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Mardi 26 février 2008
Bonjour !

Ouf ! J'ai failli ne pas continuer l'opéra, pour cause de retrouvailles d'enfance internétiennes, mais je vous en conterais deux mots (moui... je n'ai pas indiqué le coef. multiplicateur en haut à droite de  "mots",: deux, ça va paraître mesquin quand on me  connait)
Ceux qui m'ont félicitée de' narrer un acte dans son entier la dernière fois vont être contents, je remets le couvert (tout le mérite en revient au compositeur et au librettiste, l'opéra est relativement court, ça aide pour éviter d'entamer un pavé façon Guerre et Paix !) On y retourne donc, et c'est le tournant du virage, l'acte trois, l'acte ultime où tout va capoter dans le drame romantique à souhait (depuis les vapeurs de Lucia di Lammermoor, le mauvais rhume de Violetta et la claustrophobie galopante de Aïda, les drames romantiques on commence à connaître et étant donné le ton général de l'oeuvre, je vois mal l'argument faire une pirouette pour virer dans la pantalonnade, même si  le méchant duc a une sérieuse tendance à envoyer le sien (de pantalon)  par dessus les  moulins dès qu'une belette montre son museau il n'y a pas de quoi virer à la comédie  hérotico-gaillarde d'un acte à l'autre, ça ferait désordre)

RIGOLETTO - Acte III

Le lieu :
Orifice anal ou "sphincterique" du monde, sur les berges du Mincio (cours d'eau local, on est toujours à Mantoue, n'oubliez pas !)  . Une bicoque, tenant de bric et de broc (je versifie, vous avez vu ?) A l'enseigne, on peut voir que c'est une auberge, mais vu l'état des lieux, faudrait vraiment que j'ai oublié mon duvet et ma tente igloo pour accepter d'y  partager une chambre  avec ses  occupants habituels, les  bestioles exo-squelettiques à plus de quatre pattes  (ce qui laisse le choix vaste entre l'arachnide hormonalement énervée et la cucaracha* castagnettante) La baraque tient debout parce que c'est la mode, on voit même à travers par les fissures dans la façade (quand on peut y passer à deux de front, est-ce vraiment une fissure ? Mais l'avantage c'est que ainsi, point n'est besoin au spectateur d'avoir à se faire greffer aux orbites une bécane à rayons XXL)  C'est la nuit et l'eau du cours d"eau clapote doucement au pied d'un parapet bouffé des mites.

Les personnages :
- Rigoletto, toujours bouffon, mais moins rigolo depuis le dernier acte
- Gilda, toujours sa fille, moins... virginale, d'où la tirage de tronche du paternel
- Duduc, toujours voltigeur de haut vol autour du jupon de ces dames, de moins en moins sympathique au fil du déroulement de l'intrigue
- Sparafucile, toujours tueur à gage, moins regardant quant à la tenue de son intérieur que sur l'état du fil de son Opinel
- Maddalena, toujours frangine du tueur (même si on ne  la connaissait que par ouïe dire), moins farouche qu'une échappée du couvent des piaf... beaucoup moins.

Au lever de rideau, Rigoletto et sa fille taillent le bout de gras en parcourant la distance qui les sépare encore du riant séjour du voyageur paumé (et pas regardant) alors que Sparafucile est en train de faire les cuivres (la lame de son cure-dent) assis à l'intérieur du coupe-gorge, qui n'a jamais aussi bien porté ce nom qu'en cette sombre nuit lyrique. (ne manquent que les "chope-souris", la chouette qui "pulule" dans les arbres et le  gibet "garni" pour donner dans le Grand-Guignol)

"T'en pinces vraiment pour c'te Trou-Duc ? Même si je te prouve qu'il te roule dans la blédine ? Rapplique par là que je '"t'instructionne", rien ne vaut la preuve par l'image ! - il s'approche de la fissure du mur - Kess-tu vois ?
- Un type...
- Vise un peu mieux, ça risque d'être intéressant..."

Ils se collent au mur pour mieux mater, pendant que le duc, en costume militaire fait son  entrée dans l'auberge par une porte brinqueballante ** .
Gilda a ses vapeurs, elle vient de reconnaître son séducteur. Celui-ci demande si il y aurait une piaule de libre (suffit de demander aux cancrelats de faire leur baluchon, ça doit être trouvable) et si la piquette n'est pas trop vinaigrée pour se laisser boire, fait soif en cette soirée de baguenaude ducale ***

Le tueur sort à la recherche d'un cruchon pas trop culotté par la vinasse agressive et notre Duduc se lance dans son grand air sur les bienfaits du duvet en plume d'oie blanche par rapport au synthétique.

Sparafucile revient avec sa gourdasse (pas la frangine, la fiole) et deux godets, les pose sur la table et balance deux coups au plafond, fort bas pour que le pommeau de son épée suffise (opéra strictement réservé aux nains de jardin , je vois mal les chanteurs déclamer pliés en deux pour éviter de se manger le lustre). La gourdasse, la "vraie", sa frangine, n'attendait que ce code rudimentaire (c'est pas des lumières, et le morse a été inventé un peu plus tard de toute façon) pour se précipiter l'air de rien attifée en Esmeralda de pacotille (mais sans la chèvre et le tambourin)

Pour vous dire que Duduc est bien allumé question hormones c'est qu'à peine la nana dans la place, il  se précipite sur elle pour lui rouler une pelle, ce que la minette esquive par un  saut arrière, vrille et rétablissement à la Comaneci de toute beauuuutéééé (les juges en fond de scène lèvent leur carton pour une note plus que satisfaisante pour la performance)

Sparafucile s'approche de la fissure et demande au bouffon s'il doit battre le "fier" quand il est encore chaud, ce à quoi Rigoletto répond qu'il vaut mieux attendre un peu, (trop tôt et encore trop de lumière sans doute).

