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Dimanche 28 août 2005

Coucou, me revoilou !

Alors, qu’est-ce que j’vous avais dit ? J’ai qu’une parole (là c’est pour promesse, parce que des paroles… vous avez pu constater que c’est pas à l’unité que je les distribue)

Donc, on va causer de Faust ! Mais non ! Faites pas des « encore ! » j’ai bien fini de raconter l’opéra et depuis on n’a pas trouvé un acte perdu de Gounod au fin fond de la bibliothèque nationale. Je vais simplement (enfin « simple » pour la dragonne, ça va être une première) vous parler des incidents et intermèdes involontaires dont j’ai été témoin et parfois victime à la représentation de l’opéra (je l’ai vu trois fois, comme vous savez déjà, alors je groupe le tout, en plus, c’est pas dit que je me rappelle dans quelle production tel ou tel évènement est arrivé).

Par contre le premier incident, je me rappelle fort bien où c’était ! Et pour cause ! C’était la même année que la fameuse Tosca, au théâtre de ma ville natale (tiens j’ai trouvé des photos, je vous les balance dès que je peux, pour vous montrer que même en province dans une ville plus que moyenne, on peut trouver une salle de spectacle sympa)

Je rentre dans l’auditorium, toujours avec la duègne-collègue de bureau de ma môman à mes basques (toute la saison j’y ai eu droit au crampon, sinon… et bin j’aurai dû me brosser pour y aller à l’opéra seulette !)
On avait eu du mal à se garer sur la place Colbert aussi c’est presque à l’extinction des lumières qu’on est arrivées, donc, déjà quelques rangs se retournent pour voir quels sont les deux zozos qui galopent dans l’allée pour rejoindre leur siège (j’imagine les commentaires : « ça m’étonne pas ! C’est pas des zozos, c’est des zozotes ! Devaient encore choisir quel sac à main fallait pour aller avec les pompes !» -  cette remarque n’aurait concerné que mon accompagnatrice parce que moi et les sacs… ça fait deux et demi et la bienséance vestimentaire est le cadet de mes soucis) Donc on se précipite sur nos fauteuils (le style comme au cinéma, avec le siège qui se rabat. Le mien a du recevoir un popotin assez conséquent avant moi, parce que le pauvre à l’air de s’en être mal remis (il brinqueballe un peu). Donc c’est avec moult précautions que pose délicatement mon fessier sur son revêtement qu’à connu des jours meilleurs (le velours rasé, d’accord, mais là, plus de velours à des endroit à en voir la trame et des ressorts bien « présents » c’est pire que du velours « dévoré »).

Le prélude commence… rien à signaler, ni sur scène (normal le rideau est encore levé) ni dans la salle (à part une dragonne qui se trémousse le plus discrètement possible pour éviter de se retrouver avec le joufflu perforé) Le premier acte commence, Faust commence à râler que son arthrite le fait souffrir… et au moment où il prend le fameux flacon de poison, coup de théâtre ! « Crrrraaaaaac ! » Un craquement sinistre retentit suivit d’un bruit de chute étouffé par la moquette « Chboum ! »  et ponctué d’un « Et m…  Cambronne ! » retentissant.

Nan, c’est pas de la scène que vient le barouf, c’est de la salle. Pas la peine de tourner autour du pot, de toute façon vous l’avez deviné, c’est la dragonne qui a lancé son contre-ut ! Le siège, que j’essayais d’amadouer depuis un bon quart d’heure en le soulageant même d’un poids excédentaire, me posant sur une fesse simplement, et bien ce fameux strapontin a lâché simplement et dans un cri d’agonie a entraîné avec lui son occupante dans sa chute (je pratique assidûment les sports de l'extrême,  aussi... pas eu de bobo.)

Il y a eu comme un « flottement » du côté de Faust qui s’est vite repris pour continuer de déboucher son tube d’aspirine d’un air fataliste, par contre, dans les allées (dans MON allée) c’était la panique (contenue et discrète, mais les ouvreuses courraient dans tous les sens avec leur loupiotes pour savoir d’où venait ce bruit incongru) Une fois repérée (j’osais plus me relever, parce qu’autrement on aurait vu que ça venait de moi), une bien gentille dame, m’a indiqué un siège plus loin (en plus, chouette, c’était mieux placé et j’avais une excuse valable pour lâcher mon garde-chiourme).

