Les noces de Figaro - Acte III - suite

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Bonjour !

Est-ce que ça va-t-il bien ? Moi, ça va, sauf que je n'ai toujours pas mis la pogne sur les heures qu'on me pique  à mes journées et ça sournoisement dans mon dos (l'indélicat les ayant chourées est prié de les déposer, même anonymement, il n'y aura pas de représailles, sous mon paillasson, à moins que c'te buse les aie paumé en route, allez savoir...) Imaginez une dragonne se servant pour la rédaction de l'article du brouillon de sa messagerie (ben vi, c'est plus sur qu'un bloc note, vu que je  n'ai pas de "vrai" programme écriture et ça a la même fonction alors...) et s'interdisant de regarder le courrier entrant (et entré) de trouille de tomber dans les vaps... au vu de ce qui l'attend comme retard de lectures et de réponses chez les potes.
Tout d'abord penser à donner des nouvelles de Figaro et de sa musaraigne... pour le reste, on a toute la journée (courses non-comprises) pour s'atteler à la tâche.. allez donc, on retourne aux Noces, on va pas y passer quarante douze ans !

LES NOCES DE FIGARO - Acte III - Scène 7 et suite -

Le lieu: le même, vu qu'on est au milieu de l'acte, comme dit précédemment, je vois mal un metteur en scène prenant des libertés avec la logique espace-temps prévue par Da Ponte et surtout Beaumarchais, innover d'accord, mais jouer à HG Wells dans cette intrigue, ça serait déplacé

Pour les personnages, même motif même punition que pour le paragraphe précédent (là aussi, changer en plus la distribution, ça ne serait plus de l'innovation artistique, ça serait de la frapadinguerie patentée, vous vous imaginez changer les personnages en cours de saison de Santa-Dallas-lès-Feux-de-l'amour ?!

Fin de la scène six donc, et tout le monde à l'air  ravi de la tournure que prennent les évènements. La rivale de Suzanne et son bras droit n'ont plus lieu d'être du côté obscur de la force (ah les douceurs de la maternité et de la paternité sur le tard)... les tourtereaux roucoulent sur leur branche... il n'y a que le Comte et Don Curzio à avoir décanillé sans demander leur reste, ça énerve un peu de voir des plans "conquêtes de nouveaux territoires" tomber à la flotte.
Barberine (la cousine de Suzanne, celle qui tenait planqué Chérubin sous sa table) traverse la pièce, le page en remorque en lui disant de se grouiller à ramener ses fesses, ils ont une fête sur le feu et son "costume" à enfiler (la robe évidemment, je sens que le pauvre Chérubin va se tailler une réputation de transformiste, ça va pas faire un pli !). Ils sortent aussitôt cette tirade lâchée, (c'est qu'il y a du boulot d'épilation, ça va prendre du temps)
La comtesse entre à son tour, pour monologuer lyriquement ("Dove sooono i bei momentiiii... "   etc... joli air ma foi) :C'est qu'elle a un peu les boules de constater que ses premières amours ont pris un sacré coup de vieux et qu'elle est obligée d'entrer dans le plan de sa camériste pour ficher la honte à son mec. Ses idées sur l'amour éternel et tout le toutim ont bien morflé ; adieu veau, vache, cochon et tout le bataclan ! Faut pas se leurrer ma fille, c'est du passé, mais un p'tit coup de revenez-y n'est pas inenvisageable... des fois qu'il y ait retour de flamme... quand le vent va tourner...*

Tout de suite après, nous avons des entrées et sorties de personnages au gré de la fébrilité ambiante.
D'abord le comte et Antonio qui vient lui signaler qu'il a trouvé le galurin du page trainer avec ses autres fringues (slip kangourou compris ?) ce qui veut dire que le zouave vient de changer de costard, suffit d'être patient... et de mater le  tout Séville qui s'est donné rendez-vous chez lui pour faire la fiesta (ils auraient plus vite fait d'installer un scan comme à la  douane... ça gagnerait du temps et ménagerait les mirettes et la caboche... suffit juste d'attendre que ça soit inventé par contre, un peu de patience...)

