Alors cette fois, je ne vous laisse pas trop mariner dans la saumûre, voilà la suite du « bateau zombie » de Richard Wagner. On en était resté au départ imminent de leur port de fortune des deux rafiots (celui occupé par des vivants et celui habité par des... moins en bonne santé, direction le bled de Daland (le cap'taine des vivants), pour prendre du repos et refaire le plein dans son cas et pour se dégoter une zibeline et la paix éternelle pour le Hollandais (Cap'taine des zombies)
Le lieu: Une chambre dans la guitoune de Daland assez spacieuse pour recevoir des copains (à l'opéra, ou c'est vite meublé, le placard, ou ça bouge dans tous les sens, donc vaut mieux prévoir plus grand qu'un kleenex) au mur comme déco, des instruments de navigation, une balise Argos, des cartes satellites, un G.P.S (bin pourquoi pas? Ça changerait quand même de l'éternelle longue vue et du sextant qui tient debout parce que c'est la mode? Et la clepsydre... c'est quand même dépassé non, surtout en mer?) Et le clou de l'exposition murale: un portrait en pied d'un type pâlichon comme une endive de cave, barbu et vêtu de noir... (ça vous rappelle quelqu'un là hein?.. Mais non, pas le Fantôme de Barbe-Noire! C'est pas le même registre!)
Les personnages: Des minettes assez nombreuses pour faire un choeur pas trop ridicule, Mary, la nounou de l'héroine, et la sus-nommée (héroïne) Senta, fille du fameux Daland.
Au lever du rideau, les nanas sont en trains de pousser la chansonnette en filant (elles ne se carapatent pas, elles tournicotent la laine pour faire du mouliné à canevas). La ritournelle c'est une histoire de nana en train de causer à son toton à textile (faut être un peu ravagé, comme si je causais à ma machine à tricoter... que j'ai pas d'ailleurs) en rêvassant au retour du copain.Une qui ne participe pas à cette « arlequinerie » c'est Senta, assise dans un coin, les bras ballants et l'oeil vissé au portrait du pâle barbu.
(Là, j'avais le choix, comme illustration, entre ça :
(Un portrait tiré d'un jeu vidéo Black Mirror, assez dans le style gothico-fantastique de l'opéra) et ça :
(Plus dans mon style... à moi hé, hé)La nounou se tourne vers la feignasse (bin oui, l'excuse de mater un portrait, faut être lucide, c'est pour éviter de se fouler la rate en bossant):
« Eh fistonne, ce n'est pas en baillant aux corneilles que tu vas te faire ton trousseau, même si un certain chasseur va te rapporter de la gélinotte ou de la bécasse plombées pire que le ratelier de ma grand-mère! - .. Soulage-toi dans un Stradivarius, ma bonne Mary, ça aura le même effet!...
- De toute façon, connaissant Erik, ça risque de chauffer, c't'un sanguin le zozo! S'il la voit zieuter d'une autre côté que le sien, ça risque de tourner au vinaigre! - répondent les copines.
- Vous allez fermer vos claque-bouses ou j'vous en refile une! - lance Senta, excedée – et votre chanson à deux balles me file mal à la tronche! Changez de disque ou bouclez-là!
- Si t'es pas jouasse, t'as qu'à la pousser la gouallante au lieu de critiquer!
- D'ac, mais venez pas vous plaindre, c'est l'histoire du Vaisseau fantôme...
- Nan!! Pas encore! Elle tourne en boucle sur celle-là depuis des semaines! D'ac, mais on arrête de tourner la ficelle, sinon ça va nous gâcher le boulot! »
Les nanas s'installent autour de Senta, pendant que Mary se retrouve comme une pomme à filer toute seule
Evidemment elle raconte presque mot pour mot ce que le Hollandais exposait au premier acte:

Le type, têtu comme un mulet bâté, avait défié quiconque, en jurant comme un charretier, Satan compris, de l'empêcher de naviguer même par gros temps. Il aurait mieux fait de la boucler, parce que le Cornu l'a exhaussé et qu'il se retrouve à errer sur les mers jusqu'à la fin des temps. Le « contrat » sera rompu à la condition expresse que le marin trouve une nana qui lui reste fidèle. Pour ça, il a droit, tous les sept ans à une escale. D'après ce qu'on pige, ça en fait des arrêts pour du beurre! Les contrées manquent de jeunes filles vertueuses (ou alors, il tombe toujours sur l'ébourriffée de base, celle qui passe sa vie le valseur dans une bassine d'eau froide)
Les copines se demandent qu'elle est la nana qui serait assez dingue pour convoler avec du zombie...
Suivez mon regard... vous vous en doutez, la Senta a des pulsions de martyre (il ne lui manque que les stigmates et c'est bon!) et s'offre en cadeau Bonux au marin malchanceux! Les copines font arrêt sur image, ainsi que la nounou, et la regardent, une main sur le bigophone et composant déjà le numéro des urgences psychiatriques, parce que là, on a vraiment l'impression qu'elle est du genre à descendre de vélo pour se regarder pédaler (les fils ont touché, y a surtension et pouf! Elle bugue)
Et nous on fait un arrêt avant la scène deux, où le fameux Erik évoqué va apparaître (promis de la gamine et chasseur de son état). Alors, jusque là, toutes à vos canevas les filles! (Eric, tu prépares les grilles hé, hé?)
Bonne journée et à bientôt
La dragonne
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