Le nozze di Figaro

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Bonjour !

Il est grand temps de reprendre mes bonnes habitudes (la glandouille ?) pour enfin parler de lyrique. Un période estivale, ça fait marre question pause non ? Allez, les vacances sont finies, on retourne à nos partitions et on cause Almaviva  et ses frasques, histoire de lire autre chose que des post-its hypetrophiés ou des tirades coup-de-gueulisatoires (je risque en plus de passer pour la râleuse du coin, autant éviter... même si c'est "un peu" la vérité)

Donc, aujourd'hui - les trois coups pour lever de rideau, pas ceux du bâton d'orchestration sur le pied façon Lully, (le pauvre il en est mort paraît-il), et on se passe le coffret si on l'a sous la main, ça va mettre dans l'ambiance...


LES NOCES DE FIGARO de W. A. Mozart - Opera buffa (n'oubliez pas, c'est pas du lyrique dînatoire !) en quatre actes - livret de Lorenzo Da Ponte d'après... d'après... Le Mariage de Figaro de Beaumarchais (pfff ! Deux qui suivent !!! C'est-y pas malheureux de se perforer l'orifice anale pour vous tiens !)

ACTE I - Ouverture -

Le lieu: déjà cité hier :
Aguas Frescas, à un pet de piaf de Séville, et ce pour toute la durée de l'opéra, si c'est pas s'économiser les ripatons ça ! Demeure "cossue" (euphémisme) du Comte Almaviva. On démarre dans une chambre. Tiens, ça me rappelle que j'avais vu une représentation filmée des Noces se passant exclusivement  dans un... pucier... plus minimaliste vous me faites signe hein ? (Même si c'est le sujet maître de l'opéra, "coucher... ou pas"... ça manque d'ors et de "fastuosités" tout de même un peu la mise en scène, désolée). Un peu déserte la chambre, ça sent le déménagement.(ou l'emménagement) et justement, pour une carrée, ça manque de... lit.

les personnages au premier acte
- Figaro, ex-barbier, passé valet chez Almaviva (je ne sais s'il a gagné au change, d'ac... il y a la sécurité de l'emploi... et encore...mais il doit tout de même avoir un peu perdu de son indépendance m'est avis)
- Suzanne, sa copine de coeur (et de boulot, elle est soubrette - pratique on fait un "élevage" de gens de maison, on est sur du pédigré des géniteurs, pas la peine de courir à l'ANPE de l'époque pour se ravitailler en vides-pots-de-chambre, du tout bon quoi !)
- le docteur Bartholo, déjà entrevu chez Rossini, carabin à la Merlin de Kaamelot, vu qu'on ne le voit même pas soigner les flatulences d'une mouche, c'est vous dire que son diplôme, ce n'est même pas la peine de le chercher accroché à la porte de son cabinet (d'aisance), plutôt regarder du côté d'un docteur es droit, vu ses lectures de chevet favorites.
- Marcelline, "ze" duegne ! Ben vi, on est en Castagnettie, ne pas oublier "la Folie des Grandeurs" pour ceux que ça interpelle ('tention par contre, pas la même époque mais c'est un tradition locale la duegne depuis des lampadaires)
- Chérubin, cherchez pas les ailes, c'est pas le zéraphique, juste un page (vous vous imaginez avec l'âge le vieux type tout cassé sur sa canne s'appelant Chérubin, franchement, les parents devraient choisir le pseudo de leurs rejetons en pensant au retour d'âge, ça détonne avec les rhumatismes)
- Almaviva, comte de son état, avec la ferme intention de profiter de tous ses privilèges, cuissage compris (pas besoin de vous faire un dessin, s'pas ?)
- Basile, maître de musique (ça ne veut pas automatiquement dire qu'il la maîtrise la musique, c'est juste son titre professionnel, ça m'a toujours fait rigoler cette expression d'ailleurs : maître d'armes, de musique, à penser, contre - là, gamine, je pensais que le contremaitre était l'ouvrier, le contraire du maître quoi - , de cérémonie, d'école, étalon (...nan, là, ça s'écrit pas pareil et on ne parle pas de Rocco, c'est pas l'humeur générale du blog de toute façon)... est-ce qu'ils excellent vraiment autant que ça dans leur boulot pour porter le titre, ça me paraît un peu hâtif et définitif de juger de leur aptitude professionnelle par ce qualificatif.
- Un choeur (pour "meubler" et montrer que le type à du personnel de maison à payer pour pousser la gouallante certainement)

Une grande absente la pov'comtesse, qu'on ne verra qu'au deuxième acte.. en plus de son identité (Rosine) elle paume un acte, vraiment pas de bol la nana !