Puis la comtesse de nouveau, avec Suzanne, là, un peu plus long étant donné qu'elles peaufinent leur plan de campagne : 
"Alors... où ça en est ?...
- Votre mec avait sa tronche des mauvais jours mais à part ça...
- Et pour le rencard de ce soir ?
- J'verrais bien le jardin moi, c'est bucolique et romantique non ?
- Bon, adjugé pour le jardin ! Allez, maintenant, p'tite dictée... titre : Comment filer un rencard en alexandrin (ça écrème d'office les blonds, les "viandards**" et les... illettrés)
- C'est bibi qui s'y colle au travail d'écriture !
-  "Quand à la fraîche on étend sa lessive - virgule -
    Les zamoureux, les pieds dans la luzerne
    Comptent les étoiles - en teuton "Sterne" -(là, j'ai rien trouvé de mieux pour la rime désolée) - point de suspension -
    Si t'es pas trop c... tu pigeras la missive " - Point final ! - ***

- Bon, une bonne chose de faite, mais comment cacheter le poulet ?
- Tiens, j'ai fichu la pogne sur une épingle (ah... le fameux air de Barberine qui suit cet "emprunt"... mimi celui- ci aussi) En plus ça va servir d'accusé de réception... Fiches au dos "prière de renvoyer le truc pointu après lecture"
- ça c'est pour le cachet paumé du brevet de Chérubin !
- Gaffe ! On rapplique, planque la lettre !" ****

Arrivée dans le désordre d'une joyeuse troupe de nanas menée par Barberine (Chérubin au milieu, fringué en fille et un bouquet à la main, histoire de fignoler le déguisement certainement ; une nana sans fleurettes, c'est pas une nana... euh du coup... suis-je "vraiment" une nana ? J'aime pô les fleurs coupées, ça pourrait effectivement prêter au doute...) Elles-il viennent pour offrir leur zouli ch'tit bouquet à leur patronne, qu'elle est trop gentille et la meilleure des patronnes (etcaeteri-etcaetera, ça sent l'hommage rituel de la plèbe à sa cheftaine... mais que voulez-vous... faudra attendre Robespierre et ses potes pour changer les us et coutumes du bon peuple  face à ses dirigeants...?!... euh... du coup, j'ai un doute sur l'évolution de cette tradition...) 
Au beau milieu de cette jolie basse-cour, la comtesse remarque une nouvelle... que Barberine s'empresse de présenter comme une sienne cousine venue spécialement de Petzouilles-les-Oies pour la circonstance. (ah. les joies des familles nombreuses... on  peut rajouter un parent, ça ne fera pas désordre, vu qu'on perd souvent le compte n'est-ce pas ?)

La comtesse et Suzanne remarquent tout de même que la "cousine" ressemble comme deux gouttes de flotte à un certain page mais n'ont pas le temps de conclure qu'entrent Antonio et le comte, fonçant tête baissée vers le travesti. Antonio lui arrache sa voilette et lui fiche le galurin trouvé sur la trogne.
"Ahaaaaa ! kesss-vous disais-je donc ! Si c'est pas le coco !
- Alors... t'as une explication là-dessus ? - lance à sa moitié un Comte à deux doigts d'imploser
- Allez, j'avoue ! C'était juste pour rire... J'ai eu l'idée de déguiser le gamin en nana, sur le coup, l'idée me paraissait plus que bonne. Mais... avec le recul... j'ai un doute...
- Faudrait voir à pas me prendre pour un c. ! Mon gars, compte tes abattis, il risque d'en manquer !
- Patron ! - s'interpose Barberine avant que ça ne tourne au vinaigre - quand vous veniez en dehors des "heures ouvrables" pour autre chose qu'une partie de Scrabble (rapport aux "Hommes préfèrent les grosses" si vous connaissez la scène) vous m'avez bien dit qu'il suffisait que je vous demande quelque chose... ça serait réalisé... s'pas ? J'veux me marier avec Chérubin !"

Alors là, grand blanc ! Antonio en reste sur le valseur, sa progéniture a aussi tâté de la bagatelle avec son trousseur de patron, ça calme ! La comtesse, pas dupe, en profite pour défier son mec de répondre à ça, alors que celui-ci, se retrouve niaiseux et avec la honte de sa vie (d'accord, courir le guilledoux, ça se fait, mais ça ne se dit pas, surtout devant la valetaille !)

Figaro entre, il cherchait du monde, normal qu'il n'ait trouvé âme qui vive, la fiesta se donnait ici. Qu'est-ce qu'il a raté ? Et quand est-ce qu'on danse ?

