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Jeudi 29 mars 2007
Bonjour !



Bon, petit intermède non musicale, proposé par Lady Domi , à qui je me dois évidemment de répondre avant que les représailles ne me tombent sur le paletot, genre... "alors... tu te sors les doigts du ... et tu t'y mets ?", "t'es pas cap. !!!"; "Eh... la feignasse... atterris !", "T'as pas pigé qu'on causait de toi, c'est ça ? A d'autres !", enfin, vous voyez le topo...

Donc, on me demande mes dix titres préférés de bouquins à faire de l'huile tout seul sous sa couette (même accompagné d'ailleurs), bouquins du célébrissime Stephen King .

Comme Lady, pas évident d'en dégoter dix, même si j'ai tout ce qui est sorti en France de lui, il faut être lucide, tout en stock, mais pas tout apprécié au même niveau. Faut pas rêver... ou alors c'est que le nom seul de l'auteur suffise à ce qu'il soit de bon ton qu'on adhère à cent cinquante pour cent à sa littérature, pas mon style ! Comme pour tout, il y a des trucs que j'aime et d'autres moins...sinon ça frise l'intégrisme intellectuel.

Par contre, petite aparté, (tiens... y'avait longtemps !) Je connais quelqu'un (en vrai, plutôt en chair qu'en os d'ailleurs) qui achète tous les King parce que c'est "tendance" et que ça fait bien sur les étagères, entre la poupée espagnole à la robe faite mimine en crochet rose-Barbie et l'intégrale des Balzac, Zola et Dumas encore sous blister (véridique !) pour pas que ça prenne la poussière.
Evidemment, les miens de King ont des heures de vols, des coins cornés, même si je fais gaffe, et j'ai même la première version du Fléau (avant réédition et actualisation quant à l'intrigue) qu'il faut lire à l'abri du vent d'autan,sinon... "Autant en emporte le vent !" comme dirait Marguerite (enfin Margaret)

Je vous préviens, ne comptez pas sur une liste dans l'ordre chronologique de ses bouquins, j'en parle comme ça me vient, dans le désordre.

- Donc,étant donné que c'est ce que je suis en train de tenter de finir (voui...j'ai du mal
à bouquiner en ce moment, ça change des nuits entières que je passais à m'user les yeux taupiniens à la loupiote pour ne pas me faire choper par les parents); je commencerais par le cycle de La Tour Sombre (certains connaissent, je sais...j'ai lu ça chez eux). Une saga commencée depuis les débuts d'écrivain de King, et la pierre d'attouchement de sa démarche d'ailleurs (il s'y réfère une foultitude de fois dans ses autres bouquins). J'en suis au cinquième volume, les Loups de Calla, mais c'est loin d'être terminé cette quête, il y en a encore deux avant qu'on arrive aux environs de cet édifice qui rappelle étrangement le domaine de Soron je trouve pas vous ?
Pour ceux qui ne connaissent pas... il s'agit d'une saga sur les aventures d'une bande de "pistoleros" en mission pour aller tatanner du gros méchant Roi Cramoisi aux pensées moisies, compromis entre les sept mercenaires et Zaïtochi je trouve (une moyenne étant donné qu'ils sont cinq, y compris un "bafouilleux", bestiole dure à décrire comme animal de compagnie, un..."truc" au cou allongé, entre le clebs ou le ragondin bodybuildé mais qui cause) Le marrant de l'histoire c'est qu'ils ont été catapultés sur une "autre" terre (dimensions à la Sliders, le feuilleton ?) pour former une équipe (un Kah-tet, dans l'histoire, allusion locale au "quartett" musical peut être...) alors qu'ils viennent tous du même New-York mais à des époques différentes. Pas évident à décrire, il faut le lire, ça part héroïc-fantasy, ça trempe le bout de la plume en lorgnant sur la SF et le fantastique pur... ça tient du thriller parfois... un bon cocktail en tout cas. Commencez le premier tome: Le Pistolero et vous accrochez ou décrochez de suite ! Pas d'autres conseils à donner...

