Les Noces de Figaro - Acte IV -

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Bonjour !

Allez, une semaine bien amorcée, faudrait penser à un certain Figaro non ? Pour ceux qui me demandent ce que j'ai bien pu encore faire (ou subir) à l'opéra vendredi dernier, pas d'affolo, ça viendra, même si pour une fois, ça n'est pas sorti d'une normalité presque affligeante selon les critères très... particuliers de votre servante (il va pleuvoir quarante jours pour fêter cet évènement !). Allez, certains s'impatientant sur le devenir de cette union suzanno-figaresque, on y retourne avant que ça ne fige dans vos gamelles.

LES NOCES DE FIGARO - Acte IV -

Le lieu : Au début de l'acte, un "cabinet" ; libre à vous (comme à moi) d'y voir un lieu d'aisance... mais je vous préviens, vu le monde qui va y défiler, prévoyez l'espace en conséquence, chanter serrés comme des merluches dans leur cageots, ça risque d'être chaud (surtout en apnée si l'extracteur d'air vicié a des défaillances si vous voyez où je veux en venir...) et de plus, ça ne désigne pas que ça si vous faites une recherche , vous pouvez même choisir ce qui vous semble le plus approprié pour ces élans lyriques... * Par économie, le cabinet se transforme souvent en kiosque ou même un simple banc en plastoc, ça évite les allées et venues des machinistes sur la scène;
A la scène cinq, un jardin "touffu" (touffu... comme... touffu parce que le proprio a déliré un peu horticulturesquement parlant ou touffu parce qu'il avait au contraire  un poil dans sa main verte ?), deux "niches" parallèles (Rantamplan à gauche, Snoopy à droite, les féroces pinschers de la comtesse)   On a du ôter les nymphes et satires bouffés des mites ou les vasques débordantes de chiendent parce que ça faisait désordre, mais ça fait une planque plutôt sympa pour le reste de la farce.,

Les personnages :
- Barberine, (la cousine de Suzanne) "l'entichée du page",
- Figaro pas la peine de le présenter ou alors c'est que vous avez une mémoire de carassin doré
- Marcelline (la duègne ex-rivale de Suzon et nouvellement génitrice révélée du héros)
- Basile, le maître de musique (tiens, on l'avait oublié celui-là !)
- Bartholo, le "docteur", ex-rival de Figaro et nouvellement géniteur de celui-ci (pfff, quel imbroglio s'pas ?) Les "ex" et "nouveaux" se succèdent au théâtre, c'est la coutume et c'est censé réveiller les spectateurs du fond au cas où ils seraient un peu trop fait bercer par l'ambiance feutrée d'une description bourgeoise des plus commune si on y regarde bien.
- Suzanne ( à la scène 9 tout de même, elle a pris ses aises côtés retouches du maquillage !), suivie de près (scène suivante) par..
- la Comtesse, fidèle à elle-même, c'est à dire la boîte de kleenex à la pogne et la coquille Calimerotesque sur la courge (les éternelles "victimes" théâtrales...j'ai du mal à les plaindre, désolée, je sais... j'suis une sans coeur)
- Chérubin, le page amoureux de tous les jupons qui lui passent à portée (toujours pas calmées ses hormones, mine de rien)
- Le Comte (lui aussi se fait appeler Désiré jusqu'à la scène 12, il faut dire que le temps que tout ce joli plan se mette en place, le voir tournicoter dans les parages, ce ne serait pas prudent)
- Don Curzio (celui que devait servir de témoin  assermenté quant à la "dette" de Figaro si vous vous souvenez)
- Antonio, l'oncle pochetron professionnel et horticulteur dilettante (durant ses heures de lucidité)
Par contre, on notera l'absence du choeur des ex-vierges et jouvenceaux... le lavage de linge sale bourge, on évite d'ébruiter, ça fait une tache supplémentaire sinon et elle est dure à partir celle-là (pire que la fameuse tâche dans le noeud du torchon de Coluche)

