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Mardi 31 juillet 2007
Bonjour !

Bon, même si le rythme de croisière des blogs ressemble plutôt à du cabotage par marée basse en ramant dans la vasouille qu'à une virée en hors-bord se la pétant poisson volant tellement la vitesse le  fait décoller de la surface, quand faut y aller...

Donnons un peu de nos nouvelles. Ou plutôt de celles de cette chère Ecosse, en finissant la visite du château d'Edinburgh, par un lieu très prisé dans les bouquins et les films et ce, du célébrissime Monte Cristo au Pirate des Caraïbes : les geôles.

Ben vi ! Qui n'a pas eu droit à son frisson romantique en voyant le pauvre Dantès se dépatouiller avec son sac à patate lorsque ses aimables gardes-chiourme l'ont fait passer cul par dessus tête via le tout à l'égout pour lui rendre les derniers hommages * ? Et ce brave Legolas... pardon Orlando Bloom (je le préfère dans "La Chute du faucon Noir" désolée de vous ruiner l'ambiance les nanas) qui se voit pourrir la vie par un anglais (encore !) tatillon et surtout arriviste et opportuniste au point de rayer le pont du trois-mâts avec ses raquiches.

Donc, nous nous devions de faire un tour par ces lieux pimpants et cosy que sont les cul de basse-fosse, lieux hauts en couleurs (du noir et du verdâtre, une touche de gris, je veux les coordonnées du décorateur d'intérieur de l'époque, il a ça dans le sang... mais une mauvaise circulation), lieux que tout bon castel ou forteresse qui se respecte se doit d'avoir pour être "tendance".

Etant donné la taille du pied-à-terre, je tiens à signaler que l'adjonction de certaines pancartes à des endroits stratégique n'a pas été du luxe pour une dragonne qui se paumerait dans un couloir ! Si ça se trouve, sans celles-ci, je serais encore en train de chercher... une vache n'y trouverait pas son veau dans c'te barraque ! Pour vous dresser la taille du bestiau, imaginez un ancien plateau volcanique... entièrement cerné par des murailles et une mini-ville au mitan, ils pouvaient vivre en autarcie les cocos, et tenir un siège, leur activité favorite d'ailleurs à l'époque de sa construction.

Avec du recul, (pas trop, il y a le bord des fortifications, et une sacrée "marche") on aurait pu y arriver au bruit. Et oui ! Ces braves anglo-claxons (désolée autre mot bidouillé) ont l'art de la mise en scène et ont sonorisé ce lieu de manière à mieux "cerner" l'ambiance de l'époque certainement. On a donc droit à des lamentations, des engueulades, des remarques sur la bouffe, sur la faune et la flore nuisible qui empiète sur son carré de paillasse, enfin si vous avez fait la colo, vous connaissez.

Mais tout d'un coup, j'ai cru être frappée au front du didi de la déesse poly-mégaglotique de la basse Egypte "Has-Sy-Mil **... je pigeais ce qu'ils disaient ! Pour cause, dragon me signalant au même moment que "ça" causait franssouze la B.O d'ambiance.
On a eu l'explication peu après, quand on a réussi à choper une petite brochure explicative en français (en fin de visite presque, vachement utile ! Mais c'est pas de leur faute, on a tout simplement fait la visite à rebours, on ne peut pas suivre le troupeau, comme d'habitude) alors que jusqu'à présent on était obligés soit de tendre l'oreille et les neurones (surtout dragon, rapport à la traduction simultanée) soit de s'user les mirettes à lire les panneaux instructifs mais pas très bien éclairés pour des dragons pas si nyctalopes que ça.

Il s'avère que la prison était surpeuplée dans les années 1780 et des pruneaux, une certaine guerre de Sécession tenait le devant de la scène politique anglaise et de se trouver avec trois patelins en même temps en guerre***,  ça amenait des touristes dans les environs, la plupart chopés lors de batailles navales... ce qui explique là aussi le passe-temps favori de  certains détenus; les maquettes de bâtiments et l'ambiance sonore façon La Croisière s'amuse (Love... na-,na-na-na-naaaaaaaa...)

En vrac, on a eu droit
- A la visite des chambrées, coquettes, à la  lumière tamisée (un soupirail pour toute ouverture et en sous-sol, ça aide), aux couches idéales pour la raideur du matelas (paillasses sur planches plus rigide, vous me dites) souverain pour les problèmes dorsaux de matelas trop mous, et de plus logeable jusqu'au plafond richement décoré de... salpètre, en cas de coup de feu saisonnier, avec une attention particulière pour la majorité des taulards touristes, des mimis petits hamacs pour leur rappeler leur bâtiment naval préféré (logiquement en train de servir de casier à homard géant après un coup de boulet britannique).