Commence la scène trois avec un quatuor sympa.  (je vous mets une autre version en dessous, vous choisirez)

En gros, Duduc fait du plat à la bohémienne, qui minaude que c'en est une honte quand on connaît son immunité oculaire par rapport à une météo polaire, en clair, elle n'a pas froid aux yeux la gamine (jouer les nanas pas encore déniaisées faut oser quand on connait comment elle arrondit ses fins de mois !) Il jure toutes ses divinités célestes et infernales qu'il suffit qu'elle lui fasse risette pour qu'il lui reste fidèle (ben tiens !).
Pas dupe, la nana lui balance que sa tirade a des heures de vols (comme la plume du fameux air)  et que les bénéficiaires de ses hommages sont tout sauf limitées aux doigts des deux mains (l'air du Catalogue**** serait presque de rigueur, vous ne pensez pas  ?).
Il veut lui prendre la mimine, mais elle lui signale qu'elle est moche et pas manucurée, son esthéticienne est partie avec la caisse certainement. Pendant qu'elle lui déballe qu'elle se fiche éperdument qu'il soit duc roi ou PDG de multinationale et que ça la fait bien marrer ses grandes promesses, Gilda, derrière son mur est en train de s'effriter, tel le crépis bouffé de salpêtre de l'estaminet,  alors que son père entre en surchauffe (la soupage de la cocotte commence à siffler, mauvais signe) Ce qui lui bouffe les nerfs, c'est que même en voyant le type taquiner une autre belette, elle n'arrive pas à se l'ôter du crâne. Pas à tortiller, quand faut y aller... et il la secoue en lui demandant de se fringuer en mec, il a tout prévu, c'est dans son sac à dos (avec sa bosse, ça doit plutôt le faire ressembler au Père Noël qu'au routard en galvaude). Une fois qu'elle sera prête, direction Vérone coudes au corps, il la  rejoindra plus tard, il un un truc à faire avant (on se donne un alibi ?)

Sa gamine sortie de scène, Rigoletto alpague Sparafucile pour mettre au point son plan vengeresque :
"Vingt biffetons (écus) on a dit ?... Tiens, la moitié de suite... le reste après livraison du "paquet". Mets ta tocante à l'heure, on se retrouve à minuit ici, je me charge d'aller le ficher à la décharge ce "sac poubelle"
- Pas la peine d'être un régiment, j'peux bien m'en charger, c'est compris dans le service après-vente
- Nan ! J'adore descendre les poubelles moi-même, ça me fait faire de l'exercice.
- Et son blaze....
- Obligé ? On va dire  Duduc le malfaisant et moi tu peux m'appeler Riri le Nettoyeur   ("diletto : méfait et Punizion' : châtiment sont évoqués
)
- Enchanté, moi c'est le "Couteau-suisse "***** "

Le type entre dans la baraque, interrompant les deux zamoureux en train de jouer au docteur et annonce qu'il va pleuvoir des vaches, faudrait penser à un endroit où se caler les miches, vu qu'il n'y a qu'une piaule de correcte dans ce boxon. Le duc royalement lui signale qu'il se fiche comme de l'an quarante de l'endroit où le "rustique" va dormir, mais pas sous le même toit que lui, ils ne sont pas du même monde et le plébéien doit avoir l'habitude de dormir  par terre (quand je vous disais qu'il était imbuvable ce gars !)
La frangine a un retour d'affection et demande au duc de décarrer vite fait de la place, mais il n'est pas dingue et ses fourragères risquent d'être un peu moins présentables sous la saucée. Le  frère chope la fille par le coude, pas très tendrement, en lui signalant qu'il vaudrait mieux qu'elle la mette en sourdine, il y a vingt biffetons en jeu.
Il chope une  loupiote au passage et invite Duduc à le suivre vers sa suite royale, ce qu'il fait non sans glisser encore quelques cochoncetés à l'oreille de sa conquête. Pendant que Duduc enfile sa grenouillère en chantonnant l'air de la plume, Maddalena a du mal à rester calme en pensant que c'est gâcher la marchandise d'envoyer un beau mec comme ça ad patres.

Elle craque au retour de son frérot et lui demande de faire une petite encoche au contrat en ne le trucidouillant pas.
Gilda, revenue fringuée en homme, ne loupe rien de ce qui se dit évidemment, planquée derrière sa... fissure..

"Tu vas zigouiller un mec si trognon pour si peu de pèze ?! L'est trop mimi le Duduc dans son zouli costume ! Et m'est avis qu'il en vaut cent de plus non ?
- Tiens, à propos de costard, tiens-moi ça, il va y avoir séance d'habillage prochainement (il lui file dans les pognes un sac de jute bien pourave)
- T'as déjà dix jetons dans les poches, c'est déjà ça de pris, t'as qu'à zigouiller le bossu !
- T'es c... où tu t'entraînes ? J'suis bien tout ce qu'on veut, mais j'ai jamais fait capoter un contrat, surtout en épinglant mon commanditaire !
- J'te préviens, j't'aurai prévenu... tu fais un geste vers ton Opinel, je monte le prévenir pour qu'il se fasse la malle !
- Et le blé ?!
- J'm'en bats le coquillard ! Pitié frérot ! Sois pas vache !"