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Ouverture de l'acte quatre sur le fameux cabinet (je recommence mon topo, où c'est imprimé le..* ?). Et l'on tombe sur une pauvre Barberine, dans tous ses états, en train de tournicoter comme une mouche prise sous un verre, la loupiote à la main et tout ça parce qu'elle a paumé un épingle ! (D'accord, un sou est un sou, mais de là à retourner toute la carrée parce que j'ai paumé un pin's..faut franchement qu'il soit en or quarante-douze carats et incrusté de diamants gros comme le Ritz ! Et en plus, si je ne paumais que ça... mais je dois habiter au milieu d'un trou noir, tout se fait la malle, y compris les neurones, ce serait un boulot à plein temps pour meziguette !) Tiens j'en connais une qui va se régaler avec cet air mimi ; court mais mimi !
Entrent Figaro et Marcelline, depuis qu'ils se sont "retrouvés",  ils ne peuvent plus se lâcher  ces deux là, ah... le fameux cordon ! Comme la minette explique qu'elle a paumé ce qui devait servir d'accusé de réception à un certain billet de rendez-vous, ça a plutôt l'heur d'énerver le futur époux plutôt que de le rassurer sur la notion "sécurisante" du mariage et il est à deux doigts de lui en retourner une, allant même jusqu'à lui dire qu'elle se lance tôt dans la carrière d'entremetteuse (lisez le livret, si ce n'est pas explicite !) Encore heureux "môman" est là pour arrêter les élans baffatoires de son fiston, sinon elle était partie pour faire trois tour dans son slip sans toucher l'élastique, vu le coeur qu'il allait y mettre à son vire-mouche ** ! Comme la duègne, elle, est soigneuse et ordonnée, elle a récupéré le truc et le donne à Figaro qui s'empresse de fourrer ça sous le pif de la gamine en lui signalant qu'il faut pas la lui faire, il n'est pas "niais" de la dernière averse !
La môminette avoue tout, y compris ce que lui a dit le Comte : "file-ça à Suzy,en disant que c'est "le cachet des grands marronniers" (il a lu Da Vinci Code et voit des messages codés partout). Une fois cet aveu déballé, elle prend ses jambes à son cou pour faire la commission rapido-presto, vu qu'après, elle a rencard avec son échauffé du slip kangourou, Chérubin (désolée, un chat est un chat !)

Figaro craque devant sa génitrice, il était le dernier au jus évidemment (comme toujours) et celle-ci a toutes les peines du monde à lui faire rentrer dans ses gonds. Faut juste la jouer fine et connaitre le fin mot de l'histoire, c'est encore que des "on dit"... rien n'est fixé sur la pellicule des paparazzi ! Mais avant de sortir,  il lance tout de même un "je vais venger tous les maris" qui en dit long sur ses intentions... ça va ronfler dans les chaumières !

Marcelline, solidarité purement féminine oblige, se doit de prévenir la fiancée que le doux et tendre nectar de l'hyménée a pris l'air et tourne plutôt au vinaigre à cornichon. Il faut la  mettre en garde contre "ce fier, ce terrible... et pourtant un peu nigaud de sexe masculin" (c'est pas moi que le dit hein ? Je ne fais que citer !) On a droit à un air (n°24, pour continuer à se la péter pro) où il est question de chevreau de bique, d'agneau, d'agnelle, elle est dans sa phase bergère de Petit Trianon la duègne.*** 

Sur ces considérations "chèvrières", elle sort et Barberine entre à nouveau (me dites pas qu'elle a encore paumé l'épingle c'te buse ?!) mais cette fois, côté jardin "touffu". Petit récitatif où la gamine nous expose le menu de son encas (les émotions ça creuse !), une orange, une poire (et des sboudidouuuuus) un choco-BN, ça va la lester même si elle précise qu'elle a dû faire la bise au cuistot pour avoir du rab, tout en ajoutant qu'elle compte bien se faire rembourser par Chérubin (quelle mentalité,  pfff !) Elle aperçoit Figaro qui rapplique et préfère planquer ses miches, il semble avoir la main leste en ce moment le futur cousin.
 
Il arrive en compagnie de Bartholo et Basile. Les deux compères se demandent bien ce qui lui prend de jouer les conspirateurs, la lanterne à la main et le manteau sur le pif, façon méchant dans les films muets (j'ai toujours adoré ces personnages outrés, ne laissant paraître qu'un regard noirci au khol ; et ils en font des caisses pour faire passer le machiavelisme de leur pensée dans leurs billes de loto, grandiose !)
"Vous vouliez pas faire la  fiesta ?! Moi, l'endroit me paraît idéal pour féliciter ma copine et notre patron commun qui veut se la faire. Vu que c'est des marronniers, on pourra même leur en filer quelques fruits bien sentis, si vous me suivez... A marron, marron et demi ! Planquez vous et je vous sifflerai pour que vous rappliquiez, je vous garantie que vous serez pas déçus du spectacle !"

Branché sur le 220, il ressort et les deux types restent à se demander ce qui lui prend de ne se mettre le sang à l'envers de cette manière. L'un, Bartholo, nouvellement rallié à la cause de son fiston, qui ne voit pas pourquoi il laisserait faire sans moufter, l'autre, Basile, parce que lèche-bottisme oblige, il est du côté du Comte et que c'est lui qui a le pognon et le pouvoir. Dans son air, il précise même qu'il a connu ça plus jeune (vi, il a été jeune, mine de rien) mais que dame Quiétude y a mis bon ordre (quiétude traduisant le flemma italien... flemme, ça ne concerne que moi, j'ai un copyright dessus, j'opte donc pour quiétude)..

