Rigoletto - Verdi -

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Bonjour !

Allez, ça va suffire question repos neuronale non ? Si je continue, je vais m'ankyloser de ce côté là, ça serait ballot d'avoir une cognition qui tire de la patte hein ? Et puis on a un opéra à l'ordre du jour si vous vous souvenez. Les mésaventures d'un certain Rigoletto du Verdi*, faudrait s'y coller tout de même.

Première de cette oeuvre à la Fenice de Venise (1851) mais vu que la flotte de la lagune est bien passée sous le pont des Soupirs ou du Rialto depuis, ça ne nous inspire qu'un enthousiasme tiédasse de savoir ça, enfin pour ma part, comme vous commencez à le  savoir, l'historique et le dépiautage technico-lyrique d'une oeuvre, je les laisse aux pros.Tout ce que je peux me permettre d'avancer, mais ça ne concerne  que mes goûts en la matière c'est que j'aime bien cet opéra surtout pas pour les airs connus  (Juanita Banana et Comme la plume au vent ça vous parle ?) Parce que j'ai un petit faible pour les barytons et que le héros en est un, parce que le bellâtre est le méchant de l'histoire... et parce que j'ai du mal à rester calme à l'audition du quartet final, on est obligé de m'accrocher du lest à la cheville, je commence à léviter (quand il est correctement interprété, cela va sans dire !) Bizarre, ça me fait le même effet pour le quintet des Maîtres Chanteurs aussi (je  l'avais mis en exemple des "douceurs wagnériennes" si vous vous rappelez)

Donc, on s'y lance, préparez la boîte de mouchoirs... ça va chouiner dans les chaumières !

Rigoletto - Giuseppe Verdi - Acte I -
(cliquez sur le titre, vous aurez l'Ouverture)

Le lieu :
Mantoue, une ville si connue que j'ai dû aller voir où ça se situait précisément, vu que c'est pas là que je vais tous les jours chercher ma baguette de pain pour le repas de midi. Ville de Lombardie, dans la plaine du Pô (là, je sens que vous respirez enfin, ça vous angoissait ce blanc dans  vos connaissances géographiques hein ?)
Une salle de "teuf" dans le palais ducal. Toutes les portes sont ouvertes, vu que c'est la foule à se piétiner les arpions et qu'on commence à manquer d'air. Des dorures, des lustres à pendeloques, des robes traîne-sauce, des costumes de pingouins du seixième partout (euh... seizième siècle, évidemment, pour l'arrondissement, vu ce que j'ai mis au-dessus, ça serait un peu trop délocalisé non ?) Le personnel de maison arpente l'espace encore libre pour ravitailler tout ce beau monde en canettes et amuse-ballots diverses, ça a besoin de carburant un "mondain" !

Les personnages :
- Le Duc de Mantoue (le "méchant" de l'histoire) proprio de la bicoque "enfestivée"
- Matteo Borsa,  serpillière patentée, courtisan si vous préférez
- La comtesse de Ceprano et son mari, invités (là encore...lire entre les lignes, ils avaient un biffeton d'entrée pour deux à la fiesta, lui n'a pas eu droit à la visite guidée de la garçonnière ducale tout simplement)
- Rigoletto, le bouffon  des lieux, pas gâté par la nature, mais qui tient paradoxalement le beau rôle dans cette histoire, même si elle n'est pas très "Rigolettote" ! En plus d'avoir une tronche pas très harmonieuse quant aux traits, il se tape une énorme bosse dans le dos, c'était sonneur à Notre-Dame ou Bouffon de Cour ses choix professionnels.
- Marullo, un noble chevalier (noble ? Au milieu de cette "chienlit" ** ça m'étonne...)
- Monterone, un autre comte, dont la gamine, qui devait chercher le chemin des toilettes pour dames s'est paumée en route pour se retrouver les ripatons pris dans le couvre-lit ducal (ce coco pourrait aussi avoir son air du Catalogue vous ne pensez pas ?)
- Sparafucile, un tueur à gage (spadassin à l'époque) tournant autour des grandes maisons, il est sur d'y trouver toujours du boulot.
- Gilda, fille de Rigoletto (mince ! j'ai vendu la mèche... il ne voulait pourtant pas que ça  s'ébruite, vu les propensions à marivauder de son patron ! Vous croyez que ça va avoir une incidence sur la suite ?...)
- Giovanna, dame de compagnie de Gilda (elle me rappelle méchamment la duègne de Marguerite dans Faust)
- Un choeur verdien, toujours en pleine forme (ah... que ne serait Verdi sans ses choeurs...)

