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Mardi 11 septembre 2007
Bonjour !

Il est grand temps de reprendre mes bonnes habitudes (la glandouille ?) pour enfin parler de lyrique. Un période estivale, ça fait marre question pause non ? Allez, les vacances sont finies, on retourne à nos partitions et on cause Almaviva  et ses frasques, histoire de lire autre chose que des post-its hypetrophiés ou des tirades coup-de-gueulisatoires (je risque en plus de passer pour la râleuse du coin, autant éviter... même si c'est "un peu" la vérité)

Donc, aujourd'hui - les trois coups pour lever de rideau, pas ceux du bâton d'orchestration sur le pied façon Lully, (le pauvre il en est mort paraît-il), et on se passe le coffret si on l'a sous la main, ça va mettre dans l'ambiance...


LES NOCES DE FIGARO de W. A. Mozart - Opera buffa (n'oubliez pas, c'est pas du lyrique dînatoire !) en quatre actes - livret de Lorenzo Da Ponte d'après... d'après... Le Mariage de Figaro de Beaumarchais (pfff ! Deux qui suivent !!! C'est-y pas malheureux de se perforer l'orifice anale pour vous tiens !)

ACTE I - Ouverture -

Le lieu: déjà cité hier :
Aguas Frescas, à un pet de piaf de Séville, et ce pour toute la durée de l'opéra, si c'est pas s'économiser les ripatons ça ! Demeure "cossue" (euphémisme) du Comte Almaviva. On démarre dans une chambre. Tiens, ça me rappelle que j'avais vu une représentation filmée des Noces se passant exclusivement  dans un... pucier... plus minimaliste vous me faites signe hein ? (Même si c'est le sujet maître de l'opéra, "coucher... ou pas"... ça manque d'ors et de "fastuosités" tout de même un peu la mise en scène, désolée). Un peu déserte la chambre, ça sent le déménagement.(ou l'emménagement) et justement, pour une carrée, ça manque de... lit.

les personnages au premier acte
- Figaro, ex-barbier, passé valet chez Almaviva (je ne sais s'il a gagné au change, d'ac... il y a la sécurité de l'emploi... et encore...mais il doit tout de même avoir un peu perdu de son indépendance m'est avis)
- Suzanne, sa copine de coeur (et de boulot, elle est soubrette - pratique on fait un "élevage" de gens de maison, on est sur du pédigré des géniteurs, pas la peine de courir à l'ANPE de l'époque pour se ravitailler en vides-pots-de-chambre, du tout bon quoi !)
- le docteur Bartholo, déjà entrevu chez Rossini, carabin à la Merlin de Kaamelot, vu qu'on ne le voit même pas soigner les flatulences d'une mouche, c'est vous dire que son diplôme, ce n'est même pas la peine de le chercher accroché à la porte de son cabinet (d'aisance), plutôt regarder du côté d'un docteur es droit, vu ses lectures de chevet favorites.
- Marcelline, "ze" duegne ! Ben vi, on est en Castagnettie, ne pas oublier "la Folie des Grandeurs" pour ceux que ça interpelle ('tention par contre, pas la même époque mais c'est un tradition locale la duegne depuis des lampadaires)
- Chérubin, cherchez pas les ailes, c'est pas le zéraphique, juste un page (vous vous imaginez avec l'âge le vieux type tout cassé sur sa canne s'appelant Chérubin, franchement, les parents devraient choisir le pseudo de leurs rejetons en pensant au retour d'âge, ça détonne avec les rhumatismes)
- Almaviva, comte de son état, avec la ferme intention de profiter de tous ses privilèges, cuissage compris (pas besoin de vous faire un dessin, s'pas ?)
- Basile, maître de musique (ça ne veut pas automatiquement dire qu'il la maîtrise la musique, c'est juste son titre professionnel, ça m'a toujours fait rigoler cette expression d'ailleurs : maître d'armes, de musique, à penser, contre - là, gamine, je pensais que le contremaitre était l'ouvrier, le contraire du maître quoi - , de cérémonie, d'école, étalon (...nan, là, ça s'écrit pas pareil et on ne parle pas de Rocco, c'est pas l'humeur générale du blog de toute façon)... est-ce qu'ils excellent vraiment autant que ça dans leur boulot pour porter le titre, ça me paraît un peu hâtif et définitif de juger de leur aptitude professionnelle par ce qualificatif.
- Un choeur (pour "meubler" et montrer que le type à du personnel de maison à payer pour pousser la gouallante certainement)

Une grande absente la pov'comtesse, qu'on ne verra qu'au deuxième acte.. en plus de son identité (Rosine) elle paume un acte, vraiment pas de bol la nana !

