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Jeudi 22 décembre 2005
Bonjour !



Vous allez dire que je suis une lâcheuse, mais quand vous allez savoir pourquoi…. Bin figurez-vous que ce soir, frangin Leprechaun vient pour passer les fêtes.
On se fait un scénario :
« Salut frangin ! Comment tu vas depuis Mona Lisa ? Ah ! Au fait, du te débrouilles ! Les croquettes sont là, il y a une gamelle d’eau fraîche, et tu peux aller dans le jardin pour tes besoins sanitaires… parce que j’ai à bloguer ! »
Vous croyez que ça va passer ? J’ai un doute… surtout que, si vous voulez un stock d’anecdotes, faut bien qu’il m’en remette quelques unes en tête (j’suis pas la mémoire collective de la ruche moi) et imaginez à la distribution des cadeaux !
« Vous déballez les miens et vous me dites ce que c’est, j’écris un article ! »
Vraiment ça le fait pas hein ?
Donc, pendant ces fêtes de fin d’année, je vais me faire appeler Désiré comme on dit (manquer à l’appel si vous préférez) mais, de toute façon, je crois que je ne serais pas la seule, étant donné que c’est quand même une période de congés et que pas mal de monde en profite pour reprendre des forces (en dehors de ceux qui reçoivent la famille ou y vont).

Tiens, pour patienter une petite anecdote qui m’est revenue concernant les fêtes de Noël ! Là, c’est bibi en personne qui en a été l’actrice avec dans les rôles secondaires (et pas volontaires) ses trois frangins encore en culotte courte.

C’est vrai qu’il y avait les adultes, mais, dans ce genre de souvenirs, ils font souvent « garniture de cheminée » plutôt qu’autre chose, étant donné qu’on était plutôt une sorte d’entité extra-terrestre composée de quatre membres autonomes mais avec une seule tête : la mienne.
Là, précision : je n’était pas l’héroïne ou la déesse incarnée pour mes frangins, j’était simplement l’aînée et donc la plus grande (à l’époque – soupir nostalgiques !) et je menais mon petit monde comme un vrai tyran (une vraie teigne oui !) Donc je régnais mais par la crainte de mes représailles toujours très… inventives, on va dire.

