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Vendredi 30 mai 2008
Bonjour tout le monde !



Petite pause "francisco-poulencienne" avec un devoir donné par Chrisalain

Désolée, ma belette, je suis en retard, mais partout, même hors informatique, toujours pas mis la pogne sur le sagouin qui  me pique des heures aux journées. Mais que fait la police ?! Je ne suis pas sa seule victime ! C'est un sérial-chronopicpocketeur tout de même! Un chourre-gousset* sournois comme pas deux, de ceux qui, le temps (c'est le cas de le dire) de taper sur le mur porteur en disant "un, deux, trois, soleil" vous a déjà soulagé de deux heures passées aux profits et pertes sans qu'on sache comment ; on se retrouve alors  le plumeau (ou le manche  de l'aspi) d'une main et la cuillère de bois de l'autre en train de touiller le rata et ayant totalement zappé l'épisode charnière  entre les deux manœuvres ancilllaires.

Il faut dire que ça va nous permettre de souffler un peu, je dois dire que depuis le début du blog, aucun argument d'opéra (ainsi que ses extraits) n'a été aussi  dur à digérer, mais je le terminerais, j'ai horreur de laisser des trucs en plan, ça fait désordre (déjà que question tenue d'un ménage c'est pas le Pérou, on va éviter d'en rajouter quant aux neurones hein !)

Le devoir en question ne va pas me tenir occupée (ainsi que vous) jusqu'à la Noël de toute façon, l'intitulé étant simple et cela même  - le "malgré que" s'impose non ? -  si je brode, c'est normal chez moi, vous me connaissez depuis le temps.

"7 choses qui vous rendent heureux(ses)"

Comme un rien m'amuse, selon les dires familiaux, c'est bien plus que sept qu'il faudrait noter, je suis donc obligée de réduire ma liste à des proportions humainement lisibles si je veux éviter d'être la cause de chutes de tension et phases somnolentes incoercibles chez les blogueurs. Ces sept choix sont dans le désordre, comme ils me viennent en tête et sans classement de prédilection  croissant ou décroissant.(en vrac quoi !)

- Une météo agréable à l'oeil  et au poil, pas trop chaude, avec  du soleil, mais pas de ceux qui plombent et vous font raser les murs en imitant à s'y méprendre le comte Dracula ayant oublié ses clefs dans son mobil-home-corbillard et coincé  à l'extérieur alors que le jour se lève. Je ne connais pas un pékin qui se vante d'aimer la grisaille et l'humidité, à part le lombric à poil dur, l'escargouille encoquillé de Bourgogne (encore vivant) ou la rainette sur vérins  hydroliques et encore ils s'expriment très rarement sur le sujet, enfin quand je les rencontre !

- Céder dès que je peux à mon envie de zizique  dans la carrée et ficher ça à fond  les ballons en "vivant" cet instant musical aussi bien vocalement que gestuellement. En gros... pousser certains morceaux (lyriques ou symphoniques, quand ce n'est pas "jazzeux" ou "rockeux") à pleine puissance, comme si j'étais "en direct-live" et me lancer dans des trilles et entre-minets (ou saut de bichettes) chorégraphiquement douteux mais totalement défoulatoires.
En ce moment, j'suis un peu. bridée dans mes caracolages et hennissements de cavale  ébouriffée (je dis pas "vieille rosse" hein ?!) les gamins ayant tendance à décaler "légèrement" leur période de sommeil nocturne  (jusqu'à midi, vi, on peut dire que c'est léger en effet), peux pas leur en vouloir... j'avais aussi cette mauvaise habitude d'être plus active dès la nuit tombée (j'ai dû être une chope-souris ou une grande-duchesse rapace dans une autre existence, ou la comtesse Draculita, si ça se trouve vu mon peu de goût pour un astre diurne trop chaleureux)

- Recevoir et offrir des cadeaux... et la plupart du temps hors des périodes convenues par le calendrier grégorien. Je suis franche, j'ai fait figurer  "recevoir" avant parce qu'il faut être  réaliste,  on pense d'abord à  sa pomme c'est humain. Ceux qui se targuent de n'être heureux qu'en offrant sont soit des futurs locataires du fameux calendrier précité (en instance de recevoir leur brevet de canonisation, il y a pas mal d'attente, faudra qu'ils soient patients) soit de fiéffés** arracheurs de dents ! Soit encore pétés de tunes à ne pas savoir qu'en faire, mais les joyeux mécènes et donateurs ne courent pas tant que ça les sentiers pédestres il faut le reconnaître.
Ce qui me plaît justement, c'est les cadeaux totalement gratuits quant à l'occasion (enfin... pas pour le marchand, évidemment) , ceux qui arrivent comme ça, parce qu'on en a juste eu envie à ce moment-là. Souvent je reviens de mes virées citadines pour distribuer des trucs à ma tribu sans motif valable pour avoir sorti mes picaillons, juste pour leur voir un sourire sur la  goule et les yeux en billes de loto..J'aime les heureuses surprises et je considère que tout le monde est dans le même cas (je sais... c'est un peu réduire le monde à mon ombilic, une crise d'égocentrisme avec poussée fiévreuse passagère sans doute)

