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Vendredi 2 décembre 2005
Bonjour,

On m'a demandé de raconter ma soirée au cirque chinois, je m'exécute mais, comme je ne vais pas vous raconter en détail tous les numéros auxquels on a assisté, je vais simplement faire un historique de cette discipline et j'entrecouperais le tout avec des photos que j'ai réussi à trouver sur le net (elles sont identiques aux numéros d'avant hier,à part les costumes sur certaines)





En Asie, l'acrobatie se nomme "zaji" (talents assortis). Elle comporte plusieurs disciplines:  gymnastes, contorsionnistes, jongleurs, trapézistes, magiciens, clowns et mimes

On a pu définir, et ça lors de fouilles archéologiques, et la découverte de certaines peintures murales et objets funéraires, qu'elle daterait d'à peu près 1000 ans et des pruneaux avant J.C (200 ans avant la venue au monde de ce sacré Confucius - celui que le héros kung-fu cite toujours dans les films).





Pour amuser l'empereur...
Pendant le règne de l’Empereur Wu (dynastie Han, 206 avant JC- 220 après JC) on voit l'acrobatie chinoise prendre de l'ampleur (et pas de l'emp'reur), étant donné que ce gars là aimait bien s'amuser et organiser des fiestas monstrueuses, des bouffes à s'en faire péter la sous-ventrière et des spectacles à laisser les invités la goule ouverte pendant un bon bout de temps. Son show préféré: le "Bai Xi", cent numéros à la suite (ils devaient y passer la journée et plus même!)





Un peu plus tard, la Dynastie Sui (581-618) construit (enfin, fait construire par pas mal d'ouvriers pas très rémunérés) une énorme arène, destinée à recevoir les acrobates : 10 000 athlètes, dans de chouettes costars ornés de perles et de jade, s'y succèdent nuit et jour pendant les quinze premières lunes du nouvel an (on en reparle de celui-là, mine de rien).Les invités matent le spectacle étalés sur les estrades, façon banquet romain dans les péplums. Etant donné l'acoustique du lieu, ça s'entendait à pas mal de lieues à la ronde et il paraîtrait que certains spectateurs ne rechignaient pas à faire plusieurs semaines de trajet pour assister au spectacle.




Sous la Dynastie Tang (618-907), les poètes et écrivains de la cour, pour faire de l'audimat impérial n' hésitent pas à s'inspirer des scènes d'acrobatie auxquelles ils assistent. Reporters avant l'heure quoi! Par contre le style c'est plutôt "deux femmes s'enroulent autour d'une corde avec la grâce des esprits célestes" (quand même plus de classe que: "Machine et Bibiche s'la pètent au bout d'un filin"), "cinq hommes se lancent dans les airs" (ils ne causent pas de leur "retombée" par contre) etc. Des numéros, aujourd'hui des classiques du genre, prennent naissance durant les Dynasties Song (960-1279), Yuan (1279-1368) et Ming (les fameux vases qui coûtent la peau du valseur à ce qu'on dit, 1368-1644) : La « Double danse de l’épée » (polka du couteau suisse), les « Sauts périlleux aux échasses » (on balance des hérons en l'air), « Le brûleur flottant » (une ménagère récure sa gazinière de fond en comble), « Bonds aux dessus de poignards » (c'est la fille qu'on balance à la place des poignards)... Euh... j'plaisante là (entre parenthèse)




L'acrobatie perd son pedigree
A la chute de la Dynastie Ming, les acrobates sont virés par le nouveau patron Manchu (ça le barbe foncièrement) et sont bien obligés, s'ils veulent survivre, de se produire dans les marchés et sur les places publiques. Ce qui leur permet de rajouter des trucs du folklore à leur liste de numéros comme "le Dragon Lanterne" (qu'avait une très mauvaise vessie) et "la Danse du Lion" (à rugir de plaisir!)

Le coup de grâce question top 50, c'est quand l'Opéra arrive! Là-bas aussi, vous voyez ça existe!) Comme les acrobates ne peuvent pas renouveler aussi facilement leur répertoire que dans le lyrique, les gens commencent à râler de toujours voire des assiettes tournicoter au bout d'un bambou et des cocos faire des bonds dans tous les sens avec leurs cerceaux. L'acrobatie se retrouve dans une malle au grenier pour près de 300 ans.