- A quelques témoignages de la vie carcérale en ce temps-là  - attention toute particulière à des restes de portes de prison vermoulues, conservées sous cloche bicouze les inscriptions et graffitis divers du "M.. à celui qui le  lira" à "Dis à Zézette qu'elle me rapporte les clés du semi"  (étant donné que c'est illisible, comme les hiéroglyphes, je regrette, ça pourrait être n'importe naouak !) en passant par "Lord Nord à la potence" (plus réaliste ça, allusion à Lord North, Premier Ministre britannique à l'origine du déclenchement de toute cette chienlit****, la Guerre de Sécession qui a cessé c'est sur) 

- Au menu reconstitué (je vous conseille d'éviter de goûter leur pain et la bidoche dans les plats exposés, la cire et la résine, ça colle aux dents !) et là, on s'aperçoit que, mine de rien, les petits "bouffeurs de grenouilles" n'étaient pas si mal logés que ça.. Preuve par le menu, c'est le cas de le dire, et ce, pour une ration journalière et par détenu :

- 2 pintes de bière (110cl)
- 1 livre 1/2 de pain (680g)
- 3/4 de livre de boeuf (340g)
- 1/2 pinte de purée de pois une fois tous les deux jours (28cl c'est vous dire qu'elle était un peu "clairette" la purée pour être mesurée au centilitre !)
- 1/4 de livre de beurre (110g)
- 6 onces de fromage à la place du boeuf le samedi (170g)

Par contre, ces rations étaient calculées pour tout prisonnier "normal" aux yeux des anglais, si je puis dire ; pour les Américains, c'était une autre paire de branches ! Ils n'avaient droit qu'à une livre de pain par jour et à de la flotte (s'ils étaient assoiffés, ils n'avaient qu'à lécher les murs, ça suinte encore un peu mais ils ont  fait des efforts pour les besoins de la conservation du site, alors imaginez le tableau à l'époque !). Quand on est classé "rebelles, faut en subir les contre-coups !
De plus, chaque prisonnier recevait des fringues et six pences par jour, mais là encore, les français recevaient plus de la part de notre gouvernement (entre nous, ils devaient tout de même se faire regarder de traviole par les autres, nos compatriotes incarcérés) Un médecin était chargé de s'occuper régulièrement de l'état de santé de ceux-ci (la santé "physique" pour la mentale, Sigismund n'était pas encore ne serait-ce qu'une lueur de concupiscence dans l'oeil de ses aïeuls) et il y avait même un;;; "hôpital" pour les malades... que demandait le peuple ?! (Euh, les clés de la tôle peut-être, histoire de se dégourdir les ripatons sur le sol natal, enfin je dis-ça... mais si ça se trouve, z'étaient très bien avec leurs potes de chambrée, les voyages ça forme la jeunesse)

- Et le pompon de la visite, (enfin par panneaux interposés, certaines "vraies" réalisations on les a vues bien après, au musée des transports de Glasgow), ce fut le détail des créations artisanales des taulards pour meubler leurs loisirs (et ils devaient avoir du temps, je confirme, ce n'est pas les balades de quelques minutes à  l'air libre qui devaient meubler leur "morne-plainitude" carcérale). Et comme tout bon taulard qui se respecte, on peut compter sur son imagination quant aux matériaux de base !
Le premier, j'vous l'donne Emile... c'est l'os de leur pièce de boeuf quotidienne, la foultitude de choses taillées dedans est "époustiflante" ! Des miniatures navales, comme ci-dessous (toujours musée de Glasgow)... des boîtes à bijoux, façon marquèterie en nonosse de charolais... (ou de boeuf highlandais, pas vérifié le tampon)...  jeux de solitaire ou échiquiers miniatures enfin, il faut avouer qu'ils avaient la création facile avec cette matière première, elle leur  a bien causé question inspiration !


(Pour info, certaines de ces petites maquettes n'excèdent pas les cinq centimètres de long, chapeau le travail d'orfèvre !)

Ils piquaient aussi de la paille de leur matelas, pour faire des bibis sympas contre le soleil harassant des brûmes écossaises certainement. Savoir que je porte sur la tête un truc qui a cotoyé  le cul. d'un autre, prisonnier de surcroît, je l'aurai eu moyenne... mais à mon avis, soit c'était très mode de s'offrir un truc provenant des geôles Edinburghoises soit, le marchand évitait de révéler ses sources d'approvisionnement, (des clandestins en quelque sorte, sans la machine à coudre et les yeux en amande qui vont avec, triste époque qu'on vit encore de ce côté-là !)