- Aller à des concerts ou des représentations lyriques. Bon, on ne peut pas dire que ça vous étonne ça, mais il faut savoir qu'ayant tendance à attirer les gaffes et bévues en tout genre, je suis tout de même téméraire, ne sachant jamais si  tout va bien se passer  ou si je vais encore me faire remarquer (c'est ça le fun de cette aventure ! Surtout pour ceux qui ont les épaules pour oser m'accompagner !) Plus j'ai l'occasion de m'en ficher plein les oreilles et les yeux, mieux c'est, avec un goût particulier pour la découverte de trucs pas connus évidemment.

- Apprendre. Ben vi, ayant fait mon crédo de l'expression "ne pas mourir idiot"... je m'ingénie à emmagasiner tout ce qui peut l'être. Enfin, dans la limite de mes moyens intellectuels et surtout de mes goûts personnels, je me vois mal tenter de mémoriser le  nombre Pi (hé, hé, bon courage !), surtout avec mon allergie chronique à tout ce' qui est mathématique et scientifique. Donc, mes apprentissages peuvent aller de la flexibilité des terminaisons vertébrales bovines à la pratique du macramé chez les inuits (avec du boyau de phoque je suppose, le lin et le chanvre étant rarissimes dans ces contrées). Pour vous dire, j'ai décidé de me lancer dans la peinture (acrylique, l'huile, on verra plus tard, quand je serai devenue Rhembrandt) alors que je n'ai jamais pris de cours... ça, ça risque d'être festif, mais qui ne  risque rien...

- Partager mes découvertes avec les potes. Dès que je viens d'apprendre un truc qui m'espante, faut que j'en fasse profiter les autres.... J'suis une sorte de gazette à pattes, mes acquis, (nommés pompeusement "intellectuels" par les marinés du bulbe  qui se la pètent "ponseurs de rondins") je les distribue comme je distribue mes bonbecs, pour que tout le  monde  en profite. Certains, ici ou hors blog m'ont souvent demandé pourquoi je n'en avais pas fait ma profession.
De un, étant curieuse sur tous les sujets, vous connaissez un prof qui passe du coq à l'âne dans son programme annuel d'étude ?! Les parents d'élèves auraient des occasions de me goualler dessus à tout bout de champs  quant à mes digressions. J'suis pas maso.
De deux, je manque singulièrement de patience l'âge aidant, et sachant qu'on a droit à cinq pour cent de pertes (dans l'armée) il y  aurait quelques défenestrations salle-de-classesques, si on me chauffait un peu trop les oreilles (élèves, collègues, dirlo, parents;... suis pas regardante par contre) Un sport de jet des plus sain pour évacuer la pression pour le lanceur mais relativement traumatisant pour le projectile (au rez-de-chaussée, fenêtre ouverte, on réduit les chances de fractures multiples remarquez) Me connaissant de plus, mon pourcentage de perte serait revu à la hausse, j'ai des problèmes avec le dosage et pas que pour le riz et les pâtes ! Et je ne suis pas sadique non plus.!

- Quand j'arrive au bout de mes tentatives bricolesques, artistiques, déménageatoires ou autres. Quand  je me mets en tête de bidouiller un truc (sans modèle ni méthode la plupart du temps) et que ça tient un peu plus que parce que c'est la mode et se laisse regarder sans avoir les yeux qui piquent.
Sans aller jusqu'à dire que le roi n'est pas mon cousin, je suis assez fière de mon œuvre...(j'évite seulement de la signer... on ne sait jamais, s'il y avait poursuite pénale pour outrage, je ne tiens pas à ce qu'on me  retrouve facilement !). Je savoure le fait d'y être arrivée sans avoir eu recours à une aide quelconque (là, pour mes tentatives beaux-artesques, les grandes écoles ne souffriront pas de ma  présence lors des cours, vaut mieux pour les nerfs des profs remarquez)

Bon, devoir fait, je passe le relai à qui se sent de continuer, vous savez que j'ai horreur de désigner des victimes (ça aussi, pour l'avant dernier paragraphe c'est une raison pour ne pas être dans l'enseignement) alors c'est cadeau aussi.

