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Vendredi 5 mai 2006
Bonjour,

Allez, après l'historique du lieu, on se lance dans la "vraie" visite, celle de la tribu dragon.

Après le trajet avec pilotage virtuel et voix d'hôtesse (et contrôle visuel de notre part pour vérifier qu'on était pas arrivés en Bretagne, avec la technique vous savez...) on monte la route (et oui, ça grimpe) pour arriver à un village qui ne paie pas de mine.
Je sais, là, vous êtes déçus, vous pensiez à une arrivée dans un site magique, énigmatique, style trouée dans l'espace temps avec les autochtones bloqués dans leurs tenues et activités d'époque, bin dommage pour l'image d'Epinal, elle n'a pas cours! Les vieux du coin, enfin ceux rencontrés, portent le jean et on fait du bois de chauffe depuis longtemps avec la bérouette à cheval.



Par contre, un conseil, évitez le hummer ou la bagnole extra-large, façon amerloquienne! Les rues, côté largeur,  j'avais tendance à serrer les fesses pour gagner de la place dans l'habitacle!
- Petit aparté: j'ai jamais pigé pourquoi, mais quand on double quelqu'un ou qu'on passe dans un endroit relativement étroit, je serre les miches et rentre les épaules, comme si ça pouvait avoir une influence sur notre trottinette... bizarre -

Déjà, on se plante, étant donné qu'il y avait un engin agricole arrêté presque au milieu du chemin et on bifurque pour se retrouver au milieu d'une ruelle, avec des gens tranquillement en train de faire la causette devant chez eux (vu l'étroitesse du lieu, c'était donc au milieu de la rue). Etant donné que cette potiche de voix désincarnée nous a lancé un "vous êtes arrivés", sous entendant un "demerden sie sich" étant donné qu'elle ne l'a plus ouvert, bien obligé de mettre à contribution nos cordes vocales, technique tellement pointue et dangereuse (ils mordent peut-être) que ça m'est toujours reservé le coup du "pardon M'sieurs-Dam'". Je vous explique la mienne (imparable): regard perdu, accompagné d'un sourire à la "vous allez rire...", ouverture dans la foulée de la vitre, passage timide, juste le nez suffit, hors de l'habitacle et lançage d'un "Pardon, s'cusez... j'crois... " et la plupart du temps l'interlocuteur finit oralement ou mentalement la phrase.

Alors là, autre aparté Messieurs! Pourquoi ce sont nous, les co-pilotes, ou du moins les "places du mort" comme on dit, qui devons l'ouvrir, quand on (donc vous aussi, je regrette) est paumé? Le fait de tenir le volant bloque les cordes vocales? Les ordres du cerveau ne concernent que les mimines?... ça m'interpelle toujours ça... Du genre: "poupougne, demande-z-y-ou-qu'on-est" (avec du bol c'est poupougne qui passera pour un buse... mouai...) Et le pire, je ne sais pas si ça vous est arrivé, c'est que quand le volume sonore n'est pas idéale et qu'on reproduit les paroles de l'interpellé, on se fait répéter trente-six mille douze fois un "t'es sure? T'as bien noté? C'est là?" au cas où on aurait eu l'idée saugrenue de le ficher un peu plus dans la panade, notre conducteur chéri, en l'envoyant à l'opposé! Mystère du fonctionnement masculin ça aussi... à débattre mesdames.

Donc le type, arrêté dans son caquetage villagesque, me regarde avec un énorme sourire (je crains la moquerie "Ah, ces citadins!") et nous dit de ne pas faire gaffe au tracteur rencontré et bloquant "pas tout" l'accès vers le véritable parking du lieu. On fait un demi-tour dans un mouchoir de poche (avec des gestes "moulin-à-ventesques" des autochtones et des "stop-allez" claironnés à chaque tour de roue (j'ai presque cru qu'ils allaient sortir la houlette du gardien de troupeau et goualler des "hue-diah" à tout va)
On prend donc le chemin du tracteur qui a connu des jours meilleurs (remarquez, la boue, c'est bon pour le teint hé, hé) et on arrive au parking, juste en face de la bibliothèque Magdala (le petit truc très mignon en photo la dernière fois).

