Mardi 20 mars 2007
Bonjour !
Alors, sans le coup de la malédiction divine, vous ne trouvez pas que l'opéra "brittenien" a des airs de Hollandais Volant ? Je vois presque Ellen, l'instit,. en train de filer le rouet avec ses copines, comme Senta.. M'enfin, c'est subjectif.... c'est peut être "l'air marin" qui m'inspire hé, hé.
Quoi qu'il en soit, faudrait se bouger pour la suite, parce qu'avec seulement un prologue, on ne peut pas dire que ça soit bezèfe pour connaître l'oeuvre hein ?

PETER GRIMES - ACTE I -
Le lieu : une rue du Bourg, plus exactement celle de la Salle des Assemblées, là où a eu le procès bâclé du héros. En face, la taverne du Sanglier, respectable établissement tenu par une certaine...Tantine, qui a bien dépanné Peter quand il était à deux doigts de se faire écharper par des autochtones énervés, lors de son retour avec le mousse refroidi. Au coin de la rue, la pharmacie et de l'autre côté, la flotte (enfin des brises-lames qui nous font supposer qu'il y a de la flotte derrière, mais ça pourrait être n'importe quoi, (les machinistes en train de taper le carton par exemple). Des types sont en train de faire un créneau avec leur rafiot, histoire de bien montrer, au cas où on n'aurait pas encore pigé, que c'est un drame marin qui se déroule sous nos mirettes. Des nanas chopent au vol les sardines que les marins leurs balancent (comme des otaries ?), parce que ça les distrait de leur travail de point de croix sur filet de pêche et que ça lasse et ça abime les mimines à la longue.
Les personnages :
- Des pêcheurs (nooooon, c'pos vraiiiii, au bord de la mer ?! J'aurai cru qu'on croiserait des chasseurs alpins moi !),
- des musaraignes de pêcheurs (des tyroliennes en train de yodler, on y croirait déjà moins... mais ça serait plus rigolo)
- la fameuse Tantine
- ses "nièces"... je suppose qu'elle préfère qu'on les appelle comme ça qu'entraîneuses, m'enfin...on n'est pas dupe s'pas ?
- Swallow, le maire
- le doc du coin, Crabbe, qui paraîtrait avoir une tendance certaine à lever le coude dès mâtines.
- un vieux loup de mer, Balstrode, en train de faire semblant de regarder la mer à la longue vue, histoire de faire plus folklorique. Type sympa qui a toujours un bon mot à la goule, ainsi qu'un bout de chique (espérons qu'il crache son truc avant de causer, ça doit être d'un ragoûtant sinon !)
- le recteur, homme du culte du coin
- la vieille bique de Mrs Nabab (Mrs Sedley, mais je préfère son pseudo moi) accroçchée au cul-te du recteur comme une puce à son clebs (morpion, ça faisait moins classe, mais c'était plus dans l'image initiale non?)
- le pharmacien Ned Keene
- Boles un pêcheur "méthodiste" (pas la peine de me regarder bizarrement, c'est ce qu'il y a d'inscrit dans la distribution officielle des rôles)
- Ellen, l'institutrice entichée du héros malheureux
- Hobson, un voiturier (livreur de l'époque)
- le héros sus-cité Peter Grimes
En bref, tout le village presque au complet (les enfants en bas âge sont consignés dans leur berceau, leur tessiture n'est pas encore assez affirmée pour qu'ils poussent la chansonnette, mais ils s'entraînent assidument !).
L'acte étant bourré de changement de personnages quant au livret, je vais m'abstenir de rapporter ça façon dialogue pour l'ensemble du tableau, ça risque de saouler !
Au premier tableau, on a droit à une scène à la Bruegel l'ancien, un retour de pêche des types, avec les nanas pour récupérer le poiscaille d'une main pendant qu'elles se ruinent les yeux à réparer les filets de l'autre alors qu'ils vont s'en jeter un derrière la cravate, parce qu'il commence à faire soif avec tout le sel qu'ils ont avalé à chaque paquet d'eau, vu le temps pourave qu'ils ont depuis le début de la saison ; comme en Bretagne, il ne pleut que deux fois l'an, mais six mois à chaque fois... désolée pour les bretons et d'abord, j'ai droit de plaisanter étant un peu bretonne par génitrice interposée).