Bonne journée, je viens de m'apercevoir avec horreur qu'on n'a qu'un demi-paquet de kawa pour deux jours, ça va pas le faire, il faut faire quelque chose, prendre des mesure "dragoniennes" ! Genre envoyer fiston en chercher, en parfaite mauvaise génitrice, ça lui fera respirer le sirop de la  rue, il sent un peu trop le papier peint de sa piaule en ce moment, le  poney accessoirement, vu les choses indéfinies  qu'il planque sous le lit sans passer par la case panier à linge sale (pour brosser un tableau fidèle - phase picturale oblige -  aux  mères qui connaissent ce genre de bestiau)

La  dragonne

* Le gousset désignant auparavant le dessous de l'aisselle en lingerie, il est fort le type, de venir chercher les toquantes jusque sous nos rillettes sous le bras ! D'où l'expression : "sentir le gousset" évoquant le fumet particulier qui émane d'un coco (ou d'une cocotte) pas très porté sur la savonnette. La poche qui porte le même nom est venue un peu plus tard, et on y planquait ses picaillons, ses colifichets de valeur et sa montre, ça se fixait au pantalon ou au gilet (mettre la main au gousset, devait dans certains cas frôler l'attentat à la pudeur !)
Remarquez... si on y réfléchit... l'argent a peut-être une odeur, celle des dessous de bras cradingues,.. à méditer...

** Fiéffé: (du verbe fieffer, avoir quelque chose en fief) à l'origine désignant le zozo qui avait  du bien, des terres, des propriétés... tout le tremblement. Après, on a mis ce mot pour appuyer les appellations injurieuses, comme si la personnage habillée pour l'hiver par nos soins peu tendres était nantie d'un fief, celui du comté de la Coquinerie (fieffé coquin), du marquisat  de l'Entourlouperie (fieffé menteur) etc...
publié dans : Mes devoirs
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Mardi 20 mai 2008
Bonjour !

Allez, tant que j'ai de  l'énergie (et du carburant sous forme de liquide noir caféïné),  autant m'y mettre et vous narrer la suite de l'opéra de Poulenc, ça sera déjà ça de  pris sur l'ennemi*. Allez zou ! Je m'y colle ! Comme précédemment annoncé, je me sers cette fois-ci de l'argument et non du livret, on va gagner en longueur.

A signaler, l'extrait trouvé est en anglais et concerne l'acte en entier, accrochez vous, vous en prenez pour près de quarante-six minutes  !   A vos vitamines !



LE DIALOGUE DES CARMELITES - Acte II -

Le lieu :

Premier tableau : Chapelle où la prieure qui nous a pété une durite pour son agonie est exposée dans son cercueil de verre. Ne manquent que les sept nonnes, un révolutionnaire défroqué (de circonstance vu les opinions plus que mitigées quant au sort de la religion et de ses pratiquants dans ces temps troublés) dans le rôle du prince charmant "encanassonné"**  et on a une version de Blanche-(de la Force)- Neige sous la plume trempée dans l'herbe qui rigole d'un Betelheim fumeur de moquette (enfin s'il fumait la moquette et se roulait des maïs à la jaja, évidemment). Quelques arcades voûtées gothico-romaneuses (ou l'inverse), une croix  sur laquelle une représentation du Christ  auréolé d'une lumière crue s'y fixe (je sais, fallait oser, j'ai fait, désolée !), enfin tout pour rappeler un lieu de prière simple et sans fioritures (éviter la représentation de l'église de Lourdes ou de la  cathédrale de Reims, on perd en intimité)

Interlude n° 1
Le petit train qui berçait notre enfance à la télévision  si vous vous souvenez) ou  le jardin du carmel. Je vous laisse le choix de laisser vagabonder votre fantaisie horticole, un jardin "zen" me semble de mauvais aloi par contre, surtout si vous installez un bouddha dodu et rigolard dans sa niche, ne sont acceptées que les représentations "lourdines", "fatimasiennes" ou "Renne-le-châteaudiennes" à la rigueur (Lourdes, Fatima et le faux Lourdes de notre cher Abbé Saunière)

Deuxième tableau
: Salle du Chapitre  Un peu comme une salle laïque de conférence  ou à un hall de réception (éviter là aussi les petits fours et le truc qui pétille et monte au ciboulot, pas le genre de la  maison)

Interlude n° 2
,  La solution du rébus ferroviaire ou une pièce "anonyme" (sic) dans le couvent (je penche pour le sas de décontamination, vu que c'est là qu'on "reçoit" ceux qui viennent du dehors.