Petite aparté, pas longue pour une fois : quand je réécris les dialogues, il n'y a rien de faux, dans le contexte, mais ça dévie souvent, surtout côté anachronisme et absurde (si vous ne vous en doutiez pas, ça va être un choc pour vous !), je dis ça pour ceux qui me lisent leur Da Ponte à côté pour comparer évidemment !

Lever de rideau sur Figaro en train de mesurer la piaule, sous tous les angles, alors que sa copine tente de faire tenir sur sa choucroute garnie un bibi des plus récalcitrant.

" .Cinq...dix... vingt... trente... trente-six... quarante-trois !*
- Chouchou, quand t'auras fini d'arpenter, tu me fais signe et surtout tu me dis de quoi j'ai l'air avec ce capeo sur la caboche.
- Fichtrouille ! Changes rien ! C'est comme si tu l'avais fait toi-même
- Mais j'l'ai fait moi-même ! Vises les patins (pansements) à tous mes doigts !! Euh... sans être indiscrète, on peut savoir c'que tu mesures ?
- Almaviva m'a fait cadeau de son vieux baldaquin avant qu'il lui tombe sur la gu...** je vérifie qu'on soit pas obligés de pousser les murs pour le caser, t'as vu le placard à plumeaux qu'on se paie !!
- Passk'en plus il nous file la piaule ?! J'en veux pas de sa carrée à la noix !
- On peut savoir bicouze ? Placée comme elle est, c'est une affaire ! Entre les deux apparts des patrons !
- ça m'regarde... j'me comprends !
- Môdam' a ses vapeurs, un p'tit coup de sonnette et tu rappliques avec le ventilo, son mec "insomnise", re-sonnette et je file lui chanter "fais dodo" ou l'aider à compter les moutons***
- Je pencherai plutôt pour une course urgente à faire pour lui, si possible à Perpet-les-Oies, et  à peine t'as tourné le coin du potager, j'le trouve en train de dégonder ma lourde au pied de biche !
- Tu me fiches les miquettes là... développe !
- Y a que môssieur l'comte en a marre de courir le patelin pour faire son "marché" vu qu'il a des produits frais sous la paluche et à domicile encore !
- Il en pince pour qui ? (ça se confirme, il est mono-neuronalement équipé !)
- Mais pour bibi, bougre de triple andouillette ! Tu crois que c'est "sourire" l'offre de cette piaule ? Attends, y a mieux ! Tu sais, son "prof de chant-homme à tout faire", Basile, n'arrête pas de faire l'article pour lui et me sort toujours la même rengaine, ça me saoule en plus cette ritournelle à la longue !  Autre chose...Tu pensais que la dot qu'on m'a filée c'était pour tes mérites ancillaires ? Je vais te ruiner le moral, mais c'est tout simplement une option pour un quart d'heure avec bibi en "tête à tête", comme c'est l'usage depuis des lustres chez les gens de ce monde. Le problème, c'est qu'il a aboli ce rondudju de nom de d'là de droit de cuissage, mais s'en mord les dents depuis... ça le "travaille" un peu et il compte bien que je le gratte là où ça démange... tu piges ?
- Faudrait qu'on se creuse pour lui mitonner un p'tit plan pour lui rabattre sa superbe..; tout en empochant son pognon, cela va sans dire... Tiens, madame t'appelle, va lui porter le ventilo
- Je file, et commence à dresser les plans de campagne... mon Fifi****"

Suzanne sort avec le ventilo et sa rallonge sous le bras et Figaro reste seul à ruminer sa vengeance. Et dire qu'il n'avait rien vu venir quand ils sont partis tous trois, le comte, Suzanne et lui pour Londres en "voyage d'affaire" ! Mais il veut jouer au con, il n'est pas sur de gagner ! (euh enfin, dans le livret, il parle "escrime, estocade, feinte, parade" on le sent bien remonté pour l'embrocher purement et simplement). Il sort à son tour alors que se pointent Bartholo et Marcelline, un papelard à la main :