- J'ai bien aimé aussi les Régulateurs (sous son pseudo :Richard Bachman) et son pendant Désolation.(sous son nom). D'ailleurs les éditeurs ont pigé la démarche (pas cons !) et les deux jaquettes de chez Albin Michel, vous les mettez l'une à côté de l'autre, et vous avez un "biptyque" (mot inventé parce que triptyque à deux... ça le fait pas).
L'un traite d'une bourgade où sévit un môme à baffer, comme celui du film à sketches la Quatrième Dimension, gamin pourri-gâté et qui a la sale manie de donner vie à ses jouets pour aller régler ses comptes.  .Avec des Bisounours, on ne verrait pas où est le problème, mais quand on parle gamin, on voit G.I Jo, tanks... bastringues pour faire la gueguerre, ça pique plus les yeux. Mais ce môme n'est qu'un habitant de ce bled zarbi... et c'est toute la bourgade qui descend de vélo pour se regarder pédaler (rappelez-vous, là-aussi, expression pour dire qu'ils ne sont pas nets), D'ailleurs, c'est brumeux, faudra que je relise le truc pour me rafraîchir les idées. L'autre semble se passer dans les environs... plus désertés près d'une mine et où une entité  rôde rappelant pas mal la créature de "ça" je trouve.

- Un truc lu avant que ne sorte le film (de toute façon, quand vous voyez le nombre de films issus de ses bouquins, on a plus vite fait de rechercher ceux qui ne se sont pas retrouvés sur la pellicule que le contraire) c'est la fameuse Ligne Verte. A l'époque, ça sortait à dose homéopathique en petits livrets à dix balles, selon les voeux de King même qui voulait renouer avec la bonne époque des feuilletons. Le bouquin final se décomposait donc en sept micro-bouquins, super faciles à lire, mais qui avaient seulement la sale manie de vous ficher les glandes parce qu'on restait sur sa faim, le temps d'attendre la parution du prochain. Pour l'intrigue, vous devez la connaître... cela raconte l'histoire d'une prison et plus particulièrement du quartier des condamnés à mort avec sa ligne verte centrale (celle que suivent les types qui vont y passer). Excellent  ! Petite incursion vers le fantastique en ce qui concerne deux "locataires", un black un peu à l'ouest et quasiment autiste et une ... souris. Tout ça narré par un des gardiens, plus humain... tu meurs ! (évidence dans ce couloir d'ailleurs)

- Simetierre (la faute est volontaire, pour une fois, ça ne vient pas de moi !) En bref, une famille emménage dans une petite bicoque bien sympa, un peu ravitaillée par les corbeaux et avec du boulot de peinture , mais ils ont  "trouvé" leur  nid on dirait. Sauf  que le père tombe sur un vieux cimetière d'animaux qui donne directement (avec de l'huile de coude et de bonnes rangers, faut pas rêver !) sur une autre nécropole... indienne celle-ci. Si on n'a pas les miquettes et qu'on vient de perdre quelqu'un, il suffit d'y porter le corps, si possible de nuit, ça fiche plus les jetons, et on a droit à une séance de résurrection lazarienne en règle. Sauf que... est-ce qu'on est prêts à affronter ce qui "revient" ? Terrible et d'autant plus flippant que le personnage pivot est un môme encore en couches culottes ; on a tremblé dans nos molletons avec dragon, parce que c'est la corde paternelle et maternelle qui vibre à en décrocher ses plombages, obligés d'être impliqués dans cette histoire !

- Et enfin, comme Lady, je n'en ai pris que cinq, Talisman et sa suite Territoires (plus de vingt  ans après la suite, faut pas avoir du lait sur le feu en attendant qu'elle paraisse !), écrit avec un autre pote écrivain, Peter Straub. Encore un môme comme pivot de l'intrigue, même si celui-ci a pris des heures de vols au second volume en "quête" d'un talisman à travers l'Amérique et dans un monde parallèle pour sauver sa mère Chouette démarche,même si classique, il doit sauver la Reine de ce monde parallèle pour sauver sa môman (si on pense "double" on a gagné une tringle à rideau !) Plein de baston, de magie, de cruauté, mais à savoir quel monde est le pire.... La suite narre le retour après vingt ans de ce gamin à l'endroit où tout à commencé et le fait que certains autochtones se comportent plus que bizarrement... est-ce que ça recommencerait et qu'un certain Roi Ecarlate ferait reparler de lui, par serial killer interposé ? (tiens... Roi Cramoisi... Roi Ecarlate... quand je vous disais qu'il y avait de la Tour Sombre partout chez King)

