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Lundi 21 août 2006
Bonjour à tous,

Allez, je sais que c'est dur la reprise du lundi (surtout pour bibi... et c'est toujours lundi avec moi... j'sais pas pourquoi....). En plus, dans mon cas, plus on fais la fiesta un samedi soir (ou un dimanche dans la nuit, ça dépend de l'évaluation personnelle du temps hein?) moins on a de chance d'être hyperactive neuronalement parlant... si vous voyez ce que je veux dire (pour les "initiés", j'ai encore joué les moulins à vents hé, hé).
Donc, je vous préviens, c'est en racontant le truc (L'opéra évidemment), le mug à la main, que je vais me réveiller "vraiment" (ça risque de donner des baillements intempestifs, virtuels ou non, mais c'est ça ou monter me recoucher alors...) Allez zou! On se lance!


LOHENGRIN - ACTE I (suite). (Pour les afficionados... l'illustration, faut aimer FF et ses chocobos... j'aime... désolée!)

Le lieu: toujours la prairie en bordure de fleuve avec son chêne séculier comme on dit (ou dit pas, c'est comme vous voulez)

Les personnages: les mêmes que précédemment et une nouvelle arrivante: Elsa (l'accusée) et plus tard, à la scène trois le héros éponyme comme on dit... Lohengrin le chevalier blanc (pour ne pas "jurer" avec son véhicule emplumé) Et puis autant jouer le symbole de la pureté jusqu'au bout hein, il aurait pu avoir une auréole... mais n'a pas le grade pour, c'est pour les galonnés dans l'imagerie céleste ça, et lui, c'est juste un... humain qui fait le larbin pour le juge soi-disant divin. Donc, côté séraphique c'est le canard hypertrophié qui porte les ailes, lui on lui en autorise juste des décoratives sur le casque (enfin dans l'imagerie populaire évidemment)

Donc, après le coup de gouallante du hérault appellant l'accusée "à la barre" pour exposer sa défense, Elsa, soeur du disparu (et "à l'ouest" à l'heure des faits), se présente modestement (son avocat conseil lui ayant  certainement sussuré auriculairement de jouer les nunuches, elle se ballade le pif au vent et fringuée comme n'importe quel quidam - ou quidamette... j'vois pas le féminin désolée!)
En tout cas, ça a l'air de fonctionner parce que tout le monde (Fredo et sa belette excepté, évidemment) y va de sa larmichette d'apitoiement et de soupirs de sympathie de bon ton:

"C'te pôv'môme! Faut être le dernier des nazes pour croire qu'avec son air potiche c'est une serial killeuse! (- elle est blonde, je signale... ça peut aider pour l'air "innocent" hé, hé - )
- Elsa, c'est ton blaze? - questionne le juge-roi Henri: et l'autre de  jouer les chiens de plage arrière en dodelinant du chef de haut en bas - Bon, c'est déjà ça, on se gourre pas de suspect! T'as entendu le chef d'accusation?... Qu'esss-t'as à répondre?... Et, un p'tit conseil, change de tactique de défense, la "Bernardo-attitude" ça fonctionne moyennement pour "clamer" son innocence comme on dit."

L'interpellée, le regard ailleurs (les neurones aussi, je pense) les yeux vers la ligne bleue des Vosges et les bras ballants commence à dégoiser:
"Je me suis tuée les genoux à prier pour me calmer un peu avant de dormir. C'était ça ou compter les moutons, mais c'est pas avec les trois pelés et deux tondus qu'on a dans le troupeau du bled que j'allais m'endormir. Et pis, à force de "pater-ave-mariarisés" j'ai piqué du nez..
- Quel rapport avec la choucroute? J'te cause fratricide, tu me répond problème d'endormissement... allo la terre?!...
-... Un type "enconservé" tout en blanc, un cure dent clignotant disco à la mimine m'est apparu descendant à la Matrix des nuages... Il m'a promis-craché-juré qu'il allait me dépanner sur le coup. Donc, j'suis parée, j'ai mon avocat-chevalier... suffit qu'il se pointe.
- Ah, j'vous l'avais dit! - rote... pardon, éructe Frédo - elle fait son allumée, mais c'est du pipeau, c'est évident, elle en pince pour un mec et c'est pas l'excuse foireuse d'un rêve façon "truc-qu'à-pas-passé-au-dîner" qui va nous embrouiller! Je l'attend moi, son chevalier céleste pour le renvoyer d'où il vient les pieds devant! (- j'imagine la scène, Lohengrin passé au fil de l'épée et remontant la tête en bas vers les cieux hé, hé -)
- Donc, y a plus qu'un moyen - répond le roi (la nana.. plus question de la faire participer elle "lévite" presque,à la "Boudhinette" de F'murr* difficile pour lui sortir un discours censé dans de telles conditions) - "Le jugement de Dieu"! Donc, maintenant qu'on est fixé... Frédo, tu veux en découdre par un duel? Et je suppose que tu préfères qu'un seul en sorte debout et sans trop de coupures naturellement?
- C'te question!
- Eh! Bernadette Soubirou (C'est pas Marie, mais "ça" descendait du ciel tout de même!) t'es d'accord?
- Bin dam'! En plus, je me l'épouse dès qu'il a essuyé son cure-dent, foi d'Elsa von Brabant!
- Bon... suffit d'attendre, mais pas trop longtemps... j'ai des fourmis au valseur moi!"

