Vous bilez pas, ça arrive !

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Bonjour et surtout bon début de semaine

Vous dire comme ça passe vite, je crois que c'est plus qu'inutile, vous vous en rendez bien compte tout seuls hein ? Mais en tout cas, si je ne veux pas commencer à blablater opéra aux tisons, faudrait que je me bouge les miches un peu, donc aujourd'hui,  je me prépare psychologiquement (vous aussi, d'ailleurs)  et on commence vraiment demain d'ac ? Je parlerai juste (rare chez moi) de la conception de l'opéra en lui même, et ça sera court, il y a des bouquins spécialisés pour ça, ce n'est pas mon rôle.

Ah... petite aparté, concernant les billets pour Don Giovanni, (déjà, j'ai même pas commencé à causer lyrique, qu'est-ce que ça va donner pour la suite !) pour la fable, "la vieille buse et le billet lyrique", ça se finit relativement bien ; je dis "relativement" parce que, arrivés dès potron minet avec le copain, enfin dès l'ouverture, on constate que les gens ont déjà squatté le hall d'entrée, mais un squat de "bon ton", le popotin sur une chaise mise à leur disposition ; en tout, trois groupes de strapontins, stratégiquement disposés pour que le dernier occupé soit face à l'escalier qui mène au guichet. Nous voilà prêts pour une bonne séance  de chaises musicales (plus de trois heures la séance, elle peut être "bonne" !)

Après être allés prendre un peu le sirop de la rue, histoire de ne pas commencer une germination à même le pavage de marbre du lieu, j'ai la curiosité, et la témérité, de demander à quel numéro on en est (on avait des papillons numérotés distribués à l'entrée par des types sapés comme des pingouins, entre le maton et le garde-suisse en civil, pour donner un petit air discipliné à tout ce bo...xon organisatoire !) Une dame me susurre un "quarante huit" du bout de ses lèvres ripolinées et l'angoisse nous étreint... on a le cent quatorze ! A raison de vingt-cinq personnes à l'heure... les sueurs froides commencent à perler ! Une nana vient même s'installer, sa petite cassette de monnaie sur les genoux,  sur les marches de l'escalier en hululant que ceux qui sont intéressés par les cartes "culture" (abonnement à tout ce qui est de bon ton certainement  sur Toulouse) c'est au raz du marbre des degrés que ça va se passer.

On passe de groupe en groupe, jusqu'à arriver enfin, au dernier tournant du virage, celui de chaises face à... rien, vu qu'un saint Pierre moderne annonce le numéro suivant et conduit les "élus" par un escalier, jusqu'au saint des saints, le guichet avec Hygiaphone incorporé, sorte d'aquarium où se débat depuis des heures une limande...(elle était aussi plate, désolée, je n'ai vu que cette espèce de poisson y évoluer) - euh... saint Pierre, limande... ça tient un peu de la visite pisciculturesque mon compte-rendu du coup -

Vous pigez comme nous à ce moment, qu'on a poireauté des plombes parce qu'il n'y avait qu'une nana réquisitionnée pour la circonstance. Vous m'étonnez qu'elle avait un chouillas l'air à l'ouest et collectionnait les tics nerveux ! Et encore, nous, on n'avait choisi qu'un spectacle, ça n'a pas duré longtemps, mais tous ceux qui ont sorti leur liste de course et celle des potes ne pouvant venir et on fait leur marché pour la saison complète... j'ose à peine imaginer sa fébrilité et l'état glissant de son clavier à force de suer sang et eau !
On est reparti avec nos cinq billet (on y va toujours "grupieren" c'est plus... marrant).et "jurant, mais un peu tard, qu'on ne nous y prendrait plus", la prochaine fois, on fera ça tranquillou par téléphone avec simplement le plan de lieux sous le mirettes pour éviter de se retrouver derrière un pilier ou calés entre les projos et la porte des chiottes parce qu'on ne saura pas ce à quoi correspond l'emplacement proposé - c'est arrivé à une copine, et voir Manrico se prendre le chou avec le comte de la Luna* en jouant "un coup j'te vois, un coup j'te vois pas" avec la colonne devant elle, ça fait peut être travailler les cervicales mais ça fiche le virounas (vertige) à la longue.
Ils ont donc l'habitude de voir envahir leur hall d'entrée au Capitole au moment des inscriptions et réservations à la billeterie, mais habitude ne veut pas dire résolution du problème d'attente, là, ils n'ont toujours pas trouvé la solution miracle. Des inscriptions dans les centres culturels, les fnac et autres magasins qui servent déjà d'intermédiaires quant à des concerts et spectacles dans les environs ça existe pourquoi pas pour le lyrique, là on s'est posé la question avec le copain ! Ils ont peur de se mêler au vulgus populus ? On ne mélange pas les torchifs et les serviettes ? Si c'est pas se la péter "élite" qu'est-ce que c'est ?! Seuls moyens de choper des places, se prendre par la main et faire le pied de grue toute une matinée (arrivés à dix heures, retour en nos pénates à treize heure trente, pas mal hein ?), téléphoner ou écrire pour réserver les places et y retourner pour les récupérer...(pour tomber sur la "charmante" réceptionniste déjà pré-citée, non merci !) ou se les faire envoyer par retour du courrier  S'ils sortaient de leur costume amidonné un peu de temps en temps, et les doigts qu'ils ont dans le valseur par la même occasion, ils pourraient bien faire preuve d'un peu d'humilité et répartir leurs locations dans tous ces autres centres de billetteries, j'en ai même vu dans une grande surface, celle qui porte le nom d'un maréchal célèbre, mais ça serait déchoir certainement, vu que c'est le belou du coin qui y va avec bobonne faire ses courses et proposer un Turandot ou un Roi d'Ys au supporteur footbalistique nourri... sous la "bière", ça doit être la honte certainement, il vaut mieux se beurrer le groin au Moët devant Roland Garros, c'est plus "mieux" certainement...
Fin de l'aparté... on arrête les frais, on a ce qu'on voulait, c'est déjà pas mal je trouve.