Le comble, ils faisaient de la contre-façon, pire... de la falsification, façon faux-monnayeurs dans les polars ! Toujours à l'aide de leurs nonosses, ils façonnaient des estampes pour une épreuve assez rudimentaire qu'ils peaufinaient à la mimine à l'encre et à la plume, pour obtenir des billets de banques. Une sorte de petit revenu supplémentaire qu'ils se faisaient en échangeant ça avec les gardiens pour avoir double ration de purée de pois sans doute.
Evidemment, quand on dit billet, on pense automatiquement à nos trucs avec goules de types connus, couleurs psychédéliques et numéros de série, mais rien à voir, imaginez plutôt une sorte de billet à ordre avec des tampons "officiels" en en-tête et le texte rédigé ainsi que la somme en cursif, façon ancêtre du chèque. Un peu plus facile à falsifier que nos trucs sur papelard spécial, qui clignote et hulule au détecteur lumière infra-ultra-intra-violette quand il est aussi faux qu'un sourire sur la  goule d'un hypocondriaque. Et ils ont été plus que productifs sur ce coup-là, obligeant même les banques à faire de l'huile et à se creuser le ciboulot pour trouver des moyens un peu plus surs de rendre les contre-façons plus difficiles à réaliser.

Dernier couplet, un petit topo sur l'indépendance américaine et sur certains de ses héros...John Paul Jones par exemple (capitaine d'origine... écossaise, "père" de la marine américaine selon certains) mais là... c'était moins parlant (sauf à bibi, mais j'ai fouiné après pour moi-même, soyez en surs !) aussi, je m'arrête là, pour le cours d'amphi sur le sujet, faudra attendre, ou fouiner encore sur le net ou dans les bouquins, ça ne manque pas sur le sujet, rassurez-vous ! Nous faisons dans le light et le touristique, n'oubliez pas !

Enfin, une visite de geôle quasiment essentiellement réservée à son apogée aux marins faits prisonniers lors de bastons navales  et où  tout fleurait bon sinon la bouteille de rhum (et Ohhhh...!) et les dreadlocks gominées de Johnny Deep, du moins une certaine odeur de souvenirs iodés (p't'êt' bien le moisi, tout compte fait) et de marins au port d'attache (pour les attaches, faut leur faire confiance là-aussi, façon menottes rivetées pour décourager le crochetage en trois secondes par le Oudini local et lourde qui pèse son âne mort pour éviter qu'on se fasse la belle, plus attaché à un lieu, ça risque d'être dur de trouver !)

La prochaine fois, rassurez-vous, on va causer de quelques petits fantômes locaux... ça va changer de parler fantastique un peu non ? Parce qu'un château écossais, de toute façon, sans ses fantômes, ça n'a plus aucun sens... et là, les châteaux hantés, il y en a plus que de cocos incrustés au grillage du super-marché du coin, avant l'ouverture des soldes (j'imagine toujours les gens avec la marque du grillage sur la goule pour la journée tellement ils sont agglutinés à celle-ci, de peur de ne pas être le preum's à mettre la main sur l'affaire du siècle, on dirait presque des canassons dans leur box avant le départ de la course, ne manque que le coup de flingue du type et les hennissements... quoi que...)

Par contre, n'oubliez pas... je reçois une certaine... fourmi pour une semaine... il faudra être patients... je me dois de bien jouer les hôtesses (et puis il faut au moins trois jours pour la rassurer sur ma santé mentale et le fait que je ne suis pas dangereuse non ? Une rencontre façon Jean de la Fontaine, si ça en inspire hé, hé...)

Sur ce, direction cafetière barre à tribord toute (j'aurai été malheureuse à l'époque, pas de kawa sniff !) et bon vent moussaillons !