Troisième tableau
: Le parloir, dernier salon où l'on cause... mais un chouillas moins agréable que votre  salon de thé préféré (pour les buveurs de mousse, remplacer par un pub ou une taverne "baveuseroise")
Les Hygiaphones en grilles de bois ça atténue sensiblement l'instinct de se lâcher verbalement, enfin dans mon cas (rappelez-vous aussi pour ceux qui ont pratiqué ces bonnes vieilles séances de confessionnal)

Quatrième tableau
: La sacristie     "dressing-room religieux" si vous préférez, on y entrepose tout ce qui va servir pour l'office, les tenues, les objets de culte, le vin de messe, dans un placard à digicode  on connaît la réputation des sacristains (sacristines en l'occurrence) et avec la somme de trucs qu'elles encaissent, mieux vaut prévenir que guérir. Si ça vous chante, vous pouvez même imaginer un coffre suisse avec ouverture à emprunte vocale, "iridienne" ou digitale, ça fera plus film d'action

les personnages
:
- Blanche de la Force (névrosée mais gentille quand on ne l'énerve pas)
- Constance, la gaie luronne de la bande
- Marie, l'ex-bras droit de feue la prieure
- Madame Lidoine, la nouvelle prieure (dommage pour Marie, elle visait le strapontin)
- Le chevalier de la  Force, frangin de Blanche
- l'aumônier (anonyme, point n'est besoin d'un pseudo, c'est un mec dans un univers de nanas, un ET presque)
- deux commissaires façon révolution, pas Quai des Orfèvre, même si je vois bien Maigret ou Clouzeau*** se faufiler dans le costume (tiens au fait... jamais su qu'elle genre de pipe c'était son brûle-ballots**** à  Maigret, à vous de fouinez si vous dégotez la bonne  http://salon.fumeurs.pipe.free.fr/pageformespipes.php 
- des gardes armés jusqu'aux pré-molaires limées en pointe pour la circonstance et une "foule" (hurlante et déchainée, ça fait mieux face à ces pauvres zibelines tremblantes dans leurs spartiates), le genre de foule qui peut tenir sur un plateau de théâtre sans faire écrouler tout le bastringue, ne visez pas "trop grand", c'est pas du Cecil Blount DeMille !

Au premier tableau
, Blanche et sa copine la "Constante ébouriffée", (ou Blanche "la Bleue" et Constance "la Joyeuse", c'est comme vous voulez) sont en train de faire leur tour de garde pour la veillée funèbre de leur patronne décédée (je vous fais grâce du latin "culinaire" de circonstance, elles sont toutes à leurs dévotions, comme il est de bon ton).
On reconnait quelques versets du Requiem (j'ai pas tout paumé de mon Gaffiot, signe que mon "Julius Caesarien" me reste tout de même un peu en tête)
Comme il faut avouer qu'il y a mieux comme partie de plaisir, dès les premiers tintements de l'horloge de la pointeuse, Constance se dresse de son pliant, comme un diable surgit de son cube surprise pour aller chercher leurs remplaçantes. Je reconnais que la comparaison est hasardeuse, sinon douteuse, mais on parle bien des Diables de Louduns pourquoi pas ceux de Compiègne ? 
La "blanche pétocharde" de service se retrouve seule avec la gisante et commence à flipper sa race (elle a dû voir trop souvent la Nuit des Morts Vivants, elle a les jetons de servir  d'encas à une prieure zombifiée sans doute). Elle fait tellement de l'huile qu'elle tourne autour de la pièce ne se rappelant plus où est l'issue de secours et lorsqu'elle tombe enfin dessus, c'est pour se retrouver pif-à-pif avec soeur Marie venue aux nouvelles (plus très fraîches, cela va sans dire). Celle-ci, fait montre de gentillesse en la poussant simplement dehors (poussée légère, elle ne l'envoie pas valser à l'autre bout du corridor avec une prise à la Jet Lee tout de même !... Quoi que... après réfléxion...) en lui disant qu'au réveil, elle risque plutôt de dérouiller moralement que de raser les murs de honte devant sa trouille nocturne.

Après un  "noir" scénique, pour cause de
changement de décors, on a droit à une balade à l'air  libre (première scène "en extérieur" si je puis dire) dans le jardin du couvent. Blanche et Constance ( telles les deux inséparables dans les Oiseaux d'Hitchcock)  sont occupées à cueillir des pâquerettes pour décorer la tombe de la Prieure. Constance annonce qu'elle aimerait bien que ça soit Mère Marie qui reprenne le poste de la disparue, elle lui trouve la carrure idéale pour ça et continue en trouvant que, si ça se trouve, Dieu s'est gouré en faisant mourir l'ancienne prieure,  sinon elle n'aurait pas fait tout ce cirque, on sentait la nana qui n'était pas préparée au départ... il a dû se planter dans sa liste de courses, pas possible autrement.ou alors "on ne meurt pas chacun pour soi, mais les uns pour les autres, ou même les uns à la place des autres"... Blanche est plutôt laconique lors de cet épisode horticole, elle doit digérer les propos de la veille au soir, certainement.(et donc se taper la honte de la décennie)