Là, je me dois d'expliquer un peu la teneur de ses propos, parce que franchement, l'image est trop bonne ! Il fait allusion à... une peau d'âne !

Au début, j'ai pensé "ben dame à c't'heure, j'me suis plantée, j'ai pris Perrault à la place du livret, pas réveillée la dragonne...", mais que nenni... manto d'asino, pelle di somaro, c'est manteau d'âne, peau d'animal de somme,  j'avais bien lu ! 

Grosso-modo****... un jour qu'il se baladait dans la forêt, son panier et son petit pot de beurre à la main, il arrive près d'une chaumière tout en nougat et sucre-d'orge, au clou du mur pendait cette serpillière bouffée des mites, histoire de l'aérer un peu, vu qu'elle rognotait un peu l'âne bâté justement. La bonne marraine en tenue d'intérieur (foulard à l'antillaise pour faire le ménage, charentaises sur chaussettes en accordéon sur les chevilles et tablier en pilou à motifs "mémé"...  que du glamour !) est sortie pour garer sa citrouille dans la cour et le voyant sceptique (comme la fosse) devant ce textile "approximatif" côté fraîcheur et utilité, lui a royalement fait cadeau du bastringue. Comme elle avait plus toute sa tête, elle est rentrée aussitôt, oubliant sa titine et sa charentaise de vair, sur le trottoir laissant le type un tantinet arrêté sur l'image vu le cadeau somptueux.

Et mes braves gens, v'là t'y pas qu'il se met à flotter comme vache espagnole! Ni de une, ni de deux, il empogne le bazar et s'en sert comme Kway (c'était ça où se faire saucer et son habit vert et ses bottes de sept lieues auraient morflé) Il ne fait pas trois enjambées (vingt et un lieues si vous faites le compte) qu'il tombe nez à truffe avec un canis-lupus-lupus qui n'est pas jouasse du tout, il a laissé filer les p'tits chevreaux et leur mère (z'étaient allés faire un tour du côté de l'aria de Marcelline certainement) et en plus il fait sa crise d'asthme, vu qu'il a tenté une démolition sur trois cabanes de propriétaires porcins, ça a eu le don de l'énerver, ça se comprend.

Notre Basile (qui ne sait plus où il va du coup) s'imagine déjà en boîte de Canironron sur pattes, ce que confirme le regard affamé de la bête "faite rosse" par les coups durs de cette sombre journée. Au moment où il pense jouer le septième frangin de Poucet, invité à la p'tite bouffe organisée par l'ogre, le bestiau recule, se tenant le museau à deux pattes, limite de virer de l'oeil. Comme coupe-faim, sa pelisse est idéale ! Les relents asiniens de la dépouille lui font dresser les poils au garde à vous et être à deux doigts de rendre tripes et boyaux, et il préfère se barrer au fond des bois en hurlant à la mort  (donc, une légende tombe, le loup ne hurle pas à la lune, il se plaint seulement des mauvaises odeurs).
Basile doit donc d'avoir sauvé sa peau, grâce à celle d'un âne et moralise en disant que "la honte, le danger, le déshonneur et la mort peuvent être évités, grâce à une peau d'âne !" (l'image parle d'elle-même non ?)

Après cet épisode ésopien, (ou La Fontainesque... choisissez), les deux cocos sortent... et nous également,. je voulais continuer, mais ça va faire beaucoup alors on verra la suite plus tard, avec le retour de la vengeance de Figaro avant d'enquiller sur l'arrivée de sa copine, ça promet des festivités encore c't'embrouille !

Bonne journée et digérez bien tout ça.... à plus.

La dragonne

* - Un meuble à la base à colonnes torsadées dont toute la façade est munie de tiroirs, chaque personnage sortant de l'un d'entre eux, ça serait "tendance" non, pour un metteur en espace voulant sortir du lot ? Tiens, j'vais vous apprendre quelque chose, ça aurait vu le jour ce genre de meuble aux entournures du XVIIème siècle et les plus chouettes (pour les escarcelles bien garnies évidemment) étaient en... ébène, d'où le nom des types qui se sont lancés dans la conception de ces machins : les ébènistes (celui qui dit que je ne dis que des co...urgetteries, paf dans ses gencives !)

 

- Une petite salle dite "d'eau", un chouillas plus rikiki qu'une salle de bain ; chez nous, on y a installé mentalement d'office les chiottes et l'accord au pluriel est venu naturellement, on dit "les" cabinets, un pour chaque miche peut-être... (je sais... j'suis légèrement vulgaire, mais avez vous remarqué qu'au cours d'un repas, à un moment où à un autre, le sujet vient sur le tapis? Comme si on se mettait en condition mentale pour que l'appareil digestif soit au mieux de ses performances) Où alors je choisis bizarrement mes invités... allez savoir...

