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Vendredi 5 août 2005

Bonjour à tous !

Avant de commencer un nouveau récit d’opéra, je vais vous causer un peu de quelques mésaventures lyriques (en temps que spectatrice, hélas !) m’étant arrivées au cours des nombreuses manifestations auxquelles j’ai assisté.

Je vous l’avais promis (sans cracher, ni jurer, c’est pas poli et c’est pas zouli, pour une femme… enfin entre nous, j’vois pas pourquoi ça le serait plus pour les mecs, mais ça… c’est un autre débat – celui des émissions de gaz « supérieures » et « postérieures », du grattage intempestif au niveau du slip kangourou,  et de quelques autres petites « manies » soit disant réservées au sexe dit « fortissimo ».

Donc, un des trucs rigolos qui me soit arrivé c’était à la représentation de la Tosca (pas du Plantier) de Giacomo Puccini – j’peux plus vous dire quand, mais ça fait belle lurette parce que c’était quand j’avais été inscrite par ma mère adoptive à la saison lyrique de ma petite ville d’origine (Rochefort sur Mer, pour ne pas la citer) c’qui fait, qu’étant « inscrite par quelqu’un » j’devais pas avoir encore assez de « poids social » et surtout… de pépettes. Donc, je m’pointe avec mon chaperon de l’époque (une collègue à ma môman qui était férue d’art lyrique – sauf que pour elle, ça se serait borné à l’Auberge du Cheval Blanc, Nono et Nanette, Véronique  etc. – qu’on ne s’y méprenne pas, je crache pas sur cet art dit mineur qu’est l’opérette, mais j’suis plus branchée vers le vrai lyrique, celui qui finit la plupart du temps très mal pour les héros avec des livrets bien compliqués, que si tu fais un film dessus, ça fera pas une entrée tellement t’y crois pas… enfin l’Opéra quoi !)

On s’installe mais déjà, j’la sentais pas la Tosca, dans le rôle de la diva enflammée et caractérielle. (faut dire que falote comme elle était, je suis bien incapable de me rappeler le nom de cette brave dame) par contre en bon gros méchant de derrière les fagots, on avait Gabriel Baquier en Scarpia (lui j’l’adore).

Donc le début se passe normalement : l’église, l’autre plâtrier qui torche les murs pour soi-disant faire une fresque, la caractérielle… et que je t’aime et que je te fais des serments et qu’il faut faire gaffe parce qu’on cache quand même un copain qu’a un casier ;..  j’vais pas dire que je m’ennuyais, mais connaissant, c’était pas la grande surprise (surtout que les voix étaient pas faites pour me marquer à vie !)

Arrive Scarpia, avec son air : « va Scarpia » (faut vous dire, que là, on avait droit à la version française, en Charente maritime, j’ai pas eu droit à la V.O question lyrique, il a fallu attendre Bordeaux… quoique ;.. ici, c’était pas gênant parce que ça se dit : « Va Scarpia » aussi donc…) Là, je me régale, car les airs comme ça, baryton-bassées, j’adore ! Le reste suit… pour arriver enfin au dernier acte, là où tout se goupille !

L’histoire on la verra sans doute un de ces jours, mais en gros, le Scarpia fait un plat mastoc à Tosca, que si elle veut bien être gentille avec lui, son copain le peintre en bâtiment, il aura la vie sauve (il l’avait chopé, à cause du fameux « recel de malfaiteur » pré cité) Elle joue les indignées, avec des grands gestes à la Sarah Bernhard des yeux de veaux kholés et des bimbeloteries pleins les bras. Première erreur : ne jamais faire de grands gestes de mépris quand on a des gros bracelets bien clinquaillants au poignet. Dans son geste accusateur vers le méchant, une des breloques se fait la belle, et grâce à la force centrifuge ou centripète ou centri-c’que vous voulez, vient atterrir entre les deux yeux de Baquier. Beau tir (il a dû en voir trente six zoziaux, celui-là)
Alors, déjà, vous m’imaginez - parce que déjà à l’époque j’étais un peu… turbulente ( ?) - sur mon siège d’orchestre, en train de me trémousser, et c’était pas pass’ke j’avais envie d’aller au petit coin, le programme devant la goule pour que les autres ne voient pas ma tronche hilare (ceux de derrière, par contre, ils devaient bien voir les sursauts des épaules de l’ébouriffée : « sanglote-t-elle ? Quelle émotivité ? ça c’est la force de la musique ! »)

J’arrive tant bien que mal à me calmer en « auto-dialoguant » : « Sois raisonnable, ça peut arriver à tout le monde «  - « Oui, mais pas à la Tosca » - « Mais si, c’est une meuf comme les autres » - « Mais c’est quand même Puccini ! » - ‘Mais Puccini, il devait en faire des conneries aussi... évidemment il en a pas fait un opéra ! »… etc., etc. La Scène où Scarpia serre d’un peu près la diva arrive et là… le pompon, la cerise sur le mille-feuille (si je veux une cerise sur mon mille-feuille c’est mon droit), le feu de paille qui fait boule de neige, la goutte d’eau qui met le feu aux poudres… enfin le bouquet quoi !