Tous filent vers l'auberge du Sanglier, sauf un, le fameux Boles, devenu méthodiste après une illumination (ou une cuite un peu trop sévère peut-être, il a eu une crise de foi hé, hé !)
Pendant que le vieux loup de mer, Balstrode, vire à coup de pompes dans les miches des gamins prenant d'assaut une barcasse pour jouer au capitaine Crochet, le méthodique méthodiste Boles ironise sur le docteur en train de descendre la rue, pour rejoindre la taverne en signalant qu'il "porte santé à chaque malade" personnellement (vous imaginez la biture en fin de journée s'il lève le verre à la santé de tous ses patients ?!)
Les rares pêcheurs encore restés à prendre le frais, avant d'enfiler leur ration journalière de tord-boyau, demandent à Balstrode, qui sert de baromètre (à cause de la longue-vue et pas de ses rhumatismes, quoi que...) s'il prévoit une tempête, pour changer du brouillard et du crachin...(charmant patelin!).Pas pour l'instant, mais si le vent tourne, y'a des chances et alors là... tous aux abris, selon lui.
Le Recteur descend la rue à son tour, suivi de son poisson pilote favori, la veuve "Nabab" ! Keene, le pharmacien, sort à son tour de sa boutique. Tout ce petit monde y va de ses salutations distinguées, Keene signale même que si Tantine n'avait pas de "nièces", on oublierait de lui dire bonjour plus souvent. D'ailleurs il compte les border le soir même, pour être sur qu'elles s'endorment plus vite (mais oui, bien sur !) Pendant que chacun "fait commerce" comme on dit, le pêcheur méthodiste (hé,hé) y va de sa sentence sur l'enfer qui guette les luxurieux.
Au loin, c'est à dire en coulisse, Peter Grimes demande un coup de main pour tracter son "f'êle esquif", mais personne ne se bouge le valseur, on sent bien qu'ils lui font la gueule pour l'histoire du moussaillon.Les seuls types à le dépanner sont le vieux loup de mer et Keene. Boles-le-méthodiste en rajoute une couche en disant que les gens "biens" doivent tourner le dos aux âmes perdues alors que Tantine lui rétorque qu'elle en a rien à secouer et que du moment que son commerce tient, et qu'elle paie ses mensualités d'assurance incendie, elle n'a rien à craindre côté flammes infernales.
Peter apparaît et Keene lui signale qu'il n'a plus de bile à se faire question apprenti moussaillon, il lui en a "acheté" un (texto) à l'asile des pauvres de la région. Et oui ! Pas si loin que ça du Dickens évoqué par Alain s'pas ? Il faudrait aller récupérer "le colis" au plus vite, (sinon il va se périmer ?) et il charge le voiturier Hobson de ça.
Sauf que le type a sa charrette blindée jusqu'aux essieux et qu'à part en garniture de bouchon de radiateur, façon Rolls du bouseux, le môme aurait du mal à loger dedans.Et puis comme il fait tous les pubs, ça va faire tard pour le coucher du p'tit mousse dans son nouveau "chez lui" !
L'institutrice se dévoue encore une fois (c'était instit de bled paumé ou martyre au temps de romains, le rôle était déjà pris par une certaine Blandine alors...) et puis, le gamin risque de flipper sa race sévère s'il fait le trajet tout seul (sans compter que s'il a autant le sens de l'orientation que votre servante, il se sera déjà paumé dans le couloir de l'orphelinat quarante douze fois avant d'avoir atteint la sortie)
Les villageois lui signalent tout de même qu'elle mise sur le mauvais cheval, étant donné que tout le monde à décidé de bouder Grimes et qu'elle risque qu'on lui tire la tronche aussi du même coup, mais elle les envoie paître en leur disant que veuve et sans mômes à torcher, ça lui fera une occupation plutôt que de corriger les fautes à tous les mots de leurs moutards mono-neuralement équipés (enfin ça, c'est de moi, pas dans le livret, elle n'est pas dingue au point de mordre la main qui la nourrit comme on dit !)
