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Lundi 27 novembre 2006
Bonjour!

Bien profité d'un week-end réparateur? Donc vous êtes fin près pour aborder ce lundi (pardon Simone-Garfield, je sais que ce n'est pas ton jour)
Allez zou! tant que j'ai encore de quoi causer, autant en profiter. Faut dire que là, étant donné que c'est une narration de livret... je n'ai qu'à suivre l'histoire et pas à vagabonder... euh... quoique... l'un n'empêche pas l'autre chez moi... Donc...



NABUCCO - Acte II -

Le lieu: le palais royal de Babylone (vu la taille courante des scènes de théâtre, on se contentera d'une partie des appartements) donc là, on fait confiance aux délires des metteurs en espace, du créatif, bon sang de bois! Et zyva une tête de Bel géante, des taureaux ailés (tiens, des emballages de riz défroissés et collés comme papier peint... ça devrait être pas mal..) pour rappeler les jardins suspendus, je vois bien des compositions style "bonzaï" accrochées dans des jardinières un peu partout au plafond, des meubles qui sentent encore le bois fraichement coupé, venant directement de la;scierie du coin (je sais Babylone, scierie, c'était couru d'avance aussi), enfin tout pour évoquer le faste babylonien, que ça en impose au pékin moyen... faut du clinquant, vu qu'au début, ce n'était pas des plus sobre non plus, le temple doré à l'or fin!
Changement de décor à la scène trois une autre salle communiquant en principe par une porte aux appartements royaux et
donnant sur une galerie, pièce simplement éclairée d'une lampe, vu que c'est là que se passe la scène avec Zacharie (le fameux "vieni o levita...Il santo Codice reca.."

Les personnages: (dans l'ordre d'arrivée, comme au tiercé)
- Abigaïl, l'allumée du premier acte, pseudo-esclave et toujours aussi agitée,
- le grand prêtre de Bel (et pas d'Israël, ne pas confondre!),
- des mages (pas les rois, là non plus, vous gourrez pas d'époque)
- des "grands" du royaume, (J'aurai pas pu figurer dans la distribution pfff!)
- Zacharie (le voilà le prêtre du temple de Salomon!)
- ses irréductibles lévites,
- Ismaël, toujours neveu du roi, même si en exile,
- Anna (frangine de Zacharie)
- Phénéna, la fille de Nabucco,
- Abdal, un nouveau venu dans la distribution, un vieux de la vieille des officiers de Nabucco
et enfin Nabucco, qui attend tout de même presque la fin de l'acte pour montrer son pif. (j'me demande des fois, si on se base sur le titre, s'il n'aurait pas pu en choisir un différent... deux actes déjà, et l'autre qui joue les utilités, faudrait voir à pas se ficher de la goule du monde... nan maiiiis!)

Donc, à l'ouverture du rideau, Abigaïl, toujours pas calmée, entre comme une furie dans les appartements, secouant au bout du bras un certificat tout ce qu'il y a d'officiel (cachet de la mairie faisant foi) qui, plutôt que de la calmer, à l'air tout au contraire de rajouter de l'huile sur le feu:
" C'est pas du luxe, après avoir fichu tout sans dessus-dessous de dégotter ce satané papelard! Il se le planquait ce sournois de Nabu, pour pas que ça fasse tache dans sa lignée! Un roi qui fricotte avec une esclave et a une gamine... ça fait plus que désordre dans ses jardins à la française! Et non content de ça, la môme on l'oublie... on en fait une autre, estampillée NFR (normes familiales royales) et qui prend ma place à moi, l'aînée de la fratrie! Et ne cause même pas de la distribution des bons points, genre régence, pendant qu'il part fritter de l'enfant de Judée! On peut dire que ça vaut une bonne purge, d'apprendre ça!! Et l'autre qui pensait que j'allais tout sourire accepter d'encaisser la chose, ah, il m'a bien plombé l'ambiance le Nabucco!"

