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Mardi 30 mai 2006
Bonjour,

Alors, rassurés hein? C'était pas une lecture longue comme un jour sans pain hier, ça change, un peu plus.... « digeste »? D'accord, c'est un cas de force majeure étant donné que je n'ai pas la traduction française du livret sous le pif, mais qui va s'en plaindre? Surtout que pour les puristes j'ai même une petit adresse ici  qui pourra contenter leur soif de lecture « dans le texte » de la chose (une vraie mine ce site aussi d'ailleurs!)

Donc, hier, on s'était arrêté à une fameuse empoignade de rue, opposant les nobles d'un côté,  dignement (hem!)  représentés par un kidnappeur de donzelles et le peuple; bras armé de, sinon la justice, du moins la fratrie offensée (et pas patrie, nuance!)

Et ce qui devait arriver arrive! Les « plébeiens » l'emportent sur les patriciens (grosso modo, pour résumer, pas une question de charisme ou d'élistisme intellectuel... simple rapport de... masse)
Les nobles se prenant une ratatinée, doivent prêter serment d'allégeance au frangin outragé, Rienzi. Là, les arguments sont en béton: « Tu tu te mouches, tu t'excuses et tu dis bonjour au Monsieur, sinon c'est au bas mot cinquante bons centimètres de fer forgé que tu vas devoir essayer de digérer »



Et comme on est tout de même chez des gens qui aiment le « pessstacle » (voir la reddition de Vercingétorix devant César, même si c'est pas la bonne époque, ça fonctionne toujours), ils faut que les « emparticulés » le fassent en grandes pompes et devant un maximum de témoins (au cas où ils auraient l'envie de revenir sur leur décision, prétextant qu'ils étaient pas au courant... qu'ils étaient même pô là ce jour-là, et puis que, d'abord, y avait pas de témoins etc... on trouve toujours une entourlipouille pour se défiler). Et puis Rienzi peut se la péter « grand prince » et magna de la magnanimité, ça, ça en jette sacrément!

Sauf qu'il va falloir s'accrocher pour la jouer pardon princier, étant donné qu'Adriano, l'amoureux de sa frangine, lui balance dans les gencives que ça sent le roussi du côté de son intégrité patricienne, vu que le kidnappeur raté, Orsini, a décidé de lui rajouter une boutonnière gratos pendant la cérémonie.

Et ça coupe pas! Au milieu de la fiesta, Orsini saute au pif de Rienzi, son opinel à la pogne! Ouah! C'que c'est dramatique! Enfin... ça pourrait être dramatique, sauf qu'au moment ou il veut planter le type, on entend un grand « pling » et Rienzi reste bien solide sur ses guibolles (« Même pas mal! »). J'imagine bien là, un geste à la Superman, le type ouvrant son costard, pour révéler aux yeux éblouis de la foule en liesse un marcel en tôle galvanisée.
Il portait son kevlar (froid? Lui jamais!)


Bon, là, comme ça commence à faire marre, les nobles sont tous menottés et condamnés illico presto à mort (côté frais de dossiers, longueur de l'instruction, débats interminable et délibérations de la même longueur, toujours ça de gagné hein?).
Petit problème, dans le lot pour la tombola, il y a tout de même le paternel d'Adriano, Colonna, ça ferait désordre du point de vue du respect filiale s'il regardait son papounet se balancer sans les mains, les siennes aux fonds de ses poches! Il implore donc (on implore toujours dans ces cas là) la grâce pour les « troublions », l'autre (Rienzi) cède à sa demande, mais, ces andouilles violent leur serment d'allégeance et lui crachent presque à la guoule (faut en être une de qualité tiens d'andouille pour refuser d'obéir quand c'est son valseur qui est en jeu! Surtout que Rienzi était prêt de passer l'éponge!)
Là, c'est le peuple qui en a marre (il veut sa dose de jeux du cirques oui!) et te passe à la moulinette tout ce beau monde, Rienzi comme chef de meute, parce qu'il faut toujours un chef pour pouvoir dire après: « c'était pas moi, c'était Truc-machin qui commandait, j'ai juste suivi les instructions...etc », là aussi, vous connaissez tous le cas de figure « c'est-pas-moi-c'est-l'autre » hein?

