Bonjour !
Alors là, si vous connaissez pas au moins un air… je lâche les écailles et me fais pingouine !
La pièce, vous l’avez peut-être même étudiée en classe à une époque (la grande, celle où on est sensé se faire son « patrimoine intellectuel » -bin tiens, bien sur !) d’un certain…Beaumarchais (mec à la vie trépidante et qui vaut le coup de s’y arrêter – il a quand même fait du trafic d’armes le monsieur !)
Là, c’est la version lyrique qu’on va voire celle d’un certain Gioacchino Rossini (le type qu’à eu l’idée du tournedos aussi, mine de rien)
Pour la biographie…. Vous connaissez la marche à suivre… pas ici (mais même Larousse et son pissenlit, pourront vous dépanner sur le coup) on attaque l’histoire et ça va plaire à Isis pour une fois, puisque la définition « officielle » de l’œuvre c’est « melodramma buffo » (opéra-bouffe , c’est pas un concert dînatoire au cas où vous vous poseriez la question)
Donc voici devant vos yeux ébahis (je veux de l’ébahissement dans la pupille sinon ça va chauffer !) :
LE BARBIER DE SEVILLE de Gioacchino Rossini (un p’tit gars qu’a été loin !)
ACTE I (16 scènes, donc on fera certainement des coupures - les moins sauvages possibles)
Le lieu : Oslo ! (nan, mais franchement, est-ce que c’est utile que je le signale étant donné que c’est compris dans le titre) Une rue de la ville éclairée par des loupiotes étant donné que c’est la nuit. Un façade de maison , une fenêtre (là, précision dans la mise en scène officielle : qui peut être ouverte ou fermée ! C’est bien connu, nos ouvertures sont en trompe l’œil, ou soudées !)
Les personnages : Fiorello et son groupe (des musicos à louer pour la sérénade), le jeune premier, Almaviva, comte de son état (un de la haute quoi), Figaro (pas le matou de Geppetto, au cas où vous poseriez là aussi la question), coupe-tifs du coin et homme à tout faire, Rosine, pupille d’un certain Bartolo, bourgeois de son état, Don Basilio un copain au tuteur et prof de musique à ses heures..
Le rideau se lève sur Fiorello et ses musiciens qui arrivent sous la fenêtre – qui peut s’ouvrir – de la maison (celle de Bartolo entre parenthèses). Et ça chuchote à qui mieux (chuchoter à l’opéra, c’est quand même arriver jusqu’aux places du Paradis, tout en haut de la salle). Ils ont été engagés par un comte qui veut en jeter des masses aux yeux de la fille pour qui il en pince. Il arrive et commence à susurrer un truc ou il est question d’aurore, d’amoureux, de fenêtre qui va enfin s’ouvrir sur l’objet de ses rêves. Le jour commence à se lever et toujours pas un volet d’entrouvert par contre les musicos commencent à s’inquiéter, parce que c’est tous ceux du quartier qui vont s’ouvrir si ça continue et pas pour leur balancer des fleurs. Ils s’en vont après s’être faits payés et le comte reste seul à marronner parce que sa dulcinée, soit elle dort avec les « glandes c’est qui », les boules Quiès, si vous préférez, soit on l’a claquemurée, parce qu’ils se sont déjà causés et la fille a pas l’air contre l’idée de convoler avec lui, d’autant plus qu’il s’est bien gardé de dire qu’il était plein aux as (des fois, ça aide beaucoup trop facilement à convaincre les nanas) ? Quelqu’un se pointe et le comte se planque pour voire qui peut pousser sa gouallante aux poules à part le coq de la basse-cour.

Le type arrive, c’est Figaro, le fameux barbier du coin, une guitare à la main pour s’accompagner (ploing, ploing) :
« Le voici, le voilou, celui qu’on s’arrache, celui qui peux tout, du coup de peigne à l’appendicectomie, et dont les minettes raffolent que ça soit pour le brushing, pour une petite saignée ou pour aider à leurs amours.- (en bref, il est coiffeur, chirurgien, et entremetteur, les deux premiers métiers, je savais que c’était cumulable à l’époque, mais le second, ça doit être un boulot d’appoint)
- Eh le merlan ! – lance le comte qui l’a reconnu
- Son Altesse !