La vieille "Nabab" harponne le pharmacien pour lui demander s'il a ses médocs. Il lui répond qu'il est en rupture de pilules qui rigolent et sirop pour dormir, mais qu'elle n'a qu'à se pointer ce soir au Sanglier, il aura reçu son kit de ménopausée hystérique (si je passe par cette phase, une balle dans le caisson,s'il vous plaît !)
La vieille a ses bouffées, étant donné qu'elle n'a jamais mis les ripatons dans ce lieu de perdition, mais comme elle est en manque, elle se fait une raison. Pour se préparer moralement à cette épreuve certainement, elle décide de retourner chez elle pour le reste de la journée. Keene prédit que si elle continue à tututer du laudanum comme du lait-orgeat, elle risque de finir chez les bredins en train de repeindre le plafond après qu'on ait enlevé l'échelle.
Balstrode, le vieux loup de mer, toujours l'oeil vissé à sa longue-vue, signale que le vent est en train de virer et qu'avec la marée de printemps, ça va rincer dru ! Il ferait mieux de se faire greffer l'oculaire de la lunette directement dans l'orbite, ça lui éviterait des crampes dans le bras au type d'ailleurs.
Les gens commencent à suer dans leurs molletons mais Keene, toujours en verve côté répartie cinglante signale que tout ce qu'ils ont à craindre, c'est d'avoir trois pouces de flotte dans leur piaule et pas d'avoir leur conscience noyée sous le déluge. Et évidemment, comme dans les films catastrophes, Boles-le-méthodiste demande aux pauvres pêcheurs de se repentir, les flots "divins" vont faire le nettoyage par le vide.
Quasiment tout le monde court se mettre à l'abri au Sanglier (noyé dans la bibine ça doit être plus classe que sous un paquet de mer certainement)
Ne restent en scène que Peter et Balstrode (là, je peux reprendre ma forme dialogue, sans tout ce monde, ça sera moins désordre) :
" Tu préfères te les geler plutôt que d'être au sec chez Tantine ?
- Trop de monde, ça me saoule !
- Pourquoi que tu postulerais pas à un poste dans la marine marchande, vu que t'es quasiment né avec un hauban dans la goule (figure de style, vous avez vu la taille d'un hauban ?! Ou alors il a une sacrée goule !)
- J'suis du coin et je reste dans le coin !
- T'as rien de bon à y trouver pourtant ! Les autochtones rigolent quand il leur tombe un oeil et tu connais la blague du jour ? "Si tu bouffes pas ta blédine, on t'envoie faire un stage chez Peter !" Charmant non?
- T'imagines la tronche de l'apprenti vendu à l'ennemi public numéro un ?!
- Ce satané coroner a bien laissé planer le doute en balançant des allusions et en clôturant le procès façon "faute de preuve", rien de tel pour que la populace ait l'imagination qui galope ! Le pauvre môme était déjà bien amoché à sa sortie de l'asile (décidément, c'est leur fournisseur officiel c't'asile pour les marins en quête d'apprentis) fallait pas grand chose pour qu'il décanille.
- J'aurai tout de même voulu t'y voir ce jour-là ! Ze tempête du siècle et un mousse la goule ouverte ! Chouette journée pas à dire ! Et les autres "ragoteurs" qui me crachent à la goule parce qu'ils ne savent causer que pognon alors que j'ai toujours visé autre chose moi !
- Euh... c'est à dire...
- Dès que j'ai récupéré le nouveau mousse,j'te fiche l'océan à sec ! Pas un anchois qui ne se tapera pas un séjour dans mes cales ! Ils la ramèneront moins quand je serai pété de tunes, que j'aurai quasiment le monopole de la vente de merluche et que j'aurai Ellen comme poissonnière derrière la caisse de ma supérette ! - (ouah... quel grande destinée !!! Surtout pour Ellen, évidemment !) - mais d'abord les tunes, la bagouse ensuite !