Re-noir scénique et ouverture sur le
deuxième tableau. La nouvelle Prieure, Madame Lidoine, s'adresse à "ses filles" réunies en cette circonstance dans la salle du Chapitre (aux cuisines ou dans les sanitaires, ça le ferait déjà moins du point  de vue cérémonie digne et émouvante).
N'ayant pas sur elle son tarot de Marseille, elle est infichue de leur dire ce que leur réserve l'avenir (une route pavée de lys et de roses me paraît plus qu'artistiquement floue, vu le contexte révolutionnaire) mais leur conseille d'éviter de se la péter martyres face aux taureaux furieux d'une arêne romaine (se la péter concurrent à Intervilles face aux vachettes à la rigueur, ça pourrait être rigolo... si le sujet l'était rigolo évidemment), " prier est un devoir, le martyre est une récompense" (sois mimi et tu auras de l'écartèlement, de la décollation ou du fauve en manque de protéines,  t'as le choix.  Merci qui ?! )
Mère Marie, reconduite dans ses fonctions de "dextre membritude supérieure" (bras droit), joue les ponctuations de traitement de texte en renouvelant ces conseils de prière comme devoir à accomplir en priorité. Répondant  au geste comme au sifflet, en bonnes fifilles, les nonnes s'agenouillent et entament un Ave Maria plein de ferveur (joli moment d'ailleurs, j'ai bien aimé) et ne quittent la scène (avec le noir scénique familier maintenant) qu'après un Amen final dévotement susurré.

Deuxième interlude
, dans le hall d'entrée (le sas de décontamination) on entend tambouriner à dégonder la lourde (tambourinage remplaçable par un index appuyé rageusement à la cyanolite sur un bouton de sonnette, mais ça vrille plus les nerfs sensibles) Le frangin de Blanche a un truc urgent à dire à celle-ci, vaudrait mieux lui ouvrir, il risque de faire une bavure sinon. La Prieure se fait un peu tirer "l'orteil" mais accepte tout de même, mais à la condition que Mère Marie soit témoin de l'entretien (quand je vous dis que ça sent son parloir de tôle moi !)

Prélude d'ouverture du
troisième tableau sur le parloir (hygiaphones, sœur Maton-Marie fait des rondes autour des deux strapontins occupés par le frère et la sœur).
Le Chevalier donne des nouvelles de la maisonnée et signale que leur paternel se fait "un peu" de mouron pour elle (il a juste entamé les deuxièmes phalanges de ses pognes, les ongles ne sont plus qu'un pâle souvenir parsemant tristement de leur "rogne" dépouille le tapis du salon Bleu*****  ). L'endroit lui parait peu sur, ça serait mieux s'il elle décarrait d'ici et ça incessamment sous peu.
Ses dires ont autant d'effet qu'un cautère sur une jambe de bois, la fille est du genre à lui répondre "parle à mon ... ma tête est malade", pas impliquée du tout dans la conversation. Elle lui répond qu'elle n'est plus "son petit lièvre" (déjà évoqué dans le premier acte cette anecdote familiale), même si elle a encore du mal à s'impliquer dans sa nouvelle non-vie (désolée, ça n'engage que moi je sais, mais l'état contemplatif est à cent coudées de mes aspirations) mais elle a bon  espoir d'y arriver et tout est bon pour oublier "le monde" et "ses doutes" (bien ça ! On évite de se mesurer à l'obstacle, donc, on continue de s'ignorer, si on écoute Saint Ex.  )
Comme le frangin voit que ça ou se soulager dans un Stradivarius c'est la même chose, il décide de tourner casaque et de regagner ses pénates  http://fr.wikipedia.org/wiki/Penates
Blanche le retient tout de même par les boutons de manchettes pour lui demander de respecter son choix (?!) et qu'elle s'apprête à lutter à sa manière pour la salut de chacun (facile d'appeler "lutte" un état d'inertie, quand je comatise, est-ce que je suis pugnace ?... Grande question !). Il sort, ne sachant si c'est du lard ou du cochon (tout comme moi du reste...)
Mère Marie se pointe plus près et Blanche avoue qu'elle a refusé de se faire aider par son frère par pur orgueil ;  trop la honte d'engendrer la pitié, même fraternelle ! Son aînée lui conseille de réviser son jugement et de tenter d'améliorer  la situation en dépassant cet orgueil qui fait tâche sur son aube monacale.