Bon, si ça vous dit,vous pouvez vous procurer ces bouquins en format poche, l'avantage d'un auteur à succès, c'est que rapidement, on peut passer du gros pavé super-joli mais qui fait cligner de l'oeil au porte-monnaie à celui plus modeste mais plus parlant à nos économies.(j'en sais quelque chose, avec la sale manie que j'avais...pardon j'ai... d'acheter les bouquins dès qu'ils paraissent, donc plein pot !)

Allez bonne lecture, et...flippez bien ! A plus pour la suite de Britten hein ?

La dragonne
par Sieglind publié dans : Mes devoirs
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Mardi 27 mars 2007
Bonjour !

Bon... c'est pas tout ça... mais faudrait peut-être penser à faire acte de présence, avant qu'on croit que ma feignasserie abyssale a eu raison définitivement de mes capacités cognitives, motrices et même vitales ! On y retourne à ce pêcheur anglais, avant que la marée soit basse ?



PETER GRIMES - Acte II - Premier Tableau -

Le lieu :  les sommets du Mont Blanc... Ah ! On tique tout de même, c'est signe que vous suivez un peu donc. Eh non !
On se retrouve dans notre village côtier et pour faire des économies de décors carton-pâteux, on reprend celui du début de l'acte un, la rue. Ici, je lis la description : un beau matin ensoleillé quelques semaines plus tard (oui...ensoleillé, vous avez bien lu, comme quoi j'étais médisante sur le climat de bouse du bled, ou alors...c'est la pause entre les deux averses annuelles qui durent six mois chacune...allez savoir...)


Les personnages :
- Ellen, l'institutrice copine du héros
- Le gamin de l'asile de pauvres, John, rôle muet (c'est pour en rajouter une couche sur la misère de ces mômes...ou pour faire l'économie d'un p'tit chanteur à la gueule de bois comme dirait mon paternel en parlant des fameux choristes en aube de notre jeunesse)
- un choeur, tout en méditation au début, vu que c'est le moment de l'office à l'église du coin.
- Le recteur, dirigeant ses ouailles hors scène au début
- Peter Grimes, toujours souriant quand il lui tombe un oeil.
- Tantine, la propriétaire de l'auberge du Sanglier... j'allais mettre tenancière, à cause des "nièces" (présentes également)
- Keene, le pharmacien, à qui la veuve Nabab a enfin lâché la grappe.
- Boles, le méthodiste navigant
- La veuve sus-citée (normal, elle doit déjà avoir épuisé ses p'tites pilules)
- Balstrode, le vieux loup de mer.
- Hobson, le voiturier
- Swallow, l'avocat du début de l'opéra, qui roule sa caisse, à son habitude.

Au début de l'acte, Ellen est en train de tricoter, façon " Le Père Noël est une ordure" une jolie...serpillière d'intérieur, assise au bord de la flotte avec John, l'apprenti de Peter. Elle a décidé de sécher l'office préférant faire la causette avec le gamin.
Petit problème... il ne pipe mot ! Du coup, c'est elle qui monologue... style "on va jouer à deviner ce que pense l'autre, tu m'dis si je me trompe hein ?". Et tout ça sur fond de psalmodie inspirée, vu que les fidèles sont en pleine ferveur mystique (une fois la semaine, ça suffit à se racheter une conduite certainement)
Elle continue à causer toute seule en parlant de ce qu'a vécu le gamin à l'hospice et que ça devait lui sembler du p'tit lait par rapport à son "immersion" dans la vraie vie, qu'elle a connu ça...enfin le coup de se sentir "légèrement" toute seule, mais que ça se tasse à la longue et que si tout se passe bien... ça devrait encore s'arranger, c'est un peu pour ça qu'il a été récupéré d'ailleurs, pour "prendre un nouveau départ" (sic).Là, évidemment, elle cause pour son copain Peter, elle n'a pas l'habitude de paumer des élèves (ou alors elle fait ça très discrètement).
En jetant un oeil au mousse, elle s'aperçoit qu'il a un accroc à sa vareuse (un col qui tient au bout d'un fil... c'est un accroc?) Elle commence à se poser des questions, surtout que John essaie de planquer son cou, et pas parce qu'il a peur de choper une angine ou qu'elle ait viré Vampirella (c'est pas le style, vestimentairement parlant d'ailleurs).