Le grand prêtre et ses copains entrent.
"C't'abomifreux! J'y crois pas!
- Quoi "encooooore"!! (un soupçon d'agacement là)
- Phénéna est vendue à l'ennemi! (comme si on n'était pas au courant!) Elle a la main sur le stylo pour signer la remise en liberté des juifs! Je serais toi... un p'tit coup d'état... vite fait bien fait... On a tout planifié en laissant passer l'info que Nabucco serait resté sur le carreau à la guerre, comme les assyriens sont paumés sans un chef, ils visent déjà vers toi - (petite aparté, étant donné que sa filiation est soi-disant secrète, comment les prêtres et le peuple ont ils décidé de confier le pouvoir à une pseudo-esclave?... Mystère!) - suffit juste qu'on reprenne le costard à tes mesures, pour la barbe traditionnelle, on te signe un mot d'excuse (quoique en Egypte ancienne, les "pharaones" portaient la barbe postiche de temps en temps) Tope-là si t'es OK!
- Tape m'en cinq! J'en connais des nanas au sang bleu qui vont pleurer dans leur tire-jus d'être obligées de venir faire la révérence à une ex-esclave tiens! J'en jubile d'avance!
- On te laisse ton égo à entretenir, nous on se charge de notre autorité morale hein? (toujours pareil, un pion qui passe bien à l'écran et derrière, les "éminences grises" au sens propre et figuré)

Changement de scène, pour celle des lévites. On se retrouve donc dans la salle chichement éclairée, communiquant au fond avec une autre salle, à droite une porte vers la galerie et à gauche une autre vers les appartements de la régente (Phénéna, pour l'instant) C'est la nuit (il a bien fallu la journée pour essayer de calmer l'autre allumée vous me direz, là, elle doit essayer toutes les tenues qui lui tombent sous la main en fouillant la garde-robe royale).
Zacharie entre d'abord, suivi d'un lévite portant la thora (en vrai c'est les tables de la loi, mais un bloc-note en marbre, je vois mal le type se trimballer ça sous le bras!) :
"Ramène ta fraise!! (vieni o levita... comme je disais au début) On a besoin de citer le grand patron pour impressionner les assyriens... ils vont en entendre parler de la puissance divine des mots!"

Et tout en disant ça, il entre, tranquille, dans les appartements de Phénéna (là où je rigole, c'est qu'il est entré par une porte, a sorti sa tirade, genre "j'explique pourquoi je passe par la scène, vu que c'est plus court" et ressort par l'autre; vous imaginez un film avec le héros qui monologue pour dire qu'il sort de la chambre pour faire un arrêt "sanitaire" au pipi-room?)

A peine sorti, le reste de la bande fait à son tour irruption sur scène (mais modérée l'irruption, plutôt sur des oeufs, vaut mieux être discret quand on est exilé en territoire ennemi).
" Quel est l'insomniaque qui réveille toute la chambrée en pleine nuit?
- Le patron vous appelle! - lance Ismaël (le vendu à Moscou du premier acte, si vous vous souvenez)
- Va dans l'métro Satanas!
- P'tite question: ça vous arrive de passer l'éponge?
- Des nèfles! On te cause plus! On t'oublie! Crève la goule ouverte, on en a rien à battre et encore on est poli parce qu'on est au théâtre!
- Vous allez arrêter vos gamineries! - lance Anna, la soeur du prêtre Zacharie, en entrant avec Phénéna, son frangin et le porte-documents sur patte - il a tout de même sauvé les miches d'une juive!
- Première nouvelle!
- Bon d'accord, c'est une goy convertie depuis peu - lance Zacharie (juste entre la sortie de celui-ci et son retour sur scène... rapide la conversion de Phénéna... ils ont dû faire la formule express pour gagner du temps), mais c'est la vérité vraie, croix de bois, croix de fer! (même si c'est un peu décallé là aussi)"

Au même moment on entend un énorme chambard dans les coulisses (non, c'est pas Abigaïl qui casse de la vaisselle pour passer ses nerfs). Entre Abdal, le vieux grognard de Nabucco, qui s'adresse à Phénéna:
"Barre-toi! On peut dire que ça sent le roussi, paraîtrait que ton pôpa a avalé son bulletin de naissance!
- Cornegidouille de patafiole!
- Ces c... de babyloniens demandent Abigaïl comme chef du mouvement "l'Assyrie aux assyriens" (tiens donc... déjà!)
- Bon, faut pas s'éterniser! Je signe où pour faire partie de votre association?
- T'es pas bredine?! - s'écrient les autres."

