à te reconnaître »


 

La conversation est interrompue par l’arrivée ovationnée du torero Escamillo avec, accrochée à son bras, comme un poisson ventouse à son aquarium, une Carmen plus que pâmée d’admiration. Et vas-y les « tu m’aimes ? » , « J’t’adore ! », « t’es sûre ? », « craché, juré ! ». Torero, picadors, fan club, tout le monde prend la direction de l’arène assez lentement parce que faut pas oublier que c’est un décor, (j’imagine  – encore – le groupe s’emplafonner le poster de plein fouet et la trace en silhouette découpée restant après l’impact ! Très cartoonien non ?) Les copines, qui sont restées à la traîne, chuchotent à l’oreille de Carmen, que l’agité du bulbe qu’elle a jeté comme un kleenex doit se balader dans le secteur, ça serait peut-être bien si elle sortait le gilet pare-balle.
« Qu’il y vienne j’l’attend ! C’est pas un gamin à qui on refile deux tartes et qui lâche son canif, qui va m’impressionner ! » répond Carmen qu’a pas froid aux yeux, il faut le reconnaître.

Les copines parties, évidemment c’est Don José qui fait son entrée un peu dépenaillé et essoufflé (la cavale c’est pas top pour le look) :
« Tiens, voilà machin ! fait dédaigneusement la cigarière
- Suuuuurpriiiise !
- Les copines m’ont dit que tu me cherchais et que c’était pas pour me faire la bise.
- Nan ! C’est pas pour te trouer la panse, c’est pour qu’on se remette ensemble !
- Tu rêves où t’as bu ?
- On a passé de bon moments ensemble tout de même !
- Faut te le dire en quelle langue, en mandarin ? N.I , NI, C’EST FINI !
- Fais gaffe ! Me pousse pas !
- C’est sur ! Tu pourrais t’étaler comme la dernière fois !
- J’suis sérieux, tu viens avec moi sinon…
- Sinon quoi ? Tu va faire ta colère ? Les mômes qui trépignent c’est dans les crèches qu’on les trouve ! Et arrête de jouer les Soupalognon y crouton - (pour ceux qui connaissent Astérix, voir :Astérix en Hispanie) - remarques, continues un peu… le mauve de ta trombine commence à t’aller bien !
- T’as intérêt à venir et au galop ! J’ai pas fait tout ça pour des prunes ! Tu viens ou j’t’étale !
- Cause toujours ! L’Escamillo, tu lui arrive pas à la cheville et je suis maquée avec lui, au cas où tu le saurais pas, vu qu’à Perpette-les-oies, il faut encore pédaler pour recevoir la radio !
- J’te préviens que j’t’aurai prévenue ! - et là, il sort le coutelas sous son nez,  pour que Carmen apprécie de près l’affûtage de l’outil.
- Et bin vas-y ! T’es pas cap ! Au fait, la bagouse que tu avais tirée au distributeur de la fête foraine, tu peux la reprendre, elle est vraiment trop tarte !

Elle lui balance la bague Minnie à la tronche, et ça…. c’est le pompon, pour José ! Il l’épingle en deux temps trois mouvements et la regarde tomber (au ralenti, les divas, ne tombent qu’au ralenti, sinon ça fait trop de bruit et surtout les décors tremblent). 


 

Escamillo n’aura plus qu’à piocher dans son carnet d’adresse après avoir biffé les coordonnées de la cigarière, parce qu’elle est partie chalouper du côté de Saint Pierre. La scène se passe ici évidemment en vidéo

 

Pendant que José se passe les menottes tout seul parce que la scène est vide (vous trouvez ça logique vous ?) on entend le chœur reprendre le « Fais gaffe à tes miches, on te zieute bizarrement » du début de l’opéra.

La rideau tombe (une main de la Carmen dépasse, parce qu’elle est pas tombée comme il faut sur les marques au sol– rigolez pas ! Dans ma Carmen à moi que j’ai vue, c’est « vraiment » arrivé !)