Le méchant pose un pied sur la traîne de la nana (vous savez, ça se passe  du côté des années 1800, les robes, c’est un peu comme celle dans les tableaux de David, avec des ceintures tellement haut placées qu’elles se retrouvent sous les poupounes, des coiffures frisottées à l’antique et des espèces de rideaux qui pendouillent dans le dos de la robe (sans la tringle de l’Aïda, parce qu’on est pas en Egypte ancienne). Comme référence z’avez qu’à regarder le « Sacre de Lamponéon, y en a plein le tableau de ces meufs).

Donc Scarpia, pose le ripaton sur la traîne et l’autre furibarde pivote sur elle-même avec un geste noble de la main pour prendre son rideau et que, dans le mouvement, ça fasse joli le mouvement des fringues. Seconde erreur ! Ne jamais, au grand jamais, essayer de récupérer ses affûtiaux quand il y a quelqu’un dessus ! Baquier a fait un vol plané impeccable pour atterrir miraculeusement - enfin presque - sur le divan style Récamier (un Baquier en pleine santé avec même quelques kilos excédentaires, c’est pas fait pour les meubles de style, et le mobilier a littéralement explosé sous lui)

Alors là ! J’ai craqué (mais là, j’étais plus la seule, et ça compte une demi-salle qui crie des : « Hoooo ! » apeurés, des « Ha, ha, ha » discrets mais audibles, des « Pffff ! » pour ceux qu’avaient eu la bonne idée de mettre la mimine devant leur bouche) Par contre moi, j’avais ma beuglante grande ouverte, le volume au maximum (j’ai fais du chant chorale, alors de ce côté, l’organe, ça va bien merci, la preuve en dessous)

Et en plus, j' étais en train de filer presque à quatre pattes pour pas trop qu’on me remarque vers la sortie la plus proche pour me réfugier dans les sanitaires et après avoir refermé la porte, pour plus de sûreté, je me suis assise contre pour m’en donner tout à loisir.

C’était la deux ou troisième expérience lyrique et là, je crois que ça commençait bien (parce qu’après, j’ai pas arrêté de chercher le « truc » la petite chose, le décalé dans chaque production que je suis allée voir.
On en verra d’ailleurs un de ces quatre d’autres exemples.
Voilà pour une de mes aventures lyrico-comiques et vous voyez, qu’on peut s’amuser, même à l’opéra (mais c’est pas conseillé, quand même)


Bonne journée et à bientôt
La dragonne

par Sieglind publié dans : Mes gaffes
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Lundi 4 juillet 2005

Bonjour à tous ou plutôt Günaydin comme on dit en Turquie !

Je veux bien que les voyages soient une « ré oxygénation » de la machine, mais retourner dans sa caverne, et bin les amis, ça fait quand même du bien ! Je suis venue, j’ai vu, j’ai r’venue !

J’ai une – sale ? – manie, lorsque je voyage, il faut que je me débrouille pour ne pas faire trop « touriste » en goguette aussi j’apprend (souvent dans l’avion, avant je ne trouve jamais le temps) quelques mots (les plus usuels, cela va de soi ! Je ne vois pas disserter sur la littérature locale ou la politique dès les doigts de pieds posés sur le sol étranger – faisable, mais avec quelques neurones supplémentaires, et là, y avait excédent de bagages).