La dragonne


* Monte Cristo, pour ceux qui auraient un blanc, de Dumas, Alexandre,  fils de Thomas Alexandre (déjà ça de gagné pour changer le chiffre du linge brodé, savaient faire des économies de bout de fil à canevas à cette époque) Davy de La Pailleterie dit "le général Dumas", la révolution française en a vu foisonner une charretée de gradés à cette époque, métis de l'île Haïtie par sa mémé. Evidemment, il faut connaître le contexte... ce type n'a rien trouvé de mieux comme idée lumineuse pour se faire la belle à la Papillon que de piquer le sac-suaire - (tiens, ça ressemble à sanc-tuaire du coup... rien à voir, mais je vous tiens au courant de mes connexions mentales capillotractées, j'ai droit non ?) - sac-suaire donc de son co-détenu en fin de remontée mécanique (celle des jouets à clés, pas celle des pieds spatulés, ne pas confondre, même si c'est la fin de la piste là aussi). Comme ça se passe dans une forteresse prison, sur une île taillée dans la pierre du même métal, allez trouver une pelle en carbonate de tungstène ou une bèche en diamant pour creuser les fosses mortuaires vous ! Autant "dégazer" dans la flotte, ça fera des heureux (dure mais réaliste !)

** Méthode d'apprentissage des langues ayant eu son heure de gloire à un moment.

*** Espagne, France, Hollande, la bannière étoilée était en projet, mais on ne parlait pas encore de pays, mais de colonie anglaise hyper-développée pour être exacte et les nations partisanes de cette indépendance n'étaient pas particulièrement dans les p'tits papiers du gouvernement britisch !)

**** Rien à voir encore une fois, mais vous savez que ça, la Chienlit, c'est le nom d'un opéra de Moussorgski. Si je dis "la Khovantchina", c'est sur, ça fait plus classe, vu qu'on ne pige pas ce que ça veut dire et que même au début, j'ai cru que c'était une  nana style la Norma ou la Traviata, mais juste au début, je vous rassure, parce que ça sent vraiment son pogrom et sa lutte pour savoir si on va faire le signe de croix à deux ou trois doigts en bon orthodoxe, par contre, j'adore évidemment. (je vous avais prévenus, rien à voir avec la semoule !)
par Sieglind publié dans : Dragons et créatures
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Mardi 24 juillet 2007

Bonjour !



Bon, un jour de rab, sur mon farniente de fin de semaine, ça peut être excusé, surtout en période estivale n'est-ce pas... Mettons ça sur le compte des neurones encore restés Outre-Manche hein ?

Donc, en ce qui concerne ces fameux "bijoux de famille" (désolée, mais c'est ce qui m'est venu à l'idée, pendant la visite, encore heureux que les anglo-saxons ne pigent pas mes... subtilités, j'aurai peut-être eu droit à un vol du haut des remparts, mais sans l'aile volante, sont pointilleux sur l'honneur justement ces braves gens !), ça vaut un roman de Walter Scott, et pour cause, il est personnellement impliqué dans l'affaire ce cher antiquaire-avocat-écrivain).

Ch'tiote mise au point. Honneurs, donc joyaux de la couronne, c'est le qualificatif du paquetage filé au roi, son kit de survie sur le trône (et non kilt, on ne va pas faire une fixette là-dessus hein ?), des fois qu'on le confondrait avec le belou en train de servir le rata dans le grand Hall du château d'Edinburgh*  Le barda comprend la couronne (logique, un roi sans couronne, ça le fait moins à cette époque), l'épée d'apparat -  (qui dit d'apparat doit certainement signifier qu'elle coupe comme les genoux d'une bonne soeur et qu'on aurait du mal à défendre sa peau en croisant le fer armé de celle-ci, mais elle est jolie et en jette bigrement, ça compense et qui sait, même si elle ne coupe pas grand chose à part le beurre mou, à sa vue les nuisibles étant paralysés par sa... "majesté", il suffirait juste de leur en filer un coup entre les argouanes avec la garde, façon matraque pour les achever) et enfin le sceptre... l'espèce de gratte-dos (ou chausse-pied) majestueux qu'on leur file entre les pognes (ça rappelle tout de même les insignes qu'on voit sur certains monuments egyptiens non ?)

Le premier roi à recevoir sa panoplie fut James IV (période de règne 1488-1513 ; il avait déjà la couronne mais il manquait l'épée et le sceptre) - . Un p'tit cadeau du pape (et oui, on sait l'Eglise dans le besoin, encore une preuve !) Mais il devait avoir des problèmes de facteur ou s'appeller Pie "Trois-Redoute" (référence aux catalogues de vente de nippes par correspondance, pour ceux qui auraient un doute sur ma santé neuronale) parce qu'évidemment, l'envoi ne fut pas groupé, un des "articles" étant différé pour rupture de stock certainement. Par contre des délais, comme ça, j'aurai annulé la commande : le sceptre en 1494, l'épée, le fourreau et le ceinturon en 1507. Petit note sur la tendance vestimentaire royale, ce fut le dernier roi à porter la couronne à arceaux, ou impériale (les arceaux avaient été rajoutés par son papounet Jacques III - 1460-1488 -) A mon avis, pour éviter que le truc en tissu sur le dessus ne ressemble à la longue à un soufflet en phase de dégonflement après être resté trop longtemps sur la table et donner à l'ensemble une allure un peu plus... tonique et majestueuse qu'un bonnet de velours cramoisi s'avachissant sur la trogne de son porteur,  (trogne tout aussi cramoisie après les libations multiples lors des festivités inhérentes à ses fonctions).