Les participants commencent à tapoter du pied (ou de la mimine) "légèrement" impatientés... alors que les trompettes lancent l'appel au ralliement (si ça se trouve, en plus d'être céleste, il est sourdingue le preux chevalier!).
Elsa, dans une attitude inspirée a l'air confiant.

- Là, "attitude inspirée" c'est la définition réelle (sic Alain Paris dans mon édition "Livrets d'Opéras") de son jeu de scène... Aparté:levez la main ceux qui maîtrisent le jeu de scène "inspiration divine"... moi, j'arrive à pas mal tenir le rôle "vacance neuronale pour cause de bringue", à la limite "comptage de fleurs du papier peint rapport à un glandouillage frénétique" avec une pointe de "ah... c'qu'on s'em.. ici, on serait mieux couchés tiens" mais ça, c'est quand je m'enquiquine sévère en société, mais l'attitude inspirée... j'vois pas... désolée... ça doit être parce que j'ai perdu depuis belle lurette mon inspiration... divine remarquez. Fin de l'aparté.

Même avec la longueur de mon aparté, le chevalier met du temps à se pointer, et les protagonistes (illuminée non comprise) commencent à douter sérieusement de l'état "chair-en-ossien" du héros lévitant. Comme ça commence à traîner, la fille a tout de même un sursaut sinon d'énergie du moins de flipette (si il ne se pointe pas... elle est tout de même "un peu" mal barrée, il faut être réaliste).

Les trompettes lancent un deuxième appel et la fille a une chute de tonus musculaire (et de moral) d'un coup. Elle se retrouve à genoux et commence à énumérer le nom des saints du calendrier, parce que ça a l'air de sentir sacrément le roussi pour ses miches.

Et... tatataaaaamm!... Comme il faut toujours jouer avec l'effet dramatique, le type daigne enfin poindre son pif au méandre du fleuve. Au lointain, des types commentent l'arrivée de l'étape d'aviron du héros "encanardé" (tiré dans une nacelle par un cygne, si vous préférez), commentaire repris peu à peu par les occupants de la scène-prairie:
" Du non-peloton, mesdames-messieurs, on voit apparaître un concurrent, casaque plus que claire ( - je sais, ça c'est hypique le commentaire, et pas épique,  mais c'est tout de même un chevalier hein? -) toque emplumée... voiture attelée légère en forme de barcasse... destrier... euh... jocker, quant à la race équine... par contre rupin le proprio parce que les rennes c'est du dix-huit carats au moins!"

Tout le monde a déserté les environs du chêne pour mater l'arrivée du type et ne restent que le roi, Frédo et sa musaraigne Ortrud, Elsa et les meufs de son entourage. En plus, c'te neuneu, elle ne croit même pas à son bol et refuse de regarder du côté de tout ce tintouin...

Nous on verra, en même temps qu'elle, l'aspect de son chevalier plus tard... parce que c'est le moment de la coupure traditionnelle (là, en principe... vous devez dire... "NOOOOON, s'pô juste! Quand on allait se réveiller savoir!" Mais c'est ça le jeu non?
 
Alors à plus tard... et bonne journée à tous.
La dragonne.

*Pour les initiés, C'est un personnage du troupeau de brevis rebelles du "Génie des Alpage" de F'mur. Une BD qui m'a fait passer dans le train pour une neuneu de première à m'esclaffer toutes les deux minutes, remarquez, ça fait de la place dans le compartiment, un avantage certain lors de trajets de fin de semaine!
par Sieglind publié dans : Wagner
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Jeudi 17 août 2006
Bonjour à tous!