Pendant que les ouailles s'en donnent à coeur joie, Peter fait son entrée :
"Allez, ramène ta fraise le mioche ! J'ai repéré un banc de p'tite friture, faut y aller !
- A d'autres ! S'il y avait du poiscaille dans les parages, les autres rafiots seraient déjà parti dès potron-minet !
- Ouaiiii...mais moi, j'ai pas du guano dans les mirettes ! J'ai l'oeil !
- Mais c'est relâche...on est dimanche !
- Si j'veux qu'on soit un autre jour, c'est moi qui décide !
- T'es crétin ou tu t'entraînes ? Le pov'gamin bosse à perdre un os depuis une semaine ! Son jour de repos, tu t'assoies dessus ?
- J'l'ai récupéré, j'en fais c'que je veux !
- Et ça t'apporte quoi ?
- Du son pour faire taire les ânes ! Avec du pognon, les ragots vont finir et on s'achètera une maison et une nouvelle virginité !
- Euh... et le gnon qu'il s'est fait au kiki ?
- Ah c'est sur, c'est pas du boulot pour gonzesse !
- J'ai des doutes...j'me demande si c'était bien la bonne solution de travailler "en solo" pour arranger tout le monde...
- Me fais pas ça ! Si tu me lâches, le Bourg aura gagné !
- Mais on n'arrête pas les langues de p. à coup de biffetons ! Tout est perdu-l'année-des-poires ! (rappellez-vous, une citation familiale pour "c'est fichu")"? T'as tout faux !

De rogne, Peter lui en retourne une à lui décoller la pulpe du fond et se barre à la suite du gamin qui a pris le large, histoire d'éviter les bourres-pifs certainement.Ellen se tire également, pour se ficher une escalope sur l'hématome et les voisins, ayant tout zieuté de derrière leurs persiennes, pointent prudemment leur museau dehors.
Tout le monde tombe d'accord pour dire que Peter a re-pété une durite et que l'instit ferait mieux de s'économiser pour autre chose que ce saligaud lobotomisé.


L'office étant terminé,les fidèles s'égayent dans la nature, pendant que Tantine alpague le docteur pour lui parler de l'incident. La vieille Nabab en profite pour se mêler à la discussion, étant donné qu'elle a entendu des gens causer hors de l'église (ouïe aiguisée de la parfaite fouille-merde ! Même à la messe, faut qu'elle ait une argouane qui traîne au dehors, façon mouchard dans les films d'espionnage.). Blastrode a beau essayer de conseiller qu'on s'occupe chacun de ses furoncles aux miches plutôt que de ceux du voisin, c'est peine perdue, tout le monde hulule que Peter a refait des siennes. L'avocat Swallow et un collègue faisant leur entrée, on les met au parfum également, plus on est de fous...
Boles le méthodiste en profite pour monter en chaire... enfin sur un tonneau et dégoiser que ce système d'apprentis c'est de la m...en bâton et pas chrétien pour deux ronds.On lui répond que c'est (textuellement) "Ce qui convient aux gosses conçus hors du lit conjugal" (bin v'la aut'chose !) Il prend à parti le recteur qui joue un peu Ponce Pilate et réclame le bassinet.

