Les Noces de Figaro - Acte II - fin -

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Bonjour,

On peut pas dire que je fasse de la mousse en ce moment, mais, si vous voulez avoir la suite et la fin un de ces quatre de l'opéra de Mozart, faudrait peut-être s'y recoller non ? Je ne sais pas pour vous, mais comme je le disais précédemment, j'ai l'impression qu'on me pique des heures à mes journées dès que je regarde ailleurs...Vous savez... la sensation au (tomber) lever du lit qu'on a largement de temps pour tout faire de notre programme journalier et quand on se retourne, faut penser à fermer les volets parce que la nuit tombe et notre joli planning s'est fait la belle on ne sait où, vu qu'à l'oeil nu, rien n'a eu l'air d'être fait de conséquent quant au "gros-oeuvre". Bon, à mon avis, vous devez connaître le phénomène, pas la peine que je rentre dans les détails, plutôt commencer la narration avant que ça refroidisse hein ?

LES NOCES DE FIGARO - Acte II - fin -

Si je vous dis, même lieu et mes personnages, ça ne devrait vous étonner qu'à moitié (à moins que vous n'ayiez pas lu le début évidemment), parce que changer la distribution alors qu'on vient de  voir entrer une Suzanne dans un placard-cagibi, un Chérubin jouer les filles de l'air et un comte (comtesse en remorque) bien décidé à en découdre avec la lourde qui le sépare de ce qu'il pense être tout sauf la camériste, ça serait vraiment con...sternant et suicidaire même  pour l'avenir professionnel du metteur en scène.

Almaviva donc, un  rien énervé (la perruque dépoudrée laissant échapper des nuages à chaque mouvement et de traviole pour faire bonne mesure, symptomatique d'un état proche du coulage de biellle) ouvre la fameuse Porte aux Secrets (de Polichinelle), la pogne déjà levée pour accueillir le galant de sa moitié en lui offrant gratis une place au planétarium * . Il fait arrêt sur image évidemment en voyant Suzanne, la candeur et l'innocence personnifiée (manquent que l'auréole et les plumes dans le dos) jouant la nana dérangée dans ses nobles occupations par le tintouin qu'il vient de faire **

Le type se sent virer baudet alors que sa rombière est à deux doigts de se dégonfler comme une baudruche tellement elle soupire de soulagement, le scandale bourgeois par excellence a faillir lui fondre sur la couenne, vous vous rendez pas compte ! Son mec entre toute de même dans le cabinet pour vérifier comme Saint Thomas qu'il n'y avait personne d'autre de planqué et Suzanne en profite pour donner à sa patronne les dernières nouvelles du front : tout est bien, le gamin s'est envolé (au sens propre).
Une fois rassuré, Almaviva revient et se fend d'excuses toutes  aussi faux-cuesques les unes que les autres, parlant de pardon, d'amour (ben dame !), l'appelant même de son "vrai" pseudo, Rosine (enfin, on a cru qu'elle avait paumé son blaze !) ce à quoi lui répond sa belette que la Rosine en question, ça fait belle "larirette" qu'elle a des heures de vols à ses yeux, vu qu'il lui laisse "prendre la poussière" gentiment question attentions amoureuses.
Il en est presque à ramper pour lui lécher les tongs (pourquoi pas ? Les tongs, c'est aéré, léger, silencieux, idéal pour un plancher  de scène sous les projos non ?) et les filles princièrement drapées dans leur dignité outragée sont à deux doigts de lui filer son mot d'excuse, c'est qu'il est convaincant l'animal ! Elles lui expliquent tout de même que tout ce méli-mélo, c'était pour le tester... que la lettre c'était un habile faux  artistement rédigé par Figaro aidé de Basile... patin couffin***...
Et ça suffit pour remonter la machinerie, le comte reparle vengeance et torgnoles, mais sa femme lui fait remarquer que s'il veut être pardonné, faudrait peut-être qu'il montre le chemin non ? Il repart dans ses élans lyriques (normal) pour crier "grâce" et les filles, surtout la comtesse craquent et passent l'éponge  (pfff ! trop facile !)

Comme il ne fait pas bon (s'endormir) s'attendrir à l'opéra, c'est avant que ça ne vire à la bluette de cousette que  Figaro se décide à entrer en trombe dans la carrée pour annoncer que les voisins ont eu vent de la noce en prévision et viennent présenter les voeux d'usages (les relents de bouffe s'échappant des cuisines et le "plop" des goulots qu'on martyrise pour faire respirer la pauvre vinasse asphyxiée, ça peut aider, les gens ont une ouïe et un odorat hyper-développé quand il s'agit de s'en ficher derrière la cravate et gratos, c'est connu !)
Le comte freine un peu ce bel enthousiasme en lui demandant juste une "petite" chose pour éclairer sa loupiote... de qui est ce billet doux
"Quel vélo bleu ? Des traces de pneus sur mes lunettes, la femme de qui a eu un veau ? ****
-Mais siiiii, le poulet que tu as filé à Basile... - insistent avec des roulements de prunelles les donzelles, pour lui faire piger qu'il doit entrer dans le jeu, elles frisent le strabisme convergent et divergent en pure perte, Figaro semble bouché à l'émeri ce matin (tiens... lui aussi ?!)
- Aaaaah ça ! Ben "mon" p'tit tour de cochon... ça serait bien qu'il se règle par une noce accélérée non ? (enfin ! Les filles hésitaient entre le tarter ou lui hurler dans les argouannes pour entendre l'écho dû au vide, parce que là, plus creux neuronalement parlant fallait se lever tôt pour trouver !)
- Alleeeez, Almavivounet... tout le monde est d'accord, faut qu'on presse le mariage" - insistent-elles auprès du compte qui sue sang et eau en priant tous les saints du paradis pour que Marcelline, sa roue de secours, rapplique avec son plan matrimonial personnel (se reporter à la scène avec Bartholo pour vous rafraîchir les idées)