 

Je suis assez contente de moi, parce que c’est déjà un peu plus « lisible » côté longueur non ?

Je vous souhaite une bonne journée bien remplie (mais pas trop quand même) et vais me repasser un coup de l’opéra, parce que ça m’a donné envie rien que d’en parler.

 

A bientôt
Sieglind la Dragonne

par Walsong publié dans : Bizet
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Jeudi 7 juillet 2005

Bonjour à tous !

Vous avez vu ? L’Espagne ça bouge hein ?
On va donc pouvoir passer à la suite, maintenant que je suis RSDT (reposée, sustentée, désaltérée, toilettée). Vous aussi j’espère, parce que je vous donne l’opéra en main « propre » et je ne veux surtout pas qu’on me le rende avec des traces de pâte à tartinée ou des miettes de croissants à la pliure !
Donc…

       CARMEN – ACTE III


Le lieu
: En montagne, paysage de rochers tourmentés (le décorateur s’est énervé un peu avec son cutter sur le polystyrène, ça se voit), nuit noire (quelques projecteurs savamment dosés pour faire des ombres chinoises bien inquiétantes)

Les personnages (toujours aussi nombreux et énervés) : Les contrebandiers, hommes et femmes, Don José, Carmen et ses copines Frasquita et Mercedes, Micaela, Escamillo le torero.

Levée du rideau sur l’arrivée des contrebandiers, chargés comme des mulets (côté discrétion, on peut pas dire qu’ils font dans la dentelle pour des malfrats, parce qu’ils braillent à tous les échos : « Cool le boulot ! Faut des mecs comme nous pour ça ! »
Le Dancaïre et Le Remendado, dont on a fait la connaissance précédemment, donnent l’exemple pour dresser le campement en s’écroulant plus ou moins esthétiquement au milieu de leur butin (les guibolles se sont mises en grève – à part ma fameuse Mémé, vous pourriez vous trimballer un ballot de marchandises d’un bon poids, sur un sentier de montagne, pendant plusieurs bornes et sans être essoufflés ?). Après avoir repris l’usage de leurs jambes, tout ce monde sort pour essayer de fourguer la contrebande. Ne restent que José, Carmen, Frasquita et Mercedes.

A voir la mine des deux tourtereaux, on se doute qu’il y a de l’eau dans le gaz (c’est plus le grand-grand amour on dirait, surtout du côté de la cigarière) :
« Qu’est-ce que tu zieute comme ça ? T’as vu passer un canard à trois pattes ? – lance Carmen à José le regard perdu vers la ligne bleue des Vosges.
- J’pense à ma môman, si elle savait la pauvre que son Joselito vire à la Borsalino…
- T’as qu’à y retourner, chez ta mère ! (étonnant l’actualité de ce genre de dialogue, s’pas ?)
- J’te ferais pas ce plaisir, j’vais te coller comme le papier à son bonbon, le torchon à son jambon, la mouche à sa m….armelade – (z’avez eu peur hein ? Mais je suis correcte moi !) - et t’as pas intérêt à m’éjecter sinon….
- Ouahhhh ! J’ai peur ! J’en ai les plombages qui se déchaussent à force de claquer des dents ! Et puis comme on dit : « che sera, sera » ! D’abord tu me saoule, j’vais faire une petite belotte de comptoir avec les copines et même que je vais me faire tirer les cartes ça m’occupera ! »

José va bouder dans son coin pendant que Carmen s’approche de ses deux copines en train de jouer les Madame Soleil. Mercedes a déjà lu qu’elle allait se mettre en ménage avec le futur Pancho Villa local (je sais le vrai était Mexicain, mais le costume est plus rigolo) et Frasquita qu’elle épousait un vieux plein aux as qui tirerait sa révérence assez vite pour qu’elle joue les veuves joyeuses pas mal de temps avec ses picaillons (sous, si vous préférez). C’est au tour de la cigarière et là, on peut pas dire que la donne l’enchante des masses (un pique pour rester sur le carreau et voyage pour deux dans la gondole de Charon) :
« Dans le genre « j’invente des règles » vous auriez pas touché au paquet par hasard ? - lance-t-elle - parce que côté carreau et pique j’suis servie, mais j’ai pas rêvé, en principe y a aussi trèfle et cœur ? Bon ! Tant pis ! J’ai plus qu’à mettre mes affaires en ordre pour le grand voyage (ça sera vite fait, tout est au pressing) ».