Ouverture du rideau sur la salle de fête, tout le monde se trémousse, rigole, lève le coude au son de la musique venant du fond de la scène. Deux zigottos sortent de la masse pour respirer un peu, le duc et son lèche-botte de Borsa :
"- Canon j'te dis !! C'est de la balle cette nana !
- Où tu l'as dégotée ?
- Coincée entre le bénitier et  un prie-dieu à l'église du coin ! Et le comble c'est qu'elle y va quasiment tous les jours ! Elle crèche dans une bicoque ravitaillée par les corbeaux, un mec vient la rejoindre tous les soirs, la jouant "conspirateur" d'ailleurs... Paternel... légitime... j'sais pô qui c'est
- Et on peut connaître ton plan ?
- Bam-bi-nesque ! (Euh  enfantin ; désolée... livret italien... ça influence) la faire tomber raide dingue de moi, tu connais plus fastoche ?.. Tiens... La nana de Ceprano croise dans les environs, pas mal son;.. accastillage *** non ?
- Met un bémol dudu... le légitime joue le remorqueur !
- M'en fiche de l'optimist c'est le catamaran qui m'intéresse et encore, tu sais que j'aime bien changer de rafiot. Un par jour c'est amplement suffisant, c'est vite attaqué par les berniques les barcasses. - (la comtesse approche) - ah... tu décanilles ? Si tôt, y a le feu aux flaques ?!
- Obligée, c'est mon bichon qu'à les clefs du hangar à bateaux (et du coffre-fort du capitaine !)
- Mais j'vais m'ennuyer comme un rat mort dans la cale moi !!! La "vedette" étant repartie à son appontement, qu'est-ce que je fais avec les youyou moi ?!
- T'arrête tout de suite, y a des oreilles qui trainent !
- M'en fiche comme de ma première bordée moi ! Et qui est à la barre ici ? Nan mais, faudrait voir à ce qu'on se mutine... tu restes !"

Il prend le bras de la nana et se dirige vers la piste de danse. Rigoletto, le mari et des courtisans arrivent. Le  comte sent le coup de tabac pas loin et sort du même côté que sa nana et le duc;;.. ça fait rigoler Rigoletto qui dégoise un peu sur les nanas et leurs moitiés jalouses avant de sortir à son tour.
Le chevalier Marullo entre en courant... une vraie pile électrique.. et c'est dur de lui faire déballer ce qu'il vient d'apprendre. En gros, il a découvert que le bouffon avait une belette, ce qui fait bien se bidonner les courtisans, un bossu "Cupidon" (sic) ça sort de l'ordinaire.

Le duc entre à nouveau, sans sa "goelette", suivi de Rigoletto puis du mari de la Ceprano .
"Qu'il est saoulant c'ui-là ! Il me colle au train, comme la mouche à son étron, comment je vais pouvoir m'en débarrasser pour m'occuper de sa nana ?!
- Vélociraptorise-là !
- Moui... pas c... Mais le mari, j'en fais quoi du mari...
- Tôle ?
- Euh... Moyen...
- Exile ?
- Tu pousses un peu le bouchon Maurice !
- Mieux ! Une petite décollation, ça  te dis ? - Il se passe un pouce sous la gorge, même sans causer italien, on pige tous l'allusion - et pis ça sera pas de la perte sur le poids du bestiau, vu sa légèreté !
- J'ai tout entendu, sale teigne ! - éructe un Ceprano furibard  -
- Fais gaffe le bouffon - conseille son patron - vaut mieux réfléchir à ce que tu dis des fois...
- Mais je dis pas que des conneries (lui non plus... je l'aime bien ce gars-là...) la preuve ! Et pis t'es là pour me protéger des volées de bois vert non ?"

