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Vendredi 13 octobre 2006
Bonjour!

Comme j'ai un peu de courage ce matin, j'en profite pour balancer une petite suite à l'opéra, parce que je me connais, la fin de semaine approchant, ça va me passer à la vitesse grand V ça (surtout qu'on a décidé de sortir ce soir... au regard de certains articles à ce sujet, les lendemains "festifs" chez moi sont très peu productifs, et encore j'suis modeste!) Allez, on y retourne!



OTELLO - Acte III -

Le lieu: toujours Chypre ; d'accord les personnages sont un peu déglingués mais pas au point de ne plus savoir où ils habitent et même si le héros "déménage", ça n'engage que ses neurones. Après le pavillon vitré, on passe au salon version prout-prout, c'est à dire une salle immense, pleine de colonnes avec un balcon au fond, le genre de lieu aux proportions "intimes" qui obligent à goualler comme un veau pour demander qu'on te passe le sel, et encore avec l'écho, t'en es au Flamby que le chlorure t'arrive enfin

Les personnages: un hérault (tiens, comme celui de Lohengrin, il est partout ce mec!), Otello, Iago, Desdémone ça, jusqu'à la scène cinq où Cassio arrive avec sa goule enfarinée (il y a neuf scène à cet acte... on verra selon la longueur si je balance tout) pour le reste de l'acte on aura certainement un ambassadeur vénitien,Emilia, la femme de Iago, le peuple cypriote, gardes et soldatesque courante pour faire bonne mesure.

Au lever de rideau, le hérault entre en hulullant:
" Patron, le you-you de l'ambassadeur de Venise est en approche des côtes.
- mon c. qui se débouche! (faut dire qu'Otello est en grande conversation avec Iago, ça perturbe!) Allez continue mec!
- Je me pointe avec Cassio, j'essaie de lui tirer les vers du nez, pendant c'temps là, vous matez ses réactions et on sera fixé, par contre v'là votre musaraigne alors faites semblant de rien... mais n'oubliez pas le tire-jus!
- ça fait quarante douze fois que tu me le serines, ça risque pas!"

Desdémone entre:
"Salut Lolo ça fart?
- Mouai... si on veut...
- J'voudrais pas avoir l'air d'insister (et pourtant qu'est-ce qu'elle fait la blonde?) mais faut vraiment que je te cause de Cassio.
- J'ai encore un de ces mal de tronche! T'as pas ton mouchoir?
- Tiens mais faut pas que ça devienne une habitude (surtout qu'en principe les Otello, à part de rares exceptions sont joués par des blancs maquillés, vous imaginez le mouchoir après le tamponnage de margoulette? Et surtout les grandes taches "propres" sur la trogne des chanteurs, façon camouflage à la Rambo)
- Mais ça, c'est celui des télétubies, ça ne marche qu'avec les bisounours le truc magique... où tu l'as mis?
- Alors là...
- Gaffe, ça craint! C'est quasiment un grigri ce fazzoletto (mouchoir en VO)Tu le perds ou le donnes, pire que les sept ans de malheur avec une glace pétée ça!*
- Sans déc.?
- T'as l'air de flipper ta race... tu l'as paumé...
- Euh... non! (convaincante, y a pas à dire!)
- File le chercher alors.
- Y'a pas le feu au lac! Tout ça, c'est juste pour éviter d'aborder le cas de l'ex-capitaine."

Qu'est-ce qu'elle n'a pas dit! Le Maure commence à tourner en boucle en baragouinant "mouchoir" à chacun des mots de sa copine (style le fameux "calgon" des Nuls à une époque, pour les initiés) et finit en la secouant pour lui décoller la pulpe du fond:
"qui t'es toi madame?" (ça devient grave là!)
- Bin ta meuf!
- T'as un papier qui le prouve, tu peux le cracher-jurer? Tu serais pas une "Marie-couche-toi là alors"?"