Pour ce qui est de la tour, on ne l'a pas visitée, tout comme la villa Bethania, on verra à une prochaine virée, là, c'était du "repérage" comme on dit (et il y avait un vent à décorner tous les boeufs du coins, je vous garantie). On arrive à la fameuse église avec une petite boutique de souvenirs très... Lourdes j'ai trouvé: des bon-dieuseries partout, des crucifix avec des culs-de-bouteilles énormes, style bijoux gothiques... des bouquins sur "l'affaire", des colifichets divers, mais comme on se pelait un peu les deux nanas (fistonne et moi), on a fait semblant de chercher notre bonheur, le temps que l'église ouvre (elle ferme entre chaque visite, soit pour remettre de l'ordre, soit pour vérifier qu'un touriste n'a pas décellé un moellon quelconque en souvenir à mon avis)

On entre, calmement, après avoir laissé passé des fanatiques... pressés certainement de "s'immerger" dans l'ambiance ésotérique du lieu (j'ai vu un mini-bus, style tour-opérator, avec un logo orné des deux anges qu'on voit figurer sur l'arche d'alliance dans Indiana Jones et pompeusement appellé: Tour Enigma - ils recherchent la fameuse boîte de décodage allemande?)

Je vous narrerai la suite (déjà écrite, je vous rassure) dès que vous aurez fini de digérer ce pavé d'accord? On se pose et pour vous faire patienter, la photo de la première chose que j'ai vue en entrant... Strange pour une église non?



Passez une bonne soirée, et la suite, certainement demain (pour une fois, je ne vous ferais pas marronner cent sept ans!)

Bonne journée à tous
La dragonne
par Sieglind publié dans : Des p'tits bouts de la dragonne
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Mardi 2 mai 2006
Bonjour!
Allez on y retourne avant que le début de l'histoire ne vous soit carrément sorti de la tête (ce qui ne saurait tarder, vu ma production très très « élastique »)

Donc, Saunière, en fichant son souk dans l'église et en pétant par la même occasion le carrelage, aurait dégoté un cylindre en bois cacheté à la cire. Le truc, transmis et décodé par l'abbé Boudet (le petit rachetot de Rennes-les-Bains) donnait l'anagramme quasi parfait de l'épitaphe de la marquise d'Hautpoul de Blanchefort et le message qui suit:

BERGERE PAS DE TENTATION
QUE POUSSIN TENIERS GARDENT LA CLE
PAX 681
PAR LA CROIX ET LE CHEVAL DE DIEU
J'ACHEVE CE DAEMON DE GARDIEN A MIDI
POMMES BLEUES

Là, par l'entremise de ce message, on refait un tour vers l'église St Sulpice (connue évidemment depuis Da Vinci Code) copie conforme soit disant du Temple de Salomon et où sont enterrés les rois mérovingiens jusqu'à la construction de la basilique St Denis. Et le message laisse à deviner qu'il faudrait s'abstenir de l'ouvrir (rester coi) et de ne pas bouger un orteil (ne rien entreprendre) sans ordres reçus d'instances supérieures (attendre les ordres des chefs quoi), avant l'année 1891 (entre parenthèse, l'église St Sulpice figure dans un jeu assez sympa, Les Chevaliers de Baphomet..; sur le thème des templiers)

Pourquoi 1891? Tout simplement (enfin, d'après les décrypteurs, évidemment) parce que sur la stèle de la marquise, aurait dû figurer 1781 comme date de décès (en datation de l'époque, ça aurait donné XVII JANVIER MDCCLXXXI) et que ce cher Antoine Bigou a intentionnellement gravé à la place: XVII JANVIER MDC O LXXXI (dans la numérotation latine, le O vous me dites si vous connaissez) On «saute » donc ce O pour lire MDCLXXXI: 1681. Moui... et alors... jusqu'à 1891.... je vois vraiment pas le rapport... et vous?

Là, accrochez vous, ça devient « hard »! Si on remplace le O par le O rappelant le méridien qui passe à St Sulpice et Rennes-les-Bains, on retourne la date: 1681 devient 1891 (plus tiré par la tignasse, vous me dites hein?) Rien qu'à taper ça, j'ai mal à la tronche, alors j'ose à peine vous imaginer en train de « décrypter » mon sabir hé, hé. (enfin celui des théoriciens de tous poils évidemment)

Donc, la date fatidique (1891) arrive et c'est à cette époque que Saunière fait une sacrée (encore) découverte! Il note la chose dans son journal intime (là, j'ai l'image d'un truc à clé, acheté dans une carterie ou un truc de gadget, avec un Diddle ou un titi dessus, je sais, c'est pas sérieux, mais c'est plus festif non? En plus c'est même pas le cas, étant donné qu'il est visible au musée son « haricot-papier » - c'est comme ça que j'appelle le truc qui permet de « s'épancher » et de « vomir » son trop plein émotionnel, donc... haricot, comme à l'hosto -).
Et voilà ce qu'il note: « Lettre de Granès – DECOUVERTE D'UN TOMBEAU – Pluie... » (si c'est pas sauter du coq à l'âne ça... et sans changement de ton : j'ai fait mon courrier, j'ai découvert un tombeau et il pleut... ouaah! Quel enthousiasme!)