Entrée du grand prêtre de Bel, du peuple, des mages, des nobles et d'Abigaïl évidemment - là, petite aparté, la scène sept est mémorable question longueur: trois répliques! - :
"Vive Abi! A mort vous-autres!
- File-moi tout de suite ton diadème de miss monde! - crache l'envieuse ex-esclave en le lui arrachant du chignon
- Plutôt crever!"

Fin de la scène (ouah... c'est.... concis!)

Coup de théâtre (enfin, on l'attendait!) à la scène huit, le "faux mort" fait son entrée en s'ouvrant un passage à coup de serpette dans la foule bêlante:
"Tu le veux ton serre-tête disco? Viens le chercher sur ma caboche - dit-il en se la posant de traviole sur l'oeil - ah... on veut se la péter putchiste? Et bien on va rigoler... comptez vos abattis vous autres, j'ai les abeilles!
- On est cuit! - lancent juifs et goys mêlés (Dieu reconnaîtra les siens, comme disait "certain")
- Vous avez voulu la jouer comme ça... parfait! Vous les babyloniens, je balance votre dieu qui vous a fait virer chiens jaunes, quant à celui de l'autre bord (Jéhova donc) j'en ai pas grand chose à battre non plus, donc... résultat des courses, j'arrive gagnant sur le podium et m'auto-proclame dieu-vivant, ça vous fera les pieds à tous!
- T'es secoué grâve mon pauv'! Gaffe, tu auras du mal à passer les portes avec le tour de tête que tu te paies!
- M'en balance! Tiens... pour fêter ça... un p'tit massacre... ça va être festif!
- Compte-moi sur la liste des courses... je fais partie de l'autre bord maintenant - lance Phénéna
- N'importe naouak! Applaties-toi devant ton paternel déifié et tout d'suite! - dit-il en la tirant, une fois de plus, la pauvre, par le bras"

Re-coup de théâtre, et pas des moindres: intervention divine!
Un orage prend naissance au-dessus de la tronche
de Nabucco, la force magnétique et électrique lui arrache la couronne de la tête (j'imagine l'ornement décoller avec un grand "zouip!") et pour allonger la sauce, Nabucco pète un fusible:
"M...où est passée ma zoulie couronne? J'ai bien senti quelqu'un me tâter le crâne, mais je vois personne... Si ça se trouve c'est un fantôme! Tiens d'ailleurs, quand on parle de spectres, j'en vois un bataillon avec des épées enflammées (si c'est pas de l'allusion biblique ça!) tiens... j'avais jamais remarqué que le ciel était couleur cerise... Quel jour on est? J'habite où? Qui suis-je, où vais-je, dans quelle état j'erre?..."

L'acte se finit sur la foule baba devant la puissance divine déployée, et une AbigaÏl qui, elle, ne perd pas le nord en récupérant la couronne...

A suivre donc... pour savoir quelle maison de repos ils ont choisie pour le bredin, si c'est curable, et qu'est-ce que va faire la névropathe de son nouveau poste de cheftaine.

C'est assez "consistant" n'est-ce pas? Alors  je vous laisse digérer un petit peu avant de vous donner la suite... Bonne journée et attention aux orages, c'est pas bon, surtout si on porte un diadème, ça attire la foudre!

La dragonne
par Sieglind publié dans : Verdi
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Vendredi 24 novembre 2006
Bonjour

Bon, étant donné qu'hier, je ne sais pas si ça venait encore de mon "manque-de-bolisme" chronique quant à l'informatique, mais ça a eu l'air de sacrément ralentir sur Over-Blog, pour ne pas dire patiner dans la blédine sévèrement. Et au vu de cet "embouteillage", vous me connaissez, j'ai préféré prendre les chemins de traverse (enfin, en principe, ça s'appelle plutôt l'école buissonière quand on est gamins)
Par contre, j'ai tout de même pensé à vous et à votre soif inextinguible (moui... j'aime le penser) de lyrique et donc suis prête à vous parler d'un certain Nabuchodonosor, Nabucco pour les intimes "italophones" et particulièrement pour son papa spirituel (enfin, façon de parler, je ne lui connais qu'un opéra "léger": Falstaff) ce cher Joseph Verts (Giuseppe Verdi dans son patelin).
Commençons donc cette histoire sur fond biblique et on y va à petite dose, comme d'habitude (celui qui dit que j'ai plutôt l'habitude des doses de cheval... ça dépend du canasson d'abord et ensuite, c'est moins désagréable qu'une purge... enfin j'espère!)