On pourrait dire « bon, c'est bien, les méchants sont tous trucidouillés, la fille est saine et sauve, a y est, on va pouvoir jouer la "nuptiale" de Mendelssohn! C'est finiiii! ».
Que nenni, que nenni, ne jamais oublier les rebondissements et retournements divers!

Question retournement on a droit à celui du blouson reversible du peuple qui, en pénurie de méchants à exterminer; apprend « incidemment » (c'est le terme habituellement employé  non?) l'alliance de Rienzi avec un empereur allemand (on dit « un », on ignore son pseudo, ainsi que son numéro d'immatriculation à la chambre des encouronnés, c'est juste un chef germain quoi) et accessoirement son désir de restaurer le pouvoir du pape (pontife romain c'est pas ça?)

Comme il faut plus d'un rebondissement pour que ça fonctionne sur scène, si on rajoutait un autre coup de théâtre? Mmmm? Allez, c'est bien parce que vous me le demandez...:
Pour la modique somme de trois boutons de culottes et d'un élastique en état de marche, M'sieurs Dames, devant vos yeux ébahis, je vous propose non pas un demi,  pas un, même pas deux, mais trois scènes dramatiques!
Profitez-en, c'est promo en ce moment, à la fin de ma harangue, l'offre n'est valable que pour la journée!




Donc, au milieu de la foule melounante (grognante, si vous préférez), alors qu'on conduit en palmes (marre des grandes pompes, je change!) Rienzi jusqu'à l'église, v'là-t'y-pas que l'amoureux transi, Adriano, se souvient tout d'un coup qu'il s'est planté de camp et que son paternel est resté sur le carreau (c'est comme les dinosaures, le temps que ça monte au cerveau, faut un certain temps). Il empoigne un laguiole (l'opinel a déjà servi, il est tout ébréché) et veut venger les siens?
Là, "ze" troisième coup de théâtre: il loupe sa cible (j'imagine plutôt le « re-pling » du tricot de peau blindé. Pourquoi abandonner un produit qui nous satisfait hein? Le marcel galvanisé ça lui a bien servi la première fois, alors, l'essayer c'est adopter comme on dit)

Rienzi entre dans l'église et on peut pas dire qu'il soit accueilli par des cris d'enthousiasme! Il n'a même pas droit au Te Deum prévu (tube célèbre employé pendant toutes les messes d'intronisation, couronnement et autre « promotion » sociale du même genre). On le siffle comme s'il avait marqué un but contre son camp à la coupe du monde et les pingouins l'excommunient purement et simplement (vaut mieux qu'ils montrent qu'il sont du côté de leurs ouailles, vu le nombre!)

Adriano, qui n'a pas tant perdu le nord que ça, prévient Irène, la frangine de Riensi, que ça risque de tourner au vinaigre et qu'ils feraient mieux de mettre les voiles prestissimo, la famille va se trouver fort réduite, incessemment sous peu, pour cause d'hire populaire?
Elle lui file un coup de genou dans le bide (c'est « ma » version scénique hein, c'est plus marrant qu'un vague geste outragé pour repousser le type, tiens, pour le plaisir, je rajoute même une manchette!) et part, coudes au corps et tennis fumantes (ça aussi, c'est plus festif!) à la recherche de son frangin, pour passer l'arme à gauche en famille (très antique ça, comme mort.. très con aussi, si vous me permettez l'expression, m'enfin.. Sigismund Freund a peut-être une idée, parce que l'honneur familiale et tout et tout, ça a quand même ses limites non?).
Ignorant royalement mon avis sur le sujet (si ça se trouve, elle m'écoutait même pas la blonde!) elle se pointe au Capitole (pas celui de ma ville hein, vous plantez pas!) et y trouve son Rienzi de frangin en plein « Notre Père/Je vous salue Marie » (ici c'est la fameuse prière déjà évoquée instrumentalement dans l'ouverture).
Pas trop blond lui, il lui conseille de se barrer vite fait bien fait avec son amoureux mais Irène s'entête genre « j'y suis j'y reste! » et le frangin tente de dire deux ou trois mots à la foule massée autour du Capitole, histoire de calmer la bête.

