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Jeudi 3 novembre 2005

Bonjour !

Comme promis, avant d’aborder un opéra (et pas n’importe lequel : Les Maîtres chanteurs de Nuremberg), un article dit « plus léger », étant donné que j’ai comme la nette impression que vous avez un plaisir sadique à lire mes exploits involontaires et catastrophiques, et ce, de préférence dans un lieu bien fréquenté, et si possible, pas du tout propice à ce genre de manifestations (osez dire le contraire, je vous attend au tournant !) Je le couperai en deux, celui-là aussi, parce qu’il promet d’être assez « conséquent » (c’est plus… comment dirais-je…. pudique ... que « long à faire peur »

Ce coup-ci, on part pour la Halle aux Grains de Toulouse où se donnait la version concert de Lohengrin de Richard Wagner. Petite précision, j’y ai assisté deux fois à une journée d’intervalle ! Je sais, j’suis accro !

La première fois, normalement, c'est-à-dire avec mon billet réservé au début de la saison et accompagnée d’une copine et de ma fistonne, encore en primaire, à cette époque. Là rien de particulier, sauf qu’on s’est trouvées fifille et moi séparées de notre triplette par les aléas d’une distribution un peu… aléatoire des places : elle en bas et nous au balcon (ça arrangeait Mikeline, parce que nous trouvant à hauteur et pas loin du chœur féminin, on pouvait bénéficier de leur loupiote pour qu’elle puisse suivre le texte, enfin la traduction, au fur et à mesure du déroulement – ça faisait d’ailleurs rigoler le premier rang des choristes qui avaient vu son manège et se donnaient du coude dès qu’elle tournait la tête vers elles avec l’air de dire : « maintenant c’est à vous ! ». Mon démon familier devait sentir que c’était vraiment pas le moment de ruiner ma réputation maternelle, parce qu’il ne s’est pas manifesté. J’ai même cru, qu’il m’avait enfin lâché la grappe celui-là ! En plus, après le premier entracte, on a pu rejoindre notre copine, le trio étant enfin recréé, pour le reste de l'oeuvre, sauf que c'est à partir de ce moment que Mikeline a décroché (elle n'avait plus le support visuel du texte et ça a commencé à la barber sérieusement. Je ne veux pas lui balancer de fleurs, mais la môme, j'ai trouvé quand même qu'elle avait sérieusement assumé, même une fois qu'elle a commencé à compter plus souvent les mouches dans les cintres!) Donc, R.A.S, à part une interprétation plus que sympa (pas évident, de chanter un opéra, sans jeu de scène tout de même et là, j'ai trouvé qu'ils avaient tous bien assuré)

Le lendemain, je rencontre un copain, faisant partie du chœur « réquisitionné » pour grossir les effectifs (parce que du Wagner, c’est pas les Compagnons de la Chanson, point de vue quantité, c’est la grosse artillerie, le truc qui, à la l’unisson, peut vous faire sauter les plombages si vous êtes trop près)

Il me demande comment c’était. Etant donné mes bonds de cabri et le fait que je saoulais tout  le monde en chantant certains airs  à la sortie, si je répondais « nul à chier », vous croyez qu’il m’aurait crue ? Il m’annonce alors que c’est dommage que j’y sois déjà allée, parce qu’il a deux places de dispo pour la représentation suivante. Je lui saute presque sur le poil (il aurait eu les billets à la main j’te le fichais presque par terre, malgré sa taille imposante, pour les récupérer – accro, j’vous dis, accro !) 

Par contre, copine… une fois lui suffisait pour ses débuts wagnériens et Mikeline… une version concert, ça va cinq minutes, mais côté jeu de scène… c’est un peu chiche (surtout pour une môme de dix, onze ans ! – En plus je trouve que j’ai été un peu rude pour ses débuts lyriques de lui offrir un truc aussi lourd, j’crois qu’elle a overdosé… « Comment écoeurer sa progéniture d’écouter du Wagner, en UNE leçon »).  Me fallait une « victime », Viiiiite !!!! J’empoigne le téléphone et appelle une autre copine, instit. à la retraite depuis peu, et sous couvert de lui changer les idées (bin dame ! Une fille qui fait partie de je ne sais combien de clubs et se partage entre sa bicoque et celle de ses parents… c’est sur, elle a le temps d’écouter l’herbe pousser !) et l’entraîne dans mon délire lyrique.

Nous voilà à l’entrée de la Halle le jour J, à l’heure H et à la minute M et ça, malgré la conduite, « décontractée » dirais-je pour faire sobre de ma copine (ça vous arrive souvent à vous, d’être assise à côté d’une nana qui vous fais visiter en même temps qu’elle conduit et qui, passant le long des quais vous indique du bras ET de la tête l’endroit où les dames de petites vertus officient ? Un peu plus le chevalier au cygne on allait lui faire la bise au fond du canal !)