Papa Noël arrive donc, avec ses joujous par milliers, au son d’un Tino que j’ai jamais pu encaisser (pardon pour les  admirateurs du corse roucoulant, mais il me portait sur le système). On déballe et qu’est ce que j’aperçois, à l’ouverture de mon paquet emberlificoté comme si c’était le trésor de la couronne : une dînette ! Déjà, on m’avait fait l’affront de m’offrir une de ces horribles poupées de l’époque, style momie de Néfertiti miniature, une poupée aussi raide que si elle était « embandelettée », pas un soupçon de traits poupins, plutôt une adulte en réduction,  avec autant d’expression humaine qu’une vache normande au passage du train Pedzouille les Oies – Trifouillis les Bouses ! C’était le comble ! On osait essayer de démanteler l’entité, en séparant les filles en rose et les garçons en bleu ! (mes frangins avaient eu des voitures des mécanos, enfin de « vrais » jouets quoi !)
Faire passer le bris simultané de toutes les assiettes pour un accident était peine perdue (j’avais déjà fait le coup avec le nécessaire de ménage à mon anniversaire) donc quoi faire ? Subir hélas avec une mine à faire du boudin (faire la tronche).
Mes frangins s’amusaient (eux) de leur côté avec leur petits voitures et moi, misérable oubliée par la ségrégation sexiste, je devais jouer les maîtresse de maison avec une poupée que j’avais détestée dès le premier regard. Je me suis rattrapée, plus tard en en faisant une création artistique moderne ; vous avez déjà essayé de changer l’ordonnance des membres sur une poupée ? Pas évident ! Et ça m’a occupée un bon bout de temps. Il fallait entourer la base des bras trop mince pour le trou des guibolles ou de la tête et agrandir un des trous pour pouvoir mettre la tête à la place d’une des extrémités supérieures ou inférieures. Ce fut laborieux et minutieux (je n’ai jamais été aussi sage ce jour là) mais j’étais fière de mon résultat ! (j’aurais dû la garder, ça vaudrait des picaillons maintenant dans une galerie d’art !)
Donc, pour en revenir à nos dindons, j’en étais à envisager de fuir le monde, loin très loin… (dans ma chambre) pour ruminer ma rage, lorsque que le fameux petit « pling ! » de mon cerveau se fit entendre :
« Ah on veut que je joue à la dînette… et bin j’vais jouer avec ces satanés freesbee ! Les frangins, ramenez vos fesses ! »
La crainte au fond des yeux, les frérots rappliquent et je leur annonce, doctement, que j’avais décidé de leur faire l’honneur d’inaugurer mon nouveau jouet. Repas pour tout le monde ! C’est moi qui régale ! Et nous voilà en train de dresser une table de fortune (un carton) avec un torchon  en guise de nappe. En peu de temps, le travail est achevé, ne reste plus qu’à prévoir… le menu ! Faire dans l’évidence et la simplicité, c’est tellement barbant que je décide d’innover. Ce sera un « feuilleté Sud-Ouest » !
Je file chercher le canard (le Sud-Ouest donc) et commence consciencieusement à le découper en bandes puis en morceaux, style chiffonnade de laitue, dans un saladier que je suis allée récupérer dans la cuisine. Les frangins ont pigé et changent de couleur : je vais leur faire bouffer les nouvelles fraîches ! Pour faire passer certains articles, j’ai quand même prévu de la flotte (manquait plus que la colle à tapisserie et on se tapait du papier mâché !)
A mon signal on commence à boulotter le papier (on mâchait bien, je vous rassure) en faisant passer avec une gorgée d’H2O grande cuvée en causant assez fort (surtout moi) pour que les « grands » nous remarquent enfin.
Et bin ça n’a pas traîné ! Mon grand-père s’est aperçu de notre manège et a poussé un cri d’alarme qui m’est resté :
« Purée de patafiole ! Ils vont appeler Raoul dans tous les coins ! (vomir quoi) ôtez-leur ça de d’sous l’nez ! »
Les trois autres adultes (parents compris) se précipitent nous arrachent de notre collation sans trop de ménagement et balancent notre somptueux repas dans la poubelle.

J’avais gagné ! On ne m’a plus demandé de jouer « comme une fille » à la dînette et elle a fini au fond d’un tiroir quelconque ! Par contre, j’avais gagné aussi une sacrée punition (la tête pensante de cette opération ne pouvant être que moi, évidemment !). Deux heures de piano à essayer vainement de rivaliser avec Rubinstein (tant qu’on entendait le piano, on pouvait me localiser facilement)
Voilà comment j’ai montré, pour la première fois une certaine révolte quant à mon rôle prédestiné de femme au foyer modèle (je vous rassure ça perdure !)

Voilà, c’est sur cette petite histoire que je vous laisse. Qui a acheté une dînette ces derniers temps ? Visez bien « l’heureuse » propriétaire, on ne sait jamais, elle a peut-être du sang de dragonne….

Je vous souhaite de passer de bonnes fêtes avec pleins de choses agréables et tâcherais, ponctuellement de balancer au moins quelques images, mais je ne promets rien, Leprechaun est aussi bavard et bougeant que moi !

A bientôt et portez-vous bien.

La dragonne



par Sieglind publié dans : Mes gaffes
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Impulsions, coups de coeur et de gueule, idées diverses au fil des notes et journées. Vous trouverez dans ce blog ma vision de l'opéra et de bien d'autres choses. Et aussi ma passion : les dragons.




Comme ma trombine évolue au fil de ce "rondudju" de temps, une petite mise à jour du portrait du bestiau, j'ai encore changé de "look" comme on dit... et le cliché du trombinoscope n'est plus vraiment d'actualité (avis, première et dernière fois que vous avez droit à ma goule, moi et les photos, ça fait quarante-douze)

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