Petite aparté, pas longue pour une fois : quand je réécris les dialogues, il n'y a rien de faux, dans le contexte, mais ça dévie souvent, surtout côté anachronisme et absurde (si vous ne vous en doutiez pas, ça va être un choc pour vous !), je dis ça pour ceux qui me lisent leur Da Ponte à côté pour comparer évidemment !

Lever de rideau sur Figaro en train de mesurer la piaule, sous tous les angles, alors que sa copine tente de faire tenir sur sa choucroute garnie un bibi des plus récalcitrant.

" .Cinq...dix... vingt... trente... trente-six... quarante-trois !*
- Chouchou, quand t'auras fini d'arpenter, tu me fais signe et surtout tu me dis de quoi j'ai l'air avec ce capeo sur la caboche.
- Fichtrouille ! Changes rien ! C'est comme si tu l'avais fait toi-même
- Mais j'l'ai fait moi-même ! Vises les patins (pansements) à tous mes doigts !! Euh... sans être indiscrète, on peut savoir c'que tu mesures ?
- Almaviva m'a fait cadeau de son vieux baldaquin avant qu'il lui tombe sur la gu...** je vérifie qu'on soit pas obligés de pousser les murs pour le caser, t'as vu le placard à plumeaux qu'on se paie !!
- Passk'en plus il nous file la piaule ?! J'en veux pas de sa carrée à la noix !
- On peut savoir bicouze ? Placée comme elle est, c'est une affaire ! Entre les deux apparts des patrons !
- ça m'regarde... j'me comprends !
- Môdam' a ses vapeurs, un p'tit coup de sonnette et tu rappliques avec le ventilo, son mec "insomnise", re-sonnette et je file lui chanter "fais dodo" ou l'aider à compter les moutons***
- Je pencherai plutôt pour une course urgente à faire pour lui, si possible à Perpet-les-Oies, et  à peine t'as tourné le coin du potager, j'le trouve en train de dégonder ma lourde au pied de biche !
- Tu me fiches les miquettes là... développe !
- Y a que môssieur l'comte en a marre de courir le patelin pour faire son "marché" vu qu'il a des produits frais sous la paluche et à domicile encore !
- Il en pince pour qui ? (ça se confirme, il est mono-neuronalement équipé !)
- Mais pour bibi, bougre de triple andouillette ! Tu crois que c'est "sourire" l'offre de cette piaule ? Attends, y a mieux ! Tu sais, son "prof de chant-homme à tout faire", Basile, n'arrête pas de faire l'article pour lui et me sort toujours la même rengaine, ça me saoule en plus cette ritournelle à la longue !  Autre chose...Tu pensais que la dot qu'on m'a filée c'était pour tes mérites ancillaires ? Je vais te ruiner le moral, mais c'est tout simplement une option pour un quart d'heure avec bibi en "tête à tête", comme c'est l'usage depuis des lustres chez les gens de ce monde. Le problème, c'est qu'il a aboli ce rondudju de nom de d'là de droit de cuissage, mais s'en mord les dents depuis... ça le "travaille" un peu et il compte bien que je le gratte là où ça démange... tu piges ?
- Faudrait qu'on se creuse pour lui mitonner un p'tit plan pour lui rabattre sa superbe..; tout en empochant son pognon, cela va sans dire... Tiens, madame t'appelle, va lui porter le ventilo
- Je file, et commence à dresser les plans de campagne... mon Fifi****"

Suzanne sort avec le ventilo et sa rallonge sous le bras et Figaro reste seul à ruminer sa vengeance. Et dire qu'il n'avait rien vu venir quand ils sont partis tous trois, le comte, Suzanne et lui pour Londres en "voyage d'affaire" ! Mais il veut jouer au con, il n'est pas sur de gagner ! (euh enfin, dans le livret, il parle "escrime, estocade, feinte, parade" on le sent bien remonté pour l'embrocher purement et simplement). Il sort à son tour alors que se pointent Bartholo et Marcelline, un papelard à la main :

"C't'à c't'heure ci, à deux doigts qu'ils se refilent les alliances (c'est le cas de le dire !) que vous vous décidez à me parler de votre affaire ?!
- J'suis lente à l'allumage, je sais, j'attendais de voir comment ça allait évoluer et j'ai un reçu comme quoi "on" me doit quelque chose. Ne reste plus qu'à ficher le comte de notre bord, pour ça, fastoche, obliger Suzanne à l'envoyer sur les roses, ça va l'énerver et rien que pour faire bisquer Figaro, il signera tout ce qu'on voudra, contrat de mariage entre "Fifi" et bibi compris !
- Filez-moi le poulet ! Je ne sais pas ce qui me retient de lui faire épouser ma vieille boniche, histoire de lui rappeler l'affaire "Rosine" !***** Qu'on me parle "oubli" et "pardon", que j'me marre !! J'suis du genre à sauter sur la première occasion de rabaisser son caquet au roquet qui m'a fiché les raquiches dans les mollets moi ! Allez, au boulot, faut que je dépoussière mon code pénal, c'est bien le diable si j'arrive pas à trouver un vice de forme qui m'aide à l'entourlouper et qui se la pètera un peu moins ce jour là... j'en salive d'avance !"