 Lorsque Sparafucile se laisse fléchir et signale que tout compte fait n'importe quel  mort fera l'affaire, vu qu'il sera planqué au fond d'un sac, une loupiote s'allume dans la boîte crânienne blondifiée de Gilda : elle sera "ce" mort. Le plan B du tueur est simple, le premier pingouin qui toque à la lourde se verra attribuer le titre ducal... à titre posthume****** Gilda respire un bon coup, et frappe à la porte. Les deux conspirateurs sursautent et demandent qui peut bien s'esquinter les phalanges sur celle-ci, surtout avec ce nuit de bouse. Elle maquille sa voix en se faisant passer pour le clodo du coin. Il ne faut pas deux heures (encore heureux !) pour que le plan se déroule comme énoncé un peu avant... Maddalena ouvre la porte, la gamine entre, le type décroche une hache (Massacre à la tronçonneuse, vous connaissez ?  La Colline a des Yeux non plus ?! Pfff ! Des classiques pourtant !), une dernière supplique adressée au grand barbu et enveloppée et pesée la belette !

Rigoletto entre par le fond, drapé dans sa grande cape. Il a un peu d'avance sur le rendez-vous, mais il n'y tenait plus. Il plaque une oreille à la porte de communication avec la scène du crime et n'entend rien, même pas les flatulences du mouche intestinalement encombrée.

Minuit sonne au clocher lointain, c'est l'heure ! Il frappe à son tour. Sparafucile lui ouvre, avant d'aller choper le sac qu'il traîne au milieu de la pièce (toute la "tuerie" a eu lieu "hors champs", il faut ménager le politiquement correct, ce n'est pas du Grand Guignol, ne pas confondre, même si c'était très tendance à une époque, voir "Entretien avec un vampire" pour situer le genre théâtral)

"Chouette ! Mon paquet cadeau ! Tu peux faire de la lumière ?
- Euh... pas besoin pour prendre le pochon par le bon bout, par contre, allongez l'oseille... on fait faire la plonge après.
- Nan, j't'ai déjà dit que j'adorai faire ma vaisselle tout seul - (il se retrouve en tête à tête avec le sac, le tueur ayant refermé la porte d'entrée une fois son pognon touché) - Ah... il est bien canné c'te nuisible ! J'rêve pas, mais ça me démange bougrement d'ouvrir pour vérifier... bah non... ça peut être que lui de toute façon.. Allez zou ! A la baille !... Alors... on fait moins le malin hein  Duduc ? Qui  se retrouve aux pieds de l'autre cette fois ? Tu vas avoir à un enterrement façon Monte-Cristo, on improvise suivant les moyens du bord si je puis dire et ça va avec ton costume d'amiral non ?"

Il commence à souffler en empoignant le sac (les divas dodues, ça n'aide pas non plus à la manipulation du bagage dans l'opéra, loin de là !) lorsqu'au loin on entend le duc s'époumoner sur la rengaine qu'il n'arrive pas à s'ôter de la tête (tuant ça, quand on a un  air, souvent bien neuneu, qui vous tourne en boucle au milieu des neurones)*******

Arrêt sur image du bossu ! Serait-ce un mort ventriloque ? Est-il déjà passé à l'état d'ectoplasme hululant en traînant sa chaîne sous son drap de lit ? Mais alors pour un fantôme, il est un peu trop joyeux à son goût. Il n'y a qu'une solution à ce problème épineux d'un au-delà burlesque... ouvrir le sac à patates (qui vient de gémir de douleur pour arranger la sauce). Il dénoue fébrilement le noeud de marin fermant tout le tremblement et au lieu d'un duc raide mort (ou d'une bimbo en tenue d'assistante de magicien "LasVegasien") ne  trouve que sa gamine, légèrement décoiffée et pissant le raisiné par l'accroc  qu'on vient de lui faire à son joli costume.
Après un discours haché sur  sa contribution personnelle au mythe de  l'amour pur et désinteressé qu'elle porte... à un empafé de première, (c'est pas moi qui me serais faite épingler pour un tel gugus !) elle décide de se mettre en apnée définitive (ou alors elle a fini réellement asphyxiée dans son sac, ils avaient oublié de faire des trous d'aération)

Rigoletto s'arrache les derniers tifs qu'il porte sur le crâne en se rendant compte que même en lui disant de s'accrocher, qu'il venait  d'appeler de SAMU, rien n'y a fait et que le vieux comte du début a eu le dernier mot, la malédiction du premier acte est accomplie, le rideau peut  se baisser (et les acteurs se relever de leur position peu confortable, surtout Gilda !)
L'acte ainsi que l'opéra est fini et on reste sur un goût légèrement rance d'injustice, les méchants sont toujours vivants, les uns comptent leur recette de la journée, l'autre s'égosille en attendant sa prochaine conquête,  la gentille a passé l'arme  à gauche, le père oscille entre se ficher à la flotte avec le baluchon et virer bredin, vous trouvez cette fin "morale" vous ? Vous m'étonnez que l'oeuvre, théâtrale d'abord, lyrique après ait rencontré quelques difficultés lors des premières représentations... les têtes couronnées n'y sont pas représentées sous leur meilleur jour, ça n'aidait pas pour la promo à une époque !

Allez, je file, vous laissant méditer et même commenter cette morale si ça vous chante..; (commenter aussi le rôle des personnages serait bien, il y a de sacrée "tronches" !) Bonne journée et portez-vous bien.

La dragonne

PS: Francky, j'ai noté ta "bidouille" pour le liens, faut juste que je ma familiarise avec le topo (tu sais que du côté informatique, qui va piano, va sano è lontano avec bibi !)