On peut dire que comme spectacle de rue, ça fait fureur, ce débat improvisé, tellement fureur qu'Ellen rapplique, histoire de voir quel cochon on égorge avec tout ce tintouin. Tantine la chope au vol, histoire qu'elle reprenne un peu ses esprits et qu'elle se repose un chouillas dans son bistroquet, mais les autres lui demandent une petite explication sur tout ce méli-mélo  et quel rôle elle y tient au juste, ça reste flou pour les pékins. Elle explique qu'ils avaient misé sur le fait de repartir à zéro et qu'avec un orphelin chez lui, ça lui donnerait peut-être l'envie de se secouer et de ne plus faire de con.. bêtises. Elle était là en tant que conseiller technique simplement.

Tout le monde lui balance dans les gencives que son plan a foiré en beauté et que question normes de travail et de sécurité, le Peter en question à tout faux, il y a même risque certain pour son mousse ! On décide d'aller voir ce qu'il en retourne directement "à la source" c'est à dire en délégation quasiment armée chez le marin fautif (sauf pour le "nièces" pas assez propres sur elles certainement, à qui on conseille d'attendre le bus là où il ne passe pas - encore expression familiale pour désigner les prostétiputes).
Balstrode hésite mais suit la troupe, histoire qu'il y ait au moins un type de son bord quand ça va être le moment de la curée et ne restent en scène qu'Ellen, Tantine et ses nièces. Ces dernières ne se gênent d'ailleurs pas pour constater que ça les arrange bien les habitants du Bourg des filles du "ruisseau" pour leur servir d'édredon mais quand on cause bonnes moeurs et pourfendeurs de "déviants" là...on les envoie bouler à coup de pompes au train. (pensée à méditer de l'institutrice :"Sur le calendrier de l'homme, nous ne marquons que les jours héroïques"...no comment !)


Fin du premier tableau...on s'arrête au changement de scène, histoire de laisser le temps aux machinistes (neuronales) de mettre le décors en place et on se retrouve bientôt pour la suite. Allez filez, c'est la récré et bonne journée.

La dragonne

PS: les petits images sont modestement "bidouillées" par mes soins, donc... soyez indulgents, j'suis pas Harmenszoon van Rijn
(Rembrandt), ça se saurait !
par Sieglind publié dans : Britten
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Vendredi 23 mars 2007
Bonjour !

Allez, avant mon sacro-saint week-end, un p'tit coup de lyrique avec le second tableau du premier acte de Peter Grimes ça vous branche ?
Pas la peine de dire non, de toute façon, vous y aurez droit quand même à votre "lavement mental" signé dragonne alors.... vaut mieux faire contre mauvaise fortune bon coeur, ce n'est qu'un mauvais moment à passer, ça va aller.. ne zézayez pas de peur !



PETER GRIMES - ACTE I - suite -

Le lieu :Intérieur de l'auberge du Sanglier, pas spécialement ce qu'on pourrait appeler un salon de thé pour nonnes en goguette ! Plutôt du genre pub de troisième mi-temps, sans comptoir, les habitués vont se servir sans doute tout seuls au robinet du tonneau de bibine et pour la flotte... suffit de se ficher sous la gouttière, ce n'est pas ce qui manque vu le temps radieux du patelin. Des banquettes, pour recevoir in extremis les types qui ne sont plus étanches avant qu'ils ne se vautrent lamentablement au milieu de leur troupeau de pachydermes rose-Barbie. Des tables, parce que se frayer un passage, la chopine à la main parmi les bocks posés par terre, ça va cinq minute mais on risque la gamelle même si on ne fait pas partie des types cuits. Et un joli feu de cheminée, pour réchauffer l'ambiance (est-ce vraiment nécessaire d'ailleurs, mais ça décore au moins).

Les personnages :
- Tantine, normal quand on est propriétaire des lieux,
- Mrs "Nabab", paumée pire qu'en terre anthropophage, étant donné  qu'elle tourne plutôt au sirop qui  fait dormir qu'à  la cuvée de l'année.
- Balstrode, le  vieux marin
- Boles, le pêcheur viré méthodiste
- Les deux nièces de Tantine, en chemise de nuit (avec un bout de châle crocheté maison pour paraître plus décentes... mais plus tartes aussi), elles pourraient être siamoises, l'une ne faisant rien sans que l'autre la suive (aux chiottes, l'une fait;;; ce qu'elle a à faire... l'autre s'essuie, certainement !)
- Keene, le pharmacien
- Peter Grimes, "l'Anglais volant" de cet opéra.
- Hobson, le voiturier
- Ellen, la copine de Peter
- Des marins pour faire le choeur