On peut dire que ça ou se soulager dans un Stradivarius c'est la même chose et la horde populaire (ça sonne bien hein?) fiche carrément le feu à l'édifice, tout en balançant des pavés à la tronche du frangin et de la frangine (la lapidation avait l'air d'être encore "tendance" au XIVème siècle).

Adriano, arrivant tout essouffé, se tenant le bide et la trogne rougie à l'endroit de la baffe, assiste impuissant au barbecue et comme plus on est de frapadingues, plus on rigole, il décide de balancer son canif qui ne lui sert plus à grand chose, à part se curer les ongles, et se jette dans la fournaise pour rejoindre sa copine (purification par le feu? Avant goût de la mort de Brünnhilde au bûcher funéraire de Siegfried, fameuse « rédemption » chère à Richard? Très antique ça encore non?)



Voilà n-i ni c'est fini Rienzi! Allez je vous laisse méditer et vous souhaite une bonne journée
La dragonne

PS: pour l'incendie de Rome, on va pas chipoter hein, c'est à Rome l'intrigue et il y a des flammes sur l'affiche ça me suffit comme référence (nonobstant le fait que ça parle du délire pyromane d'un certain Néron hein?)
par Sieglind publié dans : Wagner
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Lundi 29 mai 2006
Bonjour!

Là, pour certains, j'entend presque distinctement « Ouf! Depuis le temps! ». Pas que vous attendiez mon retour en apnée (tellement on dirait que vous êtes accros à mes verbiages), mais certains m'ont signalé que ce blog avait un titre assez explicite quant à son contenu et que, actuellement, on y trouvait pas plus d'opéras que de beurre en bouteille comme on dit chez moi.
Rassurez-vous, ça revient, la preuve tout de suite d'ailleurs!

Aujourd'hui donc, je vais vous parler d'un opéra de Wagner (encore! Rassurez-vous, ça se tire, il n' en reste que... six à traiter sur les treize à son effectif) peu connu dans sa production (enfin, encore plus inconnu dirais-je, que le reste de son oeuvre pour certains, à part, évidemment certains « tubes » dont l'ouverture, là aussi, au moins entendu une fois hors contexte, dans des pubs ou films diverses)

Il s'agit de Rienzi (création en 1842), dont l'action est tirée d'un bouquin éponyme de Bulwer Lytton (illustre inconnu pour moi) et se situe à Rome (tiens, on franchit les frontières teutones! Rare chez ce cher Richard!) au XIVème siècle.

Allez zou, accrochez vous au pinceau, j'enlève l'échelle!
Petite info, mon sacro-saint Kobbé « Tout l'opéra » est un peux flou je trouve et  Alain Paris n'a pas assuré sur le coup, en oubliant carrément l'opéra dans ses deux recueils « Livrets d'opéra » (Cher Laffont), ce qui fait que vous aurez l'histoire dans sa « globalité », sans coupures d'actes et surtout sans dialogues, étant donné que j'ai bien le livret, mais en teuton, et j'ai la flemme de tout traduire (vous me connaissez). Autant pour vous côté gain de temps, ça va être moins long hé, hé!


Le lieu: là, si vous avez déjà oublié, je ne peux rien pour votre mémoire de poisson rouge... à part changer l'eau de votre bocal!

Les personnages:
- Paolo Orsini, patricien romain (gamine je croyais que c'était le masculin de Patricia moi),
- Irène, soeur du tribun et notaire papal Cola Rienzi ; je sais, ça fait un peu soda son pseudo, mais, à l'époque, le jus de chaussette à bulles et au goût de médoc n'était pas inventé (ceux qui en déduisent que j'aime pas le Coca ont gagné une tringle à rideaux!),
- Colonna, un pilier patricien lui aussi (hé, hé, je sais, mais c'était trop tentant l'allusion),
- le fils de Colonna, Adriano (pas Celentano, pour ceux qui connaissent "l'autre" coco),
- le fameux Rienzi sus-nommé,
- Raimondo, légat du pape et cardinal à ses heures perdues,
- deux citoyens romains: Baroncelli, Cecco del Vecchio,
- un « messager de la paix » (un pigeon parlant?)
- Et l'incontournable chorale wagnérienne pour « étoffer ».