« S’cusez… pardon… ‘tention les péniches… oups… » ça c’était mon discours digne de Bossuet pour accéder à ma nouvelle place et tout ça, sotto voce évidemment, fallait pas déranger le philosopheux en train de couiner après sa jeunesse envolée. Je m’assied et prend la pause (au théâtre lyrique, la pause c’est un air recueilli, un sourcil froncé, si possible un main posée sous le menton, style méditatif et introspectif – ça fait intello) le mieux, c’est d’avoir le livret négligemment posé sur les genoux avec des annotations personnelles (je confirme, j’ai vu !) et un regard vers le texte de temps en temps (avec l’éclairage qui vient exclusivement de la scène, j’vous explique pas ! A moins d’avoir une lampe de poche, mais c’est pas classe !). Et là… j’attend, pas seulement la suite de l’intrigue parce que j’me disais qu’c’était trop beau et qu’avec un début en fanfare (de mon fait, je l’admet) ça ne pouvait que continuer.

La pythie avait parlé en moi ! A peine Faust commence-t-il à invoquer le satanique, que je sens comme un truc qui cloche au niveau du plancher de la scène : il fait des bruits bizarres ! J’veux bien qu’on dise que le bois travaille, mais là, il fait la grève du zèle, parce qu’il grince, craque et… cliquette (une planche de bois qui cliquette…jamais vu ça moi). Et j’te vois Faust se lever nonchalamment de son fauteuil à oreillettes s’avancer vers le milieu du plateau et scredi, taper du pied à plusieurs reprises… Toujours pas de Méphisto, mais on entend des coups venant du dessous (esprit, si t’es là, tape trois fois…). La trappe, par laquelle le diable est sensé apparaître à la lueur rougeâtre des projecteurs et entouré de fumigènes et bin, elle refuse de bouger d’un centimètre !

Le chef perd pas les pédales et reprend le thème de la scène en fond sonore, parce que du coup, Faust, il peut pas la rejouer (il est sénile dans l’histoire mais pas au point de gagater)
Comme ça perdure, un type en bleu de chauffe arrive pour aider le héros à ouvrir manuellement le couvercle du bocal à démon. A deux, ça fonctionne et le souffreux peut enfin sortir. Les lampes rouges s’allument les fumées tourbillonnent mais on a quand même le temps de voir que Méphisto, il a les cornes de travers et le teint un peu « fleuri » et c’est pas le maquillage ! (l’a du forcer comme un malade et son ordonnance vestimentaire en a souffert).

C’qu’il faut préciser, c’est que le machiniste et bin il était tellement soulagé que ça fonctionne à nouveau, qu’il est resté trois bonnes minutes en train d’écouter Faust et Méphisto comme un vieil ami d’la famille , les mains sur les hanches et l’air béat, planté au milieu de la scène ! Comme disait Warhol , on a tous droit à notre minute de gloire, et bin lui, il a triplé la mise. D’accord il a pas fait la scène de la Scala avec Domingo et Ghiaurov, mais ça a été son succès locale !

Et la dragonne me direz-vous ? Et bin, elle était les deux bras appuyés au siège devant elle la tête dans les mains, les yeux comme des billes en train de… pleurer (bin oui, je me retenais tellement d’éclater de rire que sous l’effort et à force de me mordre l’intérieur des joues, les glandes lacrymales étaient les seules à pouvoir s’exprimer et elles se gênaient pas, vous pouvez me croire) mes voisins ont du croire que j’étais de la famille et que c’était la honte de voir un de mes proches se couvrir de ridicule qui me sortaient des flots de larmes. Franchement, je sais ce que ça veut dire avoir des crampes à force de rire, parce que j’avais un de ces mal au bide, mais c’était plutôt à force de tout garder à l’intérieur pour pas trop se faire remarquer (une fois c’était suffisant dans mon cas). Autours de moi, les murmures et mouvements de sièges indiquaient que les spectateurs n’étaient pas indifférents non plus à l’incident, mais dans la bonne société rochefortaise, faut savoir se tenir même quand le plafond s’écroule.