-=-=-=-=-

* cucaracha en "paëllanais" c'est notre blatte si sympathique... de loin. Dire qu'on apprenait en classe le fameux air  "la cucaracha"... Alors que c'est l'histoire d'un type qui se tape le blues parce qu'il n'a pas eu sa dose de Marie-Jane qui rigole.. comme quoi, quand on connait les langues, nos ritournelles favorites ont une autre saveur en bouche.

** Mise en scène personnelle : le type force comme un malade sur la lourde bouffée par les mites et part en avant, se rattrapant de peu à ce qui reste de celle-ci, la poignée, le reste du barda transformé en tas de sciure ; petit tricotage des bras et guiboles pour récupérer un semblant d'équilibre et "emplafonnage" sur une poutre de soutien du toit, "rebondissage" sur celle-ci, "mangeage" de la table qui se trouve sur sa trajectoire et atterrissage en beauté derrière le bar, après triple looping (sans les dents) après "percutage" du zinc (ça lui apprendra ce nuisible, vous croyez que je vais le ménager ?!).

*** Là, qu'on m'explique... il a tout ce qu'il faut pour tailler la route, coupé sport de l'époque compris, vers des endroits un peu plus rupins que celui-ci, les fiestas de la jet-set locale ne doivent pas manquer et c'est dans ce trou à ragondin qu'il se retrouve... manque des pièces pour que le bastringue paraisse logique non ? En plus déguisé en bidasse en folie, c'était soirée à thème et il a paumé l'adresse ou les ballons qu'on met toujours pour signaler ce genre de festivités se sont fait la malle avec le vent à décorner les boeufs qu'il doit y avoir dans les environs (rapport à l'évocation musicale de la météo à l'ouverture du rideau si vous avez l'occasion d'écouter). le fait que la nana soit coutumière de se faire suivre par les galants n'excuse en rien qu'on se retrouve comme par hasard et en habit d'apparat dans un cul de basse fosse.

**** Leporello déballant l'agenda hyper-trophié de son maître dans Don Giovanni

*****
Dans la version française on parle d'instrument, de hache, de couteau, de machine à tuer... si c'est pas être multifonction ça !!  Par contre dans le livret italien, le tueur n'évoque que le temps qui se gâte et tourne à l'orage et que c'en est une bénédiction puisque la nuit se fait encore plus noire

****** manquerait plus qu'il s'appelle de Guise, ils seraient obligés de changer de taille de sac, étant donné l'anecdote sur ses mensurations hyper-trophiées une fois allongé après son assassinat

******* Là, petite remarque : le duc, déjà bien inconsistant, à part  sa vocation de Popol à pattes, se voit réduit à buguer sur le même refrain tout l'acte (ou presque) comme si sa zigounette avait pris le contrôle de son cerveau et avait décidé de réduire la partition à trois couplets sur la légèreté féminine, légèreté totalement de bon aloi quant à l'excuse qu'il pourrait avoir à apporter  sur son attitude de lapin en rut.


publié dans : Verdi
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Mardi 19 février 2008
Bonjour !

Certains m'ont accusée de feignasserie brevetée, ils n'ont pas tort, mais point trop n'en faut sinon  je vais me transformer en légumineuse à poil long (ou en garniture de cheminée qui change de couleur avec la météo, mon rêve !).
On retourne  donc à notre bouffon avant qu'il ne vire bredin après la vélociraptorisation de sa gamine. Au fait... qu'est-ce qu'elle devient celle-là ?.... Vous allez être contents, l'acte  est très court (mais de superbes airs, évidemment, il n'y a pas que le long  qui est bon, n'en déplaise à l'adage populaire)

RIGOLETTO - Acte II -

Le lieu : Salon dans le palais trouducal. Une porte côté cour, une autre côté jardinet*, une troisième cadenassée au fond. Deux portraits des tenancier du clac (vu ce qui s'y passe, ça pourrait être aussi bien être "chez Lulu la cuisse légère" que "aux armoiries réunies"). Entre parenthèse on apprend que le type a une légitime (ou elle est aussi chaleureuse qu'un réfrigérateur, ou son mec a la danse de Saint Guy dès qu'il voit passer un panthy, je penche pour la seconde version... parce que j'ai décidé d'en faire un grand méchant loulou de ce blaireau) Un pliant devant une table recouverte de crépine** (ça doit chlinguer la cochonaille ! le tout bien Renaissance, quand on se la pète, autant bien le faire, ça en jette toujours le Rinascimento.

Les personnages :

- Duduc le papillonneur, logique étant donné que c'est sa casbah
- Les courtisans (raceuu vil' et damné-euuuu.. version française de la supplique de Rigoletto un peu plus loin dans l'acte)
- Marullo, toujours chevalier, toujours  cassé en deux à force de lécher les pompes de son pote de duc
- Rigoletto,  le bouffi bouffon triste
- Gilda, la "klicnappée" (du mal avec ce mot quand j'étais gamine)
- Monterone, le type qui a maudit le duc, accompagné d'un huissier (il veut saisir ses meubles pour le faire bisquer ? Ou assister à sa condamnation, ça me paraît plus logique, vu les propos qu'il a tenu envers le duc)

Lever de rideau sur un duc plutôt énervé (quand la moquette commence à fumer à force de tourner en rond dessus, c'est qu'on est vénère non ?) Je "traduis" d'après le livret original, le français même pour la rime, ça craint je trouve.
" On me l'a piquée et sous mon pif encore ! De toute façon j'la sentais pas cette fin de sérénade... J'suis retourné sur mes pas... tout claquemuré et pas un pékin dans la place !
Où qu'elle a bien pu s'évaporer ma blonde ? (les blondes sont toutes censées être évaporées ?)
Dire que je croyais avoir trouvé celle qui me ferait rester en place (ça nous arrangerait aussi, il  arrive à nous filer le virounas à jouer les derviches tourneurs sur sa carpette le coco) J'en arriverais presque à me croire vertueux ("presque" est de trop, vertueux, je n'irai pas jusque là...)
Si on a fait  chouiner ma belette, ça va ch... dans le ventilo, j'vous garantie ! Ils vont en tâter de mon bras séculier, j'vous en fiche mon billet !"