Le retour de la vengeance!
L'acrobatie revient sur le devant de la scène au début du 20ème siècle et aujourd'hui, 160 troupes professionnelles chinoises (à peu près 2000 acrobates) perpétuent cette grande tradition (nous c'était la Troupe acrobatique de Dalian), tout en rajoutant de nouveaux numéros (des bikes chromés, c'est plus tendance qu'un pousse-pousse!), modernisant un peu la danse (on a presque eu du Béjart avant hier), les costumes (on confirme avec Mikeline, étant donné qu'à un moment on s'est écriées presque en même temps "force rouge!"), les éclairages et l'accompagnement musical (un concerto pour piano - chinois le concerto - dont il faut à tout prix que je trouve les références, un truc à la Deep Forest, et en entracte, une musique hyper traditionnelle aux instruments typiques).




L'Association Chinoise d’Acrobatie est devenue, en 1980, membre de la Fédération de la Littérature et des Arts aux côtés de la musique, la danse, la littérature, le théâtre, la calligraphie et tous les beaux-arts.





Evidement, inutile de vous dire que les photos, c'est  une misère par rapport au spectacle qu'on a vu.

Bonne journée et... bon dernier jour de la semaine, pour certains hein?

La dragonne
par Sieglind publié dans : On y parle musique et ce qui tourne autour
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Mercredi 5 octobre 2005

Bonjour à tous!

 

Un truc m'est venu alors que j'écoutais un de mes disques d'extraits d'opéras... c'est que je ne vous ai jamais parlé des classifications de ces dites voix. En plus, il faut dire que ça sert pas mal dans certains opéras, étant donné que même si on ne pige pas grand chose à ce qu'ils dégoisent, on peut déjà dire dans quelle catégorie de personnages les chanteurs se situent dans l'oeuvre.

C'est purement dragonien ma constatation, mais si quelqu'un a des remarques ou des trucs pour appuyer ou démantibuler mon idée.... il est mort! Nan, j'plaisante. Justement j'aimerai bien qu'on intervienne en me disant qu'est ce que ça évoque pour certains tel ou tel ton de voix (même dans la vie courante, ça nous influence souvent d'ailleurs)

 Jusqu'en 1700 et des prunilles, on distinguait évidemment pour "l'étendue tonale" (c'est le mot savant) les voix des nanas et des mecs (jusque là, on peut pas dire que ça prête à confusion à l'écoute), mais aussi deux catégories pour chacune d'elles: "Outre tombesques" et "hystériques" (graves et aïgues si vous préférez). Après on a introduit une nouvelle classification à l'intérieur de chaque "poste" on va dire, c'est la notion de "voix entre deux chaises" (moyenne en non dragonien)

A la fin, ça a donné ça:

Pour les meufs:

- Soprano (hystérique en pleine crise, exemple: la Reine de la Nuit de La Flûte Enchantée , Lucia di Lammermoor)

- mezzo-soprano (hystérique qui peut prendre sur soi en descendant un peu plus bas dans l'octave, quand elle fait sa "grosse" voix, exemple: Rosine du Barbier de Séville, Fricka la meuf de Wotan dans le Ring de Wagner)

- Alto et parfois contre alto, un tantinet plus bas encore (ex hystérique que les heures de vol on calmée et qui est carrément à l'étage en dessous côté cordes vocales exemple: Erda, la déesse terre dans le Ring de Wagner)

Pour les mecs:

- Ténor (voix jeune, haut perchée du mec en plein bouillonnement hormonale exemple: le comte Almaviva dans le Barbier de Séville, Rhadamès dans Aïda)

- Baryton (mec qu'a du vécu et donc qui s'est calmé, aussi la voix descend il n'a plus besoin de nous hululer dans les oreilles pour se faire écouter exemple: Figaro dans le même Barbier, Enrico le frère de Lucia di Lammermoor)

- Basse (mec qu'a tellement vécu, qu'il parle presque de dessous terre tellement il descend exemple: Don Basilio, le tuteur de Rosine dans le Barbier, et Sarastro le grand manitou de la Flûte Enchantée )

Mais, je vous rassure - enfin je ne sais pas vraiment si c'est le cas - mais les musicologues avertis et fiers de leurs années de recherches ont trouvé que c'était trop simple! Ils ont rajouté des sous sous-catégories pour définir des nouvelles classifications: par "couleur" de voix et par "timbre" (rien à voir avec le tube de gouache ou le cachet de la poste faisant foi)

Un exemple? Ténors graves, aigus, légers; barytons graves, aigus, légers; basses profondes (t'entend l'écho), chantantes (parce qu'ils ne faisaient pas ça jusqu'à maintenant?); sopranos dramatiques (t'as pas intérêt à rigoler!), lyriques (là aussi, elles devaient marmonner avant), légers (terme abusif en l'occurrence: coloratures).