A cet instant entre Antonio, le jardinier et oncle de Suzon, lui aussi dans tous ses états (ah... le calme et la volupté de la campagne, vous me les copierez tiens !)

" Alors là... c'est le feu de paille qui fait boule de neige !
- Qu'est-ce qu'il y a encore Guethenoc***** ?!
- D'habitude, j'avais droit à des lancers de trucs variés par les fenêtres sur mes plates bandes, mais aujourd'hui, c'est Byzance ! On inaugure le  lancer de mec ! Ah c'est sur, on risque pas de les louper mes giroflées, elles ont pas fait un pli les pauvres !
- Eh, la piquette au p'tit déj... ça attaque, arrête le pochetron ! - ça, c'est l'intervention du trio de conspirateurs Comtesse-Suzon-Fifi, qui sent bien que le comte n'attend que ce nouvel incident pour remettre la noce à plus tard, genre "fin du monde".
- Chut ! Le perturbez pas ! Et le type tu l'as vu ? - coupe le comte qui n'attendait évidemment que ça pour faire durer le plaisir.
- Pas eu le temps, il a filé comme un tapin dans le bois de Boubou devant une descente de la Rousse ! ******
- Allez arrête ton film Copolla ! Le type c'était moi ! - lance Figaro jouant les héros aux yeux des deux minettes en train d'envisager d'aller changer de petit linge si ça continuait ce suspense insoutenable (vi, in-sou-te-na-ble, na !)
- Bizarre, vu d'en bas, tu faisais plus gringalet...
- J'me suis tassé pour amortir la chute, normal !
- Ben moi, je jurerai plutôt que l'apprenti Icare tenait beaucoup plus du page que de l'ex-barbier... et j'ai pô encore bu !
- Et il serait revenu à canasson de Séville juste pour s'entraîner au saut en plates-bandes ?
- Faut pas me prendre pour une bille ! J'ai pas dit que c'était un bourrin qui avait sauté de la fenêtre ! (au point éthylique où il en est, même un iguanodon aurait pu se défenestrer que ça ne l'aurait pas perturbé outre mesure ce me semble...)
- Et donc, si c'était toi - demande le comte toujours sur sa défensive - j'aimerai bien connaître la raison qui t'a fait préférer la fenêtre à la porte, ça m'intéresse...
- J'étais planqué dans la chambre, en train de reluquer ma Suzon (c'est "mal" de voir la robe avant l'office il paraît) et comme j'étais l'auteur de la lettre, quand j'ai entendu que vous y faisiez allusion, j'ai flippé ma race et ai sauté par la première issue que j'ai trouvé, la fenêtre, j'me suis même amoché la cheville dans la chute.
- Donc, ça serait ta "production" cette missive aussi - analyse le jardinier en sortant un papier de sa poche
- Et m....  ! On est pas sorti de l'asperge !
- Donne voir ! Et toi l'athlète de haut niveau, dis-moi de quoi il parle ce billet ?
- Euh... lequel j'ai bien pu paumer... marmonne Figaro en faisant semblant de fouiller ses fontes, c'est que j'ai pô de sac à main moi ! J'ai tout sur moi...'tendez cinq minutes...
- Toi le nain de jardin, tu retournes à ta brouette et j'attends ton explication le coupeur de cheveux en quatre ! - ordonne un comte en train de commencer à fumer par les oreilles, tellement ça turbine  à l'intérieur."

La comtesse, qui a toujours une bonne vue, malgré "ses heures de vol" s'aperçoit que le papelard en question n'est autre que le  brevet du page, ce que Suzanne se dépêche de glisser à l'oreille de son copain (pour le numéro de transmission de pensée à la Rabindranath c'est pas encore au point !)

"Mai oui !!! Franchement j'suis pas réveillé ce matin ! (moi non plus, on se sent moins seul) C'est le brevet du gamin ! Il me l'a filé, vu que vous avez oublié d'y ficher... votre tampon (ça dure un peu sa conclusion de phrase, et on a droit à l'évocation du cachet, version Taboo et Pictionary par les nanas, vu qu'il est infichu de savoir ce qui manque évidemment et que le comte réclame plus de détails)
- Pfff ! Du coup, j'suis toujours aussi paumé - conclut un comte toujours aussi déboussolé et qui envisage que la  cavalerie "marcellinesque" n'arrive jamais. Le trio par contre respire à nouveau son bol d'air habituel après cet épisode.