Alors... comme prévu, on va causer « chasse au canard »!
Meu nooooon! Rassurez-vous les défenseurs du gibier à plume et à poil (là, je ne cause pas de naturisme 'tention!) J'aime trop les petites bêtes (et les grosses) pour leur envoyer des pruneaux dans la couenne (même s'il paraît que justement, le caneton c'est "Jésus en culottes de velours" avec des prunes sèchées) et, de plus, on vise une « caste » plus élevée dans la hiérarchie palmipédienne... le canard hypertrophié, le Daffy Duck blond-platiné et qui se la pète femme-girafe côté encolure...le cygne quoi!

Enfin, là, pour être franche, le héros, c'est tout de même Lohengrin, le chevalier blanc et le « trompettant », le « sifflant », c'est son Evinrud, son Yamaha hors-bordien... son moteur de barcasse tout bêtement (mais bien autre chose aussi... mais ça, on le verra dans l'histoire)

Et, au fait... question cri de bestioles... si vous ne me croyez pas pour la trompette et le sifflet... allez voir, pas ailleurs si j'y suis (je ne suis pas si susceptible), mais de ce côté là http://www.animaux-nature.com/liste-cri.php

Donc, revenons à nos canetons! Cette semaine, je vais donc vous raconter le livret (et donc le synopsis, ça va ensemble) de l'opéra Lohengrin de Wagner (créé en Août 1850 à Vienne). Je ne sais pas si je vais tenir... mais je vais tout de même tâcher de faire « court », donc, attendez-vous à des coupures, ça n'en sera que plus lisible (et moins « étouffe-chrétien » surtout!)

LOHENGRIN – ACTE I -

Le lieu:
Là, vous vous attendiez certainement au Rhin, et bin non! Vous aurez droit aux rives de l'Escaut à trois jets de bile d'Anvers. Une prairie (sans p'tite maison et « entressée » batifollant et s'étalant dans la luzerne, quoique... je vois bien ça tiens...) Un arbre assez imposant, un chêne qui sert d'arbre de la justice là aussi (St Louis n'est pas le seul à avoir le sien, comme vous voyez)

Les personnages: (je vous préviens, ça va être encore coton les pseudo... je vais m'arranger pour leur trouver un p'tit nom, sinon on va pas s'en sortir.) Sinon... encore un petit site pour leur trouver l'équivalent en franssouze ici: http://cronimus2.free.fr/all/prenoms.htm

- Un roi (ça fait tout de suite classe hein?) Heinrich, dit Henri l'Oiseleur (encore une histoire d'emplumés), on l'appellera « le roi » tout bêtement.
- les comtes de Saxe et de Thuringe,
- des nobles et écuyers.
En face de cette troupe:
- d'autres comtes,
- des écuyers et le peuple de Brabant, avec à leur tête Friedrich de Telramund (on l'appellera Fredo)
- Ortrud (là encore, plus tarte le pseudo, tu meurs!) princesse frisonne (aussi vache que les bovins du même nom d'ailleurs) et femme de Fredo.
- un hérault ('tention l'orthographe, c'est pas le premier rôle!) et quatre trompettes

On dresse le tableau et on s'arrêtera là, hein?



Le hérault (messager si vous préférez) entre en trombe au milieu de toute la volaille en s'égosillant que le roi pointe son blaire dans le secteur, histoire de justifier sa paie d'  « encouronné ». Aujourd'hui, c'est mardi (pourquoi pas?) et c'est... raviolis et... procès!

Les autres acclament comme c'est la coutume le souverain (la «claque» royale quoi) qui s'avance et prend la parole.

"Salut les Brabantois... tais... teux... tiens... enfin les mecs du patelin! J'ai un truc en travers... et il faut que je vous en cause deux mots... Je sens qu'il y a du mou dans le manche...côté Empire... ça sent même le roussi, et la ratatinée qu'on s'est prise avec les Orientaux, ça fait pas mal de prunilles, on en paie encore la facture mine de rien.

- petite aparté: là, il dégoise « Hongrois maudits » j'ai un doute sur l'exotisme oriental des ennemis d'antan du coup. Fin de l'aparté!