Bon, pour en revenir à nos moutons (Rothschild certainement, puisqu'il faut se la jouer "élite"), demain, je (mal)traiterai Les Noces de Figaro de W.A.Mozart.

Je ne sais pas si je vous apprends quelque chose, mais, comme dit précédemment, Da Ponte, son nouveau librettiste qui allait devenir son préféré  par la suite, s'est inspiré de la pièce de Pierre-Augustin Caron de Beaumarchais : "La folle Journée ou Le mariage de Figaro" (1784), déjà précédé d'une autre oeuvre ::"Le Barbier de Séville ou la Précaution inutile" (1775 *) Comme expliqué aussi, le cadet des deux compositeurs, Rossini (1792-1868), a mis en musique la première partie de cette histoire en deux volumes, Mozart (1756-1791)  ayant pour sa part abordé la fin de cette intrigue d'amours bourgeoises (a rebours donc, dans la chronologique de Beaumarchais)

Un truc classé opéra buffa, opéra bouffe en Exagonien, rien à voir avec un cocktail dînatoire ou un thé dansant... on y boulote plus ; je dis bien "plus", parce qu'avant, l'opéra était tout de même un sacré lieu de rencontres, où l'on prenait des nouvelles des potes, faisait du publico-relationnel, piqueniquait même  (sans parler du troussage en bonne "difforme" de quelque donzelle, qui ne le restait plus longtemps 'damoiselle", dans les loges privées "gracieusement" mises à la disposition des gens qui pouvaient allonger les picaillons)

Pour vous situer l'intrigue géographiquement et chronologiquement, on évoluera dans la propriété casteliforme d'Alamaviva (le comte Almaviva, déjà croisé chez Rossini est tout de même un emp...articulé de première avec toute la panoplie, logement de fonction compris), toujours aux environs du. XVIIIe siècle, mais plus à Séville, à Aguas Frescas (eaux froides), à un pet de piaf de là, mais tout de même extra-muros, quand on est "noble" on paie pour pouvoir se retrouver en cambrousse, loin de la lie populassière certainement.
Pour les débuts amoureux de notre comte, je vous renvoie à mon tripatouillage sur le Barbier de Séville de Rossini.  Quelques années se sont écoulées depuis ses frasques balconesques avec Rosina, qu'on n'appelle plus que la comtesse Almaviva chez Mozart (prendre un titre nobiliaire, fait-il perdre son identité ? Grande question ça !!) et les ans ont assombri la "couleur" de voix du coco qui est passé de ténor à baryton (rappelez-vous aussi mon explication sur les tessitures  , voix de basse pour un type qui a du vécu ou méchant dans l'histoire, on reste dans la normalité donc).

