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Vendredi 6 octobre 2006
Bonjour!

Alors... vous avez eu le temps de digérer le début d'Otello? Tout d'abord, et comme je n'aurai pas dit mieux, surtout moins "doctement", je laisse l'explication de la devinette sur les tableaux représentants Venise en temps de guerre ou de paix à Lili, merci ma grande de me pré-mâcher le boulot comme ça (je crois que je vais peut-être instaurer ça, pour ma rédaction d'article... "on dirait" que vous seriez mes nègres en écriture hein?)

"Voila une explication

Le livre (la bible) est tenu à gauche et il est fermé dans les représentations plus anciennes. C'est seulement dans la seconde moitié du 14ème siècle que le livre tend à s'ouvrir. On doit tenir pour infondée la théorie très répandue, selon laquelle le livre ouvert signifie la paix et le livre fermé la guerre. On dit aussi que la théorie du livre fermé est celle en usage dans les lieux frontaliers et en danger.
En réalité, le livre toujours fermé et parfois avec les fermoirs bien visibles était la norme jusqu'à la 2ème moitié du 14ème siècle, c'est-à-dire durant toute la période gothique.
A partir de la Renaissance, à l'inverse, le livre est plus souvent ouvert, portant la phrase consacrée "Pax Tibi Marce, Evangelista Meus" (ou d'autres inscriptions : Forteria leoni...).

Tu es satisfaite de l'explication que je viens de trouver sur le net? c'est la même que la tienne?"

Evidemment, la guide qu'on a eu, lors de notre ballade là-bas avec la société de dragon, n'a retenu évidemment que l'anecdote "ouvert-fermé" ça plaît mieux aux gens du coin il paraîtrait.

Bon, trève de plaisanterie... passons à la rigolade, on finit l'acte un d'Otello et on verra la suite, si j'ai de la "marge" d'accord? Sinon... on attendra la semaine prochaine. Allez zou!

OTELLO de G. Verdi - Acte I (suite)

Desdemone et Otello (beau couple hein?)

Donc, même lieu, le port avec son troquet, les remparts, la tempête dans le lointain... on assiste au bourre-pif magistral de Cassio et Montano (tout ce bastringue organisé par un Iago sournois et venimeux comme on les aime dans les rôles de méchants)

Un personnage supplémentaire, à la scène trois: Desdémone, la zibeline d'Otello.

Avec tout ce tintouin, Otello se pointe, un peu vénère qu'on le dérange pendant qu'il changeait ses fringues à essorer contre une grenouillère télétubbies en éponge (je ne sais pas vous, mais ça me plaît bien le look qu'il aurait dedans)

"C'est pas fini ce bo...xon! Vous me jouez la reconstitution de la tripotée mise aux Sarrasins ou quoi? Et Iago, mon pote - (c'est c'laaa ouiii...) - fais moi un topo pour expliquer c'te kovantchina*
- J'en suis autant retourné qu'toi son altesse! Et que ça causait, que ça blaguait en sirotant sa verveine-menthe et d'un coup, on a droit à une avoinée de troisième mi-temps! M'est avis que c'est la verveine qu'était pas coupée.
- Cassio.. t'as pas honte de t'oublier comme ça, y a les chiottes pour ça! (alors là, texto: "De toi même à ce point oublieux?...", si ça ne veut pas dire qu'il s'est fait dessus... enfin pour ma version, ça me convient très bien, hé, hé!)
- S'cusez patron mais je préfère jouer les grandes muettes..
- Et Montana qui pisse le raisiné! Là, ça y est, j'ai les abeilles! (c't'un sanguin le type)"

Desdémone, se frottant les yeux et le doudou à la main fait son entrée en grenouillère Petit Poney (je lance la mode "soirée-pyjama" à l'opéra!)

" En plus t'as réveillé ma copine! Dire que j'avais mis trois heures à l'endormir en lui chantant des berceuses (oui... on va dire ça, petit canaillou) , tout ça fichu en l'air! Pour la peine, t'es dégradé, fais une croix sur ta solde de capitaine!"