Changement de tableau
, on aborde le quatrième et dernier de cet acte par un prélude (autant il a été chiche en ouverture, autant ¨Poulenc se rattrape à quasiment chaque scène de son oeuvre)
On se retrouve à la Sacristie bien surpeuplée à la fin de l'acte (quand on voit les dimensions de certaines sacristies, pas du beurre mou d'y faire tenir tout ce monde !). L'aumônier annonce à ses ouailles qu'il vient d'être relevé de ses fonctions et proscrit par la même occasion. Pour fêter l'évènement et comme il manque de Champomy,  il invite les carmélites à entamer l'Ave verum corpus (très chouette comme évoqué dans un précédent billet)
Blanche flippe qu'il ne se fasse tuer, mais il lui explique qu'il a prévu de se déguiser (en quoi ? Spiderman... The Shadow... l'encagoulé de Scream ?... ). Constance pousse  sa gouallante en demandant ce qu'ont les  Français  à part de la  flotte dans les veines pour laisser leurs représentants du culte se faire passer à tabac. La prieure lui rétorque que "quand les prêtres manquent, les martyres abondent' de sorte que l'équilibre est rétabli (l'état de grâce est évoqué)
Mère Marie se demande si elle  a l'habitude de changer d'idée comme de  string, parce que mine de rien, dans la scène précédente, c'est bien Madame Lidoine qui a préconisé de ne pas  s'instaurer martyre de son propre chef, faudrait savoir... Elles seront les "sacrifiées" à la bonne cause... ou non ?! La Prieure lui répond que "ce n'est pas à elles de décider" (fatum, volonté  divine, folie populacière, tout est bon du moment qu'elles n'aient pas leur libre arbitre dans l'histoire on dirait)
L'aumônier qui était sorti entre temps, revient pour prévenir que la foule aborde le dernier virage avant de se cogner à la lourde du Carmel, ce qui a pour effet immédiat de regrouper toutes les nanas, façon troupeau de brebis sacrificielles à l'autre bout de la pièce, le plus loin possible des bruits peu engageants qu'on entend derrière la cloison qui les sépare des fous furieux. Toutes sauf Mère Marie, c'est une dure à cuire celle-là !

Cette dernière prend sur elle de demander à ce qu'on ouvre la porte, obéissant aux injonctions de la populace vénère (elle a surtout peur qu'ils ne déglinguent tout si  on n'accède pas de suite à leur "vive" demande, sont  capables de tout péter  ces enragés !)
Les gardes ont toutes les peines du monde à retenir la masse populaire (conseil au metteur en espace : en mettant une  dizaine de pékins alignés et gesticulant dans tous les sens très vite, on peut faire la farce sur scène, faut juste qu'ils bougent beaucoup et très vite pour faire penser qu'ils sont plus nombreux). Un des commissaires s'avance et lit de décret proscrivant les ordres religieux et ordonnant la saisie de leurs biens (par ici les picaillons ! Un certain Philippe le-Pas-Moche a fait ça avec les Templiers aussi)
Mère Marie (encore elle, la Prieure est pâlichonne à côté question maîtrise de la situation on dirait) demande qu'on donne du rab de temps pour qu'elle réussisse à trouver des costards civiles à ses copines, vu le que la bure longue n'est plus de mise et a une fâcheuse tendance à attirer l'ire populaire (quand  t'es plus à la mode, t'as la loose coco !). Elle en profite pour taper la causette avec l'autre commissaire, pas trop vache, et  parler de la flexibilité des terminaisons vertébrales bovines, des uniformes (?!) et si c'est tendance d'être martyre ou non. Le type lui dit qu'il s'arrangera pour qu'elles soient évacuées sans problème, lui et ses potes y veilleront, mais qu'elle a plutôt intérêt à se méfier d'un des types qui va rester pour décrocher tout les symboles de l'ordre religieux de la place, c'est un "vendu à Moscou" un bavard qu'on aura du mal à faire  taire  s'il entend (ou voit) quelque chose  qui choque sa "foi" révolutionnaire (partisan de la dernière heure, comme certains résistants du même nom à une autre époque, il y en a toujours eu, il y en aura toujours)
Mère Marie, histoire de consoler Blanche en train de quasiment faire sous elle, lui file une statuette de l'Enfant-Jésus, discrètement, comme elle est minuscule, avec un peu de bol, ce symbole religieux passera à l'as, lors de la fouille.
En plus d'être pétocharde, la nana est affligée de deux mains gauches, elle laisse tomber l'objet qui se pète en miettes en touchant les dalles marmoréennes, mauvais présage pour la suite ça !!!

Le tableau se termine ainsi que l'acte sur les filles du Carmel en délicate posture (le pif au sol en train de chercher tous les morceaux de la statuette, le tube de colle forte à la mimine) et une foule chantant à tue-tête un "Ah, ça ira" sauvage et le poing levé, je ne voudrais pas jouer les sinistres oiseaux******, mais ça ne présage rien de bien folichon.