On en vient aux faits (encore, je sais, ça prend un longueur cette affaire, et ça continue encore de nos jours, même si tous les protagonistes ont disparus depuis belle larirette)
Etant donné le bazar fichu dans l'église, l'abbé Saunière donne congès aux ouvriers le dépannant (à mon avis, c'est pour avoir les coudées franches tout simplement, il se retrouvait ainsi maître du domaine et libre de fouiner comme il le sentait). Sauf que le sacristain était toujours en charge de sonner l'angélus. Et par hasard, descendant après avoir été sonner les cloches (à qui? Hé, hé) il tombe sur un truc brillant dans le chapiteau du balustre fichu à bas pendant les grandes manoeuvres. Le bout de bois qui retenait la chose coincée ayant sauté durant le choc, il se penche et s'aperçoit que c'est une fiole avec un papier roulé dedans (une bouteille à la mer, sans mer quoi). Petit problème, il ne sait pas lire et doit le porter à l'abbé, un peu plus informé sur l'alphabet moderne et même ancien.

Pour tout vous dire, c'est cette petite fiole qui va devenir la source de l'enrichissement de Saunière. Ce papier aurait contenu un indice menant à l'emplacement du balustre pété, où les ouvriers, rappellés à cet effet, découvrirent la fameuse dalle mise face contre terre (avec le cavalier et l'enfant) et ce, par ce brave Antoine Bigou, lors de sa frénésie « décoration d'intérieur ».(voir premier article)
Qu'est-ce qu'on découvrit dessous? Une cache (oui, je sais, ça devient lassant) avec dedans un crâne percé d'une entaille rituelle à la mode mérovingienne, pour que l'âme s'échappe plus vite vers le ciel (ça c'est moins lassant qu'un tas de doublons tout de même) et le début d'une voûte, illico presto maestoso dégagée par le curé. Et... des marches s'enfonçant sous l'église!

Au musée, un vieux registre de la paroisse de 1694 mentionne bien l'endroit comme étant le tombeau des seigneurs de Rennes.

A partir de ce jour, l'abbé et sa bonne Marie Dénarnaud se la jouèrent gagnants du super loto. Qu'est-ce qu'ils ont trouvé? C'est la ce qu'on suppose plutôt qu'affirme... Certains penchent pour un pillage des tombeaux (toujours cette manie des ancêtres de se faire enterrer avec l'argenterie). Et surtout qu'est-ce qui leur a permis, découvert là-dessous, de faire un pied de nez à l'abbé Boudet, à l'Evéché et même au Vatican?

Pour ça, je vous invite à lire tout ce qui a été produit depuis la mise à la mode de cette histoire (je vous préviens, ça ne tiendrait pas dans une pièce) mais, si vous avez l'occasion, soit d'aller à Rennes-le-Château, soit de visiter certains sites lui étant consacrés, vous trouverez votre bonheur, je vous le garantie!

Pour ma part, j'arrête, parce qu'après, ce sont supputations et récupérations idéologiques, ésotériques, philosophiques, théologiques... politiques même et que je préfère rester sur la belle histoire... pourquoi y chercher une explication, elle est bien comme ça non? Et on peut personnellement tout imaginer comme découverte.

Allez, je file et vous raconterai plus tard, notre « vraie » visite en ce lundi de visite cathare, c'est moins ésotérique et historiquement marquant dans l'époque contemporaine, mais c'est plus rigolo, enfin... peut-être....

Bonne journée à tous et portez-vous bien
La dragonne
par Sieglind publié dans : Je blablatte sur tout et n'importe quoi
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Impulsions, coups de coeur et de gueule, idées diverses au fil des notes et journées. Vous trouverez dans ce blog ma vision de l'opéra et de bien d'autres choses. Et aussi ma passion : les dragons.




Comme ma trombine évolue au fil de ce "rondudju" de temps, une petite mise à jour du portrait du bestiau, j'ai encore changé de "look" comme on dit... et le cliché du trombinoscope n'est plus vraiment d'actualité (avis, première et dernière fois que vous avez droit à ma goule, moi et les photos, ça fait quarante-douze)

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