Il sort, ne reste que Marcelline, bientôt rejointe scène quatre par Suzanne.

Fin de la scène trois, on arrête, faut économiser vos p'tites mirettes, et on verra la suite plus tard... On peut dire que ça commence fort, pas trois répliques et on sait que le comte est un coureur de première, son docteur un aigri de nature (euh..; se faire piquer sa future à la pièce précédente, ça peut aider côté "aigritude"), la duègne une "chaude" qui veut se taper un p'tit jeune (je sais, c'est cru, mais Wolfi n'était pas le dernier à appeler un chat un chat... non ?), le valet un niaiseux qui voit toujours le bon plan pour les autres, mais est le dernier informé quant à ce qui se trame sous son pif (ça, c'est courant aussi, les intéressés sont souvent les derniers informés), sa copine, une nana qui ne s'en laisse pas compter et a la répartie facile (elle me plaît bien celle-là)

Allez, je file et vous laisse digérer ça... bonne journée et je file au kawa et vous lire (ça, ça reste immuable aussi !)

La dragonne

* mystère de la traduction du livret pour que ça fasse "zouli" en Exagonien, ils ont traduit par "quatre... treize...quatre...treize... treize et quatre... fort bien, ma foi !" Le pauvre Figaro se retrouve mono-neuronalement équipé et ne sachant compter que jusqu'à treize, affligeant !

** En "vrai" le comte leur offre un lit, histoire de dire que s'ils peuvent coucher quelque part, c'est bien parce qu'il le veau bien, le syndrome de Dieu le père certainement... Pour le placard, point n'en est fait allusion évidemment, mais je doute que l'emparticulé soit assez large d'esprit et des cordons de sa bourse pour leur offrir sa suite royale !

*** pas gagné l'assistance mathématique  pour la version française !

**** Sic la version française ! Franchement, c'est n'importe quoi ! Traduire "Addio, addio Figaro bello" par "Adieu mon petit Fifi, Figaro" la honte ! Je sais, ça choque chez une dragonne qui n'arrête pas de chambouler les mots pour ses potes lecteurs c'est une chose, mais traduire "officiellement"  l'oeuvre originale pour l'édification du public, c't'autre chose, un peu de respect tout de même, ne serait-ce que pour le boulot de ce pauvre Da Ponte !

***** Voir l'intrigue du Barbier, Figaro a tout de même bien aidé à ce qu'on lui ôte de ses vieilles paluches sa pupille Rosine, future comtesse !
publié dans : Mozart
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Mardi 15 mai 2007
Bonjour,

Vous savez quoi ? Je m'aperçois qu'on va – enfin – finir cet opéra de Wolfi et que cette fois, contrairement au reste des articles étouffes-chrétiens, ça va vous tenir à peine la dent creuse ! Enfin, question contenu, pour les "enluminures" faites-moi confiance !
C'est là qu'on voit que je ne suis pas scribouillarde professionnelle, qu'on constate que causer, ça, je sais faire, mais y mettre la forme et surtout savoir découper le truc en rondelles bien identiques, j'ai un peu  de mal (euphémisme !).

M'enfin, on va dire que je fais dans l'allégé question intrigue en début de semaine, quitte à meubler un peu à la fin, avec des con... statations hautement philosophiques concernant ma « deux-mains-gaucherie » légendaire ou des trucs un peu plus légers qu'un romain qui se prend le chou rapport à un attentat contre son auguste personne.



LA CLEMENZA DI TITO – Acte II – (suite)

Le lieu :
Toujours le même qu'au début de l'acte, vu que les abords « capitoliens » sont plutôt dangereux après l'incendie, et que les costards « drapesques » et blancs de chez immaculé risqueraient de morfler un peu avec la suie (jouer Titus en toge de camouflage, remarquez que ça devrait interpeller aussi nos metteurs en espace avides de resituer tout le bazar à notre époque, histoire de nous prendre pour des neu-neus, comme si on n'était pas capable de se rendre compte par nous-mêmes que les thèmes avancés sont toujours d'actualité)
A la scène 16, un espace pas mal décoré, qui mène à l'amphitéâtre, des arcades partout par lesquelles on peut même voir l'arêne et les membres du complot impérial en train d'être beurdoirés à la sauce tartare en attendant d'être bouffés par les lions.