Donc c’est parfaitement sèches et sans réverbère en cache-col qu’on entre et qu’on s’installe (pour ma part, je dois dire que j’ai eu une séance d’abdo-fessiers gratos avec elle, vu la force avec laquelle je serrais les miches à chaque tournant ou croisement, et que le valseur était un peu sensible au rembourrage un peu chiche des fauteuils). Là, évidemment, on doit attendre un bon moment, parce que Fangio a fait du zèle sur le coup (un peu plus, on arrivait avant l’ouverture des portes) et c’est la que mon pilote de rallye s’aperçoit qu’elle a un petit creux ! C’est vrai que je trouvais son sac relativement volumineux. (Franchement, Sugi, c’est à elle que t’aurais dû proposer ta « chaîne » !) Voilà t’y pas qu’elle nous déballe de la pizza et des petits gâteaux ! J’ai craint l’arrivée du gros rouge qui tâche, du fond de son cabas, mais non, c’est la bouteille « familiale » de flotte qui a surgi. Et elle entame gaiement sa dînette, sans un regard sur la mine effarée des voisins sur leur trente et un et au milieu de méchants relents d’origan qui se propagent jusqu’au deuxième rang ! Le pire, c’est que c’est réussi ! J’ai la dalle aussi du coup ! Comme faut pas gâcher, et qu’en plus on va se débarrasser plus vite de l’objet du délit, je l’aide (ma bonté d’âme me perdra, que voulez vous !)

Et c’est la bouche encore pleine et les mains un peu grassouillettes (un bout de papier essuie-tout, sorti miraculeusement du sac à malice règle l’affaire en deux temps, trois mouvements) qu’on assiste à l’arrivée sur scène des artistes.

Voilà, vous avez l’entrée en matière d’un opéra, version concert, avec, comme spectatrices, deux miss catastrophes, et, je dois l’avouer, ça m’a presque rassurée (je n’étais plus seule pour sévir, j’avais un « appui logistique » de qualité, cette fois-ci, quelqu’un sur qui je pouvais compter pour en rajouter au cas où le démon familier Gaffusius n’aurait pas la forme olympique chez moi) 

La suite demain parce que point trop n’en faut n’est-ce pas ? Bonne journée et à plus tard donc.

 

La dragonne

par Sieglind publié dans : Mes gaffes
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Mercredi 2 novembre 2005
Bonjour à tous!

Y a comme un problème.... J'étais persuadée que mes "productions manuelles" vous feraient rigoler (du genre: "la pauvre, fallait bien, qu'elle ait un domaine où ça parte en vrille!") et à ma grande surprise, vous avez l'air d'apprécier (ou alors... z'êtes polis et c'est pour pas me vexer).

C'est bizarre! Moi, c'est avec fierté que j'expose ces... "machins" chez moi, parce que je sais que la personne qui va tomber sur "ça" va se demander si c'est exprès pour voire la réaction des autres ou si c'est parce que je suis persuadée d'être une artiste!

Ou alors... j'ai pas encore montré les bonnes photos! On va réparer ça tout de suite. Et me dites pas que c'est un exemple parfait de sublimation artistique et émotionnelle, cette fois, parce que là, je vais sacrément douter de "vos" goûts en matière de décoration.

Pour bien vous immerger dans l'ambiance générale, il ne faut pas oublier que l'objet n'est pas au fond d'un placard quelconque ou caché dans l'entrée bien sombre. Il trône soit sur mon bureau, pour les petits bibelots, soit dans la salle à manger et le salon bien mis en valeur par des lampes en plus! Je fais tout pour qu'on ne voit que ça et j'attend, du coin de l'oeil, l'air faussement recueilli devant tant de splendeur, la réaction de la personne qui entre en contact visuel plutôt violent avec ma "création".

Et si ça ne vous "parle" pas encore assez... un exemple: hier, j'ai demandé à mon dragon de refaire quelques clichés des gadgets parce que les autres n'étaient pas assez nets:
"Mais c'est pour quoi faire au juste? - a-t-il lancé d'un air plus que soupçonneux (il me connait, l'animal!)
- Pour balancer sur le blog!
- Je vais quand même pas prendre "ça" pour que tu le montre à tout le monde!!!
- Y a un problème?
- Mais c'est.... mais c'est... "gros" et... "nombreux"!