C’est à ce moment que reviennent Laurel et Hardy (Le Dancaïre et Le Remendado). José est chargé de surveiller la marchandise, pendant que les filles vont s’occuper de distraire les trois douaniers que les éclaireurs ont aperçu près de la passe. Stratégie militaire des nanas : se laisser un peu coller-serrer, rejouer « A la recherche de la bretelle perdue », et faire risette le plus possible (meilleur moyen de montrer les dents à l’ennemi : sourire). Tout le monde sort.

Entre Micaela guidée par un louveteau qui fait d’une pierre deux coups (sa BA et ses TP de survie en milieu hostile). Celui-ci n’en mène pas large, parce qu’à peine Heidi arrivée à bon port (paradoxale en montagne, cette expression), le scout s’empresse de déguerpir pour retrouver ses petits camarades et faire griller ses guimauves en chantant « Feu de bois, feu qui chante »
Micaela se donne un peu de cœur au ventre en sifflotant (vous avez jamais fait ça vous ? Moi si, j’assume !) lorsqu’elle aperçoit José sur son rocher . Elle commence à faire des « youhouuuu » suivi de « Ehoooo » le tout accompagné d’une gestuelle rappelant étrangement les « chiens jaunes » sur les portes avions. Il a pas vraiment l’air de la voir puisqu’il épaule son tromblon et presse la détente vers un truc qui bouge dans les fourrés plus loin.. Mince ! Doué comme il est, si ça continue, elle va se prendre un pruneau ! Elle file se planquer derrière les rochers, alors que le « truc » sort de son bosquet.

C’est Escamillo qui s’est servi de quelques figures tauromachiques pour esquiver la chevrotine. José, étant descendu de son perchoir la conversation commence :
« Salut mec, j’suis Escamillo, le zigouilleur de taureaux
- J’te connais, j’ai vu les affiches. Un peu plus et tes fans les auraient décollées pour garder un souvenir de la star !
- Y a pas de lézard ! Surtout que ça me fait encore plus mousser auprès de la belle pour qui j’en pince !
- Elle crèche dans les parages ?
- Forcé ! C’est une locale !
- Son pseudo ?
- Carmen ! Elle s’était entichée d’un bidasse qu’a fait le mur pour ses mirettes, mais, tu connais la Carmen, elle se fatigue très vite question cœur. Pas grave pour moi, ça durera ce que ça durera, j’suis pas exigeant ! En plus les suivantes attendent déjà leur tour leur tiquet à la main, alors…
- Y a qu’un petit os dans ton plat de nouilles Coco, c’est que le bidasse en question c’est Bibi et qu’il va pas rester les bras croisés en attendant de vous voir disparaître dans le soleil couchant ! »

Il est colère le José et on le comprend, même quand il sort la navaja (ze spanish lagliole) et commence à jouer les D’Artagnan « « bziiii, bziiii, bziiii »  (ça c’est le bruit de la lame fendant l’air) alors qu’en face le torero dégaine tranquillement en attendant qu’il se fatigue tout seul. En plus, il a lu Féval et, la « botte de Nevers », il connaît par cœur. « Tchac » (ça c’est le bruit de la botte, très efficace vous le remarquerez parce que Tchac unique contre multitude de bziiii) et Joselito se retrouve désarmé. Le suspens est intense, sauf pour ceux qui connaissent les films de cape et d’épée parce que, évidement, lorsque Escamillo magnanime lui rend le coutelas, l’autre lui fait un croche-patte et Escamillo à terre essaie de l’épingler au sol.