NABUCCO - Acte I

Le lieu: Jérusalem (je sais, on parle babylonien et on se retrouve chez les ashkénazes et les sépharades, mais ça va "viendre" la Cité des jardinets perdus"... plus tard simplement). L'intérieur du temple de Salomon,lampes à lave et brûles-encens new-âge (c'est plus moderne que des chandeliers et des encensoirs tout de même non?) Du lambris partout (relisez la bible, c'était du cèdre du sol aux toiles d'araignées du plafond, je ne blague pas). Du parquet flottant en genévrier (avec des bois aussi audoriférants, ça devait sentir comme dans une "pijo" surchauffée avec sa sapinette accrochée au rétro non?) L'autel recouvert de papier d'alu, piqué sur des tablettes de chocolat grand luxe, doré à l'or fin, au milieu de ce qu'on appelle "le Saint des Saints", lui aussi passé au ripolin vingt-quatre carats (or pur donc) et deux énormes statues de chérubins (si on respecte, ça devrait faire dans les cinq mètres les poupons ailés) également dorés à la bombe carrosserie. Et la touche finale: du papier peint sur le reste des murs avec des palmiers bien fluos (plus kitch... tu meurs!)

Les personnages:
Les lévites, qu'on maintient au sol avec une ancre chacun (sinon ils lévitent jusqu'aux cintres),
un
choeur de vierges (ou ex, pas trop "regardant" question voix le chef de choeur),
Zacharie, grand prêtre du lieu,
Ismael,
neveu du roi du patelin,
Abigaïl, esclave pour l'instant (bin oui... y'a comme qui dirait une embrouille sur sa
naissance, mais chut! Ménagons le suspense!),
Phénéna, fille de Nabucco, 
des guerriers,
Anna, soeur du prêtre Zacharie à
la fin de l'acte,
Enfin plein de monde quoi.


Au lever de rideau, les lévites et les belettes s'arrachent le poil et se griffent la figure (enfin pas trop, c'est pas du grand-guignol non plus). Les lévites demandent même aux nanas de faire un streap. (bin... "déchirez vos voiles blancs" ça veut pas dire ça?).
La raison de cette hystérie collective? Un certain roi assyrien a décidé qu'il s'ennuyait trop dans son bled et a décidé de venir faire son souk dans la région, histoire d'asservir quelques peuplades pour passer le temps.
En plus, le coco louche sérieusement sur les thongs de David,("le" David au lance-pierre des origines évidemment), c'est juste sa pointure, sans compter que son fauteuil ergonomique le branche assez, il s'y voit déjà avachi après c'te dure journée de conquête.

Zacharie, le prêtre, entre en trombe, en traînant par la main une Phénéna à l'horizontale, vue la vitesse de croisière:
"Arrêtez vot'cirque! On est pas capot! j'ai un atout dans ma manche!
- Et...
- Vous allez pas vous déballonner? On en a vu d'autres! Visez du côté de Moïse, son histoire prenait l'eau de toutes parts et pourtant...
- Mer... credi! L'envahisseur est là et se la pète conquistador victorieux! - lance Ismaël, neveu du roi, en entrant à son tour avec des soldats.
- T'inquiètes... on va brûler des cierges pour avoir le grand patron de notre bord. En attendant, j'te file cette nana à garder, gaffe, elle vaut son pesant de cacahuètes, c'est la crème de la "haute" assyrienne!"