Les personnages :
- Titus au début, vu qu'il a demandé à être seul avec lui-même, il avait un truc important à se dire en privé
- Publius, son préfet préfé-ré
- Vitellia, l'excitée de la cafetière, celle qui change d'idée comme de string quant à son ex-futur époux
- Servilia, la soeur du "terroriste" Sextus
- Annius, son p'tit copain,
- un Choeur pour meubler un peu les gradins, un spectacle sans spectateurs, ça craint sinon.


La scène onze commence sur le monologue de notre empereur titusien et vu ce qu'il déballe, c'est du lourd, pas comme s'il avait à choisir entre la poire ou le fromage à la cantoche à midi, là... c'est tout de même la vie de son pote qui est au menu , bonne raison pour qu'on y réfléchisse un tantinet avant d'opter pour le repas des fauves ou pour le passage d'éponge (remarquez que, pour le côté purement logique, le passage d'éponge s'effectuera obligatoirement dans l'arêne après la bouffe des félins, mangent comme des cochons ceux-là et en fichent partout en plus !)

« J'suis dégoûté ! J'me la pète magnanime, et on me roule dans la blédine. Y a pas à tortiller, faut sévir ! 'Tends voir une minute, j'suis tout de même le représentant suprême de la loi, si je l'applique pas où va-t-on !(tontaine et tonton). Allez on respire un bon coup et on signe ce rondudju de papelard et baste l'amitié ! Il est coupable, faut qu'il paie ! - (il signe le poulet) -
Bin voilà, je viens d'envoyer un concitoyen à la mort et en plus un pote !... Par contre, ça va pas être reluisant dans ma biographie ça... on pourra lire : "Titus, l'ex-magnanime, celui qui en a eu marre de jouer les gentils" ; pas top tout de même ! Vaut mieux que je reste dans mon rôle, j'suis habitué au costume... depuis le temps ! - (il déchire la lettre) -
Une bonne chose de faite ! Mon pote sauve sa couenne et tout ce qu'on aura à me reprocher c'est d'avoir fait un acte de pitié tout ce qu'il y a d'humain, on est pas des boeufs ! » - (il balance la lettre qu'il a bien déchiquetée pendant ce temps, histoire de se passer les nerfs) -

Publius entre et Titus lui signale qu'il faudrait se grouiller s'ils ne veulent pas louper le début du spectacle aux arênes. Le préfet demande pour Sextus, et il lui est répondu plus qu'évasivement que son sort est décidé... Publius prend ça comme une condamnation du coco, vu qu'il n'a pas vu les confettis qui trainent partout sur la scène.
Avant d'aller au cirque, Titus balance un p'tit air où il justifie sa décision par le fait que s'il faut être un type à la main leste quant aux exécutions qu'on le « démissionne » c'est pas dans sa nature et en plus, si ses concitoyens doivent faire de l'huile à chaque fois qu'il éternue, bonjour la confiance et la sérénité pour faire le boulot d'empereur !

Il sort, Publius au train, mais Vitellia, entrant au même moment - (comme déjà dit, jamais une scène vide, toujours le système genre « vases-communiquants » pour éviter qu'il y ait un « blanc visuel et auditif » dans la continuité de l'oeuvre) - . elle siffle le préfet pour qu'il fasse marche arrière :

« Pssst ! Machin, rapplique tes fesses ! J'ai un truc à te demander...
- Pas le temps, j'dois servir de chaperon à Titus !
- Pour aller où ? Et Sextus ?
- Au cirque et il fait partie des attractions !
- M... ! Et... il a eu le temps de causer à Titus ?
- Que ça a même duré des plombes !
- Et...
- J'en sais pas plus, ils ont eu une conversation en tête à tête, j'étais pas invité."

Il sort, parce que la fille, à s'accrocher comme une groupie à son péplum,  est un danger certain pour sa pudeur naturelle, une toge, ça tient debout parce que c'est la mode comme dirait Mémé * !
La fille reste seule et commence à entamer la deuxième phalange de ses doigts, vu que depuis que son soupirant-accessoire s'est fait entauler, les ongles sont tous rognés jusqu'à la lunule ! (j'aurai pu être plus explicite j'aurai mis "joystick", parce qu'un mec qu'on utilise à ce point, juste quand on en a besoin, si c'est pas du gadget érotico-gaillard, j'veux bien être transformée en bretzel !)

Elle est en train de se dire que les carottes sont cuites pour elle aussi, et rien qu'à la trombine de Publius, son espérance de préparer des flans à ses p'tits-enfants pour le goûter  est en train de disparaitre dans la cuvette des chiottes.
Evidemment, c'est à ce moment qu'elle envisage le fait qu'elle aurait dû déballer tout le topo à Titus plus tôt, ça aurait économisé des prises de tête à tout le monde et faute avouée étant à moitié pardonnée selon l'adage, ça valait mieux que d'être vendue par un autre, parce que là, on est sur d'y laisser sa peau.