Arrivée de Carmen qui fiche un aller-retour au gamin pour lui remettre les idées en place et lui faire lâcher la navaja (franchement, on se demande ce qu’il faisait à l’armée le José !) On promet de jouer la belle plus tard parce que Le Dancaïre commence à avoir des fourmis dans les ripatons. Escamillo sort après avoir balancé ses places gratuites à la ronde (cabotin jusqu’au bout celui-là), Carmen fait des pieds de nez à José qui menace de lui en retourner une, et c’est sur ce pittoresque tableau qu’entre Micaela, un peu aidée par les contrebandiers qui l’ont alpaguée derrière son rocher. José reste la main en suspens :
« Qu’est-ce que tu fiches ici, Mickie ?
- C’est pas de moi, c’est ta môm qui m’envoie te dire que ça serait p’t’être une bonne idée si tu rappliquais lui faire un poutou.
- Nan, j’irai pas ! Là ! Je lâche plus l’autre dévergondée, j’ai plus confiance !
- Mais fiche le camp – s’écrie Carmen – tu nous bouffes notre oxygène pour rien !
- Nan ! J’y suis, j’y reste !
- Bon j’vais te dire la vérité vraie : t’as intérêt à venir avant qu’elle passe l’arme à gauche !
- Pour un cor aux pieds ! Vingt dieux ! Sont agressifs c’t’année !
- Cor ou pas, elle nous lâche et tu devrais faire fissa !
- D’ac ! J’te suis, mais toi la rouleuse de cigare, fais gaffe ! »

Il sort en courant derrière Micaela alors qu’Escamillo reprend son tub célèbre dans les coulisses et que le rideau tombe sur la fin de ce troisième acte.

Du suspens, de l’action, de l’amour… qu’est-ce qu’il y aura au troisième acte ? A découvrir demain, si je ne suis pas trop feignante (je vais devoir mettre mon réveil moi, pour plus de sûreté !)

Je vous salue et vous souhaite une bonne journée à tous

Sieglind La Dragonne

par Walsong publié dans : Bizet
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Mercredi 6 juillet 2005

Bonjour à vous !
Tout le monde est présent ? Pas d’absentéisme pour cause de congés scolaires ? Où de énième longue maladie de la Mémé ? Mmmmm ? - Mine de rien qu’est-ce qu’elle a pu nous servir d’alibi notre aïeule préférée, en tout cas dans mon cas, alors que la « pauvre » pétait une forme olympique et pouvais se trimballer un sac de patate, d’un bon gabarit, de sa cave au deuxième étage de la maison, sans même que son rythme cardiaque change ! (« la Percheronne » qu’on l’appelait, mais gentiment, vous y trompez pas ! -

Bon alors on peut commencer ? Bien !

CARMEN - ACTE II

Le lieu : L’auberge de Lillas Pastia (le Queen du coin)
Les personnages : Carmen, Frasquita et Mercédès, deux copines à elle, Morales, l’aubergiste, Escamillo, un torero, son fan club au train, deux contrebandiers : Le Dancaïre et Le Remendado, José et enfin Zuniga son capitaine (on dirait une  auberge espagnole le coin, tellement ça défile !…. Autant pour moi ! C’EST une auberge espagnole !)