Le suivant à  porter le galurin et les breloques fut James V (1513-1542), qui voulut lui aussi, apporter sa..."king's touch" en faisant modifier tout le bataclan**. Le sceptre est allongé (pas assez voyant mon fils !), la garde de l'épée refaite, (à force de la tenir serrée pour pas qu'elle ne leur tombe sur les ripatons, la sueur corrosive avait dû attaquer le métal), et on modifie une nouvelle fois la couronne en y rajoutant de l'or quarante-douze carats et des pierres précieuses. La toque, bouffée des mites certainement, ou "péguante" avec les générations de cheveux gras qui l'ont côtoyée, ça devait commencer à sentir le poney, il y avait urgence et on lui subsitua une nouvelle coiffe pourpre, bordée d'ermine (les p'tites bestioles blanches spécialement sauvées par Noé pour servir de  garnitures aux "encouronnés", vous parlez d'un "sauvetage", j'me demande bien si le Déluge n'était pas mieux, tout compte fait pour ces petits carnassiers...)

Donc, on arrive déjà à 1543 sans que ces fameux honneurs aient été utilisés ensemble lors d'un couronnement. Vous vous imaginez passer la robe ou le costard offert à Noël...trente-six ans après, faut pas avoir peur de n'être plus à la mode ! Le premier à le faire, fut une "première", puisque ce fut Mary Stuart, couronnée au berceau quasiment, ce qui fait qu'à mon avis, elle n'a même pas pu jouer avec sa panoplie de princesse (elle aurait fini écrabouillée dessous de toute façon).
Une fois adulte et après quelques "ennuis" (euphémisme !) avec sa cousine Zézette Première (Elisabeth 1ère, la reine "vierge", on pige mieux pourquoi, quand on voit sa trogne remarquez) c'est son fils, Jacques qui hérite du bébé en 1603, devenant non seulement roi d'Ecosse, mais d'Angleterre également. Depuis, les deux "nations" ont prêté allégeance au même monarque, Zézette II, la Queen actuelle comprise évidemment.

Dernière sortie des breloques du placard à naphtaline  : au couronnement de Charles II à Scone (et vi Moyra, c'est l'origine du nom des gâteaux, puisque ça serait là que ces petites douceurs ont été concoctées pour la première fois selon les dires populaires) le premier Janvier 1651.
On est en pleine époque de baston générale... à la moindre occasion, pet de travers ou regard en coin, on se tape joyeusement sur la tronche, se découpe en rondelles et autres joyeusetés, la guerre civile quoi (se référer à Wikipédia quant à cette période, ils en causent mieux que moi, et si je m'y met, vous n'êtes pas sortis de l'auberge avant demain, quant à la longueur de l'article !)
A cette époqe, ça commence à sentir le roussi pour les Honneurs, puisque Cromwell  envisage sérieusement de les inclure à l'actif de sa balance comptable au poste "prises de guerre et petites gratifications" juste au-dessus de "dommages collatéraux" sans doute.
Donc il n'y a pas à tortiller, il faut planquer les bijoux de famille (au sens propre et figuré, les "débordements soldatesques" ne faisant pas, déjà en ce temps-là, dans la dentelle du Puys !) Après le couronnement de Charlie II, les joyaux sont donc emportés du Château d'Edinburgh à celui de Dunnottar nocturnesquement et dans le plus grand secret... Pas si secret que ça d'ailleurs, puisque l'armée anglaise, renforcée de clébards dressés à sniffer les rubis et au Chanel n° 79 (numéro atomique de l'or pour les peu parfaits petits chimistes) se retrouve au pied de la forteresse avec la ferme intention de récupérer ces attributs royaux. Deux nanas, qui on ont, mine de rien, prennent sur elles de les planquer sous leurs jupes et de filer à l'écossaise afin de les confier au curé de l'église de Kinnelf, dans les proches environs (leur demander de traverser l'Ecosse à ripatons, faut pas exagérer, ça pèse son âne mort ce bazar, et une claymore dans le panty, ça doit gêner tout de même un peu...)