Servilia entre à son tour avec Annius aux miches (ceux qui disent que c'est normal... ont l'esprit aussi mal tourné que moi, je confirme !). Tous les deux sont en trains de s'arracher le crin de la caboche en pensant à ce qui attend le pauvre Sextus et viennent demander à Vitellia d'intercéder en sa faveur, une future impératrice, ça a quand même son mot à dire non ?
C'est là que l'allumée pige (enfin) que le pauvre type n'a rien déballé et se sent plus légère de trois tonnes tout d'un coup. Elle signale qu'ils partent devant, elle les suit mais Annius lui conseille de ne pas attendre la Pâque Russe, la vie de son pote et futur beau-frère ne tient que par un cheveu dévitalisé. Servilia en rajoute une couche en disant que son pauvre frangin mérite bien qu'elle se sorte un peu les doigts du valseur, étant donné qu'il faisait une fixette sévère sur elle et que c'est pas en chialant que ça va arranger la sauce.
Elle les envoie ballader en disant qu'elle rapplique dès qu'elle peut mais qu'elle a besoin de faire le point (tu m'étonnes ! Vu son état permanent de girouette en plein vent, ça va être dur de rester sur la même idée plus de dix minutes !)
Les deux amoureux démarrent en vrombissant direction le cirque et laissent Vitellia se prendre le chou à son tour (pas toujours les mêmes nan maiiiiis !)

"Bon, ma fille, c'est pas tout ça, mais faudrait se décider ! Est-ce que t'as les tripes pour regarder ton soupirant se faire grignoter les orteils par les lions ? Un type tellement sympa, qu'il préfère servir de casse-dale aux bestioles plutôt que de vendre la mèche ? Et qui ne moufte même pas... alors que tu vas réchauffer les draps de Titus le soir même ?! A savoir s'il ne va pas déballer ça au décors et que les moellons ne me ressortent pas ma faute en pleine tronche un de ces quatre... * Vaut mieux que je déballe tout, même si j'peux faire une croix après sur mon avancement dans la société huppée, le pauvre Sextus ne mérite vraiment pas de finir en croquettes pour matous ! Allez, j'vais finir aux galères et je donne pas cher de ma peau, mais ce qui est dit est dit, j'déballe !"

Changement de décors à la scène seize. Titus entre accompagné de sa cour, au son d'un chant de louange de bon ton interprété par la chorale locale "I 'Morituri" (I Muvrini, c'était déjà pris) *.
Titus prévient qu'avant de donner le top-départ des réjouissances, il voudrait bien qu'on lui amène le condamné, autant faire court, ça changera. Annius et Servilia se pendent à ses basques en hululant des "pitié" longs comme le bras. Titus leur signale que c'est un peu tard, son choix est fait, s'il avait dû compter sur leur avis... on y serait encore.

Sextus paraît, encadré par ses gardes-chiourme, un ange passe... vitesse grand V, Titus lui coupant les rémiges en plein looping.
Il est en train de lire le chef d'accusation au pauvre gars quand Vitellia déboule sur scène, dérape, s'emberlificote les ripatons dans les pans de sa toge et finit en vrac, le pif sur les doigts de pied de l'Auguste. Comme Titus est perplexe quant à son attitude, la donzelle avoue, genre "tu vas en rester comme deux ronds de flan quand tu vas savoir qui c'est le méchant de l'histoire, vu que c'est bibi" - (c'est rien de le dire parce que là, c'est une tonne de brique qu'il se reçoit sur le carafon) - Il lui demande combien ils sont au juste dans le coup, elle avoue qu'elle a eu toute seule, comme une grande, cette idée de génie et tout ça pour se venger d'avoir été mise de côté dans ses projets matrimoniaux.
Là, Titus s'interroge sur la possiblité qu'il avait de rester couché ce matin avec la journée de bouse qu'il se tape. C'est encore un coup des olympiens pour éprouver son caractère, mais ils en seront pour leur frais ! Il a décidé de continuer à jouer les gentils, na ! En bref, on déchire les contraventions et on passe à autre chose.

Sextuor final pour conclure cette mensuétude titusienne en l'honneur des souverains contemporains de Wolfi, où tout le monde y va de son couplet sur la grandeur, l'intelligence de l'empereur, le souvenir de la boulette qui restera tout de même au passif des coupables, même avec un coup de blanco sur leur casier judiciaire. On peut dire que ça sent la brosse à reluire à plein pif, mais étant donné que c'était une commande, faut pas s'attendre à ce qu'on ait vraiment laissé le choix aux auteurs de l'opéra...