On verra plus tard, pour l'instant, je vous laisse pour continuer quelques taches ménagères nécessaires (si ce n'est agréables à mon élévation spirituelle, mais ne parlons pas de martyre ancillaire, je n'ai point de vocation de sacrifice à ce  point là !)

Bonne journée et à plus tard.


La dragonne

* Pas beaucoup de rapport avec la semoule, mais la formule était employée à toutes les sauces dans la famille, je ne vais pas déroger à la tradition. Quoique, après blette réflexion, l'ennemi est un sacré adversaire en ce moment.


** de canasson si vous  cherchez la racine, à cheval si vous préférez rester dans les rails du dico politiquement correct

*** de la  série  la Panthère Rose (ah... la musique de Mancini...)


**** Ballots, lèvres en Charentais

***** Il y a toujours un salon Bleu dans les châteaux non ?


****** Oiseaux de mauvaise augure, de mauvaise prédiction, ceux qui passaient à la gauche des devins et pythies antiques (d'où le mot "sinistre" issu du senestre médiéval, lui même découlant du sinister latin)

publié dans : Poulenc
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Vendredi 16 mai 2008
Bonjour à tous !



On ne peut pas dire que ça ait été du beurre ramolli cette semaine-ci ! J'hésite à ajouter "encore une fois" ou "pour changer" étant donné ma propension à attirer les problèmes informatiques comme le miel les abeilles*, cela s'imposait pourtant, mais ça fait un peu trop
Calimero   (ou Madame Malchance)  pour mon goût.

Profitons d'une accalmie internétienne pour continuer la narration de notre opéra carmélitien, que vous ayez tout de même quelque chose à vous mettre sous les mirettes, la morneplainitude bloguesque, ça va un temps, mais j'ai l'Azerty qui me démange.. Je suis en train de cogiter ça pour le  début de la semaine prochaine donc, et figurez-vous, que je commence à drôlement l'aimer cet opéra (enfin, pas tout, soyons lucide, mais il y a des superbes moments, merci  BMC !). Mais il faut patienter un peu, la lecture de mon retard chez vous s'impose, vous le savez depuis le temps.


Pour l'instant, je préfère vous tenir au courant de mes progrès musculaires, sinon
Jane va se mettre en apnée 
D'accord... je reviens un peu sur mes dires quant à mon souhait de prendre du champ avec le blog, mais j'ai une excuse (ouf !), je n'ai pas encore trouvé la salle idéale pour recevoir une dragonne de mon "envergure" (z'ont osé me refuser en éveil psycho-moteur et à l'atelier d'expression corporelle de la grande section maternelle, un comble !) J'en ai même une seconde. J'avais commencé cet billet avec l'idée de continuer le récit de l'opéra, mais quand j'ai vu la somme des apartés ou des "*" en fin d'article, et leur longueur, autant en faire un bidule à part que de vous saouler à tenter de reprendre le fil d'un discours plutôt heurté (je suis lucide, les digressions, ça fait tout de même "un tantinet" perdre le fil du récit, déjà bien emberlificoté chez moi sans ça)

J'suis en forme (de quoi, c'est une autre histoire...) pour rivaliser avec ce brave Schwarzi, dans sa période "Conard le barbant" (il sortait juste de ses compétitions de "j'ai un triceps plus gros que mon ciboulot", il a "dégonflé" un peu depuis, musculairement parlant évidemment, pour le reste... joker !).

Les seules salles de remise en forme de retenues dans les environs (si je me crève déjà pour y aller, où est l'intérêt de péter du feu après ?) ont tout pour me... déplaire. Le coût d'un oeil directeur par exemple quand on demande les tarifs d'inscription (là, tous les muscles se crispent remarquez), exemple  : dans une salle on me répond un "702 brouzoufs pour l'année, payables en trois fois, mais c'est moins intéressant, à cause des frais de schmiltruc".
D'accord, ils ont agrandi les locaux, changé les appareils (on fait du rameur ou du vélo éliptique avec écran de téloche intégré), refait la salle de hammam et le coin piscine, mais qu'est-ce que j'en ai à battre de payer pour l'ambiance, qu'il n'y a  pas d'ailleurs, cette succursale de chaîne de remise en forme étant le rendez-vous des bimbos trentenaires (grand maximum, ou alors liftées à s'en faire sauter les ongles des orteils si elles sourient) qui font trois tractions... de paupières pour se regarder aussitôt dans le miroir gigantesque afin de constater  s'il y a déjà un résultat sur leur culotte équine et leur peau d'agrume acide.
Et ça sent sa foire aux bestiaux (ou aux maris, comme dans nos bonnes vieilles cambrousses d'antan), les charolaises  cotoyant les percherons dans des frottes-couennes provocateurs (y a des hôtels pour ça non de d'là !) à grand renfort d'excuses verbales du genre "tu me tiens le bassin pour que je  fasse le bon mouvement, une luxation de l'ongle, je tiens à éviter" ou "j'arrive pas à y accéder, tu peux m'éponger le bas de l'échine, mon top risque de dégorger sur mon cycliste rose-disco sinon" quand ce n'est pas "à ton avis... de profil, ça le fait... ou pas ? C'est assez tonique au toucher ?..."

