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Dimanche 18 décembre 2005

Bonjour!

Comme promis, je vous donner l'extrait d'un livre que m'a envoyé très gentimment Atalmont, pensant à moi à sa relecture; Alors là attention est-ce parce qu'on y traite d'opéra et de Wagner (on y cause même Fafner le dragon et Siegfried) ou est-ce parce qu'on cause psychanalyse et psychiatrie parce que les protagonistes sont quand même Sherlock Holmes (en traitement de désintoxication cocaïneuse) et Sigmund Freud (toujours en quête d'un syndrome, symptome, trauma quelconque). Si c'est le deuxième cas... serait-ce une allusion, à peine déguisée, à ma frapadinguerie? J'ai un doute, tout à coup.

Je vous livre aussi un cartouche qu'il a rédigé sur le nom de la dragonne (pas peu fière la bestiole, parce que le cartouche, c'est à dire l'entourage était réservé aux familles royales, je vais me la péter sévère maintenant - appellez-moi Sieglindsis 1ère)

Bonne journée et à... dans deux jours au moins, n'oubliez-pas...(bonne excuse ça, pour retourner lire les choses qu'on n'avait pas lues n'est-ce pas? Mmm?)

La dragonne

PS: Clicclac m'a fait un cadeau qui est dans mon album de dessin (Sieglind ça s'appelle)


Sherlock Holmes

Le personnage de Sherlock Holmes a été crée en 1886 par Arthur Conan Doyle, à l’époque jeune médecin sans beaucoup de clients.En quelques années ce personnage, popularisé par la publication des nouvelles dans la presse populaire, assura le succès à Conan Doyle qui abandonna la médecine pour se consacrer à la littérature. Il est piquant de constater que Sherlock Holmes, que Conan Doyle considérait comme une part secondaire de son oeuvre, est devenu plus célèbre que son auteur. Cette célébrité se mesure au fait que, si Arthur Conan Doyle a écrit 56 nouvelles et 4 romans. Sherlock Holmes a été ensuite repris dans d’innombrables « pastiches ». C’est le cas de « La solution à 7% » de Nicholas Meyer, écrit en 1975 (44 après la mort de Conan Doyle), roman qui a été adapté au cinéma en 1976 sous le titre « Sherlock Holmes attaque l’Orient express ».

L’histoire :

Dans ses récits Conan Doyle explique que, par ennui lorsqu’il ne pouvait se consacrer à des enquêtes, Sherlock Holmes se droguait au moyen d’une solution de cocaïne diluée à 7 %. Nicholas Meyer imagine que la toxicomanie de Holmes atteint un tel degré, que son ami le Dr Watson décide de le faire soigner. Il a lu dans une revue médicale qu’un jeune médecin Viennois, le Dr Sigmund Freud (nous sommes en 1891) a mis au point un traitement. Le livre raconte comment Watson aidé du frère de Sherlock Holmes, Mycroft, conduisent Holmes à Vienne et comment Freud réussit à le soigner. Mais au-delà des labyrinthes de la psychanalyse naissante ils sont entraînés dans une machination diabolique où une jeune femme risque la mort. Les deux « détectives », assistés du fidèle Watson, s’engagent dans une enquête pleine de périls. La scène que je reproduis se situe au début de la guérison de Holmes. Pour redonner le goût de la vie à son malade Freud le convie à l’opéra, mais le spectacle est raconté par Watson, hermétique à ce genre de spectacle.

Nous nous rendons à l’opéra

« Le fabuleux Opéra de Vienne a trop souvent été décrit – et par des écrivains de plus de talent que moi – pour que je tente, à mon tour, de le faire. Cependant, l'ayant visité à l'apogée de son élégance et au sommet de l'opulence de Vienne, je dois dire que je n'ai jamais vu pareille accumulation de splendeurs que lors de ce soir-là. Les lustres étincelants n'avaient d'égaux que les bijoux des dames somptueusement vêtues qui étaient dans la salle. Comme j'aurais voulu que Mary pût jouir de ce spectacle ! Les diamants scintillaient sur les brocarts, les velours et les peaux satinées si bien qu’on pouvait dire sans mentir que les spectatrices rivalisaient avec le spectacle.

L'opéra qui était représenté ce soir-là était une oeuvre de Wagner dont je suis absolument incapable de me rappeler le titre. Holmes adorait Wagner qui, affirmait-il, .l'aidait à se livrer à l'introspection - bien que je ne voie pas comment cela était possible. Je détestais personnellement cette musique. Je m'efforçais d'ouvrir les yeux et de me boucher les oreilles pour pouvoir tenir jusqu'au bout de cette interminable soirée. Assis à ma droite, Holmes fut transporté par la musique dès qu'elle eut commencé.

Il ne parla qu'une fois; et ce pour désigner le célèbre Vitelli, un petit bonhomme qui avait une affreuse perruque blonde et des jambes boulottes, et qui tenait le rôle principal. Je peux affirmer en toute certitude qu'il avait des jambes boulottes car son costume en peau d'ours en faisait voir une bonne partie. Le moins qu'on puisse dire est que Vitelli n'était plus dans la fleur de l'âge.