Après avoir calciné le tapis il entame les lattes du plancher  en se rognant les pognes quand  sa bande de joyeux lurons arrive en trombe.
" Eh Duduc, tu vas rire...
- m'étonnerait, mais crache ta pastille on sait jamais....
- Rigoletto s'est fait piqué sa meuf !
- Tiens, j'ai les zygomatiques qui me gratouillent, développez, je frise la crise de fou-rire, faut juste insister un peu.
- On a sprinté un petite heure pour arriver chez le type, valait mieux, la nuit tombait et sans loupiote on aurait été fins pour repérer la bicoque.
On vise la musaraigne en train de prendre le frais, comme elle est canon, on a pas réfléchi cent sept ans avant de se décider à passer au plan B (le plan A c'était courir une heure coudes au corps..; je peux être fin stratège c'est encore dans mes cordes). V'là t'y pas que le bouffon tourne le coin et nous demande ce qu'on peut goupiller autour de son "chez lui".
On l'embobine en disant qu'on est là pour piquer la comtesse Ceprano. Il veut jouer avec nous alors on le colle au mur, "pour faire le guet" (bossu et miro... qui dit mieux ?!) On entre, on ressort quasi aussitôt avec la minette sous le bras.
Elle hulule un peu, ce qui met en mode alarme le vieux type qui a dû réveiller tout le quartier (mouai... deux baraques dont une abandonnée, c'est sur que les mulots ont été réveillés en sursaut !). On file quinze noeuds dans l'autre sens... pour arriver ici, où on a déposé le "paquet".

Pendant leur petit topo, le duc a changé d'expressions aussi souvent que de retour à la ligne (dans des couplets versifiés, il y en a des retours à la ligne !) pour s'apercevoir de une, que "sa" belette est celle qu'on a soustraite à l'attention aimante du bouffon, et de deux qu'il a la possibilité d'aller la consoler de ses frayeurs et par la même occasion de lui révéler sa véritable identité (elle va se pâmer d'aise d'être choisie par un blasonné, c'est sur ! Le fric ou le pédigré, ça vaut tous les préliminaires pour certains)

Il sort en déverrouillant la porte cadenassée, derrière laquelle on a déposé le "paquet cadeau", alors que Rigoletto fait son entrée, rigolant plutôt jaune mais n'en montrant rien (ça serait ballot de laisser paraître son angoisse, les langues se délieraient un peu moins facilement). Un ange passe et les courtisans changent de sujet
" Salut machin !
- y sont tous de mèche - pense tout haut le bouffon
- Quoi de neuf ?
- A part que vous êtes de plus en plus chiants ? - il fait semblant de chanter, pendant que les types rigolent de son trait d'esprit (le bouffon a droit de tout dire ou presque, rappelez-vous) - où c'est-y qu'ils ont bien pu la planquer ? - s'inquiète-t-il en furetant.
- Il la joue espionnite aigue, notre bossu !
- Mon auriculaire m'a dit que vous vous en étiez payé une bonne tranche c'te nuit...
- Peux pas dire... je coinçais la bulle - répond Marullo
- Ah... tu pionçais... j'devais rêver alors..."

Il continue à fouiner pour tomber sur un tire-jus abandonné sur un guéridon. Les autres suivent tous ses mouvements, mais respirent quand le type constate que ce n'est pas celui de sa gamine. Il demande si c'te feignasse de duc est encore en train de dormir alors qu'un page entre à la recherche de son patron Les courtisans manquent d'une certaine rigueur quant à leur scénario, commençant à dire qu'il se repose avant d'affirmer qu'il est à la chasse (ça, dans les intrigues policières, toujours s'assurer que la bande de suspects maîtrise parfaitement la narration de l'alibi, se recouper, pas glop pour la crédibilité)  Comme le gamin s'étonne qu'il aille trucider de la galinette cendrée sans escorte, les autres y vont de leur clins d'yeux les plus appuyés, ce qui fait que Rigoletto pige enfin l'entourloupe.
"J'y suis, elle est avec Ducuc !
- Euh... qui ?
-Jouez pas les bourricots pour avoir du foin ! La nana que vous avez enlevée c'te nuit ! J'le sens, elle est ici !
- Si t'as paumé ton amoureuse, un autre a mis la pogne dessus, fallait mieux ranger tes affaires!
- J'veux ma fistonne !!!
- ta... quoi ?...
- Ah ça vous en bouche un coin, vous rigolez moins du coup. Vous me  la rendez "ti souite" ou je génocidise ! J'aimerai bien savoir, bandes de nuisibles combien vous avez été payés pour ce contrat ! Mais ça a pas de prix une blondinette si mimi alors vous n'arriverez jamais à la refourguer, autant que vous me la rendiez, et dans son emballage d'origine, si vous me suivez bien.
Vous allez l'ouvrir c'te lourde ou je vous en allonge quelques unes sur le coin de la goule ?!"