Mais c'est compter sans un Beaumarchais et un Da Ponte pas peu fiers d'éviter qu'on ne baille trop longtemps en faisant entrer à son tour un autre trio,  infernal celui-ci : Marcelline-Basile-Bartholo (là, c'est le comte qui sort de son apnée et les autres qui font de l'huile)
" Ton Altesse - hulule une Marcelline un brin échevelée - j'ai un truc à te dire !
- J'ai du temps à paumer... le précédent dossier est en attente... alors j'suis toute ouïe (sauvé par la ronde ! Désolée, mais "ma" Marcelline était dodue quand j'ai assisté à ça)
- J'ai sous la pogne un papier qui dit que Figaro me doit du fric , il me paie ou il convole, il l'a signé. Lisez si vous me croyez pas ! Comme il est raide.. j'veux être payée en nature !" (bon, je sais... ça peut être plus que ma interprété la tirade,  mais au point  où j'en suis... je garde !)

Ses deux acolytes acquiescent  comme des chiens de plage arrière, apportant unetouche juridique et officielle supplémentaire à sa  démarche, étant donné leurs "hautes" fonctions respectives. Les "gentils" suent à grosses gouttes, le médiateur jubile intérieurement mais fait son important pour la galerie, deux équipes de trois joueurs en présence, un arbitre plus qu'impliqué dans la partie en cours, ça présage des prolongations au match de qualification ça... Mais on verra ça la prochaine fois, pour l'acte trois, étant donné que j'ai réussi à faire la peau à celui-ci, pour l'instant, je sonne la  récré et tout le monde dehors, allez prendre le sirop de la rue, fait doux aujourd'hui, profitez en !

Bonne journée  et à plus

La dragonne

*  chez bibi ça veut évidemment dire qu'on a droit aux p'tites étoiles comme dans les BD ou les film après un bon pain dans la  tronche

** Désolée encore, pas pu m'empêcher de rigoler toute seule, étant donné que la pièce est décrite comme "cabinet", quand j'ai tapé "nobles occupations" je voyais la fille en train de se reculotter, légèrement perturbée dans ses ... méditations et le pq à la main, désolée, j'vous dis j'suis très basique le matin au réveil  mais c'est vrai  que s'il y a un endroit où on aime être au calme c'est bien là sinon ça... "perturbe" vous êtes de mon avis ?

***une expression d'un pote "local", ça équivaut à et caetera, tuttti quanti, enfin tout le bazar pour s'éviter d'avoir à énumérer une liste inutile, ça m'arrange, pas vous ?

**** encore une expression familiale, déjà citée, mais ça fait des lampadaires, pour décrire l'émoi de quelqu'un qui ne voit pas du tout de quoi on cause. Je sais, faut être connaisseur, quand je sors ça... les gens ont tendance à mettre de l'espace en eux et moi... des fois que ça s'attrape !

***** là, je n'ai pas pu m'empêcher de voir la trogne et la voix du paysan Guethenoc dans la série Kaamelott ; par contre cette aparté  ne concerne que ceux qui connaissent... pour les autres, qu'une solution, emprunter ça pour vous faire une idée mais on délire pas mal dans l'antre avec ça (s'pas Sugi ? hé, hé)

****** Est-il besoin d'éclairer vos lanternes sur l'expression ? Mmmm ? Le bois de Boulogne... la Rousse pour les flics... les tapins "bigarrés" de ce lieu sylvestre et ludique ? M'enfin... sortez le dimanche après l'office !!!

Publié dans Mozart

Commenter cet article

Ghany 30/10/2007 09:44

Merci pour la visite sur mon blog ! A l'opéra, je n'y vais jamais, mais j'en écoute de temps en temps quand je tripatouille la terre ;)

02/11/2007 11:15

Euh... un conseil, évites la chevauchée des Walkyries quand tu façonnes, ça risque de donner une drôle de tournure à ton vase hé, hé... si tu te laisses emballer par le rythme... Bises et de rien pour mon passage

jane 29/10/2007 20:30

33° ! Dites 33 ! bisous en attendant que tu te décides !!!

02/11/2007 11:32

Vieux motard que jamais... l'article est paru... Tu vas pouvoir arrêter de trépigner Jane hé, hé. Bises

kty 24/10/2007 19:16

c'est ce qu'on appelle un très bel article...

27/10/2007 10:22

Côté taille je pense, l'esthétique du tout m'échappe un peu par contre... pas trop pensé à faire dans le joli... Merci tout de même Kty

Morena 24/10/2007 09:46

Merci pour ta fidélité mamzelle ! :))Passe une bonne journée

24/10/2007 09:50

Aucunement question de fidélité j'm'appelle pas Lassie hé, hé... Juste une question d'intérêt ma belle... Bises pour la route

Christian Julia 24/10/2007 09:05

Ben dis donc ! c'est que du bonheur ce blog-là ! Merci pour ton passage chez moi !

24/10/2007 09:47

Euh... confuse de mon incursion en boulet de canon chez toi, mais ça m'intéressait ton article... Merci du compliment et bonne journée Christian