C'est pas tout: ils se sont dit : "pendant qu'on y est si on causait "puissance"?"(dans les années 1800 et des copeaux là aussi) Et c'est reparti pour le puzzle: baryton d'opérette (comme le soldat du même nom, sans doute, il se la pète mais pas bien longtemps), d'opéra (c'est déjà du plus sérieux), d'opéra-comique (il peut chanter et rire en même temps) et d'emploi ( c'est pas de l'interim c'est par rapport à ses compositeurs de prédilection exemple: baryton Verdi, ténor wagnérien, basse bouffe (Mc Do?)

Et je vous garde le pompon pour la fin:

En 1953, on a proposé - (pas à moi en tout cas! Et vous?) - de mesurer - (attention, accrochez-vous) - la "chronaxie" du nerf de la "phonation" - (je vous avais prévenus... ça tue sa mère en short ça hein?)

Alors j'explique:

la chronaxie : suivant ma Rousse au pissenlit c'est le temps physiologique caractéristique de l'excitabilité de chaque organe ou tissu (spécialement les nerfs et les muscles) 

La phonation : c'est l'ensemble des phénomènes qui provoquent l'émission de la voix

Donc on s'est mis en tête de calculer la durée pour chaque voix de son émission et de sa clarté (vous savez comme quand on était gamins et qu'on essayait entre copains de garder la note le plus longtemps et le plus nettement possible) et ça, soit disant pour déterminer la limite supérieur d'un registre (pas du commerce! Vocal! son étendue et ses possibilités si vous voulez)

En conclusion, si vous écoutez bien un opéra, vous pouvez être sûrs de pas trop vous planter en pensant que la basse, c’est le vioque de l’histoire ou le grand manitou, que le baryton c’est l’aîné des enfants, ou le père, ou l’oncle, mais aussi souvent un type peu recommandable (allez voire du côté de Machbeth), que le ténor c’est le jeune premier (quand on voit leur tronche des fois, le doute est permis), que l’alto c’est la maman, la duègne, la grande sœur ou la méchante, et que la soprano c’est l’oie du Capitole, la gentille fifille ou la disjonctée de la troupe. Evidemment c’est réducteur mais on ne va pas rentrer dans les nuances… sinon vous n’êtes pas sortis de l’auberge mes cocos !

Voilà, j’ai enfin causé de ce qui me trottait dans la tête alors maintenant, on se lève, parce que la récréation vient de sonner…A plus tard et bonne journée.

La dragonne.

par Sieglind publié dans : On y parle musique et ce qui tourne autour
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Vendredi 12 août 2005

Larchange, dans son commentaire d'aujourd'hui, m'a balancé une adresse d'article mais je trouve que vous devriez également en profiter, ça donne une idée de ce que les metteurs en scène (dans tous les domaines) peuvent trouver comme intérêt à monter un "classique".

Je vous donne l'adresse: bonne lecture et en plus, ça ne doit pas être ininterressant à voir...

Bonne fin de journée et à plus.

La dragonne

http://artsetspectacles.nouvelobs.com/dossier/dossier2121_087.html

 
par Sieglind publié dans : On y parle musique et ce qui tourne autour
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Impulsions, coups de coeur et de gueule, idées diverses au fil des notes et journées. Vous trouverez dans ce blog ma vision de l'opéra et de bien d'autres choses. Et aussi ma passion : les dragons.




Comme ma trombine évolue au fil de ce "rondudju" de temps, une petite mise à jour du portrait du bestiau, j'ai encore changé de "look" comme on dit... et le cliché du trombinoscope n'est plus vraiment d'actualité (avis, première et dernière fois que vous avez droit à ma goule, moi et les photos, ça fait quarante-douze)

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