Les autres sont tout sauf impressionnés et font barrage devant l'entrée. Rigoletto tente une percée par le flanc droit, puis par le gauche, pour finir en fonçant dans le tas carrément. Rien n'y fait, et il finit épuisé sur le devant de la scène, les mains sur les genoux, penché  en avant et en train de reprendre son souffle (sacrée mélée que ne renierait pas notre ST*** régional)
Comme la menace d'une volée de bois vert n'a pas eu l'effet escompté, il tente les larmichettes et l'attitude du pénitent en pleine semaine sainte. Il en est à la phase "chemin de croix à genoux" et se cramponne au calcif des types (dangereux ça, s'ils n'ont pas une bonne paire...de bretelles). Même Marullo qu'il flatte dans le sens du poil reste muet devant  ses supplications.

S'il devait compter sur les cocos pour trouver la gamine, il pourrait attendre jusqu'aux "calandres" grecques, aussi l'irruption de celle-ci dans la pièce lui évite d'avoir à s'arracher les  derniers poils de sa perruque. Un brin décoiffée et le jupon sans devant ni derrière, lundi boutonné avec mardi, à mon avis, ils n'ont  pas fait que jouer au scrabble, les deux tourtereaux (allusion aux "Hommes préfèrent les grosses" si vous avez vu le film). Elle se précipite au cou de son papounet.

Rigoletto peut arrêter son apnée mais un truc le turlupine... elle est en train de mouiller toute sa fraise à rucher avec ses larmes de croco, sans parler qu'elle risque de faire dégorger le bain de teinture du costar, c'est que c'est fragile un costume d'opéra.
"Tu chiales ?! Qu'est-ce qui t'arrive "encore" ?!
- J'me pète une de ces hontes !! Sans compter que j'suis furax !
- Euh, tu peux donner des détails ?...
- En privé, si ça te défrise pas trop... c'est gênant...
- Virez vos miches les lèche-bottes, j'ai à causer à ma gamine ! Et gaffe que Duduc ne se pointe pas... je frise la bavure !"

Les types se sentent péteux et compatissent même en pensant à ce qu'il va morfler en tant que père. Tout ce beau monde sort en tapinois pour ne pas l'énerver un peu plus, et la conversation peut commencer.
" Ziva, on est seuls !
- T'sais que je vais tous les jours à la messe... Ben un jour... j'ai rencontré un beau mec, autant te dire qu'on avait pas besoin de se parler... les œillades suffisaient. Et pis...on s'est lancé  à blagasser, il m'a dit qu'il était étudiant et pauvre comme Job mais qu'il en pinçait bigrement pour ma pomme. C'était le soir de ma vélociraptorisation... Après son départ,  j'suis restée toute chose à penser à ce qu'il venait de me dire et j'ai pas vu arriver les teigneux qui m'ont embarquée comme un paquet de linge sale. Tu te rends compte... être traitée comme un vieux slip ? Il y a de quoi raser les murs !!! (m'est avis qu'elle ne parle pas "que" tu rapt... les fringues en vrac, ça donne un indice)
- Te biles pas gamine ! j'te pardonne, c'est pas de ta faute, je réserve ma vengeance pour quelqu'un d'autre..."

Au même moment entre un huissier accompagnant le comte de Monterone.. Le condamné balance au duc à travers la porte fermée que sa malédiction à foiré et qu'il continue à respirer, mais qu'il va continuer à respirer "sans honneur"  (ça doit lui faire une belle jambe alors qu'il va monter à l'échafaud, on puise le réconfort où on peut remarquez).
Rigoletto lance au comte qui sort soldatesquement accompagné qu'il se fasse pas de bile, il s'auto-proclame bras vengeur à sa place, le duc va dérouiller !

On a droit à un air enflammé du bouffon sur les doux transports que provoque une vengeance justifiée. En gros, il fait déjà des plans sur la comète et ça va chauffer pour les miches ducales...  Alors que Gilda tente de le calmer en préconisant la clémence quasi titusienne (coucou Wolfgang !), elle a été roulée dans la blédine par le bellâtre mais  demande tout de même que  son père ait pitié. (ben voyons... je serais plutôt du genre à l'assister et à lui tendre le scalpel lors de l'opération  "testiculablatoire" nécessaire pour chanter à la Chapelle Sixtine moi !)

Et c'est sur ces vociférations paternelles  et  leurs tentatives d'apaisement filiales que se termine l'acte deux... On verra le dernier acte la prochaine fois... c'est à dire, la vengeance du bouffon masqué, pour l'instant, je vous rends à vos occupations journalières en vous souhaitant de profiter tout de même du beau soleil dont on bénéficie en ce moment (enfin  dans la région, dommage pour les  autres). A plus, direction cafetière, j'ai encore rien pris... (m'assagirais-je de ce côté.... nan... juste un oubli dans le feu de la narration)

La dragonne

*Côté cour: à droite de la scène, côté jardin : à l'autre droite par opposition (je dis ça pour ceux qui ont un problème avec leurs moufles ou leurs chaussures, ça arrive) Il paraît que ça serait pour faciliter le boulot des comédiens et du metteur en scène, vu que chacun a une tendance certaine à regarder dans une direction différente, ça évite que le héros sorte dignement sauver sa belle ... pas l'issue censée représenter le bord de la falaise (enfin ça dépend de quoi parle la pièce remarquez) Les machinistes qui sont assignés à ces endroits s'appellent les couriers et les jardiniers

** "tapis en crépines d'or".
Accrochez-vous de bon matin, la crépine est le truc graisseux entourant l'intestin des vaches, moutons et porcs de nos batteries d'élevage (les vraies fermes se faisant rares, vaut mieux voir grand)  Le nom scientifique est " épiploon " ou " mésentère " Comme elle se présente comme une sorte de dentelle translucide, que son nom provient de sa finesse de crêpe et que son deuxième nom est la "toilette", une toile grossièrement tissée, ça pourrait faire la farce (c'est le cas de le dire pour les crépinettes) quant  à l'ornement de table, avec juste un petit problème signalé plus haut, l'odeur !.(et le côté vite périmé très vite à l'air ambiant de la décoration joue également contre son utilisation)

 

Pour l'autre définition de crépines rien trouvé à part l'espèce de truc à trou servant de filtre à la sortie d'un tuyau... si quelqu'un sait de quelle technique cela vient (tissage, tricotage, "broderage"...), qu'il me tienne au courant comme dirait le Gulf Stream.