- T'es dingue ! vas-y tout de suite faire ta demande !
- Peau-de-balle ! J'veux pas qu'elle dise oui par pitié !
- Et on est reparti pour un tour dans le grand manège ! Nouvelle pêche, nouvel apprenti...tu veux un dessin pour la conclusion ? - le vieux type est obligé de s'époumoner pour couvrir le bruit de la tempête.
- T'es pas mon père, j'fais ce que je veux d'abord !
- Pourquoi j'me casse la voix et surtout le c. pour un type aussi secoué, là, je m'interroge...
- Tu sais où tu peux te carrer tes conseils ? (texto: "Mettez vos conseils où vous fourrez votre argent!")"
- Fais pas ta tête de lard et viens t'en jeter un à l'abri !
- J'y suis j'y reste !"
Le vieux décide qu'il en a marre d'essayer de causer à une tête de cochon pareille et file aider Tantine à ficher les volets en place, vu que ça risque de bien souffler d'ici peu. Il entre avec elle et Peter reste en se posant les questions existentielles "suis-je éveillé ou dors-je, suis-je arrêté ou cours-je, dans quelle état j'erre ?" enfin tout le toutim, "Brainstorm" sous la "storm" tout court quoi !
Et le rideau se ferme sur le type en train de jouer les mimes Marceau en luttant contre le vent (là aussi, texto: "Bourrasques de vent, Peter reste immobile un instant, comme appuyé au vent" si c'est pas du mime ça !!!)
Fin du premier tableau de l'acte ! On arrête et on verra la suite plus tard. Allez, couvrez-vous bien, attention à la marée montante et hisse et ho... une bouteille de rhum pour tenir la journée (moi, je me contenterai de cafetière de kawa, le rhum, j'évite, ça tangue trop, même par mer d'huile)
La dragonne
Alors, sans le coup de la malédiction divine, vous ne trouvez pas que l'opéra "brittenien" a des airs de Hollandais Volant ? Je vois presque Ellen, l'instit,. en train de filer le rouet avec ses copines, comme Senta.. M'enfin, c'est subjectif.... c'est peut être "l'air marin" qui m'inspire hé, hé.
Quoi qu'il en soit, faudrait se bouger pour la suite, parce qu'avec seulement un prologue, on ne peut pas dire que ça soit bezèfe pour connaître l'oeuvre hein ?

PETER GRIMES - ACTE I -
Le lieu : une rue du Bourg, plus exactement celle de la Salle des Assemblées, là où a eu le procès bâclé du héros. En face, la taverne du Sanglier, respectable établissement tenu par une certaine...Tantine, qui a bien dépanné Peter quand il était à deux doigts de se faire écharper par des autochtones énervés, lors de son retour avec le mousse refroidi. Au coin de la rue, la pharmacie et de l'autre côté, la flotte (enfin des brises-lames qui nous font supposer qu'il y a de la flotte derrière, mais ça pourrait être n'importe quoi, (les machinistes en train de taper le carton par exemple). Des types sont en train de faire un créneau avec leur rafiot, histoire de bien montrer, au cas où on n'aurait pas encore pigé, que c'est un drame marin qui se déroule sous nos mirettes. Des nanas chopent au vol les sardines que les marins leurs balancent (comme des otaries ?), parce que ça les distrait de leur travail de point de croix sur filet de pêche et que ça lasse et ça abime les mimines à la longue.
Les personnages :
- Des pêcheurs (nooooon, c'pos vraiiiii, au bord de la mer ?! J'aurai cru qu'on croiserait des chasseurs alpins moi !),
- des musaraignes de pêcheurs (des tyroliennes en train de yodler, on y croirait déjà moins... mais ça serait plus rigolo)
- la fameuse Tantine
- ses "nièces"... je suppose qu'elle préfère qu'on les appelle comme ça qu'entraîneuses, m'enfin...on n'est pas dupe s'pas ?
