Bonjour!
Avant de reprendre ce qui fait quand même le titre du blog, l’opéra, je finis la semaine sinon, en beauté, du moins par un truc qui a l’air de bien vous faire rigoler, les malheurs de la famille dragon.
Pour vous dire qu’il en faut peu, pour remonter un souvenir à la surface, c’est le chaton de ma fistonne qui m’en a donné l’idée (paradoxale, étant donné qu’on y cause même pas de mistigri dans celui-là !). Ce petit fouineur s’était faufilé dans notre chambre et je l’ai trouvé en train d’essayer de s’extirper de l’espace entre deux armoires, occupé par un rameur - pas le type à la pagaie, le truc de torture qu’on s’achète sur un coup de tête, pensant récupérer une musculature digne de ce nom quand on s’appelle Sieglind la dragonne. Là aussi, achat compulsif, étant donné qu’au bout d’un mois d’essais désespérés, j’étais toujours aussi musclée qu’un cintre, .par contre, qu’est-ce que j’en avais fait comme chemin ! Et là, je plaisante pas : je commençais à ramer au milieu de la mezzanine, et je me retrouvais, avec un grand « chtonk ! » contre la bibliothèque (le rameur était sur une carpette sans patins anti-glisse donc, tout le barda se retrouvait en mouvement dès que je jouais les shadocks , j’allais tout de même pas poser ce truc en métal à même le parquet non ?)
Donc, pour en revenir à notre réminiscence, j’ai vu s’imprimer « Armoire » en néon disco, à l’intérieur de ma caboche et une formule algébrique purement dragonienne : armoire + porte + nuit = Alsace ! Vous trifouillez pas les neurones comme ça, l’explication arrive :
Là, c’est frangin Leprechaun qui m’a raconté ça, j’étais en Charente Maritime à cette époque, en train de finir mon école de secrétariat.
Pour vous situer l’engeance dragonienne, vous êtes tous au courant que j’ai un réveil des plus insolites mais il fallait bien tenir ça de quelqu’un et, sur les deux parents, il a fallu que ça soit de ma mère que j’hérite (et pas que moi d’ailleurs). En gros, elle se levait alors qu’elle dormait encore à moitié.
Donc, une nuit, mon frangin, qui dormait dans la chambre à côté de celle de mes parents, entend mon père partir d’un fou rire incontrôlable et plus que tonitruant. Au début, il ne bouge pas, pensant qu’ils sont peut-être en train de se raconter les dernières blagues entendues… ou pire ! Et puis, quand même, ça l’intrigue. Bin oui, y en a peut-être qui s’expriment au moment crucial par un fou-rire, mais quand ça s’éternise, où c’est que la personne tourne en boucle, et c’est dangereux pour le cœur, ou c’est que ce n’est pas ce qu’on pense et ça intrigue d’autant plus !
Il toque discrètement à la lourde, sauf qu’avec les jappements de mon paternel, c’est en pure perte. Il frappe plus fort, attendant une accalmie propice et se voit invité à entrer mais en faisant gaffe.
Là, stupeur : il ne trouve que mon père assis (plutôt roulé en boule en se tenant les côtes) dans le lit, la loupiote de chevet allumée et la place qu’occupe ma mère désertée. Il suit du regard le geste du bras de dragon senior, incapable de sortir deux mots sans s’étouffer de rire. Le geste tremblotant indique la garde-robe sans pied qui occupe un des murs et d’où s’échappent des bruits bizarres, des grognements des coups et des « P… de b… de m… où qu’il est? » (les « doux » accents de la génitrice étaient reconnaissables, même étouffés par les portes fermées de l’armoire)
Mon frangin, n’écoutant que son courage, et surtout bien obligé de se bouger, parce que mon père est inapte à esquisser quelque geste que ce soit en direction du meuble parlant, saisit la poignée de la porte de l’armoire, ouvre en grand… et éclate de rire à son tour, avec les mêmes symptômes débilitants côté motricité :
Une créature hirsute (j’ai hérité, là aussi de sa tignasse indomptable), les yeux lui sortant presque de la tête, le teint tellement fleuri qu’il en frise presque le plus bel « aubergine » (pire que rouge ça non ? C’est juste avant l’asphyxie, en principe, mais là, c’était la colère) et qui lui vocifère au visage : « Où est-ce que vous avez bien fichu ce satané interrupteur ? »
Elle s’était simplement levée encore en deux eaux, et avait ouvert la porte de l’armoire, y était entrée, avait calmement refermé celle-ci pour… aller aux sanitaires ! Tu m’étonnes qu’elle ne trouvait pas l’interrupteur du couloir ! Et ça ne l’intriguait même pas les fringues qui encombraient celui-ci (même dans le noir complet, je me serais quand même posée quelques questions) Le pire, c’est, qu’en plus des fringues pendouillant, elle ne s’était même pas inquiété du fait que l’accès au premier ait sacrément rétrécit côté espace, ce qui l’obnubilait, c’était trouver l’interrupteur !
Et quand les deux hommes de la famille ont essayé de la calmer, la seule phrase qu’elle ait réussi à dire tellement elle était furieuse (et la honte qu’elle s’était prise en plus) c’est :
« Me touchez pas ! J’suis électrique ! »
Une phrase qui est restée et qu’on emploie depuis pour dire qu’on est un tantinet sur les nerfs.
Voilà à quoi Chiba (le minet de fistonne) m’a fait penser en jouant à cache-cache dans ma chambre ce matin. J’aurai d’autres trucs à raconter sur notre célèbre sommeil perturbé un autre jour, mais pour cette fois, cela devrait suffire et vous avez d’autres occupations que de squatter ici, n’est-ce pas ? Bonne journée donc et à plus tard.
La dragonne
Derniers Commentaires