- Boucle-là ! Tu vois pas que je suis déguisé en type ordinaire ?
- C’est vrai que sans vos fanfreluches, col à manger de la tarte, moumoute capillaire enfarinée et bas résilles, on a du mal à vous reconnaître ! Qu’est-ce qui vous emmène à Séville ?
- En me baladant du côté du Prado, j’ai rencontré une nana qui crèche juste ici (la fenêtre qui s’ouvre –toujours- pas)
- Quel bol ! J’suis le merlan du tuteur, son chirurgien attitré et son apothicaire ! »
Au même moment le volet bouge enfin ! La fille risque un œil et sort un papier. Au même moment Bartolo, son tuteur, de l’intérieur, demande ce qu’elle fiche à une heure pareille à la fenêtre et avec un billet à la main. Rosine lui répond que c’est juste une chanson qu’une copine lui a recopiée, un truc qui fait fureur en ce moment : La Résolution Inutile. Au même moment, Oups, la « chansonnette » lui échappe des mimines et s’envole par la fenêtre (quelle maladresse ! Hem…). Le tuteur, conciliant sort de la baraque pour aller récupérer le bout de papier que le comte a déjà embarqué avant de se cacher. Il rentre en marmonnant que cette damnée fenêtre, il va la murer ça évitera les courants d’air.
Le comte s’apitoie :
« Pov’ môme ! C’est y pas malheureux de l’enfermer comme ça !
- Qu’est-ce qu’elle dégoise dans le poulet ? (poulet : billet doux) – demande Figaro en commençant à lire : - Tu m’intéresse – point – dès que tuteur sorti – point – file moi des info sur toi – point – coincée ici avec interdiction d’aller même au balcon – point final.
- Mais c’est qui ce mec ?
- Un sale type, rat comme pas deux, méfiant et qui s’est mis en tête qu’il en pinçait pour l’orpheline, c’est de son héritage oui, qu’il est amoureux ! »
Ils sont interrompus par le bruit de la porte d’entrée s’ouvrant. Bartolo sort et donne consigne qu’on n’ouvre à personne et meloune que Basilio devrait être là, puisque c’est lui qui s’est chargé de s’occuper des papelards pour le mariage avec sa pupille, prévu pour le lendemain.
« C’est qui ce Basilio ? – demande le comte à Figaro, une fois le tuteur parti.
- Un type qui se la pète Jean-Michel Jarre et qui apprend le solfège à Rosine, on l’embobine rien qu’avec l’idée du bifeton !
- Bon, j’vais me présenter à la minette, mais sans parler de mon compte en banque ; faut être sur qu’elle me voit pas en Tom Cruise à cause des dollars !
- Tiens v’la ma gratouille t’as qu’à lui pousser ta complainte.
- D’ac ça sera plus… romantique. J’vais luire dire que mon speudo c’est Lindor »

Il entame sa bleuette pendant que Rosine se pâme de contentement. Il explique qu’il l’adore, qu’il a pas un fifrelin en poche mais qu’il voudrait l’épouser…et patati et patalère.
La fenêtre se ferme brusquement (la fille doit avoir du monde dans la pièce). Les deux compères sont en train de mettre un plan au point, pour permettre au comte d’entrer dans la place aujourd’hui même. Figaro est motivé par la récompense que lui filera le compte et ça booste sacrément sa «créativité ».
« On te déguise en soldat d’opérette, parce que le régiment royal vient d’arriver à Séville, on vous trouve un billet de logement (à l’époque les bidasses présentaient ça à l’habitant qui avait devoir de le recevoir pour la nuit), faut faire semblant d’être pochetronné, comme ça, le tuteur croira que t’es plus attiré par tes draps pour cuver que par la donzelle. Là, tu va aller à ma boutique m’attendre pendant que je cause à la fille c’est au 15 sous les arcades la prochaine rue ! »
Les deux compères se séparent l’un vers la boutique du merlan, l’autre vers la baraque de Bartolo.
La scène change de décors et nous de place, parce qu’il est temps de se bouger un peu d’ici…bin oui, y a d’autres blogueurs à aller voir n’est-ce pas ? Et j’ai même pas fait encore ma « tournée »
Je vous dis donc à plus, très chers, et bonne journée…
La dragonne
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