Au lever de rideau, Tantine est en train de faire entrer la vieille bique de Mrs Sedley (Nabab), en lui signalant qu'elle ne va pas tarder à recapsuler les canettes, donc si elle pouvait la jouer (ou chanter) court... ça l'arrangerait bien. La vioque explique que le pharmacien lui a donné rendez-vous pour dix heures et des pruneaux, elle n'osait pas rentrer, mais a failli être emportée par une bourrasque et demande si elle ne peut attendre que le déluge se calme. Tantine soupire que ça va lui faire du tort quant à son estaminet, mais en bonne fille accepte, non sans lui avoir conseillé de se planquer le plus possible, ça pique les yeux.

Entrent à leur tour le vieux Balstrode et un pêcheur, qui ont du mal à refermer la lourde, pas qu'ils soient déjà imbibés, mais ça zèfe plutôt sévèrement dehors, et la flotte insiste pour se mettre au chaud également.
"Purée de patafiole de temps de mes d... !
- Ahem ! - lance Tantine avec un coup de tête vers la vieille bique planquée au milieu des caisses  (entre cageots, on se comprend)
- A bin mon colon ! Si je m'attendais à la voir...ça risque d'être festif ce soir !
- Elle attend Ned (le pharmacien) il est préposé à l'entretien de la "bécane" (y'a du boulot !)"

Balstrode réclame son pichet, Tantine rechigne un peu, mais, vu qu'une autre troupe fait son entrée, elle ne va pas faire sa "mijotée"! De l'oseille qui rentre, c'est toujours bon à prendre, n'est-ce pas ? Ces sagouins ne font d'ailleurs pas gaffe et tardent un peu trop à fermer la porte, résultat : coup de vent et un carreau de pété ! (Rappelez-moi où ça se passe, que je fasse un grand détour, si j'avais à croiser dans le secteur !). Boles fait partie des nouveaux arrivants, (tellement un temps de chien, qu'il préfère perdre son âme au sec que finir explosé sur les rochers).
Tantine fait mentalement le compte de ce que ça va coûter, pendant que ses "nièces" descendent, tirées du lit par tout ce tintouin.
"Au s'cours !On va boire la tasse !
- Comptez là-dessus pour que je joue David Hasselhoff* pour vous tirer du bouillon ! Tu ferais bien de revoir tes "liens familiaux" Tantine, valent pas un pet de lapin celles-là !
- Tu t'es levé du pied gauche que t'as fiché dans le guano en plus en te levant ce matin ? T'es bien content de les trouver mes nièces pour taper le carton !" (Que ça ?! Moui... si elle veut...)

Pendant que les nièces ont leur crise de nerf (le vent des fous, c'est pourtant dans ma région...mais avec la météo déglinguée, on n'est plus sur de rien !), la vieille Nabab est en train de se demander ce qu'elle fiche bien dans ce bouge, alors que Boles le méthodiste tangue dangereusement (voilà ce que c'est quand on fait abstinence, ça donne vite un coup derrière les oreilles, si on touche à la gnole !) et avance, mains en avant, avec la ferme intention de peloter une des nièces. Tantine flippe qu'il lui esquinte sa marchandise mais Balstrode la rassure : dans son état, il n'est pas bon à grand chose , il est même capable de la rater et de finir dans son élan, sur les genoux osseux de la vieille bique planquée... enfin ça... c'est "ma" version évidemment.
Avant que ça n'arrive il chope le type et le fait asseoir, histoire qu'il "décante" un peu.


Le choeur approuve pendant que la porte s'ouvre à nouveau et que le pharmacien Keene entre plié en deux pour éviter de finir en décoration de façade. La vieille Nabab lui saute sur le râble avant qu'il ait eu le temps de dire "ouf" et lui demande si le voiturier est enfin arrivé avec ses médocs. Comme Keene répond qu'il y ait intérêt à ce que le type ait appris la brasse coulée à ses canassons, vu que la route est inondée, elle fait sa crise et veut partir tout de suite de ce lieu de débauche. Petit problème... si elle veut ses pilules qui rigolent, il va falloir s'asseoir sur sa pudibonderie et attendre "calmement", sans pousser sa gouallante..

