Simon Boccanegra

Publié le par Sieglind

Bonjour!

Alors, tous remis ? Je dis ça, étant donné que les commentaires hier, laissaient entrevoir une certaine « fatigue » pour ne pas dire feignasserie (surtout de mon côté, j’avoue, mais ça m’arrange, comme chacun d’entre nous, de penser qu’on n’est pas seul à jouer les légumineuses).


Aujourd’hui, à la demande d’un blogueur (j’aime bien ! On commence à me passer commande, et pas de la gnognotte ! Trois noms d’opéras, cette fois ci !) on va retourner côté Italie, pour loucher du côté de ce cher Joseph (Giuseppe, en VO) Verts (Verdi, même version) pour parler d’un certain Simon Bouche Noire (Boccanegra, mais en Espagnol cette fois-ci)

Comme j’ai prêté le CD (avec livret, évidemment) je vais juste vous raconter cette fois-ci le synopsis, sans m’étendre, comme d’habitude sur les dialogues ; je connais, mais, soyons logiques, pas tous les livrets par cœur, à part certaines scènes des œuvres, qui m’ont tellement marquée, qu’elles ont tourné pas mal en boucle, suffisamment pour m’entrer dans le ciboulot – vous voulez que je vous chante le début de l’acte II de Lohengrin ? ça peut se faire… mais je tiens à garder une hygrométrie normale dans la région et surtout, votre moral  dans le bleu, ce matin, alors je m’abstiens.

Le mec qui donne son nom à l’opéra, c’est le personnage d’une pièce de Antonio Garcia Gutiérrez (d’où la consonance ibérique du pseudo). On est en train de tourner autour d’une certaine lutte des classes (plébéiens et patriciens l’équivalent au XIVe siècle de notre classe laborieuse et majoritairement votante et de l’autre,  les pontes (Doges, ici), ceux qui naissent avec une cuiller poinçonnée dans le bec, tamponnés au front, d’un nom particulé, long comme la liste des courses (enfin la mienne)


SIMON BOCCANEGRA de Giuseppe Verdi


J’explique pour une fois, la situation au début de l’œuvre : A l’époque (XIVème donc) la ville est dirigée par un doge (chef élu dans les anciennes républiques de Venise et de Gênes) nommé par les patriciens (les socialement arrivés donc).
Au début de l’histoire ce chef, Fiesco a une fille (ouaaaah ! quel suspens !!!! Euh, faut dire que, jusque là, pas de quoi faire un opéra, et surtout de retenir l’attention du public) et que la fistonne, Maria, (on peut chantonner « West Side Story » si ça chante) s’est entichée (là où y a de la « Gênes » y a pas d’plaisir) d’un plébéien, Simon Boccanegra, un non particulé donc (« Faute ! Pas assez cher, ma fille ! »).





Elle a un peu dérapé en comptant ses pilules et a eu un mouflet avec lui ou plus exactement une mouflette (alors là, c’est la grosse boulette ! Comment caser une portée sans pedigree ?)

Comme ça faisait vraiment désordre dans le milieu paternel, c’est Simon qui a hérité du bébé (c’est le cas de le dire) et comme il se baguenaudait souvent du côté des mers (un VRP véliplanchiste ?), môminette fut confiée à une vieille nounou, par l’âge toute penchée, à Pise (hé ! On est lundi et je suis fatiguée côté blagues, alors vous vous en contentez !)




Boccanegra et son chien (personne n'a signalé qu'il n'en avait pas) de retour de balade en mer



Un jour, de retour d’une bataille navale avec des copains, il tombe sur la baraque sans dessus dessous et la vieille nounou raide morte ! Il a été cambriolé, et les voleurs ont même piqué le gnard !
Il prospecte, dans tous les coins, pour la retrouver, sauf du bon côté, parce que la môme a été récupérée par un noble, Grimaldi (tiens donc), qui l’avait trouvée sur la plage (à mon avis, elle les a tellement saoulés, les monte-en-l’air, qu’ils s’en sont débarrassés avant que ça attire les bêtes) Voici donc la situation, au moment où le rideau se lève. Mais cette fois-ci (un peu de changement ça ne fait pas de mal) on a droit à un prologue.

Le lieu donc : Gênes (Italie)

Les personnages : Paolo, leader des plébéiens, Pietro, membre influent (bras droit pour les droitiers) du mouvement, Simon Boccanegra (le VRP aquatique), Fiesco, le doge et papa de Maria (la fauteuse de trouble),  