Tout le monde sort, sauf le neveu et sa "prisonnière":
"Enfin seuls! Ma bichette!
- T'es sur que c'est le moment?!
- Mais j'te kiffe depuis que je suis venu chez toi comme ambassadeur et qu'on m'a fichu dans un cul de basse fosse en ignorant mon laisser-passer! C'est tout de même grâce à toi que je m'en suis tiré, étant donné que j'avais ta frangine aux miches, c't'allumée de première, qui me colle comme la mouche à son papier collant et jalouse comme pas deux en plus!
- Mouai... sauf que maintenant, c'est moi qui porte les bracelets!
- J'ai la clé, j'te fais filer vite fait!
- T'es pas dingue? On va te traiter de vendu à Moscou!
- Et on t'a traitée de quoi à ton avis, quand tu m'as aidé à fuir? Allez, on file!"

Au moment où ils allaient emprunter un passage secret (ouah... un panneau carton-pâte qui pivote... trop fort!) Abigaïl (la pseudo esclave assyrienne) entre comme un boulet (ce qu'elle est selon Ismaël d'ailleurs), le cure-dent à la main et suivie de soldats babyloniens planqués, ces sournois, sous des fringues juives.

"On a pris le temple! (étant donné que j'ai rarement vu des moellons se défendre, je ne vois pas qu'elle résistance elle a pu trouver... à moins que le bois de la porte d'entrée ait travaillé et que ça coince...)
- M... Abigaïl (observateurs les tourtereaux!)
- Ah aaaaah les zozos! On pensait s'en tirer comme ça? J'vais vous en ficher de l'idylle moi et du "souvons-nous nous bisouiller dans les bosquets"! Vous me prenez pour une cruche? (ma foi... c'est elle qui l'a dit!) Toi, le bellâtre, dire que j'en pinçais pour tes mirettes! Il faudrait pourtant juste que tu me dises que tu m'aimes pour que je passe l'éponge et évite de vous massacrer toi et tes copains!
- Comptes là-dessus et bois de l'eau! (des clous, chez moi). Mais penses à mes copains en souvenir du bon temps"

Dans son coin Phénéna est en train d'avoir une illumination.. enfin, elle regarde du côté de Jéhova et plus du pas très bon Bel , dieu babylonien et pas fromage (moui, je sais, Bonbel c'est moyen, mais j'avais que ça sous la main alors faut vous en contenter)*

La foule du début refait son entrée (c'était la pause-pipi pour tout le monde), sans faire gaffe aux occupants, vu qu'ils sont censés être déguisés en gars du coin.
"C'est la fin des mange-tout! Nabuchodonosor est quasiment sur le seuil et on dirait qu'il n'a pas l'intention de descendre de son canasson, même pour passer la porte, ça va être un de ces chantiers!!
- Hourra pour le patron! - lance Abigaïl et ses copains.
- C'est pas des vrais, c'est loué les costards! - précise Ismaël (au cas où ses "co-religionaires" n'auraient pas pigés)"

Les babyloniens entrent dans le désordre suivis de Nabucco à cheval (celui-ci a eu la mauvaise idée de se cabrer au moment où il passait le portail... le baryton porte un énorme bandage parce que la tête a sacrément porté! C'est l'origine du turban à mon avis).
Le prêtre Zacharie s'écrie:
"T'es pas bredin?! Dans la maison du grand patron, et tu t'essuies même pas les sabots au paillasson?!
-Qui c'est ce "graaaand patron Mmmm?"

Zacharie chope Phénéna au passage. Dédidemment la pauvre, elle doit avoir un bras plus long que l'autre à force d'être secouée... (j'ai failli mettre "tirée" mais je vous connais, avec vos esprits mal tournés hein...) :
"J'te préviens... j't'aurai prévenu, t'avances de seulement un orteil et je larde ta gamine! - (évidemment, fille de roi, c'est la crème de la crème de la haute comme il le disait au début)
- On se calme, on respire un grand coup - sort à son copain Aparté  Nabucco en descendant de cheval (ami imaginaire? Encore à son âge?) - mais gaffe quand ça va tomber!
- Zen pôpa! - supplie Phénéna - si tu éternues, c'est ma fête!"