Cassio balance son épée par terre et ce serpent de Iago en profite pour la donner à un soldat en bavant presque de jubilation

Otello conclut la scène en renvoyant tout le monde dans ses quartiers, et en chargeant la troupe de "rétablir le calme" dans la ville (un bon coup sur la tronche ça équivaut à une camomille ou un cacheton de benzodiazépine quelconque j'ai l'impression chez lui) Par la même occasion, il en profite pour signaler qu'il ne décarrera pas des lieux tant que tout ce bazar ne sera pas réglé. Il reste donc seul sur scène avec sa copine et on a droit à la scène trois, dite d'amour

"Heureusement que t'es là, ma puce, j'en ai raz le goulot des bagarres!
- Dire que tu ma racontais tes journées de boulot - (le boulot chez un guerrier, c'est baston, écharpage, sièges diverses, passages au fil de l'épée... enfin la routine quoi!) - et ça me faisais flipper. J'ai pas mal versé ma larmichette aussi, quand tu m'as décrit ton patelin, le désert, et ton esclavage, Gladiator à côté, c'était d'la rigolade!
- C'qui fait qu'on se compléte vachement: tu en pinçes parce que j'ai dérouillé et moi parce que tu me passes les pansements.Ramène tes ballots (tes lèvres en charentais) que j'te fasse une prophylaxie (j'aime bien le baiser, version fourmi moi hé, hé)"

Evidemment, aucun cliché ne nous est épargné et le ciel se dégage au fur et à mesure de cette sérénade, pour laisser place aux étoiles et clair de lune de circonstance. Et pendant ce temps, ça se bécote, ça se lèche la pomme en veux-tu-en-voilà, alors que la dulcinée commence à se peler de froid et signale qu'elle serait mieux sous la couette et qu 'Otello est en pleine crise "bécotivore" (ça va "mal" se finir dans les coulisse, je ne vous dit que ça! Vous imaginez la scène, Otello et Desdémone s'envoyant en l'air au milieu des machinistes en train de baisser le rideau? Voilà une chose qui mettrait de l'ambiance, il n'y a pas à tortiller! Surtout pour dégraffer les... grenouillères hé, hé!)

Voilà, acte fini et je préfère arrêter, même avec les scènes courtes du deuxième acte, ça ferait désordre. Alors à bientôt pour la suite et bonne fin de semaine à tous.
La dragonne

PS: un autre petit jeu sur Venise du coup... qu'est-ce que représente la proue des gondoles? (ça aussi, c'était une question posée lors de  notre rallye organisé dans la cité sur pilotis) Tous à vos photos des barcasses et au plan de Venise... ça, ça peut vous aider...

-=-=-=-=-

* Bin oui, j'ai appris que Kovantchina, c'est pas le nom d'une musaraigne russe, dans l'opéra, mais le mot "chienlit" bazar, désordre, carnaval... etc..comme quoi! D'ailleurs, ça me rappelle un pub sur l'enseignement de l'anglais où on voit une famille de quatre personnes, parents à la Lequenois compris, en train de jouer les chien de plage arrière au son de l'auto-radio, parce que le morceau balance. Sauf qu'on a droit à la tronche des deux mômes à l'arrière, style regard de connivence, parce qu'eux savent ce que veulent dire les paroles cadencées..; (des fuck des ass... etc... voyez le topo). Et ça, même si je n'ai jamais appris l'anglais... bizarrement je pige (on pige toujours en premier les "gros-mots" dans une langue étrangère vous avez remarqué)




par Sieglind publié dans : Verdi
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Lundi 2 octobre 2006
Bonjour, ou plutôt bonsoir

Et bien oui, soyons logique,écrit ce matin, d'accord, mais nonchalamment posté ce soir l'article, on va parler de décalage, mais horaire pour une fois (l'autre, le "neuronale" pas la peine de le mentionner, étant donné que c'est un état permanent chez moi)

Bon, je vais encore jouer les doctes musicophiles (hé, hé, j'imagine la tronche des vrais s'ils me lisent) en vous narrant une nouvelle histoire vocalisante. Cette fois-ci, on part du côté de la célèbre botte, à bien plus que sept lieues de notre Exagonie, la patrie d'un certain Verdi, Giuseppe pour les intimes.
Mais attention, même si on parle république de Venise, ne comptez pas trop sur les gondoliers roucouleurs et leur canotiers enrubannés, ça se passe dans l'île de Chypre.