 

- cabinet de travail et cabinet professionnel... là, on cause boulot, et pour le second on le signale souvent par une jolie plaque passée au lustrant (plus le cabinet est important, plus la plaque est en conséquence... et le nombre des zéros sur le chéquier aussi d'ailleurs) Pour le premier, vous pouvez instaurer ce terme pour définir votre espace bureau, ça en jette un peu plus que bo..organisé comme chez bibi.

 

- Le cabinet de curiosités  est une pièce servant à conserver et à montrer des trucs "remarquables" (valable pour les constipés chroniques ? Tellement peu courant qu'ils exposent leur... production pas peu fiers de l'exploit ?... Je sais, je vire scato là, ça s'arrange pas...bon appêtit ceux qui lisent en bouffant !)
En principe, on y trouvait tout et n'importe quoi, c'était "hétéroclismique" la collection (cherchez pas, ça n'existe évidemment pas cet adjectif) : des merdouilles...merdailles... médailles ! (pardon, un réflexe), des vieilleries, augustement dénommées antiquités, des objets "d'histoire naturelle" (rappelez-moi mes cours de sciences naturelle, l'appareil digestif en faisait partie non, ah... j'ai pas si faux alors !) comprenant coquillages (et crustacééééés... sur la plage abandonné-euuuu), des fossiles (quelques irréductibles abonnées à l'art lyrique,  momifiées sous la poudre de riz ?) des herbiers (de l'herbe à chat, des plans de fucus-débouche-troufignon... et allez donc, une nouvelle couche !)..des insectes séchés (des mouches à m...iel ), des animaux "taxidermés" (phase ultime pour les irréductibles abonnées trop longtemps restées sur leur strapontin). Libre à vous de constituer votre cabinet de curiosités, ce n'est pas exhaustif ma liste. la suite sur Wikipédia,  pas envie de vous saouler trop longtemps  

 

** raclée, gifle chez les dragons, on rajoute même un a devant, pour faire zouli, mais ça n'engage que nous hein ?

 

*** En gros, elle compare les bestioles qui dans la vie  se fichent une paix royale, alors que les nanas et les mecs jouent la Guerre des Roses en continu, ah, l'harmonie à la Rousseau... c'est pas gagné !

 

**** Retrouver les contes, ça peut être ludique... attention faites marcher les souvenirs de mômes

Publié dans Mozart

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tietie007 21/11/2007 21:25

Bonne soirée figaresque !

22/11/2007 12:50

Bonne journée figaresque aussi Tietie007

Le Petit Randonneur 21/11/2007 12:41

wouahhh dis donc y'en a une tartine à lire cette fois çi, j'ai les oeils tout flouent, en plus le début  " Ouverture de l'acte quatre sur le fameux cabinet" je trouve que c'est bien, t'arrive déjà avec l'odeur, moi je trouve que c'est l'idéal pour que tout le monde comprenne :)Gros bisous à bonne journée ma Dragonne préférée.@lain

22/11/2007 12:50

Elle se termine la tartine, tu vas pouvoir pré-digérer aujourd'hui... Olfactivement parlant... elle est odorante en effet l'image du cabinet hé, hé; Bises @lain

élise 21/11/2007 09:29

Mais où es-tu ?.??? bon bisous du matin qui va bienje t'aimeCÄLINS

22/11/2007 12:49

Pas loin... dans mon plat à gratin (hé, hé, voir l'allusion aujourd'hui) bises Elise

Sissi 21/11/2007 07:41

grrr toujours dans les grèves...ça devient dur dur...levée 4 h du mat, rentrée 20 h... longue journée, je ne peux plus iren faire ! crevée la nénétte !

21/11/2007 09:14

Ma pauvre, j'espère au moins que tu te ménage un peu de temps pour dormir... Les perturbations de tous poils vont arriver à être la cause d'une épidémie dépressive si ça continue ! Bises et bon courage Sissi

Christine... 21/11/2007 01:23

Ca y est ... j'ai décroché sur Figaro !! Je ne sais même plus à quel endroit je me suis arrêtée. Il va falloir que je te bloque une journée toute entière pour faire mon retard Dragonne !!Je t'embrasse fort ... à bientôt !

21/11/2007 09:13

Une journée ?! C'est une semaine que j'aurai dû  dire pour moi ! En tout cas, j'espère que ce n'est pas mon flot verbal qui bloquera cette journée, je m'en voudrais (c'est si... longuet que ça ? hé, hé) Bises ma belle