La porte s'ouvre à nouveau (ils auraient mieux fait de ne pas en mettre, vu qu'à chaque fois, elle est sur le point de se retrouver dégondée avec la tempête, ça économiserait du bois...et des tours de reins pour  tenter de la refermer) et cette fois-ci, Peter Grimes apparaît. Il est le seul à snober le ciré jaune canari et essore consciencieusement son pull tricoté mimine en secouant sa tignasse comme un Terre-Neuve après un bouillon.

On peut dire que ça plombe l'ambiance d'un coup son arrivée échevelée ! La vieille buse s'évanouit, les nièces sont à deux doigts de sortir le pieu et le collier d'ail, et tous les autres s'écartent comme si le type sentait le poney pas étrillé depuis trois ans. Il faut dire que son discours fait soupçonner qu'il a paumé quelques neurones dans la tempête, il parle de Grande Ourse, de Pléiades, d'horoscope, de remettre le compteur à zéro... A se demander s'il n'a pas fait un détour par la réserve de tord-boyau de Tantine avant d'entrer par la grande porte.. En plus il hurle, comme s'il avait encore à couvrir les bruits du déluge à l'extérieur ça fiche les jetons !

Boles cherche la bagarre en essayant de s'approcher de lui pour lui ficher son missel sous le pif mais Peter l'envoie valser d'un revers, l'autre tente un lancer de litron en réponse mais le vieux Balstrode lui balance un coup sur la pogne qui fait exploser la bouteille par terre.
Tantine demande de l'aide, ça va finir en baston et qu'est-ce qui va trinquer ? Ses meubles évidemment ! Histoire de changer de sujet, tout le monde entame une bonne vieille chanson de marins, que Peter se charge d'ailleurs de bien ruiner en changeant les paroles.

Une fois cette foire d'empoigne évitée de justesse, tout le monde semble un peu calmé et c'est ce moment que choisit Ellen pour faire son apparition, accompagnée du voiturier et du gamin de l'asile de pauvres (rôle muet) Hobson, le voiturier, annonce qu'ils ont presque dû nager (j'avais pas tort pour les chevaux donc !) parce que le pont s'est fait la belle et que sa charrette n'étant pas homologuée  "barcasse", ça  a été plutôt  rude.
Tout le monde entoure les "naufragés" pour les réconforter. Tout le monde... non, Peter n'attend qu'une chose, sa barrer illico le môme récupéré, histoire de ne plus voir ces faces de pets. Il chope le marmot par la main, et sort pour lui faire découvrir sa nouvelle maison, ce qui fait d'ailleurs bien rigoler les fiéleux... (un "home sweet home" avec ce bredin, faut s'attendre à tout, même au pire !)

Le rideau tombe sur le type en train de braver la tempête avec le gamin en remorque, alors que les médisants lui balancent des joyausetés, mais une fois qu'il est loin... au cas où il voudrait répondre d'une manière "musclée" à ces attaques (facile de critiquer quand on a de la marge pour se planquer en cas de pépin !)

Bon, j'ai fait mon boulot pour la fin de semaine, je vais pouvoir vous laisser lire tranquilou...moi, je ferai évidemment du tourisme chez vous, comme d'habitude. Bonne fin de journée et surtout bon week-end... à plus...

La dragonne

*Le David Hasselhoff de la voiture qui cause et fait "zioooon, ziooon..." avec ses phares...K2000, celui également d'Alerte à Malibu (déjà plus dans le ton pour notre allusion à un sauvetage en mer)
par Sieglind publié dans : Britten
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Comme ma trombine évolue au fil de ce "rondudju" de temps, une petite mise à jour du portrait du bestiau, j'ai encore changé de "look" comme on dit... et le cliché du trombinoscope n'est plus vraiment d'actualité (avis, première et dernière fois que vous avez droit à ma goule, moi et les photos, ça fait quarante-douze)

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