L'autre commence à s'inquiéter sérieusement, surtout qu'il lui demande si elle est "chaste" (otez-moi d'un doute... ils sont "mari et femme"... alors de ce côté, vaudrait mieux qu'elle ne le soit pas non? Ou alors z'ont de drôles de moeurs à Chypre). Et vu que ça devient tellement électrique qu'il y a risque de cours-jus, Otello préfère raccompagner la minette à la porte, il est à deux doigts de craquer, c'est pas bon pour son image de héros bafoué et vengeresque et puis il a un Cassio sur le feu...
Iago lui signale qu'il approche d'ailleurs et qu'il ferait bien d'aller se planquer, c'est à son tour de jouer au "ni oui ni non" avec le type. Otello se camoufle au fond, à l'entrée du balcon, pendant que Iago part à l'opposé accueillir un Cassio plus que réticent à entrer (étant donné qu'il ne sait pas comment a marché l'intervention desdémonienne... tous les doutes sont permis quant à la chaleur de l'accueil qu'on lui réserve)
"Amène ta fraise beau galonné!
- Ex! L'oublie pas!
- Pfff! C'est quasiment réglé cette histoire! Avec Desdémone dans la manche...
- Bin justement je pensais bien la trouver là... - (Otello tique, évidemment) -
- Et si on causait oie blanche! (le p'tit nom de l'ex de Cassio, bin oui, il avait une copine avant tout ce méli-mélo, c'est Bianca, d'où l'association évidente)
- Me fais pas marrer! Tu retardes d'une rame mon pov'vieux, ça fait belle lurette que c'est finit!
- Mais t'as d'autres "visées" non?
- T'es un malin toi... bien sur que j'ai un numéro de libre sur mon répondeur! - (malin le Iago, il s'arrange pour qu'Otello y lise mentalement celui du portable de sa copine en restant dans le flou artistique, un jaloux, ça met vite des noms sur des portraits anonymes) - petit problème, elle la joue mystérieuse la donzelle..."

Là, les deux faux copains s'éloignent d'Otello en chuchotant et celui-ci à beau tendre le cou en se rapprochant, style le loup des dessins animés qui se planque derrière les poteaux filiformes (et ça fonctionne dans les cartoons, il disparait vraiment, essayez d'en faire autant, y a toujours un bout de bide ou de pif qui dépasse, mais là, rien!) pas évident de tout piger. Il chope des bribes de la conversation où cassio explique à Iago qu'une nana a laissé un cadeau chez lui, un mouchoir, qu'il exhibe même avec une certaine fierté sous le pif de celui-ci:
"T'as vu? C'est tout de même vachement intime comme cadeau non?
-Gaffe mec! Tu te laisses embobiner par un mouchoir qu'est-ce que ça serait si c'était une petite culotte!"
Otello est en train d'attaquer les colonnes à coups de poings et de tatanes pour se calmer (il l'a sa preuve, même si c'est une fausse pièce à conviction!) pendant que Iago jubile intérieurement tout en faisant semblant de dire à l'ex-capitaine de rester prudent et même sceptique s'il ne veut pas finir dans la fosse du même nom (même si ça s'écrit pas pareil hé, hé).

Le jeu se calme (enfin du côté des deux compères, parce que pour Otello, à part lui enlever les piles, je vois pas comment faire) et Iago signale que le canon vient de... canonner pour annoncer l'arrivée de l'ambassadeur. Cassio se tire et Otello surgit comme un diable hors de son cube pour se précipiter vers Iago:
" C'est dit: J'lui fais sa fête à c'te "mijotée" ce soir! (mijotée, c'est ce que je disais gamine, j'avais du mal avec mijaurée, là encore pas de ma faute!)
- là, z'êtes témoin, il a rigolé et m'a agité le kleenex sous le nez!
- J'suis pas Juan (Miro, je sais, moyen là aussi le jeu de mot). Faut juste que je me dégote vite fait une tisane de onze heure!
- Du poison? Trop classique! Je la vois mieux bouffer son oreiller moi, étant donné que c'est tout de même dans son plumard que ça s'est fait c'te tour de cochon!
- Pas mal!... T'es un créatif toi!
- Je m'occupe de Cassio!
- D'office j'te fais lieutenant!
- Allez présenter les p'tits fours à l'ambassadeur, je préviens votre belette qu'elle nous rejoigne, faut que rien ne transpire hein?"
Iago sort et Otello se refait une beauté pour accueillir l'envoyé du Conseil.