 

*** Stade Toulousain pour les non-rugbytophiles


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Mardi 12 février 2008
Bonjour !

Petite pause Rigolettienne, sinon imposée du moins proposée par Christian 

J'ai sauté à pieds joints dessus - pas sur Christian, le pauvre ! Sur l'offre de devoir - car j'avais un peu la  flemme ce matin d'ouvrir mon livret, pas que je l'aime plus ce bon vieux bouffon, mais envie d'autre chose au réveil, de vingt quatre à l'ombre sous les cocotiers par exemple (soupirs) marre d'être couverte comme un oignon moi ! Et d'autres choses aussi, comme d'éviter encore une fois d'avoir un plan d'activité journalière bien établi (genre inscrit dans des tables législatives marmoréennes, ça serait classe, mais la barbe ne me va pas trop bien). J'ai pas les cocotiers, j'aurai le bo..xon organisé quant à mon planning (ça changera pas remarquez).

Sujet du devoir donc : Mentionner six choses/habitudes/tics non importants sur vous-même.
Suit la nécessité de désigner six victimes pour reprendre du  "flan beau", mais ne connaissant pas vos goûts alimentaires je laisse à disposition de ceux que ça intéresse, j'ai horreur d'imposer quoi que ce soit, vous le savez.

On y va, accrochez-vous au pinceau, j'enlève l'échelle (j'suis pas contagieuse, rassurez-vous !)

- J'ai l'habitude, quand je suis oisive de me frotter le nez avec le dos de la main et de la sentir. Bon, j'en vois qui pensent "c'est du propre, surtout après une pause sanitaire!" mais j'ai appris il y a peu l'usage du truc parallélépipédique et qui glisse dans la salle de bain et je suis sensible des naseaux alors pas d'embrouille. Une habitude qui date pas d'hier, mon frangin disparu avait la même...
Je n'ai jamais ni fourgué mon pouce dans ma goule ni traîné partout  un  truc informe et douteux quant à sa couleur d'origine même et surtout pour dormir. Un doudou que ça s'appelle cette "chose", sauf que je ne trouve pas ça si doux, ni au contact, ni à l'odeur, ni au regard, ça me fais plutôt froncer le pif que de provoquer des lueurs attendries dans mes mirettes.
Et puis le "sevrage", la rupture avec ce talisman provoque souvent bien des traumatismes, rappelez-vous la  disparition de votre peluche ou mouchoir, ou bout de torchon favori, un beau matin où vous entriez à la grande section, on a peut-être des lignées de Alan Bates sur la conscience avec ça.. comme je craignais peut-être inconsciemment cette transposition de la coupe du cordon ombilical*, j'ai préféré naître "sans nombril" mentalement parlant (vi, je sais... j'suis pas nette, ça vous défrise ?).et en plus, suivant mon idée sur ce rituel, je me suis dit qu'avant qu'on me coupe la pogne, j'avais de la marge, on est dans un pays un minimum civilisé (je dis bien un minimum, la peinture n'est pas encore sèche, mais ça fait la farce) je vois mal l'explication qu'auraient dû donner mes géniteurs en signalant à la maîtresse qu'il manquait un bout de la terminaison d'un de mes membre supérieurs pour cause de passage au cran au-dessus dans l'échelle de l'évolution humaine.
Entre nous, ça a toujours agacé dragon, ça me fait ressembler à une neuneu il parait (m'en fiche, j'assume et c'est en privé, je sais me tenir un peu en société tout de même !)

- Quand je réfléchis, rêvasse, cogite une solution à un plan travail-manuelesque relativement difficile à mettre en chantier, enfin bref, quand je dois faire tourner mes neurones, je me tire et chiffonne les  tifs à tout bout de champ. Autre manie d'ailleurs, quand  je viens de me  laver les  pognes, je me les essuies souvent de cette manière (beurk, pas sortable la dragonne !) On a un drôle de rapport ma couverture capilliculturesque et moi, l'amour vache quoi. Attention, pas de petits tournicotages de bouclettes en rêvassant, c'est trop... féminin  sans doute..là, c'est à plein battoirs que je chope les mèches et que je te les trifouille dans tous les sens (massage du cuir chevelu inclus), alors pour l'image romantique d'une nana la bouche en coeur, les yeux "plus près de toi Seigneur" et le  soupir alangui (ne manque que la crinoline) en train de se faire ses anglaises,  vous tirerez la chevillette dans une autre chaumière, c'est pas le genre de la maison.
Vous pigez mieux mon  apparence "artistement décoiffée", c'est pas artistique, je venais certainement de tâcher de résoudre un problème difficile (deux plus deux... par exemple)

- Autre petit rituel de frotouille corporelle (je suis une tactile, ça se sent non ?) J'ai une fâcheuse tendance à me frotter les mirettes... juste quand  je viens d'avoir la brillante idée de me les maquiller. C'est rare que je me ripolinise, mais quand ça m'arrive on dirait que le sort s'acharne et que c'est juste à ce moment que j'ai des démangeaisons intolérables à apaiser par  une application pognesque sur la région  concernée. Et  évidemment, c'est plus drôle quand on y va joyeusement, ayant totalement bouffé l'info selon laquelle on a cette fois-là tenté de jouer à la fille sophistiquée jusqu'au bout des cils. Résultat, deux beaux yeux beurre-de-noirés dans une face de lune (appelez-moi monsieur Jack) tendance !
C'est d'ailleurs après une séance de gratouillis ophtalmiques qu'un pote venant squatter ma cafetière s'est excusé de me réveiller (à trois heures de l'après-midj, ça vexe tout de même un peu).