Je ne sais pas pourquoi, il a sacrément buté sur le qualificatif! Pudeur là aussi? Crainte de délencher la foudre? Peur que je sois devenue encore plus myope tout d'un coup? Pourtant j'en avais plein, moi:
Innommable, Monstrueux, Au goût de chiotte, Pas présentable, Moche, Potentiellement dangereux pour une rétine mal entraînée, Kitchos, A gerber, Parfait pour les aveugles, "Spécial" (ah, ce "spécial", qu'est-ce qu'on cache derrière comme trucs!), A hurler...  Et je peux continuer longtemps comme ça.

Tiens, à vous! Je veux des qualificatifs et des vrais! Lâchez-vous bon sang! Pourquoi croyez vous que j'ai balancé ça? Pas pour les mettres aux enchères ça c'est sur! Alors de l'expression, de la vraie, de la franche

Bonne journée et balancez! J'suis pas en sucre glace non de d'la!

La dragonne




A gauche, un bout de parquet flottant, recouvert de morceaux de miroir brisé, le cloisonnement peint en noir, le tout passé au vernis bistro et qui me sert de dessous de plat.
En haut, une espèce de bonbonnière style pyrénéen avec des clous partout à l'origine (que j'ai patiemment ôtés au laguiole) poncée et recouverte des fameuses serviettes en papier.
En bas, vous la connaissez celle-là (mais pleine) une boîte de bouchées au chocolat ou j'ai fiché une partie de ma collection de bille (parce qu'en plus, je collectionne les billes, vous saviez pas?) le socle scellé à la super glue, sinon bonjour les dégats!
Et en dessous de tout ça, une vieille table repeinte et décorée de trompes l'oeil, façon, retour à la nature (j'ai le rocking-chair qui fait pendant avec ça) ça, c'est en plein milieu du passage pour aller du côté du coin salon.




Une lampe monstrueusement encombrante (50cm sur 50cm) découpée dans du contre-plaqué peinte et vernie (détail: les "couches" différente pour donner - en plus - de la profondeur, le nuage aussi, mais ça rend pas bien) la loupiote est derrière les hublots. Dessous une table basse en pin, recouverte (pas un centimètre de libre) de publicités haute couture et passée au vernis bistro (on va croire que j'ai des actions dans la boîte, mais c'est le plus résistant)




Je suis chef de manecanterie, vous ne saviez pas? La preuve! (le truc sur la pancarte, ça tombe bien, c'est le choeur du dernier acte des Maîtres Chanteurs - "lève-toi" en français). Petits, mais alors tout petits caillous (1cm à peine) peint et collés sur un plus gros, une allumette et un bout de papier, et vous avez vos petits chanteurs à la gueule de bois attitrés.




Ma vision très... "personnelle" de "Malpertuis" de Jean Ray




Le pire c'est que, sans se concerter, mon frère, aujourd'hui disparu, a eu la même idée et ça a donné ça (on était à plus de trois cent kilomètres, donc pas évident qu'on se copie à ce moment là!) Il voulait balancer le dessin parce que l'encre de chine avait coulé (les silhouettes d'arbres squelettiques) et je l'ai récupéré à temps (en rajoutant de l'encre et en forçant un peu la nature, en soufflant sur les coulées pour leur faire prendre des formes plus zarbies, je trouve que ça rend pas mal du tout!)

En en-cas, un de ces quatre, je vous balancerai, non pas mes productions, mais le genre d'objet que j'aime mettre en scène pour destabiliser les gens comme il faut! Peut-être même ce soir, il n'y en a pas tant que ça, et demain un nouvel article, en attendant d'attaquer l'opéra.

A plus donc!





par Sieglind publié dans : Des p'tits bouts de la dragonne
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Mardi 1 novembre 2005
Bonjour à vous!

Alors bien dormi? Pas trop perturbés par les coups de sonnettes à la porte de petits monstres hauts comme trois pommes à genou et, soi-disant en hypoglycémie?