Donc au lever du rideau, Morales accueille les trois filles, arrivées un peu tôt - elles se sont bien fait une toile pour patienter, mais le film était nul et comme elles commentaient un peu trop fort ce nanar intégral, elles se sont fait proprement virer de la salle par les spectateurs bovins et radins qui voulaient continuer à suivre pass’k’ils avaient payé pour (ça me rappelle quelque chose… ou quelqu’un… sourire entendu et clin d’œil à l’appui).
Les filles commencent à se mettre en jambe et en voix (c’est que c’est sérieux la boîte ! Faut de l’entraînement – demandez à Travolta si j’ai pas raison). Carmen pousse la chanson à la mode : « Les tringles des sistres tintaient » (traduction : y a du courant d’air, fais gaffe aux rideaux ! – blague à part c’est véridique, lisez le livret si vous ne me croyez pas !). Elle enchaîne avec ses copines pour le refrain « Tra la la la » (t’tention c’est pas celui des doigts dans les oreilles du premier acte, faut pas confondre !). Elles sortent la grosse artillerie sévillane (les castagnettes) et là... ça s’emballe, ça s’emballe qu’on a peur qu’elles nous fassent une fracture du myocarde, un foulure de la rate ou un truc dans le genre – soyons logiques : vue l’âge « moyen » des divas et leur mensurations, elles jouent avec leur vie là, les Castafiores !

Elles sont interrompues dans leur diverses expressions chorégraphiques et cordevocaliennes par un chambard de tout les diables venant de l’extérieur :
« Yiiiiiiiiiiiii » - cris hystériques des groupies pré et post pubères – « Yeah Man » - ovations viriles et fair play des fans mâles – « Escamillo ze best » - acclamations mixtes ( the best et non pas the beast, parce que le pov’ taureau… ses os ne lui font plus mal après le traitement qu’il vient de subir des mains mêmes du célèbre torero !)


L’ovationné s’avance pour entonner d’une voix de baryton (j’adore cette tessiture, ainsi que les basses) : « A la tienne Etienne – enfin plutôt : « votre toast, je peux vous le rendre » chansonnette dont le refrain est repris par la foule : « Fais gaffe à tes miches, on t’zieute drôlement ! » - là aussi lire : « Toréador prend garde, et songe bien qu’en combattant, un œil noir te regarde » (j’ai voulu faire concis).
Quoique, soi-disant, subjugué par Carmen, il trouve quand même le temps de finir de pousser sa gouallante (un single comme ça, on peut pas permettre de le saboter tout de même !) avant de s’avancer, torse bombé, bidounette rentrée un max, si bien qu’il finit les quelques enjambées qui le séparent de la cigarière en apnée et le teint plus que fleuri. Il se la pète, mais la Carmencita est en pleine songerie Don Joséienne (faut dire que le pauvre gars s’est retrouvé au gnouf pour l’avoir libérée et elle attend sa libération imminente pour lui montrer sa…. Gratitude ?) Pas grave ! Le garçon boucher attendra son heure, pour l’instant son carnet d’adresse est encore bien rempli, il a de quoi venir, si je puis dire… Et certain de son fait, qu’il repart, entraînant sa cour et un Capitaine Zuniga pas catho (j’me demande ce qu’il fait à traînasser autour de Carmen, c’ui là… Faudrait pas qu’il nous fasse un syndrome de Frollo -   oui, vous savez le curé amoureux d’Esméralda, dans « Notre Dame de Paris » de Hugo, celui qui veut la haïr, pour la menace qu’elle fait planer sur sa « chasteté sacerdotale » et qui se baguenaude toujours dans son sillage, malgré tout ).

Toute cette ménagerie repartie, Morales éteint les néons du bar et met la pancarte « fermé » parce que la journée a été dure, et faudrait pas qu’un car de Japonais se pointe, il a plus de saké, il passe dans l’autre pièce pour compter la recette alors que les deux contrebandiers Le Dancaïre et Le Remendado font leur entrée :
« Les gazelles, dans le groupe, en 95b, on a trouvé que vous pour distraire les gardes-côtes
- Quand il s’agit t’entourlouper la maréchaussée, tu peux pas mieux tomber, coco – répondent-elles d’une même voix
- Faut faire vinaigre, ils tournent le coin ! Rappliquez tout de suite !
- Passez devant, j’aurai un peu d’retard, j’attend mon mec – lance Carmen
- T’as qu’à jouer du balconnet avec lui aussi, on a besoin de nouvelles recrues dans la bande !
- Y a plus bête comme idée ! J’vais la jouer serré et vous l’aurez votre apprenti contrebandier ! »

Sur ce quintette très peu morale, tout le monde quitte la pièce sauf Carmen qui s’exerce à des pauses langoureuses et suggestives en attendant Don José qui ne tarde guère d’ailleurs à faire son apparition.