Le comte est en train de mettre au point une vengeance mitonnée maison assisté des courtisans, ça risque de chauffer pour Rigoletto, et pas plus tard que cette nuit. Ils sont interrompus par la foule des danseurs qui a décidé d'élargir son champ d'action, quinze entorses, un épaule démise, quarante-douze orteils d'écrabouillées, sans compter les yeux "beurre-de-noirés" par une gestuelle chorégraphique manquant de rigueur, on a besoin de prendre de la distance !

Le comte de Monterone entre  et chope le duc avant qu'il n'ait le réflexe de se planquer :
" Euh Machin... t'aurais pas vu ma gamine ? Et t'as intérêt à répondre, c'est pas tout ton tralala qui va m'impressionner !
- Et gnagnagna.! - le singe Rigoletto, puis il prend une mine faussement sévère et digne - Très cher, vous mettez la sureté de l'Etat à rude épreuve, ça frise le crime de "baise-majesté" ça !!! Allez... "on" est magnanime, "on" passe l'éponge ! Barre-toi, t'en arrives à décolorer le papier peint avec ton teint sinistre, ça jure !
- Toi, le sac à m... tu la boucle ! Allez Duc, un p'tit effort... vises au coeur, ça ira plus vite, après ce que t'as fait à ma fistonne, mon héraldique vient de se prendre un sacré pain !
- ça devait arriver, il a pété une durite ! La vache ! Le regard qu'il se tape !
- Nan mais, faudrait voir qu'on se débarrasse de moi en lançant son roquet sur moi (il regarde du côté de Rigoletto, évidemment) t'es à gerber le duc ! Et toi, l'asticot (serpent dans le livret, c'est un chouillas plus noble), tu te fiches de ma trombine, mais tu ne perds rien pour attendre...j'te colle au c. une malédiction que t'es pas prêt de faire partir au détachant mon gars !" (allusion à la "chienlit" hé, hé)

Là, c'était le truc à ne pas dire, il vient de tronçonner lui-même le billot où il va poser sa tête ! Il est conduit manu militari loin des festivités, pendant que la bonne société retourne faire des entrechats  sous la boule disco.

Fin de la scène six, changement de tableau, donc j'arrête... Et là, ne me dites pas que c'est long...  j'ai fait un effort.

Bon, ça promet quoi la suite... la rencontre avec la femme mystérieuse et son compagnon mystère?... La vengeance des courtisans?... à voir.. On verra donc, mais plus tard. Bonne journée et portez vous bien !

La dragonne (qui file vous lire, promis !)


PS: pôur info, pas top, mais on a quasiment tout l'extrait ici

Un truc pour la route, une paraphrase de Liszt, futur homme d'église mais très peu porté sur l'humilité en tout cas, vu qu'il se devait de faire passer toutes les oeuvres des autres musiciens par ses pognes pour être "acceptables" (enfin, ça n'engage que moi évidemment, mais entre "géants" on se comprend et s'assemble..il a été le joli-papa de Richie Wagner !)


* Là  petit aparté (déjà ?) j'ai presque su "par accident" d'où était tiré l'argument. En fouinant môme dans la bibliothèque de ma mère adoptive pour trouver un truc à me ficher sous les circonvolutions cérébrales j'ai trouvé quelques volumes d'une minuscule collection, façon poche mais reliée (très "livre de dame" de la belle époque le format, le petit truc qu'on peut glisser dans sa pochette de bal quand on s'ennuie trop à jouer les potiches sur la banquette en gardant le sac de la copine ou en attendant le train vapeur parce que poireauter les bras ballants ça ne se fait pas, faut paraitre toujours occupée et surtout, maître mot : réservée !) Et j'ai lu Le Roi S'amuse de Totor Hugo (1832)et d'autres choses tombées aux oubliettes parce que dans cette collection figuraient énormément de littérature à l'édification des jeunes filles d'un autre âge, ça m'a faite flipper, je me voyais rentrer au Couvent des Piafs la dernière page tournée moi. C'est bien plus tard que j'ai entendu-vu Rigoletto retransmis à la télévision et que j'ai tilté en me disant que ça me rappelait quelque chose. Vérification faite (j'ai horreur de rester sur un doute) c'était bien de ce cher Totor que Joseph avait tiré son inspiration.