Fin de cette Clémence de Titus, avec une petite question... qui doit tarauder certains, est-ce que Titus a tout de même perduré dans ses intentions de convoler avec une sournoise ?
A mon humble avis, la musaraigne a été entièrement inventée pour la circonstance (l'opéra de commande), vu qu'on n'en trouve trace nulle part, même ici, j'ai vérifié ! Et entre nous, on peut être bon, mais de là à être assez c. pour se marier à une intrigante qui est capable de vous poignarder dans le dos, juste parce que vous avez oublié son anniversaire... faudrait vraiment le faire !

Allez, vous étiez prévenus, pas grand chose dans le fond, mais encore une fois, c'est la forme (ou l'absence de forme, comme vous voulez) qui fait la longueur chez moi. Bonne "digestion" et à plus, je file voir si l'herbe est plus verte ailleurs, avec tout ce qu'il a flotté, ça risque d'être le cas !

La dragonne.

* Tenir debout parce que c'est la mode, revient à dire que tout le bazar est plus ou moins en équilibre et qu'un rien suffit pour que ça se fasse la malle.

* Comme le fameux Midas, roi de Phrygie. D'accord on connait plus la légende du type qui transformait tout ce qu'il touchait en or quarante-douze carats, mais je préfère la légende où, après avoir servi d'arbitre à un concours style Eurovision mythologique, il aurait fait le mauvais choix en votant pour Marsyas, un satyre moins bien côté que son rivale Apollon. Pour le punir, mauvais perdant, ce dernier lui aurait filé des oreilles d'ânes qu'il planquait après sous un bonnet phrygien. Problème, un de ses valets était au courant, et comme ça le démangeait de déballer l'histoire, il n'a rien trouvé de mieux, pensant que ça n'aurait aucune conséquence, que de creuser un trou dans le sol et d'y susurer ce secret d'état. Re-problème, le sol en principe, c'est fertile et au printemps suivant, les roseaux poussant ont recraché toute l'affaire à chaque coup de vent (et c'était venteux le secteur !). De honte, Midas se serait suicidé en sirotant du... sang de boeuf ! (tiens donc...)
Entre parenthèse, Ovide a préféré confronter Apollon à un faune plus connu, Pan, ça parlait peut-être plus aux contemporains qu'un illustre inconnu, certainement...

* Là, je met la chansonnette, plus lèche-c..bottes vous me faites signe !
"Tu as montré dans le bref cours
De cette journée, grand héros,
Que tu es l'objet des pensées
Et de l'amour des Dieux.
Mais il n'y a aucune raison de s'émerveiller,
Bienheureux Auguste,
De ce que les Dieux protègent ainsi
Celui qui leur ressemble."
par Sieglind publié dans : Mozart
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Vendredi 11 mai 2007
Bonjour !

Allez, le dernier tournant avant le virage comme disait Mémé ! Enfin, je parle de la semaine, parce que pour Titus, m'étonnerait fort que je finisse aujourd'hui (ou alors, préparez le lit de camp et les rations de survie, ça risque de vous occuper un bon bout de temps !). J'me tâte pour savoir si, en intermède entre le prochain opéra et celui-ci, je ne devrais pas causer gaffes et poticheries dragonesques, ça fait un bail que je ne l'ai pas fait ! (mais on a du temps, vu que notre cher Titus est encore en train de se prendre le chou pour savoir s'il sacrifie son meilleur pote à la tradition des jeux du cirque où s'il efface son ardoise – là, ça serait même un tableau noir format amphi, vu le passif du coco !)

Allez, allons-y Alonso !



LA CLEMENZA DI TITO – Acte II  (suite)

Le lieu : La salle des audiences publiques, avec son pliant doré au papier alu (vous savez... celui de la marmotte), son kit camping disco pliable – même quand on est installé devant, car je vois bien le bastringue se replier avec les convives et leurs couverts au moment de déguster les « merguez-Ricard » moi – enfin, reportez-vous à la description dans l'autre article, pour vous remettre ce chef d'oeuvre esthético-décoratoire en tête.

Les personnages 
Titus, normal il est en plein brainstorm avec son égo
Publius, son préfet, revenu voir si son chef s'était enfin décidé à signer son poulet.
Sextus, paré de charmants bracelets fantaisie avec leurs breloques (les gardes)


A la scène huit, Titus est donc en train de se taper la tête contre les colonnes « doryphoriques » (cherchez toujours pas;.. ça va vous miner sinon) en se demandant c'qu'il a bien pu faire au barbu pour mériter tout ça.