- Swallow, le maire
- le doc du coin, Crabbe, qui paraîtrait avoir une tendance certaine à lever le coude dès mâtines.
- un vieux loup de mer, Balstrode, en train de faire semblant de regarder la mer à la longue vue, histoire de faire plus folklorique. Type sympa qui a toujours un bon mot à la goule, ainsi qu'un bout de chique (espérons qu'il crache son truc avant de causer, ça doit être d'un ragoûtant sinon !)
- le recteur, homme du culte du coin
- la vieille bique de Mrs Nabab (Mrs Sedley, mais je préfère son pseudo moi) accroçchée au cul-te du recteur comme une puce à son clebs (morpion, ça faisait moins classe, mais c'était plus dans l'image initiale non?)
- le pharmacien Ned Keene
- Boles un pêcheur "méthodiste" (pas la peine de me regarder bizarrement, c'est ce qu'il y a d'inscrit dans la distribution officielle des rôles)
- Ellen, l'institutrice entichée du héros malheureux
- Hobson, un voiturier (livreur de l'époque)
- le héros sus-cité Peter Grimes
En bref, tout le village presque au complet (les enfants en bas âge sont consignés dans leur berceau, leur tessiture n'est pas encore assez affirmée pour qu'ils poussent la chansonnette, mais ils s'entraînent assidument !).
L'acte étant bourré de changement de personnages quant au livret, je vais m'abstenir de rapporter ça façon dialogue pour l'ensemble du tableau, ça risque de saouler !
Au premier tableau, on a droit à une scène à la Bruegel l'ancien, un retour de pêche des types, avec les nanas pour récupérer le poiscaille d'une main pendant qu'elles se ruinent les yeux à réparer les filets de l'autre alors qu'ils vont s'en jeter un derrière la cravate, parce qu'il commence à faire soif avec tout le sel qu'ils ont avalé à chaque paquet d'eau, vu le temps pourave qu'ils ont depuis le début de la saison ; comme en Bretagne, il ne pleut que deux fois l'an, mais six mois à chaque fois... désolée pour les bretons et d'abord, j'ai droit de plaisanter étant un peu bretonne par génitrice interposée).
Tous filent vers l'auberge du Sanglier, sauf un, le fameux Boles, devenu méthodiste après une illumination (ou une cuite un peu trop sévère peut-être, il a eu une crise de foi hé, hé !)
Pendant que le vieux loup de mer, Balstrode, vire à coup de pompes dans les miches des gamins prenant d'assaut une barcasse pour jouer au capitaine Crochet, le méthodique méthodiste Boles ironise sur le docteur en train de descendre la rue, pour rejoindre la taverne en signalant qu'il "porte santé à chaque malade" personnellement (vous imaginez la biture en fin de journée s'il lève le verre à la santé de tous ses patients ?!)
Les rares pêcheurs encore restés à prendre le frais, avant d'enfiler leur ration journalière de tord-boyau, demandent à Balstrode, qui sert de baromètre (à cause de la longue-vue et pas de ses rhumatismes, quoi que...) s'il prévoit une tempête, pour changer du brouillard et du crachin...(charmant patelin!).Pas pour l'instant, mais si le vent tourne, y'a des chances et alors là... tous aux abris, selon lui.
Le Recteur descend la rue à son tour, suivi de son poisson pilote favori, la veuve "Nabab" ! Keene, le pharmacien, sort à son tour de sa boutique. Tout ce petit monde y va de ses salutations distinguées, Keene signale même que si Tantine n'avait pas de "nièces", on oublierait de lui dire bonjour plus souvent. D'ailleurs il compte les border le soir même, pour être sur qu'elles s'endorment plus vite (mais oui, bien sur !) Pendant que chacun "fait commerce" comme on dit, le pêcheur méthodiste (hé,hé) y va de sa sentence sur l'enfer qui guette les luxurieux.