Orsini, le patricien romain, vise sournoisement du côté d'Irène, la soeur de Rienzi (et c'est pas pour échanger des patrons de broderies à mon avis). Il tente de la « raptoriser », mais c'te cruchon le fait sous le pif d'un autre patricien , Colonna, qui s'interpose, en grand défenseur de la vertu des femmes romaines.
Comme à l'époque il suffisait d'un rien pour que ça dégénère en baston générale entre les diverses factions en présence (un regard ou un pet de travers, et ça virait à la tuerie facilement; pour l'avoir chaud ils l'ont même bouillant le sang, les latins, c'est connu) alors vous imaginez, une tentative de rapt!
En plus, pour tout arranger, le fils de Colonna, celui qui s'est interposé, en pince sévère pour la zibeline donc, double raison pour une trouble ration de bourres-pifs!


Comme évidemment, ils ne peuvent pas faire ça en silence, ça ameute tout le voisinage et Rienzi (vaudrait mieux d'ailleurs, c'est tout de même de sa frangine qu'on cause hein?).

Après quelques questions du genre «  kess'tu lui veux à ma soeur? Mmmm? Elle te plaït? Quoi? Elle te plaît pas ma soeur? » etc...



(vous connaissez la version corse de l'honneur fraternel dans Astérix en Corse, et bin, c'est la même chose ici), Rienzi, poussé aux miches par le cardinal Raimondo, (l'éminence plus que grise là!) crie « Révolution, ah ça ira, ça ira... etc» (enfin, l'équivalent) incitant ainsi le peuple à se créper le chignon avec la noblesse.

L'amoureux Adriano, se range du côté des révolutionnaires, étant donné que ses intérêts affectifs et matrimoniaux sont de ce côté et ça vire à l'empoignade générale un jour de solde au rayon p'tites culottes!

On verra demain la suite et fin. Je vous avais dit, c'est un résumé ultra-light, cette fois; cas de force majeur, dû à mon incurable flemmardise quant à reprendre mon dico franco-allemand (les pages doivent être collées depuis le temps hé, hé).

Pour la peine, je vous met le petit bout d'Astérix en Corse qui m'a fait "tilté" hé, hé.



Bonne journée et à plus...
La dragonne
par Sieglind publié dans : Wagner
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Mercredi 24 mai 2006
Bonjour à tous!

Allez, étant donné que je vous avais promis le truc, je me lance dans la narration de mes aventures héroïco-esthétiques... ou lycée d'Versailles. Et puis, ça ne devrait pas nous tenir l'hiver alors, que du bon hein?



Donc, après avoir pris rendez-vous, tout en signalant que c'était le premier jamais pris dans ce genre d'endroit (elle m'a regardé à ce moment comme si je descendais de ma soucoupe d'ailleurs), je me pointe le lendemain. C'était pas la bousculade, contrairement à l'ophtalmo ou la tuyautologue - gynéco, si vous préférez - où il faut s'y prendre quasi un quart d'année à
l'avance (vous avez remarqué? On cause demi ou quart et c'est plus impressionnant que de dire six ou trois mois, ça joue aussi pour les années d'ailleurs, c'est pourtant la même durée non? Mystère de la perception élastique du temps...)

J'entre au son d'un carillon kill-billien, des tuyaux métalliques s'entrechoquant mélodieusement en un "pling-ding-ba-lang", très... "zen" (le ton est donné, on va la jouer sérénité extrême-orientale!). Par contre les accents musicaux sortant de la cabine, (d'où une voix m'annonce qu'"elle" a presque fini), il y a plus planant, surtout quand ça sent son top-50 avec un slogan publicitaire à chaque coupure des morceaux, majoritairement pour les sonneries et services divers de l'extension auriculaire de nos chères têtes blondes (ou pas): le portable!
Une tête émerge de derrière le rideau (Ô joie! j'ai trouvé plus petit que bibi! Elle a l'air de m'arriver à l'épaule, oui... c'est faisable, et pour tripatouiller de la couenne, étant donné qu'on est allongé, pas besoin d'être gaulé comme un basketteur, ça peut même être un handicape "d'officier" à quatre pattes!)
Là...la blonde me précédant sort à son tour (pas ma
faute, elle était blonde) en se réajustant tout le barda, tignasse comprise (la nana du magasin doit avoir un kit de rhabillage, style chausse-pied ou machine à faire le vide comme pour les sachets de rangement pour gagner de la place dans les armoires, parce que la minette, on a l'impression que son fute a été cousu (ou peint) directement sur elle, j'me demande même si elle n'est pas en apnée). Dernières considérations météorologiques et autres (tiens... on se croirait chez le coiffeur) et après avoir dégainé à la vitesse lucky-lukienne son rectangle plastique magique, payé et repris un rendez-vous (une afficionada du truc, certainement), me laisse seule avec l'exécuteuse des basses oeuvres.