Abigaïl est en train de se dire qu'avec un peu de bol, il aura son rhume des foins qui va le prendre tout d'un coup et que sa rivale va passer l'arme à gauche.
Le groupe des assiégés, solistes compris, invoque l'intervention divine (c'est vrai que là, à part l'arrivée de Superman... ils sont bien mal barrés, ça sent la chaîne aux ripatons avec son boulet!).
Nabucco leur signale d'ailleurs, qu'il ne s'est déjà pas manifesté pendant le combat leur dieu, même qu'il l'avait invité à montrer son blair, donc c'est qu'il flippe grâve, et s'il tremble dans ses baskets, ils ont du mouron à se faire les simples mortels!
Zacharie lève le bras pour porter l'estocade à Phénéna, Ismaël s'interpose entre le prêtre et sa copine qui va se réfugier dans les bras de son pôpa.

L'acte finit sur une Abigaïl pas trop jouasse, qui avait misé sur une nénette raide étalée, la rescapée, son sauveur et Anna, la frangine du prêtre Zacharie commencent à mesurer l'importance du geste de l'amoureux (bin, en temps de conflit, ça ressemble "un peu" à un passage à l'ennemi ça non?), Nabucco a des délires de vengeance "hécatombale" (comme la pierre, même si ça n'existe pas évidemment le mot) pour tout ce peuple de nuisants tandis que Zacharie et ses ouailles maudissent sur trente-six générations Ismaël pour avoir laissé échapper l'otage royal.

En principe, dans la vie courante un tel boucan ça serait plus que "cacaphonique" mais avec Giuseppe, on a droit à un final avec choeur de la plus belle eau comme on dit en joaillerie (il n'y a pas à dire, les choeurs il maîtrise!)

Allez, je vous laisse sur cette prise de chignon gigantesque et, si vous en avez l'occasion, je sais qu'il existe une version DVD de l'opéra, ça peut aider question mise en scène pour se donner une idée de la chose. Digérez bien ce premier morceau et on verra plus tard la suite.

Bonne fin de semaine et à plus

La dragonne

* Pour les non initiés, ce pseudo fromage caoutchouteux s'épluche comme une clémentine, et gamins on adorait se faire un pif de clown avec "l'épluchure" de la version mini du produit. Une sorte de Kinder surprise fromagère... sans surprise étant donné son peu de goût d'ailleurs
par Sieglind publié dans : Verdi
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Mercredi 22 novembre 2006
Bonjour!

Et bien ça n'arrive qu'à moi! Vous savez que dragon a pour mission, avant de partir bosser, de me secouer un pied pour me réveiller (véridique, j'avais raconté mes réveils en fanfare, c''est encore la partie la moins dangereuse à solliciter quant à cette manoeuvre hautement périlleuse pour la santé du myocarde du "réveilleur")
Je vous rassure, ça n'a pas changé, secouage à deux reprise de la gambette et la dragonne se dresse comme un diable sur son postérieur, saute dans ce qui lui tombe sous la main (on est plus à la saison du naturisme là, et un peau ansérine au réveil, en plus des tifs à la "essai à Mururoa", ça serait cumuler!), descend au radar l'escalier de bois, se fait chauffer son p'tit déj., etc... (je vous épargne le rituel, c'est trop palpitant, vos nerfs ne vont pas tenir)

En effleurant le regard les lieux (quand on émerge, on effleure du regard chez moi, fixer c'est la phase deux... même trois du réveil) je m'aperçois que c'est tout de même bizarre... pas une tassounette dans l'évier, pas une miette sur la table, et surtout... un départ au boulot à la Spok, étant donné que la porte est encore verrouillée et les clés à l'intérieur.
Lever de nez sur la pendule... cinq heures vingt du matin! Pour quinze minutes à peine de trajet, ça fait un peu beaucoup, même s'il a décidé de le faire sur les genoux, style semaine sainte espagnole! Et surtout ça n'explique pas les fameuses clés magiques! Je remonte, le doute installé dans ma citrouille très peu descartienne pourtant et... contemple mon dragon, béatement endormi dans le lit conjugale, sa partie de couchage sans un faux pli et la mienne comme si quelque chose avait explosé à l'intérieur, envoyant gicler la couette et bouller l'oreiller par terre (je vous l'ai dit, festive la levée du corps!).