Ici, scène de liesse, propice aux choeurs verdiens. Tout ce beau monde se congratule en se tapant dans le dos. Et l'ambassadeur, à mille lieues de savoir ce qui se trame en coulisse, salue Desdémone revenue sur scène. L'intéressée reste polie, mais on voit bien qu'un truc la chiffonne (comme le mouchoir) et Emilia, la meuf de Iago, lui demande si il n'aurait pas un truc au dîner qui ne serait pas passé. Elle lui répond juste que son mec n'a pas l'air de tourner très rond, et que ça ne présage rien de bon pour sa santé à elle.. mais quoi? Elle n'en sait fichtre rien (entre parenthèse, avec toutes les questions bien orientées de son mec, j'irai tout de même pas chercher du côté d'une chemise mal repassée, m'enfin... elle est blonde!)

L'ambassadeur demande où se planque le capitaine Cassio et Iago lui déballe que son chef est un peu en froid avec lui, Desdémone, qui se mêle à la conversation, ajoute que ça devrait se régler rapidement c't'embrouille, ce à quoi Otello, mine de rien, lui demande ce qu'elle peut bien en savoir, tout en feignant de lire (à l'envers) Fripounet. Comme elle insiste (lourdement?) en disant qu'elle l'a à la bonne Cassio, le Maure claque l'illustré en lui demandant de fermer son claque-museau si elle ne veut pas qu'il lui en retourne une (joignant le geste  à la parole)
L'ambassadeur a juste le temps d'arrêter le geste (dans "ma" mise en scène, c'est lui qui reçoit le bourre-pif, comme dans les films "tartes-à-la-crème") et Otello couine qu'il veut voir Cassio tout de suite là, au pied! Les nobles se demandent bien ce qui leur prend à tous, mais Iago joue les Bernardo manchot, c'est pas lui qui mouftera quoi que ce soit à ce sujet!

Cassio entre enfin Et là, coup de théâtre! Otello annonce:
"Les potes, j'ai reçu un fax de Venise, affaire urgente à régler, donc, je laisse les clés à Cassio qu'il fasse tourner la boutique pendant mon absence!
- Bin euh... merci chef (il pige plus, nous non plus, à part le fait que ça sente un plan style "je-fais-semblant-de-sortir-mais...")
- Et momone, t'as la larme facile, t'es douée, tu devrais d'inscrire dans une troupe théâtrale, on y croirait presque! Manque un truc... tu devrais t'affaler par terre et chouiner!"
Il chope la fille et la fiche par terre sans ménagement. Tout le monde reste sur le valseur (enfin virtuellement, il n'y a que la blonde qui soit cul par dessus tête). On la relève tant bien que mal,on s'indigne, on commente, comme il se doit, pour dégager la place assez vite, ça sent l'ozone, vaut mieux aller cloper dehors.
Ne restent qu'Otello et Iago (sur fond sonore cypriote au dehors) Otello nous a ses bouffées et tombe carrément dans les pommes d'énervement alors que Iago jubile en lançant que "le lion est à terre" (il se croit dans un safari kénian ou quoi?)

Fin de l'acte!

Je sais, c'est long, mais je n'ai pas vu où couper encore une fois. Donc, vous aurez bien le week-end (ou plus) pour vous en remettre. Et moi également d'ailleurs, parce qu'il faut vous dire qu'en dehors de l'article... une sortie "moulin-à-ventesque" ... vous me connaissez, ça risque d'avoir une influence certaine sur mes moyens physiques et neuronales! Alors bonne lecture (faites-en des p'tites tranches... ça passera mieux) et surtout bon week-end à tous.