**  mot découvert par hasard, en écoutant la Khovantchina de Moussorgski, je croyais que c'était le nom de l'héroïne, mais pas du tout puisque voulant dire "chienlit", je suis allée voir la définition dans le dico familial... En gros, ça équivaut à bordel organisé... cata intégrale... pagaille titanesque....C'est vrai que dans la Khovantchina, ça s'applique particulièrement. Par contre là où je me marre c'est que sans savoir la "vraie" définition, je l'avais bien cernée rien qu'à l'évocation du mot... Allez cherchez... pas si dure.... c'est écrit dans le mot...
Bon, je vois que je suis obligée de mettre les choses à plat. Le mot désigne un costume traditionnel durant le Carnaval de Paris, http://fr.wikipedia.org/wiki/Carnaval_de_Paris
costume qui se composait d'une chemise de nuit avec l'arrière train badigeonné de moutarde... évocation d'accident intestinaux nocturnes... classe hein?

*** L'accastillage est l'ensemble des trucs sur un pont de navire qui aide à manoeuvrer les voiles, j'ai eu l'image de la nana glissant comme sur de la flotte pour se rapprocher du duc, façon goelette ou yacht customisé arbre de Noël, désolée, je ne maîtrise que rarement mes "images" d'où tout le dialogue qui s'en suit... façon la Croisière s'amuse.ou les Gaietés de "l'Aviron"




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Cleo 15/02/2008 00:49

Comme la plume au vent................... On l'avait apprise au collègeGros bisous doux pour ma dragonnette et ses printemps

16/02/2008 10:13

Nous, c'était trop "léger" pour les pingouines certainements hé, hé. Bises Cléo

Marianne 13/02/2008 14:07

avis sur ta photo, t'es géniale!!! ça fait plaisir de mettre un visage sur un être aussi gentil et convivial :0010:

14/02/2008 07:54

Euh... "que" sur la photo ? Mince, j'ai encore à m'entraîner alors hé, hé;.. Bises et merci Marianne

Baggins 10/02/2008 15:57

Quand j'entends l'air de Gilda , je pense toujours au film ''le gout des autres'' ou Bacri qui joue le rôle d'un gars pas trés futé ...épate tout d'un coup son entourage de gens assez cultivé lorsqu'ils se rendent compte qu'l connait cette air ...le gars tout d un coup passe pour un connaisseur en opéra.-Ah mais vous connaissez?-Diable si je connais..Et il se met à chantoner ...''Juanita Banana''J'étais écroulé de rire en voyant ce passage ...Allez je vais me réecouter cet acte ...Bises Dragone

11/02/2008 09:53

Je connais et pétée de rire au même extrait ! Ce que j'adore, c'est la tronche des jet-setteurs basiques à sa répartie !Bises Baggins

zordar 06/02/2008 13:23

Excellent début ! On se marre. De toute façon il faut rigoler tôt quand on l'acastillage de raison !

07/02/2008 06:43

Ouah !!!! Fort, très fort ! Bises pour ça Zordar

sugi la fourmiz 06/02/2008 11:58

Kikou la Dragonne :-)La vache quel longueur les commentaires...plus long que tes articles lol Fait un temps de mer(biiip)..il n'arrete pas de pleuvoir! Parait même qu'il y a eu de l'orage cette nuit! mais moi j'ai rien entendu, vu que j'ai des bouboules dans les courges! ^o^"Je te fais pleins de bisousSugi la fourmiz

06/02/2008 12:43

Pas tellement, sur une semaine, ça s'explique non ? Comme je suis moins présente ça a le temps d'arriver les petits coucous des copains. Ici, le temps est correct, va-t-il durer, là est la question à cent balles ! pétée de rire pour les bouboules dans les courges... t'imagines les images qui me venaient hé, hé. Bises ma fourmi