"Avec un pied en vrac ? Comment qu'tu vas faire ? - lance le comte qui n'a tout de même pas perdu le Nord.
- C'est presque guéri et comme kiné ça peut être bien la gigue hein ?
- T'as eu du bol de tomber sur les plates-bandes fraichement retournées, la terre était mollasse !...
- C'était mon jour de chance... Allez les filles on se bouge ?
-... Pendant c'temps là, le page filait quinze noeuds vers Séville...
- Bon baiser et bon vent... j'm'en tamponne ! Allez, on s'trémousse !
- ... Mais t'avais "son" brevet en poche...
- Ben, j'vois pas ce qui cloche (zavez vu, ça rime !!!)"

Antonio faisait les gros yeux à Suzanne pour qu'elle ne fasse aucun langage de signe à Figaro, histoire de bien le laisser se dépatouiller tout seul. Il tire Chérubin sur le devant de la scène... Pour lui montrer que le page est tout sauf en route vers son casernement (surtout en robe, j'imagine l'arrivée devant les plantons tiens !)
"Tiens Chéru-machin ! kess'tu fiches ici ?!
- A part dégoiser que c'est lui qui s'est mangé des giroflées, pas grand chose de constructif !
- Ben si tu l'dis... il a p't'êt' fait comme les moutons du fameux Panurge, de me voir sauter par la fenêtre, ça lui a donné des idées de grands espaces.... va savoir... Bon, c'est pas que cette conversation me gonfle, mais faudrait tout de même penser à faire la fête non ? J'entends déjà le jingle  du DJ, faut se bouger !" 
Le comte hésite à sortir la kalachnikov et à arroser toute la scène (le bon dieu reconnaîtra les siens, comme disait Arnaud Amalric *****)  mais sa légitime lui fait remarquer qu'ils ont deux noces sur les bras à "présider" et qu'on doit se tenir quand on joue les nobles en restant sagement assis sur son popotin sur son trône, c'est ça jouer les grands seigneurs ! (on me disait ça aussi gamine, mais le trône était différent pas vous ?)

La foule des "invités" se précipite sur scène, les gardes-chasse d'abord, les villageois ensuite, par couples, puis les jeunes filles, puis les futurs mariés (un minimum de respect de la "hiérarchie" dans cette mêlée rondudju !) Scène de masse et choeur à l'appui, au programme : ovation d'une foule en délire vantant les mérites de si bons patrons (noblesse oblige !), la joie de faire la fête et gratos (pas dit explicitement, mais on pige ça tout de suite) et pendant que le choeur des vierges y va de son couplet sur la fidélité, l'honneur et tout le bastringue, le comte ouvre le billet que lui remet en douce Suzanne (au passage il se fiche deux bons centimètres d'aiguille dans le gras du doigt, ça lui apprendra !)
Figaro qui voit ça  pense que c'est une nana du village qui lui a balancé l'invitation (un peu à l'Ouest ce pauvre Figaro tout de même) et se marre doucement en voyant le comte à quatre pattes en train de chercher l'objet du délit qui s'est barré quand il a ouvert la lettre. En tout cas, ce qu'il a lu a eu l'air de lui redonner le moral au beau fixe au patron... Il est tout sourire (carnassier : trente dedans et deux dehors bien en vue) et royal, invite toute sa basse-cour à passer aux réjouissances. en lançant son cocorico.

La scène quatorze concluant l'acte étant finie on baisse le rideau et on file se démaquiller et se changer... Nous on file aussi, vu que c'est l'entre-acte et que ça va faire du bien de se dégourdir les mirettes et les pognes (enfin, je ne sais pas pour vous, mais pour moi, ça s'impose)...
Allez, bonne lecture, vous avez du temps pour ça, selon mes habitudes feignassatoires, alors profitez-en, ça serait ballot de virer maso en en redemandant "ti souite" (et ça ne m'arrangerait pas en plus)... Bonne fin de semaine à tous et à bientôt... Je file... une messagerie à ouvrir avec précaution pour ne pas qu'elle me pète à la goule.