Il faut attendre huit ans, après la mort de Cromwell (1660) pour déterrer les joyaux de dessous le sol de la chapelle et leur faire réintégrer le château d'Edinburgh. Nouvelle affectation du matos : lors des cérémonies parlementaires, pour marquer l'union des parlements et du roi en place. En 1707, le sceptre touche le contrat d'union, symbole de l'assentiment du roi à l'union de l'Ecosse et de l'Angleterre.et c'est la dernière fois que ces attributs voient le jour, puisqu'on les fiche sous clef au château, dans un coffre dans la salle de la couronne murée après cette opération.

Et on entame une petite sieste à la Belle au Bois Dormant de cent onze ans, avec Walter Scott, père du célèbre "Ivanhoe" (et de Rob Roy également) dans le rôle du prince Charmant (1818). Comme ses recherches en anecdotes du patelin et ses autres études historiques  lui ouvrent certaines portes... pourquoi pas celle de cette fameuse salle de la couronne ? Qui ne risque rien.... Et c'est comme ça qu'il obtient un mandat royal lui permettant de mettre à bas les moellons scellant celle-ci (Carter, vous avez dit Carter, ça y ressemble non ? Malédiction pharaonique non comprise évidemment).

Il ouvre le coffret à bijoux (à mon avis, vu la taille du coffret, j'aimerai voir celle de la coiffeuse qui va avec !) et découvre des Honneurs intacts ou presque, qui sont exposés depuis dans la salle ré-ouverte au public (je ne sais pas si je puis être qualifiée de témoin digne de confiance, mais c'est sur, on dirait qu'ils ont été fabriqués avant-hier, sauf peut-être le pommeau de l'épée un peu bouffé par l'oxydation)

Donc, voilà en... bref (?!)... l'histoire de ces fameux attributs royaux ! Pour plus de détails, je vous engage à faire jouer vos mimines sur le clavier pour des recherches "internétiennes" des plus instructives, les sites et blogs sur cette histoire écossaise mouvementée foisonnant (la liste serait longue, et c'est sans compter sur le nombre faramineux de bouquins écrits sur le sujet). Moi, je m'arrête là... style "mise en bouche" pour ceux que l'Histoire intéresse évidemment.

Sur ce, je file hors connexion, énormément de choses à faire dans la "vraie" vie, encore une fois. Je vous souhaite une bonne journée et à plus... Viiiiiiteuuuu cafetière !!!

La dragonne


* visité par nos "groins", totalement restauré, "peint" plutôt que crépis... et ... bien moche, enfin je trouve, par rapport à la grisaille nostalgique des pierrasses des autres bâtiments, d'où le cliché là-aussi ; pour "clicheter" les colifichets, niet ! Interdit, comme dans la majorité des châteaux en Ecosse
 ** La couronne écossaise  se compose d'or extrait d'Ecosse, de perles et de pierres précieuses (diamants, améthystes, grenats) tout ça bien kitch évidemment, mais il faut ce qu'il faut, quant on veut en jeter plein la vue aux invités.
Le sceptre est d'or et d'argent, avec en son sommet un globe de cristal de roche (j'y ai vu le "bâton" d'Indiana Jones dans l'Arche Perdu , mais version "nain", désolée !)
L'épée de l'Etat, le fourreau et le ceinturon sont ornés des armoiries du Pape Jules et des symboles de la Chrétienté (tu m'étonnes, estampillé "Made in Vatican" le petit cadeau !) dauphins,  glands (?!) et feuilles de chêne.
par Sieglind publié dans : Je blablatte sur tout et n'importe quoi
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Jeudi 19 juillet 2007
Bonjour,




Certains se posent la question de savoir si je suis encore sur mes pattes ou la goule ouverte après une crise fulgurante d'aérophagie parce que, chez les dragons, c'est mortel ! Nos rototos célèbres ayant dévasté plusieurs contrées il fut un temps, en sont la preuve !
Meuh non... je suis simplement au rythme de croisière de la saison ; l'été, blogs en vacances, petites siestes pour certains, balades pour d'autres, je prends la cadence, pour une production plus.... moins.... enfin bref,  pour que je vous saoule un peu plus, il faudra attendre la rentrée vous êtes au courant depuis le temps que je vide mon sac à malice par ici hein ?