La dragonne

* Tiens... au fait, les fameuses sept années de malheur pour un miroir brisé, il paraîtrait que c'est le temps qu'il fallait à un pékin à l'époque pour s'en offrir un autre, vu le prix qu'il fallait allonger. Pas des bourdes, vérifiez si vous ne me croyez pas!
par Sieglind publié dans : Verdi
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Mercredi 11 octobre 2006
Bonjour à tous

Allez, après cet intermède sur la signification du fero de la gondole, si on retournait à nos moutons noirs? Parce qu'on cause, on cause, mais ça ne fait pas avancer d'un pouce l'intrigue de l'opéra en cours. On avait quitté le héros en train de faire des papouilles au clair de lune à sa copine, faudrait aller voir s'ils ont réussi à se décoller depuis...



OTELLO - Acte II -

Le lieu: une petite barraque, style pavillon vitré (bonjour le ménage!) avec vue sur le jardinet du palais. Sur le côté, une grande fenêtre (au cas où le fait qu'il soit vitré, le cabanon, ne suffise pas à la bonne visibilité... on ne sait jamais)

Les personnages: Iago, le méchant de l'histoire, Cassio, l'ex-capitaine qui ne supporte pas l'alcool, Otello, le sanguin, un choeur cypriote ainsi que Desdemone et Emilia, femme de Iago et gouvernante de la minette (ça vous en bouche un coin que le fiéleux soit maqué hein?)

Au début de l'acte, Iago est en pleine conversation "détritusienne" avec Cassio :

"Te bile donc pas mon gros! Dans deux jours, montre en main, j'te parie que tu récupères la panoplie de gradé que t'a confisqué Otello!
- Te fous pas de moi!
- Qui moi?! La franchise incarnée!! - (des yeux révulsés d'horreur devant ses doutes et une main sur le coeur, ça le fait l'indignation chez le coco?) - Pourtant c'est simple comme un coup de fil! Tu sais que ton chef est à la botte de sa copine, elle claque des doigts et il va chercher la baballe. Suffit juste que tu ailles parler à la donzelle de ton nouveau statut de "chômiste", elle en recause à son copain et zou, tu récupères tes galons! Tiens en causant perruche... j'crois bien que c'est à cette heure-ci qu'elle fait sa ballade "oxygénatoire", profites-en"

Cassio s'en va, à la recherche de la blondasse au fond du jardin, pendant que Iago marmone en se frottant les mains, tout en surveillant le type de loin - là, d'ailleurs, son monologue me fait légèrement penser à celui de Scarpia dans la Tosca  "va, Scarpia..."- :

"Allez droit dans le mur le Cassio! Si c'est pas diabolique mon plan! Tous ces cocos à s'agenouiller devant leur prie-dieu quelles buses! Z'ont rien pigé, je m'intronise "bras armé de Belzebuth", ça fait bien hein sur les bristols? Ils causent piété, espoir, honneur...mais les pauvres ils n'ont pas pigé que c'était pipé d'avance les dès à leur naissance, tout est déjà scénarisé Et pour quoi au juste tout ce tintouin, en fin de compte? Leur paradis?! Me faites pas rigoler, le Grand Rien oui!...
Mais j'vois Desdémone pointer son nez... Allez l'outsider, (il parle mentalement à Cassio, pour le motiver... comme aux courses de Longchamps) on se bouge... on cause à la dadame... on lui fait risette... Mais qu'est-ce qu'il fiche le Maure! C'est maintenant qu'il devrait se pointer! Tiens... quand on parle du loup..."

Otello ramène sa fraise mais Iago fait semblant de ne pas l'avoir vu et continue sur sa lancée (il devrait jouer la comédie, il a des dons pour ça hein?) :