Donc, résultat : toute fiérote, dès notre première balade en Ottomanie, je te sors des Günaydin à tous les points de l’horizon – Mecque comprise, cela s’entend -, des Tesekkür ederim (merci beaucoup) en veux-tu, en voilà, et des lütfen (SVP) à volonté. Jusque là, quand on déambule, pas trop de problème, mais il a vite pointé son nez celui-là, quand, terrassés par la chaleur, la Dragonne et son Dragon ont dû faire un arrêt sanitaire pour se désaltérer (non pas aux points d’eau locaux, fort déconseillés à nos petits boyaux européens) mais dans un estaminet très « coloré ». Avec un sourire civile, mais pas rayonnant – attention, on est quand même dans un pays musulman, et les meufs qui l’ouvrent en premier, ne sont pas encore légion, sauf dans les grandes villes – je lance un : « Günaydin, lütfen, portakal suyu » (j’sais pas si l’ordre des mots c’était ça, mais l’idée y était) pour demander un jus d’orange (délicieux, là-bas, entre parenthèses), phrase suivie du tesekkür ederim sus-nommé et d’un Kaç para ? (combien) ponctué d’un sourcil en arc (gestuelle oblige). Et là… le cacafougnat complet ! Le type se lance dans des borgorigmes, des gestes - incantatoires ? – va-t-il entamer une belly dance pour nous ? Nan ! J’me l’étais simplement trop « pété » à travailler même l’accent (en écoutant les hôtesses dans l’avion) c’qui fait que le zoziau m’a crue turque.
Mon Mc Gyver, toujours pragmatique et efficace a repris son anglo-saxon commercial pour demander l’addition et tout est rentré dans l’ordre, mais faut dire qu’à me la jouer, perfectionniste, j’avais carrément à apprendre le turc plutôt que quelques phrases usuelles ! Je me suis retrouvée dans la position de la nageuse artistique qui commence un saut de l’ange impeccable, suivi d’un salto non moins parfait, pour s’apercevoir à vingt centimètres de la surface de l’eau…. qu’elle ne sait pas nager !
Donc, première moralité rester simple (dure pour moi !) et concise (encore plus dure !).

Faut dire que ce voyage, était un régal pour les yeux et pour ceux qui aiment les vestiges d’époques plus que révolues, et il me faudrait une catégorie supplémentaire pour en parler.
Peut-être que, par ci par là, j’en reparlerai lorsque je balancerai quelques photos mais aujourd’hui je vais surtout vous narrer « la trépidante histoire de Sieglind et Mc » ou « comment on s’est vus tous les deux, occuper définitivement une tombe lycienne perdue au fin fond des champs d’oliviers » :

Donc cela devait faire deux ou trois jours qu’on avait commencé notre circuit « vieux moellons » lorsqu’on s’arrêta (aux conseils éclairés de ce cher vieux « Routard » bien feuillu et bienvenu surtout) dans un petit site, très modeste au palmarès des lieux fréquentables, mais meugnon tout plein : Euromos !
A une douzaine de kilomètres de Milas, en pleine nature – et quand je dis pleine, c’est dans le sens que quand tu te tournes, à part le soleil, ou les étoiles, y a plus grand-chose pour te repérer – donc livrés à nous-mêmes (voilà c’que c’est de vouloir se la jouer « couple baroudeur » fuyant les « circuitards » comme la peste).
On mitraille le temple apollonien sous toutes les coutures (il n’y a que ça à voir là-bas), relativement bien conservé pour son âge d’ailleurs, puis on décide de trouver l’agora stipulée sur la pancarte du site (agora : Grand Place des villes gallo-romaineuses).
Commence une ballade au milieu des végétaux plus qu’agressifs dans ces contrées (c’est fou le nombre de plantes à piquants que j’ai dû enjamber, contourner ou traverser – mes égraffignades multiples en sont la preuve, on dirait presque un pénitent espagnol en pleine transe processionnaire !)


Soudain, un bruit dans les fourrés à notre gauche, d’abord imputé à un bestiau quelconque, puis s’avérant être produit par un paysan local, armé de sa faucille et de l’opinel du coin, en train de nettoyer le pied de ses oliviers. Il nous fait signe de le suivre pour nous montrer ses trouvailles (pas marquées sur le guide) c'est-à-dire des tombes lyciennes qui, par hasard, se trouvent à deux ou trois champs de là (la taille des champs étant fort aléatoire, on cherche encore le nombre d’enjambées qui nous séparaient de ces soi-disant merveilles).
Moi, toujours avec ma manie du « nez au vent » et « parabole auriculaire » à l’écoute des bruits de dame nature, je traînasse toujours à l’arrière. Là, en baissant les yeux – terrain plus qu’accidenté oblige – je remarque une douille de fusil (tiens y a des chasseurs dans le coin !), puis plus loin, une autre, et… ainsi de suite… L’imagination de la Dragonne commence à la gratouiller et lui projette un film style « La Vengeance de Mustafa Kemal : Le Retour » ! (pourtant on n’avait rien du jeune couple faisant des cochoncetés, victime, dans les « Freddy » et « Jason » multiples, d’un tueur en série plus que difficile à mettre hors de combat, et ça même grillé au chalumeau oxhydrique ou noyé au fond d’un lac sans fond !)