« Mais c'est dégueu ! Tout c'temps là, il m'a joué le couplet du meilleur pote pour me faire un tour de cochon pareil ! - (Moui... on peut penser que tenter de trucidouiller son copain, c'est un tour de cochon... c'est le moins qu'on puisse dire) -. Mais qu'est-ce que j'attend moi, mon bic à la main ?! Allez... une p'tite croix... enveloppé c'est pesé ! - (il suspend son geste comme le temps son vol, mais en moins gracieux côté image) -
...Par contre, j'ai pas eu sa version... ça m'enquiquine un peu de l'envoyer se faire bouffer en direct-live par des lions sans connaître ce qu'il lui a pris de jouer les Brutus - (ave Cesar ! ... l'autre, celui d'Astérix) -  J'vais entendre sa version et après...j'l'envoie tout de même servir de planche à s'faire les griffes ! »

D'un geste il signale au planton-figurant qu'il arrête de se curer le nez en attendant que ça se passe et qu'il file chercher le condamné.
Il reprend son monologue torturé.en constatant que le clodo du coin est mieux barré que lui, étant donné qu'il n'a pas à savoir qui l'aime ou ne peut pas le sentir, vu que tout le monde est franc comme  l'or avec lui (sans lui en donner pour autant... de l'or). Chez les gens de la haute, c'est une autre paire de manche ! On ne sait jamais ce qui se cache dans la tête de leurs potes ou connaissances (une fois qu'ils se touchent le pif avec les genoux dans leurs courbettes, pas évident de lire quoi que ce soit dans le blanc d'leurs mirettes de toute façon)

- D'ailleurs, désolée de le dire, mais j'ai encore rit quand le type sort qu'il est moins bien loti qu'un pouilleux « dont les flancs grossiers sont entourés d'une laine rugueuse », parce que j'imaginais le bouseux en question avec juste une bande molleton crado entourant sa taille.. et tout le bazar à l'air, vu qu'il n'a pas parlé de ce qu'il portait en dessous... des flancs... comme il dit. Je sais, c'est encore mon esprit mal tourné qui fait des siennes, mais réduire son apparence vestimentaire à une ceinture Gibaud, ça m'a semblé plus que réducteur pour décrire un mendiant de village tout de même ! -

Comme il en a marre de se triturer le neurone le blond (pourquoi il ne serait pas blond lui aussi d'ailleurs, ce n'est pas signalé dans le livret ça), il goualle vers le fond de la scène qu'il y a un peu de laisser-aller question obéissance ansillaire à ses ordres (un préfet d'empereur romain, c'est du personnel de maison, mais avec des galons non ?)
Réaction quasi immédiate de Publius qui réapparaît (il a peur pour ses fameux galons certainement) Titus lui signale que c'est Sextus qu'il aurait préféré voir se pointer, mais l'autre lui répond que les gardes sont tous occupés à exécuter ses ordres et que ça fait pas trois minutes qu'il a demandé d'aller le chercher (trois minutes, version lyrique... avec des tirades à répétitions etc... en rajouter bien une grosse dizaine, sauf si le chanteur est pressé de sortir de scène pour un besoin naturel, cela va de soi !) D'ailleurs, il le voit tourner le coin, il va arrêter de criser son Auguste !

Titus, à l'annonce de l'arrivée de son ex-pote (une tentative d'assassinat, ça refroidit toujours un peu une longue amitié) a tout de même un coup de « revenez-y » en pensant au bon vieux temps où ils faisaient les quatre-cents coups ensemble. Mais il se reprend, faut lui faire piger qui est le patron tout de même non ?!
Sextus, à peine sur le seuil, fait arrêt sur image. Les deux ex-potes se jaugent mutuellement, pendant que Publius observe leurs réactions du coin de l'oeil :

« Bin m... alors ! Il en tire une tronche le Titus !
- On peut pas dire que ça défroisse les traits un complot ! Quelle face de pet il se tape Sextus !
- Pas prêt de se décider l'empereur, vu que c'est évident qu'il a du mal à passer au blanco leur amitié !
- Viens par ici, j'vais pas hurler pour te causer ! (chanter fort, si, mais c'est de l'opéra, ça change tout !) Les oreilles, ça se lave, comme le reste ! Allez, ramène ta couenne ! »

On peut pas dire que ça soit un échange d'idées fructueux pour l'instant, étant donné que tout le monde y va de sa tirade sur ses propres états d'âme ou ceux des autres ! On a droit à tout le nuancier des sentiments classiques évidemment : constat du mutisme de l'accusé, donc aveu de son crime, (celui-ci d'ailleurs cherche désespéremment son téléporteur pour se retrouver sur l'Enterprise tellement il est mal à l'aise ; faute de mieux un trou de rongeur suffirait, mais allez trouver une souris aux incisives assez costaudes pour grignoter du marbre, pas évident !), pitié non gérable de Titus pour le pauvre mec... etc.