- Enfin, à force de dessous de table, de pourliches... et  cadeaux en vrac, j'ai réussi à vous avoir une trêve de neuf ans! Et qu'est-ce que j'y ai gagné? Enfin vous... soyons « monarque éclairé »? Des casernes (forts), des fortifications autours de nos charmantes bourgades, des bidasses (- si c'est pas une trève pacifique ça! -). Mais là, il faut se dire que la trêve touche à sa fin et les zigotos d'en face commencent à piétiner. Donc, tous à la kalachnikov, on repart à la baston!"

Les autres - ont-ils vraiment le choix? - se lèvent comme un seul homme mais le roi leur fait tout de même remarquer un "petit" détail: ils n'ont pas de chef!
Frédo prend la parole en avocat général confirmé:

" Ta majesté... t'as tout pigé! On a un sacré problème! L'ancien prince de Brabant, quand il s'est senti partir, m'a chargé d'avoir un oeil sur sa portée. Pas de quoi monter un élevage mais deux mioches Elsa et Gottfried.
Le môme je m'y suis attaché, c'est mignon à c't'âge (- la gamine... qu'est-ce qu'il en fait... garniture de cheminée? Encore le sexisme galopant! Pfff! -)
Et puis un jour, la gamine est revenue toute seule de sa ballade avec son frangin en forêt. Elle nous a demandé si on avait pas vu le môme, étant donné qu'elle s'était baissée pour cueillir un pissenlit et que, lorsqu'elle a regardé à côté d'elle... plus de Gottfried! Faut pas me la faire celle-là!
En plus, pour lui sortir trois mots entre ses crises de tremblements et d'hébétude bovine, ça a été folklorique! Moi j'me suis fait mon idée... elle l'a "escamoté" vite fait bien fait le frérot. J'avais des vues "matrimoniales" (- intéressées -) sur elle, mais du coup, plus question de me mettre à la colle avec une fratricide! J'me suis rabattu (- sympa! -) sur Ortrud plus... enfin moins... mais pas tueuse de frangin en tout cas! En plus c'est une bonne race, vélant par tradition pas mal de chefs (quand je vous disais que la frisonne tenait de la vache)"

Les autres jouent les effarouchés et Fredo poursuit en disant que de toute façon Elsa a refusé sa main (donc... ce n'est pas lui qui a renoncé librement au... pouvoir hé, hé, il s'est vendu!)

"C'te pécore a osé m'envoyer ma bague de fiançaille à la tronche, il y a un autre mec là-dessous! Elle veut se la péter cheftaine de meute alors que j'ai l'ancienneté et les galons!"

Le roi demande à ce que l'accusée paraisse devant lui pour avoir l'autre son de clarine. Et le Hérault s'époumonne jusqu'à ce qu'elle arrive....

... et nous qu'on attende la prochaine fois, pour la suite de l'acte.

Allez, on saura l'autre version de cette disparition et vous vous doutez bien, époque oblige, (visez du côté de Guenièvre et de Lancelot) il va y avoir un chevalier pour le fameux duel du jugement "divin"?

Bonne journée et à plus, portez-vous bien
la dragonne
par Sieglind publié dans : Wagner
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Mardi 30 mai 2006
Bonjour,

Alors, rassurés hein? C'était pas une lecture longue comme un jour sans pain hier, ça change, un peu plus.... « digeste »? D'accord, c'est un cas de force majeure étant donné que je n'ai pas la traduction française du livret sous le pif, mais qui va s'en plaindre? Surtout que pour les puristes j'ai même une petit adresse ici  qui pourra contenter leur soif de lecture « dans le texte » de la chose (une vraie mine ce site aussi d'ailleurs!)

Donc, hier, on s'était arrêté à une fameuse empoignade de rue, opposant les nobles d'un côté,  dignement (hem!)  représentés par un kidnappeur de donzelles et le peuple; bras armé de, sinon la justice, du moins la fratrie offensée (et pas patrie, nuance!)