On a fait discrètement signe au manutentionnaire, au cas où il saurait plus comment sortir de là, le pov’ gars (une main est sortie du trou du souffleur pour indiquer la direction des coulisses, accompagné d’un : « Psssst, par là ! » chuchoté assez fort – paradoxe de la chose – pour qu’on puisse entendre ça des premiers rangs ) les deux vedettes continuaient leur duo comme si de rien n’était, en l’ignorant royalement (ça c’est des pro !) et l’acte s’est fini dans la plus pure banalité et calmitude.

Deux anecdotes pour le même acte et dans la même production faut le faire. Mais le reste, ça a été donc, rien à  signaler.

Par contre dans les deux autres interprétations… mais là, on verra une autre fois… parce qu’il ne faut pas abuser des bonnes choses !

Encore une fois, vous voyez d’où me vient ma manière assez spéciale de raconter les opéras (c’est du « vécu », y a rien de tel pour forger un personnalité déjà bien trempée côté bêtises et plaisanteries en tout genre)

Je parie que si un jour, un de vous prend un billet pour Faust… ça risque de lui tournicoter dans la tête ce truc avant que le rideau ne s’ouvre. Attention, ça pourrait être mal perçu par les voisins… donc on respire un grand coup et on se mord les joues – les larmes ça fera plus véridique, on pensera que vous êtes submergé par l’émotion d’une interprétation sublime (le problème c’est qu’il faut qu’elle soit sublime, l’interprétation, sinon on dira que vous avez des goûts de chiotte !)

Bonne journée et a plus

La dragonne

 
par Sieglind publié dans : Mes gaffes
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Samedi 27 août 2005

Bonjour à tous!

Aujourd'hui évidemment c'est Samedi, et le samedi, chez la dragonne c'est.... non pas raviolis mais... co.......urses (j'ai de plus en plus de mal à dire ce mot, la névrose me guetterait-elle?) Donc pas eu le temps, comme d'habitude de prévoir grand chose, mais ne vous inquiétez pas, je n'vous oublie pas.

On va jouer un peu à la ménagère (beurk j'aime pas cette panoplie!) pass'ke là, l'antre, elle commence à bien porter son nom...un peu de ci, un peu de ça, et puis après la visite à mes copains blogueurs, il faudra que j'entre en cogitation forcenée et délirante, pour vous concocter pour demain un petit truc sur mes mésaventures lyriques et comiques de fin de semaine. D'ailleurs, je vous préviens, comme je l'avais déjà dit en début de semaine, je crois que ça va tourner presque exclusivement autour de Faust. L'ayant vu trois fois... y a matière!

Patiente et longueur de temps.... pour le reste, allez voir Jean de la Fontaine (une sombre histoire de "boum-j't'attrape" où se retrouve coincé un lion)

Bonne journée et à plus!

La dragonne

Bizzz et portez-vous bien!

 

 
par Sieglind publié dans : Post-its sur le frigo
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Vendredi 26 août 2005

Merci Moyra (je l'ai un peu agrandi pour qu'on le voit mieux, mais je garde la taille originale!)

Encore un cadeau! J'adore!

A plus, je retourne cogiter dans mon antre

Pour aller dire bonjour à Moyra c'est par là: http://moyra.over-blog.com/

 
par Sieglind publié dans : Dragons et créatures
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Impulsions, coups de coeur et de gueule, idées diverses au fil des notes et journées. Vous trouverez dans ce blog ma vision de l'opéra et de bien d'autres choses. Et aussi ma passion : les dragons.




Comme ma trombine évolue au fil de ce "rondudju" de temps, une petite mise à jour du portrait du bestiau, j'ai encore changé de "look" comme on dit... et le cliché du trombinoscope n'est plus vraiment d'actualité (avis, première et dernière fois que vous avez droit à ma goule, moi et les photos, ça fait quarante-douze)

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