La cigarière recommence son fameux numéro de danseuse du ventre (ça marche à tous les coups, pourquoi s’en priver ?), agrémenté du fameux « Je papillote des mirettes, c’est à causes des lentilles qui tiennent plus » variante de l’autre non moins fameux « regard de biche pas trop apeurée », suivi de l’illustrissime figure « j’sais pas pourquoi, mais j’arrive pas à tenir une bretelle du wonderbras sans qu’elle glisse » (classique indémodable !). Le jury lève ses carton : 6,3 -  8,1 - 7.2 et… 1,5 !!! (ça c’est la planche à pain d’Anglaise, jamais contente celle-là et surtout verte de jalousie !) Don José commence à flancher quand la trompette du rassemblement de son régiment se fait entendre à l’extérieur :
« Minute Papillon, faut que je rejoigne le camp, sinon j’en prend encore pour mon grade :
- Alors comme ça c’est miss Clairon qui l’emporte sur moi ? Comme femme de ta vie, soit dit en passant, j’ai pas fait long feu ! Et c’est les meufs qu’on traite de girouettes ?
- Te fiche pas de moi ! C’est pas la même chose…   Si j’en pinçais pas sévère pour toi, tu crois que j’aurai ton pissenlit coincé entre deux pages de mon Play Boy hors série préféré ? Tin… vise, si tu m’crois pas – dit il en ouvrant la revue édifiante à la page centrale où Miss Juillet se retrouve, chastement vêtue par ses soins, d’un string végétal des plus coquet.
- D’ac ! Mais ça prouve rien. Si t’étais vraiment mon mec, tu viendrais avec moi  jouer « Premier de cordée » (mine de rien, elle a de la lecture la gamine) en plus, avec un peu de bol, on pourra faire deux ou trois descentes en surf, un pote m’a filé ses forfaits et ils ont prévu d’la neige. »

Au moment où José est sur le point de lâcher le morceau, Frollo, alias Zuniga, fait son entrée en trombe pour trouver son caporal en compagnie de la nana qu’il pensait trouver un peu moins accompagnée (bin voyons !). Les nerfs (et la chaleur des nuits andalouses universellement reconnue) faisant leur œuvre, ça commence à sortir les canifs et à vouloir se rajouter quelques boutonnières pour faire plus tendance. Carmen siffle ses copains qui rappliquent pour maîtriser la soldatesque (ça aide quand on est au moins une vingtaine et qu’on tient un fusil du bon côté !) Le capitaine se retrouve dehors - des tromblons pointés sur son valseur, on peut dire que c’est un bon argument pour prendre le sirop de la rue – tout le reste de la troupe s’éparpille dans la nature, direction les remontées mécaniques et le rideau tombe pour l’entracte.

Il était temps ! J’commençais à sortir la spatule pour décoller mes doigts de l’Azerty. Je vais en profiter pour me dégourdir les phalanges et grignoter un petit truc (vite mon petit noir serré !).

La caféinomane dragonesque vous salue jusqu’à la prochaine fois soyez sages (on peut toujours rêver non ?)

par Walsong publié dans : Bizet
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Impulsions, coups de coeur et de gueule, idées diverses au fil des notes et journées. Vous trouverez dans ce blog ma vision de l'opéra et de bien d'autres choses. Et aussi ma passion : les dragons.




Comme ma trombine évolue au fil de ce "rondudju" de temps, une petite mise à jour du portrait du bestiau, j'ai encore changé de "look" comme on dit... et le cliché du trombinoscope n'est plus vraiment d'actualité (avis, première et dernière fois que vous avez droit à ma goule, moi et les photos, ça fait quarante-douze)

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