Mais tout de même,  "faut c'qu'y faut", donc vous aurez droit à un petit cours d'histoire non illustré (à part de mes mots... "exotiques", comme j'ai lû une fois pour qualifier ma logorrhée verbale) alors zou, comme promis, je vous parle de la Pierre de la Destinée et des Honneurs de l'Ecosse, et ça n'a rien à voir avec le fameux mystère caché sous le kilt des mecs du coin (tout ne tourne pas autour de l'entre-jambe de nos chers écossais tout de même hein ?)

Or donc, il était une fois...Bon, on lache le style Perrault et on continue, le côté "piou-piou-les oiseaux-gazouillent-sur-le-didi-de-Blanche-Neige-" j'le sens déjà moins, j'ai du mal aux entournures dans le costume de gentille conteuse jouant du rouet au coin du feu en blablatant des sornettegidouilles au Chaperon-Rouge, les yeux en soucoupes et la goule tellement ouverte qu'on voit la couleur de son slip Petit-bateau, pendant que le loulou du patelin fait les cent pas autours de la bicoque en attendant son casse-dale sur pattes ... je reprend mon "style", tant pis pour vous !

On commence par la Pierre de la Destinée, parce que c'est tout de même un des fondements (je ne parle pas d'arrière-trains, encore une fois, suivez !) de la royauté écossaise. Pour les Honneurs, on verra demain, il fera jour s'pas ?

Depuis toujours (enfin 877 ou 878 pour être exacte, chouette époque des rois pictes*), les dirigeants écossais avaient l'humeur bucolique quant à leur sacre à Scone, près de Perth.
Au début, ils se sont  fait couronnés en plein air, sur le gazon, leur illustre popotin  - (à si, à y regarder, je parle bien d'arrière-trains, autant pour moi !) posé sur une pierre symbolisant l'union entre eux et le peuple ; la Pierre de la Destinée. Selon un scribouillard de l'époque un certain John of Fordun, "Aucun roi ne peut régner en Ecosse s'il ne s'est d'abord assis sur la pierre conservée avec respect en l'église de l'abbaye de Scone".

J'ai vu la caillasse, au château d'Edinburgh, ... c'est vrai que ça ressemble de très loin, en courant vite et en fermant un oeil, à un trône royale ! Un bloc de grès avec deux anneaux aux extrémités, pété de surcroît en deux, un des "encouronnés" devait avoir le c... plus lourd que les autres si ça se trouve. Pour les anneaux, on pige vite ! Allez porter un galet de plusieurs quintaux , trois pour être exacte, à bout de bras vous m'en direz des nouvelles, autant passer un bon gros morceau de bois dans les anneaux pour le trimballer jusqu'au lieu des réjouissances, ça économise des tours de reins et des hernies galopantes. Donc, ces nobles écossais avaient un certain attachement à ce  bout de moellon, on arrive à le comprendre...  Le dernier roi en date qui  s'assit sur celle-ci, fut Jean Balliol

En ces temps sinon bénis, du moins fortement perturbés - (je veux mon n'veu ! Quand on a les anglais aux miches qui nous tanent pour récupérer notre territoire, plus serein, il y a mieux quant à la zénitude !) - on pouvait se douter que ce bout de grès allait faire des envieux.  Et ce qui devait arrivasser arrisavate ! Lors d'une  razzia - (désolée, mais le côté "conquête noble pour l'Empire anglosaxon" m'échappe un peu quand on ruine de la bicoque, escagasse du populo, brûle et coupe en rondelles allègrement tout ce qui se fiche en travers du chemin) -, lors d'une razzia donc... pfff, tuante celle-là avec ses apartés !..... le roi anglais du moment, Edouard 1er  (1296) piqua le truc au pif et à la barbe des autochtones - (enfin, là aussi, il a délégué, sa sciatique le faisant souffrir et il a bien dû trouver un ou deux larbins pour se colletiner le morcif) - Et c'est ainsi que cette légendaire pierre se retrouva en Angleterre, dans l'Abbaye de Wesminster**, sous le trône, construit spécialement à cet effet.

Là, il ne faut pas être sorti des grandes écoles pour piger la symbolique du geste : en gros, "l'Ecosse, j'm'en tamponne le coquillard et j'm'assoie dessus, c'est que de la valetaille !" Et tous les rois anglais, à partir de 1307, puis rois de Grande-Bretagne, se sont fait couronnés sur ce pouf hyper-trophié.

Les rois d'Ecosse ont continué leur rituel d'intronisation à Scone, sur un strapontin n'ayant plus rien à voir avec le symbole hautement unificateur de la pierre (faut de mieux, on couche avec sa femme, comme disait ma mémé...).