Alors là, ça devient grâve docteur! J'ai "rêvé" qu'il me secouait pour me réveiller, ou alors c'est un esprit farceur qui a décidé de me faire tourner en bourrique dès potron-minet (s'il veut que je lui fasse tourner le guéridon dans sa face, il n'a qu'à continuer, on va rire tiens!)

Allez, étant donné que je suis tombée du lit, et après avoir "vagué" (oui, à cette heure-là, on ne peut pas vaquer, je regrette) à mes occupations "ménagèresquement" habituelles, autant commencer tout de suite la narration d'un opéra. Et ça grâce au Fantome, involontairement d'ailleurs, une petit image ayant suffit à faire "chtonk" dans mon cerveau court-bouillonné. Celle du fils de Nabopolassar et père de  Amêl-Marduk (Evil-Merodach), Nabuchodonosor. Pour les noms à coucher dehors avec un billet de logement, si je ne les mettais pas, c'est pas demain la veille que j'aurai plus placer ça dans une conversation entre le passage de la salière et le refilage de la carafe, j'en profite!

Pour une fois, étant donné la longueur de l'introduction (euh... quelle introduction?...) je vais juste vous donner des petits détails sur cet opéra. Par exemple que vous connaissez tous la reprise du fameux thème des esclaves par Waldo de Los Rios ou Nini Miskirou "Va pensiero... sul alli etc...", (repris également par la belette qui se l'est pétée grâve en déchirant le photo du pape en presque direct-live, S. O'Connors, accoquinée pour la circonstance à un certain Zucchero)

Il faut dire qu'à part ça, ce qu'on retient en principe du coco, c'est ses fameux jardins suspendus, dont parle justement le Fantôme alias Francky, spécialement conçus pour éviter à sa musaraigne de déprimer sérieusement loin de son pays natal un peu plus verdoyant que ce royal "tas-de-rondudju-d'cailloux-de-patelin-d'bouse-babylo-pequenotien" (ça, c'était quand elle était "vénère" plus que déprimée).
.
A savoir, cependant qu'il existe un autre Nabuchodonosor, ballet en cinq parties d'Antonio Cortese,datant de 1838, antérieur à la version verdienne (mais ça n'a pas fait courir les foules depuis cette "oeuvre" d'un directeur d'opéra milanais).

Une fois n'est pas coutume, pour la version babylonienne de Verdi,je vous donne le librettiste et ses sources, parce que je trouve ça rigolo (surtout les sources, on les croise dans la rue, avec un nom pareil, on les oublie plus vite qu'un poisson rouge) Livret donc de Temistocle Solera (ses parents revenaient d'un voyage en Grèce, surement) sur un drame bourgeois et surement alambiqué d'Anicet-Bourgeois et Francis Cornue (bourgeois, cornue, alambic... ça va vous suivez?)

La création s'est faite à "l'échelle" de Milan (la Scala, c'est pas un monte-charge, si je ne m'abuse-comme-le-docteur non?) en 1842. Ce qui est à noter, c'est qu'aux représentations dans les autres patelins, le nom de l'opéra n'était pas le même (comme les titres de certains films, qui n'ont plus rien à voir avec l'original des fois) Nino pour les londoniens, Anato pour les new-yorkais (peuvent pas suivre la mesure ceux-là, faut toujours qu'ils mettent leur english-touch!)

Ici, on fait dans "l'édifiant", dans le biblique, encore une histoire de baston entre babylonien et hébreux, ça va y
aller côté esclavage, temple profané, grand prêtre qui a ses nerfs, amours plus que contrariées et tout le toutim.

Donc, à plus pour le début de cet opéra... et bonne journée

La dragonne qui file à sa cafetière
par Sieglind publié dans : Verdi
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Impulsions, coups de coeur et de gueule, idées diverses au fil des notes et journées. Vous trouverez dans ce blog ma vision de l'opéra et de bien d'autres choses. Et aussi ma passion : les dragons.




Comme ma trombine évolue au fil de ce "rondudju" de temps, une petite mise à jour du portrait du bestiau, j'ai encore changé de "look" comme on dit... et le cliché du trombinoscope n'est plus vraiment d'actualité (avis, première et dernière fois que vous avez droit à ma goule, moi et les photos, ça fait quarante-douze)

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