La dragonne

* Là, petite aparté, à développer un de ces quatre en pseudo "post-its" ou "blagasseries diverses"... pourquoi sont-ce toujours les belettes qui doivent faire des efforts pour récupérer un mec qui prend l'eau de partout ?! On parle des mômes qui se sentent coupables quand leurs géniteurs se prennent le chou, mais quand un mec va voir l'herbe pousser ailleurs... la minette prend ça de plein fouet dans la tronche comme si c'était automatiquement de sa faute...Qu'on m'explique... Le mec lui n'aura pas ce genre de prise de tête, prenant juste ça comme un accroc à son sacro saint orgueil de mâle dominant (évidemment, ne généralisons pas, il y a des exceptions - je veux les coordonnées et mensurations des "exceptions" qui lisent... ça peut intéresser les copines...)
Suivant vos réponses... je risque d'enchaîner sur ça... on ne sait jamais... mais dans mon style, n'attendez pas du "larmichoillant" !

** titre explicite chez bibi pour désigner les collectionneurs de chair fraîche, ceux qui vous demandent l'heure et enchainent en vous proposant "chez toi ou chez moi"... la prose ou la poésie, ça leur passe légèrement au-dessus du spermatozoïde qui leur sert de neurone (désolée un chat n'est rien d'autre qu'un chat chez bibi, les tournures ça va cinq minutes, au moins avec mon franc parler, on sait de qui je cause).

*** Bon, je sais... j'ai pris des libertés mais le fond reste le même... la preuve... la traduction française du livret :
"Quand le soir étend ses voiles (ben vi, étendre ses voiles c'est pas faire sécher sa lessive ?)
Les amants sont au jardin (la luzerne, le trèfle, les rangées de p'tits pois... la différence est minime non ?)
Qui contemplent les étoiles (là, j'ai rien changé hein ?)
On devinera la fin... (c'est pas ce que j'ai mis ?)"
Et j'ai fait l'effort de faire rimer le truc, vous avez du  bol j'suis une buse en poésie, alors où qu'il est le problème ?

**** Evidemment dans le corsage, mais que voulez-vous... La mode de l'époque ne laissait que ça de plus accessible et de plus rapide comme planque vestimentaire (les poches se trouvaient souvent dans le jupons du dessous, le combien-tième, j'sais pô, vu qu'elles en avaient une dallée (quantité énorme selon ma mémé). Vous imaginez le jeu de scène avec la fille en train de se trousser jusqu'aux narines, histoire de trouver cette rondudju de sreugneugneu de poche au milieu d'un quintal de tissu à franfreluches ?! Les manches ajustées ? Les bras boudinés de certaines beautés rubensiennes, fragonardiennes pour rester dans le contexte de l'époque, devaient empêcher aussi qu'on tente une planque sauvage entre la couenne et le tissu à part au chausse-pied et encore, on risquait l'égraffignage intempestif de certaines carnations hyper-sensibles ! Ne reste que le bas et sa jarretière, mais là aussi, voir une Suzanne jouer les nanas du Moulin Rouge en plein cancan pour fourguer le billet doux  sous le dim-up... ça risque d'échauffer les esprits de certains spectateurs et les distraire un peu de l'intrigue initiale de l'oeuvre.

***** légat du pape durant les joyausetés infligées aux Cathares lors d' une sombre époque pour la région.

Publié dans Mozart

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Véro 24/11/2007 14:58

Ca se complique un peu cette histoire. Il faudra que je la relise une fois teminée, car là je m'embrouille un peu. Véro

26/11/2007 07:42

Comme tout bon vaudeville, faut que ça soit compliqué (et je n'arrange pas la sauce avec ma... traduction en plus !)Bises Véro

MAndarine 08/11/2007 18:35

c'est drôle, j'ai étudié "le mariage de figaro" au lycée et j'ai beaucoup aimé cette pièce, j'irai bien voir l'opéra... ;)

12/11/2007 08:55

Et tu ne serais pas déçue... une bonne adaptation lyrique de Beaumarchais... Bonne journée Mandarine

plumette 08/11/2007 10:14

Kikou ma dragounette, je venais prendre un p'tit kawa et repasser un tit moment avec Figaro. Je crois qu'il a du mal à récupérer de son week-end.Gros bisous

08/11/2007 10:47

C'est surtout bibi qui a du mal après le choc d'hier hé, hé... Bises Plumette

Le Petit Randonneur 07/11/2007 13:06

Alors ma Dragonne tu as les chevilles qui enflent aussi ? LoIGros bisous et bonne journée@lain

08/11/2007 10:46

Moui... un chouillas hé, hé; Bises @lain

Tietie007 06/11/2007 22:11

Eternel Figaro !

07/11/2007 07:20

Sorti en pure lignée de la comedia dell'arte !! Sur ! Bonne journée Tietle007