Pour vous dire, hier matin, je vais faire un coucou à ma blogueuse boxeuse Nadya et lui annonce, avec naturel et certitude, que cette année, ma réputation a dû faire le tour de la ville, parce que je n'ai eu aucune visite de Franckenstein Juniors, de Mini-Draculas, de micro-Cruella!
Elle me renvoie un commentaire en me signalant qu'on doit pas avoir le même calendrier en France, car les canadiens fêtent ça le soir!
Vous croyez que j'avais imprimé,avec tous les petites citrouilles, sorcières et chats volants qui parcourent le blog de puis au moins deux jours? C'était juste la dragonne qui était encore une fois dans sa bulle!
Remarquez que, mine de rien, ma remarque n'était pas fausse, parce que les nains, gnomes et magiciens n'ont pas montré même le bout d'un museau, vu le temps pourri qu'on avait, ils avaient certainement peur pour leurs costumes... ou alors... j'ai raison là aussi.... et je fiche la trouille aux lardons, après avoir légèrement inquiété certains parents quant à ma santé mentale.
C'est vrai, que faire bande à part, à la sortie des écoles en attendant ses gamins et ne pas causer des potins mondains (enfin du bled, soyons modeste) pour se rabattre avec une copine sur le dernier film gore vu ou alors comment sortir Lara vivante des pattes d'un tyrex et de quelques vélociraptors, (c'était le premier Tomb Raider) Après, c'était pire, c'était comment déjouer les malfaisantes intentions d'Ombrella et remettre des tableaux dans le bon ordre, avant que des corbeaux n'attaquent (Resident Evil), ne pas se faire bouffer par des monstres hypersensibles à la lumière, dans une vieille bicoque pourrie (Alone in the Dark) etc...
C'est vrai aussi que ça peut dissuader madame tout-le-monde de venir faire la causette avec une allumée, qu'en a franchement rien à battre de sa descente d'organe, de la varicelle du dernier et de sa voisine qu'a des goûts de chiottes côtés fringues (que c'est pas classe, dans une petite ville, relativement bourge)! Et comme j'ai toujours eu la réputation de dire Cambrone et pas autre chose quand ça me titillait la glotte, on évite une nana qui dit ses quatre vérités (même au maire, et ça... faut dire que ça a fait tâche!)
De toute façon, ma vie était "ailleurs" et j'échangeais plus facilement le torchon ou l'aspi contre la terre glaise, le papier mâché et les boîtes de couleurs.

Transitions réussie de cette intro (toujours longue comme un jour sans pain) pour vous apporter la preuve que, même non-immergée dans la vie locale, en tant que parfaite femme d'intérieur et mère de l'année, je m'éclatais et je continue d'ailleurs. Voici mes petites bricoles et je vous permet de rire (parce que ce n'est ni signé, ni numéroté... et que je fais pas galerie d'art, c'est pas ma vocation!)

Bonne journée et à plus

La dragonne



Un coffret de bouteille en bois avec trompe l'oeil et lazuré (plein de petits casse-têtes à l'intérieur, j'en ferai une photo, plus tard - j'ai complètement oublié d'en faire une ouverte!)




Un pot tout bête, tranformé en antiquité navaro (c'était après notre retour de Las Vegas, avec mon dragon et j'avais acheté un porte-plat décoré, qui m'a servi de modèle pour pas ma d'autres trucs d'ailleurs). Technique: crayons de couleur (bêtement) et vernis mat style bistro.




Encore un mortier, décoré navaro. Même technique (derrière, ma photo cultissime: les grand méchants de la Hammer, Vincent Price, John Carradine, Christopher Lee, il n'y a que Peter Cushing qu'on ne voit pas trop, caché par le pot et assis à la droite de Carradine)




D'un cliché, deux coups, un bouquin sur les dragons et le petit soleil en pâte à sel, peint à la dorure pour cadre.




Période carnaval de Venise (encore un masque acheté nu et décoré de paillettes pour toute la face et peinture bleue pour la coiffe) très kitch s'pas? En dessous un jeu de labyrinthe qu'on nous a offert et on distingue le genre de lecture édifiante qui me sert de livre de chevet, parfois.




Un petit bonhomme volant bidouillé avec de la pâte à durcir au four (Fimo), des bouts de baguette chinoise, un vieux morceau de sky, récupéré sur un vieux portefeuille et de la ficelle pour suspendre au plafond.




Un masque chat pour les gamins (toujours masque acheté nu et décoré)


D'autres vont venir, parce que je me suis aperçue que beaucoup de clichés étaient assez flou ou sombre, donc à refaire...

Demain la suite donc et peut-être dans la journée, des photos de certains trucs récupérés et qui montrent bien que rien, mais alors absolument rien, ne m'empêche d'assumer mes coups de coeur décoratifs.

par Sieglind publié dans : Des p'tits bouts de la dragonne
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Impulsions, coups de coeur et de gueule, idées diverses au fil des notes et journées. Vous trouverez dans ce blog ma vision de l'opéra et de bien d'autres choses. Et aussi ma passion : les dragons.




Comme ma trombine évolue au fil de ce "rondudju" de temps, une petite mise à jour du portrait du bestiau, j'ai encore changé de "look" comme on dit... et le cliché du trombinoscope n'est plus vraiment d'actualité (avis, première et dernière fois que vous avez droit à ma goule, moi et les photos, ça fait quarante-douze)

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