Au lever du rideau, ça discute politique et élection entre Paolo et Pietro, il faut dire qu’il y en a marre que ça soit toujours les patriciens (le parti adverse) qui choisisse le doge ! Leur liste est déjà faite et le nominé pour postuler au boulot, c’est Simon Boccanegra (évidemment, il se devait d’avoir quand même un bon boulot, étant héros d’une œuvre, ça excuse son absence d’arbre généalogique au mur du château… qu’il a  pas, d’ailleurs !). C’est Pietro (le bras droit) qui a fait la liste et il compte en retirer pas mal de châtaignes du feu (genre carte de membre permanent dans tous les endroits branchés et voiture de fonction).
Boccanegra est d’ailleurs  à Gênes, et ne s’est pas  fait pas prier pour accepter le boulot (étant donné que ça lui permettrait de prendre du galon aux yeux du Fiesco et d’avoir un peu plus de chance d’épouser la mère de sa gamine).
Paolo annonce donc au peuple (venu aux nouvelles et surtout, apporter un peu de « corps » au volume vocale, Verdi et ses chœurs… il ne faut pas oublier !) que Boccanegra sera candidat  aux élections « dogiennes », « dogilistes » « dogicrates »… (enfin du doge quoi).
La foule gouallante traite de noms d’oiseau Fiesco (lutte des classes, j’vous disais) le doge en place et « nanti », comme on dit (« C’est une émeute ? – Non, Sire, c’est une révolution ! »).
Le palais de celui-ci est d’ailleurs un peu trop éclairé. A cette heure, à part la lampe de chevet pour lire le dernier San Antonio, ou la loupiote des sanitaires, pour satisfaire un besoin nocturne, c’est pas la peine d’user les chandelles dans toute la maisonnée comme il le fait.
Paolo joue l’intox, en chuchotant que c’est pas normal… et qu’il se passe des choses pas catholiques chez le doge (orgies, messes noires, Monopoly ?  rave party ?)





La place se vide peu à peu et Fiesco sort de sa bicoque pour prendre l’air et craquer en public (chanter des coulisses, ça le faisait moins aussi). Sa fille Maria, la copine de Boccanegra, vient de passer l’arme à gauche, et ça a de quoi l’énerver un peu (c’t’un brave homme dans le fond, mais c’est sa fonction qui le bouffe !)
Il voit arriver Boccanegra, la goule enfarinée et à cent lieues de se douter de ça. Il lui saute presque sur le poil, en l’accusant d’avoir provoqué la mort de sa fifille. L’autre a beau expliquer qu’il était en déplacement et qu’il voudrait pas paraître mesquin, mais il a quand même perdu son mioche alors que justement il était tout fier de présenter le grand-pôpa à la pitchoune (et vice versa) ça n'attendrit pas des masses le vieux bouc.





Fiesco snobe Boccanegra et le prévient que s’il veut qu’il lui recause un jour, faudra qu’il se grouille à retrouver SA petite-fille (bin tiens, maintenant que la fille est clamsée, on se rabat sur la progéniture, pour continuer la lignée). Boccanegra entre dans le palais, pour voire une dernière fois sa copine (moi, j’aime à penser, qu’il croit pas le vioque et qu’il veuille avoir la preuve de cette mort fort mal à propos, vous savez… c’est quand même l’époque où ça se tiraillait drôlement dans les pattes, pour rester sobre, et qu’on s’empoisonnait allègrement pour « tuer » le temps entre familles rivales…). Il tâte le pouls, constate l’heure du décès et ressort pour se faire ovationner par le peuple à sa sortie, comme nouveau Doge de Gênes (on a droit au passage très démocratique, musicalement parlant, de Verdi, l’hymne patriote à la Giuseppe quoi !)

Le prologue prend fin et on se quitte ici, parce que ça fait suffisamment long pour un lundi et que l’acte I se passe quand même Vingt-cinq ans plus tard (presque de l’Alexandre Dumas, ça)

Bonne journée donc et à plus, portez-vous bien !

La dragonne

Publié dans Verdi

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Rêverie musicale 28/10/2005 11:26

Alors là, bravo ! C'est trop délirant. Mais tellement vrai. Je me demande jusqu'à quel point je ne vais pas sortir quelques pages pour les donner à mes étudiants. Vous n'avez jamais, par exemple, contacté France musique pour proposer, par exemple, une émission humoristique autour de l'opéra qui passerait l'été (ou pas, d'ailleurs ?). Là, vous avez de la matière. Sensass !
Au plaisir de continuer à vous lire.
Merci, mais une telle notoriété... c'est pas pour moi!
Bonne journée et Bises Rêverie musicale

Moyra 27/10/2005 10:37

Bon! Je suis venue reprendre du début, sinon je pigerai rien à l'histoire! Donc, je vais voir ce qui se passe 25 ans plus tard! Tchô!
Tchô! Et vas-y mollo, c'est toujours compliqué avec Verdi! lol
Bises Moyra

Mr Smile 25/10/2005 22:25

enfin, j'arrive à lire ^o^

ben j'espère que je pourrais voir la suite dnas al foulé ou j'ai encore attendre 2 jours
C'est paru, vas-y (on est mercredi) MDR
Bises Mr Smile

clicclacwavre 25/10/2005 19:34

....quelle verve ..et tout cela d'une traite...en forme la Dragonne..
Ici pluie, pluie et encore pluie....j'ai user une paire d'essuie-glace en deux jours...Heureusement que je retrouve un peu de soleil ici...
Bises
Je touche du bois, fait sec ici!
Bises et bon courage alors clicclac

wiwine 25/10/2005 08:18

tu fais toujours un sacré discours.bises et bonne journée
Toujours! (j'ai du être Bossuet dans une vie antèrieure (depuis le temps que je dis ça, j'en ai eu des réincarnations! MDR)
Bises wiwine