Et ce qui devait arriver arrive! Les « plébeiens » l'emportent sur les patriciens (grosso modo, pour résumer, pas une question de charisme ou d'élistisme intellectuel... simple rapport de... masse)
Les nobles se prenant une ratatinée, doivent prêter serment d'allégeance au frangin outragé, Rienzi. Là, les arguments sont en béton: « Tu tu te mouches, tu t'excuses et tu dis bonjour au Monsieur, sinon c'est au bas mot cinquante bons centimètres de fer forgé que tu vas devoir essayer de digérer »



Et comme on est tout de même chez des gens qui aiment le « pessstacle » (voir la reddition de Vercingétorix devant César, même si c'est pas la bonne époque, ça fonctionne toujours), ils faut que les « emparticulés » le fassent en grandes pompes et devant un maximum de témoins (au cas où ils auraient l'envie de revenir sur leur décision, prétextant qu'ils étaient pas au courant... qu'ils étaient même pô là ce jour-là, et puis que, d'abord, y avait pas de témoins etc... on trouve toujours une entourlipouille pour se défiler). Et puis Rienzi peut se la péter « grand prince » et magna de la magnanimité, ça, ça en jette sacrément!

Sauf qu'il va falloir s'accrocher pour la jouer pardon princier, étant donné qu'Adriano, l'amoureux de sa frangine, lui balance dans les gencives que ça sent le roussi du côté de son intégrité patricienne, vu que le kidnappeur raté, Orsini, a décidé de lui rajouter une boutonnière gratos pendant la cérémonie.

Et ça coupe pas! Au milieu de la fiesta, Orsini saute au pif de Rienzi, son opinel à la pogne! Ouah! C'que c'est dramatique! Enfin... ça pourrait être dramatique, sauf qu'au moment ou il veut planter le type, on entend un grand « pling » et Rienzi reste bien solide sur ses guibolles (« Même pas mal! »). J'imagine bien là, un geste à la Superman, le type ouvrant son costard, pour révéler aux yeux éblouis de la foule en liesse un marcel en tôle galvanisée.
Il portait son kevlar (froid? Lui jamais!)


Bon, là, comme ça commence à faire marre, les nobles sont tous menottés et condamnés illico presto à mort (côté frais de dossiers, longueur de l'instruction, débats interminable et délibérations de la même longueur, toujours ça de gagné hein?).
Petit problème, dans le lot pour la tombola, il y a tout de même le paternel d'Adriano, Colonna, ça ferait désordre du point de vue du respect filiale s'il regardait son papounet se balancer sans les mains, les siennes aux fonds de ses poches! Il implore donc (on implore toujours dans ces cas là) la grâce pour les « troublions », l'autre (Rienzi) cède à sa demande, mais, ces andouilles violent leur serment d'allégeance et lui crachent presque à la guoule (faut en être une de qualité tiens d'andouille pour refuser d'obéir quand c'est son valseur qui est en jeu! Surtout que Rienzi était prêt de passer l'éponge!)
Là, c'est le peuple qui en a marre (il veut sa dose de jeux du cirques oui!) et te passe à la moulinette tout ce beau monde, Rienzi comme chef de meute, parce qu'il faut toujours un chef pour pouvoir dire après: « c'était pas moi, c'était Truc-machin qui commandait, j'ai juste suivi les instructions...etc », là aussi, vous connaissez tous le cas de figure « c'est-pas-moi-c'est-l'autre » hein?

On pourrait dire « bon, c'est bien, les méchants sont tous trucidouillés, la fille est saine et sauve, a y est, on va pouvoir jouer la "nuptiale" de Mendelssohn! C'est finiiii! ».
Que nenni, que nenni, ne jamais oublier les rebondissements et retournements divers!

Question retournement on a droit à celui du blouson reversible du peuple qui, en pénurie de méchants à exterminer; apprend « incidemment » (c'est le terme habituellement employé  non?) l'alliance de Rienzi avec un empereur allemand (on dit « un », on ignore son pseudo, ainsi que son numéro d'immatriculation à la chambre des encouronnés, c'est juste un chef germain quoi) et accessoirement son désir de restaurer le pouvoir du pape (pontife romain c'est pas ça?)

Comme il faut plus d'un rebondissement pour que ça fonctionne sur scène, si on rajoutait un autre coup de théâtre? Mmmm? Allez, c'est bien parce que vous me le demandez...:
Pour la modique somme de trois boutons de culottes et d'un élastique en état de marche, M'sieurs Dames, devant vos yeux ébahis, je vous propose non pas un demi,  pas un, même pas deux, mais trois scènes dramatiques!
Profitez-en, c'est promo en ce moment, à la fin de ma harangue, l'offre n'est valable que pour la journée!




