Petite pause Rigolettienne, sinon imposée du moins proposée par Christian
J'ai sauté à pieds joints dessus - pas sur Christian, le pauvre ! Sur l'offre de devoir - car j'avais un peu la flemme ce matin d'ouvrir mon livret, pas que je l'aime plus ce bon vieux
bouffon, mais envie d'autre chose au réveil, de vingt quatre à l'ombre sous les cocotiers par exemple (soupirs) marre d'être couverte comme un oignon moi ! Et d'autres choses aussi, comme
d'éviter encore une fois d'avoir un plan d'activité journalière bien établi (genre inscrit dans des tables législatives marmoréennes, ça serait classe, mais la barbe ne me va pas trop bien). J'ai
pas les cocotiers, j'aurai le bo..xon organisé quant à mon planning (ça changera pas remarquez).
Sujet du devoir donc : Mentionner six choses/habitudes/tics non importants sur vous-même.
Suit la nécessité de désigner six victimes pour reprendre du "flan beau", mais ne connaissant pas vos goûts alimentaires je laisse à disposition de ceux que ça intéresse, j'ai horreur
d'imposer quoi que ce soit, vous le savez.
On y va, accrochez-vous au pinceau, j'enlève l'échelle (j'suis pas contagieuse, rassurez-vous !)
- J'ai l'habitude, quand je suis oisive de me frotter le nez avec le dos de la main et de la sentir. Bon, j'en vois qui pensent "c'est du propre, surtout après une pause sanitaire!" mais j'ai
appris il y a peu l'usage du truc parallélépipédique et qui glisse dans la salle de bain et je suis sensible des naseaux alors pas d'embrouille. Une habitude qui date pas d'hier, mon frangin
disparu avait la même...
Je n'ai jamais ni fourgué mon pouce dans ma goule ni traîné partout un truc informe et douteux quant à sa couleur d'origine même et surtout pour dormir. Un doudou que ça s'appelle
cette "chose", sauf que je ne trouve pas ça si doux, ni au contact, ni à l'odeur, ni au regard, ça me fais plutôt froncer le pif que de provoquer des lueurs attendries dans mes mirettes.
Et puis le "sevrage", la rupture avec ce talisman provoque souvent bien des traumatismes, rappelez-vous la disparition de votre peluche ou mouchoir, ou bout de torchon favori, un beau matin
où vous entriez à la grande section, on a peut-être des lignées de Alan Bates sur la conscience avec ça.. comme je craignais peut-être inconsciemment cette transposition de la coupe du cordon
ombilical*, j'ai préféré naître "sans nombril" mentalement parlant (vi, je sais... j'suis pas nette, ça vous défrise ?).et en plus, suivant mon idée sur ce rituel, je me suis dit qu'avant qu'on
me coupe la pogne, j'avais de la marge, on est dans un pays un minimum civilisé (je dis bien un minimum, la peinture n'est pas encore sèche, mais ça fait la farce) je vois mal l'explication
qu'auraient dû donner mes géniteurs en signalant à la maîtresse qu'il manquait un bout de la terminaison d'un de mes membre supérieurs pour cause de passage au cran au-dessus dans l'échelle de
l'évolution humaine.
Entre nous, ça a toujours agacé dragon, ça me fait ressembler à une neuneu il parait (m'en fiche, j'assume et c'est en privé, je sais me tenir un peu en société tout de même !)
- Quand je réfléchis, rêvasse, cogite une solution à un plan travail-manuelesque relativement difficile à mettre en chantier, enfin bref, quand je dois faire tourner mes neurones, je me tire et
chiffonne les tifs à tout bout de champ. Autre manie d'ailleurs, quand je viens de me laver les pognes, je me les essuies souvent de cette manière (beurk, pas sortable la
dragonne !) On a un drôle de rapport ma couverture capilliculturesque et moi, l'amour vache quoi. Attention, pas de petits tournicotages de bouclettes en rêvassant, c'est trop... féminin
sans doute..là, c'est à plein battoirs que je chope les mèches et que je te les trifouille dans tous les sens (massage du cuir chevelu inclus), alors pour l'image romantique d'une nana la bouche
en coeur, les yeux "plus près de toi Seigneur" et le soupir alangui (ne manque que la crinoline) en train de se faire ses anglaises, vous tirerez la chevillette dans une autre
chaumière, c'est pas le genre de la maison.
Vous pigez mieux mon apparence "artistement décoiffée", c'est pas artistique, je venais certainement de tâcher de résoudre un problème difficile (deux plus deux... par exemple)
- Autre petit rituel de frotouille corporelle (je suis une tactile, ça se sent non ?) J'ai une fâcheuse tendance à me frotter les mirettes... juste quand je viens d'avoir la brillante idée
de me les maquiller. C'est rare que je me ripolinise, mais quand ça m'arrive on dirait que le sort s'acharne et que c'est juste à ce moment que j'ai des démangeaisons intolérables à apaiser
par une application pognesque sur la région concernée. Et évidemment, c'est plus drôle quand on y va joyeusement, ayant totalement bouffé l'info selon laquelle on a cette
fois-là tenté de jouer à la fille sophistiquée jusqu'au bout des cils. Résultat, deux beaux yeux beurre-de-noirés dans une face de lune (appelez-moi monsieur Jack) tendance !