Au loin, c'est à dire en coulisse, Peter Grimes demande un coup de main pour tracter son "f'êle esquif", mais personne ne se bouge le valseur, on sent bien qu'ils lui font la gueule pour l'histoire du moussaillon.Les seuls types à le dépanner sont le vieux loup de mer et Keene. Boles-le-méthodiste en rajoute une couche en disant que les gens "biens" doivent tourner le dos aux âmes perdues alors que Tantine lui rétorque qu'elle en a rien à secouer et que du moment que son commerce tient, et qu'elle paie ses mensualités d'assurance incendie, elle n'a rien à craindre côté flammes infernales.
Peter apparaît et Keene lui signale qu'il n'a plus de bile à se faire question apprenti moussaillon, il lui en a "acheté" un (texto) à l'asile des pauvres de la région. Et oui ! Pas si loin que ça du Dickens évoqué par Alain s'pas ? Il faudrait aller récupérer "le colis" au plus vite, (sinon il va se périmer ?) et il charge le voiturier Hobson de ça.
Sauf que le type a sa charrette blindée jusqu'aux essieux et qu'à part en garniture de bouchon de radiateur, façon Rolls du bouseux, le môme aurait du mal à loger dedans.Et puis comme il fait tous les pubs, ça va faire tard pour le coucher du p'tit mousse dans son nouveau "chez lui" !
L'institutrice se dévoue encore une fois (c'était instit de bled paumé ou martyre au temps de romains, le rôle était déjà pris par une certaine Blandine alors...) et puis, le gamin risque de flipper sa race sévère s'il fait le trajet tout seul (sans compter que s'il a autant le sens de l'orientation que votre servante, il se sera déjà paumé dans le couloir de l'orphelinat quarante douze fois avant d'avoir atteint la sortie)
Les villageois lui signalent tout de même qu'elle mise sur le mauvais cheval, étant donné que tout le monde à décidé de bouder Grimes et qu'elle risque qu'on lui tire la tronche aussi du même coup, mais elle les envoie paître en leur disant que veuve et sans mômes à torcher, ça lui fera une occupation plutôt que de corriger les fautes à tous les mots de leurs moutards mono-neuralement équipés (enfin ça, c'est de moi, pas dans le livret, elle n'est pas dingue au point de mordre la main qui la nourrit comme on dit !)
La vieille "Nabab" harponne le pharmacien pour lui demander s'il a ses médocs. Il lui répond qu'il est en rupture de pilules qui rigolent et sirop pour dormir, mais qu'elle n'a qu'à se pointer ce soir au Sanglier, il aura reçu son kit de ménopausée hystérique (si je passe par cette phase, une balle dans le caisson,s'il vous plaît !)
La vieille a ses bouffées, étant donné qu'elle n'a jamais mis les ripatons dans ce lieu de perdition, mais comme elle est en manque, elle se fait une raison. Pour se préparer moralement à cette épreuve certainement, elle décide de retourner chez elle pour le reste de la journée. Keene prédit que si elle continue à tututer du laudanum comme du lait-orgeat, elle risque de finir chez les bredins en train de repeindre le plafond après qu'on ait enlevé l'échelle.
Balstrode, le vieux loup de mer, toujours l'oeil vissé à sa longue-vue, signale que le vent est en train de virer et qu'avec la marée de printemps, ça va rincer dru ! Il ferait mieux de se faire greffer l'oculaire de la lunette directement dans l'orbite, ça lui éviterait des crampes dans le bras au type d'ailleurs.
Les gens commencent à suer dans leurs molletons mais Keene, toujours en verve côté répartie cinglante signale que tout ce qu'ils ont à craindre, c'est d'avoir trois pouces de flotte dans leur piaule et pas d'avoir leur conscience noyée sous le déluge. Et évidemment, comme dans les films catastrophes, Boles-le-méthodiste demande aux pauvres pêcheurs de se repentir, les flots "divins" vont faire le nettoyage par le vide.