Petite anecdote, en 1950, le 25 décembre, (symbole là-aussi ?) quatre joyeux drilles écossais, ont escamotté le bout de grès pour le rapporter en Ecosse. On l'a fichu dans l'abbaye d'Arbroath (QG du nationalisme écossais) mais les britischs, redoutables "négociateurs" on récupéré la pierre en février 52. Les quatre types ne furent pas poursuivis (ils devaient courir trop vite certainement)

Et enfin, en... 1996 (vaut mieux tard que jamais comme on dit hein ?), pour fêter 1296, le gouvernement britannique a "noblement" accepté de rendre à Jules ce qui était à César. Tout cela en grande pompe, évidemment, le jour de la saint André (j'vois pas le rapport, mais mon catéchisme et loin faut dire...), mais c'était un colis "groupé", étant donné qu'entre temps, ils avaient également piqué les fameux Honneurs d'Ecosse.
Je me marre, parce qu'il a tout de même fallu sept siècles pour qu'ils se décident à refiler ce qu'ils avaient éhontément piqué, tout en faisant comme si c'était "cadeau" royal, plus hyper-ventilé, tu meurs !

Demain, si j'ai pas trop la flemme, vous aurez droit à la suite de ces histoires de hold-ups à l'anglaise, parce que désolée, mais j'ai toujours du mal à appeller acquisitions légales de trucs piqués chez les autres, même sous couvert de conquêtes territoriales et ça vaut pour tout le monde, même pour nous... d'accord, ça permet de préserver certains trucs dans des musées, mais c'est "un peu" du vol à l'arrache pour certains bidules (l'obélisque, remarquez, j'ai du mal à visualiser le type piquant le bastringue, le fichant sous le bras et se tapant un cent mètre les gardes égyptiens aux miches...) Evidemment, ça n'enlève nullement la portée esthétique et historique de l'objet exposé, mais je me sens toujours un peu morveuse de savoir que ça a été escamoté du pays d'origine, et encore, dans la plupart des cas, c'est pour montrer ça au monde et le préserver dans les meilleures conditions, alors que là, dans le contexte écosso-anglais (ou anglo-écossais) c'était surtout une manoeuvre de déstabilisation et d'assujetissement !

Allez je file en vous souhaitant une bonne journée, et je vais de ce pas vous lire, parce que pendant que je glande, vous écrivez, il en faut des courageux !

La dragonne


* Pour les fans de la série Kamelott, c'est la belle-doche d'Arthur qui est picte... désolée, mais dès qu'on entendait ce mot, on ne pouvait s'empêcher de faire le rapprochement... ça ôtait un peu du sérieux de certaines visites...

** Une théorie, qui ne tient pas la route, aux dires des professionnels de l'investigation historique, voudrait que ce grand dadais d'Edouard, se soit fait entourlipoullé par les écossais qui, le voyant venir avec ses grosses galoches, avaient fait une réplique de la Pierre et planqué la vraie dans un monastère ravitaillé par les corbeaux. Autre enrichissement à l'histoire de cette pierre, non seulement cela remonte au goût des celtes pour tout ce qui a trait à la terre et au culte druidique (ça, on s'en serait douté un peu, vu le patelin)  mais en plus, aux dernières nouvelles (de Rome certainement quand ce brave saint Colomba, grand évangélisateur  des terres pictes et pourfendeur du fameux Nessie déjà cité dans un article, avait besoin d'un p'tit coup de pub pour "lancer son produit"), il s'agirait de la pierre sur laquelle ce brave Jacob (pas celui de la Cage aux Folles) se serait reposé pour avoir son délir onirique à Bethel (Genèse 28.11, si vous avez du temps à tuer pour ouvrir la Bible, sinon c'est là  ) le coup de l'échelle menant au ciel si vous avez bouffé l'info. Et rien moins qu'une princesse pharaonique, Scota de son p'tit nom, l'aurait apporté en Ecosse (en passsant par la Scythie et l'Espagne, elle avait besoin de se dégourdir les ripatons la greluche !)
par Sieglind publié dans : Je blablatte sur tout et n'importe quoi
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Impulsions, coups de coeur et de gueule, idées diverses au fil des notes et journées. Vous trouverez dans ce blog ma vision de l'opéra et de bien d'autres choses. Et aussi ma passion : les dragons.




Comme ma trombine évolue au fil de ce "rondudju" de temps, une petite mise à jour du portrait du bestiau, j'ai encore changé de "look" comme on dit... et le cliché du trombinoscope n'est plus vraiment d'actualité (avis, première et dernière fois que vous avez droit à ma goule, moi et les photos, ça fait quarante-douze)

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