"Oh que j'aime pas ça!
- Quoi?
- Euh... rien!
- ça serait pas Cassio qui était avec ma copine?
- Z'êtes sur?.. Il a filé comme un lapin en vous repérant... pas eu le temps de voir qui c'était.
- Tu paries que c'était lui?
- J'ai un truc qui me tracasse... Le type... il connaît votre nana depuis le début de votre histoire non?
- C'est lui qui nous servait de postier quand on s'écrivait des poulets - (billets doux, et ce n'est pas de moi l'expression pour une fois) - T'as une idée derrière la tête toi, déballe!
- Vous pensez qu'il est franc du collier?...
- Alors là, c'est marre! Tu marmonne des "j'aime pas ça", tu me causes de Cassio, tu plisse tellement le front qu'on peut y faire tenir un stylo, accouche!
- Vous savez que j'vous ai à la bonne...
- Bin justement, arrête de tourner autour du pot d'chambre et lache-le ton colombin!
- Faites gaffe à la jalousie... (ici, l'auteur du livret parle de "monstre aux yeux verts qui se nourrit de son propre venin" belle image hein?)
- Minute papillon, avant de criser, faut se rencarder! Me faut des preuves et tu connais ma manière "expéditive" de procéder à la sentence... plus d'amour... plus de jalousie, vaut mieux trancher dans le vif plutôt que ça gangrène!
- Bon vous voulez des preuves? Pas évident, mais suffit d'écouter la gamine, qu'elle balance une parole et on sera fixé!"

A la fin de la scène, sacré mélange: marmonages venimeux de Iago, sur fond de sérénade cypriote, de choeurs de donzelles et de mômes alors que l'évaporée de service plane sur son petit nuage et gazouille que le ciel est bleu, que Cupidon fait des loopings tellement il est en forme... enfin le rêve quoi. Otello bêtifie devant l'air angélique et la voix cristalline de sa gazelle alors que Iago se promet de te lui pourrir son idylle en beauté.

Toute la bande s'éparpille, après distribution de la part de la fille de bisous aux gamins, petite monnaie au peuple, on a même droit au bizouillage de l'ourlet de sa robe par son fan club (on déballe l'imagerie avec tous les clichés de la gente dame pure et mimi). Desdémone entre dans la salle, suivie d'Emilia, et fonce directement vers son copain:

" Lolo, j'ai un truc à te demander, rapport à un ex de tes copains... Cassio!
- C'était lui dans le jardin qui te causait?
- Voui, et ça me taraude ça, j'aime pas quand tout n'est pas peint en rose... Tu veux pas passer l'éponge?
- Ah c'est pas le moment!
- T'as pas l'air dans ton assiette, un truc que tu digères pas?
- Entre autre! J'te tiens un de ces mal à la tronche!
- Tiens un p'tit coup de mouchoir bien frais... ça devrait passer! (c'est comme l'éponge magique dans les matchs de foot ça)
- Bas les pattes avec ton tire-jus! - et il balance le torchiffe, qu'Amélia, qui n'aime pas que les choses traînent n'importe où,  ramasse.
- J'ai dit un truc qu'il fallait pas? Autant pour moi, je remballe, mais faut que je sache quoi!"

Et là, les conversations se mélangent encore. Otello, genre mains sur les oreilles en train de chanter "nananèreuuu" pour pas se faire embobiner par sa copine alors que l'autre lui demande quel pet il a encore de travers, Iago, au plus fort de sa forme maritale, menace sa meuf de lui en retourner une si elle ne lui file pas le mouchoir qu'elle vient de récupérer (charmant ménage ça, vu que la nana soupçonne un "autre" tour de cochon, je me demande ce qu'elle fait avec ce zozo).Ils jouent un peu à cache-tampon, mais le type a des réflexe et lui arrache le morceau de tissu des mains.

Otello a ses vapeurs et demande à tout le monde de décaniller de la piaule, il a besoin d'air. Les filles obéissent mais Iago, préfère rester, vu qu'il a trouvé une sacrée idée pour son scénario catastrophe. Il planque le mouchoir dans sa poche avec l'intention de le fourguer chez Cassio (vous avez pigé, pièce à conviction n° 1 trouvée chez l'accusé... etc)
Otello marronne et fulmine à un tel point qu'on craint qu'il pète une durite avant la fin de l'acte. Iago s'approche:

"Allez, on respire et ça va passer!
- T'en as de bonnes! Tout me pète à la tronche en même temps! J'ai plus confiance, j'arrête pas de voir ma blonde avec "l'autre", j'ai plus de goût à rien, ni à la bagatelle, ni à jouer aux petits soldats, j'ai la honte de ma vie, j'suis foutu! Le pire c'est que j'ai rien de concret, t'imagines si j'avais une preuve! J'suis le cul entre deux chaises, Momone coupable, pas coupable, toi franc comme l'or ou comme un âne qui recule... j'sais plus! Tu me la file cette satanée preuve où j'te fracasse! - il balance Iago par terre, l'ayant au préalable secoué comme un prunier -
- Si c'est comme ça... je préfère rendre mon tablier, ciao l'allumé! - il fait mine de sortir, mais en bon comédien, reviens à la charge - Et d'abord quoi comme preuve? Vous voulez une filature avec flag à l'hotel de passe du coin? Faut pas demander la lune non plus! Par contre, j'ai bien une piste... la nuit dernière, je me suis aperçu que Cassio causait en dormant, faut dire qu'avec tout ce qu'il a éclusé, ça délirait sévèrement! Et que je te cause "ma bibiche" "ton sale mec bazané" "encore un p'tit bisou" etc... il était grâve le type! Et puis d'un coup, il a comaté, assommé par la bibine! Mais c'était qu'un rêve d'alcolo... enfin.. j'espère!
- Bin oui, mais c'est révélateur non?
- Surtout si on a autre chose en poche (c'est le cas de le dire) qu'un délire éthylique!
- Quoi?
- Vous vous rappellez le premier cadeau que vous avez fait à votre copine?
- Un mouchoir brodé avec des bisounours?
- J'ai vu Cassio se moucher dedans hier!
- Alors là... c'est le pompon! C'est dit... ça va être une boucherie! Je vais te faire un de ces nettoyages par le vide... J'nous vengerons!
- J'nous vengerons aussi! (Iago, du moment qu'il y ait bor... bazar au programme, il est le premier pour retirer son billet au guichet!)

La scène finale de l'acte deux se termine sur deux cocos invocant le ciel (ou l'enfer) pour se donner du coeur avant l'hécatombe.

Voilà, fin de l'acte et on verra la suite... plus tard (évident, je ne vais pas couper net et sadiquement pour vous laisser chercher la fin de vous mêmes.)

Sur ce, portez vous bien et à plus tard.
La dragonne



par Sieglind publié dans : Verdi
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Lundi 9 octobre 2006
Bonjour,



Avant de continuer la narration du mauresque ténébreux, un petit article concernant ma question sur la gondole, ou plutôt sa décoration de proue et de poupe.

Tout d'abord, honneur aux invités, alors je balance le "devoir" de deux élèves (bin oui, j'ai décider de la jouer pédagogue aujourd'hui) plus rapides que moi à se manifester (encore heureux que personne n'ait eu l'idée de se mettre en apnée en attendant, trépignant d'impatience la réponse vitale et nécessaire à leur survie, Soupalognon-y-croûtons, à côté, il aurait un teint de lys et de roses!)

Christine
Le fer est l’élément qui caractérise la proue de la gondole. A l’origine, il garantissait à la barque la stabilité longitudinale et permettait de contre balancer le poids du gondolier. La tradition populaire veut que la partie antérieure (pettini) représente les six quartiers (sestieri) de la ville et celle à l’arrière, l’île de la Giudecca. La double courbure en S devrait, quant à elle, simuler le cours du Grand Canal. La lunette, située sous une corne ducale stylisée, symbolise le pont de Rialto.

Lili
La Gondole est l'embarcation vénitienne par excellence. L'étymologie du terme reste inconnue, malgré les nombreuses recherches qui ont été menées pour la découvrir. La couleur noire fut imposée par la République dans les années 1630 pour limiter la somptuosité des ornements dont usaient les nobles et les riches pour décorer leurs gondoles.
Les règles de construction en sont très sévères. La gondole est une grande barque à fond plat dont la coque, élégamment relevée à l'arrière et à l'avant, est asymétrique : le côté gauche est plus long de 16 cm. Cette asymétrie compense la présence d'un seul aviron à tribord et rend la gondole extrêmement maniable et stable en dépit de sa longueur (plus de 10m).
La proue est ornée d'une pièce en fer en forme de peigne à six dents, qui symbolise les six quartiers de Venise. La dent supérieure, prolongée vers l'arrière par une septième dent, représente Dorsoduro et l'île de la Giudecca qui forme un seul quartier. On comptait plus de 14 000 embarcations au XVIIIe siècle. Elles sont environs 400 aujourd'hui.