Quasiment tout le monde court se mettre à l'abri au Sanglier (noyé dans la bibine ça doit être plus classe que sous un paquet de mer certainement)
Ne restent en scène que Peter et Balstrode (là, je peux reprendre ma forme dialogue, sans tout ce monde, ça sera moins désordre) :
" Tu préfères te les geler plutôt que d'être au sec chez Tantine ?
- Trop de monde, ça me saoule !
- Pourquoi que tu postulerais pas à un poste dans la marine marchande, vu que t'es quasiment né avec un hauban dans la goule (figure de style, vous avez vu la taille d'un hauban ?! Ou alors il a une sacrée goule !)
- J'suis du coin et je reste dans le coin !
- T'as rien de bon à y trouver pourtant ! Les autochtones rigolent quand il leur tombe un oeil et tu connais la blague du jour ? "Si tu bouffes pas ta blédine, on t'envoie faire un stage chez Peter !" Charmant non?
- T'imagines la tronche de l'apprenti vendu à l'ennemi public numéro un ?!
- Ce satané coroner a bien laissé planer le doute en balançant des allusions et en clôturant le procès façon "faute de preuve", rien de tel pour que la populace ait l'imagination qui galope ! Le pauvre môme était déjà bien amoché à sa sortie de l'asile (décidément, c'est leur fournisseur officiel c't'asile pour les marins en quête d'apprentis) fallait pas grand chose pour qu'il décanille.
- J'aurai tout de même voulu t'y voir ce jour-là ! Ze tempête du siècle et un mousse la goule ouverte ! Chouette journée pas à dire ! Et les autres "ragoteurs" qui me crachent à la goule parce qu'ils ne savent causer que pognon alors que j'ai toujours visé autre chose moi !
- Euh... c'est à dire...
- Dès que j'ai récupéré le nouveau mousse,j'te fiche l'océan à sec ! Pas un anchois qui ne se tapera pas un séjour dans mes cales ! Ils la ramèneront moins quand je serai pété de tunes, que j'aurai quasiment le monopole de la vente de merluche et que j'aurai Ellen comme poissonnière derrière la caisse de ma supérette ! - (ouah... quel grande destinée !!! Surtout pour Ellen, évidemment !) - mais d'abord les tunes, la bagouse ensuite !
- T'es dingue ! vas-y tout de suite faire ta demande !
- Peau-de-balle ! J'veux pas qu'elle dise oui par pitié !
- Et on est reparti pour un tour dans le grand manège ! Nouvelle pêche, nouvel apprenti...tu veux un dessin pour la conclusion ? - le vieux type est obligé de s'époumoner pour couvrir le bruit de la tempête.
- T'es pas mon père, j'fais ce que je veux d'abord !
- Pourquoi j'me casse la voix et surtout le c. pour un type aussi secoué, là, je m'interroge...
- Tu sais où tu peux te carrer tes conseils ? (texto: "Mettez vos conseils où vous fourrez votre argent!")"
- Fais pas ta tête de lard et viens t'en jeter un à l'abri !
- J'y suis j'y reste !"
Le vieux décide qu'il en a marre d'essayer de causer à une tête de cochon pareille et file aider Tantine à ficher les volets en place, vu que ça risque de bien souffler d'ici peu. Il entre avec elle et Peter reste en se posant les questions existentielles "suis-je éveillé ou dors-je, suis-je arrêté ou cours-je, dans quelle état j'erre ?" enfin tout le toutim, "Brainstorm" sous la "storm" tout court quoi !
Et le rideau se ferme sur le type en train de jouer les mimes Marceau en luttant contre le vent (là aussi, texto: "Bourrasques de vent, Peter reste immobile un instant, comme appuyé au vent" si c'est pas du mime ça !!!)
Fin du premier tableau de l'acte ! On arrête et on verra la suite plus tard. Allez, couvrez-vous bien, attention à la marée montante et hisse et ho... une bouteille de rhum pour tenir la journée (moi, je me contenterai de cafetière de kawa, le rhum, j'évite, ça tangue trop, même par mer d'huile)
La dragonne
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