De toute façon, il ne devrait pas essayer d'interpréter Wagner, observa Holmes, ensuite. Ce n'est pas son fort.
Fort ou non, fleur de l'âge ou pas, Holmes passa deux bonnes heures dans un autre monde. Ses yeux étaient presque tout le temps fermés, ses mains, posées sur ses genoux, suivaient discrètement le rythme de la musique, tandis que mon regard ne cessait de parcourir le théâtre, cherchant à échapper à l'ennui qui me submergeait.

Si quelqu'un, dans la salle, se lassa plus que moi de cet opéra, ce fut Freud. S'il avait les yeux fermés, ce n'était pas pour mieux se concentrer mais pour dormir et j'enviai son sommeil. De temps à autre, il se mettait à ronfler, mais Frau Freud lui donnait alors un petit coup de coude et il se réveillait en sursaut en regardant autour de lui d'un air ahuri. Son goût pour la musique n'allait guère au delà des valses. Le désir exprimé par Holmes de se rendre à l’opéra l’avait poussé à organiser cette soirée. Sans doute Freud souhaitait il encourager les premiers signes d’intérêt envers le mode extérieur manifestés par son malade. Cependant une fois arrivé sur les lieux, il était incapable de réagir tant à la musique qu'aux effets scéniques qui étaient parfois très réussis. Il regarda d'un oeil éteint l'apparition d'un dragon (habilement simulé par une machine extrêmement complexe) que le grand Vitelli s'apprêtait à abattre (1). Le dragon ne s'en mit pas moins à chanter, ce qui eut pour effet de rendormir Freud. Cela dût me faire le même effet, car je ne me souviens plus de rien jusqu'au moment où l'éclairage au gaz fut remonté et où les gens se levèrent de leur fauteuil.

Pendant ce premier entracte, je donnai le bras à Frau Freud et nous nous dirigeâmes tranquillement vers la galerie, à la recherche de champagne. En arrivant à l'endroit où les loges du premier étage surplombaient la salle, Holmes leva les yeux et dit, d'une voix calme, sans se soucier de la cohue :
- Si le baron von Leinsdorf était fervent de théâtre, peut-être avait il une loge à l'Opéra. Il indiqua les loges d’un battement de paupière mais il ne baissa pas la tête.
- Certainement, convint Freud en réprimant un bâillement, mais je n’ai trouvé aucun renseignement catégorique à ce sujet.
- Il nous faudra nous efforcer de le savoir, dit Holmes en regardant vers le foyer.

Les familles aristocratiques ou fortunées qui avaient les moyens de posséder une loge n’avaient pas besoin de se mêler à la foule pour aller chercher des rafraîchissements ; des ouvreurs en livrée tenaient à leur disposition des boissons qu’ils leur apportaient dans leurs loges. Quant aux autres, il leur fallait un mélange candeur et d'audace (comme à la buvette du Critérion) pour se frayer un chemin au travers d'un premier cercle de dames puis d'un autre cercle de messieurs qui frappaient tous sur le comptoir pour se faire servir.

Laissant Freud et son épouse bavarder ensemble, Holmes et moi nous offrîmes pour affronter cette épreuve dont nous sortîmes vainqueurs, bien que j’eusse renversé presque tout le contenu de mon verre en m'étant écarté trop tard pour éviter un adolescent pressé qui arrivait en sens inverse.

Nous trouvâmes Freud en conversation avec un homme de haute taille aux allures de dandy qui paraissaitplus jeune au premier coup d'oeil qu'au second. Vêtu avec une recherche excessive, il lorgnait le monde à l'aide d'un pince-nez aux verres les plus épais que j'ai jamais vus. Il avait un beau visage aux traits réguliers, à l'expression sérieuse, bien qu'il eût un léger sourire lorsque Freud nous présenta.
- Permettez-moi de vous présenter Hugo von Hoffmannsthal. Je crois que vous connaissez ma femme et ces messieurs sont mes hôtes : Herr Holmes et le Dr Watson.
Hofmannsthal eut l'air surpris :
- Vous voulez dire Herr Sherlock Holmes et le Dr John Watson? Mais quel honneur !
- Et pour nous donc, répondit Holmes aimablement en inclinant la tête, si c'est bien à l'auteur de Gestern que nous nous adressons. »

(1) Il semble donc qu’il s’agissait de « Siegfried », bien que Watson ait du avoir un trou de mémoire en situant le décès du dragon au premier acte.


par Sieglind publié dans : Mes invités dégoisent
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  • : Vous pigez rien à l'opéra... pas grave, je vous raconte l'histoire... à vous d'aller choper les notes qui vont avec, et ne me dites pas que c'est pour les momies... je tire à vue sinon ! Il y a des trucs à côté, histoire de vous donner un petit aperçu du bestiau... je vous préviens... ça peut piquer les yeux.
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