"C't'à c't'heure ci, à deux doigts qu'ils se refilent les alliances (c'est le cas de le dire !) que vous vous décidez à me parler de votre affaire ?!
- J'suis lente à l'allumage, je sais, j'attendais de voir comment ça allait évoluer et j'ai un reçu comme quoi "on" me doit quelque chose. Ne reste plus qu'à ficher le comte de notre bord, pour ça, fastoche, obliger Suzanne à l'envoyer sur les roses, ça va l'énerver et rien que pour faire bisquer Figaro, il signera tout ce qu'on voudra, contrat de mariage entre "Fifi" et bibi compris !
- Filez-moi le poulet ! Je ne sais pas ce qui me retient de lui faire épouser ma vieille boniche, histoire de lui rappeler l'affaire "Rosine" !***** Qu'on me parle "oubli" et "pardon", que j'me marre !! J'suis du genre à sauter sur la première occasion de rabaisser son caquet au roquet qui m'a fiché les raquiches dans les mollets moi ! Allez, au boulot, faut que je dépoussière mon code pénal, c'est bien le diable si j'arrive pas à trouver un vice de forme qui m'aide à l'entourlouper et qui se la pètera un peu moins ce jour là... j'en salive d'avance !"

Il sort, ne reste que Marcelline, bientôt rejointe scène quatre par Suzanne.

Fin de la scène trois, on arrête, faut économiser vos p'tites mirettes, et on verra la suite plus tard... On peut dire que ça commence fort, pas trois répliques et on sait que le comte est un coureur de première, son docteur un aigri de nature (euh..; se faire piquer sa future à la pièce précédente, ça peut aider côté "aigritude"), la duègne une "chaude" qui veut se taper un p'tit jeune (je sais, c'est cru, mais Wolfi n'était pas le dernier à appeler un chat un chat... non ?), le valet un niaiseux qui voit toujours le bon plan pour les autres, mais est le dernier informé quant à ce qui se trame sous son pif (ça, c'est courant aussi, les intéressés sont souvent les derniers informés), sa copine, une nana qui ne s'en laisse pas compter et a la répartie facile (elle me plaît bien celle-là)

Allez, je file et vous laisse digérer ça... bonne journée et je file au kawa et vous lire (ça, ça reste immuable aussi !)

La dragonne

* mystère de la traduction du livret pour que ça fasse "zouli" en Exagonien, ils ont traduit par "quatre... treize...quatre...treize... treize et quatre... fort bien, ma foi !" Le pauvre Figaro se retrouve mono-neuronalement équipé et ne sachant compter que jusqu'à treize, affligeant !

** En "vrai" le comte leur offre un lit, histoire de dire que s'ils peuvent coucher quelque part, c'est bien parce qu'il le veau bien, le syndrome de Dieu le père certainement... Pour le placard, point n'en est fait allusion évidemment, mais je doute que l'emparticulé soit assez large d'esprit et des cordons de sa bourse pour leur offrir sa suite royale !

*** pas gagné l'assistance mathématique  pour la version française !

**** Sic la version française ! Franchement, c'est n'importe quoi ! Traduire "Addio, addio Figaro bello" par "Adieu mon petit Fifi, Figaro" la honte ! Je sais, ça choque chez une dragonne qui n'arrête pas de chambouler les mots pour ses potes lecteurs c'est une chose, mais traduire "officiellement"  l'oeuvre originale pour l'édification du public, c't'autre chose, un peu de respect tout de même, ne serait-ce que pour le boulot de ce pauvre Da Ponte !

***** Voir l'intrigue du Barbier, Figaro a tout de même bien aidé à ce qu'on lui ôte de ses vieilles paluches sa pupille Rosine, future comtesse !

Publié dans Mozart

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&hearts :0071: &hearts Moyra &hearts:0071: &hearts 27/09/2007 14:40

Géniaaal! le coup du lit à bretelles! hi!hi! C'est ce qu'il me faudrait comme déambulateur mais à roulettes à cause du poids du pieu! hi!hi!hi! Quant à ton expression " à s'en mordre les dents" j'ai failli m'étrangler de surprise et de rire. Assassine va! LOL!Quand au mec qui parle à ses bottes ( je suis venue lire en deux temps et la deuxième fois j'ai d'abord oublié de mettre le son) j'ai trouvé ça tordant! Sinon avec le son c'est beau...Bisou la belle de ....Cadix ....au hasard... A très vite un peu plus loin en haut du blog.