Je m'en tamponne allègrement le coquillard du cadre et du "people", je veux juste me muscler, ce que j'ai précisé à la grande gigasse qui m'a reçue et les défilés de body "coupe-étron"**  et tenues en lycra kevlarisé testé par la NASA, très peu mon style quand on sait que je choisis du "vieux, qui ne craint rien, et me laisse de l'aisance" (en gros, au moins trois tailles de plus est l'aisance  idéale  pour bien gesticuler, du moins selon mes  critères personnels)... Je ne sais pas... mais elle s'est un peu raidie quand je lui ai dit ça... j'aurai-t-y fait une boulette ? M'en tamponne  aussi ! J'ai mis du soleil dans la tête d'un type, vu qu'il était presque roulé en boule par-terre en train de pleurer sa mère de rire n'ayant rien raté de mes tirades.


Résultat des recherches... pas  grand chose  mais je persiste, je la trouverai cette salle de "vraie" musculation, quitte à m'engager chez les cocoyes pour ça (commandos de l'air dans le jargon paternel), ça risque même de mettre un peu de piment dans leur vie réglée au papier millimétré non ?


Par contre, je tiens tout de même à signaler que je prends le sirop de la rue régulièrement, en majorité avec ma gamine, histoire de ne pas passer pour la bredine du bled avec mes enjambées d'arpenteur (ou de biffin*** en exercice, gabarit non compris, cela s'entend) Pour exemple, notre virée d'avant-hier, une heure et demi de marche rapide de notre patelin à celui perché sur la colline d'à côté (à vol d'oiseau le "à côté", à pattes, un peu plus loin on confirme toutes les deux, étant revenues au coucher du soleil). Le populo perd la notion de la marche oxygénatoire, ça se sent, étant donné qu'on a su que le conjoint d'une connaissance de la  gamine nous avait croisées et qu'il en était resté comme deux ronds de flan, pensant même qu'on avait des problèmes de charrette**** et qu'on revenait pedibus jambus; (c'est que ça  fait une trotte tout de même ! J'avais les semelles qui en fumaient presque)


Pour compléter, quelques petites séances d'assouplissement et d'altères (un kilo, rigolez pas, vous ne connaissez pas mes bras d'abord !) en attendant le "gros-oeuvre" en salle et histoire de ne pas commencer en me faisant remarquer comme la dernière fois que je me suis inscrite à un club de sport, c'est à dire en faisant tous les appareils "à vide" sans le lest prévu, même le minimum syndical de rigueur ; le moniteur n'en revenait pas et les larmes (de rire) perlaient presque au coin de ses mirette, mais ça, je crois bien l'avoir évoqué ici, mais où et quand... autant chercher un brin de paille dans une pelote d'épingles !


Bon, un petit résumé de ma situation "physique" s'imposait, nous verrons le côté neuronale la semaine prochaine, d'ici là, portez vous (ou faites vous porter) bien et bonne fin de semaine. Je file vous lire !


La dragonne





*J'aurai pu prendre comme comparaison le résultat d'une transformation alimentaire également et qui commence par la même consonne, mais la mouche du même  nom est bien moins photo-hygiénique que sa copine butinante et je soigne  mon esthétisme "exemplatoire" en ce moment.


** Formule très peu tendance et familiale pour désigner les strings (ça vient du gamin, pour une fois, si vous avez des réclamations outrées, c'est à lui qu'il faut s'adresser)

*** soldat de l'infanterie dans l'armée de terre, j'ai des "remontées" militaires paternelles en ce moment, je viens de tomber sur son album en Indochine (et pas le CD du groupe issu du new wave) ça doit jouer.


**** Et si cela avait été le cas ? Il s'est bien gardé de ralentir et de se manifester le coco... il nous aurait laissé dans la m....ouscaille, trop pressé de retrouver ses charentaises et son canapé avachi certainement. Tout ce que sa nana a trouvé à dire à fistonne quand elle l'a informée de ça le lendemain, c'est qu'on aurait dû bifurquer  un peu avant cette voie bien fréquentée, la route étant dangereuse pour les "ripatonants" (piétons)... Trop bien les conseils de ceux qui se sont fait greffer leur siège auto au valseur, on sent le "non-vécu" pas à dire !



publié dans : Je blablatte sur tout et n'importe quoi
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