On retrouve certains personnages connus, Almaviva, Figaro et la "comtesse" évidemment, mais aussi Don Basilio, passé de basse à ténor, on ne sait par quel miracle... maître de musique, (il a soit régressé en âge, soit sa voix est devenue fluette et chevrotante... pas d'autre explication). le docteur Bartholo, toujours basse (mais plus classé "basse comique" il a pris de la bouteille lui aussi)

Et pour amener de l'eau au moulin de ceux qui disent qu'une chose  met des lustres à passer de divertissement à oeuvre à proprement parler, Vienne, ville de création de l'opéra a plus que boudé la première de nos Noces, il a fallu attendre que les Pragois s'esbaudissent devant celle-ci, pour que les viennois se  fassent mousser.. Remarquez, ça n'a pas changé... il faut toujours que ça passe "ailleurs" avant de nous revenir encensé pour qu'on réalise que tout compte fait,  c'est pas mal du tout ce qui nous était proposé des mois, des années même avant, (visez du côté du marché américain, si vous voyez ce que je veux dire...)
Une fois qu'ils se sont rendus compte que c'était "trop top tendance" ils se sont empressés de lui commander un autre machin et le machin en question, c'est tout de même... Don Giovanni... comme quoi, mine de rien, mes digressions de sont pas si hors propos que ça, vu que c'était le sujet de mon aparté !.

Etant revenue par un triple salto avant à mon sujet du début, la boucle étant bouclée, c'est-y pas bôooo ça môdam' , je vous laisse à vos nobles occupations jusqu'à demain..; pas aux aurores, vous me connaissez, mais promis, vous lirez les nouvelles du Figaro, pour l'instant, je vais en donner des miennes de nouvelles aux potes en passant chez eux... je file !

la dragonne

* Il Trovatore de Verdi
** je  donne les dates de la première représentation, pas de la création en elle-même

Publié dans Post-its sur le frigo

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&hearts :0071: &hearts Moyra &hearts:0071: &hearts 27/09/2007 14:27

Ma Pôvvvre copine, faut vraiment aimer ça pour faire autant de queue...Je pense aussi à la minette du guichet, le soir elle ne devait plus avoir les yeux en face des trous... Ma nièce abossé cet été au guichet de la ceuneuceufeu et parfois les files d'attente sont dues aux indécis ... et ce qui l'a le plus étonnée c'est que souvent ce sont les jeunes contrairement à ce qu'on pense.Bisou du jour d'une folle qui va tenter d'aller lire un peu le rtard.Chez toi vu la longueur des tartines, j'en ai pour l'après-midi, hi!hi! Mais c'est du bonheur de rire et j'en ai un besoin des plus urgents.

28/09/2007 09:10

Quand on aime... on ne compte pas comme on dit hé, hé.  Le fait était que l'attente était aussi due à certains indécis (nombreux à mon avis)S'il pleutl l'avantage d'une lecture qui tient l'après-midi, c'est que t'as une excuse pour pas te faire saucer sous la flotte . Bises et bon courage copine

Véro 13/09/2007 17:25

tiens au fait, t'as abandonné tes liens musicaux ? Véro

14/09/2007 08:21

Quels liens musicaux ?... je savais que j'oubliais quelque chose !!! J'y file !! Merci d'avoir ramassé un de mes neurones en passant !

Véro 12/09/2007 20:39

Suis ravie que tu aies les places et me réjouis de lire les noces. Pour ma part, plus de place pour Siegfried à Londres durant notre prochain séjour. Chouchou n'a pas caché sa joie, même s'il compatit. 5 heures avec Richard pour lui c'est un peu long.  Il y aurait bien Carmen en anglais au Coliseum, mais là c'est moi qui refuse, la Traviata ça m'a suffit. Bon je file lire le début des noces. Véro

13/09/2007 08:34

M.... !!!  ça m'aurait fait mal aux miches de ne pouvoir y aller ! Dragon cache tellement sa joie de me laisser seule me débrouiller avec mes places que ça fait chaud au coeur hé, hé... Il est totalement hermétique à l'opéra... Carmen en anglais... roulant des P. Morris certainement hé, hé...Bonne journée Véro

:0009::0022::0014::0038::0091::0110: 12/09/2007 12:45

la nozze.....avant de commencer c'était déjà  la fête ! bon mercredi : nous avons du soleil !!

13/09/2007 08:24

Nous aussi ce matin. Bonne journée donc Simone

plumette 12/09/2007 11:48

"Patience et longuer de temps font plus ...." !!! brrrrrrrrr, moi j'peux pas ça m'énerve de trop.Bisous ma dragounette.

13/09/2007 08:18

Je prends sur moi, il n'y a que ce moyen... ou renoncer au spectacle, j'suis pas maso à ce point là hé, hé. Bises Plumette