A l'invite, je passe dans la cabine à mon tour, et me vois invitée à "ôter le haut" alors que la nana me tend une sorte de paréo spongiformesquement tissé (une serviette éponge à velcro quoi!). Otez-moi d'un doute... j'avais bien signalé que c'était de la goule qu'on s'occupait? Ah ouai... j'avais oublié, ça va jusqu'aux épaules le cou, les fringues ça peut gêner!
Après un "a-y-eeee: st" (style nos mômes, une fois la grosse commission faite, et qui mettent des lustres à savoir se tamponner le valseur au papier-musique, le PQ si vous préférez) la donzelle refait son entrée et m'invite à m'avachir (m'étendre) sur une table d'examen capitonnée. Enfin, ça y est, on y est vraiment cette fois!

Elle remet en route la zicmu, mais cette fois, un CD, qui va tourner en boucle, à mon grand dam, toute la séance.
J'ai pigé!
L'autre, pas si blonde que ça, a préféré un environnement sonore moins... zen et je la comprend, parce qu'au bout de vingt minutes, j'en ai déjà marre de l'ambiance! Elle a dû prendre ça au rayon solde d'un disquaire, une compil "zen-à-prix-fracassé" un truc entre Zenfir et Clayderman, parfait leitmotiv d'ascenseur, parce qu'au moins, dans l'ascenseur, on y passe pas des plombes!
Je m'attendais à de la vraie musique thibétaine ou au moins japonaise... même pas! L'avantage c'est qu'entre ça et
les papouilles, on peut dire que ça permet de lutter efficacement contre l'insomnie!

Elle tripatouille un peu, le pif sur mon cuir et m'annonce, pensant me faire plaisir, "vous avez une belle peau, et pas une ride au front, c'est rare!" (le "à votre âge" la démangeait, mais elle a dû suivre des cours de diplomatie) C'est surtout rare pour quelqu'un qui s'entretient aussi peu que moi (savon hyperdoux et flotte courante, un lait de bébé, deux crèmes en tout et pour tout dans l'armoire à glace, un peu de trompe-couillon, pas de quoi ouvrir un institut!)
Et puis soyons réaliste, là aussi, elle
ne va pas sortir à ses clients qu'ils ont une peau à chier, ça ferait désordre côté publicité!
Je lui rebalance dans la foulée
"Bin c'est super! J'ai qu'à porter le chador et ne montrer que ça pour faire plus jeune". Je crois que je l'ai un peu déconcentrée là.

Je ne vais pas vous tenir des plombes avec l'énumération dans le détail des soins (ça a duré la bagatelle d'une bonne heure et demi!) mais il y en a eu du beurdoiement de goule, je peux vous le garantir! Dans le désordre, parce que je ne sais plus exactement ce qu'elle m'a faite, démaquillage au lait et à la lotion, gommage, re-nettoyage du gommage à l'eau tiède, brumisateur, masque désincrustant, massage (peut-être avant d'ailleurs, je vous avais dit, j'ai un doute sur l'ordre des choses), traficotage des trois malheureux points noirs que je pouvais avoir, passage de crème sur le tout et petit ajout d'un truc sous les yeux (j'ai hérité des valoches de mon papounet, j'y tiens d'ailleurs)