Comme ça ne fait pas avancer le schmiltruc pour autant, Titus se décide enfin à interroger Sextus :

« Dis-moi pas qu'c'est pas vrai ! T'as voulu me zigouiller ? Qu'est-ce que j'ai bien pu faire pour que tu veuilles jouer les impérial-killers ? Y'a p'us d'jeunesse ! A qui peut-on se fier, non de d'la ! Tout fout le camp ! (j'épargnerais la suite de la tirade genre... faudrait une bonne guerre... Ah ces jeunes tous des voyoux.... z'ont pas reçu assez de torgnoles gamins etc... ça vire aux déclamations de la génération précédente sinon)
- N'en jettes plus, la cour est pleine !Tu t'imagines que j'sais pas ce que je viens de faire ? - (c'est à dire ruiner sa vie sociale, amicale, amoureuse... sa vie tout court d'ailleurs) - . J'me tape une honte titanesque, abyssale même ! Rien qu'à te regarder, ça pique les yeux ! Autant que tu me tire une balle directo dans la cafetière, pour arrêter les frais ! Ou alors... prête-moi ton canif que je me fasse sepuku, c'est marre !
- T'arrêtes de faire reluire le carrelage avec tes g'noux et ta tignasse et tu te lèves pour que j'te vois le blanc des yeux ! Tiens tu m'fais pitié ! Tu vois où ça t'a mené c't'histoire ? Une vraie loque ! Et tu voulais quoi en faisant ça ? Mon pliant impérial ? Puissaaaance et gloiiiiireuuuu ? Daaaalllaaaaas, ton univers impitoya-a-bleuuuu ! On n'est pas dans un sitcom à rallonge mon pauv'gars ! - (quoi que..; vu mes longueurs...) - Et d'abord t'es vraiment sur de vouloir être calife à la place du calife ? – (comme on dit, » n'envie jamais ton voisin, tu ne sais pas ce dont tu hériterais »...) -
- Mais c'est pas ça qui m'a motivé ! J'suis un mou, c'est tout !
- Euh, expliques, t'es pas très clair là...
- J'aimerai biiiiin,  mais j'peux poiiiiint...
- Bon, si ça peut te mettre à l'aise, on oublie que j'ai la couronne de laurier-sauce sur la caboche, pouf-pouf ! On dirait qu'on est encore potes et  tu déballes hein...
- Mais...
- Me fais pas l'affront de me prendre pour une pomme ! J't'ai tout dit moi, quand ça n'allait pas, faudrait p't'êt' pas l'oublier non plus !!!
- Pourquoi j'suis né du pied gauche moi ! La fée s'est prise les ripatons dans la carpette et s'est penchée un peu trop fort sur mon berceau ?! J'vois que ça pour expliquer mon manque-de-bolisme !
- J'attends !... On va pas y passer la Noël tout de même !
- J'suis coupable ! J'ai une vengeance divine aux miches (façon Ulysse ou façon Hercule ?) A la distribution des rôles de la pièce qu'ils aiment bien monter les « olympiens » j'ai eu celui du traître, désolé !
- Tu te fous de ma g... ?! T'appelles ça une explication ?! Tiens, tu me saoules ! Tu veux clamser... grand bien te fasse ! Mâtons !!! Virez-moi ce type, il me sort par les yeux !
- Juste un p'tit bisou pour la route...
- J'te cause plus, t'es plus mon copain !
- En souvenir du bon temps... allez... sur la mimine, ça suffira... - (façon Robin des Bois de Disney, pour lui gober le rubis qu'il a sur la bagouse ?) - Même pas peur de décaniller ! Le seul truc qui m'enquiquine, c'est de savoir que je finis dans le costard d'Iznogoud !... Bon, tu fais la tête, ça se comprends... je file... j'ai un TGV à prendre (tigre à grande voracité)

Il sort. Et nous aussi, parce qu'avec cette conversation, ça fait pas mal question longueur encore une fois. On se retrouvera la prochaine fois à la scène onze pour un autre monologue de Titus (décidemment, il aime bien se prendre la tête ce type !) et l'arrivée de la méchante, ça risque de faire avancer l'enquête de l'Auguste ça !

Bonne fin de semaine, et à bientôt, je file (à la cafetière entre autre, mais rassure-toi Grenouille, je n'en ai pas fait chauffer depuis que j'ai commencé l'article, là, c'est le réconfort après l'effort, logique non ?)

la dragonne
par Sieglind publié dans : Mozart
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Impulsions, coups de coeur et de gueule, idées diverses au fil des notes et journées. Vous trouverez dans ce blog ma vision de l'opéra et de bien d'autres choses. Et aussi ma passion : les dragons.




Comme ma trombine évolue au fil de ce "rondudju" de temps, une petite mise à jour du portrait du bestiau, j'ai encore changé de "look" comme on dit... et le cliché du trombinoscope n'est plus vraiment d'actualité (avis, première et dernière fois que vous avez droit à ma goule, moi et les photos, ça fait quarante-douze)

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