28/09/2007 09:13

Tu cites du basque célèbre ? hé, hé... Pour l'expression, c'est pas de moi... un classique quand on connaît Coluche hé, hé... Bises ma belle et bonne journée.

Alain-anjalika 20/09/2007 16:24

Je la joue fastoche cet opéra, hé hé il fait partie des rares que je connais, mais lire ta prose, c'est toujours délire ou des lires? voilà que je perds les pédales!! C'est vrai ils arrêtent pas de parler d'Alzeimer en ce moment Bises et à bientôt  

22/09/2007 11:32

Arrête avec Alzeimer, c'est leur nouveau cheval de bataille (vu que la population en France vieillit, on voit où vont les priorités s'pas mon bon ? Re-bises

Baggins:0010: 19/09/2007 23:23

J'adore l'air de Cherubin dans ce premier acteBisous Dragonne

20/09/2007 12:03

Le "non so piu" est excellent, mais le "voi che sapete" suivant se laisse bien écouter, même si c'est la "cansonetta" bidouillée par lui (soit disant hé, hé)Re-bises

Aduna Fael 18/09/2007 23:54

Ouf ça y est, je suis quand même arrivé à bout de cette partie là, mazette ce ne fut pas de la tarte, c'est que j'ai le cerf volants en ce moment, hi hi !!!Bon il faut que je me conditionne pour attaquer la suite, hé hé !!!Bises, Adû

19/09/2007 09:24

Morte de rire ! Bises et bon courage Adü !

Richard 18/09/2007 05:57

Dans les commentaires, j'ai lu qu'à Stokolm ils avaient monté cet opéra en Anglais ! j'hallucine grave !!!!!! ......... Et pourquoi pas Carmen en Javanais (du sud c'est le meilleur). Ceci dit quand on à gouté à la cuisine Suédoise, on est moins étonné. Je vais passer pour un vieux machin au dargeot pincé mais tant pis, un opéra n'est audible que dans la langue dans (ou pour) laquelle il a été écrit, quitte à avoir le livret sous les yeux. Si on laisse faire, on va voir bientôt Siegfried fringué en Samouraï se taper Lucia di Lammermoor sapée en paréo pendant que les Maîtres Chanteurs de Nurenberg entonnent un Négro-Spiritual.Allez, C'est vrai que je suis un vieux machin, je vous l'accorde mais je vous salue tous j'adore aussi la partie commentaire (sinon, j'aurais pas pu raler ..... Hi Hi Hi à plus

18/09/2007 13:54

Rigoles pas avec Carmen ! J'en parlais justement en voiture, ce matin avec le pote, j'ai vu un truc un jour (télévisuellement parlant, cette fois-là) avec une Carmen qui répondait à Don José, pur français... en anglais, ça fait drôle, tu crois à une parodie la première fois... sauf qu'ils ne sont pas vraiment rigolos (surtout quand elle se fait épingler la cigarière !)Siegfried en Samouraï, mais tu sais que ça existe presque !!! La culture scandinave (norroise surtout) est le sujet de prédilection des anime et mangas.. Tapes Siegfried, Fricka, Loki, tu vas voir sur quoi tu tombes hé, hé.Pour le reste, dans les patelins des ethnies citées, peut-être le seul moyen de leur faire aborder la chose, ailleurs par contre, ça sent l'exotisme à tout va et la vocation de faire parler de soi, rien à voir avec la création artistique.On en revient à ce que je disais... rien ne vaut le livret original ! (même si la traduction, c'est pas vraiment ça, dommage qu'on ne soit pas tous polyglotes !)Tu vois qu'on s'amuse autant dans les commentaires que dans le texte en lui-même... Si tu fouines dans l'historique de mon fourre-tout, tu risques de tomber sur des petites merveilles de grand n'importe quoi !Bises Richard, (et la vieillesse c'est une vue de l'esprit, je connais des individus d'à peine vingt balais qui sont d'un âge canonique dans leur tête)