Bon, donc, c'est trouvé! Ce bidule style peigne à tignasse de dragonne, c'est effectivement la représentation stylisée de Venise et des ses canaux. Par contre, petit précision Lili (et les autres qui se farcissent mes blaguasseries évidemment)

J'ai trouvé autre chose que je vous balance dans la foulée.

Gondole, gondola, gondula, cymbula, kondura et Kondyle. Et bien ça, il paraîtrait que ça serait l'origine du nom (ou les origines, on cherche encore le certificat de paternité pour vous dire). Par contre, si je dis ça, on va réaliser "enfin" que je cause pour noyer le gondolier et que ça pourrait être aussi bien un nouvelle variété de pasta sciuta. Alors je précise:

On parle "gondola" dès 1094, bidouillé en latin médiéval en "gondula". Là, les origines sont plus que fumeuses à mon avis, parce qu'on ne sait si la coque de noix vient du latin cymbula, petite barque (cymbula, gondola... faut chercher loin je trouve), ou arrive elle-même et pas ses propres moyens de la Grèce bysantine sous le pseudo "Kondura", toujours pour désigner un "f'êle esquif' à babo'"... (s'cusez, c'est le Baba "Otellotisé" qui me travaille) et même du patelin du Sirtaki où ça se prononce "kondyle", coquille (là, je sais qu'on parle de coque ou coquille de noix, pour un rafiot... serait-ce la bonne mon cher Watson?)

La barcasse gondolée a été imaginée par des "Squeraroli" (ouvriers de chantier de construction naval de quartier, si on peut dire).  On comptabilisait pas moins (plutôt plus d'ailleurs) de 14000 gondoles aux XVIIème et XVIIIème siècles. Ils ont dû faire une journée porte ouverte, comme les sous-marins belges, parce qu'il n'en reste plus que 500.(cent de plus que toi Lili, ah... les chiffres!)

Pour le fond plat du canot, on se doute bien que c'est comme la pinasse ou la barque du marais poitevin, pour éviter de frotter le fond des canaux (c'est pas abyssale la laguna!)

Un p'tit tour côté mensurations? 10,87m pour 1,42m ; une grande perche façon planche à pain quoi. Mais pour le défilé, elle repassera parce qu'elle est plus large du côté gauche (24 cm) et plus inclinée sur la droite (tiens, ça me fait penser à "Félicie... auuuussiii!").

Comme "l'âme" du violon, elle a une pièce délicate (en plus du travail des deux bords assymétriques évidemment) c'est la "forcola" le truc qui soutient la rame (il remo) Si ça peut prendre six mois pour se construire sa gondole, on conseille fortement de laisser ces deux pièces (farcola et côtés du bateau) à des pros, spécialisés là-dedans (sinon tourner en rond ça vous dit?)

Ce qui m'a laissée baba, c'est le nombre de pièces de bois qui la composent. On aurait pu croire que c'était tout d'une même stère et bien même pas! "280 pièces taillées dans huit essences différentes selon le poids et le comportement sur l'eau" (sage... turbulent...travailleur, pour un bois, c'est un défaut!) des noms? "Pin, mélèze, cerisier, noyer, orme, chêne, tilleul et acajou. La coque se la pète en n'ayant "pas moins de 300 pièces" (là, en récupérant l'info, j'ai eu un doute... 280 puis 300, j'ai loupé une rame ou quoi? Qu'on m'explique les vingt supplémentaires... ils ont fait des p'tits ces pervers qui ne sont pas tant que ça de bois?)

Résultat de l'opération: épargnez si vous voulez votre gondole, parce que c'est pire que la peau du valseur.

Quand on voit des clichés, rien ne ressemble plus à une gondole que les autres copines amarrées à côté. Et bien là encore, on se plante allègrement! Le type qui manie la hache a une astuce pour chaque pièce qu'il travaille, ce qui fait qu'elle est différente mais faut tout démantibuler pour s'en rendre compte.