Donc, au milieu de la foule melounante (grognante, si vous préférez), alors qu'on conduit en palmes (marre des grandes pompes, je change!) Rienzi jusqu'à l'église, v'là-t'y-pas que l'amoureux transi, Adriano, se souvient tout d'un coup qu'il s'est planté de camp et que son paternel est resté sur le carreau (c'est comme les dinosaures, le temps que ça monte au cerveau, faut un certain temps). Il empoigne un laguiole (l'opinel a déjà servi, il est tout ébréché) et veut venger les siens?
Là, "ze" troisième coup de théâtre: il loupe sa cible (j'imagine plutôt le « re-pling » du tricot de peau blindé. Pourquoi abandonner un produit qui nous satisfait hein? Le marcel galvanisé ça lui a bien servi la première fois, alors, l'essayer c'est adopter comme on dit)

Rienzi entre dans l'église et on peut pas dire qu'il soit accueilli par des cris d'enthousiasme! Il n'a même pas droit au Te Deum prévu (tube célèbre employé pendant toutes les messes d'intronisation, couronnement et autre « promotion » sociale du même genre). On le siffle comme s'il avait marqué un but contre son camp à la coupe du monde et les pingouins l'excommunient purement et simplement (vaut mieux qu'ils montrent qu'il sont du côté de leurs ouailles, vu le nombre!)

Adriano, qui n'a pas tant perdu le nord que ça, prévient Irène, la frangine de Riensi, que ça risque de tourner au vinaigre et qu'ils feraient mieux de mettre les voiles prestissimo, la famille va se trouver fort réduite, incessemment sous peu, pour cause d'hire populaire?
Elle lui file un coup de genou dans le bide (c'est « ma » version scénique hein, c'est plus marrant qu'un vague geste outragé pour repousser le type, tiens, pour le plaisir, je rajoute même une manchette!) et part, coudes au corps et tennis fumantes (ça aussi, c'est plus festif!) à la recherche de son frangin, pour passer l'arme à gauche en famille (très antique ça, comme mort.. très con aussi, si vous me permettez l'expression, m'enfin.. Sigismund Freund a peut-être une idée, parce que l'honneur familiale et tout et tout, ça a quand même ses limites non?).
Ignorant royalement mon avis sur le sujet (si ça se trouve, elle m'écoutait même pas la blonde!) elle se pointe au Capitole (pas celui de ma ville hein, vous plantez pas!) et y trouve son Rienzi de frangin en plein « Notre Père/Je vous salue Marie » (ici c'est la fameuse prière déjà évoquée instrumentalement dans l'ouverture).
Pas trop blond lui, il lui conseille de se barrer vite fait bien fait avec son amoureux mais Irène s'entête genre « j'y suis j'y reste! » et le frangin tente de dire deux ou trois mots à la foule massée autour du Capitole, histoire de calmer la bête.

On peut dire que ça ou se soulager dans un Stradivarius c'est la même chose et la horde populaire (ça sonne bien hein?) fiche carrément le feu à l'édifice, tout en balançant des pavés à la tronche du frangin et de la frangine (la lapidation avait l'air d'être encore "tendance" au XIVème siècle).

Adriano, arrivant tout essouffé, se tenant le bide et la trogne rougie à l'endroit de la baffe, assiste impuissant au barbecue et comme plus on est de frapadingues, plus on rigole, il décide de balancer son canif qui ne lui sert plus à grand chose, à part se curer les ongles, et se jette dans la fournaise pour rejoindre sa copine (purification par le feu? Avant goût de la mort de Brünnhilde au bûcher funéraire de Siegfried, fameuse « rédemption » chère à Richard? Très antique ça encore non?)



Voilà n-i ni c'est fini Rienzi! Allez je vous laisse méditer et vous souhaite une bonne journée
La dragonne

PS: pour l'incendie de Rome, on va pas chipoter hein, c'est à Rome l'intrigue et il y a des flammes sur l'affiche ça me suffit comme référence (nonobstant le fait que ça parle du délire pyromane d'un certain Néron hein?)
par Sieglind publié dans : Wagner
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Impulsions, coups de coeur et de gueule, idées diverses au fil des notes et journées. Vous trouverez dans ce blog ma vision de l'opéra et de bien d'autres choses. Et aussi ma passion : les dragons.




Comme ma trombine évolue au fil de ce "rondudju" de temps, une petite mise à jour du portrait du bestiau, j'ai encore changé de "look" comme on dit... et le cliché du trombinoscope n'est plus vraiment d'actualité (avis, première et dernière fois que vous avez droit à ma goule, moi et les photos, ça fait quarante-douze)

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