OTELLO de Giuseppe Verdi (1887 - j'ai fait un effort, je vous ai donné une date, mais ça sera la seule hein, ne me prenez pas pour une encyclopédie sur pattes, nan mais!) - Acte I -

Le lieu: Chypre donc. A proximité d'un château, une place avec un troquet sur fond de remparts et de mer. Un bar à matelots quoi, parce que soyons logiques, en arrivant au port, c'est tout sauf du Earl Grey qu'ils veulent tututer les popeys et les habituées féminines du lieu, en principe on ne risque pas de les confondre avec des évadées du Couvent des Oiseaux en sortie dominicale! Météo locale: temps pourri de chez pourrave: éclairs, tonnerre, tempête (tout ça à grand renfort de projecteurs stromboscopiques et plaques métalliques vibratoirement ondulantes... ou ondulatoirement vibrantes selon les goûts)

Les personnages: à la première scène, des copains de bordée: Rodrigue, gentilhomme vénitien, Montano, prédecesseur d'Otello au poste à Chypre, Cassio, capitaine et Iago, simple enseigne  (sans Aladin, il avait un empêchement). Vous bilez pas, les deux zozos à mémoriser ce sont les derniers Cassio, et Iago (le gentil et le méchant, évident, étant donné que ce dernier voulait être capitaine à la place du capitaine - calife, c'est un grade militaire qui n'existe pas à Venise, ni ailleurs si on y réfléchit bien ), puis Otello le chef de tout ce petit monde et accessoirement maure par sa naissance, des Cypriotes (vaut mieux aussi, des Nantais, on aurait  moins capté le contexte, même si c'est un port... quoique... rapport à la météo...) et des soldats vénitiens.

Les autochtones s'emballent en voyant une voile à l'horizon (un rien les amuse ces Cypriotes). Montano distingue l'étendard (malgré la tempête, il est doué le type!) "le lion de Saint-Marc!" (le gros chat choucrouté de la place San Marco à Venise, l'emblême de la ville quoi). Et là, on a droit à la narration, en direct-live d'un accostage plus que hasardeux par gros temps:
"On claironne! On canonne! Le bateau fait le yoyo! Un coup j'te vois, un coup j'te vois plus...La barcasse du mauresque fait une sacrée belly-dance et elle va pas tarder d'ailleurs à les paumer ses sept voiles si ça continue. Vite, sortez les médailles de saint Christophe, ça urge, le rafiot vient de paumer son mat! Maintenant c'est l'avant qui s'fait la malle!"

Au dehors des remparts on entend les marins qui s'égosillent pour couvrir le choeur autant que la pseudo-tempête, en demandant si c'était pas un effet de leur bonté, de leur balancer une amarre, ça pourrait dépanner. Enfin, après quelques "souquez ferme, ho-hisse-et-ho matelots, tiens bon la barre et tiens bon le vent, va petit mousse où le vent de pousse"... (autant pour moi, ça c'est dans les Cloches de Corneville!) tout l'équipage arrive sain et sauf; mais je les vois bien faire leur entrée dégoulinants en faisant splitch-splotch moi, je les trouve souvent trop... secs les rescapés dans les versions que j'ai vues?

Un qui l'a un peu mauvaise, c'est Iago, qui pensait bien être vengé de ne pas avoir été choisi par son patron Otello, en le voyant couler à la barre, en digne commandant. Celui-ci, tel Escamillo, salue la foule en délire et se retire avec sa troupe dans son château, non sans leur avoir signalé que le canon, c'était pas une bourde de l'accessoiriste, mais pour fêter la victoire contre les Turcs (décidemment, ce genre de héros est toujours entre deux bourre-pifs!)