Je regarde d’un autre œil le couple formé par mon Mc et notre guide plus qu’improvisé, pour constater que mon dragounet se tient à distance respectueuse de celui-ci et toujours un pas derrière lui, jamais devant. Enfin, nous arrivons aux sépultures tant louées (du moins à ce que j’ai cru comprendre à la gestuelle de l’autochtone) pour tomber sur deux ou trois fosses assez conséquentes dans le sol et une creusée à même le roc et remplie d’une eau plus que trouble, où le paysan commence à faire ses abblutions (pourtant c’est pas l’heure d’une des cinq pauses-prières journalières).
« ‘Tention Dragonne ! C’est pour les empreintes ! » – me susurre le diablotin sur mon épaule gauche.
« ‘Spèce de potiche ! C’t’après que dans les films, qu' ils effacent les preuves » me couine l’auréolé assis à califourchon sur l’autre épaule.
Après quelques clichés pour la forme et pour pas vexer notre pisteur, on reprend à la « va-comme-j’te-pousse » le trajet inverse, lorsqu’il s’arrête brusquement (ça y est ! on est morts !) et sort de sa poche…. une pièce antique (si on se fait choper avec ça à la douane… j’ai pas envie, et surtout Mc, de rejouer « Midnight Express » !) On refuse poliment, il nous demande du Kaç (cash, ça vient de là). Pour cause de « pas trop de bigaille » sur nous (monnaie pour la comprenure), on lui donne quelques lires – d’aspect aussi neuf que la piécette qu’il nous a proposée – et un paquet de gauloises pas entamé, en compensation.
Il a l’air de s’en contenter et nous fait comprendre par gestes de ne souffler mot à âme qui vive de son offre de « trésor archéologique turc » (sinon quoi, on refait un tour gratuit vers les sépultures ?).
On reprend, après une poignée de main échangée, nos chemins respectifs (pour nous d’un pas soudain plus alerte, j’sais pas pourquoi). Et là, Mc m’annonce qu’il a flippé sa race comme jamais et que lui, le film qui passait, c’était plutôt « Les Choses de la Vie » quand Piccoli se remémore son existence avant l’accident fatal. Partis dans nos délirs cinématographiques on se voyait déjà paniquant pour faire redémarrer un voiture rétive (toujours dans les films, les héros paniquent, lorsqu’ils sont poursuivis par tueurs et monstres divers, et c’est soit le moteur qui ne répond pas à l’appel, ou carrément les clés de contact qui se font la belle dans un endroit bien inaccessible de l’habitacle ou dans une grille d’égout bien soudée – là on avait de la chance, les grilles d’égouts, au milieu des collines couvertes d’oliviers, y en a pas des masses !). Une fois la voiture en marche, on s’est pas fait prier pour décaniller des lieux sans demander notre reste, j’peux vous l’assurer !

Voilà pourquoi, si les faits avaient suivis notre trop grande imagination, nous ferions partie intégrante du paysage turc à l’heure qu’il est, mais heureusement que tout nos délires ne prennent pas forme, ça m’aurait manqué de pianoter sur mon azerty, et d’abord, est-ce qu’ils en ont dans l’au-delà ottoman (avec notre bol, le clavier serait tipico turc et même pas querty !)

Voilà donc narré un bout de nos aventures en Turquie, suivi certainement de quelques autres parsemées, au fil des réminiscences, au milieu de mes transes lyrico-gaillardes diverses.

Je vous laisse à vos nobles occupations, pour cogiter un nouvel opéra à vous servir, sauce Sieglind, et vous souhaite une bonne journée à tous.

La Dragonne

par Walsong publié dans : Mes gaffes
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Impulsions, coups de coeur et de gueule, idées diverses au fil des notes et journées. Vous trouverez dans ce blog ma vision de l'opéra et de bien d'autres choses. Et aussi ma passion : les dragons.




Comme ma trombine évolue au fil de ce "rondudju" de temps, une petite mise à jour du portrait du bestiau, j'ai encore changé de "look" comme on dit... et le cliché du trombinoscope n'est plus vraiment d'actualité (avis, première et dernière fois que vous avez droit à ma goule, moi et les photos, ça fait quarante-douze)

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