Pour le gommage, c'est là que ça s'est sinon gâté, du moins calmé (j'me suis endormie, vrai de vrai!).
Il faut vous dire
qu'une nana, pas trop brutasse dans les gestes, qui vous passe un truc assez épais sur la trogne, sans un mot, alors que l'autre scie de musique vous hypnotise sournoisement, vous auriez piqué du nez, c'est sur!
Elle me passe donc l'espèce de gel
épais, me fiche deux cotons humides sur les mirettes et m'annonce, doucement, pour ne  pas trop me réveiller, qu'elle revient dans dix minutes (le temps que le badigeon agisse certainement) Et bin elle aurait pu revenir le lendemain, ça m'aurait pas plus étonnée, j'ai eu un "blanc temporel" et elle a dû me secouer un peu l'épaule pour m'annoncer qu'elle était de retour (elle a d'ailleurs eu droit à mon fameux réveil-zébulon, celui où je me dresse comme un pantin hors de ma boîte, vous savez, j'en avais déjà parlé une fois, ça a dû lui faire un choc, la pauvre!) Et son masque-badigeon,c'était bizarre l'effet. Quand elle me l'a posé, c'était relativement dur à étaler, d'une texture assez dense et là, au réveil, je sentais le truc couler de tous les côtés.
Heureusement, j'avais oublié de vous dire, elle m'avait affublée d'une très seyante charlotte ("Oh, mère
grand!"...), sans les fraises hélas, pour protéger la tignasse, parce que je sentais tout le bazar dégouliner vers le bas, j'ai mieux pigé aussi l'effeuillage du haut des fringues. Elle m'a expliqué que la crème "fondait" au contact de la chaleur épidermique et que dès que ça dégoulinait (ce n'est pas le mot qu'elle a employé, c'est la sensation que j'ai ressenti moi personnellement, évidemment) c'était prêt.

Le seul autre fait marquant, c'est le trifouillage de points noirs, armée de deux mouchoirs en papier et ziva qu'tu me pince le cuir! Le comble, c'est que la nana s'étonne du fait que je "réagisse" épidermiquement aussi rapidement (transformée en amanite-tue-mouche à l'envers, rouge sur blanc, question look). J'aurai aimé vous y voir! "On" vous pince la peau, (même avec les mouchoirs, les ongles on les sent bien, je vous garantie), et "on" s'étonne de voir fleurir les taches rouges! J'ai pas une carne de rhino non plus! Par contre elle m'a passé un truc, j'ai cru qu'elle cherchait de l'uranium dans mes pores: une sorte de brosse à dents (sans les poils) en plastoc translucide et qui faisait "bzzzziiii" et "tic" même des fois. Aux
dernières nouvelles du front (celui qu'a pas de rides), il paraîtrait que ça facilite la cicatrisation lors d'une sollicitation un peu prononcée de l'épiderme (quand on trifouille les pustules quoi) et puis de me voir sortir de chez elle, la goule tachetée comme après un round avec Tyson, ça aurait fait de la mauvaise pub, vous ne pensez pas?



Résultat de la séance: pas mal, pas imperissable, mais agréable, soyons réaliste. A réitérer donc, quand j'aurai envie de me faire poupougner et nettoyer "en profondeur" la goule. Sinon, je conseille ça à tous ceux qui ont du mal à trouver le sommeil, faut que je passe lui demander le titre de l'album inénarrable (quoi que je l'ai narré) qu'elle m'a passé en boucle, ça fait partie de la thérapie à cinquante bons pour cent.

Bonne journée et la prochaine fois... on recausera musique, enfin! Il faut que je vous balance tout de même un petit synopsis... avant mon départ (ça aussi, je vous en causerai...plus tard, là il est l'heure de mon kawa, et vous savez que c'est sacré chez moi).

Sur ce, portez vous bien et bonne journée
La dragonne
par Sieglind publié dans : Des p'tits bouts de la dragonne
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Impulsions, coups de coeur et de gueule, idées diverses au fil des notes et journées. Vous trouverez dans ce blog ma vision de l'opéra et de bien d'autres choses. Et aussi ma passion : les dragons.




Comme ma trombine évolue au fil de ce "rondudju" de temps, une petite mise à jour du portrait du bestiau, j'ai encore changé de "look" comme on dit... et le cliché du trombinoscope n'est plus vraiment d'actualité (avis, première et dernière fois que vous avez droit à ma goule, moi et les photos, ça fait quarante-douze)

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