- Comme ça fait partie de la même zone "visagale", je note une autre manie, me remonter continuellement les lunettes quand je suis devant l'ordi ou à lire (d'un geste docte de l'index sur le petit truc en ferraille posé à même le  pif), tic tellement bien ancré dans mon lexique verbalo-corporel que je remonte mes lorgnons tout le temps... surtout quand je ne les ai pas ( a force, je vais avoir l'arête du nez toute lisse, comme le heurtoir d'une lourde de maison de passe**)

- Quand on me fait un compliment ou m'adresse une remarque plutôt flatteuse... je fais aussitôt le singe pour casser l'ambiance... J'ai du mal avec les fleurs en vrai ou en mots. Une fois le couplet balancé, j'ai comme une impression de pesanteur accentuée, on frise trop le sérieux, faut la  trombine de circonstance (le regard baissé modestement, la  rougeur de bon ton, le  merci susurré...) j'ai pas les épaules pour ça... Attention, ne vous mèprenez pas, j'aime bien les compliments, tout comme le chocolat, mais je les digère mal, que ça soit l'un ou l'autre,  allez savoir pourquoi...Surtout n'imaginez pas non plus que je sois la modestie incarnée (comme l'ongle). Simplement un fâcheuse tendance à penser depuis môme que si on me fait un compliment, c'est qu'on a quelque chose derrière la  tête ou un service à me demander en contre-partie (ça fait la vieile aigrie non ? Mais pas de ma faute, et trop tard pour changer) ça joue aussi pour les cadeaux, j'adore en offrir, aime en recevoir mais bizarrement je culpabilise aussitôt (pin poooon, pin pooooon, les types en blanc  viennent juste de tourner le coin de la rue)

- J'ai une regrettable manie... paumer la vraie formulation des expressions et proverbes connus. Je sais d'où ça vient, à force de les bidouiller, je ne sais plus comment ils étaient à l'origine ces fameux adages. Des exemples ? A vous de retrouver les "vraies" expressions, ça va me faire entrer en surchauffe sinon. Evidemment les mots seuls ne sont pas à l'abri de mes manipulations.
- Qui sème les vents révolte la tante Berthe
- Bière qui mousse n'amasse pas roubles
- Feu de paille qui fait boule de neige (déjà cité ici plusieurs fois avec "goutte d'eau qui met le feu aux poudres" et "étincelle qui fait déborder le vase")
- Tant va la bûche à l'os qu'à la fin il se casse (double fracture des côtes si vous vous souvenez)
- Les chiens en bois et le paravent, la classe ! (là, faut chercher, mais vous y arriverez j'en suis sure)
- Vélociraptoriser, ripoliniser, pitbull au Rex (pittoresque), etc... la liste est longue et fastidieuse... de plus, là tout de suite,  les sortir "à froid" ça va m'obliger à me tirer les tifs, on évite ?

Bon, devoir accompli, je vais pouvoir vaquer à mes occupations (dans le désordre, naturellement). Donc, ceux qui sont intéressés par ce petit devoir, c'est toujours cadeau ! Bonne cogitation sur vos mignons travers et j'attends de voir si certains sont pires que votre servante (faut s'accrocher, je  le concède)

Bonne journée et portez-vous bien

la dragonne

*Tiens, pour changer.... Petit cours "docte" :
http://elearning.unifr.ch/antiquitas/notices_notes.php?id=69
Tous à vos scalpels !

** Heurtoirs comme bien d'autres objets de bronze ou de cuivre lustrés par une utilisation répétée, il y avait du passage dans ce genre d'endroit ! Tiens, ça me  rappelle aussi au Père Lachaise, le  gisant d'un type au devant de pantalon qui paraît passé au nettoyant à métaux  tellement il semble neuf par rapport au restant de la statue.

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Suivant la légende urbaine, ça serait le  fan club féminin de ce cher disparu qui ne pourrait s'empêcher  un petit geste de tendresse à cet endroit, j'imagine les nanas en pleine transe  non-napolitaine, les yeux révulsés, la lippe bavante, le cheveu hirsute, en train de psalmodier un "et maintenant, vis !" en frottant l'endroit, tel des Aladines désireuses de voir se dresser... le génie de la lampe... festif  (pour ne pas dire jouissif !)
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Impulsions, coups de coeur et de gueule, idées diverses au fil des notes et journées. Vous trouverez dans ce blog ma vision de l'opéra et de bien d'autres choses. Et aussi ma passion : les dragons.




Comme ma trombine évolue au fil de ce "rondudju" de temps, une petite mise à jour du portrait du bestiau, j'ai encore changé de "look" comme on dit... et le cliché du trombinoscope n'est plus vraiment d'actualité (avis, première et dernière fois que vous avez droit à ma goule, moi et les photos, ça fait quarante-douze)

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