C'est d'ailleurs après une séance de gratouillis ophtalmiques qu'un pote venant squatter ma cafetière s'est excusé de me réveiller (à trois heures de l'après-midj, ça vexe tout de même un
peu).
- Comme ça fait partie de la même zone "visagale", je note une autre manie, me remonter continuellement les lunettes quand je suis devant l'ordi ou à lire (d'un geste docte de l'index sur le
petit truc en ferraille posé à même le pif), tic tellement bien ancré dans mon lexique verbalo-corporel que je remonte mes lorgnons tout le temps... surtout quand je ne les ai pas ( a
force, je vais avoir l'arête du nez toute lisse, comme le heurtoir d'une lourde de maison de passe**)
- Quand on me fait un compliment ou m'adresse une remarque plutôt flatteuse... je fais aussitôt le singe pour casser l'ambiance... J'ai du mal avec les fleurs en vrai ou en mots. Une fois le
couplet balancé, j'ai comme une impression de pesanteur accentuée, on frise trop le sérieux, faut la trombine de circonstance (le regard baissé modestement, la rougeur de bon ton,
le merci susurré...) j'ai pas les épaules pour ça... Attention, ne vous mèprenez pas, j'aime bien les compliments, tout comme le chocolat, mais je les digère mal, que ça soit l'un ou
l'autre, allez savoir pourquoi...Surtout n'imaginez pas non plus que je sois la modestie incarnée (comme l'ongle). Simplement un fâcheuse tendance à penser depuis môme que si on me fait un
compliment, c'est qu'on a quelque chose derrière la tête ou un service à me demander en contre-partie (ça fait la vieile aigrie non ? Mais pas de ma faute, et trop tard pour changer) ça
joue aussi pour les cadeaux, j'adore en offrir, aime en recevoir mais bizarrement je culpabilise aussitôt (pin poooon, pin pooooon, les types en blanc viennent juste de tourner le coin de
la rue)
- J'ai une regrettable manie... paumer la vraie formulation des expressions et proverbes connus. Je sais d'où ça vient, à force de les bidouiller, je ne sais plus comment ils étaient à l'origine
ces fameux adages. Des exemples ? A vous de retrouver les "vraies" expressions, ça va me faire entrer en surchauffe sinon. Evidemment les mots seuls ne sont pas à l'abri de mes manipulations.
- Qui sème les vents révolte la tante Berthe
- Bière qui mousse n'amasse pas roubles
- Feu de paille qui fait boule de neige (déjà cité ici plusieurs fois avec "goutte d'eau qui met le feu aux poudres" et "étincelle qui fait déborder le vase")
- Tant va la bûche à l'os qu'à la fin il se casse (double fracture des côtes si vous vous souvenez)
- Les chiens en bois et le paravent, la classe ! (là, faut chercher, mais vous y arriverez j'en suis sure)
- Vélociraptoriser, ripoliniser, pitbull au Rex (pittoresque), etc... la liste est longue et fastidieuse... de plus, là tout de suite, les sortir "à froid" ça va m'obliger à me tirer les
tifs, on évite ?
Bon, devoir accompli, je vais pouvoir vaquer à mes occupations (dans le désordre, naturellement). Donc, ceux qui sont intéressés par ce petit devoir, c'est toujours cadeau ! Bonne cogitation sur
vos mignons travers et j'attends de voir si certains sont pires que votre servante (faut s'accrocher, je le concède)
Bonne journée et portez-vous bien
la dragonne
*Tiens, pour changer.... Petit cours "docte" :
http://elearning.unifr.ch/antiquitas/notices_notes.php?id=69
Tous à vos scalpels !
** Heurtoirs comme bien d'autres objets de bronze ou de cuivre lustrés par une utilisation répétée, il y avait du passage dans ce genre d'endroit ! Tiens, ça me rappelle aussi au Père
Lachaise, le gisant d'un type au devant de pantalon qui paraît passé au nettoyant à métaux tellement il semble neuf par rapport au restant de la statue.
Suivant la légende urbaine, ça serait le fan club féminin de ce cher disparu qui ne pourrait s'empêcher un petit geste de tendresse à cet endroit, j'imagine les nanas en pleine
transe non-napolitaine, les yeux révulsés, la lippe bavante, le cheveu hirsute, en train de psalmodier un "et maintenant, vis !" en frottant l'endroit, tel des Aladines désireuses de voir
se dresser... le génie de la lampe... festif (pour ne pas dire jouissif !)
Impulsions, coups de coeur et de gueule, idées diverses au fil des notes et journées. Vous trouverez dans ce blog ma vision de l'opéra et de bien d'autres choses.
Et aussi ma passion : les dragons.
Comme ma trombine évolue au fil de ce "rondudju" de temps, une petite mise à jour du portrait du bestiau, j'ai encore changé de "look" comme on dit... et le cliché du trombinoscope n'est
plus vraiment d'actualité (avis, première et dernière fois que vous avez droit à ma goule, moi et les photos, ça fait quarante-douze)
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