Sur la floppée de chantiers "squeri", on n'en dénombre plus que quatre, sortant une petite dizaine de gondoles à l'année en tout. Et encore, les rames et les forcole sont réservées à des artisans "détenteurs du secret de fabrication". Pour les licences, on ne les attribue plus que de papa à fiston (si vous vouliez vous recycler là-dedans... rapé! Oubliez ce que je vous proposais quant au fait d'en construire une, par contre en légo ou allumettes, pour occuper vos loisirs... rien ne vous en empêche, un conseil: les allumettes, ça flotte mieux)

A l'époque - comme disait ma fistonne, même quand elle causait de mes souvenirs de gamine, l'air de dire que j'étais copine de classe avec Nefertiti (ça requinque tout de suite le moral ça!) - la gondole était couverte du "felze" (et pas falzard!), petite construction fermée par des rideaux qui "préservaient l'intimité des passagers" (là, on pouvait l'ôter le falzard remarquez).

Petit problème, à l'ère de la pudibonderie tartuffienne échevelée que l'Europe a connu (XVI et XVIIème siècles), des trucs garnis de brocard, velours, rubans de soies de toutes les couleurs... ça faisait désordre (et lupanard flottant non? Manquait plus que la lanterne rouge). Ce qui fait qu'on a recouvert les felzi d'un tapis noir, mais comme les gondoliers détournaient encore la loi en peinturlurant et dorant la coque, on l'a passée également au broux de noix (du lupanar on passait au corbillard flottant, c'est gai tiens!)

Pour finir on cause un peu des sestieri (qui vient de six) ou secteurs délimités par le Grand Canal. Ils ont pour nom Canaregio, San Marco, Castello, Santa Croce, San Polo, Dorsoduro. Seul moyen de ne pas se paumer dans une ville où il n'y a pas de noms de rues: prendre la gondole ou le vaporeto (parce que le "taxi" connait mieux le secteur évidemment) et encore, le vaporeto est réservé pour la "ceinture" extérieur, vous verriez la taille de certains goulots d'étranglement dans ces canaux, je serrais les fesses pour mieux passer (même si ça ne sert pas à grand chose, ça calme).

Donc, en résumé, mis à part le côté très touristique... ça sert pas mal si on ne veut pas se retrouver à hululer à la mort en attendant qu'une réincarnation manucurée  d'Ariane pour tende son fil pour nous sortir de ce °=+* grmlmleu... de rondudju de satané labyrinthe.(Mouai... ongles réincarnation... capillotracté le jeu de mot hein?)

Bon, mine de rien, ça a sa longueur mon "petit" article mais vous me connaissez, naviguer "droit devant, toute"... ce n'est pas spécialement ma formule... ça serait plutôt... voyager sans instruments et au grè du vent inspiratoire.

Allez moussaillons, débarquez, on verra les côtes chypriotes plus tard... Bonne journée. Et tous en choeur: "Elle se gondole ma valiseuuuuu, ma brosse à dent fossiliseuuuu, et nous on tétaniseuuu, on est si bieeeeen (pardon Sheila et Ringo!
La dragonne

PS: par contre... l'expression commerciale "tête de gondole", quand c'est pas une insulte envers un profil ingrat à sextuple menton... les gondoles n'ont plus grand chose à voir avec les rayonnages... sauf qu'on parle des produits attrape-couillons qu'on file en bout des rayons pour nous laisser l'impression qu'on fait l'affaire du siècle (je hais les courses du Samedi, ça déteint sur moi même le lundi, la preuve!)
par Sieglind publié dans : Je blablatte sur tout et n'importe quoi
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Impulsions, coups de coeur et de gueule, idées diverses au fil des notes et journées. Vous trouverez dans ce blog ma vision de l'opéra et de bien d'autres choses. Et aussi ma passion : les dragons.




Comme ma trombine évolue au fil de ce "rondudju" de temps, une petite mise à jour du portrait du bestiau, j'ai encore changé de "look" comme on dit... et le cliché du trombinoscope n'est plus vraiment d'actualité (avis, première et dernière fois que vous avez droit à ma goule, moi et les photos, ça fait quarante-douze)

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