Pendant que la foule continue la hola alors que les marins sont censés passer des peignoirs secs (plus rigolos qu'une tenue vénitienne je trouve) Rodrigue et Iago restent à l'écart (on sent déjà le duo infernal). Etant donné que Rodrigue tire une goule longue d'ici au lendemain, Iago s'enquiert du pourquoi de la chose:
"Pète un coup, ça ira mieux, t'as l'air tout crispé!
- j'voudrais t'y voir! Je dérouille mon vieux, t'as pas idée! J'me ferais presque sauter le caisson!
- Mais te biles donc pas pour ça... D'ac. t'en pinces pour Desdémone, la future du maure, mais j'te garantie qu'avec mezigue dans ta manche, t'es loin de partir perdant, loin de là! Les nénettes, ça change d'idée comme de string et son beau ténébreux je vais te lui ruiner ses projets matrimoniaux en beauté! C'est pas pour rien que je lui lèche les bottes depuis un bout de temps, en vrai, j'peux pas le blairer! Tiens.. ce coco non plus j'ai du mal à l'encaisser! - (Le coco en question, c'est Cassio, revenu taper le bout de gras avec des soldats.) - quand tu pense que sa Seigneurie Otello-Premier, lui a filé "mon" poste! C'est pourtant pas faute d'avoir participé à ses guéguerres! Viens par là, que j't'explique mon plan..."
Evidemment, on n'a pas droit à la primeure, étant donné que la foule en profite pour se croire à la Saint Jean avec feu de joie, lampions et p'tits coups derrière la cravatte (tiens... je vois bien une version style fête de la bière d'un coup... décalé pour décalé, autant y aller franco avec les culottes de peau et les Gretchen porteuses de chopes, au diable l'avarice dans l'imaginaire hein?)

Les personnages principaux se retrouvent la bibine à la main en train de trinquer à qui mieux mieux, sous la houlette d'un Iago intronisé sommelier pour la circonstance. On le voit venir de loin avec ses gros sabots: il veut biturer son rival pour qu'il se vautre en beauté!!
"Allez, fait soif, tend ton godet il est à sec!
- Stop, j'ai les dents du fond qui baignent! J'suis plus étanche!
- un p'tit dernier à la santé de la copine du Maure!
- Sacrée nana! Il a fait le bon choix!"
Iago glisse à Rodrigue qu'il a intérêt à faire gaffe de ce côté-ci également.Il y a l'air d'avoir du monde sur la liste d'attente à la porte de la blonde!  (évidemment, il joue sur les mots, Cassio veut juste être poli, la nénétte en elle-même il n'en a pas grand chose à cirer)

Mine de rien, Iago s'arrange pour que le verre du capitaine ne soit jamais vide et ça ne traîne pas... Cassio n'a plus les yeux en face des trous et délire sur tout et n'importe quoi. Ce n'est pas encore suffisant et Iago demande à Rodrigue de lui chercher des poux dans la tête à l'instant même où Montano vient signaler qu'il serait peut-être temps de relever la garde (ce fiéleux pousse le vice jusqu'à chuchoter au type que Cassio est un pochetron fini et que c'est son état habituel).
Rodrigue se fiche de la goule ouvertement du pauvre Cassio qui ne sait décidemment pas tenir l'alcool et ça ne loupe pas, l'autre prend la mouche et lui saute sur le paletot. Et ça se taloche joyeusement, ça s'égrafigne allègrement jusqu'au moment où Montano se décide à séparer les deux sales mioches. Fallait pas... du coup Cassio sort son opinel et en menace l'arbitre. Carton rouge! Ou plutôt drapeau rouge, étant donné que Iago en profite pour conseiller à Rodrigue d'aller prévenir au port qu'il y a une révolte. Ce sournois fait tout de même semblant de vouloir calmer le jeu et crie comme une pucelle au premier sang versé (celui de Montana)

Et c'est sur cette joyeuse mêlée qu'on se quitte, on verra l'arrivée du maître du lieu dans la scène deux, la prochaine fois.

Pas trop long? Est-ce que ça vous va? Pas de bobo tétête? Je m'en voudrais d'être la cause d'une overdose d'aspirine ou assimilés chez mes lecteurs hé, hé.

Tiens si vous n'avez pas trop les neurones en vrac, après ça... petite devinette... comment sait on sur un tableau représentant la place Saint Marc avec le fameux lion si c'est en temps de paix ou de guerre que la peinture a été réalisée? Allez... cherchez....

A plus tard donc, et bonsoir... ou bonjour... ça dépendra de votre passage évidement.
La dragonne
par Sieglind publié dans : Verdi
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Impulsions, coups de coeur et de gueule, idées diverses au fil des notes et journées. Vous trouverez dans ce blog ma vision de l'opéra et de bien d'autres choses. Et aussi ma passion : les dragons.




Comme ma trombine évolue au fil de ce "rondudju" de temps, une petite mise à jour du portrait du bestiau, j'ai encore changé de "look" comme on dit... et le cliché du trombinoscope n'est plus vraiment d'actualité (avis, première et dernière fois que vous avez droit à ma goule, moi et les photos, ça fait quarante-douze)

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